Pratique

Quand GoPro stabilise l’impossible

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 12 décembre 2019 21h38 | Ajouter un commentaire

Les tests de Mathieu: GoPro est de retour avec une 8e caméra d'action qui stabilise l'impossible

Le marché des caméras d’action me fait penser à celui des drones. Un succès que j’ai du mal à comprendre. D’après moi, la vie de la majorité des gens n’est pas une aventure et ceux qui pratiquent des sports extrêmes ou spectaculaires ne sont pas si nombreux.

Hé bien je me trompe. Car c’est bien à eux que s’adressent les innombrables caméras d’action disponibles en magasin. Il s’agit de ces mini-caméscopes résistants aux chocs et parfois à la poussière et à la pluie.

Un nom vient tout de suite à l’esprit quand on évoque ce genre d’appareil: GoPro. Il faut dire que l’entreprise américaine fondée en 2002 a sorti sa première GoPro HERO en 2004 (il s’agissait à l’époque d’un appareil photo argentique à 20$ qui pouvait se fixer au poignet et disposait d’une coque étanche pour les surfeurs). Dès 2006, les HERO deviennent des caméras d’action numériques capables de réduire les vibrations et de se fixer à peu près n’importe où grâce à de nombreux accessoires. Le début de la gloire.

Mais après l’entrée en bourse, GoPro a commis quelques erreurs stratégiques (dont la division ‘drone’, arrêtée en 2018) et la concurrence à bas prix a eu le temps d’envahir le marché. Sans oublier l’usage de plus en plus répandu du smartphone en tant qu’appareil photo / caméscope principal.

Une HERO 8 qui cartonne

Depuis quelques années, GoPro oscille donc entre pertes et profits. Mais l’entreprise reste très forte et (re)concentre sur son activité principale: produire les caméras d’action les plus performantes, et les logiciels qui vont avec pour transformer rapidement et facilement ce qu’on a filmé en clip vidéo très agréables à regarder/partager.

Et visiblement, la formule fait mouche. Les chiffres de vente du dernier modèle (HERO 8 Black) sorti il y a quelques semaines sont historiques. Hasard du calendrier (ou preuve de l’ambition de l’entreprise), GoPro a décidé de communiquer en Belgique et m’a envoyé un exemplaire de cette caméra d’action. Il s’agit du seul modèle disponible actuellement mais cela suppose que des versions moins prestigieuses (la Hero 7 a eu droit à une version Silver en 2018) pourraient débarquer prochainement.

Haut de gamme

Prestigieuse, cette caméra d’action l’est assurément, même si elle est davantage une évolution de la HERO 7 sortie l’an dernier qu’un nouveau format rempli de nouveautés.

Son prix est prestigieux, lui aussi: 429€. Oui, sur le papier, c’est cher, voire très cher. Mais cette caméra d’action qui tient dans la main (6,5 x 4,8 x 2,5 cm: oui, c’est vraiment petit) et ne pèse que 126 grammes, est d’une efficacité inégalée quand vous filmez en mouvement.

Et par mouvement, j’entends une descente de VTT dans les bois à pleine vitesse, ou une piste de ski très accidentée. Le secret réside dans une mise à jour de la technologie propre à GoPro, HyperSmooth. Elle passe en 2.0 sur la HERO 8 Black et il y a même un mode Boost, au cas où ça ne suffirait pas. Le résultat est vraiment impressionnant. C’est la première fois que je teste une caméra d’action, donc je n’ai pas l’expérience nécessaire. Mais des confrères ont embarqué plusieurs caméras sur le guidon d’un VTT et ont dévalé quelques pentes. Le résultat est sans appel: la fonction HyperSmooth 2.0 est tellement efficace qu’on a l’impression que la HERO 8 Black flotte au-dessus du vélo, comme si elle était un drone. Pour y arriver, la caméra « zoome » dans l’image, qui est donc un peu plus petite qu’en usage normal.

A ma connaissance, aucun système non-professionnel n’est capable d’une telle prouesse sans recourir au moindre accessoire. C’est ça qui est le plus dingue avec cette GoPro: si petite qu’elle est, elle embarque à la fois un objectif capable de filmer jusqu’en 4K, un stabilisateur, un écran tactile à l’arrière et un petit écran non éclairé à l’avant qui indiqué l’état de la caméra.

Au niveau ergonomique, GoPro a trouvé une nouvelle manière de fixer la petite caméra sur les accessoires propriétaires: deux petites encoches rabattables (et même remplaçables si vous parvenez à les casser, mais tout me semble très solidement conçu). Difficile de faire plus simple et plus compact (voir ci-dessus).

Gadget pour les uns, indispensables pour les autres: la commande vocale est de la partie sur la HERO 8. Il faut se contenter de 14 commandes simples (« GoPro, prends une photo » ou « GoPro, allume-toi ») mais si vos mains sont très sales ou très encombrées, ça peut servir.

Différents modes, mais toujours ‘grand angle’

GoPro, vous l’avez compris, s’adresse à une clientèle exigeante. Et doit donc lui proposer différents modes d’enregistrement vidéo. Ce qui n’est pas forcément évident sur une caméra aussi petite. Et pourtant, l’écran tactile de quelques centimètres s’avère finalement lisible et ergonomique.

Soit vous choisissez une thématique (standard, activité, cinéma, ralenti), soit vous modifiez le ‘type d’objectif’ utilisé (c’est une façon de parler car il n’y en a qu’un, c’est le traitement qui sera différent, GoPro parle d’ailleurs de ‘Digital Lenses’ ou lentilles numériques):

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Il est alors possible de limiter ou d’augmenter l’effet fisheye, qui restera présent quel(le) que soit la thématique ou le mode choisi. La HERO 8, comme toutes les caméras d’action, est effectivement équipée d’un objectif (très) grand angle. L’effet œil de poisson, c’est quand on a l’impression que la caméra est logée dans un globe, tant les bords sont déformés.

C’est déformé pour une raison bien précise: capter le plus grand plan possible. Les modes ‘SuperView’ et ‘Large’ permettent ainsi d’enregistrer un champ de vision énorme. Idéal pour l’usage principal de la GoPro, souvent accrochée à un casque de ski, de moto ou de vélo, et qui veut donc montrer le plus de paysage possible.

Il est cependant possible de filmer en mode ‘Linéaire’ ou carrément ‘Etroit’, pour amoindrir l’effet fisheye et filmer (presque) comme si c’était un objectif normal. J’ai cependant constaté des déformations même dans ces modes, et c’est important de le savoir. En même temps, tout le monde est habitué à voir ce genre d’images sur les réseaux sociaux, donc les déformations sur les bords ne choquent plus personne.

Sachez qu’il est possible de modifier ces préréglages. L’idéal est d’enregistrer en fonction de l’usage que vous comptez faire de la scène: tout le monde n’a pas besoin de filmer en 4K ou avec 240 images par seconde.

Cependant, un grand nombre d’images par seconde vous permettra d’exploiter une autre option de la HERO 8: le fameux slo-mo dont je parle plus haut. GoPro a mis au point un algorithme qui détecte les scènes d’action très rapides et ralentit automatiquement l’image à ce moment-là. Comme si, en filmant un lancer au baseball, la caméra passait automatiquement en mode ‘ralenti’ quand la balle heurte la batte.

Que faire avec vos belles images ?

Vous l’avez compris, la HERO 8 de GoPro est sans doute la caméra ayant le meilleur rapport encombrement / prestations. Donc vous capturez assez facilement de très belles images.

Mais après, que pouvez-vous en faire ? Il y a une carte microSD, donc libre à vous de copier les médias de la caméra sur un ordinateur et de les monter avec votre logiciel préféré. On parle ici des plus « pros » d’entre vous.

GoPro tente heureusement de rendre plus accessible le montage de vos plus belles actions, et y parvient grâce à l’application du même nom (vous pouvez aussi télécharger Quik, qui ne contient que le logiciel de montage).

L’appli GoPro est nécessaire pour faire communiquer un smartphone avec la HERO 8, qui émet son propre réseau Wi-Fi pour transférer rapidement les médias enregistrés sur la carte mémoire. Une fois transférés, ces médias pourront donc être exploités à l’intérieur de l’application :


GoPro propose du montage semi-automatique sur smartphone (il faut une puissance minimum, pas un smartphone à 100€). Il suffit de choisir un thème (chacun allie des graphismes, des transitions et de la musique différents), de placer les médias dans le bon ordre et d’ajouter, si besoin, du texte. L’outil est très facile à utiliser et rapide, mais notez qu’il est impossible d’y inclure facilement les paroles d’une personne qui intervient dans une séquence. A nouveau, la cible est davantage la descente de ski ou le saut en parachute que l’interview.

Pour la petite histoire, mais on réduit encore le public cible, sachez qu’il est possible, lorsque la HERO 8 est connectée à votre smartphone, de streamer en direct vos plus belles actions sur vos réseaux sociaux comme YouTube ou Facebook.

Conclusions

GoPro poursuit sur sa belle lancée de 2018, avec une HERO 8 Black en 2019 qui se concentre sur l’expertise inégalée de l’entreprise américaine: des caméras d’action à l’efficacité redoutable.

Le cru de cet automne est d’ores et déjà une nouvelle référence, les critiques de la presse spécialisée sont unanimes. Sa qualité de fabrication est impressionnante, elle est étanche et semble très résistante à tous les chocs qu’elle pourrait subir. Ses performances sont inégalées en termes de stabilisation de l’image. Et il y a même un logiciel pour smartphone qui se charge de rapatrier les médias et de les transformer facilement un clip très bien foutu partageable sur les réseaux sociaux.

Reste une question: à qui s’adresse la HERO 8 Black, vendue la coquette somme de 429€ ? Un prix qui ne comprend qu’un support à coller sur un casque, par exemple. Ne cherchez pas le pas de vis standard pour la poser sur un trépied, il n’est pas inclus. Les accessoires (un kit ‘media’ avec micro amélioré à 89€, une lumière d’appoint à 49€, et un module d’affichage ajoutant un écran supplémentaire pour filmer en selfie à 89€) pourront bientôt être précommandés.

Bref, le matériel de GoPro s’adresse donc aux amateurs exigeant capables de consacrer une petite somme pour immortaliser leurs plus belles prouesses. Car on parle évidement ici de capturer des moments intenses et spectaculaires, et non de filmer la fancy-fair des enfants. Saut en parachute, descente en VTT, belle balade à moto, plongée sous-marine: tout ce qui, avant l’invention de GoPro il y a de longues années, nécessitait l’intervention d’un photographe/caméraman. GoPro a également popularisé le POV (point of view), donc le fait de se filmer « à la première personne » en pleine action.

Un concept qui, au fil des ans, a attiré une concurrence importante, qui a fait chuter la moyenne des prix. GoPro continue de trouver son public de la manière la plus logique, en étant le meilleur.





Que valent les AirPods à la sauce Huawei ?

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Mobilité, Pratique , le 3 décembre 2019 14h26 | Ajouter un commentaire

Des oreillettes entièrement sans-fil, qu’on ne repère qu’à cause d’une petite tige blanche qui assure un certain équilibre. On ne parle pas des AirPods d’Apple qu’on voit pendre à de plus en d’oreilles, mais de la version de Huawei, très ambitieuse sur le papier. Je les ai portées quelques jours et voici mon verdict.

Les tests de Mathieu: Huawei s'inspire largement d'Apple pour ses Freebuds 3, en valent-ils la peine ?

Une fois de plus, Apple a réussi à rendre très à la mode un élément de design. Après l’iPod, l’iPhone, l’encoche de l’iPhone X, c’est au tour de ses petits écouteurs sans-fil d’être largement copiés.

Je parle des AirPods, ces minuscules bâtonnets blancs que l’on voit pendant aux pavillons de plus en plus d’oreilles. Il s’agit d’intra auriculaires (car on les loge à l’intérieur de l’oreille), ou intras, qui ont la particularité d’être entièrement sans fil et de se ranger dans un boitier contenant une batterie. Boitier qui, vous l’aurez compris, permet de recharger quelques fois les écouteurs.

Si de nombreuses marques asiatiques méconnues proposent des imitations plus ou moins réussies techniquement (et vendues une vingtaine d’euros sur internet, contre 279€ pour la version Pro d’Apple), on ne s’attendait pas à voir Huawei agir de la sorte. Le géant chinois de l’électronique, toujours dans la tourmente depuis qu’il est blacklisté par les Etats-Unis (ses nouveaux smartphones ne peuvent pas être équipés des indispensables services de Google), a cependant dévoilé des FreeBuds (plusieurs modèles depuis quelques années) qui s’inspirent grandement de ce que fait Apple.

J’ai pu tester les Freebuds 3  (179€) qui sont sortis en Belgique il y a quelques semaines. Je ne parlerai plus de la ressemblance avec Apple mais le fait que même le nom est proche (AirPods / FreeBuds) m’étonne de la part de Huawei, qui, solide N.2 du smartphone (ça ne va plus durer, cependant, à cause de l’abandon forcé de Google), avait pris l’habitude d’innover à tous les niveaux depuis quelques années.


Discrétion totale

La plus grande qualité de ce genre de petits écouteurs sans-fil, c’est la compacité et la légèreté.

Pour cette nouvelle version de Freebuds, Huawei a soigné la forme. Ils sont très épurés: ceux que j’ai essayés sont d’un blanc immaculé avec un petit capuchon chromé sur le bas qui protège les micros.

Leur boite est également un bel exemple du savoir-faire de Huawei dans la fabrication de matériel. On dirait un petit galet blanc, avec un carré brillant comprenant le logo de la marque. Un galet qui rentre facilement dans n’importe quelle poche, car il s’agit de plastique brillant, comme le veut la mode des smartphones actuellement.

Ce petit boitier contient une batterie et un port USB Type-C. Il permet de recharger environ 4 fois entièrement les oreillettes. Elles-mêmes peuvent être utilisées, avec la réduction active de bruit, durant un peu plus de 3h. Donc quand tout est chargé au max, vous avez 15 heures d’écoute dans la poche, ce qui est très sympa. A noter également: ils peuvent se charger sans fil, sur un chargeur compatible ou… sur le dos du P30 Pro, pour autant que vous ayez activé la charge sans fil inversée

Et la qualité du son ?

Pour la discrétion, Huawei fait un sans-faute. Mais il est impossible d’exiger d’une telle formule un son haut de gamme. Il est bon et équilibré, mais sans plus. Difficile de distinguer de grandes différences avec une paire d’oreillette de qualité à 50 euros.

En théorie, pourtant, la qualité devrait être meilleure. Car Huawei, lors de la présentation des Freebuds 3 au salon IFA de Berlin au mois de septembre, a évoqué une innovation assez pointue mais qui mérite d’être expliquée: la norme BT-UHD. Comme quelques autres acteurs du marché (Apple, Qualcomm), Huawei a développé en interne une technologie améliorant le transfert du signal entre le smartphone et les oreillettes. Théoriquement, le BT-UHD de Huawei permet de faire transiter le son à une vitesse de 2,3 Mbps, contre 0,5 ou 0,9 pour la concurrence. Hélas, il faut pour cela utiliser les derniers smartphones de la marque équipés de la surcouche logicielle maison EMUI 10, qui est en cours de déploiement sur une partie de la gamme Huawei (Mate 20 et 20 Pro, P30 et 30 Pro, Nova 5T, pour l’instant).

Le son sur un P30 Pro m’a effectivement semblé meilleur, et plus puissant. Le rapport poids/encombrement/qualité de son est tout de même excellent, il faut le souligner. N’oubliez pas que l’étui, qui sert de chargeur, se glisse dans n’importe quelle poche.


Des commandes tactiles très limitées

Cependant, le principal avantage d’utiliser les FreeBuds 3 avec un smartphone Huawei passé sous EMUI 10, c’est qu’il les « voit » (photo ci-dessous). Le P30 Pro, par exemple, détecte l’ouverture de la boite des FreeBuds 3: une fenêtre s’ouvre automatiquement. La première fois, pour proposer de les connecter. Ensuite pour signaler qu’ils sont connectés et afficher le niveau des batteries.

EMUI 10 est permet également de configurer très facilement les écouteurs, simplement en appuyant sur l’icône paramètres située à côté des FreeBuds 3 dans la liste des périphériques Bluetooth connectés. Pour les autres smartphones, il faut télécharger l’application Huawei AI Life dans le Playstore.

La configuration est basique, heureusement. On peut les mettre à jour, vérifiez la batterie et choisir quelle action entraînera le double tapotement du coin supérieur de la tige, à droite ou à gauche. Soit vous passez à la chanson suivante, soit vous mettez en play/pause, soit vous activez l’assistant vocal, en l’occurrence Google Assistant.

La dernière option pour le double tapotement de l’une des oreillettes, c’est d’activer ou désactiver la réduction active de bruit. Et là aussi, il y a des choses à dire.


Une isolation relative

Apple a sorti ses AirPods Pro avec la réduction active de bruit il y a quelques mois, et mes confrères étaient élogieux. Je n’ai pas l’occasion de les essayer mais j’ai des doutes sur l’efficacité de cette technologie qui consiste à utiliser des micros pour analyser le son ambiant et envoyer l’onde inverse dans les oreilles. Ça fonctionne très bien avec des casques recouvrant (voir mon test du Bose 700), et même avec des oreillettes sans-fil qu’on insère dans l’oreille et qui font un peu ventouse (voir mon test des Sony WF-1000XM3).

En effet, et la remarque vaut pour les Freebuds 3 de Huawei, ces oreillettes sont juste déposées dans le creux de l’oreille, on ne les « enfonce » pas. Dès lors, il y a du passage d’air, d’ondes, de vibrations et donc de son dans l’oreille.

Dès lors, activer la réduction active de bruit dans ces conditions, c’est comme ouvrir un parapluie troué. Ça fonctionne, mais c’est pas génial. Comme souvent avec cette technologie, ce sont les bruits sourds, les basses, qui sont le mieux détectées et (en partie) annulée. Durant mon test, il y avait un four qui tournait, ou un sèche-cheveux en pleine action. Effectivement, leur bruit était atténué en activant la réduction active de bruit.

Les voix, par contre, étaient encore parfaitement audibles.

Conclusions

Comme leur nom l’indique, les FreeBuds 3 de Huawei sont de sympathiques compagnons audio, des oreillettes entièrement sans fil qui se connectent en Bluetooth à un smartphone.

Difficile de faire plus petit, plus léger, plus discret. Certes, le géant chinois des télécoms s’est largement inspiré du design d’Apple, mais il est parvenu à inclure une nouvelle technologie de liaison sans-fil, nommée BT-UHD.

Cependant, pour profiter de la meilleure qualité de transmission du son entre les oreillettes et le smartphone, il faut que celui-ci soit équipé d’EMUI 10, la surcouche que Huawei appose sur une partie de sa gamme. On gagne alors en qualité et en fidélité, du moins sur le papier, car dans les faits, ça ne m’a pas semblé transcendant. Cette interface logicielle facilite également la gestion et la connexion des oreillettes, prévues pour fonctionner avec elle.

Pour tous les autres utilisateurs, la configuration des FreeBuds doit passer par une application de Huawei, pas évidente à trouver (Huawei AI Life).

Le seul défaut des oreillettes de Huawei, c’est de ne pas être de véritables intra-auriculaires. Simplement déposés dans le creux de l’oreille, ils sont incapables de faire ‘ventouse’ car il est impossible de les enfoncer. Ça dépend sans doute du type d’oreille, mais chez moi, c’était vraiment ‘ouvert’. Donc les basses sonnent moins bien car il n’y a pas de résonnance dans le conduit. Et la réduction active de bruit est largement atténuée.

Les WF-1000XM3 de Sony (213€ actuellement) sont moins discrètes et élégantes, mais elles se fixent correctement et sont équipées de caoutchouc interchangeables pour un meilleur maintien et une bonne isolation. Les FreeBuds 3 sont lisses comme du plastique poli. Au niveau des performances, Sony l’emporte dès lors à tous les niveaux :


Comment choisir votre ordinateur portable sous Windows ?

Par Mathieu Tamigniau dans Pratique, Test , le 21 novembre 2019 14h14 | Ajouter un commentaire

Les ordinateurs sous Windows ne connaissent plus de bouleversements depuis quelques années. Raison pour laquelle faire son choix parmi toutes les offres des principaux constructeurs (en Belgique: Lenovo, HP, Acer et Asus) est assez complexe.

Généralement, le client regarde le prix, tout simplement. Ce qui est rarement une bonne idée si on ne veut pas générer des frustrations et d’inutiles déchets électroniques. Mieux vaut opter pour le juste prix et garder son ordinateur 5 ou 10 ans. Personnellement, j’ai encore un Mac de 2010 et il peut encore lancer un éditeur de texte et aller sur internet.

A quoi faut-il faire attention ?

Alors comment choisir ? Pour la réactivité et le démarrage, il faut obligatoirement un disque dur rapide, donc de type SSD. 256 GB est un bon compromis, si vous avez des usages normaux en termes de photographie, de téléchargement de vidéos, de jeu vidéo. Et surtout, ça n’est pas trop cher.

Pour la taille, ça dépend de vos habitudes, mais il est important de penser à la mobilité, car trop souvent encore, les Belges restent attachés aux grands 15 ou 17 pouces, des appareils sédentaires, difficiles à transporter ou à utiliser en déplacement. 13 ou 14 pouces, c’est le bon compromis car la surface de travail reste suffisante, tout en gardant une taille compacte. D’autant plus que les bordures d’écran s’affinent enfin, donc on a plus de surface d’affichage.

Pensez aussi à la finition et quelques détails qui ont leur importance. Un châssis en métal est toujours plus solide, mieux assemblé, il ne couine pas. Un clavier rétroéclairé est essentiel si vous travaillez parfois dans un environnement moins lumineux. Un lecteur d’empreinte digitale est vraiment idéal pour déverrouiller instantanément son ordinateur.

Le reste dépend de votre budget, bien entendu. Plus c’est cher, plus vous aurez des composants de qualité: processeur, mémoire vive (RAM), carte graphique éventuelle. Difficile de vous donner des conseils plus précis car les générations de processeurs se succèdent. Un processeur i5 est le minimum chez Intel pour jouer ou faire de l’édition vidéo (qui sera plus rapide avec une carte graphique dédiée). Hélas, les composants plus puissants sont toujours plus gourmands en énergie, or un ordinateur portable doit le rester… A vous de trouver l’équilibre qui vous convient, à essayer avant d’acheter, si c’est possible.

L’Envy 13 de HP a tout ce qu’il faut, mais il coûte 1.000€

J’ai écrit cet article avec le HP Envy 13 que j’ai pu essayer pendant deux mois, pour me faire une idée sur ce portable qui prétend être à la hauteur des Mac, au niveau de la compacité, de la rapidité et de l’autonomie.

Le pari est plutôt réussi. En fait, il reprend tout ce que j’ai dit plus haut sur les qualités que devait avoir un PC portable. C’est l’ordinateur Windows idéal, rapide et endurant, agréable à utiliser, qui se lance en quelques secondes et sort de veille dès qu’on l’ouvre. Il prouve également que Windows n’a plus grand-chose à envier à MacOS, au niveau de l’ergonomie et de la rapidité. Il ne lui reste que les interminables mises-à-jour et des applications maison préinstallées par les constructeurs, souvent plus encombrantes qu’utiles.

Il n’a que deux défauts. Tout d’abord, un prix élevé qui le rapproche trop du MacBook (qui selon moi, a priori, restera plus durable). Il existe d’innombrables versions des Envy 13 dans le monde, et quelques-unes en Belgique avec le clavier local, mais celles qui affichent des caractéristiques proches de ce dont je parle dans cet article (y compris le très pratique lecteur d’empreinte pour le déverrouillage) sont au-dessus des 1.000€.

Deuxième défaut: l’écran, qui affiche un angle de vision très restreint. Si vous n’êtes pas bien en face, tant verticalement que horizontalement, vous verrez de grandes zones d’ombre. C’est étonnant pour un ordinateur à ce prix.

Une révolution dans le monde du jeu vidéo: le streaming total est là

Par Mathieu Tamigniau dans Divers, Images et son, Jeu vidéo, Pratique, Test , le 20 novembre 2019 14h02 | Ajouter un commentaire

Le jeu vidéo fait sa révolution: Google Stadia est le premier à proposer le STREAMING total, on l'a essayé en avant-première

Les consoles de jeu et PC de gamer seront-ils bientôt des antiquités ? C’est possible: j’ai essayé en avant-première le tout nouveau service de streaming de jeu vidéo de Google, dont les serveurs font office de console, et c’est plutôt convaincant. Il suffit d’une manette et d’une connexion internet pour jouer aux derniers titres. Suivez le guide.

L’industrie du jeu vidéo ne s’est jamais aussi bien portée. Les chiffres qu’elle génère donnent le tournis: toutes plateformes et tous pays confondus, elle a généré en 2018 près de 120 milliards de dollars (108 milliards d’euros) de chiffre d’affaire. On estime à 2 milliards le nombre de joueurs: certains se contentent de jeux gratuits sur un smartphone, d’autres dépensent des fortunes en matériel informatique pour afficher les meilleurs graphismes.

Vous l’ignoriez sans doute, mais cette industrie est sur le point de vivre sa plus grande révolution depuis l’avènement du smartphone. Il faut l’oublier, comme la console, le PC ou la tablette: tout ce dont vous aurez bientôt besoin pour jouer aux plus grands titres du moment, c’est une connexion internet, un écran et une manette. Ce n’est pas de la science-fiction: je viens de tester Google Stadia, la première offre du genre accessible au grand public, en avant-première durant quelques jours. Et j’ai été agréablement surpris. Le service est disponible dès le départ en Belgique, soit le 19 novembre.

C’est quoi, le Cloud Gaming ?

Un tout petit peu de théorie avant d’entrer dans le vif du sujet. La solution choisie par Google pour se lancer dans le jeu vidéo est à ranger dans la catégorie Cloud Gaming, ou « jeu vidéo dans les nuages ». Cela fait référence au fait que la machine qui fait tourner le jeu sur votre écran (TV, ordinateur, etc), ce n’est plus une console de salon, mais un serveur, hébergé dans un data center. Les énormes progrès réalisés dans les vitesses de connexion, les puissances de calcul informatique et les logiciels optimisés rendent possible ce qui semblait être un miracle à l’époque: le streaming du jeu vidéo.

Vous allez me dire: Netflix et Spotify fonctionnent sur le même principe depuis des années. Sauf que la vidéo et la musique dématérialisées ne sont pas vraiment interactives, hormis play/pause. Le Cloud Gaming, lui, doit être suffisamment performant pour qu’un mouvement de pouce sur une manette se traduise immédiatement à l’écran par un mouvement du personnage. Alors qu’en réalité, il a parcouru une certaine distance pour être traité par un serveur qui a renvoyé la réponse instantanément sur l’écran de votre salon. En quelques millisecondes. Rien que ça.

Pour la petite histoire, dans le même ordre d’idées, l’entreprise française Shadow propose, elle, l’accès à distance à un PC de gamer sous Windows, donc pas uniquement aux jeux vidéo qu’il faut se procurer séparément (30€/mois). Une nouvelle offre (à partir de 15€/mois) arrive en 2020. Pour jouer sur une TV, il faut une « box » spéciale à 120€. Du côté de PlayStation, le service de streaming PS Now (aussi 9,99€/mois) est déjà dispo mais pour avoir accès au catalogue de jeux très volatile, il faut une PlayStation 4 ou un bon PC avec l’application dédiée. Microsoft prépare un xCloud pour 2020, qui a l’air puissant: on aura accès à un large catalogue sur tous les écrans.

Google Stadia: quand on part de rien et qu’on veut juste jouer…

Google est partout, ce n’est plus un secret. Le succès et l’omniprésence du géant américain effraient une partie du monde, mais rien ne l’arrête. J’évoquais il y a quelques jours son avance considérable dans le domaine des assistants vocaux avec les Nest Hub et Mini lancés en Belgique. Hé bien désormais, c’est au service du jeu vidéo que Google consacre son savoir-faire numérique et technique.

Depuis ce 19 novembre, Stadia, plateforme de streaming qui révolutionne la manière dont les joueurs accèdent et jouent à des titres aussi connus que le dernier Tomb Raider, Mortal Kombat 11 ou Read Dead Redemption 2, est disponible.

La révolution est surtout à chercher dans la simplicité du concept. C’est souvent quand tout a l’air intuitif et évident que se cachent des années de peaufinage du matériel et du logiciel. Avant il fallait acheter un disque, puis on a pu se contenter de télécharger le jeu sur notre disque dur. Désormais, tout est géré par les serveurs dédiés de Google, qui iront même jusqu’à mettre à jour les jeux en temps réel. Vous, vous devez juste appuyer sur le bouton d’une manette pour lancer une partie.

Cerise sur le gâteau: vous pouvez jouer sur une TV (il faut un Chromecast Ultra, qui est dongle HDMI inclus dans le pack de lancement comprenant la manette et 3 mois d’abonnement, je vais y venir), mais également sur un ordinateur équipé du navigateur Chrome, et sur les smartphones de Google (les Pixel qui ne sont pas encore commercialisés en Belgique), voire même sur d’autres smartphones en 2020.

Si vous ne possédez aucune console chez vous, c’est sans aucun doute le meilleur moyen de jouer facilement à des titres prévus de dernière génération sans devoir investir dans du matériel relativement cher. En revanche, si vous disposez de la toute dernière génération de console, l’intérêt est plus limité.

Comment ça marche ?

Le principe, vous l’avez compris, est simple: vous avez une manette et un écran, Google s’occupe du reste, à distance. Au lancement, il faut acheter cette manette (plus tard, d’autres manettes seront compatibles). Pour l’instant, il existe uniquement le pack Premiere Edition: pour 129€, vous avez une manette Stadia blanche, le Chromecast Ultra nécessaire pour jouer sur une TV (mais il sert à un tas d’autres choses: Netflix, Spotify, ‘cast’ de photos et vidéo, etc), et 3 mois d’abonnement à Stadia Pro.

Après une rapide configuration du Chromecast Ultra, il faut lancer l’application Stadia sur un smartphone, puis suivre les instructions pour la configuration. Une fois la manette liée, vous avez accès à l’interface Stadia sur la TV, et vous pouvez commencer à jouer comme si vous aviez allumé votre Xbox ou votre PlayStation.

L’installation m’a semblé très simple et je n’ai rencontré aucun bug.

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Des jeux à la pièce ou via un abonnement

Là où ça se complique un peu, c’est quand il s’agit du catalogue de jeux. Il est à diviser en deux catégories, liées au fait que vous souscriviez ou non à l’abonnement Stadia Pro (9,99€/mois).

Si vous ne payez pas d’abonnement, c’est Stadia Base, disponible en 2020 seulement. La qualité de l’image du jeu est limitée à du Full HD (1080p, 60 images par seconde) et le son sera stéréo. Vous devez acheter chaque jeu, et ils sont au prix plein, identique au prix de lancement sur les consoles (par exemple, 59€ pour le dernier Mortal Kombat). Il y a 22 jeux au lancement (voir la liste dans le bas de l’article). Pour utiliser la plateforme, c’est gratuit. Aussi étonnant que ça puisse sembler, Google « offre » ses serveurs qui font tourner les jeux, même s’il est évident qu’il se prend une commission sur les 59€…

Si vous payez l’abonnement (trois mois sont inclus pour la Premiere Edition, après ce sera 9,99€/mois), vous avez accès à Stadia Pro. Tout d’abord, la qualité de l’image et du son passe à 4K et audio 5.1, ce qui est important pour les grandes TV et les home cinema. Si vous jouez sur une tablette ou un ordinateur portable, c’est moins important. Mais surtout, on se rapproche du modèle de Netflix: vous avez accès à un catalogue de jeux vidéo à tout moment. Des jeux qui restent accessibles tant que vous payez votre abonnement. Au lancement, il n’y aura que deux jeux « gratuits »: Destiny 2, un très riche jeu de rôle et de tir à la première personne et Samurai Shodown, un jeu de combat en 2D. Bien d’autres jeux devraient rejoindre ce catalogue dans les semaines/mois à venir.

Quelle est la qualité de l’expérience ?

J’ai essayé Mortal Kombat 11 et Destiny 2 pendant plusieurs heures ces derniers jours. L’état de service de Stadia est encore en rodage, mais sans doute proche de ce que connaîtront les premiers joueurs qui auront payé 129,99€ et recevront dans les prochains jours leur pack Premiere Edition.

Sur une TV récente 4K, j’ai connecté le Chromecast Ultra de Google qui est obligatoire. Vu que mon routeur est proche de ma TV, j’ai mis un câble réseau dans le petit transfo qui alimente le Chromecast. Ma connexion internet est de bonne qualité: environ 70 Mbps. Allons droit au but: on est très, très proche d’une expérience de console du genre Xbox One ou PlayStation 4. En jouant à ces deux jeux, j’ai remarqué seulement une ou deux fois quelques très légers ralentissements, mais jamais de quoi perturber la session de jeu. Pourtant, les deux titres que j’ai essayés ont besoin d’une réactivité optimale (jeu de combat ou de tir à la première personne). En réalité, l’expérience globale est même meilleure que sur une console car la dernière fois que j’ai allumé ma Xbox, j’ai du faire une mise-à-jour de 4 GB de la console, et de 1 GB pour le jeu (quasiment une heure d’attente en tout). Autre avantage: il suffit d’appuyer sur le bouton Stadia de la manette pour allumer le Chromecast et la TV. 10 secondes plus tard, le logo Stadia s’affiche, avec le choix du profil. 5 secondes de plus et vous pouvez choisir votre jeu. Puissant.

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Sur un ordinateur portable en Wi-Fi, ça reste jouable

Sur un PC Windows relativement récent, en Wi-Fi dans un bureau situé au premier étage, l’expérience fut satisfaisante. Il faut utiliser le navigateur Chrome et se rendre sur stadia.google.com. La manette doit être connectée avec un câble USB Type-C (il y en a un dans le pack, tout comme un chargeur) à l’ordinateur. Dans un avenir proche, ce pourra être sans-fil. Bien entendu, ma connexion sans-fil à l’étage est moins bonne (21 Mbps au moment du test) que celle du câble réseau relié au Chromecast Ultra du salon. Dès lors, j’ai pu remarquer quelques pixellisations de l’image, de temps à autre. Rien de rédhibitoire: on peut jouer à Mortal Kombat 11, mais l’expérience est meilleure avec la première configuration dont j’ai parlé.

Sur un vieux Macbook Pro de 2010 qui fonctionne encore, il vaut mieux oublier. J’ai pu me connecter sur la plateforme via Chrome, mais l’expérience est une succession de saccades et jouer s’avère impossible.

Je n’ai pas essayé sur une tablette, ni sur un smartphone (de toute façon, dans un premier temps, seuls ceux de Google, les Pixel, sont compatibles).

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Conclusion

Le jeu vidéo est bel et bien en train de faire sa révolution. Google Stadia est la première plateforme du nouveau genre accessible au grand public, celui où des serveurs distants (peut-être ceux des data centers de Google à Mons, qui sait ?) font office de console en faisant tourner des jeux de dernière génération, qui sont affichés sur un écran au domicile des utilisateurs. Finalement, c’est logique que Google se lance dans l’aventure: il a une grande et longue expertise en tant que fournisseur de services internet (recherche, vidéo YouYube, maps, etc), et depuis longtemps, il possède d’immenses data center dans le monde, dont quelques uns à Mons, où il a peut-être placé ses serveurs dédiés à Stadia pour une partie de l’Europe (car oui, la distance compte et plus elle est réduite, meilleure est l’expérience).

Tout passe par internet, il faut donc une connexion aussi bonne et stable que possible pour profiter d’une expérience très proche d’une Xbox, d’une PlayStation ou d’un PC de gamer. Google laisse le choix d’un abonnement payant (Stadia Pro, 9,99€/mois) avec une meilleure image (4K) et quelques jeux en libre accès. Ceux qui ne s’abonnent pas (uniquement en 2020) auront une image moins bonne (1080p, ça reste correct), et devront acheter tous les jeux auxquels ils veulent jouer, à des prix identiques à la concurrence (exemple: 59€ pour le dernier Mortal Kombat).

Durant mes tests, je n’ai jamais été confronté à une interruption. Jouer à des jeux aussi gourmands que Destiny 2 ou Mortal Kombat 11 est un bonheur. La configuration idéale est l’utilisation du Chromecast Ultra relié avec un câble réseau à mon routeur (vitesse: 70 Mbps). Obligatoire pour jouer sur une TV, il est compris dans le prix de l’unique pack de lancement de Stadia, la Premiere Edition (129€). Sur un PC portable, en Wi-Fi dans le bureau avec une vitesse de 21 Mbps, l’expérience est légèrement moins fluide (des saccades peuvent survenir), mais on peut vraiment jouer.

Dans cette boîte du pack de lancement, vous aurez une manette qui n’a rien à envier à celle de la Xbox ou de la PlayStation. Notez qu’elles seront bientôt en partie compatibles et utilisables avec Stadia. Quant au multijoueur en ligne, il est compris dans le prix de Stadia Pro, mais j’ignore si les joueurs Stadia Base, en 2020, y auront accès. Devant votre TV, 4 manettes peuvent être connectées pour du multijoueur local.

Le service n’a que des avantages à mes yeux: il offre la puissance de calcul des consoles, sans les inconvénients que représentent les mises-à-jour, les longs téléchargements de jeu, etc. Avec Stadia, vous appuyez sur le bouton et 15 secondes plus tard (littéralement), vous pouvez jouer.

Deux bémols pour le lancement: la liste des jeux est actuellement limitée à 22 titres, dont 2 accessibles gratuitement pour les abonnés Pro (9,99€ par mois). C’est assez restreint mais le catalogue devrait s’enrichir dans les prochaines semaines. Autre bémol, technique celui-ci: sans internet, vous êtes complètement perdu. Et si votre connexion est lente, l’expérience ne sera pas au top. Google explique que 10 Mbps est le minimum, et que 35 est le débit recommandé. Faite donc le test sur leur site avant de craquer.

Sachez enfin que le xCloud de Microsoft s’annonce un très solide concurrent en 2020, tandis que le service PS Now de PlayStation existe déjà, mais est moins souple que Stadia et privé des jeux les plus récents.

Les jeux disponibles sur Google Stadia au lancement:

Assassin’s Creed Odyssey

Attack on Titan: Final Battle 2

Destiny 2: The Collection (gratuit via Stadia Pro)

Farming Simulator 2019

Final Fantasy XV

Football Manager 2020

GRID

Gylt

Just Dance 2020

Kine

Metro Exodus

Mortal Kombat 11

NBA 2K20

Rage 2

Rise of the Tomb Raider

Red Dead Redemption 2

Samurai Shodown (gratuit via Stadio Pro)

Shadow of the Tomb Raider

Thumper

Tomb Raider

Trials Rising

Wolfenstein: Youngblood

Philips pense enfin au son qui sort de ses TV

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Pratique, Test , le 24 octobre 2019 13h53 | Ajouter un commentaire

La 55PUS8804/12 (prix de base 1.349€) est l’une des nouveautés TV de Philips cette année. Traditionnelle dans son apparence (55 pouces, 4K, LED, Android TV), elle est cependant équipée d’un système audio intégré signé Bowers & Wilkins. Relativement discret, il décuple le potentiel sonore du téléviseur, et ça fait du bien aux oreilles.

Les tests de Mathieu: Philips pense enfin au son de ses TV en s'alliant avec une référence de l'audio, mais qu'est-ce que ça donne ?

Nul besoin de vous le rappeler: le son est le gros point faible des TV modernes. Elles cherchent à devenir de plus en plus élégantes et fines pour s’intégrer dans n’importe quel intérieur, et ça va à l’encontre du son. En effet, pour sortir quelque chose qui tient la route, il faut des petites enceintes comprenant des tweeter pour les aigus et des woofer pour les basses. Et la règle de base, c’est que plus ils ont de l’espace, plus ils ont de la portée et de la puissance.

Raison pour laquelle de nombreuses personnes optent pour une barre de son, un marché devenu très confus car on y trouve de nombreuses marques, proposant du matériel négligé à 49€ et du haut-de-gamme à 999€.

Dès lors, pour éviter le double achat, la double prise et les câbles, pourquoi ne pas opter pour une TV qui mise moins sur la finesse mais plus sur le son ? C’est le pari qu’a fait Philips, la marque exploitée par l’entreprise chinoise d’écran TP Vision, sur une partie de sa nouvelle gamme, et en collaboration avec l’entreprise Bowers & Wilkins. J’ai pu essayer durant deux semaines le modèle 55PUS8804/12, et voici mes impressions.

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Le fameux « powered by » Bowers & Wilkins

Les « collaborations » des marques audio premium

Les marques audio premium, en proie à une nouvelle concurrence depuis l’avènement du numérique (je pense directement aux enceintes réseau de Sonos), ont bien du mal à tenir le coup avec leurs enceintes haut-de-gamme à 10.000 euros.

Certains d’entre elles vendent donc leur âme au diable en associant leur nom à d’autres appareils afin de faire croire que le son qui est en sort est sublime. Exemple: je tape les mots que vous lisez sur un ordinateur portable HP griffé Bang & Olufsen, et dont la partie son, engoncée dans à peine un centimètre d’épaisseur, sort de meilleurs aigus que la moyenne, mais est incapable de sortir la moindre basse (ce sont les lois de la physique). Et cela fait partie des bons exemples, car certaines marques osent collaborer avec des smartphones, qui ont encore moins de place…

Bowers & Wilkins, une entreprise historique anglaise rachetée en 2016 par une start-up californienne (Eva Automation), est plus subtile. A côté de ses enceintes à 30.000€ la paire et de ses casques haut de gamme, elle se limite à des collaborations avec des voitures prestigieuses, plaçant des systèmes sonores de qualité dans des BMW, McLaren, Maserati ou Volvo.

Et la marque désormais américaine a décidé de collaborer avec Philips pour trois téléviseurs. Deux sont haut de gamme (4.999€ et 3.499€) avec une installation B&W externe. La troisième, plus modeste (1.349€) et plus compacte, intègre directement dans son châssis la partie sonore. C’est celle-là, la 55PUS8804/12, qui nous intéresse aujourd’hui.

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A l’arrière, dans le bas de la TV, un mini caisson de basse

Belle prouesse

Je vais aller droit au but: le pari est réussi. Le son qui sort de cette télévision est au moins 3 fois meilleur que la moyenne des télévisions actuelles, même les dalles les plus chères, souvent très fines.

La puissance est au rendez-vous (45W au total) mais surtout, un gros travail a été fait sur l’optimisation du son: les voix ressortent très clairement, en toutes circonstances. Même avec un vacarme lors d’une scène d’action, le son reste cristallin et les dialogues parfaitement compréhensibles. N’est-ce pas tout ce qu’on demande (et tout ce qui manque…) à une télévision ?

Pour y parvenir, Philips fait forcément des concessions sur la compacité de sa TV. Sous l’écran, il y a une bande de 7 cm, recouverte de tissu, où sont intégrés deux haut-parleurs moyennes et hautes fréquences de 7,5W chacun. Pour qu’ils s’expriment aussi bien, l’épaisseur de la télévision, dont le dos est un légèrement courbé, est d’environ 5 cm, ce qui n’est finalement pas exagéré.

Et ce n’est pas tout: à l’arrière de la TV, au bas et bien centré, se trouve un large haut-parleur de graves de 30W qui se charge de sortir des basses correctes. Inévitablement, il a besoin d’espace et ressort donc de 3 cm du dos de l’appareil, ce qui rend pratiquement impossible d’accrocher la TV au mur.

Ces concessions esthétiques – même si la bande de tissu de 7 cm sous l’écran n’est pas vilaine du tout – permettent un son de qualité. Seules les basses manquent de profondeur: une explosion ne sera pas aussi bien ressentie qu’avec une barre de son équipée d’un subwoofer actif, par exemple. Mais c’est inévitable vu l’encombrement total du téléviseur.

A bien y regarder, la 55PUS8804/12 de Philips est une télévision qui a intégré au mieux une barre de son de bonne qualité (mais sans les prouesses du subwoofer). Et il y a cet Ambilight 3 qui assure une ambiance de fond lumineuse toujours aussi agréable, grâce aux ampoules LED intégrées dans le dos de la TV.

Petit bémol: à 1.349€, elle est nettement plus chère que d’autres TV 4K de la même taille (un honnête 55 pouces, donc). Et on s’approche dangereusement des premiers prix en OLED, le seul type d’écran permettant des noirs vraiment noirs et des couleurs immensément vives. Or, ce modèle Philips se contente d’une dalle LED. 4K/Ultra-HD, elle est de bonne facture et compatible avec les normes HDR10+ et Dolby Vision, mais cela ne remplace pas le spectacle permanent d’un écran OLED.

Heureusement, le logiciel intégré est le meilleur du marché: Android TV et ses nombreuses applications, sa capacité à afficher facilement les contenus d’un smartphone ou d’une tablette Android, et sa compatibilité avec Google Assistant (même si je ne suis jamais parvenu à le faire fonctionner, preuve que cet assistant vocal, dans notre pays du moins, balbutie encore).


 
 Une interface Android simple mais efficace

Conclusions

L’idée de Philips est bonne: intégrer un système sonore digne de ce nom dans une partie de ses téléviseurs, ceux à destination des utilisateurs exigeants au niveau de l’audio. En fait, on devrait tous l’être. Nombreux sont ceux qui investissent dans une TV en se basant sur la qualité de l’image ou le prix, et qui après quelques semaines, se plaignent de la médiocrité du son, voire même après quelques années de l’incapacité à distinguer les voix, et donc à comprendre les dialogues.

Pourquoi, dès lors, ne pas opter dès le départ pour une TV avec un bon son? De plus en plus de marques le font, y compris le nouveau venu issu du monde du smartphone, OnePlus, dont la TV devrait sortir l’an prochain en Europe, et qui est équipée d’une « barre de son » rétractable sous l’écran.

Philips a opté pour une solution plus simple: s’allier avec Bowers & Wilkins, grand nom de l’audio premium, et lui laisser 7 cm sous l’écran pour installer deux tweeter à l’avant pour les aigus, et un woofer dans le dos pour les basses. Le résultat est excellent si on tient compte du peu d’encombrement supplémentaire que représente l’installation de B&W. Comparée à une (bonne) barre de son avec subwoofer actif, cependant, on sent la différence au niveau des basses, limitées sur la 55PUS8804/12 que j’ai essayée.

Une TV qui vous coûtera 1.349€ (ça pourrait baisser dans les mois à venir), un prix hélas un peu trop proche des premiers modèles OLED à l’image époustouflante. Il faut se contenter sur notre TV du jour d’une dalle 4K traditionnelle, de bonne qualité mais qui montre ses limites dans les zones sombres, avec des noirs « éclairés » et donc plutôt gris. Pour le reste, c’est un excellent téléviseur avec une interface fluide et complète.

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DJI Osmo Mobile 3: filmez comme un pro avec votre smartphone pour 100€

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Pratique, Test , le 6 septembre 2019 09h54 | Ajouter un commentaire

Les smartphones ont beau devenir de plus en plus performants au niveau de la photographie, ils n’en restent pas moins peu évidents manipuler pour ceux qui veulent en faire un remplaçant quotidien de leur appareil photo ou leur caméscope.

Les modèles haut-de-gamme ont une taille d’écran gigantesque, sont très fins et n’ont plus vraiment de bordure: on touche donc souvent des zones de l’écran sans le vouloir, déclenchant parfois des actions de manière accidentelle.

Le recours à un stabilisateur s’avère dès lors judicieux, et bonne nouvelle: DJI, géant chinois du drône,  vient de rendre son célèbre Osmo Mobile encore plus pratique à utiliser.

Pliable, l’Osmo Mobile 3 se range désormais dans une petite trousse de voyage tout en gardant toutes ses qualités. Son système de balancier articulé est la plus grande nouveauté de cette 3e mouture. Il est dès lors plus compacte, tout en étant plus léger (405 grammes contre 485) et moins encombrant (il a perdu 3 cm au total).

Des vidéos toujours fluides

Le principe de base, rappelons-le, est de fixer le smartphone dans l’encoche (à la verticale ou à l’horizontale). Dès lors, vous pourrez faire des travelings (bouger pour suivre une scène ou un sujet en vidéo) tout en douceur. Il n’y a pas d’à-coups ni de mouvements brusques, tout est fluide et c’est bien plus agréable à regarder. Si vous ne touchez à rien, la caméra va lentement suivre la scène qui se passe devant vous. Si vous effectuez un virage rapide à 90°, l’Osmo Mobile va vous suivre, mais moins vite et vous pouvez donc perdre de vue le sujet. Il faut donc un petit temps d’adaptation, mais on comprend vite le principe.

Il faut utiliser l’application DJI Mimo, très bien faite et qui comprend des tutoriels et des options de montages, de paramètres pour mieux contrôler le smartphone et l’Osmo Mobile 3.

Quelques autres nouveautés

Le stabilisateur se présente toujours sous la forme d’un joystick avec un bras articulé. Il y a des boutons (par exemple pour passer du mode photo au mode vidéo), et un curseur circulaire pour bouger l’angle de vision du smartphone. Si vous ne touchez à rien, la caméra va lentement suivre la scène qui se passe devant vous. Si vous effectuez un virage rapide à 90°, l’Osmo Mobile va vous suivre, mais moins vite. Il faut donc un petit d’adaptation, mais on comprend vite le principe.

Les autres nouveautés ? Plus d’espace sous le smartphone lorsqu’il est stabilisé à la verticale, ce qui est utile si vous utilisez un casque ou un micro. La présence d’un bouton pour faire pivoter le smartphone du mode paysage au mode portrait très facilement. L’option Active Track (v3) qui tente de suivre le sujet principal de la scène filmée, pour le laisser au centre du cadre (dans la mesure du possible, donc si vous êtes « doux » dans vos déplacements). Et une molette de zoom pour profiter des capacités de plus en plus performantes des smartphones dans ce domaine.

Bonne nouvelle: son prix n’a pas augmenté. L’Osmo Mobile 3 de DJI est disponible au prix de 109€. Une version avec trépied compact inclut existe aussi, à 129€.

Le robot-tondeuse 4×4 et ultra-connecté d’Husqvarna grimpe tout

Par Mathieu Tamigniau dans IoT, Pratique, Test , le 5 septembre 2019 08h44 | Ajouter un commentaire

On voit de plus en plus de robot sauter sur un banc ou décapsuler une bière. Mais les seuls espèces qui rencontrent un succès commercial sont celles qui remplacent l’homme dans des tâches jugées ingrates: laver la vaisselle ou le linge, passer l’aspirateur et… tondre la pelouse. J’ai donc laissé ma tondeuse au garage cet été pour essayer le dernier né de la gamme Automower d’Husqvarna, le 435X AWD (4.999€). Une machine redoutable capable de franchir les plus grosses bosses. Mais qui s’avère aussi très connecté et équipé pour le futur. Explications.

Le marché des robots de tonte est en forte croissance depuis quelques années. On parle d’une évolution de plusieurs dizaines de pourcents en 2018 (par rapport à 2017), et d’après nos informations, 2019 devrait battre à nouveau des records. En partie grâce… à notre pays.

« La Belgique est un des pays leaders en matière de tonte robotisée, et les tendances sont en nette hausse, que ce soit au niveau de ceux qui achètent leur première maison et optent pour un robot, ou pour ceux qui ont toujours utilisé une tondeuse thermique et qui se tournent vers la robotisation« , m’a expliqué Bart van Hal, responsable du marketing d’Husqvarna pour le Benelux.

Les robots tondeuses (appelons-les comme ça) ont le vent en poupe. J’en profite donc pour publier mon premier test d’un appareil de ce genre ; et pour ce faire, j’ai pris le dernier modèle de Husqvarna, qui est un des leaders sur ce secteur, en Belgique et dans le monde. Si j’ai choisi ce modèle haut-de-gamme, c’est entre autre car il est bourré de connectivité et qu’il est compatible avec la domotique.

Il s’agit de l’Automower 435X AWD, vendu juste sous la barre des 5.000 euros, ce qui en fait un des modèles les plus onéreux du marché. Mais aussi l’un des plus capables, voir le plus capable: c’est le premier robot tondeuse grand public équipé de quatre roues motrices et d’un corps à deux éléments articulés. Ce qui lui permet de gravir des pentes de 70%, une prestation unique en son genre, et utile pour tous ceux dont la maison est bâtie sur une butte (avec gros dénivelé de jardin, à l’avant par exemple), ou simplement dont le jardin présente différents niveaux, avec des portions abruptes entre ceux-ci.

Nettement plus grand que la moyenne, et articulé, il a besoin de plus d’espace pour manoeuvrer (© RTL INFO)

Installation: il a toujours besoin d’un câble périphérique

Outre ses capacités inédites de franchissement, le dernier robot d’Husqvarna se veut plus intelligent que la moyenne. Mais à quel niveau exactement ? Commençons par l’essentiel: la tonte de votre jardin. Et dans ce domaine, des performances et de la fiabilité, mais pas vraiment de rupture technologique…

En effet, un câble périphérique doit toujours être installé pour délimiter votre jardin, ainsi que les zones de votre jardin à éviter (un parterre de fleur, un trampoline, un potager, une souche). Husqvarna utilise également un ou plusieurs ‘câbles guides’, qui permettent au robot de rentrer plus rapidement à sa station de recharge. Bref, les robots tondeuses ne semblent pas près de couper le cordon…

« Le câble périphérique est la meilleure solution actuellement pour les jardins privés et les usages professionnels: une fois installé, il garantit les meilleures performances. Et on pense que le câble restera l’option la plus pratique pour les années à venir: c’est la barrière de protection la plus fiable pour la tondeuse et pour le jardin. De plus, le câble permet d’optimiser l’énergie nécessaire. N’importe quelle solution fonctionnant uniquement à partir d’une puce GPS n’est pas assez précise pour opérer sur une pelouse normale, il faudra toujours un moyen de guidance supplémentaire. Cependant, Husqvarna expérimente sans cesse de nouvelles solutions, dans tous les domaines« , se justifie le responsable de la marque suédoise.

L’installation initiale est plutôt simple à réaliser soi-même. Le mode d’emploi est détaillé, et il « suffit » de fixer le câble périphérique au sol avec les pieux en plastique fournis, et de brancher quelques câbles avec les connecteurs, reliés à la station de recharge.

installation

Husqvarna distribue cependant ses tondeuses via des dealers spécialisés: pour les grands jardins (terrain de prédilection du 435X AWD qui peut couvrir jusqu’à 35 ares), ils sont recommandés, car équipés d’une machine à enterrer le câble (photo).

Attention à bien veiller aux distances minimales nécessaires pour les zones plus restreintes (contournement d’obstacles, îlots, etc), car ce robot est plus grand que la moyenne et a besoin de plus d’espace pour manœuvrer, ou pour ne pas perdre le nord dans un ‘couloir’ qui serait trop étroit (moins de deux mètres).

Tonte: plus d’intelligence dans la navigation ?

Les premiers jours, le robot semble un peu perdu dans le jardin. Ses déplacements ont l’air hasardeux et il tourne parfois en rond dans des zones restreintes. Logique: il navigue principalement à l’aide d’un algorithme. Un genre de petit logiciel de routine installé dans ses circuits électroniques, pour faire simple.

« Chaque Automower a un algorithme aléatoire qui guide la machine. Grâce au câble périphérique, il comprend où il se situe dans le jardin. Les modèles de la série X montrent d’ailleurs dans l’application où ils ont tondu récemment« , explique l’employé d’Husqvarna.

Sa puce GPS ne sert cependant pas qu’à le localiser en cas de vol (voir plus bas). Couplée à la mémoire interne, elle donne un peu d’intelligence artificielle au robot en ajustant l’algorithme, si certaines zones sont oubliées ou s’il n’y tond pas assez régulièrement l’herbe.

Autre forme d’intelligence: s’il n’y pas de caméra comme sur les robots-aspirateurs, on trouve néanmoins deux petits sonars qui anticipent le choc avec un obstacle inattendu (une cabane d’enfant, un seau). Le robot ralentit donc avant la « collision », ce qui préserve le pare-choc. Attention, cependant: sa puissance de franchissement est telle avec ses quatre roues motrices qu’il pourrait facilement rouler par-dessus un obstacle plus petit. Dans mon jardin, il a même essayé de grimper une souche, provoquant une erreur de collision, et même une détection de soulèvement, ce qui a entraîné le déclenchement de l’alarme. Alarme qui ne peut pas s’éteindre à distance avec l’application: une intervention humaine sur place est nécessaire…

Ces options de sécurité peuvent être paramétrées et assouplies via l’application. Il faudra cependant être à distance de Bluetooth (quelques mètres) pour accéder à ces paramètres spécifiques. Le reste des réglages et des commandes peut se faire depuis l’autre bout de la planète.

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Une application « interface homme-machine » qui pourrait être plus intuitive à utiliser

Connecté et compatible avec la domotique du futur

Car en réalité, le vrai surplus d’intelligence est à chercher au niveau de la connectivité et de sa compatibilité avec les assistants vocaux de Google et d’Amazon.

En effet, l’Automower 435X AWD est presqu’aussi bien connecté qu’un smartphone. Il est équipé d’une carte SIM pour être connecté à internet en permanence, et d’une puce GPS.

Cette connexion à l’internet mobile justifie en partie le prix élevé du robot. Mais elle est essentielle pour pouvoir contrôler et vérifier en permanence l’état de la machine. Où que vous soyez et ou qu’elle soit (au bout du jardin, par exemple), vous pouvez contrôler la tondeuse depuis l’application pour smartphone ou tablette (Automower Connect).

Un contrôle manuel qui n’est pas obligatoire, car il est bien sûr, via l’application, de programmer des périodes de tonte. Selon la taille de votre jardin, il faudra plus ou moins de temps au robot pour entretenir votre pelouse. Via l’application, véritable cerveau commandeur du robot, on peut également configurer des « zones », pour qu’il démarre sa tonte (par exemple une fois sur deux) à l’autre bout du jardin. C’est utile si votre jardin est complexe, s’il entoure la maison, s’il y a des zones plus isolées, etc. L’application permet également de régler la hauteur de coupe, entre 1 et 9 mm.

Via le Google Assistant, vous pouvez également connecter votre compte Husqvarna, auquel est relié le robot. Dès lors, vous pouvez « converser » avec le robot. Soit vous dites « Ok Google, parle avec Automower » pour lancer un genre de conversation de messagerie avec quelques commandes (« garer », « tondre »), soit vous pouvez directement dire à votre enceinte réseau compatible ou à votre smartphone: « Ok Google, demande à Automower de vérifier l’état de fonctionnement » ou « … de tondre la pelouse ». Même genre d’histoire avec Alexa d’Amazon.

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Cette compatibilité n’est pas vraiment un argument de vente: peu de gens en Belgique utilisent ces assistants vocaux, qui viennent d’arriver officiellement dans notre pays, et qui sont encore inconnus du grand public. Pourtant, et c’est bien le but de ces assistants, il y a moyen de gagner pas mal de temps si on s’habitue à utiliser correctement les commandes. Dire « Ok Google, demande à Automower de tondre la pelouse pendant 3 heures sur la zone secondaire », ça va effectivement nettement plus vite que de lancer l’application (en devant parfois entrer le code PIN) pour ordonner la même chose en appuyant que 4 ou 5 boutons.

Très sécurisé

Certains diront que les options de sécurité de l’Automower 435X AWD sont aussi une preuve de son intelligence. Car effectivement, de ce côté-là, il se défend bien.

Comme on a pu l’évoquer, par défaut, il faut entrer un code PIN dès qu’on touche au panneau de commande du robot (équipé d’un écran LCD couleur bien défini et d’une molette de commande). Impossible pour un quidam de le contrôler.

Si on soulève le robot à l’aide de la poignée (qui actionne le STOP manuel), afin de le déplacer, on a quelques dizaines de secondes pour le déposer et composer le code PIN. Si on ne le fait pas, l’alarme retentit, une sirène moins puissante qu’une alarme de maison, mais qui s’entend tout de même dans une bonne partie du quartier.

Enfin, la balise GPS intégrée permet, via l’application, de repérer à tout moment la position du robot sur une carte Google, à quelques mètres près. Intéressant pour le retrouver s’il est perdu dans votre grand jardin, ou pour prévenir la police si on vous l’a volé.

Sachez que le déclenchement automatique de l’alarme peut être désactivé, et même la nécessité d’entrer code PIN pour contrôler le robot à la main ; tout se configure via l’application.

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Les phares, c’est juste pour le show, car l’Automower n’a pas de caméra (© RTL INFO)

Efficacité redoutable

Je terminerai par l’essentiel: l’Automower 435X AWD s’occupe-t-il bien de votre pelouse ? Oui, indéniablement, son efficacité est redoutable car il est inarrêtable. Il supporte les côtes allant jusqu’à 70%, ce qui est énorme. Il doit cependant, dans une telle configuration, attaquer les montées et les descentes perpendiculairement, et non en oblique. Il y a donc, là aussi, quelques précautions à prendre au niveau de l’installation.

Dans un jardin standard comme le mien (500 m2), il n’a besoin que de 3 heures tous les deux jours pour avoir un gazon parfait. Après 1 mois d’utilisation, on remarque déjà une amélioration de la qualité de la pelouse. Logique: les petits brins découpés finement par les 9 lames (qu’il est conseillé de changer régulièrement pour un fonctionnement optimal) font office d’engrais naturel. L’herbe est plus verte et plus dense.

Et ce n’est pas tout: la mousse disparait, les pissenlits aussi. Même les taupes, parait-il, sont effrayées et changent de jardin.

Bien heureusement, il n’est pas nécessaire de débourser 4.999€ pour obtenir ce genre de résultat. Le 435X AWD est avant tout réservé aux grands jardins (jusqu’à 35 ares) où à ceux comportant de très fortes inclinaisons (jusqu’à 70%). Chez Husqvarna, il y a une entrée de gamme à 999€, avec des fonctions et des capacités de franchissement limitées, forcément. Les autres marques descendent parfois sous la barre des 500€, mais attention à la qualité et à la fiabilité.

Mes recommandations sont simples: basez-vous sur la surface et la simplicité de votre jardin. Un petit espace bien plat de 100 m2 n’a pas besoin d’un redoutable robot. Demandez conseil ou lisez bien le descriptif des tondeuses: la surface et l’inclinaison maximale sont logiquement indiquées.

 

Comment fonctionne ce portefeuille connecté et équipé d’un code secret?

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 7 juin 2019 10h45 | Ajouter un commentaire

Je ne parle pas souvent des portefeuilles sur RTL info. Ce n’est a priori pas un sujet très technologique. Mais comme d’innombrables autres objets de la vie de tous les jours, des entreprises essaient de les rendre plus intelligents.

Ögon est une marque française, qui a lancé dans les années 2000 la mode des portefeuilles plus modernes, plus pratiques, et plus orientés sur les formats « carte à puce ». Identité, banque, fidélité, accès à des bâtiments: ces cartes prennent de plus en plus de place dans un portefeuille et il est donc logique d’y consacrer d’avantage de place qu’aux billets ou à la monnaie.

Récemment, Ögon a affublé un de ces portefeuilles de nouvelles options: la protection par un code secret et la présence d’une petite puce de traçage, pour le retrouver plus facilement s’il est égaré. J’ai essayé tout ça pour voir si c’était vraiment pratique.

Un verrou assez sensible

Plutôt grand (10 x 9 x 2 cm), le Code Wallet ressemble effectivement plus à un portefeuille qu’à un porte-cartes. Il rentre dans les poches mais il est nettement moins discret que les petits formats que tout le monde connait. Il y a 7 compartiments et dans chacun d’eux, on peut aisément glisser deux cartes si on le souhaite.

Un petit système de verrou mécanique est intégré, autorisant ou empêchant le mouvement de la gâchette d’ouverture. Il s’agit de trois roulettes avec 10 chiffres chacune. Pour définir votre code, il faut ouvrir le portefeuille et insérer une aiguille fournie, tout est expliqué dans le petit manuel fourni. Sachez que si vous oubliez votre code, il y a une astuce pour l’ouvrir sans le détruire. On ne la dévoilera pas ici, mais elle est indiquée dans le mode d’emploi.

Cette option de verrouillage est une bonne idée sur le papier, même si dans les faits, on se dit rarement qu’on en a besoin ; et qui si on se fait voler ce portefeuille, en forcer l’ouverture n’a rien de chinois avec un outillage basique (je le suppose, je n’ai pas essayé). C’est donc plus pour des cas spécifiques (des enfants qui jouent avec à la maison, par exemple), que pour éviter les vols.

Seul reproche: les molettes ont tendance à tourner toutes seules quand on manipule le portefeuille. Dès lors, le verrou s’enclenche et il faut remettre votre code. De quoi vous faire perdre un peu de temps quand vous devez payer au magasin, par exemple.

Un traçage « Bluetooth » via une pastille

Pour le traçage du portefeuille, Ögon n’a pas développé sa propre solution, on peut le comprendre. En réalité, cette option « tracker » se coche avant de finaliser la commande (19€). Et cela ajoute à votre livraison une pastille de la marque TrackR. Il s’agit du « pixel », de la taille d’une pièce de monnaie mais un peu plus épais. On la collera sur le portefeuille avec l’adhésif fourni. Il vaut mieux le faire à l’extérieur pour augmenter la portée du Bluetooth, mais à l’intérieur ça fonctionne aussi (et en plus il y a de la place sur les parois).

Il ne s’agit pas d’une balise GPS, dont les besoins en énergie ne permettraient pas une taille si réduite. Le TrackR est une pastille Bluetooth qu’il faut relier à son smartphone et à l’application éponyme. A travers cette application, la balise envoie sa position de manière régulière quand elle est à portée de Bluetooth, donc quelques mètres maximum. Si le Bluetooth reste activé sur votre smartphone, et si l’application n’est pas fermée automatiquement par votre système d’exploitation, le TrackR va envoyer la localisation de votre portefeuille régulièrement.

Donc, si vous oubliez votre portefeuille dans un restaurant, qu’avant de partir, il a envoyé sa position, vous la verrez sous l’onglet « Vu pour la dernière fois ». Et vous pourrez le retrouver.

Si votre portefeuille est à portée de Bluetooth mais que vous ne le voyez pas, vous pouvez le faire sonner (la pastille émet alors un petit bip qui s’entend dans un environnement peu bruyant, pas dans un bar ou une boite de nuit).

L’option de traçage est donc intéressante dans les conditions optimales, donc si le Bluetooth est activé en permanence (c’est souvent le cas) et si votre application TrackR tourne en arrière-plan sans interruption. Il est hélas fort probable que vous ne pensiez pas à lancer cette application régulièrement et à chaque redémarrage. Dès lors, si vous perdez votre portefeuille, la fonction « Vu pour la dernière fois » ne vous aidera pas beaucoup, et pour le faire sonner, il faudra être à portée de Bluetooth, donc quelques mètres.

Conclusion

Plus robustes qu’auparavant grâce à la présence d’un mécanisme d’ouverture en métal, les portefeuilles/porte-cartes d’Ögon sont désormais plus sécurisés. Du moins le Code Wallet (79€), qui est équipé d’un mécanisme de verrouillage à trois chiffres. L’usage est finalement assez limité car on peut le forcer assez facilement en cas de vol. De plus, les molettes sont un peu trop sensibles (elles bougent et verrouillent toutes seules le portefeuille).

La marque française propose également un TrackR en option (19€) qui permet, dans des conditions idéales, de retrouver un portefeuille égaré. Il faut pour cela coller une pastille où bon vous semble sur le portefeuille, et utiliser régulièrement l’application TrackR pour garantir le suivi continu de la position. A portée de Bluetooth de votre smartphone (quelques mètres), cette pastille peut émettre un son permettant de retrouver un portefeuille perdu.

Des options plutôt pratiques dans l’ensemble, et qui ne font pas trop augmenter la facture…

Voici le premier smartphone pliable, le Galaxy Fold (vidéo)

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 24 avril 2019 07h21 | Ajouter un commentaire

On a testé le Samsung Galaxy Fold, le premier smartphone PLIABLE: que vaut-il ? (vidéo)

J’ai eu l’occasion d’essayer en primeur ce que Samsung appelle « la nouvelle catégorie » de smartphone, celle qui offre un grand écran de 8 pouces qu’on peut plier en deux pour glisser dans la poche. Une prouesse technique qui n’a a priori que des avantages, à part un prix très élevé: 2.020€. Pas de chance pour Samsung: quelques jours avant la date de lancement prévue, plusieurs journalistes américains réputés qui testaient chez eux le Galaxy Fold ont relayé de grosses pannes matérielles d’écran. La sortie de ce nouveau produit est donc reportée. 

Samsung est bel et bien de retour ! Le géant sud-coréen a connu un année 2018 qu’on peut qualifier de difficile, avec une baisse de ses parts de marché au niveau mondial, au profit de marques chinoises de plus en plus agressives, Huawei et Xiaomi en tête.

Mais 2019 commence bien. Au niveau des chiffres, difficile de se prononcer (le groupe a annoncé au début du mois qu’il anticipait un plongeon de 60% de son bénéfice d’exploitation au premier trimestre, en raison du ralentissement de son activité de puces mémoire, plombée par une demande en berne). Mais au niveau du matériel, c’est une année faste. Pour le grand public, il y a la nouvelle série A (40, 50, 70 et 80): c’est du milieu de gamme mais Samsung semble avoir augmenté la qualité de ce segment, sans toucher au prix. On en parlera dans un test plus poussé d’ici quelques semaines.

Un nouvel objet du désir, pliable

Si l’année est faste pour le géant sud-coréen de l’électronique grand public (pour autant que le lancement ait bien lieu…), c’est aussi et surtout parce qu’il est le premier à commercialiser un nouveau genre de produit, « une nouvelle catégorie« , a insisté un responsable de la marque lors d’un évènement à Londres auquel j’ai assisté. Il s’agit du Galaxy Fold, le premier smartphone pliable du marché. Il aura fallu 7 ans et des dizaines de prototypes pour parvenir à cette vitrine du savoir-faire sud-coréen. C’est « le flagship de nos flagships« , assure-t-on au département marketing…

Nous avons pu tester durant une demi-journée cet OVNI, de quoi se faire une première vraie impression sur ce produit étonnant à plusieurs points de vue. C’est avant tout un objet « waouw », un objet du désir, un smartphone que tout le monde va regarder de près et vouloir ouvrir.

Fermé, il est épais et avec un petit écran peu pratique

Replié, le Fold est plus épais que la moyenne mais il est aussi plus étiré verticalement. Il tient étonnamment bien dans la main malgré un encombrement certain (17 mm au niveau le plus épais, pour 263 grammes). La finition est du niveau de Samsung, à savoir excellente.

Dans cette position la moins impressionnante, il est tout-à-fait possible d’utiliser le smartphone, sur un premier écran tactile de 4,5 pouces environ, positionné assez en hauteur, et donc peu pratique à prendre en main. C’est petit mais toutes les applications peuvent être lancées, et il y a les traditionnels boutons virtuels de navigation. « Surtout utile pour décrocher, prendre une photo rapidement, consulter des messages et y répondre« , a précisé Samsung lors de la présentation. On est bien d’accord.

Ouvert, il offre une nouvelle manière d’utiliser un smartphone

Sans surprise, c’est lorsqu’on ouvre le Galaxy Fold que la magie opère. Aimantées, les deux parties nécessitent un léger effort pour s’ouvrir. Il y a un accompagnement mécanique pour fixer la position finale, mais c’est en douceur et ça respire la maîtrise technique. La charnière semble être une œuvre d’ingénierie digne des montres suisses.

On dispose de 7,9″ de surface de travail au format inédit 14:10. La définition de l’écran est de 2152 x 1536 pixels. C’est presque carré et donc, il y a beaucoup de place. Toutes les applications peuvent se lancer car sur Android, elles doivent pouvoir s’adapter à de nombreuses diagonales depuis longtemps, sur smartphone comme sur tablette.

Certaines d’entre elles comme YouTube, Facebook et Instagram, nous a précisé Samsung, ont été légèrement retravaillées esthétiquement pour s’étendre verticalement, on aperçoit donc la grosse encoche sur la droite. D’autres, comme celle de RTL info, s’affichent dans un format ‘smartphone’ étiré, et non dans le format plus agréable que l’on retrouve sur les tablettes Android. La preuve que le Fold est un smartphone avant tout.

Après une heure d’usage intensif, on ne peut qu’apprécier cette nouvelle surface de lecture très confortable, que l’on peut plier et mettre en poche très facilement. Même une vidéo YouTube en 16:9 est plus grande, plus immersive. Un jeu vidéo de voiture très poussé au niveau graphique s’affiche en plein écran, et on en prend plein les yeux. On a tout essayé et on n’est pas parvenu à prendre en défaut le format 14:10.

Le côté « carré » ouvre même de nouvelles opportunités pour le multitâche. C’est certainement la plus grande qualité du Fold: permettre d’afficher, par exemple, son flux Twitter sur la gauche, tout en ouvrant sur la droite WhatsApp et un navigateur (maximum 3 applications peuvent tourner en même temps, l’une en affichage intégral, les autres étant divisées en deux dans le sens de la hauteur). Ça n’a l’air de rien, mais pensez au nombre de fois où vous devez passer d’une application à une autre. Ou entrer un numéro de compte reçu par email dans une application bancaire. L’interface de ce multitâche, de plus, a été peaufinée: on peut facilement interchanger et redimensionner les applications ouvertes.

Enfin, détail important: Samsung assure  de l’écran. Si vous étiez en mode déplié sur l’affichage d’une carte de Google Maps, l’application continuera de s’afficher sur le petit écran en mode replié, vous permettant par exemple de suivre un itinéraire tout en marchant.



Une énorme fiche technique pour justifier le prix

Le Galaxy Fold n’est pas équipé du processeur maison de Samsung, mais du dernier Snapdragon 855 de Qualcomm. Une puce surpuissante épaulée par 12 GB de RAM (de quoi faire tourner d’innombrables applications en même temps), et 512 GB de stockage interne. Pour justifier le prix très élevé (2.020€ en Belgique), Samsung a donc bien rempli son Fold. Il y a également une double batterie affichant 4.380 mAh au total, 6 caméras (dont le trio qu’on retrouve sur le dos du S10+) pour pouvoir faire des selfies quand le smartphone est ouvert ou fermé. Ajoutez à cela une paire de Galaxy Buds (écouteurs sans fil, rechargeables sans fil également), et une housse à moitié souple en motif carbone, et vous avez une expérience Samsung de premier ordre.

Le grand écran de presque 8 pouces n’est pas en verre (impossible de le rendre suffisamment souple), mais en « couches de polymère avancé« . Il est donc nettement plus fragile que sur un smartphone classique, mais quand il n’est pas en main, il est généralement replié. De plus, ouvert, l’écran présente des bordures saillantes qui le protègeront même si vous le retournez, face contre la table.

La rumeur prétendait qu’on apercevait une ligne blanche au niveau de la « pliure » de l’écran. En effet, quand l’écran n’est pas complètement ouvert, donc dans une position intermédiaire impossible à utiliser, on voit que son pli central déforme l’affichage. C’est logique, et quand il est bien ouvert, on ne voit plus rien. Pas d’inquiétude de ce côté. D’autant que, généreux, Samsung offre un an de garantie complète maison (incluant une réparation de l’écran si vous le cassez).

Conclusion

Les précommandes pour le Galaxy Fold de Samsung devaient débuter le 26 avril en Belgique. Il devait être disponible exclusivement dans 20 boutiques Proximus jusqu’en juillet, puis dans d’autres enseignes. Mais ne vous attendez pas à le croiser partout: Samsung a annoncé un retard, et de toute façon, il avait prévu de limiter la production du Fold (la Belgique n’aurait droit qu’à quelques centaines d’exemplaires par mois, d’après nos informations).

Après une demi-journée d’utilisation, il est difficile de se faire un avis catégorique sur le Galaxy Fold. La grande surface d’affichage est certes confortable, mais en a-t-on besoin pour afficher son fil d’actu Facebook ou ses emails ? Chacun devra se faire un avis, mais souvenez-vous qu’il y a 3 ans, on riait devant les écrans de 5 pouces de diagonale (et ils en font souvent 6 désormais).

Le Galaxy Fold est avant toute chose une vitrine technologique, une mise au point de Samsung face à ses détracteurs et concurrents chinois qui lui reprochaient un manque d’innovation. Pliable, le Fold n’est pas très encombrant dans une poche de jeans, mais ouvre la voie à une nouvelle manière d’utiliser un smartphone, grâce à un vrai multitâche sur son écran déplié de presque 8 pouces de diagonale.

Prouesse technique et grande première mondiale, le Fold n’affiche pas le meilleur rapport qualité-prix de l’année, c’est logique. Il est destiné à ceux qui veulent être les premiers, qui veulent susciter un effet « waouw » autour d’eux et… qui ont 2.020€ à consacrer à un smartphone.

Vaut-il cette somme colossale ? Si on tient compte des 7 ans de recherche et développement, oui, à n’en pas douter. Il serait cependant plus raisonnable d’attendre un ou deux ans: si le concept prend (Huawei, Xiaomi et d’autres vont imiter Samsung dans les prochains mois), les prix vont baisser très rapidement.

Notez bien que Samsung a dû se résoudre (le 22 avril) à repousser la sortie du Fold, un nouveau coup dur dont les conséquences restent à déterminer, trois ans après le fiasco des batteries explosives du Galaxy Note 7. Selon le communiqué du groupe, l’écran semble bel et bien présenter des fragilités, en particulier au niveau de la charnière, où des « impacts » peuvent se former. Le groupe évoque aussi un cas où des « substances trouvées à l’intérieur de l’appareil ont affecté la performance de l’écran ».







Y a-t-il des risques à passer à une banque européenne entièrement dématérialisée ?

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique , le 15 février 2019 06h18 | Ajouter un commentaire

A l’heure où les banques ne peuvent plus offrir gratuitement des services basiques à cause des chutes de leurs recettes sur le marché des particuliers, il est temps de se pencher sur les alternatives « 100% en ligne et mobile ». N26 est le principal acteur global pour le moment. Et il va vite, très vite, pour se faire une place dans les smartphones. Mais comment fonctionne cette banque ? Explications.

On a essayé N26, la banque du futur 100% gratuite: comment fonctionne-t-elle, quelles sont ses limites ?

Vous l’avez forcément remarqué, la banque est l’un des secteurs qui réalise (ou subit, selon les points de vue) l’une des plus grosses transitions numériques. Les agences disparaissent, la dématérialisation s’accélère. Tout cela suit une tendance de fonds: réduction des coûts liés à la chute des recettes sur le marché des particuliers, et exigence croissante des clients par rapport à la facilité d’utilisation de leur argent.

Comme toujours dans les transformations de secteurs d’activité, il y a de nouveaux acteurs qui débarquent avec une vision innovante. Partis d’une page blanche, sans devoir modifier d’innombrables structures, procédures ou autres départements, ils peuvent proposer quelque chose de nouveau, de simple, de centrer les réels besoins des utilisateurs.

La fin des banques gratuites en Belgique: le moment idéal pour essayer N26

Au premier abord, on a tendance à se méfier de N26, un nouvel acteur bancaire d’origine allemande qui prétend révolutionner le secteur. On se demande s’il peut réellement remplacer une banque belge et on est plutôt sceptique, ce qui est une bonne habitude quand on parle d’argent. On a même contacté la Febelfin pour avoir leur avis sur la question, mais la fédération du secteur bancaire n’avait rien à dire à ce sujet.

C’est quand on a remarqué que la jeune entreprise berlinoise avait réussi une nouvelle levée de fonds de 300 millions d’euros qu’on s’est dit qu’il devait y avoir du potentiel… Sa valorisation atteint désormais 2,7 milliards de dollars, de quoi s’attaquer au marché américain. L’objectif des 100 millions de clients est annoncé, très ambitieux. Bref, c’est clairement un service qui s’adresse au grand public. D’où l’intérêt de se pencher sur son cas.

On est parti d’un double constat avant de réaliser ce test. Le premier est personnel: ma banque actuelle a décidé de tarifer une formule restée gratuite de nombreuses années, malgré la présence d’une MasterCard. Je m’en servais comme tirelire et pour la carte de crédit, donc je ne rapportais rien à cette banque ; et je lui coûtais même de l’argent, finalement, car je ne répondais jamais à leurs propositions d’investissement. Bref, cette banque me dit qu’elle va désormais me facturer 8€ par trimestre. Autre actualité: bpost a décidé, à partir du 18 mars, de facturer 50 centimes par retrait d’argent à un distributeur (le premier retrait est gratuit, cependant), et ce pour les clients de son pack gratuit. Ce n’est pas la première banque belge à le faire. Bref: la banque traditionnelle ne rapporte plus assez d’argent que pour offrir des services même basiques à des clients qui s’en servent comme simple tirelire et moyen de paiement.

C’était donc le moment idéal pour passer à autre chose. J’ai clôturé mon compte et je me suis inscrit sur N26, qui vous allez le voir, est une vraie banque…

Une inscription contrôlée

En Europe, il y a des règles pour être titulaire d’un compte en banque. Il faut notamment prouver son identité.

Pour créer son compte N26, il faut télécharger l’application, et suivre la procédure d’inscription, assez fastidieuse. Il faut envoyer une photo de soi, une copie de la carte d’identité, et fournir adresse, numéro de téléphone, etc.

Puis, il faut laisser à N26 le temps de vérifier votre cas, sans doute en le recoupant avec des bases de données de mauvais payeurs, ça doit sûrement exister au niveau européen…

Quelques jours plus tard, la carte N26 arrive. Elle est équipée par défaut de l’option « sans contact », très pratique pour les petits paiements en magasin. Le compte est alors activé, l’application est entièrement fonctionnelle et permet de définir son PIN pour la carte.

A la base, votre compte affiche 0 euro, forcément. Il faut donc faire un virement pour l’alimenter et pouvoir l’utiliser. Nous avons versé 20 euros à partir d’un compte belge et 24 heures plus tard, une notification arrivait sur l’application, signalait la transaction.

Qu’avez-vous avec la formule gratuite ?

Un vrai compte en banque allemand (il commence par DE42), une MasterCard un peu spéciale (voir plus bas), une application N26 très bien foutue (voir ci-dessous), 5 retraits gratuits par mois à des distributeurs de billets en Belgique uniquement (puis c’est 2€ par retrait…). Les retraits à l’étranger sont commissionnés (1,27%) par N26.

Voilà pour la base et c’est déjà pas mal.

Les versions N26 Black et Metal sont payantes et plutôt chères, mais elles offrent des assurances supplémentaires (vol de votre argent après un retrait, vol d’un smartphone acheté avec la carte, retard d’un avion, perte de bagages, etc). C’est assez bien orienté « voyageurs réguliers », ou personne à la recherche de certaines assurances. Tout ça vous coutera alors 9,90€ ou 16,90€ par mois, débité de votre compte N26.

Que peut-on faire avec la banque N26 ?

N26 est à la fois différent d’une banque traditionnelle (aucune agence, tout est dématérialisé et centré autour de l’expérience utilisateur), mais très proche.

Elle offre en effet toutes les opérations basiques: paiement en magasin ou en ligne avec carte MasterCard, virement vers d’autres comptes en banque, retrait d’argent. C’est largement suffisant pour la grande majorité des citoyens. Notez bien cependant que certains commerces n’acceptent pas la MasterCard. Pour prendre un exemple connu: tous les Colruyt de Belgique, qui exigent la carte Maestro. On a essayé, et notre carte N26 a été refusée. Donc renseignez-vous avant d’effectuer un achat en magasin. Dans d’autres pays européens, il est possible de commander une carte N26 Maestro en option, mais ce n’est pas le cas pour l’instant en Belgique.

On vous l’a dit, N26 est une vraie banque: elle vous a donc ouvert un vrai compte en banque au moment de l’inscription. Même si ce compte est allemand, n’importe qui peut vous virer de l’argent dessus, y compris votre employeur pour votre salaire mensuel. Il n’y a pas de frais cachés, les virements dans la zone SEPA (membres de l’Union européenne principalement) sont tous gratuits, dans un sens comme dans l’autre.

La seule limite est le conseil humain (il devra se faire par livechat ou réseaux sociaux, il n’y a pas de téléphone), et les services bancaires plus poussés: oubliez les comptes épargne pour enfant, les comptes de garantie locative, les crédits hypothécaires ou auto, etc… Pour tout ça, il faudra passer par un courtier, par exemple.

Une MasterCard de débit, et pas de crédit: A LIRE ABSOLUMENT

La notion de carte de crédit et de débit est assez claire en Belgique: il y a les cartes Maestro pour le débit (c’est-à-dire pour utiliser directement l’argent disponible sur votre compte) et les Visa/MasterCard pour le crédit (l’argent est retiré d’une limite mensuelle qui n’est pas immédiatement liée à l’argent disponible sur votre compte en banque, ce qui vous permet d’avoir accès à un « crédit » temporaire).

A l’étranger, la notion est un peu différente. Par exemple, en Angleterre, le montant utilisé par la carte de crédit n’est pas ponctionné d’un coup sur votre compte à la fin du mois, mais il peut être réparti sur plusieurs mois.

Cette différence entre crédit est débit est essentielle dans le cas de N26, car la MasterCard offerte est une MasterCard de DEBIT, et non de crédit. C’est indiqué sur la carte, d’ailleurs, dans la zone grise brillante.

Elle reste une MasterCard (vous pouvez la renseigner sur Amazon ou Netflix, par exemple), mais elle agit comme une carte de débit, c’est-à-dire que l’argent est débité immédiatement de votre compte, dont le solde doit être suffisant pour que l’opération soit effectuée.

Pour s’en rendre compte, on a fait quelque chose qu’on vous déconseille de reproduire chez vous.

Alors que notre solde disponible était toujours de 20€, on a passé une commande de 30 € sur Amazon. Voici ce qu’on a constaté, notifications à l’appui. Quelques secondes après notre commande: 1€ de retrait pour Amazon (pour la vérification de la MasterCard, il est rendu 10 jours plus tard). 5 minutes après la commande: 12,74 € de retrait d’Amazon (soit le montant de l’un des deux objets de notre commande). 10 minutes plus tard: « solde insuffisant, votre paiement a été annulé« .

Notre compte Amazon nous disait alors qu’il y avait un problème avec la commande, et qu’il allait réessayer de débiter le compte. On a préféré annuler toute la commande. Tout n’est pas immédiat, bien entendu, et il a fallu quelques temps pour que les serveurs d’Amazon et N26 se mettent d’accord et réparent le bazar qu’on a provoqué en réalisant notre test. Mais tout est rentré dans l’ordre et on a récupéré nos 12,74€.

Tout ça pour nous (et vous) prouver qu’il s’agit bien d’une MasterCard de débit, et non de crédit. C’est très important de s’en souvenir avant de passer à N26.

Bon à savoir: en Allemagne et en Autriche uniquement pour l’instant, il est possible d’activer en ligne une autorisation de découvert. Aller en négatif y coûte cependant de l’argent, N26 charge un taux annuel de 8,9%. Cette option pourrait débarquer chez nous.

Une application qui change tout : chaque mouvement d’argent est notifié immédiatement

L’un des reproches qu’on peut faire aux « vieilles » banques, c’est le manque de transparence des transactions. On voit peu d’informations, et souvent avec un délai de quelques jours (pour les cartes de crédit surtout).

Avec l’application N26, vous recevez une notification dès qu’une transaction a lieu, qu’elle soit entrante ou sortante. Exemple : on a fait un achat sur Amazon avec la carte, et dans la seconde, l’application nous prévenait. Idem pour notre premier versement sur le compte.

C’est une manière simple et très sécurisante de savoir ce qui est fait avec votre argent. En cas de fraude, également, vous pouvez signaler un problème, ou bloquer la carte (de manière temporaire ou définitive).

appli
De gauche à droite: votre carte dans l’appli, la notion d’espaces et la catégorisation des transactions

Toutes les transactions sont labellisées de manière automatique (restaurant, courses, virement), mais vous pouvez créer des catégories vous-mêmes. Il est possible également de créer des espaces, qui agissent comme autant de comptes d’épargne thématiques. Typiquement, vous allez créer un espace « montre » et y mettre de temps en temps de l’argent de côté en un clic, afin de vous en offrir une au bout de l’épargne.

Il y a plusieurs subtilités du genre qui rendent l’expérience bancaire plus intelligente, plus ludique aussi. On pense à « Money Beam » ou « Demande », qui vous permet des transferts instantanés d’argent entre utilisateurs N26 présents parmi vos contacts, comme le permet Payconiq par exemple.

Et il y a bien sûr la base: le virement bancaire pour payer vos factures.

Conclusion

Sans conteste, N26 est une excellente option si comme la majorité des Belges, vous considérez surtout votre banque comme une tirelire et un moyen de (se faire) payer. N26 offre tout ça gratuitement, et même 5 retraits par mois en Belgique pour avoir du liquide.

Et c’est une vraie banque, avec un vrai numéro de compte (allemand, mais ça ne change rien en Europe), une vraie carte de débit (MasterCard, ceci dit, qui est acceptée dans plus d’endroit que la Maestro). Attention, cependant, certains commerces belges (comme les Colruyt) n’acceptent pas la MasterCard, même celle de débit de N26, nous l’avons essayé.

Le gros point fort de N26: une application très bien foutue, orientée « utilisateur », avec de nombreuses options pratiques et qui vous notifie au moindre mouvement sur votre compte.

A la question « Comment N26 gagne-t-il de l’argent si les comptes sont gratuits ?« , des responsables nous ont répondu: « N26 a un modèle commercial principalement axé sur les abonnements premium, tels que N26 Black ou N26 Metal. Nous croyons en la nécessité de mettre en place un modèle simple, transparent et juste, ce qui nous permet de constater que les utilisateurs sont prêts à payer pour les adhésions s’ils reçoivent un produit complet de grande valeur. Ceci est comparable à Netflix ou Spotify, qui a sans doute éduqué leurs industries respectives à cet égard« .

Dernier bémol dans cette expérience globalement très positive: impossible de savoir ce que l’avenir nous réserve. N26 est une ‘start-up’ allemande, elle pourrait disparaître dans 5 ans, ou décider dans 1 an de rendre son compte basique payant.

Mais c’est exactement ce que vient de faire ma « banque traditionnelle » (allemande elle aussi…) en m’envoyant uniquement un email.