Mobilité

Le dernier smartphone de Huawei, « c’est un amour de vacances »

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 24 avril 2020 09h37 | Ajouter un commentaire

… et donc une histoire sans lendemain. Les paroles de Christophe Rippert résonnent cruellement quand on pense au dernier flagship du géant chinois des télécoms. Empêtré dans un conflit politico-commercial avec les USA, Huawei ne peut toujours pas inclure les applications et services de Google dans ses nouveaux smartphones. Le P40 Pro, on l’aime une soirée en prenant des photos magnifiques, mais le lendemain, on déchante.

Le géant chinois des télécoms, Huawei, joue de malchance. En 2019, l’administration Trump a interdit aux entreprises américaines de collaborer avec l’entreprise, soupçonnant des liens trop étroits avec le gouvernement chinois. Et en 2020, alors que Huawei se sent prêt à lancer son propre écosystème mobile (basé sur Android mais sans la moindre application ou service de Google) en Europe, avec deux appareils assez incroyables, la crise du coronavirus l’empêche d’avoir l’attention qu’il mérite.

Il faut qu’on en parle, car c’est tout de même très audacieux de lancer en Belgique des smartphones sans les applis et services de Google auxquels tout un continent a pris le temps de s’habituer: le magasin d’applications (Play Store), la navigation sur internet (Chrome), la recherche (Google), la cartographie (Maps, qui est aussi devenu un annuaire et un GPS)… ce ne sont que 4 exemples dont vous avez besoin au jour le jour avec un smartphone Android, parfois sans vous en rendre compte. Et je ne parle pas des Google Mobile Services, qui sont nécessaires au fonctionnement de nombreuses applications, même si ça ne se voit pas.

J’ai essayé le P40 Pro (999€), un smartphone possédant sans doute le meilleur appareil photo de l’année, et le Mate Xs (2.499€), un smartphone géant qu’on peut plier en deux. Mais ça ne suffit pas, vous allez comprendre.



Pourquoi Huawei n’est pas encore prêt ?

Huawei tente donc de remplacer tout ce que propose Google depuis 10 ans par ses propres applications et services. Il peut y arriver sur le long terme, car il s’est donné les moyens de ses ambitions, mais soyons clairs: ce sera long, compliqué et pour 2020, c’est déjà raté.

Son magasin d’applications (AppGallery) ressemble à celui de Google à ses débuts: beaucoup d’applis bizarres (d’inquiétants clones de Facebook ou de jeux vidéo, Mario Kart dans l’exemple ci-dessus), inutiles ou inconnues, et qui sont mises en avant on ne sait trop comment. Regardez le classement des applications en Belgique: TikTok, QR Code, Nieuwsblad, Snapchat et Office ! Mais surtout, il manque un tas d’applications importantes comme Facebook, Twitter, WhatsApp et Messenger, Instagram, YouTube, Spotify, Netflix, Gmail, Google Maps. Rien que ça…

On pourrait se passer de Facebook ou Netflix, voire pour certaines (YouTube ou Gmail, par exemple) aller sur le site mobile via le navigateur maison de Huawei. En revanche, on a BESOIN des applications bancaires (mais elles sont toutes absentes) et pour les geeks comme moi, des applications de contrôle des tous les objets connectés de la maison. Or vous ne trouverez même pas les plus populaires comme Philips Hue (lampes), Sonos (enceintes connectées), Nest (domotique) ou Tado (chauffage connecté). Oubliez également Fitbit, les bracelets d’activité les plus populaires.

Huawei évoque des alternatives : aller sur le site mobile (ok pour YouTube, mais pour Google Maps, c’est chaud) ou télécharger les applications soi-même sur internet (les fichiers .apk, mais qu’en est-il des mises à jour et de la sécurité?). Voire de manière plus abruptes: passer à autre chose. Il n’y a pas Spotify ? Et si vous optiez pour Deezer ou Huawei Music, qui vient de se lancer ? Le catalogue semble complet et ça coûte 9,99€ par mois. Pas d’assistants vocaux de Google ou d’Amazon ? Il y a désormais Huawei Assistant avec HiVoice. Pas de sauvegarde dans les clouds les plus populaires (Google Drive, Microsoft OneDrive, Dropbox sont absents) ? Passez à Huawei Cloud, les prix sont identiques.

Autant d’options qui, sur le papier, semblent de bonne facture, car Huawei fait généralement bien les choses, même s’il arrive longtemps après la concurrence. Reste une question: pourquoi les utilisateurs prendraient-ils la peine de changer toutes leurs habitudes pour rester fidèles à Huawei, alors qu’il y a des tas d’alternatives avec un Android ‘normal’ ?

Le P40 Pro, LE roi de la photo

La seule raison que j’entrevois, c’est l’excellente qualité des smartphones de la marque. Certes, au fil des années, les prix ont rejoint ceux de Samsung et d’Apple. Mais Huawei reste le roi de la photo, j’ai pu le constater en essayant durant quelques jours le P40 Pro (999 euros), un smartphone qui a d’ailleurs reçu la meilleure note par DXOMARK (128, voir la critique) pour la qualité des clichés.

J’ai effectivement été bluffé. Même le Samsung Galaxy S20 Ultra, pourtant un solide concurrent (je l’ai essayé durant un mois), s’avoue en partie vaincu sur quelques critères. Toutes les photos du P40 Pro sont réussies, elles sont parfaites, riches en détails, avec – sans devoir passer par des modes ou des réglages – un floutage de l’arrière-plan aussi bon que si vous utilisez un reflex. Sur ce bête exemple, on remarque le premier bougeoir est bien net, que ses ramifications sont détaillées, alors que le bougeoir situé juste derrière lui commence déjà à se flouter, de manière graduelle. Peu de smartphones maîtrisent à ce point la profondeur et les détails :

Le P40 Pro a trois lentilles à l’arrière: la principale (Utra Vision) est de 50 MP, elle fait du pixel bining en concentrant 4 pixels en 1 pour plus de lumière – donc les photos sont de 12 MP en réglage standard. La lentille dédiée au grand angle a été soignée (Utra Wide Cine Camera, 40 MP) et permet donc des photos aussi détaillées que les autres. Enfin, celle du zoom (Telephoto périscopique) est de 12 MP et permet du vrai et de l’excellent 5x optique (donc sans zoom numérique dans l’image, voir ci-dessous), puis du ‘faux’ zoom jusque 50x. Le petit capteur sur le côté ne sert qu’à mesurer la profondeur de champ. Ce savant mélange (et je vous épargne les tours de passe-passe de Huawei pour améliorer les différentes prises de vue) fait donc des miracles. Remarque importante: ceux qui adorent se prendre en photo ou se filmer seront ravis d’utiliser la lentille frontale de 32 MP qui permet de filmer en 4K, et qui s’adjoint les services d’un autre capteur de profondeur. J’ai essayé et ça fait vraiment la différence. Pour la vidéo, vous pouvez compter sur le même niveau de qualité avec des effets et un format ‘cinéma’, aidé notamment par un zoom « audio » qui concentre le micro frontal pour mieux capter la scène filmée.

A côté de cela, le P40 Pro a tout d’un modèle haut de gamme de 2020: le design est très soigné, et original au niveau des courbures dans tous les coins mais avec le style Huawei (qui est effectivement parvenu à instaurer des éléments reconnaissables, comme le cerclage chromé). Il y a une grosse fiche technique sous le très bel écran OLED de 6,58  » (qui n’est ni trop grand, ni trop petit) avec un taux de rafraîchissement qui passe à 90 Hz pour plus de fluidité: puce Kirin 990 incluant la 5G, 8 GB de RAM et 256 GB de stockage interne, résistance à l’eau IP68, batterie de 4.200 mAh avec charge rapide (40W avec fil et 27W sans fil).

Bref, il a tout, sauf la panoplie Google qui, vous l’avez compris, nous est encore indispensable en Europe, du moins pour le moment.

Un smartphone pliable, mais pour qui ?

Les smartphones pliables ont été un fantasme pour certains durant quelques années. Quelques modèles existent désormais et les critiques sont mitigées. Le Motorla Razr s’est fait démonter par la presse spécialisée aux Etats-Unis, le Galaxy Flip de Samsung est réussi (voir mon avis) mais coûte 1.500€, reste à découvrir la vision de Huawei.

Voici donc le Mate Xs, un appareil impressionnant, ça ne fait aucun doute. Il s’agit d’une grande tablette de 8 pouces, carrée, qui se replie pour prendre la forme d’un smartphone un peu plus épais que la moyenne. Je l’ai essayé quelques jours et mon sentiment est assez mitigé.

Effectivement, encore plus qu’avec le Galaxy Z Flip, la fragilité du Mate Xs est effrayante pour un appareil vendu 2.500€ en Belgique. Huawei propose effectivement un smartphone pliable dont le grand écran, un fois replié, devient les deux faces de l’appareil. Donc peu importe le côté sur lequel vous le déposer, ce sera l’une des deux moitiés de l’écran. Certes, il y a une très fine coque qui peut être « collée » maladroitement sur les bordures (une fois à plat, elle se recroqueville au niveau de la charnière, c’est moche). Mais le reste, c’est de l’écran, et donc c’est du plastique relativement souple (on sent d’ailleurs bien la charnière au milieu). Et sur la boite, il est clairement indiqué qu’il faut en prendre soin: éviter les objets pointus, la poussière, les gouttes d’eau, etc. Il me semble donc indispensable de se fournir un genre d’étui en cuir, par exemple, dans lequel on glissera le smartphone.

Cette fragilité inhérente et inévitable doit, théoriquement, être comblée par un gain en productivité ou en confort grâce à l’espace de travail de grande dimension (20,3 cm !). J’ai donc installé quelques applications (non sans mal car il n’y a pas de Play Store, voir plus haut), pour constater que peu d’entre elles parviennent à s’afficher d’une manière intéressante sur cette dalle carrée (logique, les applis sont développées pour un format 16:9, ou plutôt désormais 18:9 ou 19:9). Une vidéo YouTube en plein écran s’affiche forcément au milieu, un fil info Facebook apparait étiré et l’accès aux boutons est délicat, un jeu classique (Angry Birds) est un peu perdu et ne sait plus dans quel format s’afficher.

En revanche, ça passe avec un fil de photo Instagram (elles sont de forme carrée, ça aide), avec certains applis d’information (comme RTL info) qui comprennent qu’elles peuvent s’afficher comme sur une tablette), et avec la plupart des pages web.

Le Mate Xs prend tout son sens avec le mode ‘multifenêtres’, qui s’active en faisant glisser le pouce d’un bord vertical vers l’intérieur de l’écran. Un petit symbole avec des carrés vous permet alors de lancer une seconde application (il faut donc d’abord en ouvrir une). On peut redimensionner les zones occupées par les deux applis, voire même en mettre une en version « pop-up ». C’est idéal pour du vrai multitâches :

Oubliez l’idée d’être plus rapide au niveau de l’écriture: le clavier est forcément très large en mode « déplié ». Dès lors, la plupart du temps, le Mate Xs s’utilisera fermé, car dans ce cas, la moitié de l’écran qui n’a pas d’appareil photo fait office de smartphone traditionnel.

Bien entendu, payer 2.500€ une grande dalle pour ne l’utiliser qu’en mode plié, plus pratique au jour le jour, ça n’a aucun sens.Donc je n’ai aucune idée de l’intérêt réel d’un tel appareil, si ce n’est pour montrer au monde que Huawei peut le faire, comme Samsung. Les acheteurs un peu fou seront ravis de savoir qu’il y a 512 GB de stockage intégré, la charge très rapide (jusque 65W, vous pouvez donc charger des ordinateurs portables) et trois bonnes lentilles pour faire des belles photos à la sauce Huawei (et qui servent aussi pour le selfie car c’est un des rares avantages: l’écran se replie à côté des capteurs).

Le Galaxy S20 Ultra, nouveau roi d’Android ?

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 1 avril 2020 15h24 | Ajouter un commentaire

Les tests de Mathieu: un mois avec le gigantesque Samsung Galaxy S20 Ultra, est-il le roi d'Android ?

J’ai testé le dernier flagship sud-coréen pendant 4 semaines. Un appareil un peu dingue, extrême, et qui en Belgique n’aura pas de concurrent sérieux suite à la déroute de Huawei. Voici mes conclusions.

Dès le déballage de l’imposante boite, on comprend qu’on a affaires à un smartphone imposant, lourd, grand, épais, solide. Le Galaxy S20 Ultra, ensuite, fait penser à un autre smartphone haut de gamme, le plus emblématique: l’iPhone.

Le géant sud-coréen Samsung, à ses débuts, s’est inspiré de l’iPhone d’Apple pour se lancer dans le marché du smartphone (il a même été condamné en 2018 pour avoir copié 10 ans plus tôt la face rectangulaire aux bords arrondis et les icones colorées rangées sur un fond noir, entre autres choses).

Si depuis lors, Samsung est devenu N.1 mondial du smartphone, c’est évidement parce qu’il a su inonder les marchés internationaux avec une large gamme d’appareils de qualité, et de gros budgets marketing pour installer sa marque.

Mais on dirait que les vieux démons de Corée du Sud ont encore frappé cet hiver. Même si le timing fait penser le contraire (il faut au moins 6 mois pour concevoir et commercialiser un smartphone), le Samsung Galaxy S20 Ultra semble avoir trouvé de l’inspiration du côté de l’iPhone 11 Pro Max d’Apple sorti l’automne dernier: couleur gris/vert, protubérance (en partie) rectangulaire des multiples capteurs au dos de l’appareil, prix prohibitif.

En effet, il coûte 1.349 euros. Je l’ai essayé durant un mois, voici donc mon avis sur cette vitrine sud-coréenne. Notez cependant qu’il existe deux versions plus ‘normales’ et accessibles, celles qui se vendront le plus: les Galaxy S20 et S20+. Ils sont un peu moins performants au niveau de la photo/vidéo, moins grands et « limités » à la 4G. Ils coûtent 899€ et 999€.

Très grand et privé de navigation par geste

Le Galaxy S20 Ultra est un smartphone de très grande taille. 6,9 pouces, c’est tout simplement le plus grand téléphone que j’ai pu tenir en main. Comptez donc sur une diagonale 17,5 cm, une hauteur de 17 cm, une largeur de 7,6 cm et une épaisseur de 0,88 cm. C’est énorme. Son poids: 220 grammes. Et il faut ajouter une coque (une en silicone transparent est fournie) car un gros pavé de capteur photo ressort de 2 mm à l’arrière, rendant l’appareil instable et fragile posé sur le dos.

Bref, c’est impossible à manipuler à une main. D’autant que pour une raison que j’ignore, Samsung ne veut toujours pas proposer la navigation par geste, celle qui permet de revenir à la fenêtre précédente d’un petit geste du pouce de la droite (ou la gauche) de l’écran vers le centre, et de revenir à l’écran d’accueil en le faisant depuis le bas. C’est la navigation que je trouve la plus intuitive et la plus pratique pour les grands smartphones, après une très courte période d’adaptation. Au lieu de cela, il faut se contenter des vieux boutons Android (ou de petits gestes à effectuer uniquement dans le bas de l’écran, ce qui n’aide pas) :

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Heureusement, la zone de déverrouillage par empreinte sous l’écran a été remontée, donc elle tombe assez facilement sous le pouce. Après, par contre, il faudrait faire des contorsions de la main et déplacer le téléphone pour des gestes aussi réguliers que ‘précédent’ et ‘accueil’. Au risque de faire tomber un appareil à 1.349 euros…

Le plus bel écran du monde

Samsung frappe fort, à nouveau, au niveau de la qualité de l’écran. Il parvient encore à mettre la barre plus haute par rapport à la génération 2019, et ça en met plein les yeux.

Pour en profiter pleinement, il faut cependant passer au mode 120 Hz. On parle ici du taux de rafraichissement de l’écran, une caractéristique désormais propre aux modèles haut de gamme (même si le OnePlus 7T – à 90 Hz – le propose à 500€). Cela offre une fluidité optimale et c’est très dur, par la suite, de s’en passer. Samsung désactive par défaut  le 120 Hz (au profit d’un 60 Hz de base), car il consomme davantage de batterie.

Regarder une vidéo, surtout un film ou une série avec une bonne qualité d’image sur une plateforme de streaming, est un régal pour les yeux. C’est sans doute ce qui se fait de mieux sous Android. Les paramètres par défaut de cette dalle AMOLED sont excellents au niveau de la luminosité et des couleurs, mais vous pouvez les adapter. La définition standard est FHD+, donc 2400 x 1080 pixels. Pour passer à WQHD+ (3200 x 1440) il faut repasser en 60 Hz, mais vous ne le ferez jamais car il vous semblera lent, saccadé.

Ajoutez à cela deux haut-parleurs plus puissants que la moyenne, et capable je ne sais trop comment d’effets stéréo et de spatialisation du son (surtout si vous le posez, debout, sur une surface en bois), et vous avez là le roi de la consommation de contenu. Cerise sur le gâteau: Samsung fourni une très bonne paire d’écouteurs intra auriculaires AKG (une marque qui lui appartient depuis le rachat du groupe Harman).



Un excellent zoom 10x

Depuis quelques années, les fabricants de smartphone haut-de-gamme disent qu’ils sont les meilleurs au niveau de la photographie. Il est certain que c’est un des arguments qui différencient le plus un appareil à 1.000 euros et un appareil à 400 euros. Raison pour laquelle, à chaque nouvelle version de flagship, il y a un capteur photo en plus, un zoom plus puissant, et une meilleure gestion des photos dans la pénombre.

Il faut reconnaître, cependant, que les arguments avancés sont plus souvent d’ordre marketing que d’ordre technique. La preuve cette année avec un zoom x100 fièrement prôné par Samsung. Certes, il existe, mais le résultat est tellement pixélisé et flou, même avec un trépied et du soleil, que l’intérêt est quasiment nul (voir photo ci-dessous). On est à des milliers d’années lumières de ce que permet un reflex avec un téléobjectif. C’est sans doute ce qui se fait de mieux sur un smartphone, mais à quoi bon ?

Pour le reste, la partie photo du Galaxy S20 Ultra est excellente, bien entendu. Si le mode nuit ne m’a pas impressionné (j’ai comparé et un Huawei P30 Pro fait mieux, dans le sens où il trouve – invente? – plus de lumière là où il n’y en a pas), les autres modes font des miracles et sont certainement ce qui se fait de mieux pour l’instant.

Il y a un capteur principal de 108 MP, un ultra grand-angle de 12 MP, un télé (pour le zoom) de 48 MP et un dernier pour améliorer les effets de profondeur. Par défaut, les photos sont prises en 12 MP (9 pixels sont « concentrés » un 1, donc 108/9 : 12 MP). Elles sont parfaites, bien entendu. Idem pour le grand anglet et le zoom, si vous le poussez jusque 10x maximum (au-delà, la perte de qualité est de plus en plus sensible). C’est du bon travail et c’est toujours pratique de pouvoir zoomer un peu sans craindre la bouillie de pixels. Le S20 Ultra est sans doute le meilleur smartphone au niveau du zoom, même si le P40 Pro de Huawei pourrait le détrôner prochainement. Pour la petite histoire, le zoom ‘optique’ du S20 Ultra est de 4x maximum, et au-delà, le logiciel gère plus ou moins bien le grossissement, jusque 100x, donc.

Vous pouvez aussi prendre des photos en 108 MP (en changeant manuellement de mode), mais elles pèseront 20 MB chacune. L’idée est de la zoomer par après sans perte de qualité, par exemple.

Il existe un tas de réglages disponibles, et des options de prises de vue amusante (comme Single Take qui combine photos et vidéos). Quant à la vidéo, elle pousse la définition jusqu’à la 8K, qui peut s’avérer utile, à nouveau, pour un recadrage en post-production. Pour le reste, c’est un format de vidéo qui pèse très lourd et qui ne se savoure réellement que sur les très grandes télévisions compatibles.

Mais gardons les pieds sur terre, ce sont des options pour les geeks ou les photographes avertis. 90% des gens qui achèteront le S20 Ultra utiliseront les réglages de base en photo et vidéo.

Conclusions

A l’heure d’écrire cette conclusion, donc environ 1 mois après la sortie du Galaxy S20 Ultra, le Huawei P40 a été présenté à la presse internationale. Si j’en parle dans cette conclusion, c’est parce que leurs destins sont liés: le dernier flagship du géant chinois des télécoms n’est plus un concurrent, alors que  l’an dernier, il menaçait de détrôner Samsung. Privé des services et applis de Google suite à une guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis, Huawei a du pain sur la planche pour convaincre les utilisateurs de changer d’écosystème et d’opter pour son alternative.

Tout ça laisse le champ libre à Samsung, surtout en Belgique où il est très bien implanté, pour rester le roi des smartphones Android dans les années à venir.

Bien entendu, ça n’empêche pas le Galaxy S20 Ultra d’être un impressionnant smartphone. Du haut de ses 1.349€, il ne sera jamais le meilleur rapport qualité/prix, mais il est sans doute le meilleur smartphone du moment, grâce à une fiche technique extrême (quel écran, quel son !) et des qualités en photo inédites (zoom x100, vidéo en 8K, etc).

Du côté des bémols, je me demande pourquoi les designers de Samsung s’inspirent encore de l’iPhone d’Apple (et j’ai trouvé que l’île des capteurs photo sur le dos était très épaisse). Je regrette aussi la navigation par geste qui manque cruellement sur un smartphone de cette taille. Quant à 128 GB de stockage interne, même si on peut ajouter une carte mémoire, c’est un peu radin pour un appareil d’un tel prix. Sachez aussi que l’interface maison de Samsung est assez encombrante, avec beaucoup d’applications maison préinstallées, un magasin d’applis dédié, un cloud, un assistant, etc. Elle vous prend par la main avec de nombreux conseils et pop-ups mais moi personnellement, ça me déplait. Si vous préférez du « pur Google », passez votre chemin. Un dernier mot sur l’autonomie, si vous passez en mode 120 Hz (et je vous le conseille, ça change la vie), elle vous permet de tenir une belle journée, mais pas plus.

Je n’ai pas d’avis sur la 5G dont il est équipé car elle ne sera pas réellement disponible en Belgique avant 2021.





Mercedes se lance dans le 100% électrique avec… un SUV

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 5 mars 2020 10h21 | Ajouter un commentaire

2020 et 2021 seront des années charnières pour la voiture électrique. Belle et performante mais impayable du côté de Tesla, elle va devenir accessible au grand public grâce à une concurrence nettement accrue dans les prochains mois.

La Renault Zoe (dont j’ai parlé dans cet article) et la Nissan Leaf ne seront bientôt plus les uniques reines du segment. VW arrive avec sa gamme I.D., Citroën vient d’annoncer un nouveau concept pour la ville (Ami), Peugeot est là avec sa e-208, Dacia a annoncé « la voiture 100% électrique la plus abordable d’Europe » pour 2021 avec la Spring. Bref, ça bouge dans tous les sens et vous allez, enfin, avoir une option raisonnable si vous envisagez de passer à l’électrique.

Mais tous les constructeurs n’ont pas la même approche. Le géant Mercedes, fabricant allemand premium, veut continuer à offrir un confort et des prestations dignes de sa réputation. « On ne veut pas choquer le client« , m’a confié un responsable communication de la marque en Belgique.

Raison pour laquelle la première voiture badgée EQ est la EQC, un SUV de 2,5 tonnes blindé d’équipements, dont le prix de départ frôle les 80.000 euros. Il est en réalité basé sur la plateforme du GLC, un SUV traditionnel auquel Mercedes a retiré le moteur thermique, la ligne d’échappement et un tas d’autres éléments, pour les remplacer par des batteries (80 kWh) et des moteurs électriques (un sur chaque essieu, même si c’est principalement en traction qu’elle avancera). Le look a tout de même assez bien changé (surtout la calandre), tandis que la hauteur de caisse a été réduite.

Pour être complet, sachez que la première Mercedes 100% électrique jouissant d’une plateforme entièrement nouvelle et dédiée à cette motorisation, sera la EQA, plus petite et légère, attendue à la fin de l’année 2020. Un concept qui aura un peu plus de sens en termes d’optimisation de l’énergie.

J’ai volontairement omis la tentative isolée de Mercedes en 2014, avec une Classe B électrique (conçue en partenariat avec Tesla) qui affichait 200 km d’autonomie et une charge pas très rapide…

Plutôt 300 que 400 km d’autonomie

J’ai roulé une semaine avec la EQC, et c’est forcément agréable. Le confort est digne des marques premium allemandes, la voiture est jolie (quelles jantes sur mon modèle de test) et on devine à peine que c’est un véhicule électrique (il y a tout de même des éléments de couleur bleue qui donnent un indice).

Ce qui m’intéresse le plus, c’est la motorisation électrique. Il y a donc 80 kWh de capacité dans les 650 kg de batteries logées à la place du moteur et quelque part sous les sièges. Mercedes revendique environ 400 km d’autonomie (cycle WLTP) si on parvient à atteindre la consommation moyenne de 22,2 kWh au 100 km.

Ce que je n’ai pas réussi à faire. J’ai pourtant roulé tout le temps en mode Eco, un peu en ville et sur le Ring de Bruxelles (max 100 km/h, souvent moins), durant quelques jours. Mais je n’ai pas fait mieux que 29,2 kWh. En roulant de la sorte, j’avais donc une autonomie totale plus proche des 300 que des 400 km. Il faisait 9°, bien entendu, et la voiture doit maintenir ses batteries à une température minimale, même à l’arrêt. Cela prouve néanmoins, une fois de plus (voir mon test de la Renault Zoe) qu’il y a une sacré marge entre l’autonomie annoncée et réelle, du moins en Belgique.

La recharge est forcément longue, surtout si vous n’avez pas accès à une borne rapide (DC). Voici ci-dessous le tableau fourni par Mercedes. On parle d’une recharge jusqu’à 80% car au-delà de ce niveau, l’intensité ralentit et la durée augmente fortement. Comme d’habitude avec une voiture électrique, il faut donc la recharger dès que vous pouvez: une course, au travail, chez vous, au restaurant. Bien entendu, les bornes ne sont pas encore très nombreuses ni très accessibles en Wallonie, il faut se renseigner ou utiliser le système de navigation.

Restons cependant logique: si vous voulez vraiment rouler « vert » et consommer le moins possible de kWh (derrière, il y a souvent des centrales nucléaires ou au gaz), il faut opter pour une voiture moins cossue, moins confortable, moins grande, moins lourde. Bien entendu, on se réjouit des options de sécurité (freinage d’urgence, assistances diverses à la conduite), mais le EQC, qui pèse 2,5 tonnes, n’offre même pas l’avantage d’être très spacieux. Le coffre assez haut est limité par une trappe (qui renferme câblage et autres espaces de rangement). C’est parfait pour les courses mais pour partir en vacances en famille, bonne chance.

Bien entendu, comme la plupart des voitures électriques modernes, si on écrase la pédale d’accélération, les sensations sont là et le démarrage très rapide. Mais après quelques minutes d’amusement, les batteries s’épuisent très vite…

Une conduite plus intelligente

Ce que j’ai fort apprécié chez Mercedes, c’est la gestion de la récupération d’énergie. Il s’agit, pour rappel, du fait de recharger (un peu) les batteries lorsque la voiture décélère. Sur la EQC, les palettes au volant ne servent pas à passer les vitesses (il n’y en a pas sur les moteurs électriques, de tout façon). Elles permettent d’accentuer ou de réduire la récupération d’énergie, qui va de — à ++ en passant par le mode Auto (ça se voit à côté du sigle D indiquant le mode de la boite de vitesse automatique, voir ci-dessus). C’est nettement plus simple que de commencer à chipoter dans les menus.

Vous avez donc tout le loisir de doser à votre goût la manière avec laquelle la voiture « freine toute seule » lorsque vous relâchez la pédale d’accélération. C’est une nouvelle manière de conduire, dont j’ai déjà parlé, et qui permet de grappiller quelques kilomètres d’autonomie par-ci, par-là.

Et le mode Auto, alors ? C’est lui le plus malin. Il se base sur différents critères pour réduire ou accentuer automatiquement la récupération d’énergie, notamment sur le parcours issu de la destination entrée préalablement dans le système de navigation (dénivelé, etc). De plus, ce mode utilise les caméras et radars pour être plus efficace. Exemple: si vous relâchez la pédale avant un Stop, un feu rouge ou simplement une voiture à l’arrêt devant vous, la récupération (et le « freinage ») va être importante. Mais si vous êtes sur l’autoroute et qu’elle est dégagée, la récupération va être quasi nulle, laissant aller la voiture sur sa lancée sans la freiner inutilement (car cela nécessiterait de ré-accélérer par la suite, ce qui serait contre-productif).

Les plus :

  • C’est un SUV Mercedes: solide, look soigné, confort optimal, accélérations immédiates
  • La récupération d’énergie paramétrable au volant

Les moins :

  • C’est un SUV Mercedes: il pèse 2,5 tonnes sans offrir un très grand espace intérieur, donc les 80 kWh de batterie (650 kg !) ne m’ont offert que 300 km d’autonomie
  • Durée de recharge de la batterie: jusqu’à 50h environ à la maison pour atteindre 100% !

Sony continue de faire des folies avec ses smartphones…

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Mobilité , le 25 février 2020 07h59 | Ajouter un commentaire

A cause de l’épidémie de coronavirus, le Mobile World Congress, plus grand salon mondial dédié aux technologies mobiles, a dû être annulé. Si c’est principalement un lieu de négociations entre professionnels du secteur, c’est aussi, traditionnellement, l’occasion pour certaines entreprises de présenter de nouveaux produits, souvent des smartphones.

Ce lundi 24 février, Sony et Huawei ont donc fait une « conférence de presse » uniquement retransmise en ligne. S’il y a nettement moins d’ambiance qu’à Barcelone, il s’agit tout de même d’une première prise de connaissance des nouveaux smartphones.

Les folies de Sony

Le géant japonais de l’électronique brille par son matériel haut de gamme en photographie, sa division PlayStation et ses accessoires audio à la réputation inchangée depuis des dizaines d’années. En revanche, au niveau des smartphones, c’est la galère.

L’an dernier, je vous parlais des Xperia 1 et 5, deux appareils de bonne facture mais au positionnement délicat. Prix élevé, fiche technique dans la moyenne, et choix surprenant au niveau des fonctionnalités mises en avant.

Le succès n’a pas été au rendez-vous ces dernières années. Je pensais que 2020 allait marquer un nouveau départ, vu que l’entreprise Sony Mobile (anciennement Sony Ericsson) a été intégrée complètement dans une division restructurée de Sony, pour faciliter le partage de technologies issues des différents départements.

Même le nom est « niche »

Force est de constater que Sony, assez têtu, a décidé de ne pas changer sa stratégie. A tel point qu’on se retrouve avec un Xperia 1 II (comme les appareils photos, ‘Mark II’ signifiant la deuxième version d’un produit), nom assez peu évocateur pour le grand public, et qui renvoie vers le côté ‘matériel haut de gamme’.

Il s’agit d’un appareil résolument premium, ce qui est logique pour un flagship à 1.199€. Sony semble ne pas réfléchir au prix ni à la cible potentielle de ses appareils, mais uniquement à sortir un smartphone d’ingénieurs, avec des qualités spécifiques en vidéo, par exemple, grâce à l’ajout de technologies issues des appareils photo de la marque (notamment l’autofocus en vidéo, plus performant et qui se concentre sur les yeux du sujet filmé).

Le design et la finition sont soignés (j’ai pu le manipuler, éteint car encore à l’état de prototype), mais Sony n’aimant toujours pas les encoches, il y a des bordures au-dessus et en-dessous de l’écran de 6,5″. Rien de dérangeant, finalement, et ça permet d’avoir un écran 21:9 toujours complet. Mais les Xperia n’ont dès lors pas l’air très moderne.

A l’intérieur, Sony a mis quelques bons composants: la dernière puce de Snapdragon (865) avec son modem 5G, 256 GB de stockage et 8 GB de RAM, l’étanchéité certifiée IP68, une batterie de 4.000 mAh, une prise mini-jack bien calibrée pour un son garanti ‘hi-res’, deux petits haut-parleurs frontaux.

Un écran qui n’est pas 90 Hz

Petit bémol au niveau de l’écran: on est sur de l’OLED 4K HDR calibré pour les professionnels, mais son taux de rafraîchissement n’est pas de 90 Hz, ce qui est pourtant devenu un critère important pour une fluidité optimale (ça se voit). Sony prétend combler le problème grâce à un système de « réduction des flous », mais ça demande un test.

Au niveau des optiques, développées avec l’entreprise Zeiss (comme celles des appareils photo de la marque), Sony a été raisonnable: les trois capteurs semblent excellents mais ne font pas la course au zoom et au mégapixel (ils ont tous les trois une résolution de 12 MP). Là aussi, il faudra un test pour se faire une idée mais sur le papier, c’est l’autofocus qui est mis en avant.

Le prix un peu dingue se justifie, en partie, par la présence de la 5G, qui dans notre pays n’a pas beaucoup d’intérêt pour l’instant. Une chose est sûre: à 1.199 euros, le Xperia 1 II est plus cher que l’iPhone 11 Pro, et se situe entre les tarifs des Galaxy S20 Plus et Galaxy S20 Ultra. Et il n’a pas, à mes yeux, d’arguments suffisants pour détourner le public des appareils très populaires et performants d’Apple et Samsung…

Deux appareils plus raisonnables

A côté du Xperia 1 II, Sony a présenté un Xperia 10 II, plus raisonnable mais également avec un écran 21:9, l’étanchéité certifié, une puce Snapdragon (665), une bonne batterie, une prise mini-jack pour un son de qualité et trois optiques à l’arrière. Son prix est de 369€.

Enfin, il y a le Xperia L4, avec une puce et un écran de moindre qualité. Il sera vendu 199€.

Alcatel sort un 3X remanié à 149€: que vaut-il ?

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 19 février 2020 10h16 | Ajouter un commentaire

Dans la jungle que représente le marché des smartphones Android, certaines marques ont bien du mal à se faire de la place. Image de marque, budget publicitaire, positionnement tarifaire, rapport qualité/prix… il existe de nombreux critères qui expliquent le succès ou l’échec d’un smartphone dans tel ou tel pays. n

Certaines marques luttent cependant pour continuer d’exister. C’est le cas d’Alcatel, très discret en Belgique (et même en Europe, en fait). Pourtant, la marque d’origine française, mais contrôlée à 100% par le chinois TCL qui fabrique surtout des écrans, sort en ce début d’année 2020 une version remaniée de l’Alcatel 3X (à ne pas confondre, donc, avec celle sortie l’an dernier…).

Allons droit au but: très peu présent dans les magasins belges, ce téléphone ne risque pas de se démarquer sur un segment dominé par Xiaomi et Motorola, des marques ayant davantage les faveurs du public.

Pourtant, il a quelques avantages donc si vous tombez dessus (le numéro du modèle est 5048Y, pour ne pas vous tromper), considérez cet achat. En effet, il y a 64 GB de stockage interne extensible, 4G de RAM et une batterie de 4.000 mAh. Ce qui n’est pas négligeable pour un appareil qui vaut 149€.

Un niveau moyen mais logique

Il y a trois capteurs à l’arrière, mais ne vous attendez pas à des miracles de ce côté. En plan normal (16 MP), en grand angle (8 MP) ou en zoom (5MP) les photos sont assez baveuses, il n’y a pas de détails sur les contours et tout manque de piqué, de rendu. Les couleurs sont un peu ternes également. Tout cela s’aggrave dès qu’il fait moins lumineux, mais en plein soleil, les défauts se verront un peu moins. Je l’ai comparé à un bon smartphone, et voici les différences (couleurs moins fidèles, balance des blancs, contraste, netteté… ça se voit)

La fluidité n’est pas terrible avec la puce MediaTek Helio P23: passer d’une application à l’autre ne se fera pas en éclair. Idem pour changer de capteur photo quand on passe du normal au zoom ou au grand angle: comptez une bonne seconde et demi de patience. Quant à l’écran, il laisse à désirer en termes de fluidité et de contraste.

Mais ça reste un appareil avec une autonomie respectable (il vous sera possible de tenir deux jours si vous ne l’utilisez pas de trop), un grand écran et un port mini-jack (au-dessus) pour un casque. J’ai regardé quelques vidéos et un épisode sur Netflix, et il n’y a pas eu de ralentissement.

Donc si votre budget est de 150€ environ, que vous voulez une diagonale généreuse de 6,52″ et que vous n’êtes pas trop exigeant en terme de photographie, d’écran et de fluidité, l’Alcatel 3X 2019 est une option.

La Renault ZOE double son autonomie, mais est-ce suffisant ?

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Test , le 21 janvier 2020 07h45 | Ajouter un commentaire

Les tests de Mathieu: la Renault ZOE a doublé son autonomie, mais cette petite voiture électrique tient-elle une semaine ?

Les voitures électriques font partie du paysage technologique en plein progrès, raison pour laquelle j’ai décidé de me pencher sur leur cas. Loin du concept cher et luxueux de Tesla (et a priori de Byton dont je vous ai parlé à Las Vegas), il existe la Renault ZOE, « la citadine électrique la plus vendue en Europe », d’après le constructeur français.

Fin 2019 est apparu la troisième génération de la ZOE, sept ans après son lancement. Si l’intérieur a été remis au goût du jour avec une planche de bord redessinée, plus de confort et un système d’infotainment grand, tactile et rapide (compatible CarPlay et Android Auto qui plus est), c’est sous le plancher qu’on trouve l’amélioration la plus sensible.

En effet, tout en conservant le même encombrement, l’espace dédié aux batteries est mieux rentabilisé car ces dernières années, les progrès ont été importants avec le lithium. Résultat: d’une grosse dizaine en 2012, à une grosse vingtaine en 2015, on est passé en 2019 à une puissance disponible des batteries chargées à 100% de 52  kWh. Dans sa finition basique et hors prime, elle coûte 32.600€ (avec achat et non location de batterie). Pour info, le Model 3 de Tesla (environ 50.000€) est équipé par défaut de batteries de 57 kWh.

Sachez également que le pole électrique de Renault est situé en France, près de Paris, et que c’est là que sont conçues et assemblées chaque année des milliers de Zoé (environ 50.000 en 2018).


Une semaine d’autonomie, vraiment ?

Sur le papier, les 52 kWh permettent de parcourir 395 kilomètres, selon le système de calcul WLTP (pour Worldwide Harmonized Light Vehicles Test Procedure), qui prévoit 57% des tests en trajets urbains, 25% en péri-urbains et 18% sur autoroute.

Mes mesures sont moins optimistes. J’ai testé la nouvelle ZOE durant une petite semaine de conduite, et j’ai roulé principalement sur le Ring de Bruxelles à allure très modérée (dépassant rarement les 100 km/h), avec le mode Eco activé autant que possible (pas sur l’autoroute car la vitesse est alors limitée à 90 km/h). Le mode Eco rend nettement moins sensible la pédale d’accélération et oblige à une conduite douce et souple.

Le mode de récupération d’énergie, qu’on sélectionne via le levier de vitesse (B), était également activé en permanence: dès que je relâchais la pédale d’accélération, la voiture « freinait » pour remplir la batterie autant que possible (voir sur les photos ci-dessous, les mentions ‘power’ et ‘charge’ qui indiquent si batterie donne son énergie lors des accélérations ou en reçoit lors des décélérations). C’est donc une nouvelle manière de conduire qui nécessite d’être attentif et d’anticiper les ralentissements pour éviter d’utiliser la pédale de frein. C’est amusant mais je me demande à quel point c’est efficace en terme de récupération d’énergie et donc de recharge de la batterie, au-delà la petite feuille verte qui grandit selon votre style de conduite (voir photo également).

Renault donne quelques conseils intéressants sur cette page.

Quoi qu’il en soit, au final, j’ai parcouru 218 kilomètres en trois jours et le tableau de bord me disait qu’il restait 79 km d’autonomie. Soit environ 300 km, ce qui est appréciable, même si on est loin des 750 km que la plupart des moteurs thermiques peuvent offrir. Notez qu’il faisait assez froid (environ 5 degrés) lors de ma semaine de test, mais que la voiture était rentrée dans un garage la nuit et en journée.

300 km, cependant, ça ne permet vraiment pas de tenir une semaine normale pour un travailleur lambda comme moi, qui doit effectuer 80 km par jour pour aller travailler.


Comment ça se recharge ?

En discutant avec un expert de chez Renault, j’ai compris que rouler en électrique, ce n’est pas qu’une nouvelle manière de conduire, c’est aussi une manière de « faire le plein ». En 20 ans de conduite traditionnelle, j’ai acquis l’habitude de remplir mon réservoir d’essence en 2 minutes, de rouler 750 km, puis de refaire le plein quand ma jauge me l’indique.

Ce genre de méthode ne convient pas du tout à la voiture électrique. En effet, si vous vous retrouvez avec 50 km d’autonomie, vous avez trois options, et elles ne sont pas forcément pratiques.

Soit vous rentrez chez vous rapidement et vous branchez votre ZOE à une prise, si vous avez une villa ou un garage (car avec une maison de rangée, c’est nettement plus compliqué). Mais sachez qu’un câble de recharge domestique n’est pas fourni, Renault conseille d’installer un « chargeur » spécial à la maison, pour que ça aille un peu plus vite et que ce soit plus sécurisé (les vieilles installations électriques pourraient ne pas trop apprécier la gourmandise de la Zoé de 2019). Durée de la recharge totale (à une puissance de 3,7 kW ou 2,3 kW, selon que vous ayez placé ou non une petite borne dans votre garage): entre 19 heures et 37 heures

Soit vous avez de la chance et votre employeur met des bornes de recharge (plus ou moins) rapides à disposition des employés. A RTL House, il n’y en a qu’une actuellement, et la place est toujours occupée.

Dernière option: la « pompe ». Le système de navigation de la ZOE permet de trouver facilement les bornes de recharge les plus proches. Certaines applications sur smartphone peuvent également indiquer lesquelles sont libres ou occupées.

Pour ces deux dernières options, la rapidité de la charge dépend de la capacité de la borne « publique » sur laquelle vous tombez. Cela varie de 7,4 kW à 50 kW (donc de 18h heures à 1 heure et demi) pour recharger entièrement la batterie. Vous n’êtes pas obligé de tout remplir à 100%, bien entendu, et les 80 premiers pourcents se chargent plus rapidement que les 20 derniers.



Rouler autrement

Bref, le mieux, comme me l’a expliqué Renault, c’est de recharger dès que possible. En faisant vos courses dans un centre commercial ou une grande surface récente, il est fort probable que vous tombiez sur des bornes accessibles parfois gratuitement. Si vous faites une pause de midi, cherchez un restaurant situé près d’une borne. Si par chance votre employeur en dispose d’une, essayez de vous y garer dès que possible.

En résumé, il ne faut jamais attendre que la jauge soit dans le rouge pour recharger sa voiture. Mais il faut le faire dès vous en avez l’opportunité. Il convient cependant de faire un peu attention à l’état de ses batteries et à la proximité des points de recharge. Le plus simple étant, évidemment (mais ça coûte à l’installation et à la consommation) de faire charger sa ZOE chez soi, dans un garage bien à l’abri du froid, une nuit sur deux. Ce qui n’est pas possible pour tout le monde.

Conclusion

La voiture électrique pourrait prendre son envol en 2020. La Renault ZOE est la preuve qu’une « simple » voiture peut vous offrir entre 300 et 400 km d’autonomie sans coûter les yeux de la tête. Une autonomie confortable au quotidien, à condition de garder quelques réflexes en tête (voir plus haut).

Elle reste cependant nettement plus chère qu’un équivalent essence, à finition identique. Il faut compter environ 24.400€ (hors remise) pour la dernière ZOE équipée de batteries cumulant 52 kWh de puissance disponible. Mais ça veut dire que vous avez opté pour le leasing des batteries (entre 79 et 129€ par mois). Si vous n’aimez pas cette formule d’abonnement qui vous promet un remplacement de batteries dès qu’elles deviennent moins performantes, la facture grimpe à 32.600€ (un peu plus de 37.000€ pour la finition haut-de-gamme de mon test) pour la ZOE en « achat intégral ». La coût des batteries est donc de 8.200€ chez Renault…

Tout est une question de temps, cependant. La concurrence s’annonce de plus en plus féroce et tous les constructeurs traditionnels européens ont eu le temps de mettre au point le centre de recherche et développement et leurs lignes de productions. La Peugeot e-208 est disponible, la première VW de la gamme électrique ID arrive en 2020, la Nissan Leaf est un best-seller mondial.

Cette concurrence pourrait faire baisser les coûts de fabrication des batteries, pousser les scientifiques à trouver d’autres chimies (on est encore très dépendant du lithium).

On arriverait alors à un parc électrique intéressant financièrement, ce qui ferait pousser comme des champignons les bornes de charge rapide, encore trop rares actuellement. On en reparle dans 5 ans, donc…


Quand GoPro stabilise l’impossible

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 12 décembre 2019 21h38 | Ajouter un commentaire

Les tests de Mathieu: GoPro est de retour avec une 8e caméra d'action qui stabilise l'impossible

Le marché des caméras d’action me fait penser à celui des drones. Un succès que j’ai du mal à comprendre. D’après moi, la vie de la majorité des gens n’est pas une aventure et ceux qui pratiquent des sports extrêmes ou spectaculaires ne sont pas si nombreux.

Hé bien je me trompe. Car c’est bien à eux que s’adressent les innombrables caméras d’action disponibles en magasin. Il s’agit de ces mini-caméscopes résistants aux chocs et parfois à la poussière et à la pluie.

Un nom vient tout de suite à l’esprit quand on évoque ce genre d’appareil: GoPro. Il faut dire que l’entreprise américaine fondée en 2002 a sorti sa première GoPro HERO en 2004 (il s’agissait à l’époque d’un appareil photo argentique à 20$ qui pouvait se fixer au poignet et disposait d’une coque étanche pour les surfeurs). Dès 2006, les HERO deviennent des caméras d’action numériques capables de réduire les vibrations et de se fixer à peu près n’importe où grâce à de nombreux accessoires. Le début de la gloire.

Mais après l’entrée en bourse, GoPro a commis quelques erreurs stratégiques (dont la division ‘drone’, arrêtée en 2018) et la concurrence à bas prix a eu le temps d’envahir le marché. Sans oublier l’usage de plus en plus répandu du smartphone en tant qu’appareil photo / caméscope principal.

Une HERO 8 qui cartonne

Depuis quelques années, GoPro oscille donc entre pertes et profits. Mais l’entreprise reste très forte et (re)concentre sur son activité principale: produire les caméras d’action les plus performantes, et les logiciels qui vont avec pour transformer rapidement et facilement ce qu’on a filmé en clip vidéo très agréables à regarder/partager.

Et visiblement, la formule fait mouche. Les chiffres de vente du dernier modèle (HERO 8 Black) sorti il y a quelques semaines sont historiques. Hasard du calendrier (ou preuve de l’ambition de l’entreprise), GoPro a décidé de communiquer en Belgique et m’a envoyé un exemplaire de cette caméra d’action. Il s’agit du seul modèle disponible actuellement mais cela suppose que des versions moins prestigieuses (la Hero 7 a eu droit à une version Silver en 2018) pourraient débarquer prochainement.

Haut de gamme

Prestigieuse, cette caméra d’action l’est assurément, même si elle est davantage une évolution de la HERO 7 sortie l’an dernier qu’un nouveau format rempli de nouveautés.

Son prix est prestigieux, lui aussi: 429€. Oui, sur le papier, c’est cher, voire très cher. Mais cette caméra d’action qui tient dans la main (6,5 x 4,8 x 2,5 cm: oui, c’est vraiment petit) et ne pèse que 126 grammes, est d’une efficacité inégalée quand vous filmez en mouvement.

Et par mouvement, j’entends une descente de VTT dans les bois à pleine vitesse, ou une piste de ski très accidentée. Le secret réside dans une mise à jour de la technologie propre à GoPro, HyperSmooth. Elle passe en 2.0 sur la HERO 8 Black et il y a même un mode Boost, au cas où ça ne suffirait pas. Le résultat est vraiment impressionnant. C’est la première fois que je teste une caméra d’action, donc je n’ai pas l’expérience nécessaire. Mais des confrères ont embarqué plusieurs caméras sur le guidon d’un VTT et ont dévalé quelques pentes. Le résultat est sans appel: la fonction HyperSmooth 2.0 est tellement efficace qu’on a l’impression que la HERO 8 Black flotte au-dessus du vélo, comme si elle était un drone. Pour y arriver, la caméra « zoome » dans l’image, qui est donc un peu plus petite qu’en usage normal.

A ma connaissance, aucun système non-professionnel n’est capable d’une telle prouesse sans recourir au moindre accessoire. C’est ça qui est le plus dingue avec cette GoPro: si petite qu’elle est, elle embarque à la fois un objectif capable de filmer jusqu’en 4K, un stabilisateur, un écran tactile à l’arrière et un petit écran non éclairé à l’avant qui indiqué l’état de la caméra.

Au niveau ergonomique, GoPro a trouvé une nouvelle manière de fixer la petite caméra sur les accessoires propriétaires: deux petites encoches rabattables (et même remplaçables si vous parvenez à les casser, mais tout me semble très solidement conçu). Difficile de faire plus simple et plus compact (voir ci-dessus).

Gadget pour les uns, indispensables pour les autres: la commande vocale est de la partie sur la HERO 8. Il faut se contenter de 14 commandes simples (« GoPro, prends une photo » ou « GoPro, allume-toi ») mais si vos mains sont très sales ou très encombrées, ça peut servir.

Différents modes, mais toujours ‘grand angle’

GoPro, vous l’avez compris, s’adresse à une clientèle exigeante. Et doit donc lui proposer différents modes d’enregistrement vidéo. Ce qui n’est pas forcément évident sur une caméra aussi petite. Et pourtant, l’écran tactile de quelques centimètres s’avère finalement lisible et ergonomique.

Soit vous choisissez une thématique (standard, activité, cinéma, ralenti), soit vous modifiez le ‘type d’objectif’ utilisé (c’est une façon de parler car il n’y en a qu’un, c’est le traitement qui sera différent, GoPro parle d’ailleurs de ‘Digital Lenses’ ou lentilles numériques):

GoPro001

Il est alors possible de limiter ou d’augmenter l’effet fisheye, qui restera présent quel(le) que soit la thématique ou le mode choisi. La HERO 8, comme toutes les caméras d’action, est effectivement équipée d’un objectif (très) grand angle. L’effet œil de poisson, c’est quand on a l’impression que la caméra est logée dans un globe, tant les bords sont déformés.

C’est déformé pour une raison bien précise: capter le plus grand plan possible. Les modes ‘SuperView’ et ‘Large’ permettent ainsi d’enregistrer un champ de vision énorme. Idéal pour l’usage principal de la GoPro, souvent accrochée à un casque de ski, de moto ou de vélo, et qui veut donc montrer le plus de paysage possible.

Il est cependant possible de filmer en mode ‘Linéaire’ ou carrément ‘Etroit’, pour amoindrir l’effet fisheye et filmer (presque) comme si c’était un objectif normal. J’ai cependant constaté des déformations même dans ces modes, et c’est important de le savoir. En même temps, tout le monde est habitué à voir ce genre d’images sur les réseaux sociaux, donc les déformations sur les bords ne choquent plus personne.

Sachez qu’il est possible de modifier ces préréglages. L’idéal est d’enregistrer en fonction de l’usage que vous comptez faire de la scène: tout le monde n’a pas besoin de filmer en 4K ou avec 240 images par seconde.

Cependant, un grand nombre d’images par seconde vous permettra d’exploiter une autre option de la HERO 8: le fameux slo-mo dont je parle plus haut. GoPro a mis au point un algorithme qui détecte les scènes d’action très rapides et ralentit automatiquement l’image à ce moment-là. Comme si, en filmant un lancer au baseball, la caméra passait automatiquement en mode ‘ralenti’ quand la balle heurte la batte.

Que faire avec vos belles images ?

Vous l’avez compris, la HERO 8 de GoPro est sans doute la caméra ayant le meilleur rapport encombrement / prestations. Donc vous capturez assez facilement de très belles images.

Mais après, que pouvez-vous en faire ? Il y a une carte microSD, donc libre à vous de copier les médias de la caméra sur un ordinateur et de les monter avec votre logiciel préféré. On parle ici des plus « pros » d’entre vous.

GoPro tente heureusement de rendre plus accessible le montage de vos plus belles actions, et y parvient grâce à l’application du même nom (vous pouvez aussi télécharger Quik, qui ne contient que le logiciel de montage).

L’appli GoPro est nécessaire pour faire communiquer un smartphone avec la HERO 8, qui émet son propre réseau Wi-Fi pour transférer rapidement les médias enregistrés sur la carte mémoire. Une fois transférés, ces médias pourront donc être exploités à l’intérieur de l’application :


GoPro propose du montage semi-automatique sur smartphone (il faut une puissance minimum, pas un smartphone à 100€). Il suffit de choisir un thème (chacun allie des graphismes, des transitions et de la musique différents), de placer les médias dans le bon ordre et d’ajouter, si besoin, du texte. L’outil est très facile à utiliser et rapide, mais notez qu’il est impossible d’y inclure facilement les paroles d’une personne qui intervient dans une séquence. A nouveau, la cible est davantage la descente de ski ou le saut en parachute que l’interview.

Pour la petite histoire, mais on réduit encore le public cible, sachez qu’il est possible, lorsque la HERO 8 est connectée à votre smartphone, de streamer en direct vos plus belles actions sur vos réseaux sociaux comme YouTube ou Facebook.

Conclusions

GoPro poursuit sur sa belle lancée de 2018, avec une HERO 8 Black en 2019 qui se concentre sur l’expertise inégalée de l’entreprise américaine: des caméras d’action à l’efficacité redoutable.

Le cru de cet automne est d’ores et déjà une nouvelle référence, les critiques de la presse spécialisée sont unanimes. Sa qualité de fabrication est impressionnante, elle est étanche et semble très résistante à tous les chocs qu’elle pourrait subir. Ses performances sont inégalées en termes de stabilisation de l’image. Et il y a même un logiciel pour smartphone qui se charge de rapatrier les médias et de les transformer facilement un clip très bien foutu partageable sur les réseaux sociaux.

Reste une question: à qui s’adresse la HERO 8 Black, vendue la coquette somme de 429€ ? Un prix qui ne comprend qu’un support à coller sur un casque, par exemple. Ne cherchez pas le pas de vis standard pour la poser sur un trépied, il n’est pas inclus. Les accessoires (un kit ‘media’ avec micro amélioré à 89€, une lumière d’appoint à 49€, et un module d’affichage ajoutant un écran supplémentaire pour filmer en selfie à 89€) pourront bientôt être précommandés.

Bref, le matériel de GoPro s’adresse donc aux amateurs exigeant capables de consacrer une petite somme pour immortaliser leurs plus belles prouesses. Car on parle évidement ici de capturer des moments intenses et spectaculaires, et non de filmer la fancy-fair des enfants. Saut en parachute, descente en VTT, belle balade à moto, plongée sous-marine: tout ce qui, avant l’invention de GoPro il y a de longues années, nécessitait l’intervention d’un photographe/caméraman. GoPro a également popularisé le POV (point of view), donc le fait de se filmer « à la première personne » en pleine action.

Un concept qui, au fil des ans, a attiré une concurrence importante, qui a fait chuter la moyenne des prix. GoPro continue de trouver son public de la manière la plus logique, en étant le meilleur.





Que valent les AirPods à la sauce Huawei ?

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Mobilité, Pratique , le 3 décembre 2019 14h26 | Ajouter un commentaire

Des oreillettes entièrement sans-fil, qu’on ne repère qu’à cause d’une petite tige blanche qui assure un certain équilibre. On ne parle pas des AirPods d’Apple qu’on voit pendre à de plus en d’oreilles, mais de la version de Huawei, très ambitieuse sur le papier. Je les ai portées quelques jours et voici mon verdict.

Les tests de Mathieu: Huawei s'inspire largement d'Apple pour ses Freebuds 3, en valent-ils la peine ?

Une fois de plus, Apple a réussi à rendre très à la mode un élément de design. Après l’iPod, l’iPhone, l’encoche de l’iPhone X, c’est au tour de ses petits écouteurs sans-fil d’être largement copiés.

Je parle des AirPods, ces minuscules bâtonnets blancs que l’on voit pendant aux pavillons de plus en plus d’oreilles. Il s’agit d’intra auriculaires (car on les loge à l’intérieur de l’oreille), ou intras, qui ont la particularité d’être entièrement sans fil et de se ranger dans un boitier contenant une batterie. Boitier qui, vous l’aurez compris, permet de recharger quelques fois les écouteurs.

Si de nombreuses marques asiatiques méconnues proposent des imitations plus ou moins réussies techniquement (et vendues une vingtaine d’euros sur internet, contre 279€ pour la version Pro d’Apple), on ne s’attendait pas à voir Huawei agir de la sorte. Le géant chinois de l’électronique, toujours dans la tourmente depuis qu’il est blacklisté par les Etats-Unis (ses nouveaux smartphones ne peuvent pas être équipés des indispensables services de Google), a cependant dévoilé des FreeBuds (plusieurs modèles depuis quelques années) qui s’inspirent grandement de ce que fait Apple.

J’ai pu tester les Freebuds 3  (179€) qui sont sortis en Belgique il y a quelques semaines. Je ne parlerai plus de la ressemblance avec Apple mais le fait que même le nom est proche (AirPods / FreeBuds) m’étonne de la part de Huawei, qui, solide N.2 du smartphone (ça ne va plus durer, cependant, à cause de l’abandon forcé de Google), avait pris l’habitude d’innover à tous les niveaux depuis quelques années.


Discrétion totale

La plus grande qualité de ce genre de petits écouteurs sans-fil, c’est la compacité et la légèreté.

Pour cette nouvelle version de Freebuds, Huawei a soigné la forme. Ils sont très épurés: ceux que j’ai essayés sont d’un blanc immaculé avec un petit capuchon chromé sur le bas qui protège les micros.

Leur boite est également un bel exemple du savoir-faire de Huawei dans la fabrication de matériel. On dirait un petit galet blanc, avec un carré brillant comprenant le logo de la marque. Un galet qui rentre facilement dans n’importe quelle poche, car il s’agit de plastique brillant, comme le veut la mode des smartphones actuellement.

Ce petit boitier contient une batterie et un port USB Type-C. Il permet de recharger environ 4 fois entièrement les oreillettes. Elles-mêmes peuvent être utilisées, avec la réduction active de bruit, durant un peu plus de 3h. Donc quand tout est chargé au max, vous avez 15 heures d’écoute dans la poche, ce qui est très sympa. A noter également: ils peuvent se charger sans fil, sur un chargeur compatible ou… sur le dos du P30 Pro, pour autant que vous ayez activé la charge sans fil inversée

Et la qualité du son ?

Pour la discrétion, Huawei fait un sans-faute. Mais il est impossible d’exiger d’une telle formule un son haut de gamme. Il est bon et équilibré, mais sans plus. Difficile de distinguer de grandes différences avec une paire d’oreillette de qualité à 50 euros.

En théorie, pourtant, la qualité devrait être meilleure. Car Huawei, lors de la présentation des Freebuds 3 au salon IFA de Berlin au mois de septembre, a évoqué une innovation assez pointue mais qui mérite d’être expliquée: la norme BT-UHD. Comme quelques autres acteurs du marché (Apple, Qualcomm), Huawei a développé en interne une technologie améliorant le transfert du signal entre le smartphone et les oreillettes. Théoriquement, le BT-UHD de Huawei permet de faire transiter le son à une vitesse de 2,3 Mbps, contre 0,5 ou 0,9 pour la concurrence. Hélas, il faut pour cela utiliser les derniers smartphones de la marque équipés de la surcouche logicielle maison EMUI 10, qui est en cours de déploiement sur une partie de la gamme Huawei (Mate 20 et 20 Pro, P30 et 30 Pro, Nova 5T, pour l’instant).

Le son sur un P30 Pro m’a effectivement semblé meilleur, et plus puissant. Le rapport poids/encombrement/qualité de son est tout de même excellent, il faut le souligner. N’oubliez pas que l’étui, qui sert de chargeur, se glisse dans n’importe quelle poche.


Des commandes tactiles très limitées

Cependant, le principal avantage d’utiliser les FreeBuds 3 avec un smartphone Huawei passé sous EMUI 10, c’est qu’il les « voit » (photo ci-dessous). Le P30 Pro, par exemple, détecte l’ouverture de la boite des FreeBuds 3: une fenêtre s’ouvre automatiquement. La première fois, pour proposer de les connecter. Ensuite pour signaler qu’ils sont connectés et afficher le niveau des batteries.

EMUI 10 est permet également de configurer très facilement les écouteurs, simplement en appuyant sur l’icône paramètres située à côté des FreeBuds 3 dans la liste des périphériques Bluetooth connectés. Pour les autres smartphones, il faut télécharger l’application Huawei AI Life dans le Playstore.

La configuration est basique, heureusement. On peut les mettre à jour, vérifiez la batterie et choisir quelle action entraînera le double tapotement du coin supérieur de la tige, à droite ou à gauche. Soit vous passez à la chanson suivante, soit vous mettez en play/pause, soit vous activez l’assistant vocal, en l’occurrence Google Assistant.

La dernière option pour le double tapotement de l’une des oreillettes, c’est d’activer ou désactiver la réduction active de bruit. Et là aussi, il y a des choses à dire.


Une isolation relative

Apple a sorti ses AirPods Pro avec la réduction active de bruit il y a quelques mois, et mes confrères étaient élogieux. Je n’ai pas l’occasion de les essayer mais j’ai des doutes sur l’efficacité de cette technologie qui consiste à utiliser des micros pour analyser le son ambiant et envoyer l’onde inverse dans les oreilles. Ça fonctionne très bien avec des casques recouvrant (voir mon test du Bose 700), et même avec des oreillettes sans-fil qu’on insère dans l’oreille et qui font un peu ventouse (voir mon test des Sony WF-1000XM3).

En effet, et la remarque vaut pour les Freebuds 3 de Huawei, ces oreillettes sont juste déposées dans le creux de l’oreille, on ne les « enfonce » pas. Dès lors, il y a du passage d’air, d’ondes, de vibrations et donc de son dans l’oreille.

Dès lors, activer la réduction active de bruit dans ces conditions, c’est comme ouvrir un parapluie troué. Ça fonctionne, mais c’est pas génial. Comme souvent avec cette technologie, ce sont les bruits sourds, les basses, qui sont le mieux détectées et (en partie) annulée. Durant mon test, il y avait un four qui tournait, ou un sèche-cheveux en pleine action. Effectivement, leur bruit était atténué en activant la réduction active de bruit.

Les voix, par contre, étaient encore parfaitement audibles.

Conclusions

Comme leur nom l’indique, les FreeBuds 3 de Huawei sont de sympathiques compagnons audio, des oreillettes entièrement sans fil qui se connectent en Bluetooth à un smartphone.

Difficile de faire plus petit, plus léger, plus discret. Certes, le géant chinois des télécoms s’est largement inspiré du design d’Apple, mais il est parvenu à inclure une nouvelle technologie de liaison sans-fil, nommée BT-UHD.

Cependant, pour profiter de la meilleure qualité de transmission du son entre les oreillettes et le smartphone, il faut que celui-ci soit équipé d’EMUI 10, la surcouche que Huawei appose sur une partie de sa gamme. On gagne alors en qualité et en fidélité, du moins sur le papier, car dans les faits, ça ne m’a pas semblé transcendant. Cette interface logicielle facilite également la gestion et la connexion des oreillettes, prévues pour fonctionner avec elle.

Pour tous les autres utilisateurs, la configuration des FreeBuds doit passer par une application de Huawei, pas évidente à trouver (Huawei AI Life).

Le seul défaut des oreillettes de Huawei, c’est de ne pas être de véritables intra-auriculaires. Simplement déposés dans le creux de l’oreille, ils sont incapables de faire ‘ventouse’ car il est impossible de les enfoncer. Ça dépend sans doute du type d’oreille, mais chez moi, c’était vraiment ‘ouvert’. Donc les basses sonnent moins bien car il n’y a pas de résonnance dans le conduit. Et la réduction active de bruit est largement atténuée.

Les WF-1000XM3 de Sony (213€ actuellement) sont moins discrètes et élégantes, mais elles se fixent correctement et sont équipées de caoutchouc interchangeables pour un meilleur maintien et une bonne isolation. Les FreeBuds 3 sont lisses comme du plastique poli. Au niveau des performances, Sony l’emporte dès lors à tous les niveaux :


Ce smartphone Motorola mise tout sur le zoom, est-ce une bonne idée ?

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Test , le 4 novembre 2019 09h49 | Ajouter un commentaire

La stratégie de Motorola (une marque d’origine américaine mais contrôlée par le chinois Lenovo depuis quelques années) est surprenante. Ne sachant pas trop comment se démarquer, Motorola a opté en 2019 pour une déclinaison de smartphones ayant une particularité propre liée à la photographie.

Je vous ai parlé il y a quelques semaines des One Vision et One Action: l’un se concentrait sur les belles performances d’un capteur 48MP et l’autre sur une stabilisation accrue de vidéo 16:9 que l’on peut réaliser avec le smartphone à la verticale.

Place cet automne au One Zoom. Cette fois, Motorola monte un peu gamme et atteint les 429€, prix de lancement. Puce Snapdragon 675 (moyenne supérieure), 128 GB de stockage interne, écran OLED de 6,39″ et 2340 x 1080 pixels, 4 GB de RAM, 4 capteurs photo à l’arrière et grosse batterie de 4.000 mAh. Sans oublier le capteur d’empreinte sous l’écran, pour un déverrouillage confortable.

Une fiche technique très honorable, pour un appareil tournant sous une version très proche d’Android, même si Motorola a perdu l’appellation ‘Android One’ pour des raisons d’intégration d’Alexa (l’assistant vocal intelligent d’Amazon) aux Etats-Unis. Mon modèle de test est équipé d’Android 9 (alors que la version 10 existe depuis quelques semaines), et son correctif de sécurité remonte au 1er juillet. Peut mieux faire, donc.

Un vrai zoom 3X

Vous l’avez compris, la vraie particularité de ce smartphone, c’est son capteur supplémentaire dans le dos, un téléobjectif de 8 mégapixels avec zoom optique 3X, doté d’un stabilisateur d’image. Les autres lentilles renferment un bon 48 MP, un grand-angle 117° et un capteur de profondeur pour mieux gérer les effets ‘portrait’.

Motorola tient ses promesses et effectivement, le zoom 3X fonctionne bien, on ne remarque pratiquement aucune perte de qualité. Pour un smartphone à 429€, c’est plutôt rare.

Pour le reste, la qualité des photos est tout à fait correcte, et la technologie de Quad Pixel utilisée par Motorola permet effectivement de faire entrer plus de lumière, ce qui évite de rater les clichés en intérieur ou en soirée. Efficace et utile au quotidien. Un bon point pour Motorola.

Conclusions

Le Motorola One Zoom porte bien son nom. Un smartphone avec une fiche technique milieu de gamme (mais très flatteuse), qui est équipée d’un 4e capteur dans le dos pour zoomer sans perte de qualité (en 3X). A 429€, c’est rare de trouver cette option habituellement réservée aux smartphones premium, même si à 599€, le OnePlus 7T le permet.

Pour le reste, la stratégie de Motorola pose question. C’est le 3e smartphone dédié à un univers particulier de la photographie qui est lancé en quelques mois. Est-ce une bonne idée de fragmenter ainsi son offre ? Les utilisateurs sont-ils à la recherche d’une telle spécificité ?

Difficile à dire, mais Motorola a le mérite de se démarquer et, sur le One Zoom, de se concentrer sur l’essentiel: un appareil photo très polyvalent, un design original, une grosse batterie et un capteur d’empreintes sous l’écran. C’est une très bonne base ! Si 429€ est votre budget, vous ne prenez aucun risque…

Sonos sort pour la première fois de votre maison avec son enceinte « Move »

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Mobilité, Test , le 25 septembre 2019 07h20 | Ajouter un commentaire

Les tests de Mathieu: Sonos sort pour la première fois de votre maison avec son enceinte intelligente Move

Inventeur de l’enceinte réseau à destination du grand public, l’américain Sonos, pour la première fois, ose mettre un pied dehors. Sa Move (399€) est conçue pour fonctionner parfaitement au fond de votre jardin, même s’il pleut. Et si sa puissante antenne ne capte plus le Wi-Fi, il est possible de passer en Bluetooth. Voici mon verdict après une semaine d’utilisation.

On ne présente plus l’entreprise américaine Sonos. Son slogan « listen better » (« écoutez mieux ») résume bien la philosophie du fabricant d’enceintes qui, depuis plus de 15 ans, tente de rendre aussi facile et agréable que possible l’écoute de la musique dans une maison.

Une chose restait constante dans tout le matériel (enceintes, barres de son, amplificateur, sub-woofer) de Sonos: la nécessité de le connecter à un réseau local, donc généralement votre routeur internet, à l’aide d’un câble ou en Wi-Fi. C’était le concept de base, les fondations de toute la technologie de Sonos, au niveau matériel et logiciel.

Et tandis que des dizaines de concurrents, petits et grands, s’engouffraient dans le marché des enceintes Bluetooth, Sonos les regardait de loin, riant sans doute de tous les désavantages de cette technologie de liaison directe entre une source musicale (un smartphone, souvent) et son moyen de diffusion (l’enceinte Bluetooth). Parmi les défauts, rappelons-le, il y a la nécessité de rester dans un périmètre restreint (quelques mètres), le lien constant entre les deux appareils, la musique coupée par les notifications ou tout autre son émanant du smartphone, etc.

Mais Sonos a changé son fusil d’épaule. La raison officielle, on ne la connait pas. Mon avis: la technologie Bluetooth a évolué, devenant plus performante (fiabilité, portée) et moins gourmande en énergie. Les batteries au Lithium ont également fait des progrès en termes de compacité et de performance.


Avant tout, une enceinte réseau (robuste) avec un Wi-Fi boosté

Sonos n’a pas jeté le bébé avec l’eau du bain, loin de là. En réalité, sa Move (un verbe qui signifie ‘bouger’ en anglais) est avant tout une enceinte réseau qui s’ajoute à l’écosystème des autres appareils du constructeur. Elle s’installe comme les autres, à l’intérieur de votre réseau Wi-Fi et à l’aide de l’application qui vient de subir un petit lifting. Bien entendu, elle peut être bougée un peu partout dans la maison, ce qui peut s’avérer bien pratique.

Particularité: la Move est dotée de la meilleure antenne Wi-Fi jamais intégrée par Sonos. Elle peut capter du réseau même dans le fond du jardin, j’ai pu le constater. A environ 15 mètres de la maison (et donc une bonne vingtaine du routeur), elle restait connectée et fonctionnait comme une enceinte réseau autonome, et non une enceinte Bluetooth.

Et dans le fond de votre jardin, elle s’y sentira très bien, même si vous l’oubliez toute la nuit. La Move a été conçue pour supporter l’humidité, le froid, les éclaboussures de piscine, la pluie, les tâches de moutarde. Mais aussi une journée en plein soleil. Bref, elle est très robuste et d’ailleurs certifiée IP56, la plus haute catégorie avant d’être classée ‘submersible’. Donc elle ne peut pas prendre un bain, mais résiste à un jet d’eau: si elle est très sale, vous pouvez passer une lavette savonnée puis la rincer sans risque. Sachez également que la base de l’enceinte est renforcée à l’aide d’un caoutchouc très solide. Sonos dit avoir testé des chutes d’une hauteur d’1,80m, et que tout fonctionnait encore après…

Donc la notion de ‘Move’ est liée à la capacité de l’enceinte à être transportée facilement dans la maison et le jardin, et à résister parfaitement à la vie en plein air…

Du Bluetooth, au cas où (ou pour profiter de YouTube et Netflix)

Mais Sonos, pour que sa Move soit vraiment utilisable n’importe où (dans un grand jardin hors de portée du Wi-Fi, au parc, en vacances), a ajouté la connectivité Bluetooth. Elle doit s’activer à la main, en appuyant sur le petit bouton situé à l’arrière, entre les deux gros. Le LED d’état passe alors du blanc au bleu, pour bien indiquer que la Move ne doit plus chercher du Wi-Fi mais se concentrer sur le Bluetooth (voir photos ci-dessous). Votre smartphone ou tablette peut alors être relié (la première fois, il faut le faire à la main, ensuite c’est automatique, comme toujours avec le Bluetooth).

Dès ce moment, votre smartphone doit se débrouiller pour lui envoyer du son. Il faut donc lancer une application comme Spotify (si vous avez de la 4G ou téléchargé des playlists à l’avance) ; ou jouer les MP3 stockés localement sur votre appareil, pour peu que vous en ayez encore.

Corollaire de cette liaison Bluetooth: on peut désormais utiliser une enceinte Sonos pour profiter d’un son de qualité quand on regarde un film (par exemple sur Netflix, photo ci-dessous) ou un clip (par exemple sur YouTube) sur un smartphone ou une tablette. C’était possible avec AirPlay pour ceux qui avaient un iPhone ou un iPad, c’est désormais possible pour tous les utilisateurs Android grâce au Bluetooth.

Autre corollaire, moins pratique: si vous recevez un message, un appel ou si vous lancez un jeu vidéo, c’est fini la musique…




Une autonomie raisonnable, mais la veille est gourmande

Qui dit sans fil, dit batterie. La Move en contient une dont on ignore les détails techniques, si ce n’est qu’après trois ans, Sonos vous encourage à la remplacer (c’est « facile » à faire mais sans doute pas soi-même car l’assemblage est précis et il n’y a aucune vis) pour qu’elle continue être suffisamment performante. Cela s’inscrit dans la politique de durabilité qui a toujours caractérisé Sonos, depuis ses débuts. Les premières enceintes sorties il y a 10 ans fonctionnent encore, et l’entreprise fabrique et vend toujours des modèles sortis il y a plusieurs années (Play:5, Playbar, Sub, etc).

L’autonomie de la Move est bonne en écoute continue: environ 10 heures, d’après le constructeur. Autre mesure communiquée: après 6h d’écoute au volume 50%, il restait 28% de batterie. De quoi vous donner une certaine idée.

Le « problème », c’est que la Move, si elle dans votre maison et capte le Wi-Fi, va y rester connectée, même si elle se met en veille après 30 minutes (on peut également appuyer sur le bouton ON/OFF). La Move sort en effet de veille très rapidement, dès que vous lancez l’application. C’est très pratique pour le confort et la facilité d’utilisation, mais ça consomme pas mal de batterie. C’est comme si vous laissiez tourner le moteur de votre voiture toute la nuit en hiver pour qu’elle démarre mieux le matin.

Donc en « veille » à l’intérieur de la maison, la Move tient environ 5 jours, même si vous n’écoutez pas de musique.

Heureusement, Sonos fait bien les choses et la Move est livrée avec un socle de recharge. Très discret, il accueille facilement l’enceinte, il suffit de la déposer. Il y a également un port USB Type-C pour recharger l’enceinte à l’aide de n’importe quel chargeur de smartphone (Android, pas iPhone) :

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Un son plus grave que la One

L’encombrement (24 x 16 x 13 cm) du Sonos Move et son poids (3 kg) sont nettement plus imposants que ceux de la One, son best-seller qui parait tout petit à côté. Et ce n’est pas dû uniquement à la batterie (voir photo ci-dessous).

En effet – passons à la qualité du son, essentielle tout de même – la Move est mieux équipée: il y a deux amplificateurs numériques, un tweeter pour les hautes fréquences, et un mid-woofer intégré pour des fréquences vocales moyennes et des basses étonnamment riches et profondes. Et Sonos, on le sait, soigne la qualité des composants et la cohérence de l’assemblage: le constructeur a consacré plus de deux ans à la Move dans ses laboratoires (dont celui que j’avais visité à l’époque).

Le son de la Move est surtout impressionnant, vu sa taille qui reste raisonnable, au niveau des graves et de la puissance globale de sortie. Il surclasse facilement la One et de la Beam, et se rapproche de ce que l’énorme Play:5 peut sortir.


Conclusion

Difficile de prendre en défaut la Move (399€) de Sonos, première enceinte du constructeur à être conçue pour être bougée dans et en dehors de la maison. Mais c’est avant une nouvelle option pour écouter intelligemment de la musique chez vous, car la Move a une antenne Wi-Fi plus puissante que la moyenne et même à plus de 20 mètres de mon routeur (une simple Bbox-3 de Proximus), elle accrochait le réseau sans souci. Elle tient quelques jours sur batterie, puis il faut la déposer sur son très discret socle de recharge.

La Move peut donc être déplacée un peu partout chez vous et si vous voulez aller plus loin, il y a l’option Bluetooth. Ça doit rester « au cas où », car il faut appuyer sur un bouton au dos de l’enceinte, attendre que votre smartphone la détecte, puis supporter toutes les interruptions (notifications, appels, messages, etc) qui en émaneront parallèlement à la musique diffusée. Quand on passe de l’un à l’autre, on se rend compte à quel point une enceinte réseau qui va chercher sa musique comme une grande sur internet est bien plus pratique à utiliser.

Et comme si ça ne suffisait pas, Sonos va vous faire oublier une bonne fois pour toutes les réglages manuels de l’égaliseur. En effet, il y a sur la Move une version automatique et continue de True Play (alors que sur les autres enceintes il faut utiliser un iPhone): grâce à ses micros, elle se rend compte de la réverbération (on non) du son sur des murs ou des plafonds, et adapte ses réglages en fonction.

Petit détail: si j’ai réussi à configurer Google Assistant sur la One et la Beam, je n’ai pas réussi à la faire sur la Move. Donc cet assistant vocal, pourtant officiellement disponible en Belgique, ne fonctionne pas, pour l’instant, sur l’enceinte mobile de Sonos.