Pratique

Comment fonctionne ce portefeuille connecté et équipé d’un code secret?

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 7 juin 2019 10h45 | Ajouter un commentaire

Je ne parle pas souvent des portefeuilles sur RTL info. Ce n’est a priori pas un sujet très technologique. Mais comme d’innombrables autres objets de la vie de tous les jours, des entreprises essaient de les rendre plus intelligents.

Ögon est une marque française, qui a lancé dans les années 2000 la mode des portefeuilles plus modernes, plus pratiques, et plus orientés sur les formats « carte à puce ». Identité, banque, fidélité, accès à des bâtiments: ces cartes prennent de plus en plus de place dans un portefeuille et il est donc logique d’y consacrer d’avantage de place qu’aux billets ou à la monnaie.

Récemment, Ögon a affublé un de ces portefeuilles de nouvelles options: la protection par un code secret et la présence d’une petite puce de traçage, pour le retrouver plus facilement s’il est égaré. J’ai essayé tout ça pour voir si c’était vraiment pratique.

Un verrou assez sensible

Plutôt grand (10 x 9 x 2 cm), le Code Wallet ressemble effectivement plus à un portefeuille qu’à un porte-cartes. Il rentre dans les poches mais il est nettement moins discret que les petits formats que tout le monde connait. Il y a 7 compartiments et dans chacun d’eux, on peut aisément glisser deux cartes si on le souhaite.

Un petit système de verrou mécanique est intégré, autorisant ou empêchant le mouvement de la gâchette d’ouverture. Il s’agit de trois roulettes avec 10 chiffres chacune. Pour définir votre code, il faut ouvrir le portefeuille et insérer une aiguille fournie, tout est expliqué dans le petit manuel fourni. Sachez que si vous oubliez votre code, il y a une astuce pour l’ouvrir sans le détruire. On ne la dévoilera pas ici, mais elle est indiquée dans le mode d’emploi.

Cette option de verrouillage est une bonne idée sur le papier, même si dans les faits, on se dit rarement qu’on en a besoin ; et qui si on se fait voler ce portefeuille, en forcer l’ouverture n’a rien de chinois avec un outillage basique (je le suppose, je n’ai pas essayé). C’est donc plus pour des cas spécifiques (des enfants qui jouent avec à la maison, par exemple), que pour éviter les vols.

Seul reproche: les molettes ont tendance à tourner toutes seules quand on manipule le portefeuille. Dès lors, le verrou s’enclenche et il faut remettre votre code. De quoi vous faire perdre un peu de temps quand vous devez payer au magasin, par exemple.

Un traçage « Bluetooth » via une pastille

Pour le traçage du portefeuille, Ögon n’a pas développé sa propre solution, on peut le comprendre. En réalité, cette option « tracker » se coche avant de finaliser la commande (19€). Et cela ajoute à votre livraison une pastille de la marque TrackR. Il s’agit du « pixel », de la taille d’une pièce de monnaie mais un peu plus épais. On la collera sur le portefeuille avec l’adhésif fourni. Il vaut mieux le faire à l’extérieur pour augmenter la portée du Bluetooth, mais à l’intérieur ça fonctionne aussi (et en plus il y a de la place sur les parois).

Il ne s’agit pas d’une balise GPS, dont les besoins en énergie ne permettraient pas une taille si réduite. Le TrackR est une pastille Bluetooth qu’il faut relier à son smartphone et à l’application éponyme. A travers cette application, la balise envoie sa position de manière régulière quand elle est à portée de Bluetooth, donc quelques mètres maximum. Si le Bluetooth reste activé sur votre smartphone, et si l’application n’est pas fermée automatiquement par votre système d’exploitation, le TrackR va envoyer la localisation de votre portefeuille régulièrement.

Donc, si vous oubliez votre portefeuille dans un restaurant, qu’avant de partir, il a envoyé sa position, vous la verrez sous l’onglet « Vu pour la dernière fois ». Et vous pourrez le retrouver.

Si votre portefeuille est à portée de Bluetooth mais que vous ne le voyez pas, vous pouvez le faire sonner (la pastille émet alors un petit bip qui s’entend dans un environnement peu bruyant, pas dans un bar ou une boite de nuit).

L’option de traçage est donc intéressante dans les conditions optimales, donc si le Bluetooth est activé en permanence (c’est souvent le cas) et si votre application TrackR tourne en arrière-plan sans interruption. Il est hélas fort probable que vous ne pensiez pas à lancer cette application régulièrement et à chaque redémarrage. Dès lors, si vous perdez votre portefeuille, la fonction « Vu pour la dernière fois » ne vous aidera pas beaucoup, et pour le faire sonner, il faudra être à portée de Bluetooth, donc quelques mètres.

Conclusion

Plus robustes qu’auparavant grâce à la présence d’un mécanisme d’ouverture en métal, les portefeuilles/porte-cartes d’Ögon sont désormais plus sécurisés. Du moins le Code Wallet (79€), qui est équipé d’un mécanisme de verrouillage à trois chiffres. L’usage est finalement assez limité car on peut le forcer assez facilement en cas de vol. De plus, les molettes sont un peu trop sensibles (elles bougent et verrouillent toutes seules le portefeuille).

La marque française propose également un TrackR en option (19€) qui permet, dans des conditions idéales, de retrouver un portefeuille égaré. Il faut pour cela coller une pastille où bon vous semble sur le portefeuille, et utiliser régulièrement l’application TrackR pour garantir le suivi continu de la position. A portée de Bluetooth de votre smartphone (quelques mètres), cette pastille peut émettre un son permettant de retrouver un portefeuille perdu.

Des options plutôt pratiques dans l’ensemble, et qui ne font pas trop augmenter la facture…

Voici le premier smartphone pliable, le Galaxy Fold (vidéo)

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 24 avril 2019 07h21 | Ajouter un commentaire

On a testé le Samsung Galaxy Fold, le premier smartphone PLIABLE: que vaut-il ? (vidéo)

J’ai eu l’occasion d’essayer en primeur ce que Samsung appelle « la nouvelle catégorie » de smartphone, celle qui offre un grand écran de 8 pouces qu’on peut plier en deux pour glisser dans la poche. Une prouesse technique qui n’a a priori que des avantages, à part un prix très élevé: 2.020€. Pas de chance pour Samsung: quelques jours avant la date de lancement prévue, plusieurs journalistes américains réputés qui testaient chez eux le Galaxy Fold ont relayé de grosses pannes matérielles d’écran. La sortie de ce nouveau produit est donc reportée. 

Samsung est bel et bien de retour ! Le géant sud-coréen a connu un année 2018 qu’on peut qualifier de difficile, avec une baisse de ses parts de marché au niveau mondial, au profit de marques chinoises de plus en plus agressives, Huawei et Xiaomi en tête.

Mais 2019 commence bien. Au niveau des chiffres, difficile de se prononcer (le groupe a annoncé au début du mois qu’il anticipait un plongeon de 60% de son bénéfice d’exploitation au premier trimestre, en raison du ralentissement de son activité de puces mémoire, plombée par une demande en berne). Mais au niveau du matériel, c’est une année faste. Pour le grand public, il y a la nouvelle série A (40, 50, 70 et 80): c’est du milieu de gamme mais Samsung semble avoir augmenté la qualité de ce segment, sans toucher au prix. On en parlera dans un test plus poussé d’ici quelques semaines.

Un nouvel objet du désir, pliable

Si l’année est faste pour le géant sud-coréen de l’électronique grand public (pour autant que le lancement ait bien lieu…), c’est aussi et surtout parce qu’il est le premier à commercialiser un nouveau genre de produit, « une nouvelle catégorie« , a insisté un responsable de la marque lors d’un évènement à Londres auquel j’ai assisté. Il s’agit du Galaxy Fold, le premier smartphone pliable du marché. Il aura fallu 7 ans et des dizaines de prototypes pour parvenir à cette vitrine du savoir-faire sud-coréen. C’est « le flagship de nos flagships« , assure-t-on au département marketing…

Nous avons pu tester durant une demi-journée cet OVNI, de quoi se faire une première vraie impression sur ce produit étonnant à plusieurs points de vue. C’est avant tout un objet « waouw », un objet du désir, un smartphone que tout le monde va regarder de près et vouloir ouvrir.

Fermé, il est épais et avec un petit écran peu pratique

Replié, le Fold est plus épais que la moyenne mais il est aussi plus étiré verticalement. Il tient étonnamment bien dans la main malgré un encombrement certain (17 mm au niveau le plus épais, pour 263 grammes). La finition est du niveau de Samsung, à savoir excellente.

Dans cette position la moins impressionnante, il est tout-à-fait possible d’utiliser le smartphone, sur un premier écran tactile de 4,5 pouces environ, positionné assez en hauteur, et donc peu pratique à prendre en main. C’est petit mais toutes les applications peuvent être lancées, et il y a les traditionnels boutons virtuels de navigation. « Surtout utile pour décrocher, prendre une photo rapidement, consulter des messages et y répondre« , a précisé Samsung lors de la présentation. On est bien d’accord.

Ouvert, il offre une nouvelle manière d’utiliser un smartphone

Sans surprise, c’est lorsqu’on ouvre le Galaxy Fold que la magie opère. Aimantées, les deux parties nécessitent un léger effort pour s’ouvrir. Il y a un accompagnement mécanique pour fixer la position finale, mais c’est en douceur et ça respire la maîtrise technique. La charnière semble être une œuvre d’ingénierie digne des montres suisses.

On dispose de 7,9″ de surface de travail au format inédit 14:10. La définition de l’écran est de 2152 x 1536 pixels. C’est presque carré et donc, il y a beaucoup de place. Toutes les applications peuvent se lancer car sur Android, elles doivent pouvoir s’adapter à de nombreuses diagonales depuis longtemps, sur smartphone comme sur tablette.

Certaines d’entre elles comme YouTube, Facebook et Instagram, nous a précisé Samsung, ont été légèrement retravaillées esthétiquement pour s’étendre verticalement, on aperçoit donc la grosse encoche sur la droite. D’autres, comme celle de RTL info, s’affichent dans un format ‘smartphone’ étiré, et non dans le format plus agréable que l’on retrouve sur les tablettes Android. La preuve que le Fold est un smartphone avant tout.

Après une heure d’usage intensif, on ne peut qu’apprécier cette nouvelle surface de lecture très confortable, que l’on peut plier et mettre en poche très facilement. Même une vidéo YouTube en 16:9 est plus grande, plus immersive. Un jeu vidéo de voiture très poussé au niveau graphique s’affiche en plein écran, et on en prend plein les yeux. On a tout essayé et on n’est pas parvenu à prendre en défaut le format 14:10.

Le côté « carré » ouvre même de nouvelles opportunités pour le multitâche. C’est certainement la plus grande qualité du Fold: permettre d’afficher, par exemple, son flux Twitter sur la gauche, tout en ouvrant sur la droite WhatsApp et un navigateur (maximum 3 applications peuvent tourner en même temps, l’une en affichage intégral, les autres étant divisées en deux dans le sens de la hauteur). Ça n’a l’air de rien, mais pensez au nombre de fois où vous devez passer d’une application à une autre. Ou entrer un numéro de compte reçu par email dans une application bancaire. L’interface de ce multitâche, de plus, a été peaufinée: on peut facilement interchanger et redimensionner les applications ouvertes.

Enfin, détail important: Samsung assure  de l’écran. Si vous étiez en mode déplié sur l’affichage d’une carte de Google Maps, l’application continuera de s’afficher sur le petit écran en mode replié, vous permettant par exemple de suivre un itinéraire tout en marchant.



Une énorme fiche technique pour justifier le prix

Le Galaxy Fold n’est pas équipé du processeur maison de Samsung, mais du dernier Snapdragon 855 de Qualcomm. Une puce surpuissante épaulée par 12 GB de RAM (de quoi faire tourner d’innombrables applications en même temps), et 512 GB de stockage interne. Pour justifier le prix très élevé (2.020€ en Belgique), Samsung a donc bien rempli son Fold. Il y a également une double batterie affichant 4.380 mAh au total, 6 caméras (dont le trio qu’on retrouve sur le dos du S10+) pour pouvoir faire des selfies quand le smartphone est ouvert ou fermé. Ajoutez à cela une paire de Galaxy Buds (écouteurs sans fil, rechargeables sans fil également), et une housse à moitié souple en motif carbone, et vous avez une expérience Samsung de premier ordre.

Le grand écran de presque 8 pouces n’est pas en verre (impossible de le rendre suffisamment souple), mais en « couches de polymère avancé« . Il est donc nettement plus fragile que sur un smartphone classique, mais quand il n’est pas en main, il est généralement replié. De plus, ouvert, l’écran présente des bordures saillantes qui le protègeront même si vous le retournez, face contre la table.

La rumeur prétendait qu’on apercevait une ligne blanche au niveau de la « pliure » de l’écran. En effet, quand l’écran n’est pas complètement ouvert, donc dans une position intermédiaire impossible à utiliser, on voit que son pli central déforme l’affichage. C’est logique, et quand il est bien ouvert, on ne voit plus rien. Pas d’inquiétude de ce côté. D’autant que, généreux, Samsung offre un an de garantie complète maison (incluant une réparation de l’écran si vous le cassez).

Conclusion

Les précommandes pour le Galaxy Fold de Samsung devaient débuter le 26 avril en Belgique. Il devait être disponible exclusivement dans 20 boutiques Proximus jusqu’en juillet, puis dans d’autres enseignes. Mais ne vous attendez pas à le croiser partout: Samsung a annoncé un retard, et de toute façon, il avait prévu de limiter la production du Fold (la Belgique n’aurait droit qu’à quelques centaines d’exemplaires par mois, d’après nos informations).

Après une demi-journée d’utilisation, il est difficile de se faire un avis catégorique sur le Galaxy Fold. La grande surface d’affichage est certes confortable, mais en a-t-on besoin pour afficher son fil d’actu Facebook ou ses emails ? Chacun devra se faire un avis, mais souvenez-vous qu’il y a 3 ans, on riait devant les écrans de 5 pouces de diagonale (et ils en font souvent 6 désormais).

Le Galaxy Fold est avant toute chose une vitrine technologique, une mise au point de Samsung face à ses détracteurs et concurrents chinois qui lui reprochaient un manque d’innovation. Pliable, le Fold n’est pas très encombrant dans une poche de jeans, mais ouvre la voie à une nouvelle manière d’utiliser un smartphone, grâce à un vrai multitâche sur son écran déplié de presque 8 pouces de diagonale.

Prouesse technique et grande première mondiale, le Fold n’affiche pas le meilleur rapport qualité-prix de l’année, c’est logique. Il est destiné à ceux qui veulent être les premiers, qui veulent susciter un effet « waouw » autour d’eux et… qui ont 2.020€ à consacrer à un smartphone.

Vaut-il cette somme colossale ? Si on tient compte des 7 ans de recherche et développement, oui, à n’en pas douter. Il serait cependant plus raisonnable d’attendre un ou deux ans: si le concept prend (Huawei, Xiaomi et d’autres vont imiter Samsung dans les prochains mois), les prix vont baisser très rapidement.

Notez bien que Samsung a dû se résoudre (le 22 avril) à repousser la sortie du Fold, un nouveau coup dur dont les conséquences restent à déterminer, trois ans après le fiasco des batteries explosives du Galaxy Note 7. Selon le communiqué du groupe, l’écran semble bel et bien présenter des fragilités, en particulier au niveau de la charnière, où des « impacts » peuvent se former. Le groupe évoque aussi un cas où des « substances trouvées à l’intérieur de l’appareil ont affecté la performance de l’écran ».







Y a-t-il des risques à passer à une banque européenne entièrement dématérialisée ?

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique , le 15 février 2019 06h18 | Ajouter un commentaire

A l’heure où les banques ne peuvent plus offrir gratuitement des services basiques à cause des chutes de leurs recettes sur le marché des particuliers, il est temps de se pencher sur les alternatives « 100% en ligne et mobile ». N26 est le principal acteur global pour le moment. Et il va vite, très vite, pour se faire une place dans les smartphones. Mais comment fonctionne cette banque ? Explications.

On a essayé N26, la banque du futur 100% gratuite: comment fonctionne-t-elle, quelles sont ses limites ?

Vous l’avez forcément remarqué, la banque est l’un des secteurs qui réalise (ou subit, selon les points de vue) l’une des plus grosses transitions numériques. Les agences disparaissent, la dématérialisation s’accélère. Tout cela suit une tendance de fonds: réduction des coûts liés à la chute des recettes sur le marché des particuliers, et exigence croissante des clients par rapport à la facilité d’utilisation de leur argent.

Comme toujours dans les transformations de secteurs d’activité, il y a de nouveaux acteurs qui débarquent avec une vision innovante. Partis d’une page blanche, sans devoir modifier d’innombrables structures, procédures ou autres départements, ils peuvent proposer quelque chose de nouveau, de simple, de centrer les réels besoins des utilisateurs.

La fin des banques gratuites en Belgique: le moment idéal pour essayer N26

Au premier abord, on a tendance à se méfier de N26, un nouvel acteur bancaire d’origine allemande qui prétend révolutionner le secteur. On se demande s’il peut réellement remplacer une banque belge et on est plutôt sceptique, ce qui est une bonne habitude quand on parle d’argent. On a même contacté la Febelfin pour avoir leur avis sur la question, mais la fédération du secteur bancaire n’avait rien à dire à ce sujet.

C’est quand on a remarqué que la jeune entreprise berlinoise avait réussi une nouvelle levée de fonds de 300 millions d’euros qu’on s’est dit qu’il devait y avoir du potentiel… Sa valorisation atteint désormais 2,7 milliards de dollars, de quoi s’attaquer au marché américain. L’objectif des 100 millions de clients est annoncé, très ambitieux. Bref, c’est clairement un service qui s’adresse au grand public. D’où l’intérêt de se pencher sur son cas.

On est parti d’un double constat avant de réaliser ce test. Le premier est personnel: ma banque actuelle a décidé de tarifer une formule restée gratuite de nombreuses années, malgré la présence d’une MasterCard. Je m’en servais comme tirelire et pour la carte de crédit, donc je ne rapportais rien à cette banque ; et je lui coûtais même de l’argent, finalement, car je ne répondais jamais à leurs propositions d’investissement. Bref, cette banque me dit qu’elle va désormais me facturer 8€ par trimestre. Autre actualité: bpost a décidé, à partir du 18 mars, de facturer 50 centimes par retrait d’argent à un distributeur (le premier retrait est gratuit, cependant), et ce pour les clients de son pack gratuit. Ce n’est pas la première banque belge à le faire. Bref: la banque traditionnelle ne rapporte plus assez d’argent que pour offrir des services même basiques à des clients qui s’en servent comme simple tirelire et moyen de paiement.

C’était donc le moment idéal pour passer à autre chose. J’ai clôturé mon compte et je me suis inscrit sur N26, qui vous allez le voir, est une vraie banque…

Une inscription contrôlée

En Europe, il y a des règles pour être titulaire d’un compte en banque. Il faut notamment prouver son identité.

Pour créer son compte N26, il faut télécharger l’application, et suivre la procédure d’inscription, assez fastidieuse. Il faut envoyer une photo de soi, une copie de la carte d’identité, et fournir adresse, numéro de téléphone, etc.

Puis, il faut laisser à N26 le temps de vérifier votre cas, sans doute en le recoupant avec des bases de données de mauvais payeurs, ça doit sûrement exister au niveau européen…

Quelques jours plus tard, la carte N26 arrive. Elle est équipée par défaut de l’option « sans contact », très pratique pour les petits paiements en magasin. Le compte est alors activé, l’application est entièrement fonctionnelle et permet de définir son PIN pour la carte.

A la base, votre compte affiche 0 euro, forcément. Il faut donc faire un virement pour l’alimenter et pouvoir l’utiliser. Nous avons versé 20 euros à partir d’un compte belge et 24 heures plus tard, une notification arrivait sur l’application, signalait la transaction.

Qu’avez-vous avec la formule gratuite ?

Un vrai compte en banque allemand (il commence par DE42), une MasterCard un peu spéciale (voir plus bas), une application N26 très bien foutue (voir ci-dessous), 5 retraits gratuits par mois à des distributeurs de billets en Belgique uniquement (puis c’est 2€ par retrait…). Les retraits à l’étranger sont commissionnés (1,27%) par N26.

Voilà pour la base et c’est déjà pas mal.

Les versions N26 Black et Metal sont payantes et plutôt chères, mais elles offrent des assurances supplémentaires (vol de votre argent après un retrait, vol d’un smartphone acheté avec la carte, retard d’un avion, perte de bagages, etc). C’est assez bien orienté « voyageurs réguliers », ou personne à la recherche de certaines assurances. Tout ça vous coutera alors 9,90€ ou 16,90€ par mois, débité de votre compte N26.

Que peut-on faire avec la banque N26 ?

N26 est à la fois différent d’une banque traditionnelle (aucune agence, tout est dématérialisé et centré autour de l’expérience utilisateur), mais très proche.

Elle offre en effet toutes les opérations basiques: paiement en magasin ou en ligne avec carte MasterCard, virement vers d’autres comptes en banque, retrait d’argent. C’est largement suffisant pour la grande majorité des citoyens. Notez bien cependant que certains commerces n’acceptent pas la MasterCard. Pour prendre un exemple connu: tous les Colruyt de Belgique, qui exigent la carte Maestro. On a essayé, et notre carte N26 a été refusée. Donc renseignez-vous avant d’effectuer un achat en magasin. Dans d’autres pays européens, il est possible de commander une carte N26 Maestro en option, mais ce n’est pas le cas pour l’instant en Belgique.

On vous l’a dit, N26 est une vraie banque: elle vous a donc ouvert un vrai compte en banque au moment de l’inscription. Même si ce compte est allemand, n’importe qui peut vous virer de l’argent dessus, y compris votre employeur pour votre salaire mensuel. Il n’y a pas de frais cachés, les virements dans la zone SEPA (membres de l’Union européenne principalement) sont tous gratuits, dans un sens comme dans l’autre.

La seule limite est le conseil humain (il devra se faire par livechat ou réseaux sociaux, il n’y a pas de téléphone), et les services bancaires plus poussés: oubliez les comptes épargne pour enfant, les comptes de garantie locative, les crédits hypothécaires ou auto, etc… Pour tout ça, il faudra passer par un courtier, par exemple.

Une MasterCard de débit, et pas de crédit: A LIRE ABSOLUMENT

La notion de carte de crédit et de débit est assez claire en Belgique: il y a les cartes Maestro pour le débit (c’est-à-dire pour utiliser directement l’argent disponible sur votre compte) et les Visa/MasterCard pour le crédit (l’argent est retiré d’une limite mensuelle qui n’est pas immédiatement liée à l’argent disponible sur votre compte en banque, ce qui vous permet d’avoir accès à un « crédit » temporaire).

A l’étranger, la notion est un peu différente. Par exemple, en Angleterre, le montant utilisé par la carte de crédit n’est pas ponctionné d’un coup sur votre compte à la fin du mois, mais il peut être réparti sur plusieurs mois.

Cette différence entre crédit est débit est essentielle dans le cas de N26, car la MasterCard offerte est une MasterCard de DEBIT, et non de crédit. C’est indiqué sur la carte, d’ailleurs, dans la zone grise brillante.

Elle reste une MasterCard (vous pouvez la renseigner sur Amazon ou Netflix, par exemple), mais elle agit comme une carte de débit, c’est-à-dire que l’argent est débité immédiatement de votre compte, dont le solde doit être suffisant pour que l’opération soit effectuée.

Pour s’en rendre compte, on a fait quelque chose qu’on vous déconseille de reproduire chez vous.

Alors que notre solde disponible était toujours de 20€, on a passé une commande de 30 € sur Amazon. Voici ce qu’on a constaté, notifications à l’appui. Quelques secondes après notre commande: 1€ de retrait pour Amazon (pour la vérification de la MasterCard, il est rendu 10 jours plus tard). 5 minutes après la commande: 12,74 € de retrait d’Amazon (soit le montant de l’un des deux objets de notre commande). 10 minutes plus tard: « solde insuffisant, votre paiement a été annulé« .

Notre compte Amazon nous disait alors qu’il y avait un problème avec la commande, et qu’il allait réessayer de débiter le compte. On a préféré annuler toute la commande. Tout n’est pas immédiat, bien entendu, et il a fallu quelques temps pour que les serveurs d’Amazon et N26 se mettent d’accord et réparent le bazar qu’on a provoqué en réalisant notre test. Mais tout est rentré dans l’ordre et on a récupéré nos 12,74€.

Tout ça pour nous (et vous) prouver qu’il s’agit bien d’une MasterCard de débit, et non de crédit. C’est très important de s’en souvenir avant de passer à N26.

Bon à savoir: en Allemagne et en Autriche uniquement pour l’instant, il est possible d’activer en ligne une autorisation de découvert. Aller en négatif y coûte cependant de l’argent, N26 charge un taux annuel de 8,9%. Cette option pourrait débarquer chez nous.

Une application qui change tout : chaque mouvement d’argent est notifié immédiatement

L’un des reproches qu’on peut faire aux « vieilles » banques, c’est le manque de transparence des transactions. On voit peu d’informations, et souvent avec un délai de quelques jours (pour les cartes de crédit surtout).

Avec l’application N26, vous recevez une notification dès qu’une transaction a lieu, qu’elle soit entrante ou sortante. Exemple : on a fait un achat sur Amazon avec la carte, et dans la seconde, l’application nous prévenait. Idem pour notre premier versement sur le compte.

C’est une manière simple et très sécurisante de savoir ce qui est fait avec votre argent. En cas de fraude, également, vous pouvez signaler un problème, ou bloquer la carte (de manière temporaire ou définitive).

appli
De gauche à droite: votre carte dans l’appli, la notion d’espaces et la catégorisation des transactions

Toutes les transactions sont labellisées de manière automatique (restaurant, courses, virement), mais vous pouvez créer des catégories vous-mêmes. Il est possible également de créer des espaces, qui agissent comme autant de comptes d’épargne thématiques. Typiquement, vous allez créer un espace « montre » et y mettre de temps en temps de l’argent de côté en un clic, afin de vous en offrir une au bout de l’épargne.

Il y a plusieurs subtilités du genre qui rendent l’expérience bancaire plus intelligente, plus ludique aussi. On pense à « Money Beam » ou « Demande », qui vous permet des transferts instantanés d’argent entre utilisateurs N26 présents parmi vos contacts, comme le permet Payconiq par exemple.

Et il y a bien sûr la base: le virement bancaire pour payer vos factures.

Conclusion

Sans conteste, N26 est une excellente option si comme la majorité des Belges, vous considérez surtout votre banque comme une tirelire et un moyen de (se faire) payer. N26 offre tout ça gratuitement, et même 5 retraits par mois en Belgique pour avoir du liquide.

Et c’est une vraie banque, avec un vrai numéro de compte (allemand, mais ça ne change rien en Europe), une vraie carte de débit (MasterCard, ceci dit, qui est acceptée dans plus d’endroit que la Maestro). Attention, cependant, certains commerces belges (comme les Colruyt) n’acceptent pas la MasterCard, même celle de débit de N26, nous l’avons essayé.

Le gros point fort de N26: une application très bien foutue, orientée « utilisateur », avec de nombreuses options pratiques et qui vous notifie au moindre mouvement sur votre compte.

A la question « Comment N26 gagne-t-il de l’argent si les comptes sont gratuits ?« , des responsables nous ont répondu: « N26 a un modèle commercial principalement axé sur les abonnements premium, tels que N26 Black ou N26 Metal. Nous croyons en la nécessité de mettre en place un modèle simple, transparent et juste, ce qui nous permet de constater que les utilisateurs sont prêts à payer pour les adhésions s’ils reçoivent un produit complet de grande valeur. Ceci est comparable à Netflix ou Spotify, qui a sans doute éduqué leurs industries respectives à cet égard« .

Dernier bémol dans cette expérience globalement très positive: impossible de savoir ce que l’avenir nous réserve. N26 est une ‘start-up’ allemande, elle pourrait disparaître dans 5 ans, ou décider dans 1 an de rendre son compte basique payant.

Mais c’est exactement ce que vient de faire ma « banque traditionnelle » (allemande elle aussi…) en m’envoyant uniquement un email. 

Voici le premier smartphone avec un écran “troué” disponible en Belgique

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 12 février 2019 10h28 | Ajouter un commentaire

Les tests de Mathieu: voici le premier smartphone avec un écran “troué” disponible en Belgique

Le Honor View 20 ouvre le bal des smartphones de 2019. Sorti il y a quelques jours en Europe, il a une particularité inédite: sa caméra frontale est isolée dans l’écran, en haut à gauche. De quoi se passer d’une « encoche » qui ne plait pas à tout le monde. Mais est-ce bien pratique ?

Vous avez sans doute déjà entendu parler de la marque Honor. Elle appartient au groupe Huawei, qui en a fait depuis des années sa marque ‘jeune’ et ‘en ligne’. Il se vend principalement des Honor à l’étranger, car en Belgique, petit pays, la marque Huawei est déjà très présente et assez populaire. Le géant chinois des télécoms n’a donc jamais vraiment pris la peine de lancer en grandes pompes sa deuxième marque chez nous, à part lors de la sortie du Honor 9 que nous avons couverte en 2017.

En 2019, visiblement, Honor veut essayer d’attirer à nouveaux les projecteurs, de faire un peu plus parler d’elle dans notre pays. Le but, sans surprise, est de grappiller des parts de marché à la concurrence Android, donc à Samsung principalement dans notre pays. Les prix avec Huawei se chevauche cependant, on se demande dès lors s’il n’y aura pas un peu cannibalisme, mais les filières de distribution sont en partie différentes.

Pour y parvenir, Honor a lancé son View 20 en Belgique récemment, et il sera disponible dans plusieurs enseignes connues comme Vandenborre. Alors qu’à la base, Honor est une marque ‘en ligne’. Ironie de l’histoire: sur le site de Honor (France, pas le choix), on ne peut pas se faire livrer en Belgique. Bref, on se perd un peu au niveau de la stratégie, mais ça n’a pas vraiment d’importance pour vous, le client final.

549€ pour un écran… troué

Honor nous avait habitués à des smartphones milieu de gamme avec un prix abordable et des performances suffisantes. Rien à voir avec le View 20, que l’on trouve à 549€ chez Vandenborre ou Coolblue. Notez que Krefel distribue aussi des smartphones Honor, mais pas MediaMarkt… Et il s’agit de la version 128 GB. Celle avec 256 GB de mémoire interne se trouve à 649€ sur le web.

Le View 20 est un grand smartphone de 6,4’’, et ce qu’on remarque immédiatement, c’est le ‘trou’ dans son écran. Depuis peu, quelques constructeurs ont préféré ce moyen pour insérer la caméra frontale, tout en évitant la fameuse ‘encoche’ (notch) qui déplait à certains.

D’un point de vue esthétique, c’est plutôt pas mal. Et avec certaines applications (comme YouTube), il est possible d’avoir une sensation d’immersion inédite, car la vidéo occupe tout l’écran (moins le ‘trou’ de la caméra, voir photo). Sur une appli comme Chrome ou RTL info, ça ne change pas grand chose en revanche, et le ‘trou’ de 4,5 mm de diamètre n’est qu’une encoche déplacée.

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Du tout bon, à part l’écran

Concernant le reste de la fiche technique, on est plutôt gâté: puce Kirin 980 à 2,6 GHz (le même que le vaisseau-amiral de Huawei, le Mate 20 Pro), 6 GB de RAM, 128 GB de stockage interne (pas de port microSD mais nanoSD), appareil photo principal de 48 MP (25 MP à l’avant), batterie de 4.000 mAh, dos en verre aux reflets travaillés en forme de chevrons, Android 9.0.

Bref, niveau matériel, on est gâté, tout sera fluide durant quelques années, et le stockage devrait suffire, même pour les plus gros utilisateurs. Quant à la batterie, après 48 heures d’utilisation normale, notre View 20 ne rendait pas encore l’âme. C’est l’un des plus endurants que nous ayons pu tester.

Seul bémol: la qualité de l’écran. La dalle IPS de 1080 x 2310 pixels tire vers le bleu, et elle est loin de l’OLED qui équipe plusieurs smartphones dans cette gamme de prix. Les noirs sont donc gris, les couleurs moins vives, c’est inévitable. La luminosité maximale est heureusement suffisante pour une lecture agréable en plein soleil.

Enfin, et ça justifie en partie l’écart avec les smartphones à 1.000€, il n’y a pas d’étanchéité, pas de capteur d’empreinte intégré à l’écran, pas de charge sans fil (mais bien une charge rapide avec un bloc de 22,5W)

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Et les photos ?

Avec un objectif principal de 48 MP, on s’attend surtout à des capacités de zoom intéressantes. En réalité, Honor est le premier smartphone à être équipé du dernier capteur IMX 586 de Sony.

Un capteur un peu plus grand que la moyenne, qui peut donc capturer plus de lumière. Et c’est très utile pour les photos à l’intérieur, en soirée, de nuit, etc. Tous nos clichés ont été réussis, avec peu de bruit numérique.

A l’extérieur, sans surprise, les photos sont parfaites. Le zoom est x2 sans perte de qualité, car les photos par défaut du Honor View 20 font 12 MP.

Le capteur supplémentaire à l’arrière exploite ce qu’on appelle la technologie ToF (Time of Flight). Il permet principalement de capturer des scènes en 3D, grâce à l’envoi d’impulsions laser et au calcul de leurs rebondissements. Ces fonctionnalités sont intégrées dans l’application ‘Appareil photo’, et notamment dans le suivi de la silhouette, dans la retouche vidéos (détouré du corps en mouvement). La 3D ToF peut également servir dans certains jeux, mais on ignore lesquels…


Conclusion

Belle surprise pour ce début d’année que ce Honor View 20, un appareil haut de gamme vendu 549€, et qui s’oppose donc au très bon OnePlus 6T qu’on a testé récemment.

Les performances sont là, cela ne fait aucun doute. Le design avec reflet en chevrons est particulier, osé, et orienté davantage vers les jeunes, sans doute. Les concessions sont faites uniquement au niveau de l’écran (qui n’est pas OLED) et de quelques options un peu gadget, comme l’étanchéité et le capteur d’empreinte intégré à l’écran. Bref, c’est l’un des meilleurs rapports prix/puissance du moment.

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La serrure connectée Nuki s’améliore grâce à des accessoires

Par Mathieu Tamigniau dans IoT, Pratique, Test , le 18 janvier 2019 09h36 | Ajouter un commentaire

Les tests de Mathieu: la SERRURE CONNECTÉE européenne devient enfin utilisable

Nuki vient de sortir une deuxième version de sa serrure connectée. Désormais contrôlable de nombreuses manières différentes, elle peut même (théoriquement) être commandée par la voix, à partir des plus grands assistants vocaux. J’ai pu la tester durant trois semaines et voici mes conclusions.

Ce n’est pas la première fois que nous vous parlons de Nuki. Cette jeune entreprise allemande est l’une des premières à avoir commercialisé une serrure connectée en Europe. En deux mots: un boitier se fixe à l’intérieur de votre porte à hauteur de la serrure, et tourne mécaniquement la clé insérée à votre place. Tout se contrôle via un smartphone et une application, à faible distance (Bluetooth) ou en déplacement (avec le Nuki Bridge, un autre boitier qui se connectera à internet via le Wi-Fi).

On avait apprécié l’appareil, mais on avait noté quelques défauts de jeunesse. Ce qui ne nous a pas empêché de l’utiliser ponctuellement (aller faire un jogging sans clé, ouvrir la porte à l’avance quand on est dans la voiture ou quand on a les bras chargés, etc). Deux ans, 35.000 installations et « aucun problème de sécurité » plus tard, une nouvelle version fait son apparition.

Une Smart Lock 2.0: quoi de neuf ?

La Nuki Smart Lock 2.0, extérieurement, est parfaitement identique à la V1, tout comme sa mécanique interne, m’a confirmé son CEO Martin Pansy, lors d’une visite à RTL.

Sa principale nouveauté: intégrer la norme Bluetooth 5, qui amène une plus grande portée (jusqu’à 50 mètres) que la première version de 2017 (avec Bluetooth 4). De quoi améliorer l’expérience utilisateur, surtout au niveau de la rapidité, qui n’était pas le point fort de cette serrure connectée. « C’est 3 fois plus rapide« , nous promet le patron, précisant que « la partie électronique a été refaite » dans la serrure.

Elle est également compatible avec la norme HomeKit d’Apple, qui l’intègre dans l’environnement smart home de iOS. Via un iPhone, il est possible de contrôler la serrure facilement, sans forcément lancer l’application. Ou via Siri, l’assistant vocal d’Apple présent sur l’iPhone ou l’Apple Watch. On peut donc théoriquement ouvrir sa porte en parlant à sa montre (mais nous n’avons pas testé cette fonction). D’après M. Pansy, « 2/3 des utilisateurs sont sous iOS« , et ils seront donc contents.

Enfin, pour les 5% d’Européens qui en sont équipés, sachez que la V2 est compatible avec les boutons remplaçant la clé pour verrouiller et déverrouiller de l’intérieur.

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La serrure n’a pas fort changé, mais elle a de nouveaux accessoires, dont le capteur d’état (porte réellement ouverte ou fermée)

Capteur d’état de la porte et clavier externe

J’ai pu tester deux autres nouveautés. La première, c’est le capteur d’ouverture (fourni de base avec la serrure). Il s’agit d’un petit aimant à coller le plus près possible de la smart lock, mais bien entendu sur l’encadrement de la porte. L’idée est de savoir l’état réel de la porte, ouverte ou fermée. Car la V1 ne faisait que tourner la clé: si votre porte est grande ouverte et que vous la verrouillez via l’application, celle-ci va tourner le cylindre et estimer que la porte est verrouillée. Donc avec ce capteur, la serrure (et donc l’application) sait si la porte est réellement ouverte ou fermée, et ne se base plus uniquement sur la position de la clé dans le cylindre.

La deuxième nouveauté, qui date de fin 2018, c’est le Keypad. Vendu à part (79€), ce petit boitier à 9 chiffres (et une flèche pour verrouiller) permet de contrôler la serrure sans devoir lancer l’application. Protégé contre les intempéries, il est recouvert d’un gros caoutchouc, ce qui rend l’appui sur les chiffres parfois délicat, d’autant qu’il faut choisir un code à 6 chiffres (il y a heureusement des LED au-dessus qui confirment chaque appui). C’est une option qui s’avère intéressante, rassurante (par exemple si n’avez pas vos clés et que la batterie de votre smartphone est morte) et surtout très rapide (comparé au lancement de l’application) pour ouvrir ou fermer votre porte. Le Keypad décuple l’intérêt de la serrure connectée, tout comme peuvent le faire les « fob », ces accessoires sous forme de pastilles à accrocher au porte-clé et qui permettent d’ouvrir ou fermer la serrure. Au niveau de la stabilité du Keypad, elle est d’environ 90% d’après notre test durant trois semaines: en effet, parfois, rien ne se passe quand on entre le bon code. Il suffit heureusement de le recomposer pour ouvrir la porte.

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Le Keypad rend la Smart Lock nettement plus pratique à utiliser

Contrôlable (théoriquement) par la voix: que peut-on faire réellement ?

Précisons que la Smart Lock 2.0 est désormais officiellement compatible avec toutes les « normes » de la maison connectée et intelligente: non seulement Siri, mais aussi les assistants vocaux d’Amazon (Alexa) et de Google (Google Assistant). Elle est également compatible Zigbee, un protocole de communication standard permettant d’être contrôlée via d’autres applications.

Mais concrètement, comment ça fonctionne ? On a connecté la Smart Lock 2.0 à Alexa et Google Assistant. Et c’est loin d’être pratique… quand ça fonctionne.

Avec Google Assistant, c’est décevant. Via l’application Google Home, on peut effectivement lier la serrure, et l’assigner dans une pièce. Remarque: il faut créer un code PIN. Mais il est impossible de la contrôler. Déjà, il faut parler d’une manière atypique à « Ok Google »: « Parler avec Nuki pour verrouiller la porte d’entrée » au lieu de, par exemple, « ouvre la porte d’entrée ». La réponse est navrante: « Nuki n’est pas disponible sur les appareils paramétrés dans votre langue ou pays« .

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On vous déconseille de lier votre serrure aux assistants vocaux: galère en vue et peu de réel avantage en retour…

C’est à peine mieux avec Alexa d’Amazon. La liaison est aisée avec la skill dédiée (attention, il y en a deux du même nom…), et nous sommes parvenus à verrouiller la serrure en disant à Alexa « Verrouille la serrure de la porte d’entrée ». Impossible d’ouvrir la porte, par contre : « Ouvre la porte d’entrée » ne donne rien et « ouvre la serrure de la porte d’entrée » donne comme réponse « Cette commande n’est pas prise en charge par l’appareil ». On peut tenter « Déverrouille la porte d’entrée », un code PIN configuré au préalable via l’application Alexa est alors demandé et on doit le dire à voix haute. Mais après une tentative infructueuse, Alexa nous a conseillé de désactiver et réactiver la skill, ce qui nous a fait abandonner la tentative.

Nous n’avons pas été en mesure d’essayer avec HomeKit d’Apple, mais on imagine que ça fonctionne mieux, car la « certification » HomeKit est plus exigeante, plus concrète. Donc, théoriquement, Siri (l’assistant vocal d’Apple) peut déverrouiller votre porte.

De toute façon, soyons clair: pour verrouiller une porte, le recours à l’assistant vocal peut vous faire gagner du temps. Mais les assistants sont stricts au niveau de la sécurité et comme n’importe qui, à l’intérieur de votre maison, peut activer les activer en disant « Ok Google » ou « Alexa », il est pour l’instant impossible (Google) ou difficile (Amazon) d’ouvrir la serrure avec sa voix.

Nuki a sans doute été un peu trop vite en se vantant, y compris sur la boite, d’être compatible. Si cette compatibilité est chaotique, il vaut mieux ne pas en parler. Il s’agit d’une serrure de porte d’entrée, le sentiment de stabilité et de fiabilité devrait être la priorité.

Les défauts de jeunesse ont (pratiquement tous) disparu

Manquant de stabilité et de confort d’utilisation, les débuts de la serrure connectée V1 de Nuki en 2016 ont été délicats, du moins d’après notre expérience. Bonne nouvelle: pratiquement deux ans plus tard et avec la V2, ça va nettement mieux.

Lors de la procédure d’installation via l’application Nuki, on a hélas encore constaté quelques erreurs (sans doute de traduction). Exemple: lors de la configuration du capteur de porte aimanté, l’application demande de « verrouiller la porte » (donc de la fermer à clé). Mais si on le fait, la procédure se met en erreur car la serrure essaie de verrouiller une porte déjà verrouillée. L’application aurait dû indiquer « fermer la porte sans la verrouiller ».

A part ce détail, l’utilisation quotidienne est bien meilleure. C’est aussi dû aux dernières mises-à-jour de l’application, à n’en pas douter. Le smartphone se connecte plus rapidement à la serrure, même si après trois semaines d’utilisation, force est de constater que ce n’est jamais la même chose: éloigné de la maison (donc lorsqu’on accède la serrure via le Bridge), on a parfois été connecté à la serrure en 3 secondes. Alors que dans la maison (donc en Bluetooth a priori), on a parfois du attendre 20 secondes. Mais au final, on est toujours parvenu à s’y connecter pour la contrôler (heureusement…).

Nul ne doute que ces dernières instabilités vont disparaître avec le temps et l’amélioration de l’application. Mais avec un parc de smartphones Android toujours très fragmenté (différentes versions de l’OS, et différentes surcouches logicielles des fabricants), Nuki a du travail. Avec les iPhone d’Apple, la donne est plus simple, et l’application plus stable. Vous voilà prévenu…

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Envoyez du Wi-Fi dans tous les coins de votre maison grâce à la technologie « mesh »

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 16 novembre 2018 15h39 | Ajouter un commentaire

Comme la plupart des foyers, le vôtre est sans doute équipé d’un modem/routeur qui amène internet chez vous, et qui le diffuse via des ports réseau et le Wi-Fi.

Mais si vous possédez une maison, il est fort probable que dans certaines zones, il n’y ait pas ou peu de signal. Impossible pour un enfant de travailler correctement sur un ordinateur dans sa chambre, ou pour vous de regarder un film sur Netflix dans le lit, via une tablette. De plus, avec l’augmentation des produits connectés dans une maison, avoir du Wi-Fi partout est devenu indispensable.

Jusqu’à présent, il existait des solutions comme le CPL (courant porteur en ligne), qui, via des boitiers placés sur des prises de courant, se servent du réseau de câble électrique présent dans toutes les maisons pour envoyer du réseau partout. Mais cette solution manque souvent de stabilité et de fiabilité, et si le boitier en question est équipé de Wi-Fi, il émet son propre « réseau », différent du principal (le smartphone ou l’ordinateur doit alors passer de l’un à l’autre).

Maillez votre maison

C’est pourquoi la technologie « mesh » (maille en anglais) est en train de faciliter grandement les choses. Son principe de base, c’est d’utiliser tous les émetteurs de signal ou de réseau, et de les fusionner dans un même réseau. C’est principalement du travail logiciel au sein des routeurs et des répéteurs Wi-Fi, mais ça fonctionne drôlement bien.

Pour faire le test, on a pris un répéteur de chez AVM, le fabricant allemand de matériel de réseau est une référence au niveau de la qualité de fabrication de ses appareils et des logiciels qui y sont intégrés.

Il s’agit en particulier du Fritz!WLAN Repeater 1750E (99€), mais d’autres modèles et d’autres marques utilisent la même technologie.

Installation simple, utilisation transparente

La meilleur technologie est la plus simple, la plus invisible. Le principe du mesh, c’est ça. Et avec le répéteur Wi-Fi d’AVM, c’est un jeu d’enfant. Il suffit de brancher le boitier dans une prise électrique à mi-distance entre le routeur (comme la Bbox 3 de Proximus) et la zone à couvrir. Idéalement, sur le palier de l’étage d’une maison.

Ensuite, vous appuyez sur le bouton de connexion WPS du boitier, et endéans les deux minutes, sur le même bouton WPS situé sur le routeur. Et c’est fait. Sans vous en rendre compte, et sans devoir reconfigurer tout le matériel en le liant à un nouveau réseau, vous avez étendu le Wi-Fi à toute votre maison. Le boitier utilise donc les mêmes SSID (identité de réseau sans-fil), et s’il y en a deux (comme sur les Bbox, un pour le 2.4 GHz et un pour le 5GHz), il va les mixer au mieux pour aller chercher le réseau sur le routeur, tout en le diffusant vers les appareils à connecter.

Particulièrement performant, le Repeater 1750E élargit la portée du réseau local sans fil dans la bande des 5 GHz avec des vitesses pouvant théoriquement atteindre les 1300 Mbit/s (450 Mbit/s pour la bande des 2.4 GHz).

Un port Gigabit sous le capot

Pour plus d’options, il est toujours possible, via le navigateur d’un appareil connecté au boitier avec ou sans fil, d’aller sur http://fritz.repeater afin de configurer, ou de comprendre le « maillage » de votre maison.

Sachez que sous le Repeater 1750E, il y a un port réseau Gigabit, ce qui signifie que vous pouvez brancher un ordinateur, un décodeur ou tout ce qui a besoin d’une bonne connexion câblée.

Bref, c’est simple, on ne se rend pas compte de grand-chose mais ça fonctionne: plus de problème de Wi-Fi…

Logitech Craft: pourquoi mettre 199€ dans un clavier ?

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 23 octobre 2018 13h57 | Ajouter un commentaire

L’accessoiriste suisse Logitech, qui utilise désormais la marque ‘logi’ pour son matériel de bureau, a sorti il y a quelques mois le Craft. Un ovni dans le petit monde des claviers sans-fil, un accessoire devenu très pratique car il évite les câbles sur le bureau et n’a besoin que de très peu d’énergie (deux piles = plusieurs années).

Pourquoi un ovni ? Car il coûte 199€ à la base, ce qui est déjà rare pour un clavier. Ce prix élevé a pour cause une finition en aluminium impeccable. On est sur du très haut-de-gamme: le Craft est lourd, bien assemblé, discret. Son look est résolument moderne: aucun problème pour le laisser sur le bureau en permanence, ni pour travailler dans la pénombre car il est rétroéclairé. De plus, il est très silencieux: les touches incurvées très fines s’enfoncent délicatement, c’est agréable pour l’oreille et confortables pour les doigts. Comptez également sur un clavier complet, avec pavé numérique et espace pour les flèches du curseur. Une belle largeur, donc, pour un espace de travail idéal. Sachez également qu’il se connecte en Bluetooth (jusqu’à 3 appareils peuvent être enregistrés) ou via le récepteur USB propre à Logitech (Unifying) inclus. Il est équipé d’une batterie rechargeable par via un câble USB Type-C fourni.

L’autre caractéristique du Craft, c’est la molette « cliquable » située sur le coin supérieur du clavier. Par défaut, elle va régler le volume Windows, ce qui n’est pas terriblement utile sachant qu’il y a des touches pour ça. Mais si vous utilisez l’application Logitech Options (144 MB tout de même), vous pouvez assigner à cette molette toute une série de commandes liées à certains logiciels. La suite Office (Word, Excel, PowerPoint) est concernée, mais ça n’est pas toujours très utile. Par exemple, sous Word, vous pourrez agrandir du texte sélectionné ou changer de police. Le plus intéressant est dans la suite de logiciel de création graphique d’Adobe: Photoshop, Illustrator, InDesign et Premiere Pro (dans leur version CC uniquement). La molette peut être assignée au zoom/dézoom, ce qui est sans doute le plus pratique, car sollicité régulièrement. Elle peut également, en fonction du contexte, modifier la luminosité, la taille de l’image, l’opacité, la taille du texte, etc. C’est pratique mais pas indispensable car dans ces quelques logiciels, il y a de multiples manières/raccourcis pour arriver à un même résultat. Cependant, ça aidera certains d’entre nous à gagner un peu de temps au jour le jour… Notez que d’autres logiciels pourront en profiter à l’avenir, car il y a un kit de développement disponible.

Nos conclusions sur le Craft de Logitech sont mitigées. Il est certes très design mais 199€, c’est une belle somme pour ce qui reste un clavier sans fil. La molette est originale mais elle nécessite l’installation d’un logiciel pour la configurer, et peut s’avérer utile sur un nombre limité d’applications (surtout la suite créative d’Adobe mais uniquement en version CC). Le Craft a du sens pour les graphistes ou ceux qui font de la retouche d’images et qui gagneront du temps. Pour les autres, c’est un peu cher, mais c’est très « exclusif »…

Des coques de smartphone à la fois très protectrices et jolies, c’est possible ?

Par Mathieu Tamigniau dans Pratique, Test , le 21 septembre 2018 16h30 | Ajouter un commentaire

C’est ce qu’essaie en tout cas de faire Rhinoshield, une société taïwanaise qui s’étend de plus en plus à l’international. Le marché de la protection de smartphone est en hausse constante. Les gens achetant presque systématiquement une housse, un étui, une coque ou une protection d’écran pour cet appareil qui prend de plus en plus de place dans nos vies.

C’est en 2012 à Taïwan que deux frères ont fondé la société. Des ingénieurs spécialisés dans la science des matériaux. Ils ont réussi une belle campagne sur kickstarter pour un projet de coque de style bumper (un genre de cerclage du smartphone, qui ne recouvre pas les faces avant et arrière) très résistante aux impacts. Il y a dans le matériau utilisé (shockspread) une structure en nid d’abeille qui absorbe bien les chocs. Le smartphone résiste ainsi aux chutes d’une hauteur allant jusqu’à 3,5 m.

Solides mais pas moches

« Rhinoshield vient de rhino – rhinocéros – et shield – bouclier en anglais », nous a expliqué Ludovic Corvers, un Liégeois expatrié à Taïwan pour s’occuper du développement de la marque sur les marchés francophones, notamment.

Mais dans un marché aussi vaste, avec des rayons remplis de produits à bas prix, comment se différencier ? « On mise sur la qualité de la protection (on dépasse les standards militaires américains), mais on fait attention au design, car il faut que les coques soient également jolies ».

Raison pour laquelle la nouvelle gamme Mod NX a été mise sur pied. Ce sont des coques dites modulaires: on peut se contenter du bumper (cerclage) de la couleur de son choix, mais on peut ajouter une face arrière (il y a de nombreux motifs) et modifier la couleur des boutons de volume et de verrouillage. Prix de départ: 30€.

On a mis la main sur quelques modèles et on sent la qualité du plastique utilisé, qui devrait être plus résistant que la coque achetée 3€ sur un marché. « Les coques et protection anti-chocs en shockspread sont produites dans le sud de Taïwan » par une usine tierce, sous la supervision de Rhinoshield.

Deux bémols

Deux petits bémols: les coques de Rhinoshield, dont le but premier est de bien protéger vos smartphone, rappelons-le, sont assez imposantes. Plutôt épaisses, elles dénaturent un peu le design de plus en plus fin et élégant des smartphones haut-de-gamme.

Autre reproche, mais il est bien logique car il faut bien calculer son coup, la liste de smartphones compatibles est limitée: selon les modèles, ça se limite aux iPhone uniquement, ou bien ça englobe les flagships de Samsung et OnePlus. « On essaie d’anticiper le succès d’un nouveau modèle. Avec l’iPhone, c’est facile », mais pour le reste, ça dépend du marché. Or, Rhinoshield vend principalement à Taïwan, où les modèles les plus populaires ne sont pas les mêmes qu’en Europe.

Donc pour répondre à la question initiale: oui, il est possible de trouver des coques très protectrices et jolies. Mais, forcément épaisses pour rester efficaces, elles vont alourdir le design de votre appareil.

Coque modulaire Mod NX

 

Coque complète Solid Suit

HTC sur la bonne voie: son U12+ n’a qu’un seul défaut, il aime trop les traces de doigts

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 10 août 2018 08h11 | Ajouter un commentaire
HTC sur la bonne voie: son U12+ n'a qu'un seul défaut, il aime trop les traces de doigts
Cher mais réussi: c’est ce qu’on peut conclure du dernier ‘flagship’ du constructeur taïwanais. Pas de quoi inquiéter les ténors du marché Android que sont Samsung et Huawei, mais HTC a désormais de bons arguments, surtout au niveau de la photo, pour communiquer davantage en Belgique. Encore faut-il qu’il le fasse…

On l’a suffisamment dit: l’histoire de HTC est un peu triste. Le constructeur taïwanais, qui a permis à Android d’exister durant ses premières années face à l’iPhone, a connu ce que connaissent tous les leaders: une position dominante que l’on croit acquise, de grandes difficultés à s’adapter aux changements très rapides du marché.

Il faut dire que l’armada chinoise, Huawei en tête, a fait chuter les prix en envahissant l’Europe. Seul Apple et Samsung ont survécu et gagnent de l’argent. Tous les autres essaient mais doivent faire d’énormes efforts de communication et de marketing pour atteindre des parts de marché qui ne leur permettent pas de repasser dans le vert.

HTC est l’une des victimes, mais Sony, LG, Motorola, Wiko ou Alcatel mènent le même combat. Pourtant, ses marques font généralement du bon boulot.

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Une recette enfin aboutie pour le U12+: cher mais réussi

Si les modèles haut-de-gamme précédents souffraient tous d’un petit défaut les empêchant, à nos yeux, de faire vraiment concurrence aux ténors, ce n’est plus le cas du U12+ de HTC, sorti il y a quelques semaines. Le smartphone nous a convaincus après deux semaines d’utilisation, surtout au niveau de la finition et des photos. Le constructeur taïwanais semble sur la bonne voie, même s’il a un sacré travail de marketing qui l’attend en Belgique pour convaincre les clients de lui refaire confiance…

Comme tous les flagships taïwanais, le U12+ est cher: 799€. La fiche technique est à l’avenant: écran très haute définition (2880 x 1440 pixels), puce Snapdragon 845 à la puissance illimitée, 6 GB de RAM, appareil photo à double capteur performant, étanchéité totale. On tique un peu tout de même sur les 64 GB de stockage interne (on attend plutôt 128 à ce prix-là) et sur l’écran qui n’est pas OLED mais Super LCD (c’est un détail, car il est globalement réussi).

Fidèle à sa tradition, la finition est irréprochable chez HTC. La sensation de solidité est omniprésente. Le look suit les tendances du moment, avec une face arrière en verre brillant qui en jette, mais qui est un aspirateur à traces (doigts, poussières, etc). On l’a déjà constaté sur d’autres modèles 2017 et 2018, mais le U12+ est encore pire. Vivement que la mode change. Il y a heureusement un ‘châssis’ en métal qui apporte une excellente rigidité.

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Des traces de doigts dès la première manipulation…

Deux particularités matérielles

HTC a deux particularités matérielles pour se démarquer. Tout d’abord la fonction ‘Edge Sense’, qui a gagné des fonctions supplémentaires. A la base, elle servait à lancer une application maison (appareil photo, par exemple) même quand l’appareil est verrouillé, en serrant les bords. Désormais, elle peut servir à l’intérieur de certaines applications: répéter une alarme, basculer entre appareil photo frontal et principal, etc. C’est encore en beta, mais il y a du potentiel si les développeurs d’applications tierces s’y mettent.

L’autre spécificité du U12+, c’est que ses boutons physiques ne le sont pas vraiment. Volume plus ou moins, verrouillage: ce sont des boutons qui ressortent légèrement, mais qui ne s’enfoncent pas. On imagine qu’à la clé, il y a un petit gain de place à l’intérieur. Mais il n’y a aucun avantage pour l’utilisateur, plus perturbé qu’autre chose même après deux semaines d’utilisation. C’est surtout le réglage du volume qui est inutilement compliqué: difficile de savoir à quel point il faut appuyer, et durant combien de temps…

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D’étranges boutons « tactiles »

Un appareil photo au top

HTC confirme chaque année sa capacité à intégrer intelligemment des capteurs photos de grande qualité. La preuve: le U12+ s’en sort très bien, même quand les conditions de luminosité ne sont pas terribles. C’est généralement le signe que l’appareil photo va réussir la plupart de ses clichés, et c’est finalement tout ce qu’on lui demande. La présence de deux capteurs permet de jouer sur la profondeur de champs, ce qui est devenu pratiquement la norme cette année.

Sur la face avant, on a droit à deux capteurs aussi. Vos selfies seront plus nets, et dans l’écrasante majorité des cas, ils seront très réussis, comme s’il s’agissait d’une photo ‘normale’.

Bref, la partie photo est pratiquement aussi bonne que sur le Huawei P20 Pro, le champion 2018 du smartphone.

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Même à l’avant, il y a deux capteurs photos performants

Au niveau logiciel: un peu encombrant

HTC fait partie de ces fabricants qui ajoutent de nombreuses fonctionnalités et applications maison au-dessus d’Android. Il ne le fait pas au point de Samsung, champion toute catégorie, mais l’idée est de fidéliser (enfermer?) le client pour l’inciter à acheter à chaque fois un HTC: que ce soit pour la sauvegarde de données, l’agenda, les contacts, le clavier… tout est ‘HTC’. Certains constructeurs, et on les remercie, font confiance à Google: tout est alors transposable d’une marque à l’autre très simplement.

Au-delà de ça, il y a deux autres fonctions installées d’office et qui demandent un tas d’autorisations. Blinkfeed, depuis quelques années, est un écran sur la gauche des écrans d’accueil, qui rassemble un tas d’infos en provenance de votre appareil HTC, de vos réseaux sociaux, de fils d’actualités personnalisables comme News Republic (qui contient des pubs), etc. On imagine que certaines personnes apprécient encore ce genre d’agrégateurs de contenus très diversifiés, mais personnellement, on s’en passerait très volontiers. Il n’est pas obligatoire, ceci dit, et on peut supprimer cet écran.htc006

HTC a également mis au point depuis l’an dernier un genre d’assistant personnel, baptisé ‘Sense Companion’. Pas très bien traduit en français, il a cependant l’ambition de vous donner des petites infos personnalisées tout au long de la journée: trafic pour se rendre au travail le matin, activité physique, rendez-vous prévus, etc. Il fournit également un tas de recommandations pour des restaurants, des activités à faire durant le w-e prochain. Un peu trop ambitieux pour être utile, c’est surtout un aspirateur à données personnelles, et on ne sait pas vraiment où elles vont (il y a forcément des sites/partenaires tiers qui en ont besoin pour fournir des infos…). Uniquement pour les fans de HTC qui comptent rester fidèle à la marque à vie, et qui ont envie de le laisser tout savoir…htc007

On comprend que dans le monde très concurrencé des smartphones, il est logique d’essayer de se démarquer en proposant des fonctionnalités inédites. Mais souvent, c’est beaucoup d’efforts pour rien: qui utilise réellement ces options ? Si on devait caricaturer: la majorité des gens utilisent l’appareil photo, les applis de chaque réseau social séparément, Netflix et Spotify pour du contenu, quelques jeux vidéo pour s’amuser et d’autres applications utiles (banque, transport, etc). Le reste est superflu et/ou encombrant.






Le G7 de LG, premier smartphone équipé d’un bouton Google Assistant (vidéo)

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 29 mai 2018 06h21 | Ajouter un commentaire

Le géant sud-coréen de l’électronique a rassemblé la presse du Benelux à Amsterdam cette semaine pour présenter le G7 ThinQ, nouveau flagship censé pousser la marque sur le marché très délicat de la téléphonie mobile. Mission compliquée en vue, même si un partenaire de marque comme Google s’est immiscé dans la partie…

De l’aveu même d’un responsable LG pour le Benelux, la situation du géant sud-coréen en Europe au niveau du mobile est « difficile« . Alors qu’aux Etats-Unis la marque serait en deuxième position (en valeur) derrière Apple et qu’en Asie, elle performe bien dans certains grands pays, la Belgique ne se passionne pas pour les smartphones de la marque. LG entre et sort du Top 5 régulièrement, se disputant une place honorifique (à défaut d’être lucrative) avec des acteurs comme Sony ou HTC.

Soyons clair: LG perd de l’argent sur le marché de la téléphonie mobile en Europe (il en gagne par ailleurs beaucoup avec ses téléviseurs et autres appareils électroménagers). Pour autant, il ne peut pas vraiment abandonner le smartphone: c’est une vitrine technologique, une présence plus sexy commercialement parlant qu’un lave-linge, et c’est indispensable pour tous les géants de l’électronique. Qui plus est, LG doit continuer à sortir des modèles haut-de-gamme, des flagships, au moins une fois par an. Même s’il ne vendra qu’une poignée de ces téléphones dépassant les 800€. A nouveau, c’est une question d’image.

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LG G7 ThinQ: un flagship prudent

Présenté le 2 mai à New-York, le dernier flagship de LG est le G7 ThinQ. Pourquoi pas simplement G7 ? « ThinQ est notre nouvelle plateforme pour tous nos appareils connectés ou intelligents« , nous a expliqué Jeroen Peeters, responsable LG, à Amsterdam, où la presse du Benelux découvrait l’appareil. Du marketing, donc, pour promouvoir un énième protocole de communication entre appareils d’une même marque, une énième application pour la ‘maison intelligente’. Il y a quatre ans, lors de notre visite des usines de LG à Séoul, on parlait de la norme ‘homechat’ pour une cuisine du futur communicante.

Vendu 849 euros en Belgique à partir de la mi-juin, le G7 succède au G6, ou plutôt au V30, sorti en automne dernier et que nous avons essayé il y a quelques mois. La stratégie de la gamme n’est pas très claire: que ce soit au niveau du prix, de la catégorie et du design, il n’y a pas de distinction entre les séries V et G.

A ce prix-là, le G7 présente une fiche technique haut-de-gamme, sans être exceptionnelle au niveau de la mémoire (4 GB RAM, 64 GB stockage) et de la batterie (3.000 mAh): Snapdragon 845, écran 6,1″ LCD QHD+ (3120 x 1440 pixels) qui occupe une grosse partie de la face avant avec un format élargi 19,5:9, double capteur photo à l’arrière de 16 MP (un normal et un grand angle), Android 8.0.

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Le ‘notch’ peut être transparent (gauche), coloré (droite) ou simplement noir

L’écran, comme souvent chez LG, est de bonne qualité. La luminosité maximale peut atteindre les 1,000-nit si vous êtes dehors en plein soleil, de quoi assurer une lisibilité optimale en toutes circonstances. Pas d’OLED, hélas, ce qui est étonnant alors que la société sœur LG Displays est le roi de l’OLED, une technologie à la demande exponentielle. Le G7 doit donc se contenter du LCD. Ça se ressent principalement quand vous regardez une série ou un film: les noirs sont « éclairés » et donc un peu gris.

Au niveau du design, LG est resté très prudent. On reste dans la lignée des G6 et V30, avec un écran certes un peu plus grand. La finition est bonne mais on aurait aimé une petite prise de risque pour se démarquer de la concurrence. Faces avant et arrière sont en verre brillant comme d’innombrables constructeurs, et de couleur noir, grise ou bleue.

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Un privilégié de Google Assistant, vraiment ?

Bref, il y a tout ce qu’il faut pour une expérience Android de premier ordre. Mais vu la concurrence dans le haut-de-gamme, il faut se démarquer. Anecdotique: le G7 prétend rendre inutile la petite enceinte Bluetooth grâce à son Boombox Speaker. C’est un mini haut-parleur intégré qui vibre en effet très fort dans le dos: si on le dépose sur une surface massive, l’effet de basse est effectivement augmenté. Encore mieux si vous le déposez sur une caisse de résonnance, comme une guitare, par exemple. Amusant et plutôt efficace.

Et pratique, aussi, pour parler avec Google Assistant: même à 5 mètres du smartphone, on peut le réveiller avec la phrase ‘Ok, Google’ et communiquer avec l’assistant vocal disponible en français « même s’il y a un bruit de fond comme un aspirateur« , d’après LG. Si celui-ci vous répond, vous serez à même le comprendre, même avec un bruit de fonds, grâce à la puissance du petit haut-parleur intégré. On pourrait presque se passer du Google Home ou de toute autre enceinte compatible avec l’assistant de Google.

On en vient à ce point délicat de la collaboration entre Google et LG. Partenaires dans le passé via la conception des Nexus (des smartphones avec une version pure d’Android), les deux acteurs ont semble-t-il voulu construire un lien privilégié entre Google Assistant et le LG G7 ThinQ.

A quel niveau ? C’est assez difficile à comprendre. Il y a bien un bouton supplémentaire sur la tranche (voir photo ci-dessus) qui par défaut lance Google Assistant, mais c’est symbolique: sur les autres smartphones compatibles (ils sont de plus en plus nombreux), il suffit de laisser son doigt appuyé sur le bouton d’accueil ou d’effectuer un petit geste pour parler à l’assistant.

On a appris à Amsterdam qu’il y aurait bientôt des « fonctions exclusives, inédites » pour l’utilisation du Google Assistant sur le G7. Mais on n’en saura pas plus avant la fin de l’année…

Il y a tout de même déjà quelque chose, même s’il faut attendre une mise-à-jour pour le tester: Google Assistant à accès à la partie hardware du G7: il peut en modifier les paramètres, lancer la caméra, le mettre en mode silencieux, etc. A voir dans la pratique si ça peut nous faire gagner du temps.

cb

De l’AI parce qu’il le faut bien

En automne 2017, Huawei, qui a l’avantage de fabriquer ses propres puces, sortait un Kirin 970 dont une partie de la puissance de calcul est dédiée à l’intelligence artificielle. Elle équipe les Mate 10 Pro et les P20, sur lesquels son intérêt le plus spectaculaire est la reconnaissance de scène. Une plage, un chien, de la nourriture ou un portrait: l’appareil photo adapte ses réglages en un clin d’œil pour prendre le meilleur cliché possible.

C’est exactement ce que nous a montré LG lors de sa petite conférence de presse. Et dans la pratique, le G7 est effectivement capable de reconnaître la scène, mais un peu moins bien que son rival chinois. La faute, sans doute, à l’utilisation d’une « simple » (mais très puissante) puce Snapdragon 845. L’AI Cam est une option, elle n’est pas activée par défaut. Nous l’avons activée et en pointant vers un bureau sur lequel reposait une canette et d’autres petits objets, l’AI a fait apparaître des suppositions improbables: jambon, chou-fleur, groupe de personnes, parking, rivière (voir ci-dessus). Ce n’est donc pas tout-à-fait au point et on se demande quels réglages il applique à quel moment…

Les photos sont cependant très réussies dans l’ensemble, et l’option grand angle reste pratique dans de nombreuses circonstances, dès qu’on se trouve en plan rapproché.

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Conclusion

Le LG G7 est sans conteste un bon appareil haut-de-gamme, du ‘made in Korea’ qui a un prix, hélas (849€). Performant, il vous procurera une expérience Android de premier plan. La partie matérielle est maîtrisée, comme toujours avec LG, mais au niveau du logiciel, on sent quelques approximations, quelques fonctionnalités ajoutées en fin de développement pour ne pas passer à côté des grandes tendances (l’appareil photo dit ‘AI’ pour intelligence artificielle est de la poudre aux yeux). Le grand public ne s’en rendra pas compte, mais l’observateur que je suis ne peut s’empêcher de doucement sourire…

A 849€ prix de lancement, on est au niveau du Galaxy S9 et pas loin du Huawei P20 Pro, et 40€ plus cher que le petit iPhone 8 de 4,7″. Il faut donc se démarquer pour exister, et le Boombox Speaker qui fait du bruit ne suffira pas.

Il y a donc le partenariat avec Google Assistant, que l’on retrouve déjà sur la boite du G7. Quand on déballe et qu’on allume, hélas, on déchante un peu. L’assistant vocal et intelligent a bien droit à un bouton physique dédié sur la tranche, comme le très critiqué Bixby sur les Galaxy S et Note, mais c’est anecdotique. Il aurait un accès inédit aux réglages du smartphone, mais de ce qu’on a pu essayer, l’assistant de Google peut aussi activer le mode silencieux ou la lampe-torche sur un Huawei P20.

On nous a promis des fonctions ‘Google Assistant’ plus percutantes et inédites pour la fin de l’année. En attendant, il s’agit davantage d’un partenariat marketing, l’un servant à promouvoir l’autre. Pas de quoi décupler l’intérêt du G7, donc…

En parlant de marketing, LG va réinvestir en Belgique. Après la coupe du monde de foot où les TV seront au centre de tout, le G7 aura droit à des partenariats avec tous les opérateurs, et à des campagnes publicitaires. Un investissement indispensable pour le Coréen: certains ont oublié qu’il vendait encore des smartphones…