Mobilité

Cowboy, Angell: que valent ces vélos électriques ‘urbains’ ?

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité , le 19 mai 2021 12h27 | Ajouter un commentaire

Après Cowboy, jeune entreprise belge, place à Angell, son homologue français. J’ai roulé deux semaines avec ce vélo aux lignes très épurées, et voici mon verdict sur cette mobilité urbaine d’un nouveau genre.

Les tests de Mathieu: Angell, Cowboy… que valent ces vélos électriques très design destinés aux

Le marché du vélo est sur un petit nuage depuis quelques années. En plus de la demande naturelle, qui a toujours existé, s’ajoutent deux tendances persistantes. La première concerne les changements dans les politiques de mobilité urbaine: la voiture est de plus en plus bannie des villes, au profit des transports en commun et des pistes cyclables. La deuxième, c’est l’amélioration constante des batteries et des petits moteurs, qui a donné naissance à une catégorie à part: le vélo électrique, appelé plus justement VAE (Vélo à Assistance Electrique), un nouveau marché en plein essor.

Qui dit nouveau marché, dit souvent nouveau type d’acteur. Le vélo électrique, objet cool et urbain, colle très bien à l’esprit start-up. C’est comme ça qu’est né Cowboy, la success story belge dont je vous ai parlé il y a quelques jours.

Mais les Bruxellois ne sont pas les seuls sur le coup: nos voisins s’activent aussi. Il y a les Néerlandais (logique, c’est le pays du vélo) de VanMoof, et les Français d’Angell. Cette dernière entreprise a été fondée très récemment, et j’ai pu essayer durant deux semaines leur premier modèle de vélo pour « riders urbains » comme le mentionnent certaines campagnes publicitaires.

Son prix: 2.860€, sans accessoire.

 > Dans un récent épisode du podcast RTL TechTalk, nous avons évoqué les vélos électriques urbains <

Beau, assurément, et vraiment français

Le vélo Angell est vraiment bien dessiné. Il a look néo-rétro très réussi. Sa ligne est épurée, son cadre en aluminium est étonnamment assemblé: on ne voit pas les soudures habituelles entre les tubes, car tout est collé. Le designer Ora ïto a fait du beau boulot. Le vélo est vraiment français, ce qui est une prouesse actuellement: les éléments en alu sont fabriqués en fonderie à Vitrolles, l’assemblage du cadre et du reste a lieu dans différentes zones de France. Seul l’électronique, l’écran, le chargeur et d’autres petites pièces viennent d’Asie.

La batterie amovible prend la place du porte-bagage, une belle idée de design là aussi, surtout qu’elle intègre les feux arrière. Les jantes blanches 28″ et les pneus spéciaux Michelin Protek 700 x 35c contribuent au look rétro.

Enfin, le guidon légèrement incurvé comprend des clignotants aux extrémités des poignées, quatre boutons configurables et un petit tableau de bord.


Confortable ? Pas vraiment

L’ensemble, vous l’aurez compris, est très élégant tout en étant fonctionnel. Seul bémol, mais c’est assez personnel: la position de conduite est très ‘course’. J’étais assez bien penché en avant et le guidon est un peu étroit à mon goût. Il y a donc un confort de conduite que je trouve amoindri, on est loin de la position ‘assise’ d’un vélo traditionnel (dit ‘hollandais’).

De plus, pour ne pas gâcher ce beau design ni ajouter du poids, il n’y a aucun amortissement, la selle est assez fine et les pneus ne sont pas bien larges (37mm). C’est une machine pour la ville, me direz-vous. N’empêche, le moindre nid de poule, vous le sentirez bien passer.

Le vélo affiche un poids d’environ 16 kg quand la batterie est intégrée (elle pèse 2 kg), ce qui est relativement léger. Je n’ai pas eu de souci à le mettre dans un break tout seul (après avoir rabattu les banquettes arrière, évidemment).

Comment se contrôle l’assistance ?

Contrairement à Cowboy qui a choisi de ne pas vous laisser le choix, Angell vous permet de doser l’assistance du moteur électrique (situé dans le moyeu arrière, il développe 250W, avec un couple maximal annoncé de 50 Nm). Plusieurs options s’offrent à vous:

  • Fly Free: pas d’assistance. Dans ce cas, autant retirer la batterie pour trimballer 2 kg de moins.
  • Fly Eco vous aide à avancer jusqu’à 15 km/h. De quoi démarrer rapidement, mais si vous voulez aller plus vite, ce sera à la force des cuisses.
  • Fly Fast: c’est l’assistance maximale, et vous avez à peine besoin de pédaler. Jusqu’à 25 km/h, si vous faites tourner les pédales, le vélo avance presque tout seul.
  • Fly Dry: c’est celui que je préfère, car c’est le plus intelligent. Comme sur le Cowboy (dont c’est l’unique mode), Fly Dry détecte la puissance que vous mettez dans le coup de pédale. Si vous pédalez fort et vite, l’assistance augmente proportionnellement, toujours jusqu’à 25 km/h. Si vous pédalez doucement, l’assistance sera légère. Dans tous les cas, c’est une sensation intuitive et on roule à vélo « normalement », mais avec plus de facilité.



Un ordinateur de bord intégré, fausse bonne idée ?

Notez que, grâce à l’électronique et l’écran embarqués, vous n’êtes pas obligés d’utiliser l’application Angell et donc de créer un compte. Il suffit de créer un code PIN de 4 chiffres à entrer sur l’écran tactile, et vous déverrouillez le vélo pour l’utiliser.

Si vous utilisez votre smartphone et l’application, vous aurez en plus la navigation, assez pratique à utiliser (en plus des indications visuelles, il y a des vibrations sur le guidon pour vous rappeler de tourner à droite ou à gauche). Il faut également un smartphone pour profiter des options de suivi des trajets, de contrôle de la musique (forcément issue du smartphone), de configuration des 4 boutons, et surtout, la localisation à distance du vélo volé ou perdu.

Au final, je pense qu’Angell s’est compliqué la tâche par rapport à la concurrence directe (ce qui explique peut-être son prix plus élevé): autant laisser le smartphone et l’application faire tout le job avec, comme le propose le Cowboy 4, une fixation facile et sûre sur le guidon. Ce mode de fonctionnement est toujours plus fiable et facile à faire évoluer.

Autonomie: c’est moyen, sauf la mise en veille

Au niveau de l’autonomie, la petite batterie de 216 Wh permet une autonomie « moyenne » de 70 km avec assistance, selon le fabricant. Evidemment, tout dépend du niveau, vu qu’on peut la doser manuellement. En ‘Fly Dry’, j’ai parcouru environ 40 km sans trop me fatiguer, sur un parcours assez plat. Il restait 5% de batterie. Si vous roulez en Fly Fast, ce sera un gros 25 km (ce qui peut suffire en ville pour un aller-retour maison-travail). Si vous roulez en Fly Eco, effectivement, on doit pouvoir atteindre les 70 km annoncés par Angell. A noter que le Cowboy 4 promet 70 km d’autonomie avec assistance automatique, qui correspond au mode Fly Dry, mais je n’ai pas pu le vérifier.

Cependant, c’est en mode veille que l’autonomie de l’Angell me pose problème. A deux reprises, la batterie s’est déchargée en quelques jours dans mon garage quand je n’utilisais pas mon vélo. L’explication la plus évidente: la batterie principale recharge la batterie intégrée dans le cadre et qui permet de faire fonctionner l’ordinateur de bord à tout moment. Pour pouvoir être localisé en cas de vol, il semble que le vélo communique régulièrement sa position, via sa propre connexion 2G. Même en l’ayant éteint, il était possible, via l’application, de savoir où il se trouvait et quel était l’état de la batterie. Un peu comme un smartphone, donc, le vélo se décharge même sans être utilisé.

En conclusion, dans l’idéal, il faut retirer la batterie et la charger tous les soirs (ça prend un peu plus de 2h) et la remettre tous les matins, afin de pouvoir l’utiliser pour ses déplacements tout en pouvant le surveiller à distance.


Conclusion

De manière générale, j’ai apprécié mes petits tours avec l’Angell. C’est un outil de déplacement efficace pour tous ceux qui font des courtes distances, et je conçois tout-à-fait qu’en ville, on remplace une voiture ou un scooter par ce genre de vélo. En revanche, vu sa position de conduite et son confort relatif, ce n’est pas le vélo que je choisirais pour des balades de plusieurs heures, pour des « sorties vélos ».

L’Angell est assurément un bel objet, j’apprécie l’originalité du design et l’effort pour intégrer les feux arrière dans la batterie ‘porte-bagage’ et les clignotants dans le guidon. L’intégration de l’écran tactile et de quelques boutons a un seul avantage: pas besoin d’un smartphone et d’une application pour le déverrouiller et l’utiliser.

Au niveau de ses performances, on est plus ou moins dans le même ordre d’idée que ce que propose Cowboy, même si le vélo belge est un cran au-dessus.

Son prix, même s’il semble élevé à 2.860 euros sans accessoire (le Cowboy 4 est à 2.500 et le Van Moof à 2.000€), reste raisonnable pour un vélo électrique. En effet, en me promenant sur les sites de plusieurs revendeurs spécialisés, j’ai remarqué que les prix dépassaient souvent les 3.000 euros (sauf chez Decathlon où les prix débutent à 800€, mais j’ignore ce que valent vraiment leurs vélos au-delà de leur fiche technique un peu moins flatteuse que chez Angell et Cowboy).








Le Galaxy S21 Ultra, nouveau roi d’Android ?

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 27 janvier 2021 15h27 | Ajouter un commentaire

A 1.249 euros, le Samsung Galaxy S21 Ultra se doit d’être un smartphone sans défaut. Même si j’en ai trouvé (un), il est volontaire de la part du géant sud-coréen de l’électronique, qui continue sur sa lancée de 2020 en inondant le marché. Son nouveau porte-étendard est une sacrée réussite.

Samsung, solide N.1 mondial (pratiquement 1 smartphone sur 4 vendu dans le monde fin 2020), lance traditionnellement la saison avec une nouvelle version de sa gamme phare, Galaxy S. En 2021, il n’a attendu que 14 jours pour dévoiler les Galaxy S21, virtuellement, covid oblige. Un exemplaire du S21 Ultra, le plus haut de gamme, est arrivé à RTL info. J’ai pu le tester durant quelques jours. Retrouvez mon avis en audio dans notre podcast RTL TechTalk (ci-dessous), ou en détail plus bas dans cet article.

Un design audacieux mais réussi

Dès le déballage, on constate que Samsung a pris des risques. Et ça fait du bien dans un monde dominé par du verre ou du plastic brillant, absorbeur de poussières et de traces de doigts. Le S21 a une finition mate (et noire dans mon modèle de test): c’est très sobre mais surtout très élégant ; et ça ne glisse pas dans la main.

Notez également la bonne idée de Samsung pour éviter des protubérances disgracieuses liées aux capteurs photo qui se multiplient dans le dos des smartphones: il y a sur les S21 le ‘contour cut camera’, une manière sophistiquée d’appeler l’apparente intégration du bloc d’optiques au châssis. Résultat: c’est plus discret que les traditionnels ‘ilôts’ de capteurs, et finalement assez esthétique…

L’écran occupe une très grande partie de la face avant, qui est très légèrement courbée sur les côtés: les bords sont à peine perceptibles mais il n’y aura jamais de touchers indésirables en le manipulant. Le S21 Ultra bénéficie du dernier revêtement Gorilla Glass Victus pour ses deux faces: il promet une résistance largement accrue aux chutes et aux rayures. Bref, un vrai sans faute selon moi.


Une fiche technique forcément au top

A 1.249€, le fleuron de la gamme Galaxy se doit de contenir les meilleures technologies du moment. On trouve donc l’Exynos 2100, la dernière puce haut de gamme développée en interne par Samsung. Gravée en 5nm et épaulée par 12 GB de RAM, elle promet des performances inégalées. Difficile de la prendre en défaut sur tous les jeux que j’ai essayés, ni sur les séances de changements d’applications continus pendant 30 secondes. La fluidité est omniprésente mais c’est logique (même avec des puces deux fois moins puissantes, on y arrive).

Cette puissance est étalée sur un magnifique écran de 6,8″. Samsung monte la définition à 3200 x 1440 pixels, tout en conservant le taux de rafraîchissement très élevé de 120 Hz. C’est donc très détaillé tout en restant très, très fluide. L’AMOLED de Samsung, également fabriqué en interne, est toujours aussi agréable à l’œil. J’ai regardé quelques vidéos en haute définition et c’est un régal, d’autant plus qu’il y a deux petits haut-parleurs stéréo au rendu étonnant pour un smartphone:

Le S21 Ultra est forcément équipé d’autres technologies attendues sur un tel appareil: un capteur d’empreintes sous l’écran très rapide pour déverrouiller (si vous préférez, il y a aussi la reconnaissance faciale), l’étanchéité certifiée IP68, la 5G, la dernière norme de Wi-Fi (6E), deux places pour cartes SIM, une mémoire interne de 256 GB et surtout, la charge sans fil et une batterie de 5.000 mAh. Cette dernière est nécessaire pour supporter la forte consommation de l’écran très haute résolution avec 120 images par seconde, donc finalement, vous tiendrez une journée et une nuit, mais le lendemain matin, le smartphone sera dans le rouge. Petite nouveauté: le S21 Ultra est compatible avec le stylet S Pen, mais il est vendu séparément, tout comme la coque nécessaire à son rangement.

Petit bémol, maintenant: Samsung n’accorde pas autant d’importance à la recharge que OnePlus et Oppo. Les deux entreprises sœurs chinoises ont développé un chargeur de 65W, fourni, tandis que Samsung (pour des raisons environnementales officiellement) livre ses S21 sans chargeur. Pour charger le mieux possible, il faudra trouver un chargeur 25W (ce n’est pas très rapide) compatible avec les normes QuickCharge 2 ou AFC. Sur le site de Samsung Belgique, on peut en commander un à 25 euros. C’est le seul défaut que j’ai trouvé au S21 Ultra, mais il est volontaire de la part du sud-coréen.

> Notre podcast RTL TechTalk a évoqué le S21 Ultra

Des photos incroyables

L’un des gros points forts du S21 Ultra par rapport à ses petits frères et même à la concurrence, c’est la qualité des photos. En 2021, les améliorations sur le papier semblent un peu techniques, mais j’ai constaté des différences avec le S20 Ultra. De manière générale, le capteur principal de 108 MP fait des merveilles. Il utilise des pixels de plus petite taille (0,8µm), qui sont fusionnés au ratio 9:1. Les photos finales font donc 12 MP par défaut, ce qui est largement suffisant pour tous les usages. Elles sont d’une grande précision, d’une grande luminosité même quand il fait sombre. J’ai comparé avec d’autres smartphones haut de gamme de 2020, et le S21 Ultra fait sensiblement mieux à tous les niveaux. L’intérêt du capteur 108 MP est aussi de pouvoir recadrer après coup une photo en zoomant dedans. Même idée pour les vidéos pouvant être tournées en 8K (attention, le nombre d’images par seconde tombe alors à 24). L’option date de l’an dernier, elle est assez niche et servira surtout à ceux qui prennent la peine de faire de l’édition de vidéo. Effectivement, filmer en 8K n’est pas vraiment utile en l’état, car on se retrouve avec une vidéo en très haute définition (donc très lourde), dont pratiquement aucun écran de télévision ou d’ordinateur ne pourra afficher les 32 millions de pixels.

Le dos du S21 Ultra est recouvert de capteurs. L’un d’eux sert à faire du très grand angle, pour prendre plus d’image dans la scène (on passe en 12 MP et c’est plus classique comme qualité). Les deux autres servent à faire du zoom: il y a un capteur tele 3X et un capteur tele 10X, qui fonctionnent plutôt bien s’il y a beaucoup de lumière, surtout avec le ‘zoom block’ (à partir de 20x, voir le cadre jaune sur la photo ci-dessous) pour prendre la photo automatiquement quand vous arrêtez de bouger (ce qui évite le petit tremblement dû à un appui sur le bouton). Le logiciel prend le relais pour monter au-delà, et jusque 100X, mais c’est souvent fort ‘pixellisé’, même en plein jour, et donc l’intérêt est limité (ça n’a pas vraiment changé depuis le S20 Ultra).


Ajoutez à cela un tas d’options logicielles pour les photos et les vidéos, au moment de les prendre ou après les avoir prises (je ne vais pas les énumérer), et vous avez le smartphone idéal pour ceux qui adorent filmer ou se filmer – hé oui, même la caméra frontale est passée à 40 MP !

Et l’interface ?

Pas de bouleversement en 2021 avec Android 11 et Samsung UI 3.0. Le géant sud-coréen continue d’aller dans la bonne direction, en ne cherchant plus à imposer ses applications maison à tous les étages (il a notamment confié son cloud à OneDrive, la solution de Microsoft disponible sur tous types d’appareils et de marques).

Certes, il y a encore le magasin d’applications maison par défaut sur l’écran d’accueil, un Galaxy Store toujours limité au néerlandais et qui lui rapporte un peu d’argent si vous y achetez des applis ou faites des achats dans les applications. Mais Bixby (assistant intelligent, vocal à ses débuts) est moins envahissant. Samsung jongle avec des services et applications de Google et de Microsoft, et c’est plutôt une bonne idée de ne pas tenter d’imposer tous ses services (surtout si un jour, vous décidez de changer de marque).

Ceci étant dit, esthétiquement et ergonomiquement, la surcouche de Samsung est un modèle du genre. Tout est fluide et bien positionné, les notifications et les menus sont clairs et intuitifs, c’est vraiment une expérience Android de premier plan.


Conclusions

Samsung surfe sur son succès de 2020, et est l’incontestable premier vendeur de smartphones dans le monde. Ça lui permet de développer les composants essentiels en interne (écran, processeur, capteurs photo, mémoire), et de proposer des vitrines technologiques telles que le S21 Ultra que j’ai essayé. Un appareil redoutable, à la fois très élégant mais doté de tout ce que vous pouvez imaginer comme technologies mobiles (à part un chargeur très rapide, Samsung ayant même décidé de ne plus en fournir dans la boite, également dépourvue d’écouteurs et de coque de protection).

Il est l’un des rares smartphones Android à dépasser les 1.000 euros, une gamme de prix où il n’y a qu’Apple qui parvient à vendre des millions d’appareils. Samsung y est de plus en plus seul: Huawei sombre sans Google, Sony et LG ont des stratégies discutables ; la concurrence vient donc principalement de Oppo dans le très haut de gamme, dont le Find X3 Pro est attendu prochainement. OnePlus, avec la série 9, devrait également retenter le coup du premium au printemps 2021. En attendant, la donne est claire: le S21 Ultra est le nouveau roi d’Android !

Mais il a forcément un prix. A 1.249 euros prix de base, le S21 Ultra devrait satisfaire un public très exigeant au niveau de la qualité de l’écran, des photos et des vidéos. Tous les autres se tourneront vers les versions plus raisonnables: le S21, à 849€, est un excellent rapport qualité-prix ; le S21+ (1.049€) propose simplement un écran plus grand et une batterie plus costaude que son petit frère.




Enfin un (vrai) ordinateur pas trop cher fabriqué par Microsoft

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 28 décembre 2020 13h43 | Ajouter un commentaire

L’approche de Microsoft concernant le logiciel (Windows, Office, etc) est un succès commercial indiscutable, depuis des dizaines d’années. En revanche, son approche hardware a toujours été plus contestable, si l’on met de côté la Xbox, sa console de jeu vidéo. 

Effectivement, on se souvient du fiasco du rachat de Nokia à la fin des années 2000, puis de la fabrication des Lumia tournant sous un Windows Phone disparu depuis de longues années. 

Au niveau des ordinateurs, ce que Microsoft maîtrise le mieux au niveau logiciel, la gamme Surface ne m’a jamais vraiment convaincu (voir mon test de la Surface Go en 2018). Elle part du principe, auquel je n’adhère pas, que les gens sont à la recherche d’une tablette sous Windows avec stylet, pouvant se transformer en ordinateur à condition d’acheter (pour 100 euros de plus) un étui-clavier. Finalement très chères, toutes les Surface sont des objets performants, mais il vaut nettement mieux opter pour un portable basique à 600€ et une tablette Android à 200€ si vous avez besoin de ces deux genres d’appareils. 

C’est sans doute pour cette raison que Microsoft a commencé à commercialiser de ‘simples’ ordinateurs portables en 2017, baptisés tout simplement Surface Laptop. Mais là aussi, même s’il s’agissait de belles propositions, les prix atteignaient rapidement les 1.000 euros et grimpaient jusque… 2.700€, selon les configurations. 

Enfin le bon compromis ? 

J’étais donc assez emballé quand j’ai vu débarquer le Laptop Go il y a quelques semaines. Prix de départ: 629€, et avec un vrai processeur, à savoir un Intel Core i5 de 10 génération (2020). 

La seule concession, à ce prix, c’est la mémoire de stockage embarquée, à savoir seulement 64 GB (Windows occupant environ 20 GB, il ne vous en restera que 44). Cela peut être problématique si l’usage que vous comptez en faire nécessite de stocker beaucoup de vidéos, photos ou musique en local (et non dans le cloud). Les jeux vidéos, assez lourds en téléchargement, sont aussi à éviter avec si peu de mémoire (il n’y a d’ailleurs pas de port microSD pour l’augmenter). 

En revanche, pour tous les usages basiques (internet, Office, visioconférences, etc), ce Laptop Go 64 GB est une excellente machine avec un Windows complet. L’idéal, cependant, est de coupler cet appareil à un abonnement OneDrive (le cloud de Microsoft), dont les prix varient de quelques euros par mois à 99€ par an. 

Toujours prête

Microsoft a baissé le prix, mais pas la qualité de fabrication ni la finition. Les matériaux utilisés pour ce portable très compact sont toujours de l’aluminium ou du plastique mat dont la sensation au toucher respire la confiance et la robustesse. Idem pour la frappe au clavier, agréable. Les dimensions sont très proches du format A4: 28 x 21 cm. Le poids est contenu: 1,1 kg. 

J’ai utilisé cet ordinateur durant 3 semaines, et une chose m’a frappé: elle est toujours prête. Microsoft a bien optimisé le logiciel et sa mise en veille, de telle sorte qu’on peut refermer l’écran et le rouvrir 3 jours plus tard, sans perdre la moitié de la batterie. L’autonomie a d’ailleurs été soignée, grâce notamment à ce processeur i5 qui consomme moins que les précédentes générations. Microsoft évoque 13h d’utilisation continue, ce qui me semble très honnête. Sur les 3 semaines, je n’ai dû la charger qu’à deux reprises, alors que je l’ai utilisée plusieurs fois par jour. 

Tout ce dont on a besoin

Concernant les performances, rien à redire pour un usage basique comme évoqué plus haut, malgré les (seulement) 4 GB de RAM embarqués. J’ai travaillé, j’ai regardé des films en VOD, j’ai eu quelques conversations vidéo de groupe, j’ai même retouché quelques photos via un logiciel basique: c’est 95% des usages de 95% des personnes devant utiliser un ordinateur. 

L’écran de 12,4 pouces de diagonale est bien lumineux, et sa définition de 1500 x 1000 pixels est largement suffisante. Il est tactile, ce qui peut s’avérer utile pour certains (mais je continue de penser que Windows est un OS nécessitant un clavier et une souris). 

La connectique est assez limitée: un port USB-C, un USB classique, une prise casque et un port de chargement aimanté (pas de danger si vous vous prenez les pieds dans le fil du chargeur, donc). Il n’y a pas de sortie HDMI, et c’est dommage: il faudra passer par un dongle USB pour afficher ce que vous voulez sur un projecteur ou une TV.

Le Laptop Go est assez moderne, car équipé du Wi-Fi 6, d’une bonne caméra frontale HD qui gère bien les contrastes et de deux haut-parleurs sortant un son assez décent pour regarder un film ou converser. 

Conclusions

Le Laptop Go de Microsoft décroche un 8/10 bien mérité. A 629€, ce n’est pas le meilleur rapport qualité-prix de l’année. On trouve facilement des configurations légèrement meilleures pour quelques dizaines d’euros en moins. 

Mais acheter un ordinateur Microsoft, c’est s’assurer d’une qualité de fabrication au-dessus de la moyenne, et d’une excellente intégration du logiciel dans le matériel (ce que fait Apple depuis longtemps). Ce qui a pour conséquence, notamment, de doper l’autonomie (13h !). 

Bref, c’est une somme bien investie pour un appareil théoriquement très durable au niveau des mises-à-jour. Et enfin, au niveau du look, de la finition et de l’encombrement, on est clairement dans le haut du panier. 

Deux appareils pour améliorer le son de vos visioconférences

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Mobilité, Test , le 12 novembre 2020 16h52 | Ajouter un commentaire

Depuis plusieurs mois, une grande partie du monde occidental a du changer ses comportements sociaux. Pour limiter la propagation du coronavirus, on voit davantage de gens via un écran, que ce soit pour le travail ou pour les relations sociales.

Mais les Belges ne sont pas spécialement équipés pour que ces visioconférences professionnelles, scolaires ou privées se fassent dans de bonnes circonstances. On a vu des parents démunis car leurs enfants ont tous un smartphone performant, mais il n’y a pas (ou pas assez) d’ordinateurs portables pour tout le monde.

Notre analyste économique Bruno Wattenbergh a fait le tour des applications à utiliser pour des appels vidéos. Je vais évoquer pour ma part deux appareils spécialement conçus pour les visioconférences. Il s’agit de marques auparavant destinées au monde professionnel, mais qui se rendent bien compte que le grand public aurait aussi besoin d’elles…

Une enceinte micro particulièrement efficace certifiée Teams (Poly CL 5300, env. 140€)

Au sein des entreprises, les logiciels de Microsoft sont souvent très bien implantés. Ce qui pousse les départements IT à faire de Teams le moyen par défaut pour les communications vocales ou en vidéo. Il est donc logique que des produits soient « certifiés Microsoft Teams », et c’est le cas du Calisto 5300 de Poly, une marque du groupe américain Plantronics.

Il s’agit du compagnon idéal pour n’importe quel ordinateur, tablette ou smartphone. Ce petit cylindre de 3 cm de haut pour un diamètre de 11 cm s’y connecte en Bluetooth, via un câble USB-A ou USB-C, ou encore via un dongle USB.

Il est livré avec une housse de transport et le câble USB (pour la connexion ou la recharge de la batterie intégrée) s’enroule parfaitement dans une rainure prévue à cet effet. Il y a un interrupteur ON/OFF et Bluetooth et deux boutons pour le volume.

A quoi sert-il ? Avant toute chose, à amplifier le son qui est souvent très faiblard quand il sort d’un laptop ou d’un smartphone. Vu sa taille compacte et transportable, ne vous attendez pas à du home cinema, mais c’est très audible, car Poly a très logiquement mis l’accent sur la voix et les conversations, qui sont limpides.

Le Calisto 5300 prend tout son sens si vous êtes plusieurs (amis ou collègues) dans une même pièce, et que vous souhaitez partager la conversation. Car le son part vers le haut et peut être entendu par tout le monde, et car il y a un micro omnidirectionnel. Idéalement, vous le mettez au milieu de la pièce et tout le monde peut converser avec un interlocuteur à distance sans devoir s’agglutiner autour de l’ordinateur (ce qui est préférable actuellement).

L’enceinte fonctionne avec n’importe quel logiciel, car elle est reconnue par l’ordinateur, la tablette ou le smartphone comme un casque/microphone. Attention cependant à bien configurer les paramètres audio de votre application pour qu’elle utilise la sortie et l’entrée sonore de votre Poly.

Et Teams, dans tout ça ? Si vous téléchargez le logiciel Poly qui est nécessaire, il y a le bouton ‘téléphone’ sur l’enceinte qui deviendra utile. Il vous permettra de décrocher en cas d’appel via l’application, et sera coloré (vert) durant la conversation. Il y a également un bouton ‘mute’ qui coupera le micro, et un dernier avec le logo ‘Teams’ qui permet d’interagir avec l’application (ouvrir la fenêtre du logiciel) lorsque vous n’êtes pas en appel.

Plus personnel: le casque + micro Epos Adapt 560, (299€)

EPOS est le nom commercial des casques pour entreprises développés par le groupe danois spécialiste de l’audio Demant (auparavant Sennheiser). L’Adapt 560 que j’ai pu essayer est un casque audio sans fil affublé d’un micro rotatif qui peut se dissimuler derrière l’oreille droite (ce qui a par ailleurs pour effet de couper entièrement le micro).

C’est l’outil idéal pour bien communiquer lors d’une visioconférence avec un smartphone, une tablette ou un ordinateur. Le son est taillé pour les conversations, et pas pour la musique ou les divertissements.

Je l’ai essayé à plusieurs reprises, et tout a très bien fonctionné. On peut connecter un smartphone et un PC en même temps. Vous allez me dire qu’on peut faire ce genre de chose avec n’importe quel casque/micro (il en existe de nombreux à destination du grand public), et qu’il n’est pas nécessaire de payer 299€.

Ce n’est pas tout à fait vrai. Car si vous êtes dans un environnement un peu bruyant, le casque d’Epos prend tout son sens. Tout d’abord, son micro fonctionnera mieux et ne transmettra que votre voix, car il est orienté vers la zone de votre bouche. Ensuite, le casque est équipé d’autres micros qui vont écouter le bruit ambiant et l’annuler dans vos oreilles, afin que vous puissiez n’entendre que votre interlocuteur, et pas vos collègues qui papotent ou le bruit de leur clavier. C’est ce qu’on appelle le NC (Noise Cancelling). Il n’est pas de très haut niveau vu que le casque ne recouvre pas entièrement les oreilles, et il émet un bourdonnement permanent même s’il n’y a pas de bruit ambiant ni de son à diffuser ; mais il atténue les bruits parasites et améliore les conversations – c’est tout ce qu’on demande à un tel casque.

Autre avantage que les casques pour particuliers n’ont pas (outre le micro rotatif), c’est le bouton bleu Microsoft Teams, qui permet de lancer l’application ou de décrocher lorsqu’on vous appelle via cette application. Il faut cependant utiliser le petit dongle USB fourni. C’est une option intéressante pour certains, mais sachez que le casque fonctionne parfaitement avec n’importe quel logiciel (à nouveau, il faudra vérifier la première fois dans les paramètres que c’est bien le casque qui sert pour la sortie sonore et le micro, et non ceux de l’ordinateur).

LE bon smartphone de cet automne à moins de 600€, c’est celui-ci

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 21 octobre 2020 08h37 | Ajouter un commentaire

Le constructeur chinois OnePlus s’est montré raisonnable et vise juste cet automne. Son OnePlus 8T a toutes les caractéristiques importantes qu’on attend d’un très bon smartphone, sauf le prix. Le 8T est situé entre le 8 Pro (849€) et le Nord (399€), et c’est l’idéal. Je l’ai essayé quelques jours avant sa sortie et voici mon verdict.

Si vous vous intéressez un peu aux smartphones Android (donc si vous n’avez pas un pacte du sang avec Apple et ses iPhone), vous savez que le marché est sans conteste l’un des plus concurrentiels de ces dernières années.

A ce petit jeu, c’est Samsung qui est N.1, et qui va le rester quelques années suite aux déboires que connait Huawei depuis plus d’un an (voir les explications). Mais les malheurs de Huawei font le bonheur d’autres fabricants chinois qui ont un peu plus de place. Et cet automne, ils jouent des coudes pour être celui dont on parle le plus en Belgique.

Je vous ai parlé de la proposition encombrante de Xiaomi, et celle un peu plus pertinente de Oppo. Place ce 14 octobre à OnePlus, dont je vous ai déjà beaucoup parlé car il commercialise ses smartphones en Belgique depuis quelques années.

Le smartphone de la raison après une année un peu dingue chez OnePlus

2020 est une sacrée année pour OnePlus, qui ne cesse de grandir. Après les modèles 8 et 8 Pro très ambitieux au printemps, la jeune entreprise chinoise a lancé un Nord en été, qui correspond davantage à son ADN: un excellent smartphone à prix contenu (399€). Sans surprise, « c’est le modèle le plus vendu » du mois de septembre, m’a-t-on confié. Les stocks ont eu du mal à suivre, mais la production s’accélère et une nouvelle couleur a été annoncée le mardi 14 octobre, lors d’une conférence de presse virtuelle.

Mais la star du jour, c’était le 8T. Je m’attendais à retrouver des prix aussi élevés qu’au printemps, mais OnePlus a été très raisonnable et son dernier smartphone ne coûte que 599€ (version 8 GB de RAM et 128 de stockage interne, largement suffisant). Notez que OnePlus a à nouveau écouté les remarques des utilisateurs et des journalistes: il n’y a pas de 8T Pro cet automne, et c’est une bonne nouvelle (l’an dernier, le 7T Pro était un peu léger en terme de nouveautés).


Le 8T est un excellent choix pour ceux qui ont un budget de 599€. Sans conteste, il a une fiche technique redoutable qui vous garantit des années de fonctionnement stable et rapide, au moins deux mises à jour annuelles d’Android (et on part de la version 11, voir plus bas !), et des photos très réussies.

Au niveau du design, il ne brille pas par son originalité: un dos arrondi en verre lisse (dans un ton vert original), des courbes sur tous les angles mais un écran plat, une encoche en haut à gauche, un bloc photo polyvalent décentré sur le dos, à gauche également. Un look que l’on voit depuis quelques années déjà, et chez beaucoup de fabricants. C’est le seul défaut – très subjectif – que je peux faire au 8T. Mais la finition est excellente, comme toujours, et on retrouve avec plaisir l’interrupteur physique qui met le smartphone en mode vibreur ou ‘ne pas déranger’.

La charge ultrarapide, un vrai plus

OnePlus a toujours été un précurseur de la charge rapide. Via des noms comme Dash Charge puis Warp Charge, la marque inclut depuis quelques années une technologie propre qui fonctionne très bien, et dont il devient difficile, voire impossible, de se passer (certaines marques comme Motorola, Sony, LG, Nokia et surtout Apple se contentent du minimum, et c’est une erreur).

En 2020, quelques jours après la sortie de l’Oppo Reno4 Pro qui utilise la même technologie (les deux entreprises font partie du même groupe, BBK Technologies), OnePlus passe à la vitesse supérieure avec la Warp Charge 65. En réalité, la batterie de 4.500 mAh est divisée en deux, et les deux parties sont chargées simultanément à une puissance d’environ 30W. Tout ça évite la surchauffe et décuple la rapidité. On parle désormais d’une dizaine de minutes pour retrouver une journée d’autonomie. Lors de mon test, en 13 minutes, le temps d’engloutir un petit déjeuner en vitesse, mon smartphone est passé de 15 à 75% d’autonomie, de quoi tenir largement toute une journée. OnePlus dit qu’en 39 minutes, on passe de 0 à 100%. C’est très, très rapide pour une telle batterie.


Plein de qualités, seulement deux petites concessions

Je vous le disais, le OnePlus 8T est un monstre de rapidité et de fluidité. La marque a toujours misé énormément sur l’expérience utilisateur, il est donc logique que toutes les applications et menus soient très réactifs. C’est dû, en partie, aux composants embarqués. La puce la plus rapide de l’année (Snapdragon 865), 8 GB de RAM et 128 GB de stockage interne rapide, c’est parfait. Les puristes passeront à la version 12 / 256 GB pour 100€ de plus. La rapidité passera aussi par la 5G embarquée et le Wi-Fi 6, la norme du futur proche (voir mes explications).

L’écran AMOLED de 6,55″ au format 20:9 (2400 x 1080 pixels) est parfait, surtout grâce au mode 120 Hz qui amplifie encore cette impression d’immédiateté, de réactivité constante. C’est un bonheur pour les yeux, qui se fatigueront moins vite. OnePlus a gardé cette option issue du 8 Pro, et il a bien fait. L’écran a cependant perdu ses courbures latérales, ce qui pourrait déplaire à certains. Le look est un peu moins moderne, c’est indéniable, mais on évite les faux contacts très fréquents quand on manipule un smartphone avec l’écran ‘infini’ qui déborde sur les tranches.

La partie photo est une réussite. Des tests que j’ai pu faire en jouant quelques jours avec le OnePlus 8T, je peux confirmer qu’il est dans le haut du panier, un peu plus que l’Oppo Reno4 avec lequel je l’ai comparé. L’autofocus est très bien géré, et le flou d’arrière-plan est toujours nickel (si vous prenez un objet distinct, le reste sera très bien mis en perspective). Il y a 4 capteurs sur l’ilot arrière: le principal est le même que sur la série 8 du printemps, l’excellent IMX586 de Sony, stabilisé et offrant 48 MP pour du zoom 2x sans perte. Le capteur grand angle (123°) permettant de capturer une grande scène sans reculer est de 16 MP, et il y a également un capteur macro (5MP) pour les plans rapprochés, que je trouve toujours intéressant. Et le 4e ? C’est la particularité de OnePlus, un capteur monochrome jouant sur les effets de couleurs au moment de la prise de vue. C’est original et ça fonctionne de manière plus subtil qu’un gros filtre. De manière générale, les photos et les vidéos du 8T m’ont enchanté, sans oublier le mode nuit qui fait des miracles, comme ce que Huawei a pu faire les années précédentes (voir ma cave très sombre ci-dessous: le 8T ‘invente’ de la lumière, et ça marche).

oneplus812

Au niveau matériel, et ça justifie un prix assez raisonnable, le OnePlus 8T doit faire l’impasse sur deux options réservées à l’élite (et au 8 Pro): la charge sans fil et l’étanchéité certifiée. A vous de voir si c’est handicapant pour vous. Ça ne l’est pas pour moi, et le 8T peut se retrouver quelques secondes dans un bain, il ne mourra pas, car les ouvertures sont assez bien protégées.

Android 11, OxygenOS 11

Le OnePlus 8T est le premier smartphone à atteindre la Belgique avec Android 11 intégré, ce qui prouve déjà que les développeurs de OnePlus sont toujours sur la balle. Vous aurez donc Android 12 en automne 2021 et Android 13 en 2022, voire plus…

OxygenOS 11 a lui aussi été retravaillé, et les ajouts les plus sensibles sont esthétiques: design minimaliste, utilisation à une main plus facile et intuitive, mode sombre amélioré, et surtout un Always On Display (écran toujours allumé même en veille) plus complet, qui peut notamment afficher une jauge d’utilisation du téléphone, qui devient rouge au fil de la journée (voir ci-dessous).


Conclusion

OnePlus reste LA valeur sûre du segment haut du milieu de gamme, surtout avec le prix très contenu (599€) du 8T, qui fait de ce smartphone le vrai OnePlus de 2020, au sens du concept de flagship killer amené par la marque il y a des années. L’Oppo Reno4 Pro dont je vous ai parlé récemment (799€) a davantage de mémoire, une taille de guêpe et un écran élégamment courbé sur les côtés. Le 8T de OnePlus lui répond avec davantage de puissance, un écran plus rapide et Android 11 préinstallé. Pour 200€ de moins !

Donc comme d’habitude avec OnePlus, si votre budget est de 599€, vous avez le top du top en matière d’Android, avec la meilleure optimisation logicielle possible: jamais encombrante, elle est élégante et rapide, exploitant au mieux le système d’exploitation de Google. C’est tout ce qu’on demande à un smartphone.








Un mois avec le prestigieux Xperia 1 II, que vaut le dernier flagship de Sony ?

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 20 août 2020 06h02 | Ajouter un commentaire

Le géant japonais de l’électronique connait des années très délicates au niveau de sa division mobile, je vous en ai déjà parlé. Malgré tout, il ne veut pas lâcher le morceau, car il le considère, un peu comme LG, comme un marché incontournable pour tout bon géant de l’électronique grand public qui se respecte.

Mais l’équation de Sony est délicate. L’entreprise ne veut certainement par ternir son image premium durement acquise au fil des décennies, grand bien lui fasse. Ses divisions audio, caméras professionnelles, appareils photo, TV et jeu vidéo se targuent d’offrir le top du top, et elles ont généralement raison.

Cependant, le marché des smartphones et ultra concurrencé. Des acteurs chinois ont percé et, à l’image de Huawei ou de Xiaomi, ont bouleversé le modèle économique en offrant un rapport qualité-prix imbattable.

Sony essaie donc – mais les chiffres des ventes traduisent plutôt un échec – de se démarquer avec des caractéristiques très (trop?) spécifiques. Voyons ce que vaut son fleuron de 2020, le Xperia 1 II.

Un nom délicat, une fiche technique énigmatique

Pour évoquer le marché des appareils photo où Sony fait partie des meilleurs, le Xperia 1 est affublé de la mention II (comme Mark II, soit la 2e version d’un appareil). Hormis le clin d’œil vers la division ‘photo’ de Sony, il y a également l’idée d’une certaine stabilité: le Xperia 1 II est une évolution du Xperia 1 de 2019, dont je vous avais parlé à l’époque.

Je trouve cette idée assez saugrenue. Autant quand Apple sortait l’iPhone 6S l’année suivant la commercialisation de l’iPhone 6, cela avait du sens. Il s’agit de succès commerciaux indiscutables, et la stratégie d’Apple de chercher la stabilité, de ne pas révolutionner le design chaque année, peut se comprendre. Mais Sony n’a pas du vendre des millions de Xperia 1 l’an dernier. Donc sortir un Xperia 1 II comme s’il s’agissait d’un successeur attendu, cela me laisse perplexe sur la stratégie mobile de Sony.

Quoi qu’il en soit, le Xperia 1 II est là, et il est un peu différent de son aîné au niveau du design. Il a surtout une fiche technique un peu étrange. D’un côté, il a tout d’un très grand: le processeur le plus puissant de l’année (Snapdragon 865), un écran OLED très haute résolution (4K) élégamment allongé de 6,5″, 256 GB de stockage interne et 8 GB de RAM, quatre bons capteurs photos à l’arrière dont un qui enregistre en 4K à 60 images par seconde, le Wi-Fi 6, la prise casque, la belle batterie de 4.000 mAh, l’étanchéité IP68 et enfin, le prix: 1.199€.

Un prix élevé qui rend incompréhensibles certaines lacunes: l’écran ne bénéficie pas d’un taux de rafraîchissement plus élevé (entre 90 et 120 Hz) qui rend l’interface plus fluide et agréable à utiliser ; la charge rapide ne l’est pas assez (chargeur 18W ou 9V et 2A) comparée à la concurrence (souvent 30W, parfois 40 voire 65W). Surtout, il n’y a pas de capteur d’empreinte sous l’écran: il faut utiliser le bouton physique sur la tranche, et bien positionner son pouce (avec moi, il y avait souvent un problème). Il n’y a pas de déverrouillage via l’appareil photo frontale et votre visage. Je dois donc passer 2 fois sur 3 par le schéma, alors que j’ai déjà réenregistré mon empreinte à plusieurs reprises. Enfin, le design est d’une très grande sobriété: pas d’écran courbé, il s’agit d’une dalle plate à l’avant, avec des bordures de tous les côtés (pas besoin d’encoche, la caméra frontale est située dans la tranche supérieure, comme à la bonne époque).

Des photos un peu compliquées

Alors que Sony fait d’excellents appareils photo et caméras, qu’il fabrique et fournit les lentilles haut de gamme à tous les constructeurs de smartphone, il n’a en effet jamais été le meilleur pour ses propres téléphones.

Tout aurait dû s’arranger, m’avait promis Sony, car le géant chinois veut tirer profit de la collaboration entre tous les départements concernés pour être le meilleur. Mais au final, c’est assez compliqué. A nouveau, certains choix sont difficilement compréhensibles.

Les trois capteurs font 12 MP, ce qui empêche de facto la possibilité de « fusionner » des pixels pour capturer plus de lumière (ce que font les capteurs 48, 96 ou 108 MP de la concurrence). Impossible également de zoomer dans l’image pour un zoom numérique sans perte de qualité. Avec Sony, tout est fixe: un ultra grand-angle, un zoom x2 et un très grand angle. Le 4e capteur sert à calculer la profondeur pour réussir les portraits. Si les photos sont bonnes dans l’ensemble, elles ne cassent pas la baraque pour un appareil à 1.199€, et accusent un retard au niveau des clichés nocturnes, du zoom et de la macro (plan très rapproché).

Sony évoque des options « pro » sous la forme d’applications alternatives (Photo Pro, Cinema Pro), avec réglages manuels. Mais quand on voit les miracles que parviennent à faire les algorithmes de la concurrence en mode automatique (la fameuse intelligence artificielle de Huawei, ou AI, avec détection de scène et optimisation des réglages), on se demande qui a envie de passer des heures à régler à la main, sur un petit écran, pour un résultat qui ne sera de toute façon pas transcendant…

On se consolera avec le bouton ‘appareil photo’ présent sur la tranche: Sony est le seul fabricant à y penser, et c’est une bonne idée car il est bien positionné (près de l’index droit).

Conclusion

Le géant japonais de l’électronique, de l’audio et de l’imagerie est décidément très atypique. Son Xperia 1 II est un produit résolument haut de gamme, avec une puissance de calcul optimale qui permet de tout faire tourner avec fluidité.

Il est d’une sobriété totale, tant au niveau du look (pas d’écran de type ‘infini’ ni courbé, pas d’encoche) que du logiciel (une version proche de l’Android 10 de base, sans fioriture à part un menu rapide qu’on peut appeler à partir de la tranche). Cela peut plaire à certains – moi, personnellement, j’ai un faible pour ce genre d’appareils très « puristes »…

Mais à 1.199€, beaucoup de consommateurs sont en droit d’attendre quelque chose de plus spectaculaire. D’autant que Sony nous avait promis une partie photo au top, issue d’une collaboration avec ses divisions imageries. Au final, ça manque d’options, et ça plaira surtout aux professionnels qui aiment les réglages manuels.

Surtout, vu le prix, il manque une vraie charge rapide, un capteur d’empreinte digne de ce nom et un taux de rafraîchissement plus élevé que 60 Hz (même le OnePlus Nord à 399€ a réussi à insérer du 90 Hz).

Je crains donc que le Xperia 1 II n’aide pas Sony à augmenter ses parts de marché…


Le dernier smartphone de Huawei, « c’est un amour de vacances »

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 24 avril 2020 09h37 | Ajouter un commentaire

… et donc une histoire sans lendemain. Les paroles de Christophe Rippert résonnent cruellement quand on pense au dernier flagship du géant chinois des télécoms. Empêtré dans un conflit politico-commercial avec les USA, Huawei ne peut toujours pas inclure les applications et services de Google dans ses nouveaux smartphones. Le P40 Pro, on l’aime une soirée en prenant des photos magnifiques, mais le lendemain, on déchante.

Le géant chinois des télécoms, Huawei, joue de malchance. En 2019, l’administration Trump a interdit aux entreprises américaines de collaborer avec l’entreprise, soupçonnant des liens trop étroits avec le gouvernement chinois. Et en 2020, alors que Huawei se sent prêt à lancer son propre écosystème mobile (basé sur Android mais sans la moindre application ou service de Google) en Europe, avec deux appareils assez incroyables, la crise du coronavirus l’empêche d’avoir l’attention qu’il mérite.

Il faut qu’on en parle, car c’est tout de même très audacieux de lancer en Belgique des smartphones sans les applis et services de Google auxquels tout un continent a pris le temps de s’habituer: le magasin d’applications (Play Store), la navigation sur internet (Chrome), la recherche (Google), la cartographie (Maps, qui est aussi devenu un annuaire et un GPS)… ce ne sont que 4 exemples dont vous avez besoin au jour le jour avec un smartphone Android, parfois sans vous en rendre compte. Et je ne parle pas des Google Mobile Services, qui sont nécessaires au fonctionnement de nombreuses applications, même si ça ne se voit pas.

J’ai essayé le P40 Pro (999€), un smartphone possédant sans doute le meilleur appareil photo de l’année, et le Mate Xs (2.499€), un smartphone géant qu’on peut plier en deux. Mais ça ne suffit pas, vous allez comprendre.



Pourquoi Huawei n’est pas encore prêt ?

Huawei tente donc de remplacer tout ce que propose Google depuis 10 ans par ses propres applications et services. Il peut y arriver sur le long terme, car il s’est donné les moyens de ses ambitions, mais soyons clairs: ce sera long, compliqué et pour 2020, c’est déjà raté.

Son magasin d’applications (AppGallery) ressemble à celui de Google à ses débuts: beaucoup d’applis bizarres (d’inquiétants clones de Facebook ou de jeux vidéo, Mario Kart dans l’exemple ci-dessus), inutiles ou inconnues, et qui sont mises en avant on ne sait trop comment. Regardez le classement des applications en Belgique: TikTok, QR Code, Nieuwsblad, Snapchat et Office ! Mais surtout, il manque un tas d’applications importantes comme Facebook, Twitter, WhatsApp et Messenger, Instagram, YouTube, Spotify, Netflix, Gmail, Google Maps. Rien que ça…

On pourrait se passer de Facebook ou Netflix, voire pour certaines (YouTube ou Gmail, par exemple) aller sur le site mobile via le navigateur maison de Huawei. En revanche, on a BESOIN des applications bancaires (mais elles sont toutes absentes) et pour les geeks comme moi, des applications de contrôle des tous les objets connectés de la maison. Or vous ne trouverez même pas les plus populaires comme Philips Hue (lampes), Sonos (enceintes connectées), Nest (domotique) ou Tado (chauffage connecté). Oubliez également Fitbit, les bracelets d’activité les plus populaires.

Huawei évoque des alternatives : aller sur le site mobile (ok pour YouTube, mais pour Google Maps, c’est chaud) ou télécharger les applications soi-même sur internet (les fichiers .apk, mais qu’en est-il des mises à jour et de la sécurité?). Voire de manière plus abruptes: passer à autre chose. Il n’y a pas Spotify ? Et si vous optiez pour Deezer ou Huawei Music, qui vient de se lancer ? Le catalogue semble complet et ça coûte 9,99€ par mois. Pas d’assistants vocaux de Google ou d’Amazon ? Il y a désormais Huawei Assistant avec HiVoice. Pas de sauvegarde dans les clouds les plus populaires (Google Drive, Microsoft OneDrive, Dropbox sont absents) ? Passez à Huawei Cloud, les prix sont identiques.

Autant d’options qui, sur le papier, semblent de bonne facture, car Huawei fait généralement bien les choses, même s’il arrive longtemps après la concurrence. Reste une question: pourquoi les utilisateurs prendraient-ils la peine de changer toutes leurs habitudes pour rester fidèles à Huawei, alors qu’il y a des tas d’alternatives avec un Android ‘normal’ ?

Le P40 Pro, LE roi de la photo

La seule raison que j’entrevois, c’est l’excellente qualité des smartphones de la marque. Certes, au fil des années, les prix ont rejoint ceux de Samsung et d’Apple. Mais Huawei reste le roi de la photo, j’ai pu le constater en essayant durant quelques jours le P40 Pro (999 euros), un smartphone qui a d’ailleurs reçu la meilleure note par DXOMARK (128, voir la critique) pour la qualité des clichés.

J’ai effectivement été bluffé. Même le Samsung Galaxy S20 Ultra, pourtant un solide concurrent (je l’ai essayé durant un mois), s’avoue en partie vaincu sur quelques critères. Toutes les photos du P40 Pro sont réussies, elles sont parfaites, riches en détails, avec – sans devoir passer par des modes ou des réglages – un floutage de l’arrière-plan aussi bon que si vous utilisez un reflex. Sur ce bête exemple, on remarque le premier bougeoir est bien net, que ses ramifications sont détaillées, alors que le bougeoir situé juste derrière lui commence déjà à se flouter, de manière graduelle. Peu de smartphones maîtrisent à ce point la profondeur et les détails :

Le P40 Pro a trois lentilles à l’arrière: la principale (Utra Vision) est de 50 MP, elle fait du pixel bining en concentrant 4 pixels en 1 pour plus de lumière – donc les photos sont de 12 MP en réglage standard. La lentille dédiée au grand angle a été soignée (Utra Wide Cine Camera, 40 MP) et permet donc des photos aussi détaillées que les autres. Enfin, celle du zoom (Telephoto périscopique) est de 12 MP et permet du vrai et de l’excellent 5x optique (donc sans zoom numérique dans l’image, voir ci-dessous), puis du ‘faux’ zoom jusque 50x. Le petit capteur sur le côté ne sert qu’à mesurer la profondeur de champ. Ce savant mélange (et je vous épargne les tours de passe-passe de Huawei pour améliorer les différentes prises de vue) fait donc des miracles. Remarque importante: ceux qui adorent se prendre en photo ou se filmer seront ravis d’utiliser la lentille frontale de 32 MP qui permet de filmer en 4K, et qui s’adjoint les services d’un autre capteur de profondeur. J’ai essayé et ça fait vraiment la différence. Pour la vidéo, vous pouvez compter sur le même niveau de qualité avec des effets et un format ‘cinéma’, aidé notamment par un zoom « audio » qui concentre le micro frontal pour mieux capter la scène filmée.

A côté de cela, le P40 Pro a tout d’un modèle haut de gamme de 2020: le design est très soigné, et original au niveau des courbures dans tous les coins mais avec le style Huawei (qui est effectivement parvenu à instaurer des éléments reconnaissables, comme le cerclage chromé). Il y a une grosse fiche technique sous le très bel écran OLED de 6,58  » (qui n’est ni trop grand, ni trop petit) avec un taux de rafraîchissement qui passe à 90 Hz pour plus de fluidité: puce Kirin 990 incluant la 5G, 8 GB de RAM et 256 GB de stockage interne, résistance à l’eau IP68, batterie de 4.200 mAh avec charge rapide (40W avec fil et 27W sans fil).

Bref, il a tout, sauf la panoplie Google qui, vous l’avez compris, nous est encore indispensable en Europe, du moins pour le moment.

Un smartphone pliable, mais pour qui ?

Les smartphones pliables ont été un fantasme pour certains durant quelques années. Quelques modèles existent désormais et les critiques sont mitigées. Le Motorla Razr s’est fait démonter par la presse spécialisée aux Etats-Unis, le Galaxy Flip de Samsung est réussi (voir mon avis) mais coûte 1.500€, reste à découvrir la vision de Huawei.

Voici donc le Mate Xs, un appareil impressionnant, ça ne fait aucun doute. Il s’agit d’une grande tablette de 8 pouces, carrée, qui se replie pour prendre la forme d’un smartphone un peu plus épais que la moyenne. Je l’ai essayé quelques jours et mon sentiment est assez mitigé.

Effectivement, encore plus qu’avec le Galaxy Z Flip, la fragilité du Mate Xs est effrayante pour un appareil vendu 2.500€ en Belgique. Huawei propose effectivement un smartphone pliable dont le grand écran, un fois replié, devient les deux faces de l’appareil. Donc peu importe le côté sur lequel vous le déposer, ce sera l’une des deux moitiés de l’écran. Certes, il y a une très fine coque qui peut être « collée » maladroitement sur les bordures (une fois à plat, elle se recroqueville au niveau de la charnière, c’est moche). Mais le reste, c’est de l’écran, et donc c’est du plastique relativement souple (on sent d’ailleurs bien la charnière au milieu). Et sur la boite, il est clairement indiqué qu’il faut en prendre soin: éviter les objets pointus, la poussière, les gouttes d’eau, etc. Il me semble donc indispensable de se fournir un genre d’étui en cuir, par exemple, dans lequel on glissera le smartphone.

Cette fragilité inhérente et inévitable doit, théoriquement, être comblée par un gain en productivité ou en confort grâce à l’espace de travail de grande dimension (20,3 cm !). J’ai donc installé quelques applications (non sans mal car il n’y a pas de Play Store, voir plus haut), pour constater que peu d’entre elles parviennent à s’afficher d’une manière intéressante sur cette dalle carrée (logique, les applis sont développées pour un format 16:9, ou plutôt désormais 18:9 ou 19:9). Une vidéo YouTube en plein écran s’affiche forcément au milieu, un fil info Facebook apparait étiré et l’accès aux boutons est délicat, un jeu classique (Angry Birds) est un peu perdu et ne sait plus dans quel format s’afficher.

En revanche, ça passe avec un fil de photo Instagram (elles sont de forme carrée, ça aide), avec certains applis d’information (comme RTL info) qui comprennent qu’elles peuvent s’afficher comme sur une tablette), et avec la plupart des pages web.

Le Mate Xs prend tout son sens avec le mode ‘multifenêtres’, qui s’active en faisant glisser le pouce d’un bord vertical vers l’intérieur de l’écran. Un petit symbole avec des carrés vous permet alors de lancer une seconde application (il faut donc d’abord en ouvrir une). On peut redimensionner les zones occupées par les deux applis, voire même en mettre une en version « pop-up ». C’est idéal pour du vrai multitâches :

Oubliez l’idée d’être plus rapide au niveau de l’écriture: le clavier est forcément très large en mode « déplié ». Dès lors, la plupart du temps, le Mate Xs s’utilisera fermé, car dans ce cas, la moitié de l’écran qui n’a pas d’appareil photo fait office de smartphone traditionnel.

Bien entendu, payer 2.500€ une grande dalle pour ne l’utiliser qu’en mode plié, plus pratique au jour le jour, ça n’a aucun sens.Donc je n’ai aucune idée de l’intérêt réel d’un tel appareil, si ce n’est pour montrer au monde que Huawei peut le faire, comme Samsung. Les acheteurs un peu fou seront ravis de savoir qu’il y a 512 GB de stockage intégré, la charge très rapide (jusque 65W, vous pouvez donc charger des ordinateurs portables) et trois bonnes lentilles pour faire des belles photos à la sauce Huawei (et qui servent aussi pour le selfie car c’est un des rares avantages: l’écran se replie à côté des capteurs).

Le Galaxy S20 Ultra, nouveau roi d’Android ?

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 1 avril 2020 15h24 | Ajouter un commentaire

Les tests de Mathieu: un mois avec le gigantesque Samsung Galaxy S20 Ultra, est-il le roi d'Android ?

J’ai testé le dernier flagship sud-coréen pendant 4 semaines. Un appareil un peu dingue, extrême, et qui en Belgique n’aura pas de concurrent sérieux suite à la déroute de Huawei. Voici mes conclusions.

Dès le déballage de l’imposante boite, on comprend qu’on a affaires à un smartphone imposant, lourd, grand, épais, solide. Le Galaxy S20 Ultra, ensuite, fait penser à un autre smartphone haut de gamme, le plus emblématique: l’iPhone.

Le géant sud-coréen Samsung, à ses débuts, s’est inspiré de l’iPhone d’Apple pour se lancer dans le marché du smartphone (il a même été condamné en 2018 pour avoir copié 10 ans plus tôt la face rectangulaire aux bords arrondis et les icones colorées rangées sur un fond noir, entre autres choses).

Si depuis lors, Samsung est devenu N.1 mondial du smartphone, c’est évidement parce qu’il a su inonder les marchés internationaux avec une large gamme d’appareils de qualité, et de gros budgets marketing pour installer sa marque.

Mais on dirait que les vieux démons de Corée du Sud ont encore frappé cet hiver. Même si le timing fait penser le contraire (il faut au moins 6 mois pour concevoir et commercialiser un smartphone), le Samsung Galaxy S20 Ultra semble avoir trouvé de l’inspiration du côté de l’iPhone 11 Pro Max d’Apple sorti l’automne dernier: couleur gris/vert, protubérance (en partie) rectangulaire des multiples capteurs au dos de l’appareil, prix prohibitif.

En effet, il coûte 1.349 euros. Je l’ai essayé durant un mois, voici donc mon avis sur cette vitrine sud-coréenne. Notez cependant qu’il existe deux versions plus ‘normales’ et accessibles, celles qui se vendront le plus: les Galaxy S20 et S20+. Ils sont un peu moins performants au niveau de la photo/vidéo, moins grands et « limités » à la 4G. Ils coûtent 899€ et 999€.

Très grand et privé de navigation par geste

Le Galaxy S20 Ultra est un smartphone de très grande taille. 6,9 pouces, c’est tout simplement le plus grand téléphone que j’ai pu tenir en main. Comptez donc sur une diagonale 17,5 cm, une hauteur de 17 cm, une largeur de 7,6 cm et une épaisseur de 0,88 cm. C’est énorme. Son poids: 220 grammes. Et il faut ajouter une coque (une en silicone transparent est fournie) car un gros pavé de capteur photo ressort de 2 mm à l’arrière, rendant l’appareil instable et fragile posé sur le dos.

Bref, c’est impossible à manipuler à une main. D’autant que pour une raison que j’ignore, Samsung ne veut toujours pas proposer la navigation par geste, celle qui permet de revenir à la fenêtre précédente d’un petit geste du pouce de la droite (ou la gauche) de l’écran vers le centre, et de revenir à l’écran d’accueil en le faisant depuis le bas. C’est la navigation que je trouve la plus intuitive et la plus pratique pour les grands smartphones, après une très courte période d’adaptation. Au lieu de cela, il faut se contenter des vieux boutons Android (ou de petits gestes à effectuer uniquement dans le bas de l’écran, ce qui n’aide pas) :

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Heureusement, la zone de déverrouillage par empreinte sous l’écran a été remontée, donc elle tombe assez facilement sous le pouce. Après, par contre, il faudrait faire des contorsions de la main et déplacer le téléphone pour des gestes aussi réguliers que ‘précédent’ et ‘accueil’. Au risque de faire tomber un appareil à 1.349 euros…

Le plus bel écran du monde

Samsung frappe fort, à nouveau, au niveau de la qualité de l’écran. Il parvient encore à mettre la barre plus haute par rapport à la génération 2019, et ça en met plein les yeux.

Pour en profiter pleinement, il faut cependant passer au mode 120 Hz. On parle ici du taux de rafraichissement de l’écran, une caractéristique désormais propre aux modèles haut de gamme (même si le OnePlus 7T – à 90 Hz – le propose à 500€). Cela offre une fluidité optimale et c’est très dur, par la suite, de s’en passer. Samsung désactive par défaut  le 120 Hz (au profit d’un 60 Hz de base), car il consomme davantage de batterie.

Regarder une vidéo, surtout un film ou une série avec une bonne qualité d’image sur une plateforme de streaming, est un régal pour les yeux. C’est sans doute ce qui se fait de mieux sous Android. Les paramètres par défaut de cette dalle AMOLED sont excellents au niveau de la luminosité et des couleurs, mais vous pouvez les adapter. La définition standard est FHD+, donc 2400 x 1080 pixels. Pour passer à WQHD+ (3200 x 1440) il faut repasser en 60 Hz, mais vous ne le ferez jamais car il vous semblera lent, saccadé.

Ajoutez à cela deux haut-parleurs plus puissants que la moyenne, et capable je ne sais trop comment d’effets stéréo et de spatialisation du son (surtout si vous le posez, debout, sur une surface en bois), et vous avez là le roi de la consommation de contenu. Cerise sur le gâteau: Samsung fourni une très bonne paire d’écouteurs intra auriculaires AKG (une marque qui lui appartient depuis le rachat du groupe Harman).



Un excellent zoom 10x

Depuis quelques années, les fabricants de smartphone haut-de-gamme disent qu’ils sont les meilleurs au niveau de la photographie. Il est certain que c’est un des arguments qui différencient le plus un appareil à 1.000 euros et un appareil à 400 euros. Raison pour laquelle, à chaque nouvelle version de flagship, il y a un capteur photo en plus, un zoom plus puissant, et une meilleure gestion des photos dans la pénombre.

Il faut reconnaître, cependant, que les arguments avancés sont plus souvent d’ordre marketing que d’ordre technique. La preuve cette année avec un zoom x100 fièrement prôné par Samsung. Certes, il existe, mais le résultat est tellement pixélisé et flou, même avec un trépied et du soleil, que l’intérêt est quasiment nul (voir photo ci-dessous). On est à des milliers d’années lumières de ce que permet un reflex avec un téléobjectif. C’est sans doute ce qui se fait de mieux sur un smartphone, mais à quoi bon ?

Pour le reste, la partie photo du Galaxy S20 Ultra est excellente, bien entendu. Si le mode nuit ne m’a pas impressionné (j’ai comparé et un Huawei P30 Pro fait mieux, dans le sens où il trouve – invente? – plus de lumière là où il n’y en a pas), les autres modes font des miracles et sont certainement ce qui se fait de mieux pour l’instant.

Il y a un capteur principal de 108 MP, un ultra grand-angle de 12 MP, un télé (pour le zoom) de 48 MP et un dernier pour améliorer les effets de profondeur. Par défaut, les photos sont prises en 12 MP (9 pixels sont « concentrés » un 1, donc 108/9 : 12 MP). Elles sont parfaites, bien entendu. Idem pour le grand anglet et le zoom, si vous le poussez jusque 10x maximum (au-delà, la perte de qualité est de plus en plus sensible). C’est du bon travail et c’est toujours pratique de pouvoir zoomer un peu sans craindre la bouillie de pixels. Le S20 Ultra est sans doute le meilleur smartphone au niveau du zoom, même si le P40 Pro de Huawei pourrait le détrôner prochainement. Pour la petite histoire, le zoom ‘optique’ du S20 Ultra est de 4x maximum, et au-delà, le logiciel gère plus ou moins bien le grossissement, jusque 100x, donc.

Vous pouvez aussi prendre des photos en 108 MP (en changeant manuellement de mode), mais elles pèseront 20 MB chacune. L’idée est de la zoomer par après sans perte de qualité, par exemple.

Il existe un tas de réglages disponibles, et des options de prises de vue amusante (comme Single Take qui combine photos et vidéos). Quant à la vidéo, elle pousse la définition jusqu’à la 8K, qui peut s’avérer utile, à nouveau, pour un recadrage en post-production. Pour le reste, c’est un format de vidéo qui pèse très lourd et qui ne se savoure réellement que sur les très grandes télévisions compatibles.

Mais gardons les pieds sur terre, ce sont des options pour les geeks ou les photographes avertis. 90% des gens qui achèteront le S20 Ultra utiliseront les réglages de base en photo et vidéo.

Conclusions

A l’heure d’écrire cette conclusion, donc environ 1 mois après la sortie du Galaxy S20 Ultra, le Huawei P40 a été présenté à la presse internationale. Si j’en parle dans cette conclusion, c’est parce que leurs destins sont liés: le dernier flagship du géant chinois des télécoms n’est plus un concurrent, alors que  l’an dernier, il menaçait de détrôner Samsung. Privé des services et applis de Google suite à une guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis, Huawei a du pain sur la planche pour convaincre les utilisateurs de changer d’écosystème et d’opter pour son alternative.

Tout ça laisse le champ libre à Samsung, surtout en Belgique où il est très bien implanté, pour rester le roi des smartphones Android dans les années à venir.

Bien entendu, ça n’empêche pas le Galaxy S20 Ultra d’être un impressionnant smartphone. Du haut de ses 1.349€, il ne sera jamais le meilleur rapport qualité/prix, mais il est sans doute le meilleur smartphone du moment, grâce à une fiche technique extrême (quel écran, quel son !) et des qualités en photo inédites (zoom x100, vidéo en 8K, etc).

Du côté des bémols, je me demande pourquoi les designers de Samsung s’inspirent encore de l’iPhone d’Apple (et j’ai trouvé que l’île des capteurs photo sur le dos était très épaisse). Je regrette aussi la navigation par geste qui manque cruellement sur un smartphone de cette taille. Quant à 128 GB de stockage interne, même si on peut ajouter une carte mémoire, c’est un peu radin pour un appareil d’un tel prix. Sachez aussi que l’interface maison de Samsung est assez encombrante, avec beaucoup d’applications maison préinstallées, un magasin d’applis dédié, un cloud, un assistant, etc. Elle vous prend par la main avec de nombreux conseils et pop-ups mais moi personnellement, ça me déplait. Si vous préférez du « pur Google », passez votre chemin. Un dernier mot sur l’autonomie, si vous passez en mode 120 Hz (et je vous le conseille, ça change la vie), elle vous permet de tenir une belle journée, mais pas plus.

Je n’ai pas d’avis sur la 5G dont il est équipé car elle ne sera pas réellement disponible en Belgique avant 2021.





Mercedes se lance dans le 100% électrique avec… un SUV

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 5 mars 2020 10h21 | Ajouter un commentaire

2020 et 2021 seront des années charnières pour la voiture électrique. Belle et performante mais impayable du côté de Tesla, elle va devenir accessible au grand public grâce à une concurrence nettement accrue dans les prochains mois.

La Renault Zoe (dont j’ai parlé dans cet article) et la Nissan Leaf ne seront bientôt plus les uniques reines du segment. VW arrive avec sa gamme I.D., Citroën vient d’annoncer un nouveau concept pour la ville (Ami), Peugeot est là avec sa e-208, Dacia a annoncé « la voiture 100% électrique la plus abordable d’Europe » pour 2021 avec la Spring. Bref, ça bouge dans tous les sens et vous allez, enfin, avoir une option raisonnable si vous envisagez de passer à l’électrique.

Mais tous les constructeurs n’ont pas la même approche. Le géant Mercedes, fabricant allemand premium, veut continuer à offrir un confort et des prestations dignes de sa réputation. « On ne veut pas choquer le client« , m’a confié un responsable communication de la marque en Belgique.

Raison pour laquelle la première voiture badgée EQ est la EQC, un SUV de 2,5 tonnes blindé d’équipements, dont le prix de départ frôle les 80.000 euros. Il est en réalité basé sur la plateforme du GLC, un SUV traditionnel auquel Mercedes a retiré le moteur thermique, la ligne d’échappement et un tas d’autres éléments, pour les remplacer par des batteries (80 kWh) et des moteurs électriques (un sur chaque essieu, même si c’est principalement en traction qu’elle avancera). Le look a tout de même assez bien changé (surtout la calandre), tandis que la hauteur de caisse a été réduite.

Pour être complet, sachez que la première Mercedes 100% électrique jouissant d’une plateforme entièrement nouvelle et dédiée à cette motorisation, sera la EQA, plus petite et légère, attendue à la fin de l’année 2020. Un concept qui aura un peu plus de sens en termes d’optimisation de l’énergie.

J’ai volontairement omis la tentative isolée de Mercedes en 2014, avec une Classe B électrique (conçue en partenariat avec Tesla) qui affichait 200 km d’autonomie et une charge pas très rapide…

Plutôt 300 que 400 km d’autonomie

J’ai roulé une semaine avec la EQC, et c’est forcément agréable. Le confort est digne des marques premium allemandes, la voiture est jolie (quelles jantes sur mon modèle de test) et on devine à peine que c’est un véhicule électrique (il y a tout de même des éléments de couleur bleue qui donnent un indice).

Ce qui m’intéresse le plus, c’est la motorisation électrique. Il y a donc 80 kWh de capacité dans les 650 kg de batteries logées à la place du moteur et quelque part sous les sièges. Mercedes revendique environ 400 km d’autonomie (cycle WLTP) si on parvient à atteindre la consommation moyenne de 22,2 kWh au 100 km.

Ce que je n’ai pas réussi à faire. J’ai pourtant roulé tout le temps en mode Eco, un peu en ville et sur le Ring de Bruxelles (max 100 km/h, souvent moins), durant quelques jours. Mais je n’ai pas fait mieux que 29,2 kWh. En roulant de la sorte, j’avais donc une autonomie totale plus proche des 300 que des 400 km. Il faisait 9°, bien entendu, et la voiture doit maintenir ses batteries à une température minimale, même à l’arrêt. Cela prouve néanmoins, une fois de plus (voir mon test de la Renault Zoe) qu’il y a une sacré marge entre l’autonomie annoncée et réelle, du moins en Belgique.

La recharge est forcément longue, surtout si vous n’avez pas accès à une borne rapide (DC). Voici ci-dessous le tableau fourni par Mercedes. On parle d’une recharge jusqu’à 80% car au-delà de ce niveau, l’intensité ralentit et la durée augmente fortement. Comme d’habitude avec une voiture électrique, il faut donc la recharger dès que vous pouvez: une course, au travail, chez vous, au restaurant. Bien entendu, les bornes ne sont pas encore très nombreuses ni très accessibles en Wallonie, il faut se renseigner ou utiliser le système de navigation.

Restons cependant logique: si vous voulez vraiment rouler « vert » et consommer le moins possible de kWh (derrière, il y a souvent des centrales nucléaires ou au gaz), il faut opter pour une voiture moins cossue, moins confortable, moins grande, moins lourde. Bien entendu, on se réjouit des options de sécurité (freinage d’urgence, assistances diverses à la conduite), mais le EQC, qui pèse 2,5 tonnes, n’offre même pas l’avantage d’être très spacieux. Le coffre assez haut est limité par une trappe (qui renferme câblage et autres espaces de rangement). C’est parfait pour les courses mais pour partir en vacances en famille, bonne chance.

Bien entendu, comme la plupart des voitures électriques modernes, si on écrase la pédale d’accélération, les sensations sont là et le démarrage très rapide. Mais après quelques minutes d’amusement, les batteries s’épuisent très vite…

Une conduite plus intelligente

Ce que j’ai fort apprécié chez Mercedes, c’est la gestion de la récupération d’énergie. Il s’agit, pour rappel, du fait de recharger (un peu) les batteries lorsque la voiture décélère. Sur la EQC, les palettes au volant ne servent pas à passer les vitesses (il n’y en a pas sur les moteurs électriques, de tout façon). Elles permettent d’accentuer ou de réduire la récupération d’énergie, qui va de — à ++ en passant par le mode Auto (ça se voit à côté du sigle D indiquant le mode de la boite de vitesse automatique, voir ci-dessus). C’est nettement plus simple que de commencer à chipoter dans les menus.

Vous avez donc tout le loisir de doser à votre goût la manière avec laquelle la voiture « freine toute seule » lorsque vous relâchez la pédale d’accélération. C’est une nouvelle manière de conduire, dont j’ai déjà parlé, et qui permet de grappiller quelques kilomètres d’autonomie par-ci, par-là.

Et le mode Auto, alors ? C’est lui le plus malin. Il se base sur différents critères pour réduire ou accentuer automatiquement la récupération d’énergie, notamment sur le parcours issu de la destination entrée préalablement dans le système de navigation (dénivelé, etc). De plus, ce mode utilise les caméras et radars pour être plus efficace. Exemple: si vous relâchez la pédale avant un Stop, un feu rouge ou simplement une voiture à l’arrêt devant vous, la récupération (et le « freinage ») va être importante. Mais si vous êtes sur l’autoroute et qu’elle est dégagée, la récupération va être quasi nulle, laissant aller la voiture sur sa lancée sans la freiner inutilement (car cela nécessiterait de ré-accélérer par la suite, ce qui serait contre-productif).

Les plus :

  • C’est un SUV Mercedes: solide, look soigné, confort optimal, accélérations immédiates
  • La récupération d’énergie paramétrable au volant

Les moins :

  • C’est un SUV Mercedes: il pèse 2,5 tonnes sans offrir un très grand espace intérieur, donc les 80 kWh de batterie (650 kg !) ne m’ont offert que 300 km d’autonomie
  • Durée de recharge de la batterie: jusqu’à 50h environ à la maison pour atteindre 100% !

Sony continue de faire des folies avec ses smartphones…

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Mobilité , le 25 février 2020 07h59 | Ajouter un commentaire

A cause de l’épidémie de coronavirus, le Mobile World Congress, plus grand salon mondial dédié aux technologies mobiles, a dû être annulé. Si c’est principalement un lieu de négociations entre professionnels du secteur, c’est aussi, traditionnellement, l’occasion pour certaines entreprises de présenter de nouveaux produits, souvent des smartphones.

Ce lundi 24 février, Sony et Huawei ont donc fait une « conférence de presse » uniquement retransmise en ligne. S’il y a nettement moins d’ambiance qu’à Barcelone, il s’agit tout de même d’une première prise de connaissance des nouveaux smartphones.

Les folies de Sony

Le géant japonais de l’électronique brille par son matériel haut de gamme en photographie, sa division PlayStation et ses accessoires audio à la réputation inchangée depuis des dizaines d’années. En revanche, au niveau des smartphones, c’est la galère.

L’an dernier, je vous parlais des Xperia 1 et 5, deux appareils de bonne facture mais au positionnement délicat. Prix élevé, fiche technique dans la moyenne, et choix surprenant au niveau des fonctionnalités mises en avant.

Le succès n’a pas été au rendez-vous ces dernières années. Je pensais que 2020 allait marquer un nouveau départ, vu que l’entreprise Sony Mobile (anciennement Sony Ericsson) a été intégrée complètement dans une division restructurée de Sony, pour faciliter le partage de technologies issues des différents départements.

Même le nom est « niche »

Force est de constater que Sony, assez têtu, a décidé de ne pas changer sa stratégie. A tel point qu’on se retrouve avec un Xperia 1 II (comme les appareils photos, ‘Mark II’ signifiant la deuxième version d’un produit), nom assez peu évocateur pour le grand public, et qui renvoie vers le côté ‘matériel haut de gamme’.

Il s’agit d’un appareil résolument premium, ce qui est logique pour un flagship à 1.199€. Sony semble ne pas réfléchir au prix ni à la cible potentielle de ses appareils, mais uniquement à sortir un smartphone d’ingénieurs, avec des qualités spécifiques en vidéo, par exemple, grâce à l’ajout de technologies issues des appareils photo de la marque (notamment l’autofocus en vidéo, plus performant et qui se concentre sur les yeux du sujet filmé).

Le design et la finition sont soignés (j’ai pu le manipuler, éteint car encore à l’état de prototype), mais Sony n’aimant toujours pas les encoches, il y a des bordures au-dessus et en-dessous de l’écran de 6,5″. Rien de dérangeant, finalement, et ça permet d’avoir un écran 21:9 toujours complet. Mais les Xperia n’ont dès lors pas l’air très moderne.

A l’intérieur, Sony a mis quelques bons composants: la dernière puce de Snapdragon (865) avec son modem 5G, 256 GB de stockage et 8 GB de RAM, l’étanchéité certifiée IP68, une batterie de 4.000 mAh, une prise mini-jack bien calibrée pour un son garanti ‘hi-res’, deux petits haut-parleurs frontaux.

Un écran qui n’est pas 90 Hz

Petit bémol au niveau de l’écran: on est sur de l’OLED 4K HDR calibré pour les professionnels, mais son taux de rafraîchissement n’est pas de 90 Hz, ce qui est pourtant devenu un critère important pour une fluidité optimale (ça se voit). Sony prétend combler le problème grâce à un système de « réduction des flous », mais ça demande un test.

Au niveau des optiques, développées avec l’entreprise Zeiss (comme celles des appareils photo de la marque), Sony a été raisonnable: les trois capteurs semblent excellents mais ne font pas la course au zoom et au mégapixel (ils ont tous les trois une résolution de 12 MP). Là aussi, il faudra un test pour se faire une idée mais sur le papier, c’est l’autofocus qui est mis en avant.

Le prix un peu dingue se justifie, en partie, par la présence de la 5G, qui dans notre pays n’a pas beaucoup d’intérêt pour l’instant. Une chose est sûre: à 1.199 euros, le Xperia 1 II est plus cher que l’iPhone 11 Pro, et se situe entre les tarifs des Galaxy S20 Plus et Galaxy S20 Ultra. Et il n’a pas, à mes yeux, d’arguments suffisants pour détourner le public des appareils très populaires et performants d’Apple et Samsung…

Deux appareils plus raisonnables

A côté du Xperia 1 II, Sony a présenté un Xperia 10 II, plus raisonnable mais également avec un écran 21:9, l’étanchéité certifié, une puce Snapdragon (665), une bonne batterie, une prise mini-jack pour un son de qualité et trois optiques à l’arrière. Son prix est de 369€.

Enfin, il y a le Xperia L4, avec une puce et un écran de moindre qualité. Il sera vendu 199€.