Pratique

Envoyez du Wi-Fi dans tous les coins de votre maison grâce à la technologie « mesh »

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 16 novembre 2018 15h39 | Ajouter un commentaire

Comme la plupart des foyers, le vôtre est sans doute équipé d’un modem/routeur qui amène internet chez vous, et qui le diffuse via des ports réseau et le Wi-Fi.

Mais si vous possédez une maison, il est fort probable que dans certaines zones, il n’y ait pas ou peu de signal. Impossible pour un enfant de travailler correctement sur un ordinateur dans sa chambre, ou pour vous de regarder un film sur Netflix dans le lit, via une tablette. De plus, avec l’augmentation des produits connectés dans une maison, avoir du Wi-Fi partout est devenu indispensable.

Jusqu’à présent, il existait des solutions comme le CPL (courant porteur en ligne), qui, via des boitiers placés sur des prises de courant, se servent du réseau de câble électrique présent dans toutes les maisons pour envoyer du réseau partout. Mais cette solution manque souvent de stabilité et de fiabilité, et si le boitier en question est équipé de Wi-Fi, il émet son propre « réseau », différent du principal (le smartphone ou l’ordinateur doit alors passer de l’un à l’autre).

Maillez votre maison

C’est pourquoi la technologie « mesh » (maille en anglais) est en train de faciliter grandement les choses. Son principe de base, c’est d’utiliser tous les émetteurs de signal ou de réseau, et de les fusionner dans un même réseau. C’est principalement du travail logiciel au sein des routeurs et des répéteurs Wi-Fi, mais ça fonctionne drôlement bien.

Pour faire le test, on a pris un répéteur de chez AVM, le fabricant allemand de matériel de réseau est une référence au niveau de la qualité de fabrication de ses appareils et des logiciels qui y sont intégrés.

Il s’agit en particulier du Fritz!WLAN Repeater 1750E (99€), mais d’autres modèles et d’autres marques utilisent la même technologie.

Installation simple, utilisation transparente

La meilleur technologie est la plus simple, la plus invisible. Le principe du mesh, c’est ça. Et avec le répéteur Wi-Fi d’AVM, c’est un jeu d’enfant. Il suffit de brancher le boitier dans une prise électrique à mi-distance entre le routeur (comme la Bbox 3 de Proximus) et la zone à couvrir. Idéalement, sur le palier de l’étage d’une maison.

Ensuite, vous appuyez sur le bouton de connexion WPS du boitier, et endéans les deux minutes, sur le même bouton WPS situé sur le routeur. Et c’est fait. Sans vous en rendre compte, et sans devoir reconfigurer tout le matériel en le liant à un nouveau réseau, vous avez étendu le Wi-Fi à toute votre maison. Le boitier utilise donc les mêmes SSID (identité de réseau sans-fil), et s’il y en a deux (comme sur les Bbox, un pour le 2.4 GHz et un pour le 5GHz), il va les mixer au mieux pour aller chercher le réseau sur le routeur, tout en le diffusant vers les appareils à connecter.

Particulièrement performant, le Repeater 1750E élargit la portée du réseau local sans fil dans la bande des 5 GHz avec des vitesses pouvant théoriquement atteindre les 1300 Mbit/s (450 Mbit/s pour la bande des 2.4 GHz).

Un port Gigabit sous le capot

Pour plus d’options, il est toujours possible, via le navigateur d’un appareil connecté au boitier avec ou sans fil, d’aller sur http://fritz.repeater afin de configurer, ou de comprendre le « maillage » de votre maison.

Sachez que sous le Repeater 1750E, il y a un port réseau Gigabit, ce qui signifie que vous pouvez brancher un ordinateur, un décodeur ou tout ce qui a besoin d’une bonne connexion câblée.

Bref, c’est simple, on ne se rend pas compte de grand-chose mais ça fonctionne: plus de problème de Wi-Fi…

Logitech Craft: pourquoi mettre 199€ dans un clavier ?

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 23 octobre 2018 13h57 | Ajouter un commentaire

L’accessoiriste suisse Logitech, qui utilise désormais la marque ‘logi’ pour son matériel de bureau, a sorti il y a quelques mois le Craft. Un ovni dans le petit monde des claviers sans-fil, un accessoire devenu très pratique car il évite les câbles sur le bureau et n’a besoin que de très peu d’énergie (deux piles = plusieurs années).

Pourquoi un ovni ? Car il coûte 199€ à la base, ce qui est déjà rare pour un clavier. Ce prix élevé a pour cause une finition en aluminium impeccable. On est sur du très haut-de-gamme: le Craft est lourd, bien assemblé, discret. Son look est résolument moderne: aucun problème pour le laisser sur le bureau en permanence, ni pour travailler dans la pénombre car il est rétroéclairé. De plus, il est très silencieux: les touches incurvées très fines s’enfoncent délicatement, c’est agréable pour l’oreille et confortables pour les doigts. Comptez également sur un clavier complet, avec pavé numérique et espace pour les flèches du curseur. Une belle largeur, donc, pour un espace de travail idéal. Sachez également qu’il se connecte en Bluetooth (jusqu’à 3 appareils peuvent être enregistrés) ou via le récepteur USB propre à Logitech (Unifying) inclus. Il est équipé d’une batterie rechargeable par via un câble USB Type-C fourni.

L’autre caractéristique du Craft, c’est la molette « cliquable » située sur le coin supérieur du clavier. Par défaut, elle va régler le volume Windows, ce qui n’est pas terriblement utile sachant qu’il y a des touches pour ça. Mais si vous utilisez l’application Logitech Options (144 MB tout de même), vous pouvez assigner à cette molette toute une série de commandes liées à certains logiciels. La suite Office (Word, Excel, PowerPoint) est concernée, mais ça n’est pas toujours très utile. Par exemple, sous Word, vous pourrez agrandir du texte sélectionné ou changer de police. Le plus intéressant est dans la suite de logiciel de création graphique d’Adobe: Photoshop, Illustrator, InDesign et Premiere Pro (dans leur version CC uniquement). La molette peut être assignée au zoom/dézoom, ce qui est sans doute le plus pratique, car sollicité régulièrement. Elle peut également, en fonction du contexte, modifier la luminosité, la taille de l’image, l’opacité, la taille du texte, etc. C’est pratique mais pas indispensable car dans ces quelques logiciels, il y a de multiples manières/raccourcis pour arriver à un même résultat. Cependant, ça aidera certains d’entre nous à gagner un peu de temps au jour le jour… Notez que d’autres logiciels pourront en profiter à l’avenir, car il y a un kit de développement disponible.

Nos conclusions sur le Craft de Logitech sont mitigées. Il est certes très design mais 199€, c’est une belle somme pour ce qui reste un clavier sans fil. La molette est originale mais elle nécessite l’installation d’un logiciel pour la configurer, et peut s’avérer utile sur un nombre limité d’applications (surtout la suite créative d’Adobe mais uniquement en version CC). Le Craft a du sens pour les graphistes ou ceux qui font de la retouche d’images et qui gagneront du temps. Pour les autres, c’est un peu cher, mais c’est très « exclusif »…

Des coques de smartphone à la fois très protectrices et jolies, c’est possible ?

Par Mathieu Tamigniau dans Pratique, Test , le 21 septembre 2018 16h30 | Ajouter un commentaire

C’est ce qu’essaie en tout cas de faire Rhinoshield, une société taïwanaise qui s’étend de plus en plus à l’international. Le marché de la protection de smartphone est en hausse constante. Les gens achetant presque systématiquement une housse, un étui, une coque ou une protection d’écran pour cet appareil qui prend de plus en plus de place dans nos vies.

C’est en 2012 à Taïwan que deux frères ont fondé la société. Des ingénieurs spécialisés dans la science des matériaux. Ils ont réussi une belle campagne sur kickstarter pour un projet de coque de style bumper (un genre de cerclage du smartphone, qui ne recouvre pas les faces avant et arrière) très résistante aux impacts. Il y a dans le matériau utilisé (shockspread) une structure en nid d’abeille qui absorbe bien les chocs. Le smartphone résiste ainsi aux chutes d’une hauteur allant jusqu’à 3,5 m.

Solides mais pas moches

« Rhinoshield vient de rhino – rhinocéros – et shield – bouclier en anglais », nous a expliqué Ludovic Corvers, un Liégeois expatrié à Taïwan pour s’occuper du développement de la marque sur les marchés francophones, notamment.

Mais dans un marché aussi vaste, avec des rayons remplis de produits à bas prix, comment se différencier ? « On mise sur la qualité de la protection (on dépasse les standards militaires américains), mais on fait attention au design, car il faut que les coques soient également jolies ».

Raison pour laquelle la nouvelle gamme Mod NX a été mise sur pied. Ce sont des coques dites modulaires: on peut se contenter du bumper (cerclage) de la couleur de son choix, mais on peut ajouter une face arrière (il y a de nombreux motifs) et modifier la couleur des boutons de volume et de verrouillage. Prix de départ: 30€.

On a mis la main sur quelques modèles et on sent la qualité du plastique utilisé, qui devrait être plus résistant que la coque achetée 3€ sur un marché. « Les coques et protection anti-chocs en shockspread sont produites dans le sud de Taïwan » par une usine tierce, sous la supervision de Rhinoshield.

Deux bémols

Deux petits bémols: les coques de Rhinoshield, dont le but premier est de bien protéger vos smartphone, rappelons-le, sont assez imposantes. Plutôt épaisses, elles dénaturent un peu le design de plus en plus fin et élégant des smartphones haut-de-gamme.

Autre reproche, mais il est bien logique car il faut bien calculer son coup, la liste de smartphones compatibles est limitée: selon les modèles, ça se limite aux iPhone uniquement, ou bien ça englobe les flagships de Samsung et OnePlus. « On essaie d’anticiper le succès d’un nouveau modèle. Avec l’iPhone, c’est facile », mais pour le reste, ça dépend du marché. Or, Rhinoshield vend principalement à Taïwan, où les modèles les plus populaires ne sont pas les mêmes qu’en Europe.

Donc pour répondre à la question initiale: oui, il est possible de trouver des coques très protectrices et jolies. Mais, forcément épaisses pour rester efficaces, elles vont alourdir le design de votre appareil.

Coque modulaire Mod NX

 

Coque complète Solid Suit

HTC sur la bonne voie: son U12+ n’a qu’un seul défaut, il aime trop les traces de doigts

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 10 août 2018 08h11 | Ajouter un commentaire
HTC sur la bonne voie: son U12+ n'a qu'un seul défaut, il aime trop les traces de doigts
Cher mais réussi: c’est ce qu’on peut conclure du dernier ‘flagship’ du constructeur taïwanais. Pas de quoi inquiéter les ténors du marché Android que sont Samsung et Huawei, mais HTC a désormais de bons arguments, surtout au niveau de la photo, pour communiquer davantage en Belgique. Encore faut-il qu’il le fasse…

On l’a suffisamment dit: l’histoire de HTC est un peu triste. Le constructeur taïwanais, qui a permis à Android d’exister durant ses premières années face à l’iPhone, a connu ce que connaissent tous les leaders: une position dominante que l’on croit acquise, de grandes difficultés à s’adapter aux changements très rapides du marché.

Il faut dire que l’armada chinoise, Huawei en tête, a fait chuter les prix en envahissant l’Europe. Seul Apple et Samsung ont survécu et gagnent de l’argent. Tous les autres essaient mais doivent faire d’énormes efforts de communication et de marketing pour atteindre des parts de marché qui ne leur permettent pas de repasser dans le vert.

HTC est l’une des victimes, mais Sony, LG, Motorola, Wiko ou Alcatel mènent le même combat. Pourtant, ses marques font généralement du bon boulot.

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Une recette enfin aboutie pour le U12+: cher mais réussi

Si les modèles haut-de-gamme précédents souffraient tous d’un petit défaut les empêchant, à nos yeux, de faire vraiment concurrence aux ténors, ce n’est plus le cas du U12+ de HTC, sorti il y a quelques semaines. Le smartphone nous a convaincus après deux semaines d’utilisation, surtout au niveau de la finition et des photos. Le constructeur taïwanais semble sur la bonne voie, même s’il a un sacré travail de marketing qui l’attend en Belgique pour convaincre les clients de lui refaire confiance…

Comme tous les flagships taïwanais, le U12+ est cher: 799€. La fiche technique est à l’avenant: écran très haute définition (2880 x 1440 pixels), puce Snapdragon 845 à la puissance illimitée, 6 GB de RAM, appareil photo à double capteur performant, étanchéité totale. On tique un peu tout de même sur les 64 GB de stockage interne (on attend plutôt 128 à ce prix-là) et sur l’écran qui n’est pas OLED mais Super LCD (c’est un détail, car il est globalement réussi).

Fidèle à sa tradition, la finition est irréprochable chez HTC. La sensation de solidité est omniprésente. Le look suit les tendances du moment, avec une face arrière en verre brillant qui en jette, mais qui est un aspirateur à traces (doigts, poussières, etc). On l’a déjà constaté sur d’autres modèles 2017 et 2018, mais le U12+ est encore pire. Vivement que la mode change. Il y a heureusement un ‘châssis’ en métal qui apporte une excellente rigidité.

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Des traces de doigts dès la première manipulation…

Deux particularités matérielles

HTC a deux particularités matérielles pour se démarquer. Tout d’abord la fonction ‘Edge Sense’, qui a gagné des fonctions supplémentaires. A la base, elle servait à lancer une application maison (appareil photo, par exemple) même quand l’appareil est verrouillé, en serrant les bords. Désormais, elle peut servir à l’intérieur de certaines applications: répéter une alarme, basculer entre appareil photo frontal et principal, etc. C’est encore en beta, mais il y a du potentiel si les développeurs d’applications tierces s’y mettent.

L’autre spécificité du U12+, c’est que ses boutons physiques ne le sont pas vraiment. Volume plus ou moins, verrouillage: ce sont des boutons qui ressortent légèrement, mais qui ne s’enfoncent pas. On imagine qu’à la clé, il y a un petit gain de place à l’intérieur. Mais il n’y a aucun avantage pour l’utilisateur, plus perturbé qu’autre chose même après deux semaines d’utilisation. C’est surtout le réglage du volume qui est inutilement compliqué: difficile de savoir à quel point il faut appuyer, et durant combien de temps…

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D’étranges boutons « tactiles »

Un appareil photo au top

HTC confirme chaque année sa capacité à intégrer intelligemment des capteurs photos de grande qualité. La preuve: le U12+ s’en sort très bien, même quand les conditions de luminosité ne sont pas terribles. C’est généralement le signe que l’appareil photo va réussir la plupart de ses clichés, et c’est finalement tout ce qu’on lui demande. La présence de deux capteurs permet de jouer sur la profondeur de champs, ce qui est devenu pratiquement la norme cette année.

Sur la face avant, on a droit à deux capteurs aussi. Vos selfies seront plus nets, et dans l’écrasante majorité des cas, ils seront très réussis, comme s’il s’agissait d’une photo ‘normale’.

Bref, la partie photo est pratiquement aussi bonne que sur le Huawei P20 Pro, le champion 2018 du smartphone.

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Même à l’avant, il y a deux capteurs photos performants

Au niveau logiciel: un peu encombrant

HTC fait partie de ces fabricants qui ajoutent de nombreuses fonctionnalités et applications maison au-dessus d’Android. Il ne le fait pas au point de Samsung, champion toute catégorie, mais l’idée est de fidéliser (enfermer?) le client pour l’inciter à acheter à chaque fois un HTC: que ce soit pour la sauvegarde de données, l’agenda, les contacts, le clavier… tout est ‘HTC’. Certains constructeurs, et on les remercie, font confiance à Google: tout est alors transposable d’une marque à l’autre très simplement.

Au-delà de ça, il y a deux autres fonctions installées d’office et qui demandent un tas d’autorisations. Blinkfeed, depuis quelques années, est un écran sur la gauche des écrans d’accueil, qui rassemble un tas d’infos en provenance de votre appareil HTC, de vos réseaux sociaux, de fils d’actualités personnalisables comme News Republic (qui contient des pubs), etc. On imagine que certaines personnes apprécient encore ce genre d’agrégateurs de contenus très diversifiés, mais personnellement, on s’en passerait très volontiers. Il n’est pas obligatoire, ceci dit, et on peut supprimer cet écran.htc006

HTC a également mis au point depuis l’an dernier un genre d’assistant personnel, baptisé ‘Sense Companion’. Pas très bien traduit en français, il a cependant l’ambition de vous donner des petites infos personnalisées tout au long de la journée: trafic pour se rendre au travail le matin, activité physique, rendez-vous prévus, etc. Il fournit également un tas de recommandations pour des restaurants, des activités à faire durant le w-e prochain. Un peu trop ambitieux pour être utile, c’est surtout un aspirateur à données personnelles, et on ne sait pas vraiment où elles vont (il y a forcément des sites/partenaires tiers qui en ont besoin pour fournir des infos…). Uniquement pour les fans de HTC qui comptent rester fidèle à la marque à vie, et qui ont envie de le laisser tout savoir…htc007

On comprend que dans le monde très concurrencé des smartphones, il est logique d’essayer de se démarquer en proposant des fonctionnalités inédites. Mais souvent, c’est beaucoup d’efforts pour rien: qui utilise réellement ces options ? Si on devait caricaturer: la majorité des gens utilisent l’appareil photo, les applis de chaque réseau social séparément, Netflix et Spotify pour du contenu, quelques jeux vidéo pour s’amuser et d’autres applications utiles (banque, transport, etc). Le reste est superflu et/ou encombrant.






Le G7 de LG, premier smartphone équipé d’un bouton Google Assistant (vidéo)

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 29 mai 2018 06h21 | Ajouter un commentaire

Le géant sud-coréen de l’électronique a rassemblé la presse du Benelux à Amsterdam cette semaine pour présenter le G7 ThinQ, nouveau flagship censé pousser la marque sur le marché très délicat de la téléphonie mobile. Mission compliquée en vue, même si un partenaire de marque comme Google s’est immiscé dans la partie…

De l’aveu même d’un responsable LG pour le Benelux, la situation du géant sud-coréen en Europe au niveau du mobile est « difficile« . Alors qu’aux Etats-Unis la marque serait en deuxième position (en valeur) derrière Apple et qu’en Asie, elle performe bien dans certains grands pays, la Belgique ne se passionne pas pour les smartphones de la marque. LG entre et sort du Top 5 régulièrement, se disputant une place honorifique (à défaut d’être lucrative) avec des acteurs comme Sony ou HTC.

Soyons clair: LG perd de l’argent sur le marché de la téléphonie mobile en Europe (il en gagne par ailleurs beaucoup avec ses téléviseurs et autres appareils électroménagers). Pour autant, il ne peut pas vraiment abandonner le smartphone: c’est une vitrine technologique, une présence plus sexy commercialement parlant qu’un lave-linge, et c’est indispensable pour tous les géants de l’électronique. Qui plus est, LG doit continuer à sortir des modèles haut-de-gamme, des flagships, au moins une fois par an. Même s’il ne vendra qu’une poignée de ces téléphones dépassant les 800€. A nouveau, c’est une question d’image.

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LG G7 ThinQ: un flagship prudent

Présenté le 2 mai à New-York, le dernier flagship de LG est le G7 ThinQ. Pourquoi pas simplement G7 ? « ThinQ est notre nouvelle plateforme pour tous nos appareils connectés ou intelligents« , nous a expliqué Jeroen Peeters, responsable LG, à Amsterdam, où la presse du Benelux découvrait l’appareil. Du marketing, donc, pour promouvoir un énième protocole de communication entre appareils d’une même marque, une énième application pour la ‘maison intelligente’. Il y a quatre ans, lors de notre visite des usines de LG à Séoul, on parlait de la norme ‘homechat’ pour une cuisine du futur communicante.

Vendu 849 euros en Belgique à partir de la mi-juin, le G7 succède au G6, ou plutôt au V30, sorti en automne dernier et que nous avons essayé il y a quelques mois. La stratégie de la gamme n’est pas très claire: que ce soit au niveau du prix, de la catégorie et du design, il n’y a pas de distinction entre les séries V et G.

A ce prix-là, le G7 présente une fiche technique haut-de-gamme, sans être exceptionnelle au niveau de la mémoire (4 GB RAM, 64 GB stockage) et de la batterie (3.000 mAh): Snapdragon 845, écran 6,1″ LCD QHD+ (3120 x 1440 pixels) qui occupe une grosse partie de la face avant avec un format élargi 19,5:9, double capteur photo à l’arrière de 16 MP (un normal et un grand angle), Android 8.0.

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Le ‘notch’ peut être transparent (gauche), coloré (droite) ou simplement noir

L’écran, comme souvent chez LG, est de bonne qualité. La luminosité maximale peut atteindre les 1,000-nit si vous êtes dehors en plein soleil, de quoi assurer une lisibilité optimale en toutes circonstances. Pas d’OLED, hélas, ce qui est étonnant alors que la société sœur LG Displays est le roi de l’OLED, une technologie à la demande exponentielle. Le G7 doit donc se contenter du LCD. Ça se ressent principalement quand vous regardez une série ou un film: les noirs sont « éclairés » et donc un peu gris.

Au niveau du design, LG est resté très prudent. On reste dans la lignée des G6 et V30, avec un écran certes un peu plus grand. La finition est bonne mais on aurait aimé une petite prise de risque pour se démarquer de la concurrence. Faces avant et arrière sont en verre brillant comme d’innombrables constructeurs, et de couleur noir, grise ou bleue.

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Un privilégié de Google Assistant, vraiment ?

Bref, il y a tout ce qu’il faut pour une expérience Android de premier ordre. Mais vu la concurrence dans le haut-de-gamme, il faut se démarquer. Anecdotique: le G7 prétend rendre inutile la petite enceinte Bluetooth grâce à son Boombox Speaker. C’est un mini haut-parleur intégré qui vibre en effet très fort dans le dos: si on le dépose sur une surface massive, l’effet de basse est effectivement augmenté. Encore mieux si vous le déposez sur une caisse de résonnance, comme une guitare, par exemple. Amusant et plutôt efficace.

Et pratique, aussi, pour parler avec Google Assistant: même à 5 mètres du smartphone, on peut le réveiller avec la phrase ‘Ok, Google’ et communiquer avec l’assistant vocal disponible en français « même s’il y a un bruit de fond comme un aspirateur« , d’après LG. Si celui-ci vous répond, vous serez à même le comprendre, même avec un bruit de fonds, grâce à la puissance du petit haut-parleur intégré. On pourrait presque se passer du Google Home ou de toute autre enceinte compatible avec l’assistant de Google.

On en vient à ce point délicat de la collaboration entre Google et LG. Partenaires dans le passé via la conception des Nexus (des smartphones avec une version pure d’Android), les deux acteurs ont semble-t-il voulu construire un lien privilégié entre Google Assistant et le LG G7 ThinQ.

A quel niveau ? C’est assez difficile à comprendre. Il y a bien un bouton supplémentaire sur la tranche (voir photo ci-dessus) qui par défaut lance Google Assistant, mais c’est symbolique: sur les autres smartphones compatibles (ils sont de plus en plus nombreux), il suffit de laisser son doigt appuyé sur le bouton d’accueil ou d’effectuer un petit geste pour parler à l’assistant.

On a appris à Amsterdam qu’il y aurait bientôt des « fonctions exclusives, inédites » pour l’utilisation du Google Assistant sur le G7. Mais on n’en saura pas plus avant la fin de l’année…

Il y a tout de même déjà quelque chose, même s’il faut attendre une mise-à-jour pour le tester: Google Assistant à accès à la partie hardware du G7: il peut en modifier les paramètres, lancer la caméra, le mettre en mode silencieux, etc. A voir dans la pratique si ça peut nous faire gagner du temps.

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De l’AI parce qu’il le faut bien

En automne 2017, Huawei, qui a l’avantage de fabriquer ses propres puces, sortait un Kirin 970 dont une partie de la puissance de calcul est dédiée à l’intelligence artificielle. Elle équipe les Mate 10 Pro et les P20, sur lesquels son intérêt le plus spectaculaire est la reconnaissance de scène. Une plage, un chien, de la nourriture ou un portrait: l’appareil photo adapte ses réglages en un clin d’œil pour prendre le meilleur cliché possible.

C’est exactement ce que nous a montré LG lors de sa petite conférence de presse. Et dans la pratique, le G7 est effectivement capable de reconnaître la scène, mais un peu moins bien que son rival chinois. La faute, sans doute, à l’utilisation d’une « simple » (mais très puissante) puce Snapdragon 845. L’AI Cam est une option, elle n’est pas activée par défaut. Nous l’avons activée et en pointant vers un bureau sur lequel reposait une canette et d’autres petits objets, l’AI a fait apparaître des suppositions improbables: jambon, chou-fleur, groupe de personnes, parking, rivière (voir ci-dessus). Ce n’est donc pas tout-à-fait au point et on se demande quels réglages il applique à quel moment…

Les photos sont cependant très réussies dans l’ensemble, et l’option grand angle reste pratique dans de nombreuses circonstances, dès qu’on se trouve en plan rapproché.

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Conclusion

Le LG G7 est sans conteste un bon appareil haut-de-gamme, du ‘made in Korea’ qui a un prix, hélas (849€). Performant, il vous procurera une expérience Android de premier plan. La partie matérielle est maîtrisée, comme toujours avec LG, mais au niveau du logiciel, on sent quelques approximations, quelques fonctionnalités ajoutées en fin de développement pour ne pas passer à côté des grandes tendances (l’appareil photo dit ‘AI’ pour intelligence artificielle est de la poudre aux yeux). Le grand public ne s’en rendra pas compte, mais l’observateur que je suis ne peut s’empêcher de doucement sourire…

A 849€ prix de lancement, on est au niveau du Galaxy S9 et pas loin du Huawei P20 Pro, et 40€ plus cher que le petit iPhone 8 de 4,7″. Il faut donc se démarquer pour exister, et le Boombox Speaker qui fait du bruit ne suffira pas.

Il y a donc le partenariat avec Google Assistant, que l’on retrouve déjà sur la boite du G7. Quand on déballe et qu’on allume, hélas, on déchante un peu. L’assistant vocal et intelligent a bien droit à un bouton physique dédié sur la tranche, comme le très critiqué Bixby sur les Galaxy S et Note, mais c’est anecdotique. Il aurait un accès inédit aux réglages du smartphone, mais de ce qu’on a pu essayer, l’assistant de Google peut aussi activer le mode silencieux ou la lampe-torche sur un Huawei P20.

On nous a promis des fonctions ‘Google Assistant’ plus percutantes et inédites pour la fin de l’année. En attendant, il s’agit davantage d’un partenariat marketing, l’un servant à promouvoir l’autre. Pas de quoi décupler l’intérêt du G7, donc…

En parlant de marketing, LG va réinvestir en Belgique. Après la coupe du monde de foot où les TV seront au centre de tout, le G7 aura droit à des partenariats avec tous les opérateurs, et à des campagnes publicitaires. Un investissement indispensable pour le Coréen: certains ont oublié qu’il vendait encore des smartphones…

Huawei en passe de détrôner Samsung ?

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 29 mars 2018 13h36 | Ajouter un commentaire

Dans la course au meilleur smartphone de l’année, le géant chinois Huawei vient de lancer un P20 Pro qui vise très haut en terme de photographie, l’argument clé du haut-de-gamme. Et pour ceux qui aiment, il y a une ‘encoche’ (notch) en haut de l’écran, comme l’iPhone X. J’étais à Paris cette semaine et j’en suis revenu avec une impression: Huawei pourrait bientôt réaliser un rêve dont certains riaient il y a quelques mois encore: détrôner Samsung et devenir le N.1 d’Android…

En Chine, tout va décidément très vite. Malgré sa taille de mastodonte avec plus de 180.000 employés répartis dans le monde et travaillant dans le secteur des télécoms (des antennes aux smartphones), le géant chinois Huawei parvient à bouger vite (et bien), pour séduire une clientèle internationale avec des produits innovants. Et ce, tout en restant (un peu, désormais) moins cher que Samsung et Apple, le Sud-Coréen et l’Américain occupant toujours les deux premières places du podium des plus gros vendeurs de smartphones.

Ce mardi à Paris, Huawei a présenté le P20 Pro, son nouveau ‘flagship’ vendu 899€. Il est donc finalement plus cher que Mate 10 Pro sorti en novembre dernier (799€ au lancement), alors que jusqu’alors, la série Mate – plus professionnelle – était le sommet de la gamme.

899€ pour Huawei, c’est énorme. Il y a à peine trois ans, le Chinois, qui commençait à se faire connaître en Belgique et en Europe, présentait des appareils très concurrentiels ne dépassant pas les 500€.

Mais à l’image de son pays, Huawei est très ambitieux et se donne les moyens pour réussir. Une stratégie payante jusqu’à présent, y compris en Belgique où Huawei revendique, pour l’année 2017, 18% de part de marché avec plus de 500.000 appareils écoulés, et un prix moyen par téléphone qui augmente (260€ au lieu de 205€ en 2016). Bref, le Chinois, N.1 dans son pays, est en pleine forme et pourrait atteindre son objectif, être N.1 mondial en 2020.

Très bonnes premières impressions

A Paris, Huawei a mis les petits plats dans les grands pour accueillir… 2.000 personnes (journalistes et partenaires). Dont 25 Belges, journalistes et « influenceurs » (blogueurs, réseaux sociaux), ce qui est assez rare. Le show dans le prestigieux Grand Palais de Paris a fait son effet.

Mes premières impressions sur le P20 Pro vont dans le sens des ambitions de Huawei: c’est le meilleur smartphone de l’année en terme de photographie (le bureau DxO Mark l’a confirmé), surtout dans la pénombre et pour le zoom. Mes confrères internationaux pensent la même chose. Au niveau esthétique, il est très moderne avec sa ‘notch’. De plus, il est équipé d’une reconnaissance faciale efficace et rapide.

Le géant chinois se montre donc nettement plus innovant que Samsung en 2018, et cette année, il compte bien le faire savoir grâce à un budget marketing colossal. Pour la première fois, je pense que Samsung a vraiment du souci à se faire s’il veut rester au top, y compris en Belgique…

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Une couleur bleu électrique et trois objectifs

Quoi de neuf ?

Samsung a présenté un bon (mais cher, 849€) Galaxy S9 à Barcelone il y a un mois, mise-à-jour discrète d’un S8 très réussi. Huawei n’en est pas encore à ce stade de développement lui permettant de garder un design et une technologie pratiquement similaire sur deux ans. Deux fois par an (séries Mate et P), il chamboule tout et essaie de sortir le meilleur produit de l’année, n’hésitant pas au besoin, et dans ce cas-ci, à s’inspirer de l’iconique iPhone. Il n’y a donc pas (encore) d’identité visuelle permettant de reconnaître de loin un Huawei, comme on peut reconnaître un Samsung ou un iPhone.

Sans contrainte esthétique, Huawei se lâche et on est rarement déçu. Si le P10 était plutôt discret, le Mate 10 Pro et désormais le P20 Pro dénotent. On retrouve l’élégant design ‘notch’ (encoche), inventé par Apple avec son iPhone X l’automne dernier. Comme bien d’autres marques, Huawei « copie » donc la marque à la pomme qui a visiblement lancé un nouveau standard en terme d’écran ‘full screen’. Le ‘notch’ est une idée qu’on peut difficilement critiquer : il permet de placer en dehors de la zone traditionnelle d’affichage les petites icônes de notifications, l’heure, le réseau, etc. Et donc de gagner un peu de place pour l’affichage principal: le contenu de l’application, la vidéo, la zone de texte. Sans oublier que ça lui confère un design résolument moderne…

L’écran du P20 Pro est de technologie AMOLED (noir très profond, couleurs vives), mesure 6,1’’ et affiche 2240 x 1080 pixels dans un format inédit 18,7 : 9. L’arrière est en verre, comme le Mate 10 Pro, et il y a de jolies couleurs, dont une intrigante ‘Twilight’.

Mais chez Huawei, on a dépassé depuis longtemps le stade de l’inspiration venue d’ailleurs. Le P20 innove donc, et tire le meilleur de son ingénieux partenariat avec Leica pour la conception de l’appareil photo. Avec cette fois, non pas deux comme avec le P9 en 2016, mais trois capteurs à l’arrière. De la poudre aux yeux ? Pas vraiment…

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La mode de l’encoche (notch): difficile de ne pas lui trouver une certaine utilité

A quoi servent les trois capteurs ?

Lors de la présentation à Paris, les responsables de Huawei ont insisté sur le fait qu’il s’agissait d’une ‘renaissance’ en terme de photographie sur smartphone. En résumé, les changements seraient énormes, il s’agirait d’un appareil très ‘pro’ mais rendu accessible à n’importe qui grâce à l’intelligence artificielle.

Ces propos très ‘marketing’ ne sont pas loin de la vérité… Nous avons pu essayer l’appareil photo du P20 Pro… et force est de constater que Huawei a mis la barre encore plus haut. Il y a effectivement trois lentilles à l’arrière : une monochrome de 20 MP, une grosse RGB (couleurs) de 40 MP et une dernière baptisée ‘telephoto’ de 8 MP, dédiée au zoom.

Cette débauche de technologie a deux grands avantages : des capacités dans la pénombre inédites (on a hâte de pouvoir comparer le P20 Pro au Galaxy S9 qui avance le même argument), et un zoom hybride 5X stabilisé d’une grande efficacité.

En partenariat avec Leica, Huawei est effectivement en train de repousser la capacité des smartphones. Car non seulement les capacités à trouver de la lumière dans la pénombre sont excellentes, mais il y a un mode nuit (à sélectionner manuellement) qui permet un temps d’exposition de 8 secondes sans trépied ! Même si votre main bouge, le smartphone va être capable d’assembler une superbe photo dans la pénombre la plus grande (voir vidéo).

L’intelligence artificielle (terme parfois un peu galvaudé…) de la puce Kirin 970, ayant une section matérielle dédiée, analyse à très grande vitesse les images captées. C’est grâce à cela que la stabilisation est rendue possible dans le noir, il y a une analyse et correction constante des mouvements.

Cette technologie qui permet de prendre une photo dans le noir, permet aussi un zoom 5X diablement efficace. Même si vous zoomez sur une zone lumineuse dans une scène plutôt sombre, la quantité de détails reste égale ! Cet avantage serait également la conséquence d’une taille de pixel inédite (il est plus gros: 2um), et de la technologie Light Fusion, qui prend plus de lumière en assemblant plusieurs photos prises par les différentes lentilles.

A côté de ça, on retrouve, comme chez Samsung et Sony, un mode super slow motion, qui permet de faire des ralentis jusqu’à 960 images par seconde. Un peu gadget car assez fastidieux à utiliser (il faut déclencher au bon moment sur une image en mouvement rapide), le slow mo  est moins utile que la mise au point prédictive en 4D qui, à nouveau grâce à une analyse rapide et constante de l’image captée, permet au smartphone de ne pas se tromper sur la zone à garder nette.

Bref, du très bon travail au niveau de la photo/vidéo. Des tests plus poussés permettront de comparer le P20 Pro à la concurrence (Apple et Samsung surtout).

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Dans le bas, il reste une petite place pour le capteur d’empreinte digitale

Conclusions et fiche technique

Le P20 Pro, du haut de ses 899€ (50€ de moins que le Galaxy S9+ de Samsung auquel il doit être comparé), a une sacrée fiche technique : puce maison Kirin 970, 6 GB de RAM, 128 GB de stockage interne, trois capteurs photos de 40, 20 et 8 MP (plus un de 24 à l’avant), batterie très costaude de 4.000 mAh (deux jours entiers d’autonomie), étanchéité IP67, Android 8.1 (dernière version).

Beau, puissant, endurant, résistant et capable de prouesse en photographie, le P20 Pro tape aussi haut que son tarif.

Il marque une étape supplémentaire pour le chinois Huawei dans sa conquête du trône du plus grand fabricant de smartphones, conquête en cours et freinée actuellement par Apple et Samsung. Une conquête qui passe visiblement par une montée en gamme permanente. Le P20 Pro est cher, certes, mais il est d’ores et déjà l’un des meilleurs smartphones Android de l’année. Une stratégie réservée aux plus grandes marques, dont Huawei fait désormais clairement partie.

Le P20 Pro est décliné en P20 Lite également, avec un design identique (‘notch’) et un prix de 369€ mais une fiche techniquement nettement plus modeste. Il devrait constituer l’essentiel des ventes en Belgique. Le P20 est presque aussi bon que son aîné le Pro, mais à 649€, il doit faire l’impasse sur le triple capteur photo, il n’a « que » 4GB de RAM, sa batterie est moins imposante et il n’est pas étanche.

Sachez également que pour son lancement, le P20 Pro bénéficie d’une offre très intéressante : vous recevrez le casque sans fil mais avec réduction active du bruit ambiant, le Bose QuietComfort 35 II d’une valeur de 379€ !

 

Faut-il obligatoirement dire adieu à la stéréo avec les enceintes connectées ?

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Pratique, Test , le 2 mars 2018 11h55 | Ajouter un commentaire

Si de manière générale, au niveau de la diffusion de contenu musical, on enchaîne les progrès dans le bon sens (miniaturisation des enceintes, connectivité, prix, applications de streaming musical), une option répandue en a fait les frais: le son stéréo. Sonos, qui attache un soin tout particulier aux options et à la facilité d’utilisation de ses enceintes, a une solution. Nous l’avons essayée.

Depuis bien longtemps, Sonos, inventeur de l’enceinte réseau et du son ‘multiroom’ pour le grand public, affine sa technologie pour rester une référence dans le domaine.

L’entreprise américaine a un gros avantage comparé à tous les fabricants d’électronique grand public qui suivent cette tendance du ‘multiroom’ depuis quelques années: elle ne fait que ça, et se concentre donc pour améliorer ses enceintes, sortir de nouvelles variantes, les doter de nouvelles technologies novatrices (comme récemment l’intégration d’Amazon Alexa, et bientôt de Google Assistant).

Autre particularité des produits Sonos: ils peuvent être utilisés de différentes manières. Individuellement: vous en achetez un pour votre salon, un autre pour votre chambre, et vous écoutez différentes sources dans différentes pièces.

En groupe: via l’application, vous pouvez regrouper les enceintes pour diffuser la même source musicale dans plusieurs pièces à la fois.

Créer une paire stéréo au moment de la configuration de l’enceinte

Il y a enfin l’option qu’on évoque aujourd’hui: la création d’une paire stéréo. Pour notre test, nous avons placé deux enceintes Sonos One (229€ pièce) dans le séjour d’une maison. Sans surprise, tout se passe via l’application, nécessaire pour installer l’enceinte. Dès le début, et comme on avait déjà une Sonos One installée, l’application nous a demandé si on voulait créer une paire stéréo dans une pièce existante.

Et c’est un jeu d’enfant: il suffit de suivre les consignes, d’appuyer sur le bouton de l’enceinte située à gauche quand on vous le demande, et c’est réglé.

En une minute, l’affaire est dans le sac et vous profitez désormais d’un son stéréo, ce qui devient rare dans le monde en pleine croissance des enceintes connectées, que ce soit au smartphone directement par Bluetooth, ou au réseau en Wi-Fi ou par câble (comme Sonos, donc).

Retour en arrière ?

Le marché de l’audio grand public a fait bien des progrès dernièrement. On parvient à obtenir un son correct dans une enceinte de taille très réduite (pensez au Bose Mini Soundlink), et le smartphone est devenu une source exhaustive de musique, grâce aux services de streaming (Spotify, Deezer, Apple Music, etc).

Dans un domaine, cependant, on a fait un pas en arrière: le son est principalement écouté en mono, alors que la musique et les films sont enregistrés en multicanal. On perd donc quelques subtilités sur la variation gauche-droite, sur les effets de profondeur et de spatialisation du son.

Certes, tous les fabricants parlent d’un son 360° et surround, mais rien ne remplace deux enceintes disposées à deux extrémités d’un mur pour offrir de la vraie stéréo.

Si ça vous manque et que vous ne voulez pas d’une chaîne hi-fi archaïque avec des enceintes câblées, pensez donc aux Sonos One. Vous ressentirez davantage certaines subtilités de la musique, certains effets.

Quel budget ?

Niveau budget, il faut hélas casser sa tirelire: deux Sonos One coûtent 458€. Bien que, si les assistants vocaux intégrés (Amazon Alexa et bientôt Google Assistant) ne vous intéressent pas, vous pouvez opter pour une paire de Play:1 (179€ pièce). Si vous n’êtes pas pressé, il suffit d’attendre une promo pour l’achat d’un pack de deux One (229€ pièce). Hélas, Sonos, un peu comme Apple, a une politique tarifaire stricte: les prix sont très stables et il y a rarement des offres en dehors de celles proposées occasionnellement par Sonos lui-même, via son webshop ou des distributeurs (lors du Black Friday, par exemple).

Sachez enfin qu’il est très facile de séparer une paire de Sonos One, via les paramètres de l’application, pour les placer dans deux pièces différentes.

Notez également que d’autres marques proposent de former une paire d’enceintes stéréo, mais parfois il faut télécharger une application rien que pour ça. Chez Sony par exemple, quelques enceintes Bluetooth sont concernées, et il faut utiliser l’appli Sony Music Center SongPal (50 Mo)…

Samsung vient de présenter son Galaxy S9: nous l’avons déjà essayé (VIDÉO)

Par Mathieu Tamigniau dans Pratique, Test , le 27 février 2018 07h51 | Ajouter un commentaire

Le géant sud-coréen de l’électronique a présenté à Barcelone son dernier smartphone haut-de-gamme, le Galaxy S9. Il ressemble à s’y méprendre au S8, mais il y a quelques changements intéressants. De quoi justifier l’augmentation de prix ?

Apple a toujours boudé l’évènement, Huawei préfère présenter son prochain smartphone plus tard: Samsung est donc le seul acteur du top 3 à sortir en grandes pompes son flagship au Mobile World Congress de Barcelone, le plus grand salon mondial dédié aux technologies mobiles.

Il s’agit comme prévu des Galaxy S9 (849€) et S9+ (949€). Ils seront à coup sûr les smartphones haut-de-gamme les plus vendus en Belgique en 2018, en concurrence avec l’iPhone 8 d’Apple, bien entendu. Le Chinois Huawei est le seul qui parvient à titiller ces deux mastodontes.

Quoi de neuf ? (voir la vidéo au bas de l’article)

Extérieurement, les évolutions du S9 par rapport au S8 sont très timides, Samsung ayant la sagesse de sauter une année en terme de un design et de format, un peu comme Apple. C’est comme ça qu’on construit une identité visuelle forte, que les gens disent qu’ils ont (ou qu’ils veulent) « un Samsung » quand ils parlent d’un smartphone sous Android. Les S9, comme les S8, sont également toujours étanches et peuvent se recharger sans fil (chargeur non fourni).

On notera tout de même que l’écran parvient à grappiller quelques millimètres en haut et bas, rendant les bordures encore plus fines. On parle donc d’un écran au ratio 18,5 : 9. La sensation d’immersion est (encore) un peu plus impressionnante. Petit détail: même l’écran d’accueil et ses icônes/widgets peut désormais être affiché en format paysage quand on le retourne.

Quant au capteur d’empreinte pour déverrouiller l’appareil, il passe d’une position très inconfortable à côté de l’appareil photo (beaucoup trop haut, décentré), à une position logique en dessous et au centre. On trouvera donc ce capteur facilement, et ça reste le moyen le plus rapide de déverrouiller un smartphone, à moins que vous aimiez jouer avec la reconnaissance faciale ou de l’iris…scapteur

Lors d’une présentation à Londres avant la sortie à Barcelone, Samsung a largement insisté sur les nouvelles capacités de ses S9 et S9+ en termes de photographie. Si le grand modèle reçoit un capteur photo (12 MP chaque fois) supplémentaire à l’arrière (pour des effets ‘bokeh’, flou sur l’avant et l’arrière-plan, et pour du grand-angle), le principal n’est pas là. Il est dans la double ouverture automatique du capteur principal. F2.4 ou F1.5, en fonction des conditions de luminosité. Ce que vous devez retenir: il fait des miracles quand il fait plus sombre, ce qui arrive souvent quand on prend une photo (à l’intérieur, en soirée, etc). « L’appareil s’adapte comme l’œil humain« , a expliqué un responsable de Samsung. A cette double ouverture s’ajoute le ‘multi-frame’, c’est-à-dire que le S9 va prendre 12 photos et les compiler pour réduire les effets de bruit de l’image très présent dans la pénombre (quand les zones sombres se pixellisent grossièrement). Cela demandera des tests plus poussés, mais à première vue, ça fonctionne très bien (voir photo ci-dessous) et lors de la présentation, le Google Pixel 2 XL, très réputé en photo, était largué dans la pénombre. L’appareil photo est également capable de filmer en super slow motion à 960 images par seconde. On utilise peu cet outil mais techniquement, c’est au point, par exemple si vous voulez filmer au ralenti un ballon d’eau qui explose ou faire de GIF.sphoto

Au niveau des nouveautés remarquables, c’est à peu près tout. Il y a bien cette option amusante de l’appareil photo, qui permet de créer votre propre animoji, dont vous déclinerez les émotions (il y en a 18) dans vos messages pour faire rire vos correspondants. Et cette nouvelle station de travail DeXqui améliore encore la transformation de votre smartphone en un ordinateur, avec un moniteur, un clavier, une souris (les entreprises sont désormais visées également).

Conclusion

Les Belges adorent Samsung. On sait que le géant sud-coréen, dans notre pays, truste les premières places dans beaucoup de domaines, de la télévision au smartphone. Le Galaxy S8, l’an dernier, fut un succès (17% de vente en plus en Belgique que le S7), jouant des coudes avec les iPhone d’Apple. Le S9 a donc une grosse pression sur les épaules, et le fait qu’il ne soit qu’une mise-à-jour du S8 ne va pas l’aider à battre des records de vente.

Au niveau photo, il a l’air imbattable dans de faibles conditions lumineuses. Son design est encore plus ravageur que l’an dernier grâce à une augmentation de la surface d’affichage sur l’écran. Le capteur d’empreinte trouve enfin une place logique sous le (ou les) objectifs à l’arrière. Quelques améliorations subtiles, donc, qui hélas sont répercutées dans le prix, gonflé de 50€.

Comptez en effet 849€ pour le S9, avec une fiche technique qu’on aurait espérée plus costaude: le processeur Exynos 9810 est au top, mais il faudra composer avec 64 GB de stockage interne (il existe une version 256 GB, plus chère), 3 GB de RAM, une batterie de 3.000 mAh, un seul capteur photo à l’arrière. Rien d’exceptionnel… Il y a heureusement ce magnifique écran courbé borderlessque seul Samung maîtrise à ce point, l’étanchéité totale et la recharge sans-fil. Sans oublier la très riche surcouche que Samsung met sur Android 8.0, avec des applications inédites et un écosystème imposant. Pour 949€, il y a la version S9+, avec une batterie plus imposante (3.500 mAh), 6 GB de RAM et un deuxième capteur photo à l’arrière, pour de jolis effets bokeh.

GALAXY S9 :







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GALAXY S9+: 


Ce thermostat permet de contrôler chaque radiateur: vraies économies ?

Par Mathieu Tamigniau dans IoT, Pratique, Test , le 31 janvier 2018 14h23 | Ajouter un commentaire

Un thermostat intelligent (et 100% européen) permet de contrôler chaque radiateur individuellement: fait-on vraiment des économies d'énergie ?

Les Allemands de Tado débarquent en Belgique avec des solutions pour les particuliers, afin qu’ils affinent le plus possible leur consommation d’énergie lorsqu’ils chauffent leur maison. Leur thermostat intelligent (249€), simple et efficace, se base sur votre position, tandis qu’en option, des vannes thermostatiques (79€ pièce) permettent d’affiner au mieux le chauffage. Mais l’investissement est-il rentable ?

La marque Tado (officiellement tado°) n’est pas encore très connue en Belgique. Cette entreprise allemande basée à Munich existe pourtant depuis 2010, mais n’a lancé son système de chauffage intelligent pour particuliers en Allemagne et en Europe que depuis 2014.

Mais c’est quoi au juste, un chauffage intelligent ? Tout comme Nest qui a plus ou moins inventé le concept à l’époque, c’est l’idée d’avoir un thermostat doté d’un mini-ordinateur, capable de calculer certains paramètres et de se connecter au réseau. La promesse de Nest était, et est toujours d’ailleurs, d’essayer de vous offrir toujours la température souhaitée, se basant dans un premier temps sur la manière dont vous réglez la température manuellement. Le thermostat et les autres appareils de la gamme (caméras de surveillance, détecteur de fumée) permettent également de savoir si vous êtes absent, auquel cas il coupera le chauffage.

Le tout se contrôle de manière très précise à l’aide d’une application pour smartphone/tablette, ou un site web sécurisé.

Dès que vous quittez la maison, il coupe le chauffage

Tado propose autre chose pour se démarquer d’une concurrence de plus en plus féroce, Nest ayant été imité par de nombreux autres acteurs, anciens (Honeywell) ou nouveau (Netatmo).

Le thermostat intelligent de Tado se base sur la localisation du ou des propriétaires, à partir de leur smartphone. Pour faire simple: l’application Tado détermine régulièrement votre position, et si vous avez quitté une zone proche de la maison, elle enclenche le mode absence automatiquement.

L’application intuitive, réactive et facile à configurer (c’est un point essentiel) détecte également quand vous vous rapprochez de la maison et peut recommencer à la chauffer la plus ou moins rapidement à l’avance.

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En soi, l’idée est déjà très bonne, et très simple. Quand vous êtes à la maison, vous avez généralement toujours envie d’avoir la même température. Nest, au contraire, a tendance à passer de 19 à 21 en journée, se basant sur un algorithme, votre manière de régler la température et votre présence. On ne sait jamais vraiment quelle est la température, et le mode ‘absence’ automatique ne s’éteint que lorsque vous rentrez dans la maison…

Le principe de fonctionnement du Tado nous a donc convaincus par sa simplicité et sa stabilité. De plus, son installation est plus simple que celle du Nest, qui a besoin d’un petit boitier supplémentaire près de la chaudière. Le thermostat de Tado n’a besoin que des deux fils qui relient traditionnellement un (vieux) thermostat à sa chaudière. Un jeu d’enfant: il suffit d’un tournevis et de lire les instructions détaillées de Tado, personnalisées en fonction de l’installation actuelle que vous leur communiquerez.

En revanche, le thermostat a besoin d’un ‘bridge’ pour se connecter au réseau. Il s’agit d’un petit boitier à connecter au routeur (genre Bbox de Proximus) à l’aide d’un câble.

Des vannes thermostatiques: ça se complique un peu

Tado ne se contente pas du thermostat intelligent. Il a prévu des vannes thermostatiques tout aussi intelligentes, permettant de contrôler la température des pièces de votre maison indépendamment les unes des autres.

Les vannes thermostatiques actuelles, mécaniques (type Heimeier, par exemple, à 20€) ont un gros défaut: leur approximation est telle qu’elles se rapprochent davantage du ‘on/off’ que d’un contrôle précis de la température.

C’est donc ce que permettent les vannes de Tado (assez chères: 79€ pièce). Elles agissent en réalité comme des thermostats supplémentaires, pouvant demander de l’eau chaude à la chaudière (via le thermostat) afin d’atteindre la température désirée. Lors de notre test, nous avons mis une vanne dans deux chambres d’une maison traditionnelle, avec un thermostat dans le salon.

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Et c’est là qu’on a commencé à se poser des questions. Car ça n’a l’air de rien, mais le fonctionnement d’un système de chauffage peut devenir complexe quand on ajoute des vannes faisant office de thermostat.

Concrètement, la difficulté est de fixer les bonnes températures au bon moment pour les vannes thermostatiques intelligentes des chambres. Sinon, celles-ci pouvant commander la chaudière, elles peuvent causer des hausses indésirables de la température dans d’autres pièces.

Exemple: on a mis une température basse dans les chambres entre 5h et 9h, pour qu’elles ne chauffent pas le matin lorsque les pièces de vie du thermostat principal doivent atteindre 20 degrés. Après tout, c’est l’idée: chauffer au bon endroit, au bon moment, pour économiser.

Dès lors, vers 10h, ces chambres affichent une température de 16 degrés. Si on définit la plage horaire suivante à 18 degrés, la vanne thermostatique du radiateur de la chambre va s’ouvrir et la chaudière va tourner jusqu’à ce que cette chambre atteigne la température souhaitée. Mais tous les radiateurs allumés de la maison vont également chauffer. Et dans le salon, lors de notre test, il fait donc 22 degrés à 11h au lieu de 20. Oubliez dès lors les économies d’énergie.

Conclusion: il est difficile de paramétrer correctement une maison avec seulement deux vannes thermostatiques. Comme parade, nous avons élevé progressivement le niveau de la température dans les chambres, en espérant que les périodes de chauffe correspondent à celle du salon. Pas très confortable, mais on évite tout de même de chauffer inutilement les chambres le matin, avant les aérer, et donc on économise de l’énergie, en théorie.

La solution ultime est aussi la plus chère

La solution ultime, c’est d’équiper tous les radiateurs de la maison de vanne thermostatique intelligente Tado – même si vous pouvez laisser un petit radiateur de couloir avec une vanne thermostatique mécanique sur la position minimale.

L’investissement financier est important (on le rappelle, 79€ par vanne en plus du kit de démarrage comprenant le thermostat), et vous devrez consacrer du temps et de la réflexion pour que votre maison soit chauffée intelligemment tout au long de la journée et de la nuit.

L’idée, par exemple, est de chauffer les chambres en début de soirée et un peu pendant la nuit, et de faire l’inverse avec la salle de bain et les pièces de vie. A vous de procéder par essai et erreur.

Tado garantit un retour sur investissement très rapidement. Si vous devez sortir 1.000€ pour un kit de départ et 10 vannes, il faudra sans doute attendre quelques années (à moins qu’une nouvelle crise n’impacte le cours du baril de brut). D’autant plus que les vannes sont fournies avec de bonnes  piles Duracell (2 x AA Industrial, fabriquées en Belgique), qu’il faut en théorie remplacer tous les deux ans. Mais on a un petit doute à ce sujet…

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L’assortiment Tado chauffage: le kit d’extension (optionnel), le bridge internet, le thermostat et les vannes

Conclusion

Assurément, Tado fait partie des systèmes de chauffage intelligent les plus aboutis du marché, à côté de Nest, par exemple, qui intègre son thermostat pionnier dans une maison connectée et intelligente (caméras, alarme, sonnette). Si vous souhaitez rendre votre thermostat plus intelligent et contrôlable à distance via une application, c’est une bonne option à prendre en compte. Le kit de démarrage (un thermostat et un petit boitier à relier au routeur) coute 249€. C’est le même prix que l’élégant thermostat avec écran couleur de Nest.

Outre son origine allemande et sa fabrication en Europe qui vous permettent de faire un pied de nez numérique aux Américains qui conçoivent et aux Chinois qui produisent, Tado propose un concept simple et efficace pour vous faire économiser de l’énergie: utiliser (régulièrement) la localisation de votre smartphone pour couper le chauffage rapidement quand vous quittez la maison, et le relancer plus ou moins rapidement avant que vous ne rentriez chez vous. Votre téléphone risque de râler au début et de vous prévenir qu’une application reste fort active en arrière-plan, mais le jeu en vaut la chandelle. Car au jour le jour, c’est très pratique, et Nest n’a pas cette option, du moins pas aussi simplement.

Les vannes thermostatiques de Tado, qui n’ont de sens que si elles équipent la majorité des radiateurs d’une maison, sont cependant la solution ultime pour vraiment économiser de l’énergie. Mais leur prix (79€ pièce au lieu d’une vingtaine pour une vanne mécanique) freine le retour sur investissement d’un tel système.

Enfin, contrairement à l’installation très documentée du thermostat et ses accessoires facultatifs, on regrette le manque d’information pour la configuration des vannes. Le site de support précise que « cela peut être compliqué et qu’il ne faut pas hésiter à contacter le service clientèle par email pour poser des questions« , mais les nôtres sont restées sans réponse. Le plus important à savoir: les vannes agissent comme des thermostats et peuvent faire fonctionner la chaudière même si le thermostat principal du salon affiche la température souhaitée. Pour optimiser tout ça, à vous de trouver la bonne combinaison, en tâtonnant.

Quant à la réponse à la question du titre de cet article: oui, le thermostat intelligent Tado, comme ses concurrents, permet de faire des économies d’énergie, surtout en coupant le chauffage automatiquement dès que les propriétaires quittent la maison. Economiser de l’argent, c’est différent, car il faut tenir compte de l’investissement (au moins 249€ pour le kit de démarrage et 79€ par vanne), de votre équipement actuel, de la taille de votre maison, de votre consommation, de votre isolation.

Après quelques années, cependant, vous y trouverez certainement votre compte…

Notez également qu’en vous liant à un contrat chez Essent (pack Flix de 3 ans pour le gaz et l’électricité), le kit de démarrage Tado et son installation ne coûte qu’un euro. Vous pouvez également opter pour un système original de location des différents appareils.

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Un petite caméra de surveillance entièrement SANS FIL: que vaut-elle ?

Par Mathieu Tamigniau dans Comparatif, Images et son, Pratique, Test , le 11 septembre 2017 12h42 | Ajouter un commentaire

Cette petite caméra de surveillance entièrement SANS FIL d'une marque inconnue est LA bonne surprise de la rentrée

Vous ne connaissez sans doute pas la petite caméra Argus de la jeune société chinoise Reolink. Pourtant, après une campagne de crowdfunding très réussie, elle semble être dotée de tout ce qu’on cherche quand on veut surveiller une partie de sa maison durant certaines heures. On a mis la main dessus pour un test assez surprenant.

Les caméras de surveillance sont visiblement un marché en pleine essor. La preuve: j’ai été contacté dernièrement par une jeune entreprise chinoise du nom de Reolink.

En réalité, il s’agit d’une start-up fondée en 2009 par quatre anciens employés de chez Huawei, qui commercialise des produits liés à la sécurité pour les particuliers et les petites entreprises. Reolink m’a envoyé l’un de ses derniers modèles, baptisé Argus, qui a bénéficié d’une campagne de crowdfunding Indiegogo très réussie (6.200 personnes ont précommandé pour 1 million de dollars !).

100% sans fil, et étanche

C’est la première fois que je teste une caméra de surveillance 100% sans fil. Elle se connecte exclusivement en Wi-Fi sur votre réseau local, et fonctionne sur 4 petites piles au format assez inhabituel (CR 123A, on les trouve à 6€ les 4 Duracell sur Amazon).

Elle est très légère et la finition plastique est assez moyenne: évitez de la faire tomber. Elle est résistante à l’eau, ce qui fait que vous pouvez la placer à l’extérieur, pour autant que votre réseau Wi-Fi soit assez performant (attention cependant car en hiver, ses piles et son fonctionnement pourraient souffrir du froid et de notre humidité permanente). Son prix est de 99$, ce qui fait environ 84€ si vous l’achetez en ligne sur leur site.

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L’avantage du 100% sans fil, c’est qu’on la place vraiment où on veut…

Limitée à l’essentiel, finalement

Forcément, pour avoir une durée de vie correcte, il faut utiliser l’Argus d’une manière différente. C’est une caméra de surveillance qui sert à détecter et enregistrer des comportements anormaux, pas à observer ce qu’il se passe chez vous toute la journée.

L’Argus doit être configurée en ayant bien cette idée en tête. Il faut donc de préférence utiliser la fonction baptisée PIR (‘Passive Infrared Sensor’) dans des créneaux horaires bien définis.

C’est-à-dire que la caméra va enregistrer une séquence vidéo uniquement lorsqu’elle détectera un mouvement dans le garage entre 22h et 6h du matin, par exemple. Le reste du temps, elle est en stand-by. De cette manière, elle pourrait tenir pratiquement six mois.

Si vous la placez dans votre salon et que vous lui dites de surveiller en permanence, vous allez épuiser les piles en quelques jours.

Configuration pointue

Reolink se configure le plus facilement avec une application pour smartphone, même si en théorie elle est contrôlable à partir d’une application pour ordinateur.

Passez bien en revue tous les paramètres et configurez-la correctement au niveau de la distance, de l’orientation, de la détection de mouvement, des horaires, etc.

Il y a un petit fascicule en anglais, qui explique assez bien les différentes possibilités de configuration de la caméra.

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Une application pas toujours simple à appréhender, mais qui fonctionne (elle peut envoyer un email lors d’une alarme)

Une application qui pourrait être plus simple, mais qui fonctionne

L’application, entièrement en anglais elle-aussi, n’est pas un modèle de simplicité à l’usage. On est loin de Nest ou de Netatmo, des marques plus « occidentalisées » et plus intuitives pour nous.

Voir le flux en direct est bien entendu très rapide est simple à faire. Mais pour revoir les séquences enregistrées lorsque du mouvement a été détecté durant les plages horaires indiquées, c’est plus compliqué.

Il faut appuyer sur l’onglet ‘Playback’, choisir le jour désiré et appuyer sur le bouton play, c’est le moyen le plus simple. Les séquences enregistrées seront alors diffusées (n’attendez pas une grande qualité: dans la pénombre, la vision nocturne est efficace, mais il n’y a pas beaucoup d’image par seconde). Vous pouvez également chercher les petits traits bleus très fins qui symbolisent une séquence enregistrée.

Ces vidéos se trouvent sur la carte microSD non fournie, à insérer dans la caméra.

Sachez enfin que dès qu’un mouvement est détecté dans la plage horaire indiquée, vous recevez une notification sur votre smartphone. Une basique, hélas, et non un extrait de la séquence ou une photo de l’intrus, comme c’est le cas sur d’autres caméras. Vous pouvez également faire retentir une petite sirène pas très impressionnante au niveau de la caméra elle-même, qui pourrait faire sursauter les voleurs…

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La fonction ‘PIR’ (détecteur de mouvement) qui permet de ne déclencher la caméra que dans certains cas

Conclusion

L’Argus de Reolink est finalement une caméra de surveillance très bien pensée. Sans aucun fil, elle s’installe n’importe où et s’oriente facilement grâce à son socle aimanté. Elle se limite au strict minimum pour économiser les piles fournies: quand un mouvement est détecté dans une plage horaire délimitée, elle vous prévient via une notification, et enregistre une vidéo que vous pourrez consulter par la suite.

Pour environ 84€, c’est tout-à-fait correct, d’autant qu’il n’y a pas d’abonnement à payer, car tout est enregistré sur une carte mémoire (non fournie) à insérer dans la petite caméra. Bien entendu, si le voleur part avec, vous n’avez plus aucune preuve de son intrusion. C’est ce qui différencie cette caméra des solutions plus poussées et plus coûteuses comme les caméras de Nest, qui nécessitent en plus un abonnement de minimum 100€ par an pour revoir les séquences enregistrées sur les serveurs de Nest, mais qui sont plus intelligentes au niveau du traitement de l’image et de la précision dans la détection des mouvements.