Pratique

LE bon smartphone de cet automne à moins de 600€, c’est celui-ci

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 21 octobre 2020 08h37 | Ajouter un commentaire

Le constructeur chinois OnePlus s’est montré raisonnable et vise juste cet automne. Son OnePlus 8T a toutes les caractéristiques importantes qu’on attend d’un très bon smartphone, sauf le prix. Le 8T est situé entre le 8 Pro (849€) et le Nord (399€), et c’est l’idéal. Je l’ai essayé quelques jours avant sa sortie et voici mon verdict.

Si vous vous intéressez un peu aux smartphones Android (donc si vous n’avez pas un pacte du sang avec Apple et ses iPhone), vous savez que le marché est sans conteste l’un des plus concurrentiels de ces dernières années.

A ce petit jeu, c’est Samsung qui est N.1, et qui va le rester quelques années suite aux déboires que connait Huawei depuis plus d’un an (voir les explications). Mais les malheurs de Huawei font le bonheur d’autres fabricants chinois qui ont un peu plus de place. Et cet automne, ils jouent des coudes pour être celui dont on parle le plus en Belgique.

Je vous ai parlé de la proposition encombrante de Xiaomi, et celle un peu plus pertinente de Oppo. Place ce 14 octobre à OnePlus, dont je vous ai déjà beaucoup parlé car il commercialise ses smartphones en Belgique depuis quelques années.

Le smartphone de la raison après une année un peu dingue chez OnePlus

2020 est une sacrée année pour OnePlus, qui ne cesse de grandir. Après les modèles 8 et 8 Pro très ambitieux au printemps, la jeune entreprise chinoise a lancé un Nord en été, qui correspond davantage à son ADN: un excellent smartphone à prix contenu (399€). Sans surprise, « c’est le modèle le plus vendu » du mois de septembre, m’a-t-on confié. Les stocks ont eu du mal à suivre, mais la production s’accélère et une nouvelle couleur a été annoncée le mardi 14 octobre, lors d’une conférence de presse virtuelle.

Mais la star du jour, c’était le 8T. Je m’attendais à retrouver des prix aussi élevés qu’au printemps, mais OnePlus a été très raisonnable et son dernier smartphone ne coûte que 599€ (version 8 GB de RAM et 128 de stockage interne, largement suffisant). Notez que OnePlus a à nouveau écouté les remarques des utilisateurs et des journalistes: il n’y a pas de 8T Pro cet automne, et c’est une bonne nouvelle (l’an dernier, le 7T Pro était un peu léger en terme de nouveautés).


Le 8T est un excellent choix pour ceux qui ont un budget de 599€. Sans conteste, il a une fiche technique redoutable qui vous garantit des années de fonctionnement stable et rapide, au moins deux mises à jour annuelles d’Android (et on part de la version 11, voir plus bas !), et des photos très réussies.

Au niveau du design, il ne brille pas par son originalité: un dos arrondi en verre lisse (dans un ton vert original), des courbes sur tous les angles mais un écran plat, une encoche en haut à gauche, un bloc photo polyvalent décentré sur le dos, à gauche également. Un look que l’on voit depuis quelques années déjà, et chez beaucoup de fabricants. C’est le seul défaut – très subjectif – que je peux faire au 8T. Mais la finition est excellente, comme toujours, et on retrouve avec plaisir l’interrupteur physique qui met le smartphone en mode vibreur ou ‘ne pas déranger’.

La charge ultrarapide, un vrai plus

OnePlus a toujours été un précurseur de la charge rapide. Via des noms comme Dash Charge puis Warp Charge, la marque inclut depuis quelques années une technologie propre qui fonctionne très bien, et dont il devient difficile, voire impossible, de se passer (certaines marques comme Motorola, Sony, LG, Nokia et surtout Apple se contentent du minimum, et c’est une erreur).

En 2020, quelques jours après la sortie de l’Oppo Reno4 Pro qui utilise la même technologie (les deux entreprises font partie du même groupe, BBK Technologies), OnePlus passe à la vitesse supérieure avec la Warp Charge 65. En réalité, la batterie de 4.500 mAh est divisée en deux, et les deux parties sont chargées simultanément à une puissance d’environ 30W. Tout ça évite la surchauffe et décuple la rapidité. On parle désormais d’une dizaine de minutes pour retrouver une journée d’autonomie. Lors de mon test, en 13 minutes, le temps d’engloutir un petit déjeuner en vitesse, mon smartphone est passé de 15 à 75% d’autonomie, de quoi tenir largement toute une journée. OnePlus dit qu’en 39 minutes, on passe de 0 à 100%. C’est très, très rapide pour une telle batterie.


Plein de qualités, seulement deux petites concessions

Je vous le disais, le OnePlus 8T est un monstre de rapidité et de fluidité. La marque a toujours misé énormément sur l’expérience utilisateur, il est donc logique que toutes les applications et menus soient très réactifs. C’est dû, en partie, aux composants embarqués. La puce la plus rapide de l’année (Snapdragon 865), 8 GB de RAM et 128 GB de stockage interne rapide, c’est parfait. Les puristes passeront à la version 12 / 256 GB pour 100€ de plus. La rapidité passera aussi par la 5G embarquée et le Wi-Fi 6, la norme du futur proche (voir mes explications).

L’écran AMOLED de 6,55″ au format 20:9 (2400 x 1080 pixels) est parfait, surtout grâce au mode 120 Hz qui amplifie encore cette impression d’immédiateté, de réactivité constante. C’est un bonheur pour les yeux, qui se fatigueront moins vite. OnePlus a gardé cette option issue du 8 Pro, et il a bien fait. L’écran a cependant perdu ses courbures latérales, ce qui pourrait déplaire à certains. Le look est un peu moins moderne, c’est indéniable, mais on évite les faux contacts très fréquents quand on manipule un smartphone avec l’écran ‘infini’ qui déborde sur les tranches.

La partie photo est une réussite. Des tests que j’ai pu faire en jouant quelques jours avec le OnePlus 8T, je peux confirmer qu’il est dans le haut du panier, un peu plus que l’Oppo Reno4 avec lequel je l’ai comparé. L’autofocus est très bien géré, et le flou d’arrière-plan est toujours nickel (si vous prenez un objet distinct, le reste sera très bien mis en perspective). Il y a 4 capteurs sur l’ilot arrière: le principal est le même que sur la série 8 du printemps, l’excellent IMX586 de Sony, stabilisé et offrant 48 MP pour du zoom 2x sans perte. Le capteur grand angle (123°) permettant de capturer une grande scène sans reculer est de 16 MP, et il y a également un capteur macro (5MP) pour les plans rapprochés, que je trouve toujours intéressant. Et le 4e ? C’est la particularité de OnePlus, un capteur monochrome jouant sur les effets de couleurs au moment de la prise de vue. C’est original et ça fonctionne de manière plus subtil qu’un gros filtre. De manière générale, les photos et les vidéos du 8T m’ont enchanté, sans oublier le mode nuit qui fait des miracles, comme ce que Huawei a pu faire les années précédentes (voir ma cave très sombre ci-dessous: le 8T ‘invente’ de la lumière, et ça marche).

oneplus812

Au niveau matériel, et ça justifie un prix assez raisonnable, le OnePlus 8T doit faire l’impasse sur deux options réservées à l’élite (et au 8 Pro): la charge sans fil et l’étanchéité certifiée. A vous de voir si c’est handicapant pour vous. Ça ne l’est pas pour moi, et le 8T peut se retrouver quelques secondes dans un bain, il ne mourra pas, car les ouvertures sont assez bien protégées.

Android 11, OxygenOS 11

Le OnePlus 8T est le premier smartphone à atteindre la Belgique avec Android 11 intégré, ce qui prouve déjà que les développeurs de OnePlus sont toujours sur la balle. Vous aurez donc Android 12 en automne 2021 et Android 13 en 2022, voire plus…

OxygenOS 11 a lui aussi été retravaillé, et les ajouts les plus sensibles sont esthétiques: design minimaliste, utilisation à une main plus facile et intuitive, mode sombre amélioré, et surtout un Always On Display (écran toujours allumé même en veille) plus complet, qui peut notamment afficher une jauge d’utilisation du téléphone, qui devient rouge au fil de la journée (voir ci-dessous).


Conclusion

OnePlus reste LA valeur sûre du segment haut du milieu de gamme, surtout avec le prix très contenu (599€) du 8T, qui fait de ce smartphone le vrai OnePlus de 2020, au sens du concept de flagship killer amené par la marque il y a des années. L’Oppo Reno4 Pro dont je vous ai parlé récemment (799€) a davantage de mémoire, une taille de guêpe et un écran élégamment courbé sur les côtés. Le 8T de OnePlus lui répond avec davantage de puissance, un écran plus rapide et Android 11 préinstallé. Pour 200€ de moins !

Donc comme d’habitude avec OnePlus, si votre budget est de 599€, vous avez le top du top en matière d’Android, avec la meilleure optimisation logicielle possible: jamais encombrante, elle est élégante et rapide, exploitant au mieux le système d’exploitation de Google. C’est tout ce qu’on demande à un smartphone.








Que peut-on bien faire avec une TV 8K en 2020 ?

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Pratique, Test , le 22 septembre 2020 09h17 | Ajouter un commentaire

Les tests de Mathieu: que peut-on bien faire avec une TV 8K en 2020 ?

Elle coûte 6.000 euros, a un design époustouflant et affiche une résolution de 32 millions de pixels. La dernière télévision haut de gamme de Samsung en met plein les yeux, mais la 8K qu’elle promet a-t-elle du sens alors que les contenus d’une telle définition sont quasiment inexistants ?

Vous l’avez remarqué: la taille des écrans n’arrête pas de croître. A part les tablettes et les ordinateurs portables, toutes les autres diagonales ont tendance à grandir au fil des ans: smartphone, moniteur PC et forcément, les télévisions.

Sur ces dernières, les dimensions atteignent désormais souvent 65, 75 voire 85 pouces sur le haut de gamme, soit 165, 190 voire 215 cm de diagonale ! Gigantesque pour la plupart des maisons belges, qui ont rarement des salons ou des chambres de 50 mètres carrés…

Pourquoi une telle diagonale ? Il y a cette tendance de fonds dans l’électronique grand public qui impose du « toujours plus grand, toujours plus puissant« . Ça permet aux fabricants de continuer à faire travailler leurs ingénieurs, à remplir les rayons de « nouveautés« . Cependant, une TV de 2 mètres de diagonale doit s’adapter pour ne pas afficher une bouillie de pixels. D’où l’arrivée de la 8K.

32 millions de pixels !

La 8K prétend remplacer la 4K. On parle ici de définition d’écran, du nombre de pixels qui composent la dalle. Si vous avez plus de 30 ans, votre premier écran d’ordinateur affichait sans doute 640 x 480 pixels. Avec la 8K, on est à environ 8.000 x 4.000 pixels. Soit 32 millions de minuscules « ampoules » allumée dans telle ou telle couleur par le rétroéclairage de votre télévision.

Magnifique, me direz-vous ! Sauf que beaucoup de maisons sont équipées de télévision… Full HD (donc 2K, soit 1920 x 1080 pixels). Si vous avez acheté une TV ces dernières années, elle est sans doute 4K, sans que vous le sachiez.

Cela vous importe peu car la grande majorité des contenus disponibles sur une TV ne sont pas en 4K. Que ce soit votre décodeur pour la télévision, votre DVD (qui lui se contente encore de la HD, soit généralement 720 x 480 pixels), votre Blu-ray, votre console de jeux: la qualité de l’image est, au mieux, en Full HD.

Alors pourquoi s’encombrer d’une télévision 8K, soit permet d’afficher 16 fois plus de pixels et de détails ?


(© Samsung)

La QLED de Samsung

Pour tenter de répondre à cette question, j’ai essayé le dernier fleuron de Samsung, la gamme QLED 2020. Prix de base du Q950TS de 65″ qui a transformé ma chambre durant deux semaines en salle de cinéma: 5.999€. Autant dire que vous ne l’achèterez sans doute jamais, d’autant plus que les sources en 8K sont quasiment inexistantes pour l’instant (les blockbusters made in USA commencent seulement à être tournés dans cette définition).

Face aux magnifiques écran OLED fabriqués principalement par LG Display, Samsung a du chercher très longtemps avant de trouver une parade qui fonctionne. Car il faut dire que rivaliser avec les noirs complètement noirs de l’OLED, et ses couleurs très vives, ce n’est pas une mince affaire. Mais la différence est presque comblée: les écrans Samsung parviennent dans la plus grande partie des cas à “éteindre” les zones noires. Grâce notamment à la répartition en 480 zones de la lumière, de la justesse de la colorimétrie et du filtre antireflet diablement efficace (améliore les angles de vision et diminue l’effet de halo des zones lumineuses lors des scènes sombres).

Tout n’est pas cependant pas au niveau de ce que j’ai déjà pu constater avec l’OLED de LG. J’ai pu observer ça et là quelques zones grises résiduelles, dans les coins. Et pour les sous-titres (très blancs) sur fonds noirs, cela provoque quelques petits problèmes de contraste automatique, surtout en mode ‘cinéma’. Quand un sous-titre apparaît, la luminosité générale de l’image diminue très légèrement, mais ça se remarque.

Une mise à l’échelle brillante: la 4K devient 8K

Avec une source en 4K, j’ai essayé le mode par défaut, baptisé « intelligent ». Et là, les défauts dont je parle s’envolent. Les problèmes des sous-titres n’existent plus, et l’image est d’une incroyable netteté. Mais ce n’est pas forcément ce qu’on cherche quand on regarde un film ou une série. On cherche davantage une image « cinéma », et pas une image d’une précision chirurgicale. J’ai regardé quelques scènes de Black Panther et j’avais un peu trop l’impression de regarder un documentaire sur la savane et ses anciennes tribus. Le sentiment est étonnant: c’est magnifique, mais un peu trop magnifique.

On touche à l’une des prouesses de Samsung: les algorithmes d’amélioration de l’image via le processeur Quantum 8K intégré. Aidé par l’intelligence artificielle, il est même appelé à s’améliorer au fil du temps: l’upscaling (mise à l’échelle) est déjà performant, et il devrait l’être encore plus au fil des mises à jour. Notez que cela fonctionne très bien pour des contenus 4K -> 8K: l’image est très détaillée, même lorsqu’on s’approche de l’écran. Mais il n’y a pas de miracle sur les contenus Full HD ou de moins bonne qualité.

Dès lors, le seul avantage d’une (très bonne) TV 8K en 2020, c’est le suivant: si l’upscaling est assez efficace, et si la source initiale de l’image est suffisamment bonne, vous pouvez effectivement avoir un écran géant et le regarder à une distance de 2 ou 3 mètres sans voir la moindre bouillie de pixels. Et ça, avouons-le, c’est assez impressionnant, et c’est du vrai home-cinéma…

Un design époustouflant

Impossible de ne pas évoquer le design incroyable de la série Q950TS de Samsung, disponible en 65, 75 et 85 pouces. L’entreprise a sans doute signé le plus beau design de téléviseur de l’année, voire des prochaines années. Difficile de faire mieux que cet équilibre parfait: un pavé de 1,5 cm d’épaisseur, aux angles acérés, et dont les tranches sont finement trouées ; une face avant pratiquement sans bord (Samsung parle d’Infinity Display, comme sur ses smartphones, et il a raison), le tout monté sur un pied discret qui donne l’impression que l’écran flotte… Je m’extasie rarement devant une TV, mais là…



Tout cela est rendu possible par le déplacement de la connectique et d’une partie de l’électronique dans un gros boitier de la taille d’un décodeur, baptisé “One connect”. Il n’est relié au téléviseur que par un câble unique et assez discret (blanc/transparent), de quelques millimètres d’épaisseur.

Quant à la partie audio, malgré l’épaisseur de seulement 1,5 cm, on a une multitude de haut-parleurs dans le dos qui, s’ils ne remplaceront jamais une barre de son, s’en sortent vraiment pas mal, surtout au niveau des voix.

Je ne dirais pas que le design et l’audio justifient le prix de 6.000 euros, mais presque…




Une caméra de sécurité pivotante et entièrement sans fil pour 150€: faut-il se méfier ?

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Pratique, Test , le 4 septembre 2020 14h37 | Ajouter un commentaire

Je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises de Reolink, une petite entreprise chinoise qui fabrique des caméras de sécurité sans fil à bas prix, mais dont les qualités sont suffisantes pour de nombreuses personnes.

Bien loin des solutions haut de gamme de Arlo (je vous en ai déjà parlé dans cet article), les caméras de Reolink n’affichent pas la même robustesse, leurs batteries ne sont pas aussi bien optimisées, mais elles font le job: surveiller votre maison pour une centaine d’euros.

Le dernier modèle que j’ai testé est l’Argus PT, pour Pan-Tilt. Il s’agit de ces caméras qui peuvent pivoter dans tous les sens, afin de couvrir une plus grande zone (355 degrés horizontalement, 140 degrés verticalement).

Je l’ai installée pour l’extérieur, car dans un kit à 150€, elle est fournie avec un panneau solaire qui assure le rechargement régulier de la batterie intégrée (vous pouvez vous en passer, mais il faudra démonter la caméra et la charger manuellement avec un câble).

Elle assure le minimum

C’est une caméra autonome qui se contrôle via l’application Reolink dédiée, qui permet de voir en direct, de dialoguer à distance (il y a micro et haut-parleur sur la caméra), d’enregistrer une photo ou une vidéo de la scène que l’on visionne en direct, de déclencher manuellement la sirène intégrée, et de revoir les mouvements enregistrés par la caméra (il faut acheter une carte microSD, ou opter pour l’enregistrement payant dans le cloud de Reolink).

Cette application manque clairement de fluidité et d’ergonomie dans l’interface, et la caméra n’est pas très réactive, surtout en mode Full HD. Quant au Pan-Tilt, c’est assez lent et un peu trop basique: il faut faire tous les mouvements à la main, avec le joystick virtuel, pour voir différentes zones du jardin ou de la maison.

Notez qu’elle est compatible avec Google Assistant: vous pouvez donc dire à votre Nest Hub de « montrer le jardin », si vous avez donné un tel nom à la caméra, via l’application Google Home (c’est un peu pour les geeks, mais c’est assez pratique finalement).

Je regrette cependant la finition particulièrement peu soignée, autant de la caméra que de l’accessoire de fixation en plastique très léger. Ça bouge dans tous les sens, ça n’inspire pas trop confiance. A voir sur le long terme, mais après un hiver rude en Belgique, j’ai quelques craintes…

En conclusion: si vous cherchez une caméra entièrement sans fil pour votre jardin, et que vous souhaitez pouvoir couvrir une grande surface en la faisant pivoter avec un joystick virtuel, pourquoi ne pas opter pour cet Argus PT. Veillez cependant à la mettre un peu à l’abri des conditions climatiques belges et hivernales, car on est loin de la qualité de fabrication matériel et de la fiabilité logicielle des grandes marques (Arlo, Nest, Ring, Netatmo). Mais c’est nettement moins cher également…

Un mois avec le prestigieux Xperia 1 II, que vaut le dernier flagship de Sony ?

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 20 août 2020 06h02 | Ajouter un commentaire

Le géant japonais de l’électronique connait des années très délicates au niveau de sa division mobile, je vous en ai déjà parlé. Malgré tout, il ne veut pas lâcher le morceau, car il le considère, un peu comme LG, comme un marché incontournable pour tout bon géant de l’électronique grand public qui se respecte.

Mais l’équation de Sony est délicate. L’entreprise ne veut certainement par ternir son image premium durement acquise au fil des décennies, grand bien lui fasse. Ses divisions audio, caméras professionnelles, appareils photo, TV et jeu vidéo se targuent d’offrir le top du top, et elles ont généralement raison.

Cependant, le marché des smartphones et ultra concurrencé. Des acteurs chinois ont percé et, à l’image de Huawei ou de Xiaomi, ont bouleversé le modèle économique en offrant un rapport qualité-prix imbattable.

Sony essaie donc – mais les chiffres des ventes traduisent plutôt un échec – de se démarquer avec des caractéristiques très (trop?) spécifiques. Voyons ce que vaut son fleuron de 2020, le Xperia 1 II.

Un nom délicat, une fiche technique énigmatique

Pour évoquer le marché des appareils photo où Sony fait partie des meilleurs, le Xperia 1 est affublé de la mention II (comme Mark II, soit la 2e version d’un appareil). Hormis le clin d’œil vers la division ‘photo’ de Sony, il y a également l’idée d’une certaine stabilité: le Xperia 1 II est une évolution du Xperia 1 de 2019, dont je vous avais parlé à l’époque.

Je trouve cette idée assez saugrenue. Autant quand Apple sortait l’iPhone 6S l’année suivant la commercialisation de l’iPhone 6, cela avait du sens. Il s’agit de succès commerciaux indiscutables, et la stratégie d’Apple de chercher la stabilité, de ne pas révolutionner le design chaque année, peut se comprendre. Mais Sony n’a pas du vendre des millions de Xperia 1 l’an dernier. Donc sortir un Xperia 1 II comme s’il s’agissait d’un successeur attendu, cela me laisse perplexe sur la stratégie mobile de Sony.

Quoi qu’il en soit, le Xperia 1 II est là, et il est un peu différent de son aîné au niveau du design. Il a surtout une fiche technique un peu étrange. D’un côté, il a tout d’un très grand: le processeur le plus puissant de l’année (Snapdragon 865), un écran OLED très haute résolution (4K) élégamment allongé de 6,5″, 256 GB de stockage interne et 8 GB de RAM, quatre bons capteurs photos à l’arrière dont un qui enregistre en 4K à 60 images par seconde, le Wi-Fi 6, la prise casque, la belle batterie de 4.000 mAh, l’étanchéité IP68 et enfin, le prix: 1.199€.

Un prix élevé qui rend incompréhensibles certaines lacunes: l’écran ne bénéficie pas d’un taux de rafraîchissement plus élevé (entre 90 et 120 Hz) qui rend l’interface plus fluide et agréable à utiliser ; la charge rapide ne l’est pas assez (chargeur 18W ou 9V et 2A) comparée à la concurrence (souvent 30W, parfois 40 voire 65W). Surtout, il n’y a pas de capteur d’empreinte sous l’écran: il faut utiliser le bouton physique sur la tranche, et bien positionner son pouce (avec moi, il y avait souvent un problème). Il n’y a pas de déverrouillage via l’appareil photo frontale et votre visage. Je dois donc passer 2 fois sur 3 par le schéma, alors que j’ai déjà réenregistré mon empreinte à plusieurs reprises. Enfin, le design est d’une très grande sobriété: pas d’écran courbé, il s’agit d’une dalle plate à l’avant, avec des bordures de tous les côtés (pas besoin d’encoche, la caméra frontale est située dans la tranche supérieure, comme à la bonne époque).

Des photos un peu compliquées

Alors que Sony fait d’excellents appareils photo et caméras, qu’il fabrique et fournit les lentilles haut de gamme à tous les constructeurs de smartphone, il n’a en effet jamais été le meilleur pour ses propres téléphones.

Tout aurait dû s’arranger, m’avait promis Sony, car le géant chinois veut tirer profit de la collaboration entre tous les départements concernés pour être le meilleur. Mais au final, c’est assez compliqué. A nouveau, certains choix sont difficilement compréhensibles.

Les trois capteurs font 12 MP, ce qui empêche de facto la possibilité de « fusionner » des pixels pour capturer plus de lumière (ce que font les capteurs 48, 96 ou 108 MP de la concurrence). Impossible également de zoomer dans l’image pour un zoom numérique sans perte de qualité. Avec Sony, tout est fixe: un ultra grand-angle, un zoom x2 et un très grand angle. Le 4e capteur sert à calculer la profondeur pour réussir les portraits. Si les photos sont bonnes dans l’ensemble, elles ne cassent pas la baraque pour un appareil à 1.199€, et accusent un retard au niveau des clichés nocturnes, du zoom et de la macro (plan très rapproché).

Sony évoque des options « pro » sous la forme d’applications alternatives (Photo Pro, Cinema Pro), avec réglages manuels. Mais quand on voit les miracles que parviennent à faire les algorithmes de la concurrence en mode automatique (la fameuse intelligence artificielle de Huawei, ou AI, avec détection de scène et optimisation des réglages), on se demande qui a envie de passer des heures à régler à la main, sur un petit écran, pour un résultat qui ne sera de toute façon pas transcendant…

On se consolera avec le bouton ‘appareil photo’ présent sur la tranche: Sony est le seul fabricant à y penser, et c’est une bonne idée car il est bien positionné (près de l’index droit).

Conclusion

Le géant japonais de l’électronique, de l’audio et de l’imagerie est décidément très atypique. Son Xperia 1 II est un produit résolument haut de gamme, avec une puissance de calcul optimale qui permet de tout faire tourner avec fluidité.

Il est d’une sobriété totale, tant au niveau du look (pas d’écran de type ‘infini’ ni courbé, pas d’encoche) que du logiciel (une version proche de l’Android 10 de base, sans fioriture à part un menu rapide qu’on peut appeler à partir de la tranche). Cela peut plaire à certains – moi, personnellement, j’ai un faible pour ce genre d’appareils très « puristes »…

Mais à 1.199€, beaucoup de consommateurs sont en droit d’attendre quelque chose de plus spectaculaire. D’autant que Sony nous avait promis une partie photo au top, issue d’une collaboration avec ses divisions imageries. Au final, ça manque d’options, et ça plaira surtout aux professionnels qui aiment les réglages manuels.

Surtout, vu le prix, il manque une vraie charge rapide, un capteur d’empreinte digne de ce nom et un taux de rafraîchissement plus élevé que 60 Hz (même le OnePlus Nord à 399€ a réussi à insérer du 90 Hz).

Je crains donc que le Xperia 1 II n’aide pas Sony à augmenter ses parts de marché…


Google sort un routeur Wi-Fi: que vaut-il ?

Par Mathieu Tamigniau dans Comparatif, IoT, Pratique, Test , le 2 juin 2020 08h16 | Ajouter un commentaire


On connait tous, régulièrement, des problèmes d’accès au réseau Wi-Fi d’une maison ou d’un appartement. Peu performants, les modems/routeurs fournis par Proximus et Voo peuvent être améliorés de différentes manières. Mais rares sont celles qui s’avèrent aussi efficaces que ce que propose Google, qu’on n’attendait pas forcément sur ce marché. Voici mon avis sur le Nest Wifi (159€ ou 259€ en kit avec son point d’accès supplémentaire et intelligent), que j’ai essayé durant deux semaines.

Je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises des possibilités qui s’offraient à vous pour améliorer le réseau local d’une maison ou d’un appartement. Dans la majorité des logements, effectivement, la connexion internet initiale (celle qui « sort » du câble de Proximus ou Voo, habituellement) est d’environ 55 Mbps à la base, mais elle passe vite à 20 Mbps en réalité, donc sur votre smartphone ou ordinateur portable, car le signal du WiFi s’épuise très vite dans l’espace et n’aime pas certains obstacles.

Il y a de nombreuses solutions pour améliorer la situation et dernièrement, j’ai testé celle de Devolo (kit MagicMagic WiFi Mini ou LAN), celles de Lynksys et Synology et il y a plus longtemps celle de Fritz. La plupart d’entre elles fonctionnent relativement bien, mais j’ai chaque fois constaté des difficultés pour l’installation et la configuration, ainsi que des soucis récurrents dans l’utilisation (des petites pannes à droite ou à gauche, des dysfonctionnements avec certains appareils connectés, etc).

Un nouvel acteur vient de débarquer en Belgique, et il s’agit de… Google. Le géant américain du web conçoit et commercialise son propre matériel depuis quelques années: smartphones (pas encore en Belgique) et tablettes, enceintes intelligentes, boitiers pour connecter une TV (Chromecast) et manette de jeu vidéo. Avant la sortie d’un Chromebook, on a droit, dans notre pays, à un nouvel appareil dans la gamme Nest, donc celle qui concerne la maison connectée (thermostat, caméra, détecteur de fumée). Il s’agit donc, vous l’aurez compris, du Nest Wifi, un routeur vendu seul (159€) ou en kit (259€) avec un point d’accès supplémentaire faisant office d’enceinte connectée (avec le fameux Google Assistant). Ce point d’accès peut s’acheter individuellement (139€) pour étendre davantage votre réseau.

Il veut remplacer le Wi-Fi de votre modem/routeur

Contrairement aux autres solutions qui étendent (ou s’intègrent dans) votre réseau Wi-Fi actuel (celui émis par la Bbox de Proximus, par exemple), le Nest Wifi a l’ambition de le remplacer complètement. Rien d’obligatoire, cependant, mais vu qu’il faut placer le boitier principal (routeur) à portée de câble de votre modem, ce serait stupide d’émettre deux signaux sans fil à partir du même endroit.

De toute façon, sachez-le, l’une des grandes qualités de la solution Nest Wifi, c’est d’être assez beau et discret que pour être déposé sur un meuble (et non caché dans un tiroir), ce qui augmentera immédiatement ses performances sans fil (car il n’y a plus d’obstacle). Donc autant couper le réseau Wi-Fi de votre modem Proximus ou Voo.

L’installation est assez simple: une prise électrique (oui, encore une à trouver dans le même coin de votre maison, où se trouvent souvent déjà le modem, la télé, le décodeur, la console, etc) et une prise réseau à insérer, je viens de le dire, dans un des ports Ethernet du modem/routeur de votre fournisseur d’accès à internet.

Une application exemplaire

Comme toujours, la spécialité de Google, c’est la partie logicielle, soignée par son armée de développeurs répartie dans le monde entier. Tout est clair, simple, intuitif. Les informaticiens passeront leur chemin: il n’y a pratiquement aucun réglage technique possible, tout doit être compréhensible par tout le monde…

L’application Google Home est nécessaire pour installer votre réseau, mais ça ne prend que quelques minutes. C’est très basique et si vous avez déjà une maison intelligente contrôlable par l’assistant Google (ce qui est mon cas, forcément), le routeur apparait comme un objet connecté supplémentaire. On peut vérifier la connexion et lancer un test de débit, par exemple:

Bizarrement, il faut une autre application, Google WiFi, pour accéder aux options les plus intéressantes, parmi lesquelles Wi-Fi familial, qui permet de bloquer les contenus pour adultes (activation de SafeSearch), d’identifier les appareils connectés, et éventuellement leur restreindre l’accès à internet à certains moments de la journée. J’ai essayé et c’est diablement pratique et facile à mettre en place.

L’idéal serait que Google affine le filtrage, par exemple pour cibler l’accès: interdire Instagram et Netflix mais autoriser des recherches sur internet pour les ados, ça arrangerait beaucoup de parents. Tout cela est sans doute compliqué à mettre en place, mais ça rendrait la solution de Google diablement puissante :


Un point d’accès qui intègre un assistant vocal et donc une (petite) enceinte

Malin, Google propose un kit Nest Wifi à 259€ (celui que j’ai testé), qui intègre un « point d’accès » (photo ci-dessous) servant initialement à étendre le réseau Wi-Fi de votre maison. Il s’agira alors d’un réseau maillé (mesh), donc le nom de réseau émis par le point d’accès est identique à celui émis par le routeur de Google. Et vos appareils se connectent toujours, de manière transparente, au dispositif qui lui donne le meilleur accès au réseau. Contrairement aux autres solutions essayées auparavant, je n’ai remarqué aucune interférence avec les nombreux appareils connectés de ma maison (enceintes, ampoules, machines, prises, etc). Donc Google gère mieux, à nouveau, l’aspect logiciel qui structure le réseau maillé.

Je l’ai mis dans le coin opposé de ma maison par rapport au routeur initial (idéalement il faut le mettre plutôt au milieu pour mieux propager), donc à l’étage, dans un bureau. Et toute ma maison (environ 250 m2 sur 3 niveaux) est couverte avec du Wi-Fi à 65 Mbps, donc de la cave au grenier. C’est mieux que ce que j’ai pu observer avec toutes les autres solutions que j’ai déjà testées ces dernières années. Le test a été réalisé à partir d’une application (Fast) sur smartphone, dans différents endroits de ma maison.

Ces débits, je pouvais parfois, à certains endroits, les atteindre avec les autres solutions dont j’ai parlé plus haut. Mais pas de manière aussi stable. Et le routeur de base de Google est bien plus performant que votre Bbox ou votre modem Voo, même sans extension.

Remarque importante, pour ceux que ça intéresse (vous n’êtes pas encore très nombreux en Belgique), le point d’accès supplémentaire fait office de Nest Mini, donc de petite enceinte connectée. Le Google Assistant, à qui on peut demander un tas de choses (questions, tâches, commandes des appareils connectés, voir mon test) est présent, grâce à des micros multidirectionnels et un haut-parleur à la qualité très relative (le son n’est pas terrible pour profiter de sa musique préférée, mais pour la radio, ça passe).


Conclusion

J’étais plutôt sceptique par rapport au routeur de Google, qui existe déjà depuis quelques années dans d’autres pays. Mais le Nest Wifi, qui est la deuxième génération de ce produit, s’avère diablement efficace.

Tout d’abord, il s’installe très facilement, même le point d’accès supplémentaire. Il remplace alors (pour toujours, c’est sûr) votre Wi-Fi de base, donc celui du modem/routeur de votre fournisseur d’accès à internet. Il est tout simplement plus rapide et plus fiable, notamment parce que, élégant et discret, vous n’allez pas le cacher dans une armoire ou un bureau.

Ensuite, le nouveau réseau créé fait preuve d’intelligence. Premièrement, il peut effectuer un travail de filtrage, afin de verrouiller/programmer, via une application, la consommation internet des utilisateurs du réseau (c’est idéal pour les parents qui veulent garder le contrôle sur leurs ados). Deuxièmement, équipé d’un micro et d’un haut-parleur, le point d’accès (en option ou en kit) fait office d’enceinte intelligente exploitant Google Assistant, le fameux assistant vocal du géant américain.

Je n’ai trouvé qu’un défaut: l’absence de port réseau sur le point d’accès. J’ai un vieil ordinateur de bureau qui n’est pas équipé du Wi-Fi et qui aurait adoré se relier directement sur le point d’accès. Mais ce dernier est dépourvu de toute connectique.

Dans le commerce, vous trouverez le routeur seul (159€) ou en kit avec le point d’accès (239€, idéal pour les maisons). Ces points d’accès peuvent s’acquérir à la pièce pour étendre encore davantage votre couverture Wi-Fi au prix de 139€.

Le dernier smartphone de Huawei, « c’est un amour de vacances »

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 24 avril 2020 09h37 | Ajouter un commentaire

… et donc une histoire sans lendemain. Les paroles de Christophe Rippert résonnent cruellement quand on pense au dernier flagship du géant chinois des télécoms. Empêtré dans un conflit politico-commercial avec les USA, Huawei ne peut toujours pas inclure les applications et services de Google dans ses nouveaux smartphones. Le P40 Pro, on l’aime une soirée en prenant des photos magnifiques, mais le lendemain, on déchante.

Le géant chinois des télécoms, Huawei, joue de malchance. En 2019, l’administration Trump a interdit aux entreprises américaines de collaborer avec l’entreprise, soupçonnant des liens trop étroits avec le gouvernement chinois. Et en 2020, alors que Huawei se sent prêt à lancer son propre écosystème mobile (basé sur Android mais sans la moindre application ou service de Google) en Europe, avec deux appareils assez incroyables, la crise du coronavirus l’empêche d’avoir l’attention qu’il mérite.

Il faut qu’on en parle, car c’est tout de même très audacieux de lancer en Belgique des smartphones sans les applis et services de Google auxquels tout un continent a pris le temps de s’habituer: le magasin d’applications (Play Store), la navigation sur internet (Chrome), la recherche (Google), la cartographie (Maps, qui est aussi devenu un annuaire et un GPS)… ce ne sont que 4 exemples dont vous avez besoin au jour le jour avec un smartphone Android, parfois sans vous en rendre compte. Et je ne parle pas des Google Mobile Services, qui sont nécessaires au fonctionnement de nombreuses applications, même si ça ne se voit pas.

J’ai essayé le P40 Pro (999€), un smartphone possédant sans doute le meilleur appareil photo de l’année, et le Mate Xs (2.499€), un smartphone géant qu’on peut plier en deux. Mais ça ne suffit pas, vous allez comprendre.



Pourquoi Huawei n’est pas encore prêt ?

Huawei tente donc de remplacer tout ce que propose Google depuis 10 ans par ses propres applications et services. Il peut y arriver sur le long terme, car il s’est donné les moyens de ses ambitions, mais soyons clairs: ce sera long, compliqué et pour 2020, c’est déjà raté.

Son magasin d’applications (AppGallery) ressemble à celui de Google à ses débuts: beaucoup d’applis bizarres (d’inquiétants clones de Facebook ou de jeux vidéo, Mario Kart dans l’exemple ci-dessus), inutiles ou inconnues, et qui sont mises en avant on ne sait trop comment. Regardez le classement des applications en Belgique: TikTok, QR Code, Nieuwsblad, Snapchat et Office ! Mais surtout, il manque un tas d’applications importantes comme Facebook, Twitter, WhatsApp et Messenger, Instagram, YouTube, Spotify, Netflix, Gmail, Google Maps. Rien que ça…

On pourrait se passer de Facebook ou Netflix, voire pour certaines (YouTube ou Gmail, par exemple) aller sur le site mobile via le navigateur maison de Huawei. En revanche, on a BESOIN des applications bancaires (mais elles sont toutes absentes) et pour les geeks comme moi, des applications de contrôle des tous les objets connectés de la maison. Or vous ne trouverez même pas les plus populaires comme Philips Hue (lampes), Sonos (enceintes connectées), Nest (domotique) ou Tado (chauffage connecté). Oubliez également Fitbit, les bracelets d’activité les plus populaires.

Huawei évoque des alternatives : aller sur le site mobile (ok pour YouTube, mais pour Google Maps, c’est chaud) ou télécharger les applications soi-même sur internet (les fichiers .apk, mais qu’en est-il des mises à jour et de la sécurité?). Voire de manière plus abruptes: passer à autre chose. Il n’y a pas Spotify ? Et si vous optiez pour Deezer ou Huawei Music, qui vient de se lancer ? Le catalogue semble complet et ça coûte 9,99€ par mois. Pas d’assistants vocaux de Google ou d’Amazon ? Il y a désormais Huawei Assistant avec HiVoice. Pas de sauvegarde dans les clouds les plus populaires (Google Drive, Microsoft OneDrive, Dropbox sont absents) ? Passez à Huawei Cloud, les prix sont identiques.

Autant d’options qui, sur le papier, semblent de bonne facture, car Huawei fait généralement bien les choses, même s’il arrive longtemps après la concurrence. Reste une question: pourquoi les utilisateurs prendraient-ils la peine de changer toutes leurs habitudes pour rester fidèles à Huawei, alors qu’il y a des tas d’alternatives avec un Android ‘normal’ ?

Le P40 Pro, LE roi de la photo

La seule raison que j’entrevois, c’est l’excellente qualité des smartphones de la marque. Certes, au fil des années, les prix ont rejoint ceux de Samsung et d’Apple. Mais Huawei reste le roi de la photo, j’ai pu le constater en essayant durant quelques jours le P40 Pro (999 euros), un smartphone qui a d’ailleurs reçu la meilleure note par DXOMARK (128, voir la critique) pour la qualité des clichés.

J’ai effectivement été bluffé. Même le Samsung Galaxy S20 Ultra, pourtant un solide concurrent (je l’ai essayé durant un mois), s’avoue en partie vaincu sur quelques critères. Toutes les photos du P40 Pro sont réussies, elles sont parfaites, riches en détails, avec – sans devoir passer par des modes ou des réglages – un floutage de l’arrière-plan aussi bon que si vous utilisez un reflex. Sur ce bête exemple, on remarque le premier bougeoir est bien net, que ses ramifications sont détaillées, alors que le bougeoir situé juste derrière lui commence déjà à se flouter, de manière graduelle. Peu de smartphones maîtrisent à ce point la profondeur et les détails :

Le P40 Pro a trois lentilles à l’arrière: la principale (Utra Vision) est de 50 MP, elle fait du pixel bining en concentrant 4 pixels en 1 pour plus de lumière – donc les photos sont de 12 MP en réglage standard. La lentille dédiée au grand angle a été soignée (Utra Wide Cine Camera, 40 MP) et permet donc des photos aussi détaillées que les autres. Enfin, celle du zoom (Telephoto périscopique) est de 12 MP et permet du vrai et de l’excellent 5x optique (donc sans zoom numérique dans l’image, voir ci-dessous), puis du ‘faux’ zoom jusque 50x. Le petit capteur sur le côté ne sert qu’à mesurer la profondeur de champ. Ce savant mélange (et je vous épargne les tours de passe-passe de Huawei pour améliorer les différentes prises de vue) fait donc des miracles. Remarque importante: ceux qui adorent se prendre en photo ou se filmer seront ravis d’utiliser la lentille frontale de 32 MP qui permet de filmer en 4K, et qui s’adjoint les services d’un autre capteur de profondeur. J’ai essayé et ça fait vraiment la différence. Pour la vidéo, vous pouvez compter sur le même niveau de qualité avec des effets et un format ‘cinéma’, aidé notamment par un zoom « audio » qui concentre le micro frontal pour mieux capter la scène filmée.

A côté de cela, le P40 Pro a tout d’un modèle haut de gamme de 2020: le design est très soigné, et original au niveau des courbures dans tous les coins mais avec le style Huawei (qui est effectivement parvenu à instaurer des éléments reconnaissables, comme le cerclage chromé). Il y a une grosse fiche technique sous le très bel écran OLED de 6,58  » (qui n’est ni trop grand, ni trop petit) avec un taux de rafraîchissement qui passe à 90 Hz pour plus de fluidité: puce Kirin 990 incluant la 5G, 8 GB de RAM et 256 GB de stockage interne, résistance à l’eau IP68, batterie de 4.200 mAh avec charge rapide (40W avec fil et 27W sans fil).

Bref, il a tout, sauf la panoplie Google qui, vous l’avez compris, nous est encore indispensable en Europe, du moins pour le moment.

Un smartphone pliable, mais pour qui ?

Les smartphones pliables ont été un fantasme pour certains durant quelques années. Quelques modèles existent désormais et les critiques sont mitigées. Le Motorla Razr s’est fait démonter par la presse spécialisée aux Etats-Unis, le Galaxy Flip de Samsung est réussi (voir mon avis) mais coûte 1.500€, reste à découvrir la vision de Huawei.

Voici donc le Mate Xs, un appareil impressionnant, ça ne fait aucun doute. Il s’agit d’une grande tablette de 8 pouces, carrée, qui se replie pour prendre la forme d’un smartphone un peu plus épais que la moyenne. Je l’ai essayé quelques jours et mon sentiment est assez mitigé.

Effectivement, encore plus qu’avec le Galaxy Z Flip, la fragilité du Mate Xs est effrayante pour un appareil vendu 2.500€ en Belgique. Huawei propose effectivement un smartphone pliable dont le grand écran, un fois replié, devient les deux faces de l’appareil. Donc peu importe le côté sur lequel vous le déposer, ce sera l’une des deux moitiés de l’écran. Certes, il y a une très fine coque qui peut être « collée » maladroitement sur les bordures (une fois à plat, elle se recroqueville au niveau de la charnière, c’est moche). Mais le reste, c’est de l’écran, et donc c’est du plastique relativement souple (on sent d’ailleurs bien la charnière au milieu). Et sur la boite, il est clairement indiqué qu’il faut en prendre soin: éviter les objets pointus, la poussière, les gouttes d’eau, etc. Il me semble donc indispensable de se fournir un genre d’étui en cuir, par exemple, dans lequel on glissera le smartphone.

Cette fragilité inhérente et inévitable doit, théoriquement, être comblée par un gain en productivité ou en confort grâce à l’espace de travail de grande dimension (20,3 cm !). J’ai donc installé quelques applications (non sans mal car il n’y a pas de Play Store, voir plus haut), pour constater que peu d’entre elles parviennent à s’afficher d’une manière intéressante sur cette dalle carrée (logique, les applis sont développées pour un format 16:9, ou plutôt désormais 18:9 ou 19:9). Une vidéo YouTube en plein écran s’affiche forcément au milieu, un fil info Facebook apparait étiré et l’accès aux boutons est délicat, un jeu classique (Angry Birds) est un peu perdu et ne sait plus dans quel format s’afficher.

En revanche, ça passe avec un fil de photo Instagram (elles sont de forme carrée, ça aide), avec certains applis d’information (comme RTL info) qui comprennent qu’elles peuvent s’afficher comme sur une tablette), et avec la plupart des pages web.

Le Mate Xs prend tout son sens avec le mode ‘multifenêtres’, qui s’active en faisant glisser le pouce d’un bord vertical vers l’intérieur de l’écran. Un petit symbole avec des carrés vous permet alors de lancer une seconde application (il faut donc d’abord en ouvrir une). On peut redimensionner les zones occupées par les deux applis, voire même en mettre une en version « pop-up ». C’est idéal pour du vrai multitâches :

Oubliez l’idée d’être plus rapide au niveau de l’écriture: le clavier est forcément très large en mode « déplié ». Dès lors, la plupart du temps, le Mate Xs s’utilisera fermé, car dans ce cas, la moitié de l’écran qui n’a pas d’appareil photo fait office de smartphone traditionnel.

Bien entendu, payer 2.500€ une grande dalle pour ne l’utiliser qu’en mode plié, plus pratique au jour le jour, ça n’a aucun sens.Donc je n’ai aucune idée de l’intérêt réel d’un tel appareil, si ce n’est pour montrer au monde que Huawei peut le faire, comme Samsung. Les acheteurs un peu fou seront ravis de savoir qu’il y a 512 GB de stockage intégré, la charge très rapide (jusque 65W, vous pouvez donc charger des ordinateurs portables) et trois bonnes lentilles pour faire des belles photos à la sauce Huawei (et qui servent aussi pour le selfie car c’est un des rares avantages: l’écran se replie à côté des capteurs).

Le Galaxy S20 Ultra, nouveau roi d’Android ?

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 1 avril 2020 15h24 | Ajouter un commentaire

Les tests de Mathieu: un mois avec le gigantesque Samsung Galaxy S20 Ultra, est-il le roi d'Android ?

J’ai testé le dernier flagship sud-coréen pendant 4 semaines. Un appareil un peu dingue, extrême, et qui en Belgique n’aura pas de concurrent sérieux suite à la déroute de Huawei. Voici mes conclusions.

Dès le déballage de l’imposante boite, on comprend qu’on a affaires à un smartphone imposant, lourd, grand, épais, solide. Le Galaxy S20 Ultra, ensuite, fait penser à un autre smartphone haut de gamme, le plus emblématique: l’iPhone.

Le géant sud-coréen Samsung, à ses débuts, s’est inspiré de l’iPhone d’Apple pour se lancer dans le marché du smartphone (il a même été condamné en 2018 pour avoir copié 10 ans plus tôt la face rectangulaire aux bords arrondis et les icones colorées rangées sur un fond noir, entre autres choses).

Si depuis lors, Samsung est devenu N.1 mondial du smartphone, c’est évidement parce qu’il a su inonder les marchés internationaux avec une large gamme d’appareils de qualité, et de gros budgets marketing pour installer sa marque.

Mais on dirait que les vieux démons de Corée du Sud ont encore frappé cet hiver. Même si le timing fait penser le contraire (il faut au moins 6 mois pour concevoir et commercialiser un smartphone), le Samsung Galaxy S20 Ultra semble avoir trouvé de l’inspiration du côté de l’iPhone 11 Pro Max d’Apple sorti l’automne dernier: couleur gris/vert, protubérance (en partie) rectangulaire des multiples capteurs au dos de l’appareil, prix prohibitif.

En effet, il coûte 1.349 euros. Je l’ai essayé durant un mois, voici donc mon avis sur cette vitrine sud-coréenne. Notez cependant qu’il existe deux versions plus ‘normales’ et accessibles, celles qui se vendront le plus: les Galaxy S20 et S20+. Ils sont un peu moins performants au niveau de la photo/vidéo, moins grands et « limités » à la 4G. Ils coûtent 899€ et 999€.

Très grand et privé de navigation par geste

Le Galaxy S20 Ultra est un smartphone de très grande taille. 6,9 pouces, c’est tout simplement le plus grand téléphone que j’ai pu tenir en main. Comptez donc sur une diagonale 17,5 cm, une hauteur de 17 cm, une largeur de 7,6 cm et une épaisseur de 0,88 cm. C’est énorme. Son poids: 220 grammes. Et il faut ajouter une coque (une en silicone transparent est fournie) car un gros pavé de capteur photo ressort de 2 mm à l’arrière, rendant l’appareil instable et fragile posé sur le dos.

Bref, c’est impossible à manipuler à une main. D’autant que pour une raison que j’ignore, Samsung ne veut toujours pas proposer la navigation par geste, celle qui permet de revenir à la fenêtre précédente d’un petit geste du pouce de la droite (ou la gauche) de l’écran vers le centre, et de revenir à l’écran d’accueil en le faisant depuis le bas. C’est la navigation que je trouve la plus intuitive et la plus pratique pour les grands smartphones, après une très courte période d’adaptation. Au lieu de cela, il faut se contenter des vieux boutons Android (ou de petits gestes à effectuer uniquement dans le bas de l’écran, ce qui n’aide pas) :

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Heureusement, la zone de déverrouillage par empreinte sous l’écran a été remontée, donc elle tombe assez facilement sous le pouce. Après, par contre, il faudrait faire des contorsions de la main et déplacer le téléphone pour des gestes aussi réguliers que ‘précédent’ et ‘accueil’. Au risque de faire tomber un appareil à 1.349 euros…

Le plus bel écran du monde

Samsung frappe fort, à nouveau, au niveau de la qualité de l’écran. Il parvient encore à mettre la barre plus haute par rapport à la génération 2019, et ça en met plein les yeux.

Pour en profiter pleinement, il faut cependant passer au mode 120 Hz. On parle ici du taux de rafraichissement de l’écran, une caractéristique désormais propre aux modèles haut de gamme (même si le OnePlus 7T – à 90 Hz – le propose à 500€). Cela offre une fluidité optimale et c’est très dur, par la suite, de s’en passer. Samsung désactive par défaut  le 120 Hz (au profit d’un 60 Hz de base), car il consomme davantage de batterie.

Regarder une vidéo, surtout un film ou une série avec une bonne qualité d’image sur une plateforme de streaming, est un régal pour les yeux. C’est sans doute ce qui se fait de mieux sous Android. Les paramètres par défaut de cette dalle AMOLED sont excellents au niveau de la luminosité et des couleurs, mais vous pouvez les adapter. La définition standard est FHD+, donc 2400 x 1080 pixels. Pour passer à WQHD+ (3200 x 1440) il faut repasser en 60 Hz, mais vous ne le ferez jamais car il vous semblera lent, saccadé.

Ajoutez à cela deux haut-parleurs plus puissants que la moyenne, et capable je ne sais trop comment d’effets stéréo et de spatialisation du son (surtout si vous le posez, debout, sur une surface en bois), et vous avez là le roi de la consommation de contenu. Cerise sur le gâteau: Samsung fourni une très bonne paire d’écouteurs intra auriculaires AKG (une marque qui lui appartient depuis le rachat du groupe Harman).



Un excellent zoom 10x

Depuis quelques années, les fabricants de smartphone haut-de-gamme disent qu’ils sont les meilleurs au niveau de la photographie. Il est certain que c’est un des arguments qui différencient le plus un appareil à 1.000 euros et un appareil à 400 euros. Raison pour laquelle, à chaque nouvelle version de flagship, il y a un capteur photo en plus, un zoom plus puissant, et une meilleure gestion des photos dans la pénombre.

Il faut reconnaître, cependant, que les arguments avancés sont plus souvent d’ordre marketing que d’ordre technique. La preuve cette année avec un zoom x100 fièrement prôné par Samsung. Certes, il existe, mais le résultat est tellement pixélisé et flou, même avec un trépied et du soleil, que l’intérêt est quasiment nul (voir photo ci-dessous). On est à des milliers d’années lumières de ce que permet un reflex avec un téléobjectif. C’est sans doute ce qui se fait de mieux sur un smartphone, mais à quoi bon ?

Pour le reste, la partie photo du Galaxy S20 Ultra est excellente, bien entendu. Si le mode nuit ne m’a pas impressionné (j’ai comparé et un Huawei P30 Pro fait mieux, dans le sens où il trouve – invente? – plus de lumière là où il n’y en a pas), les autres modes font des miracles et sont certainement ce qui se fait de mieux pour l’instant.

Il y a un capteur principal de 108 MP, un ultra grand-angle de 12 MP, un télé (pour le zoom) de 48 MP et un dernier pour améliorer les effets de profondeur. Par défaut, les photos sont prises en 12 MP (9 pixels sont « concentrés » un 1, donc 108/9 : 12 MP). Elles sont parfaites, bien entendu. Idem pour le grand anglet et le zoom, si vous le poussez jusque 10x maximum (au-delà, la perte de qualité est de plus en plus sensible). C’est du bon travail et c’est toujours pratique de pouvoir zoomer un peu sans craindre la bouillie de pixels. Le S20 Ultra est sans doute le meilleur smartphone au niveau du zoom, même si le P40 Pro de Huawei pourrait le détrôner prochainement. Pour la petite histoire, le zoom ‘optique’ du S20 Ultra est de 4x maximum, et au-delà, le logiciel gère plus ou moins bien le grossissement, jusque 100x, donc.

Vous pouvez aussi prendre des photos en 108 MP (en changeant manuellement de mode), mais elles pèseront 20 MB chacune. L’idée est de la zoomer par après sans perte de qualité, par exemple.

Il existe un tas de réglages disponibles, et des options de prises de vue amusante (comme Single Take qui combine photos et vidéos). Quant à la vidéo, elle pousse la définition jusqu’à la 8K, qui peut s’avérer utile, à nouveau, pour un recadrage en post-production. Pour le reste, c’est un format de vidéo qui pèse très lourd et qui ne se savoure réellement que sur les très grandes télévisions compatibles.

Mais gardons les pieds sur terre, ce sont des options pour les geeks ou les photographes avertis. 90% des gens qui achèteront le S20 Ultra utiliseront les réglages de base en photo et vidéo.

Conclusions

A l’heure d’écrire cette conclusion, donc environ 1 mois après la sortie du Galaxy S20 Ultra, le Huawei P40 a été présenté à la presse internationale. Si j’en parle dans cette conclusion, c’est parce que leurs destins sont liés: le dernier flagship du géant chinois des télécoms n’est plus un concurrent, alors que  l’an dernier, il menaçait de détrôner Samsung. Privé des services et applis de Google suite à une guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis, Huawei a du pain sur la planche pour convaincre les utilisateurs de changer d’écosystème et d’opter pour son alternative.

Tout ça laisse le champ libre à Samsung, surtout en Belgique où il est très bien implanté, pour rester le roi des smartphones Android dans les années à venir.

Bien entendu, ça n’empêche pas le Galaxy S20 Ultra d’être un impressionnant smartphone. Du haut de ses 1.349€, il ne sera jamais le meilleur rapport qualité/prix, mais il est sans doute le meilleur smartphone du moment, grâce à une fiche technique extrême (quel écran, quel son !) et des qualités en photo inédites (zoom x100, vidéo en 8K, etc).

Du côté des bémols, je me demande pourquoi les designers de Samsung s’inspirent encore de l’iPhone d’Apple (et j’ai trouvé que l’île des capteurs photo sur le dos était très épaisse). Je regrette aussi la navigation par geste qui manque cruellement sur un smartphone de cette taille. Quant à 128 GB de stockage interne, même si on peut ajouter une carte mémoire, c’est un peu radin pour un appareil d’un tel prix. Sachez aussi que l’interface maison de Samsung est assez encombrante, avec beaucoup d’applications maison préinstallées, un magasin d’applis dédié, un cloud, un assistant, etc. Elle vous prend par la main avec de nombreux conseils et pop-ups mais moi personnellement, ça me déplait. Si vous préférez du « pur Google », passez votre chemin. Un dernier mot sur l’autonomie, si vous passez en mode 120 Hz (et je vous le conseille, ça change la vie), elle vous permet de tenir une belle journée, mais pas plus.

Je n’ai pas d’avis sur la 5G dont il est équipé car elle ne sera pas réellement disponible en Belgique avant 2021.





Mercedes se lance dans le 100% électrique avec… un SUV

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 5 mars 2020 10h21 | Ajouter un commentaire

2020 et 2021 seront des années charnières pour la voiture électrique. Belle et performante mais impayable du côté de Tesla, elle va devenir accessible au grand public grâce à une concurrence nettement accrue dans les prochains mois.

La Renault Zoe (dont j’ai parlé dans cet article) et la Nissan Leaf ne seront bientôt plus les uniques reines du segment. VW arrive avec sa gamme I.D., Citroën vient d’annoncer un nouveau concept pour la ville (Ami), Peugeot est là avec sa e-208, Dacia a annoncé « la voiture 100% électrique la plus abordable d’Europe » pour 2021 avec la Spring. Bref, ça bouge dans tous les sens et vous allez, enfin, avoir une option raisonnable si vous envisagez de passer à l’électrique.

Mais tous les constructeurs n’ont pas la même approche. Le géant Mercedes, fabricant allemand premium, veut continuer à offrir un confort et des prestations dignes de sa réputation. « On ne veut pas choquer le client« , m’a confié un responsable communication de la marque en Belgique.

Raison pour laquelle la première voiture badgée EQ est la EQC, un SUV de 2,5 tonnes blindé d’équipements, dont le prix de départ frôle les 80.000 euros. Il est en réalité basé sur la plateforme du GLC, un SUV traditionnel auquel Mercedes a retiré le moteur thermique, la ligne d’échappement et un tas d’autres éléments, pour les remplacer par des batteries (80 kWh) et des moteurs électriques (un sur chaque essieu, même si c’est principalement en traction qu’elle avancera). Le look a tout de même assez bien changé (surtout la calandre), tandis que la hauteur de caisse a été réduite.

Pour être complet, sachez que la première Mercedes 100% électrique jouissant d’une plateforme entièrement nouvelle et dédiée à cette motorisation, sera la EQA, plus petite et légère, attendue à la fin de l’année 2020. Un concept qui aura un peu plus de sens en termes d’optimisation de l’énergie.

J’ai volontairement omis la tentative isolée de Mercedes en 2014, avec une Classe B électrique (conçue en partenariat avec Tesla) qui affichait 200 km d’autonomie et une charge pas très rapide…

Plutôt 300 que 400 km d’autonomie

J’ai roulé une semaine avec la EQC, et c’est forcément agréable. Le confort est digne des marques premium allemandes, la voiture est jolie (quelles jantes sur mon modèle de test) et on devine à peine que c’est un véhicule électrique (il y a tout de même des éléments de couleur bleue qui donnent un indice).

Ce qui m’intéresse le plus, c’est la motorisation électrique. Il y a donc 80 kWh de capacité dans les 650 kg de batteries logées à la place du moteur et quelque part sous les sièges. Mercedes revendique environ 400 km d’autonomie (cycle WLTP) si on parvient à atteindre la consommation moyenne de 22,2 kWh au 100 km.

Ce que je n’ai pas réussi à faire. J’ai pourtant roulé tout le temps en mode Eco, un peu en ville et sur le Ring de Bruxelles (max 100 km/h, souvent moins), durant quelques jours. Mais je n’ai pas fait mieux que 29,2 kWh. En roulant de la sorte, j’avais donc une autonomie totale plus proche des 300 que des 400 km. Il faisait 9°, bien entendu, et la voiture doit maintenir ses batteries à une température minimale, même à l’arrêt. Cela prouve néanmoins, une fois de plus (voir mon test de la Renault Zoe) qu’il y a une sacré marge entre l’autonomie annoncée et réelle, du moins en Belgique.

La recharge est forcément longue, surtout si vous n’avez pas accès à une borne rapide (DC). Voici ci-dessous le tableau fourni par Mercedes. On parle d’une recharge jusqu’à 80% car au-delà de ce niveau, l’intensité ralentit et la durée augmente fortement. Comme d’habitude avec une voiture électrique, il faut donc la recharger dès que vous pouvez: une course, au travail, chez vous, au restaurant. Bien entendu, les bornes ne sont pas encore très nombreuses ni très accessibles en Wallonie, il faut se renseigner ou utiliser le système de navigation.

Restons cependant logique: si vous voulez vraiment rouler « vert » et consommer le moins possible de kWh (derrière, il y a souvent des centrales nucléaires ou au gaz), il faut opter pour une voiture moins cossue, moins confortable, moins grande, moins lourde. Bien entendu, on se réjouit des options de sécurité (freinage d’urgence, assistances diverses à la conduite), mais le EQC, qui pèse 2,5 tonnes, n’offre même pas l’avantage d’être très spacieux. Le coffre assez haut est limité par une trappe (qui renferme câblage et autres espaces de rangement). C’est parfait pour les courses mais pour partir en vacances en famille, bonne chance.

Bien entendu, comme la plupart des voitures électriques modernes, si on écrase la pédale d’accélération, les sensations sont là et le démarrage très rapide. Mais après quelques minutes d’amusement, les batteries s’épuisent très vite…

Une conduite plus intelligente

Ce que j’ai fort apprécié chez Mercedes, c’est la gestion de la récupération d’énergie. Il s’agit, pour rappel, du fait de recharger (un peu) les batteries lorsque la voiture décélère. Sur la EQC, les palettes au volant ne servent pas à passer les vitesses (il n’y en a pas sur les moteurs électriques, de tout façon). Elles permettent d’accentuer ou de réduire la récupération d’énergie, qui va de — à ++ en passant par le mode Auto (ça se voit à côté du sigle D indiquant le mode de la boite de vitesse automatique, voir ci-dessus). C’est nettement plus simple que de commencer à chipoter dans les menus.

Vous avez donc tout le loisir de doser à votre goût la manière avec laquelle la voiture « freine toute seule » lorsque vous relâchez la pédale d’accélération. C’est une nouvelle manière de conduire, dont j’ai déjà parlé, et qui permet de grappiller quelques kilomètres d’autonomie par-ci, par-là.

Et le mode Auto, alors ? C’est lui le plus malin. Il se base sur différents critères pour réduire ou accentuer automatiquement la récupération d’énergie, notamment sur le parcours issu de la destination entrée préalablement dans le système de navigation (dénivelé, etc). De plus, ce mode utilise les caméras et radars pour être plus efficace. Exemple: si vous relâchez la pédale avant un Stop, un feu rouge ou simplement une voiture à l’arrêt devant vous, la récupération (et le « freinage ») va être importante. Mais si vous êtes sur l’autoroute et qu’elle est dégagée, la récupération va être quasi nulle, laissant aller la voiture sur sa lancée sans la freiner inutilement (car cela nécessiterait de ré-accélérer par la suite, ce qui serait contre-productif).

Les plus :

  • C’est un SUV Mercedes: solide, look soigné, confort optimal, accélérations immédiates
  • La récupération d’énergie paramétrable au volant

Les moins :

  • C’est un SUV Mercedes: il pèse 2,5 tonnes sans offrir un très grand espace intérieur, donc les 80 kWh de batterie (650 kg !) ne m’ont offert que 300 km d’autonomie
  • Durée de recharge de la batterie: jusqu’à 50h environ à la maison pour atteindre 100% !

Alcatel sort un 3X remanié à 149€: que vaut-il ?

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 19 février 2020 10h16 | Ajouter un commentaire

Dans la jungle que représente le marché des smartphones Android, certaines marques ont bien du mal à se faire de la place. Image de marque, budget publicitaire, positionnement tarifaire, rapport qualité/prix… il existe de nombreux critères qui expliquent le succès ou l’échec d’un smartphone dans tel ou tel pays. n

Certaines marques luttent cependant pour continuer d’exister. C’est le cas d’Alcatel, très discret en Belgique (et même en Europe, en fait). Pourtant, la marque d’origine française, mais contrôlée à 100% par le chinois TCL qui fabrique surtout des écrans, sort en ce début d’année 2020 une version remaniée de l’Alcatel 3X (à ne pas confondre, donc, avec celle sortie l’an dernier…).

Allons droit au but: très peu présent dans les magasins belges, ce téléphone ne risque pas de se démarquer sur un segment dominé par Xiaomi et Motorola, des marques ayant davantage les faveurs du public.

Pourtant, il a quelques avantages donc si vous tombez dessus (le numéro du modèle est 5048Y, pour ne pas vous tromper), considérez cet achat. En effet, il y a 64 GB de stockage interne extensible, 4G de RAM et une batterie de 4.000 mAh. Ce qui n’est pas négligeable pour un appareil qui vaut 149€.

Un niveau moyen mais logique

Il y a trois capteurs à l’arrière, mais ne vous attendez pas à des miracles de ce côté. En plan normal (16 MP), en grand angle (8 MP) ou en zoom (5MP) les photos sont assez baveuses, il n’y a pas de détails sur les contours et tout manque de piqué, de rendu. Les couleurs sont un peu ternes également. Tout cela s’aggrave dès qu’il fait moins lumineux, mais en plein soleil, les défauts se verront un peu moins. Je l’ai comparé à un bon smartphone, et voici les différences (couleurs moins fidèles, balance des blancs, contraste, netteté… ça se voit)

La fluidité n’est pas terrible avec la puce MediaTek Helio P23: passer d’une application à l’autre ne se fera pas en éclair. Idem pour changer de capteur photo quand on passe du normal au zoom ou au grand angle: comptez une bonne seconde et demi de patience. Quant à l’écran, il laisse à désirer en termes de fluidité et de contraste.

Mais ça reste un appareil avec une autonomie respectable (il vous sera possible de tenir deux jours si vous ne l’utilisez pas de trop), un grand écran et un port mini-jack (au-dessus) pour un casque. J’ai regardé quelques vidéos et un épisode sur Netflix, et il n’y a pas eu de ralentissement.

Donc si votre budget est de 150€ environ, que vous voulez une diagonale généreuse de 6,52″ et que vous n’êtes pas trop exigeant en terme de photographie, d’écran et de fluidité, l’Alcatel 3X 2019 est une option.

Devolo miniaturise sa solution « Magic » pour sauver votre Wi-Fi

Par Mathieu Tamigniau dans IoT, Pratique, Test , le 13 février 2020 14h41 | Ajouter un commentaire

Ces kits font partie des accessoires réseaux les plus vendus en Belgique. Ils permettent d’avoir un bon signal internet dans tous les coins de la maison, mélangeant CPL (réseau électrique) et Wi-Fi. Un petit nouveau vient de faire son apparition: le Wi-Fi Mini.

L’entreprise allemande Devolo est pionnière dans le domaine des accessoires réseaux, et même leader sur ce marché européen. Il est plutôt rare qu’une entreprise de nos régions soit performante dans les produits électroniques grand public, donc saluons la réussite de l’entreprise basée à Aix-la-Chapelle (tout près de la Belgique) et qui emploie environ 300 personnes.

Un des responsables m’a rendu visite dernièrement car l’entreprise est parvenue à miniaturiser ses fameux ‘boitiers CPL’ (courant porteur en ligne) baptisés Magic, des blocs blancs qu’on fixe dans une prise murale, et qui permettent de créer un réseau via votre circuit électrique.

Les progrès dans le domaine sont constants pour Devolo et ses concurrents. Vitesse de transmission, stabilité du réseau, facilité d’installation: il y a toujours moyen de faire mieux. De plus, nos usages changent également: les appareils connectés se multiplient (smartphones de toute la famille, tablettes, ordinateurs, consoles de jeux, télévisions, décodeurs, etc…), nos besoins aussi.

La série Magic inaugurée en 2019 par Devolo combine CPL et Wi-Fi, avec des performances plus élevées que la moyenne. « Pour y arriver on utilise les puces de deuxième génération de la technologie G.hn« , m’a expliqué Marcel Schüll, responsable des relations publiques de Devolo. Il s’agit d’une « nouvelle norme technique qui augmente considérablement la vitesse (jusqu’à 2,4 Gbits par seconde, en théorie), la stabilité de la connexion et la portée (jusqu’à 500 mètres)« .

Couplé à la technologie de Mesh Wi-Fi (réseau sans-fil maillé, voir les infos dans ce test), « c’est ce qui se fait de mieux sur le marché domestique, et c’est surtout utile dans un pays comme la Belgique où les gens ont des maisons assez grandes et construites solidement, avec des murs, du béton, etc… », rappelle la marque, étonnée d’être la seule à combiner ces technologies.

Mini mais toujours Magic

L’utilisation de la technologie G.hn a un désavantage: il n’y a pas de compatibilité avec des boitiers (de marque Devolo ou autres) qui utilise la technologique CPL traditionnelle.

Raison pour laquelle, quand Devolo a lancé ses Magic l’an dernier, c’était en kit. En 2020, la marque étend son catalogue G.hn avec le Wi-Fi Mini, un boitier qui peut être acheté à la pièce (69€) et qui a l’avantage d’être plus petit et plus discret, idéal quand il est visible dans un salon ou une chambre.

Important à savoir: il n’est pas aussi puissant que ses grands frères de la gamme Magic 2, mais les 1.200 Mbits/s (vitesse maximale théorique, rappelons-le) sont largement suffisants. Autre élément à ne pas négliger: il n’a pas de prise de courant intégrée, il faudra donc lui en consacrer une.

Rappelons que ce petit boitier Magic Wi-Fi Mini sert à transmettre du réseau (sans fil ou à l’aide d’un câble) dans une zone de votre maison en allant chercher le signal par le circuit électrique. Il faudra donc un adaptateur initial utilisant la technologie G.hn, relié à votre routeur internet. Raison pour laquelle le Wi-Fi Mini se retrouve aussi dans des kits de Devolo (99€ pour le kit avec un Mini, 159€ pour le kit avec deux Mini). Seuls ceux qui ont déjà un kit Magic préexistant (qu’on relie au routeur) peuvent acheter le Wi-Fi Mini à l’unité, au prix de 69€.

70€ la petite extension, ça peut sembler cher. Mais d’expérience, je peux vous dire que le matériel de Devolo est meilleur que la plupart des concurrents. Peut-être parce que les produits sont conçus en Allemagne et que nos installations électriques sont sensiblement différentes des autres régions du monde.

Stable et rapide

En effet, ce qui me frappe, c’est la stabilité. La plupart des systèmes concurrents fonctionnent, mais il n’est pas rare de constater des pertes de connexion ou de vitesse. Ce qui rend leur utilisation agaçante, pour ne pas dire impossible (dans le cas d’un décodeur TV qui a besoin d’un signal constant).

Quant à la vitesse, elle est effectivement de 1 Gbps (si vous branchez un appareil avec un câble au boitier Mini), ce qui très rapide bien sûr, mais uniquement pour faire transiter des infos (fichiers, etc) à l’intérieur de votre réseau local. Si votre connexion Proximus ou Voo est de 70 Mbps, ne pensez pas qu’elle va s’améliorer. Elle sera par contre aussi rapide à la cave ou au grenier qu’à côté du routeur qui amène le signal internet chez vous.

Une application et une extension qui pourraient être plus clairs

La seule chose qu’on reprochera à Devolo, c’est que l’application pour la gestion et la configuration des boitiers CPL n’est pas des plus claires. Tout est très simple si vous configurez votre réseau pour la première fois (il y a la documentation de base et l’utilisation de l’application n’est nécessaire que pour changer des paramètres tels que le nom/mot de passe du Wi-Fi et les options).

En revanche, pour l’installation d’un nouveau produit Magic sur un réseau existant, c’est déroutant. Il faut brancher l’appareil et dès que la led du CPL (la petite maison) clignote en blanc, il faut aller appuyer sur le bouton identique d’un adaptateur déjà branché sur le réseau. Ensuite, via l’application, l’adaptateur apparaît et il est possible de le configurer. J’ai trouvé cette solution dans le manuel d’utilisation complet à télécharger sur le site support de Devolo.

Pour ceux que ça intéresse, mais c’est moins le cas pour le grand public belge, Devolo a également lancé le Magic 2 LAN Triple. Il s’agit d’un kit CPL qui ne propage aucun Wi-Fi. C’est donc utile pour des consoles de jeux, des décodeurs ou des télévisions (le boitier relais dispose d’ailleurs de 3 ports réseau), mais pas pour les appareils mobiles ni les objets connectés sans fil (139€) :