Mobilité

Quand GoPro stabilise l’impossible

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 12 décembre 2019 21h38 | Ajouter un commentaire

Les tests de Mathieu: GoPro est de retour avec une 8e caméra d'action qui stabilise l'impossible

Le marché des caméras d’action me fait penser à celui des drones. Un succès que j’ai du mal à comprendre. D’après moi, la vie de la majorité des gens n’est pas une aventure et ceux qui pratiquent des sports extrêmes ou spectaculaires ne sont pas si nombreux.

Hé bien je me trompe. Car c’est bien à eux que s’adressent les innombrables caméras d’action disponibles en magasin. Il s’agit de ces mini-caméscopes résistants aux chocs et parfois à la poussière et à la pluie.

Un nom vient tout de suite à l’esprit quand on évoque ce genre d’appareil: GoPro. Il faut dire que l’entreprise américaine fondée en 2002 a sorti sa première GoPro HERO en 2004 (il s’agissait à l’époque d’un appareil photo argentique à 20$ qui pouvait se fixer au poignet et disposait d’une coque étanche pour les surfeurs). Dès 2006, les HERO deviennent des caméras d’action numériques capables de réduire les vibrations et de se fixer à peu près n’importe où grâce à de nombreux accessoires. Le début de la gloire.

Mais après l’entrée en bourse, GoPro a commis quelques erreurs stratégiques (dont la division ‘drone’, arrêtée en 2018) et la concurrence à bas prix a eu le temps d’envahir le marché. Sans oublier l’usage de plus en plus répandu du smartphone en tant qu’appareil photo / caméscope principal.

Une HERO 8 qui cartonne

Depuis quelques années, GoPro oscille donc entre pertes et profits. Mais l’entreprise reste très forte et (re)concentre sur son activité principale: produire les caméras d’action les plus performantes, et les logiciels qui vont avec pour transformer rapidement et facilement ce qu’on a filmé en clip vidéo très agréables à regarder/partager.

Et visiblement, la formule fait mouche. Les chiffres de vente du dernier modèle (HERO 8 Black) sorti il y a quelques semaines sont historiques. Hasard du calendrier (ou preuve de l’ambition de l’entreprise), GoPro a décidé de communiquer en Belgique et m’a envoyé un exemplaire de cette caméra d’action. Il s’agit du seul modèle disponible actuellement mais cela suppose que des versions moins prestigieuses (la Hero 7 a eu droit à une version Silver en 2018) pourraient débarquer prochainement.

Haut de gamme

Prestigieuse, cette caméra d’action l’est assurément, même si elle est davantage une évolution de la HERO 7 sortie l’an dernier qu’un nouveau format rempli de nouveautés.

Son prix est prestigieux, lui aussi: 429€. Oui, sur le papier, c’est cher, voire très cher. Mais cette caméra d’action qui tient dans la main (6,5 x 4,8 x 2,5 cm: oui, c’est vraiment petit) et ne pèse que 126 grammes, est d’une efficacité inégalée quand vous filmez en mouvement.

Et par mouvement, j’entends une descente de VTT dans les bois à pleine vitesse, ou une piste de ski très accidentée. Le secret réside dans une mise à jour de la technologie propre à GoPro, HyperSmooth. Elle passe en 2.0 sur la HERO 8 Black et il y a même un mode Boost, au cas où ça ne suffirait pas. Le résultat est vraiment impressionnant. C’est la première fois que je teste une caméra d’action, donc je n’ai pas l’expérience nécessaire. Mais des confrères ont embarqué plusieurs caméras sur le guidon d’un VTT et ont dévalé quelques pentes. Le résultat est sans appel: la fonction HyperSmooth 2.0 est tellement efficace qu’on a l’impression que la HERO 8 Black flotte au-dessus du vélo, comme si elle était un drone. Pour y arriver, la caméra « zoome » dans l’image, qui est donc un peu plus petite qu’en usage normal.

A ma connaissance, aucun système non-professionnel n’est capable d’une telle prouesse sans recourir au moindre accessoire. C’est ça qui est le plus dingue avec cette GoPro: si petite qu’elle est, elle embarque à la fois un objectif capable de filmer jusqu’en 4K, un stabilisateur, un écran tactile à l’arrière et un petit écran non éclairé à l’avant qui indiqué l’état de la caméra.

Au niveau ergonomique, GoPro a trouvé une nouvelle manière de fixer la petite caméra sur les accessoires propriétaires: deux petites encoches rabattables (et même remplaçables si vous parvenez à les casser, mais tout me semble très solidement conçu). Difficile de faire plus simple et plus compact (voir ci-dessus).

Gadget pour les uns, indispensables pour les autres: la commande vocale est de la partie sur la HERO 8. Il faut se contenter de 14 commandes simples (« GoPro, prends une photo » ou « GoPro, allume-toi ») mais si vos mains sont très sales ou très encombrées, ça peut servir.

Différents modes, mais toujours ‘grand angle’

GoPro, vous l’avez compris, s’adresse à une clientèle exigeante. Et doit donc lui proposer différents modes d’enregistrement vidéo. Ce qui n’est pas forcément évident sur une caméra aussi petite. Et pourtant, l’écran tactile de quelques centimètres s’avère finalement lisible et ergonomique.

Soit vous choisissez une thématique (standard, activité, cinéma, ralenti), soit vous modifiez le ‘type d’objectif’ utilisé (c’est une façon de parler car il n’y en a qu’un, c’est le traitement qui sera différent, GoPro parle d’ailleurs de ‘Digital Lenses’ ou lentilles numériques):

GoPro001

Il est alors possible de limiter ou d’augmenter l’effet fisheye, qui restera présent quel(le) que soit la thématique ou le mode choisi. La HERO 8, comme toutes les caméras d’action, est effectivement équipée d’un objectif (très) grand angle. L’effet œil de poisson, c’est quand on a l’impression que la caméra est logée dans un globe, tant les bords sont déformés.

C’est déformé pour une raison bien précise: capter le plus grand plan possible. Les modes ‘SuperView’ et ‘Large’ permettent ainsi d’enregistrer un champ de vision énorme. Idéal pour l’usage principal de la GoPro, souvent accrochée à un casque de ski, de moto ou de vélo, et qui veut donc montrer le plus de paysage possible.

Il est cependant possible de filmer en mode ‘Linéaire’ ou carrément ‘Etroit’, pour amoindrir l’effet fisheye et filmer (presque) comme si c’était un objectif normal. J’ai cependant constaté des déformations même dans ces modes, et c’est important de le savoir. En même temps, tout le monde est habitué à voir ce genre d’images sur les réseaux sociaux, donc les déformations sur les bords ne choquent plus personne.

Sachez qu’il est possible de modifier ces préréglages. L’idéal est d’enregistrer en fonction de l’usage que vous comptez faire de la scène: tout le monde n’a pas besoin de filmer en 4K ou avec 240 images par seconde.

Cependant, un grand nombre d’images par seconde vous permettra d’exploiter une autre option de la HERO 8: le fameux slo-mo dont je parle plus haut. GoPro a mis au point un algorithme qui détecte les scènes d’action très rapides et ralentit automatiquement l’image à ce moment-là. Comme si, en filmant un lancer au baseball, la caméra passait automatiquement en mode ‘ralenti’ quand la balle heurte la batte.

Que faire avec vos belles images ?

Vous l’avez compris, la HERO 8 de GoPro est sans doute la caméra ayant le meilleur rapport encombrement / prestations. Donc vous capturez assez facilement de très belles images.

Mais après, que pouvez-vous en faire ? Il y a une carte microSD, donc libre à vous de copier les médias de la caméra sur un ordinateur et de les monter avec votre logiciel préféré. On parle ici des plus « pros » d’entre vous.

GoPro tente heureusement de rendre plus accessible le montage de vos plus belles actions, et y parvient grâce à l’application du même nom (vous pouvez aussi télécharger Quik, qui ne contient que le logiciel de montage).

L’appli GoPro est nécessaire pour faire communiquer un smartphone avec la HERO 8, qui émet son propre réseau Wi-Fi pour transférer rapidement les médias enregistrés sur la carte mémoire. Une fois transférés, ces médias pourront donc être exploités à l’intérieur de l’application :


GoPro propose du montage semi-automatique sur smartphone (il faut une puissance minimum, pas un smartphone à 100€). Il suffit de choisir un thème (chacun allie des graphismes, des transitions et de la musique différents), de placer les médias dans le bon ordre et d’ajouter, si besoin, du texte. L’outil est très facile à utiliser et rapide, mais notez qu’il est impossible d’y inclure facilement les paroles d’une personne qui intervient dans une séquence. A nouveau, la cible est davantage la descente de ski ou le saut en parachute que l’interview.

Pour la petite histoire, mais on réduit encore le public cible, sachez qu’il est possible, lorsque la HERO 8 est connectée à votre smartphone, de streamer en direct vos plus belles actions sur vos réseaux sociaux comme YouTube ou Facebook.

Conclusions

GoPro poursuit sur sa belle lancée de 2018, avec une HERO 8 Black en 2019 qui se concentre sur l’expertise inégalée de l’entreprise américaine: des caméras d’action à l’efficacité redoutable.

Le cru de cet automne est d’ores et déjà une nouvelle référence, les critiques de la presse spécialisée sont unanimes. Sa qualité de fabrication est impressionnante, elle est étanche et semble très résistante à tous les chocs qu’elle pourrait subir. Ses performances sont inégalées en termes de stabilisation de l’image. Et il y a même un logiciel pour smartphone qui se charge de rapatrier les médias et de les transformer facilement un clip très bien foutu partageable sur les réseaux sociaux.

Reste une question: à qui s’adresse la HERO 8 Black, vendue la coquette somme de 429€ ? Un prix qui ne comprend qu’un support à coller sur un casque, par exemple. Ne cherchez pas le pas de vis standard pour la poser sur un trépied, il n’est pas inclus. Les accessoires (un kit ‘media’ avec micro amélioré à 89€, une lumière d’appoint à 49€, et un module d’affichage ajoutant un écran supplémentaire pour filmer en selfie à 89€) pourront bientôt être précommandés.

Bref, le matériel de GoPro s’adresse donc aux amateurs exigeant capables de consacrer une petite somme pour immortaliser leurs plus belles prouesses. Car on parle évidement ici de capturer des moments intenses et spectaculaires, et non de filmer la fancy-fair des enfants. Saut en parachute, descente en VTT, belle balade à moto, plongée sous-marine: tout ce qui, avant l’invention de GoPro il y a de longues années, nécessitait l’intervention d’un photographe/caméraman. GoPro a également popularisé le POV (point of view), donc le fait de se filmer « à la première personne » en pleine action.

Un concept qui, au fil des ans, a attiré une concurrence importante, qui a fait chuter la moyenne des prix. GoPro continue de trouver son public de la manière la plus logique, en étant le meilleur.





Que valent les AirPods à la sauce Huawei ?

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Mobilité, Pratique , le 3 décembre 2019 14h26 | Ajouter un commentaire

Des oreillettes entièrement sans-fil, qu’on ne repère qu’à cause d’une petite tige blanche qui assure un certain équilibre. On ne parle pas des AirPods d’Apple qu’on voit pendre à de plus en d’oreilles, mais de la version de Huawei, très ambitieuse sur le papier. Je les ai portées quelques jours et voici mon verdict.

Les tests de Mathieu: Huawei s'inspire largement d'Apple pour ses Freebuds 3, en valent-ils la peine ?

Une fois de plus, Apple a réussi à rendre très à la mode un élément de design. Après l’iPod, l’iPhone, l’encoche de l’iPhone X, c’est au tour de ses petits écouteurs sans-fil d’être largement copiés.

Je parle des AirPods, ces minuscules bâtonnets blancs que l’on voit pendant aux pavillons de plus en plus d’oreilles. Il s’agit d’intra auriculaires (car on les loge à l’intérieur de l’oreille), ou intras, qui ont la particularité d’être entièrement sans fil et de se ranger dans un boitier contenant une batterie. Boitier qui, vous l’aurez compris, permet de recharger quelques fois les écouteurs.

Si de nombreuses marques asiatiques méconnues proposent des imitations plus ou moins réussies techniquement (et vendues une vingtaine d’euros sur internet, contre 279€ pour la version Pro d’Apple), on ne s’attendait pas à voir Huawei agir de la sorte. Le géant chinois de l’électronique, toujours dans la tourmente depuis qu’il est blacklisté par les Etats-Unis (ses nouveaux smartphones ne peuvent pas être équipés des indispensables services de Google), a cependant dévoilé des FreeBuds (plusieurs modèles depuis quelques années) qui s’inspirent grandement de ce que fait Apple.

J’ai pu tester les Freebuds 3  (179€) qui sont sortis en Belgique il y a quelques semaines. Je ne parlerai plus de la ressemblance avec Apple mais le fait que même le nom est proche (AirPods / FreeBuds) m’étonne de la part de Huawei, qui, solide N.2 du smartphone (ça ne va plus durer, cependant, à cause de l’abandon forcé de Google), avait pris l’habitude d’innover à tous les niveaux depuis quelques années.


Discrétion totale

La plus grande qualité de ce genre de petits écouteurs sans-fil, c’est la compacité et la légèreté.

Pour cette nouvelle version de Freebuds, Huawei a soigné la forme. Ils sont très épurés: ceux que j’ai essayés sont d’un blanc immaculé avec un petit capuchon chromé sur le bas qui protège les micros.

Leur boite est également un bel exemple du savoir-faire de Huawei dans la fabrication de matériel. On dirait un petit galet blanc, avec un carré brillant comprenant le logo de la marque. Un galet qui rentre facilement dans n’importe quelle poche, car il s’agit de plastique brillant, comme le veut la mode des smartphones actuellement.

Ce petit boitier contient une batterie et un port USB Type-C. Il permet de recharger environ 4 fois entièrement les oreillettes. Elles-mêmes peuvent être utilisées, avec la réduction active de bruit, durant un peu plus de 3h. Donc quand tout est chargé au max, vous avez 15 heures d’écoute dans la poche, ce qui est très sympa. A noter également: ils peuvent se charger sans fil, sur un chargeur compatible ou… sur le dos du P30 Pro, pour autant que vous ayez activé la charge sans fil inversée

Et la qualité du son ?

Pour la discrétion, Huawei fait un sans-faute. Mais il est impossible d’exiger d’une telle formule un son haut de gamme. Il est bon et équilibré, mais sans plus. Difficile de distinguer de grandes différences avec une paire d’oreillette de qualité à 50 euros.

En théorie, pourtant, la qualité devrait être meilleure. Car Huawei, lors de la présentation des Freebuds 3 au salon IFA de Berlin au mois de septembre, a évoqué une innovation assez pointue mais qui mérite d’être expliquée: la norme BT-UHD. Comme quelques autres acteurs du marché (Apple, Qualcomm), Huawei a développé en interne une technologie améliorant le transfert du signal entre le smartphone et les oreillettes. Théoriquement, le BT-UHD de Huawei permet de faire transiter le son à une vitesse de 2,3 Mbps, contre 0,5 ou 0,9 pour la concurrence. Hélas, il faut pour cela utiliser les derniers smartphones de la marque équipés de la surcouche logicielle maison EMUI 10, qui est en cours de déploiement sur une partie de la gamme Huawei (Mate 20 et 20 Pro, P30 et 30 Pro, Nova 5T, pour l’instant).

Le son sur un P30 Pro m’a effectivement semblé meilleur, et plus puissant. Le rapport poids/encombrement/qualité de son est tout de même excellent, il faut le souligner. N’oubliez pas que l’étui, qui sert de chargeur, se glisse dans n’importe quelle poche.


Des commandes tactiles très limitées

Cependant, le principal avantage d’utiliser les FreeBuds 3 avec un smartphone Huawei passé sous EMUI 10, c’est qu’il les « voit » (photo ci-dessous). Le P30 Pro, par exemple, détecte l’ouverture de la boite des FreeBuds 3: une fenêtre s’ouvre automatiquement. La première fois, pour proposer de les connecter. Ensuite pour signaler qu’ils sont connectés et afficher le niveau des batteries.

EMUI 10 est permet également de configurer très facilement les écouteurs, simplement en appuyant sur l’icône paramètres située à côté des FreeBuds 3 dans la liste des périphériques Bluetooth connectés. Pour les autres smartphones, il faut télécharger l’application Huawei AI Life dans le Playstore.

La configuration est basique, heureusement. On peut les mettre à jour, vérifiez la batterie et choisir quelle action entraînera le double tapotement du coin supérieur de la tige, à droite ou à gauche. Soit vous passez à la chanson suivante, soit vous mettez en play/pause, soit vous activez l’assistant vocal, en l’occurrence Google Assistant.

La dernière option pour le double tapotement de l’une des oreillettes, c’est d’activer ou désactiver la réduction active de bruit. Et là aussi, il y a des choses à dire.


Une isolation relative

Apple a sorti ses AirPods Pro avec la réduction active de bruit il y a quelques mois, et mes confrères étaient élogieux. Je n’ai pas l’occasion de les essayer mais j’ai des doutes sur l’efficacité de cette technologie qui consiste à utiliser des micros pour analyser le son ambiant et envoyer l’onde inverse dans les oreilles. Ça fonctionne très bien avec des casques recouvrant (voir mon test du Bose 700), et même avec des oreillettes sans-fil qu’on insère dans l’oreille et qui font un peu ventouse (voir mon test des Sony WF-1000XM3).

En effet, et la remarque vaut pour les Freebuds 3 de Huawei, ces oreillettes sont juste déposées dans le creux de l’oreille, on ne les « enfonce » pas. Dès lors, il y a du passage d’air, d’ondes, de vibrations et donc de son dans l’oreille.

Dès lors, activer la réduction active de bruit dans ces conditions, c’est comme ouvrir un parapluie troué. Ça fonctionne, mais c’est pas génial. Comme souvent avec cette technologie, ce sont les bruits sourds, les basses, qui sont le mieux détectées et (en partie) annulée. Durant mon test, il y avait un four qui tournait, ou un sèche-cheveux en pleine action. Effectivement, leur bruit était atténué en activant la réduction active de bruit.

Les voix, par contre, étaient encore parfaitement audibles.

Conclusions

Comme leur nom l’indique, les FreeBuds 3 de Huawei sont de sympathiques compagnons audio, des oreillettes entièrement sans fil qui se connectent en Bluetooth à un smartphone.

Difficile de faire plus petit, plus léger, plus discret. Certes, le géant chinois des télécoms s’est largement inspiré du design d’Apple, mais il est parvenu à inclure une nouvelle technologie de liaison sans-fil, nommée BT-UHD.

Cependant, pour profiter de la meilleure qualité de transmission du son entre les oreillettes et le smartphone, il faut que celui-ci soit équipé d’EMUI 10, la surcouche que Huawei appose sur une partie de sa gamme. On gagne alors en qualité et en fidélité, du moins sur le papier, car dans les faits, ça ne m’a pas semblé transcendant. Cette interface logicielle facilite également la gestion et la connexion des oreillettes, prévues pour fonctionner avec elle.

Pour tous les autres utilisateurs, la configuration des FreeBuds doit passer par une application de Huawei, pas évidente à trouver (Huawei AI Life).

Le seul défaut des oreillettes de Huawei, c’est de ne pas être de véritables intra-auriculaires. Simplement déposés dans le creux de l’oreille, ils sont incapables de faire ‘ventouse’ car il est impossible de les enfoncer. Ça dépend sans doute du type d’oreille, mais chez moi, c’était vraiment ‘ouvert’. Donc les basses sonnent moins bien car il n’y a pas de résonnance dans le conduit. Et la réduction active de bruit est largement atténuée.

Les WF-1000XM3 de Sony (213€ actuellement) sont moins discrètes et élégantes, mais elles se fixent correctement et sont équipées de caoutchouc interchangeables pour un meilleur maintien et une bonne isolation. Les FreeBuds 3 sont lisses comme du plastique poli. Au niveau des performances, Sony l’emporte dès lors à tous les niveaux :


Ce smartphone Motorola mise tout sur le zoom, est-ce une bonne idée ?

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Test , le 4 novembre 2019 09h49 | Ajouter un commentaire

La stratégie de Motorola (une marque d’origine américaine mais contrôlée par le chinois Lenovo depuis quelques années) est surprenante. Ne sachant pas trop comment se démarquer, Motorola a opté en 2019 pour une déclinaison de smartphones ayant une particularité propre liée à la photographie.

Je vous ai parlé il y a quelques semaines des One Vision et One Action: l’un se concentrait sur les belles performances d’un capteur 48MP et l’autre sur une stabilisation accrue de vidéo 16:9 que l’on peut réaliser avec le smartphone à la verticale.

Place cet automne au One Zoom. Cette fois, Motorola monte un peu gamme et atteint les 429€, prix de lancement. Puce Snapdragon 675 (moyenne supérieure), 128 GB de stockage interne, écran OLED de 6,39″ et 2340 x 1080 pixels, 4 GB de RAM, 4 capteurs photo à l’arrière et grosse batterie de 4.000 mAh. Sans oublier le capteur d’empreinte sous l’écran, pour un déverrouillage confortable.

Une fiche technique très honorable, pour un appareil tournant sous une version très proche d’Android, même si Motorola a perdu l’appellation ‘Android One’ pour des raisons d’intégration d’Alexa (l’assistant vocal intelligent d’Amazon) aux Etats-Unis. Mon modèle de test est équipé d’Android 9 (alors que la version 10 existe depuis quelques semaines), et son correctif de sécurité remonte au 1er juillet. Peut mieux faire, donc.

Un vrai zoom 3X

Vous l’avez compris, la vraie particularité de ce smartphone, c’est son capteur supplémentaire dans le dos, un téléobjectif de 8 mégapixels avec zoom optique 3X, doté d’un stabilisateur d’image. Les autres lentilles renferment un bon 48 MP, un grand-angle 117° et un capteur de profondeur pour mieux gérer les effets ‘portrait’.

Motorola tient ses promesses et effectivement, le zoom 3X fonctionne bien, on ne remarque pratiquement aucune perte de qualité. Pour un smartphone à 429€, c’est plutôt rare.

Pour le reste, la qualité des photos est tout à fait correcte, et la technologie de Quad Pixel utilisée par Motorola permet effectivement de faire entrer plus de lumière, ce qui évite de rater les clichés en intérieur ou en soirée. Efficace et utile au quotidien. Un bon point pour Motorola.

Conclusions

Le Motorola One Zoom porte bien son nom. Un smartphone avec une fiche technique milieu de gamme (mais très flatteuse), qui est équipée d’un 4e capteur dans le dos pour zoomer sans perte de qualité (en 3X). A 429€, c’est rare de trouver cette option habituellement réservée aux smartphones premium, même si à 599€, le OnePlus 7T le permet.

Pour le reste, la stratégie de Motorola pose question. C’est le 3e smartphone dédié à un univers particulier de la photographie qui est lancé en quelques mois. Est-ce une bonne idée de fragmenter ainsi son offre ? Les utilisateurs sont-ils à la recherche d’une telle spécificité ?

Difficile à dire, mais Motorola a le mérite de se démarquer et, sur le One Zoom, de se concentrer sur l’essentiel: un appareil photo très polyvalent, un design original, une grosse batterie et un capteur d’empreintes sous l’écran. C’est une très bonne base ! Si 429€ est votre budget, vous ne prenez aucun risque…

Sonos sort pour la première fois de votre maison avec son enceinte « Move »

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Mobilité, Test , le 25 septembre 2019 07h20 | Ajouter un commentaire

Les tests de Mathieu: Sonos sort pour la première fois de votre maison avec son enceinte intelligente Move

Inventeur de l’enceinte réseau à destination du grand public, l’américain Sonos, pour la première fois, ose mettre un pied dehors. Sa Move (399€) est conçue pour fonctionner parfaitement au fond de votre jardin, même s’il pleut. Et si sa puissante antenne ne capte plus le Wi-Fi, il est possible de passer en Bluetooth. Voici mon verdict après une semaine d’utilisation.

On ne présente plus l’entreprise américaine Sonos. Son slogan « listen better » (« écoutez mieux ») résume bien la philosophie du fabricant d’enceintes qui, depuis plus de 15 ans, tente de rendre aussi facile et agréable que possible l’écoute de la musique dans une maison.

Une chose restait constante dans tout le matériel (enceintes, barres de son, amplificateur, sub-woofer) de Sonos: la nécessité de le connecter à un réseau local, donc généralement votre routeur internet, à l’aide d’un câble ou en Wi-Fi. C’était le concept de base, les fondations de toute la technologie de Sonos, au niveau matériel et logiciel.

Et tandis que des dizaines de concurrents, petits et grands, s’engouffraient dans le marché des enceintes Bluetooth, Sonos les regardait de loin, riant sans doute de tous les désavantages de cette technologie de liaison directe entre une source musicale (un smartphone, souvent) et son moyen de diffusion (l’enceinte Bluetooth). Parmi les défauts, rappelons-le, il y a la nécessité de rester dans un périmètre restreint (quelques mètres), le lien constant entre les deux appareils, la musique coupée par les notifications ou tout autre son émanant du smartphone, etc.

Mais Sonos a changé son fusil d’épaule. La raison officielle, on ne la connait pas. Mon avis: la technologie Bluetooth a évolué, devenant plus performante (fiabilité, portée) et moins gourmande en énergie. Les batteries au Lithium ont également fait des progrès en termes de compacité et de performance.


Avant tout, une enceinte réseau (robuste) avec un Wi-Fi boosté

Sonos n’a pas jeté le bébé avec l’eau du bain, loin de là. En réalité, sa Move (un verbe qui signifie ‘bouger’ en anglais) est avant tout une enceinte réseau qui s’ajoute à l’écosystème des autres appareils du constructeur. Elle s’installe comme les autres, à l’intérieur de votre réseau Wi-Fi et à l’aide de l’application qui vient de subir un petit lifting. Bien entendu, elle peut être bougée un peu partout dans la maison, ce qui peut s’avérer bien pratique.

Particularité: la Move est dotée de la meilleure antenne Wi-Fi jamais intégrée par Sonos. Elle peut capter du réseau même dans le fond du jardin, j’ai pu le constater. A environ 15 mètres de la maison (et donc une bonne vingtaine du routeur), elle restait connectée et fonctionnait comme une enceinte réseau autonome, et non une enceinte Bluetooth.

Et dans le fond de votre jardin, elle s’y sentira très bien, même si vous l’oubliez toute la nuit. La Move a été conçue pour supporter l’humidité, le froid, les éclaboussures de piscine, la pluie, les tâches de moutarde. Mais aussi une journée en plein soleil. Bref, elle est très robuste et d’ailleurs certifiée IP56, la plus haute catégorie avant d’être classée ‘submersible’. Donc elle ne peut pas prendre un bain, mais résiste à un jet d’eau: si elle est très sale, vous pouvez passer une lavette savonnée puis la rincer sans risque. Sachez également que la base de l’enceinte est renforcée à l’aide d’un caoutchouc très solide. Sonos dit avoir testé des chutes d’une hauteur d’1,80m, et que tout fonctionnait encore après…

Donc la notion de ‘Move’ est liée à la capacité de l’enceinte à être transportée facilement dans la maison et le jardin, et à résister parfaitement à la vie en plein air…

Du Bluetooth, au cas où (ou pour profiter de YouTube et Netflix)

Mais Sonos, pour que sa Move soit vraiment utilisable n’importe où (dans un grand jardin hors de portée du Wi-Fi, au parc, en vacances), a ajouté la connectivité Bluetooth. Elle doit s’activer à la main, en appuyant sur le petit bouton situé à l’arrière, entre les deux gros. Le LED d’état passe alors du blanc au bleu, pour bien indiquer que la Move ne doit plus chercher du Wi-Fi mais se concentrer sur le Bluetooth (voir photos ci-dessous). Votre smartphone ou tablette peut alors être relié (la première fois, il faut le faire à la main, ensuite c’est automatique, comme toujours avec le Bluetooth).

Dès ce moment, votre smartphone doit se débrouiller pour lui envoyer du son. Il faut donc lancer une application comme Spotify (si vous avez de la 4G ou téléchargé des playlists à l’avance) ; ou jouer les MP3 stockés localement sur votre appareil, pour peu que vous en ayez encore.

Corollaire de cette liaison Bluetooth: on peut désormais utiliser une enceinte Sonos pour profiter d’un son de qualité quand on regarde un film (par exemple sur Netflix, photo ci-dessous) ou un clip (par exemple sur YouTube) sur un smartphone ou une tablette. C’était possible avec AirPlay pour ceux qui avaient un iPhone ou un iPad, c’est désormais possible pour tous les utilisateurs Android grâce au Bluetooth.

Autre corollaire, moins pratique: si vous recevez un message, un appel ou si vous lancez un jeu vidéo, c’est fini la musique…




Une autonomie raisonnable, mais la veille est gourmande

Qui dit sans fil, dit batterie. La Move en contient une dont on ignore les détails techniques, si ce n’est qu’après trois ans, Sonos vous encourage à la remplacer (c’est « facile » à faire mais sans doute pas soi-même car l’assemblage est précis et il n’y a aucune vis) pour qu’elle continue être suffisamment performante. Cela s’inscrit dans la politique de durabilité qui a toujours caractérisé Sonos, depuis ses débuts. Les premières enceintes sorties il y a 10 ans fonctionnent encore, et l’entreprise fabrique et vend toujours des modèles sortis il y a plusieurs années (Play:5, Playbar, Sub, etc).

L’autonomie de la Move est bonne en écoute continue: environ 10 heures, d’après le constructeur. Autre mesure communiquée: après 6h d’écoute au volume 50%, il restait 28% de batterie. De quoi vous donner une certaine idée.

Le « problème », c’est que la Move, si elle dans votre maison et capte le Wi-Fi, va y rester connectée, même si elle se met en veille après 30 minutes (on peut également appuyer sur le bouton ON/OFF). La Move sort en effet de veille très rapidement, dès que vous lancez l’application. C’est très pratique pour le confort et la facilité d’utilisation, mais ça consomme pas mal de batterie. C’est comme si vous laissiez tourner le moteur de votre voiture toute la nuit en hiver pour qu’elle démarre mieux le matin.

Donc en « veille » à l’intérieur de la maison, la Move tient environ 5 jours, même si vous n’écoutez pas de musique.

Heureusement, Sonos fait bien les choses et la Move est livrée avec un socle de recharge. Très discret, il accueille facilement l’enceinte, il suffit de la déposer. Il y a également un port USB Type-C pour recharger l’enceinte à l’aide de n’importe quel chargeur de smartphone (Android, pas iPhone) :

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Un son plus grave que la One

L’encombrement (24 x 16 x 13 cm) du Sonos Move et son poids (3 kg) sont nettement plus imposants que ceux de la One, son best-seller qui parait tout petit à côté. Et ce n’est pas dû uniquement à la batterie (voir photo ci-dessous).

En effet – passons à la qualité du son, essentielle tout de même – la Move est mieux équipée: il y a deux amplificateurs numériques, un tweeter pour les hautes fréquences, et un mid-woofer intégré pour des fréquences vocales moyennes et des basses étonnamment riches et profondes. Et Sonos, on le sait, soigne la qualité des composants et la cohérence de l’assemblage: le constructeur a consacré plus de deux ans à la Move dans ses laboratoires (dont celui que j’avais visité à l’époque).

Le son de la Move est surtout impressionnant, vu sa taille qui reste raisonnable, au niveau des graves et de la puissance globale de sortie. Il surclasse facilement la One et de la Beam, et se rapproche de ce que l’énorme Play:5 peut sortir.


Conclusion

Difficile de prendre en défaut la Move (399€) de Sonos, première enceinte du constructeur à être conçue pour être bougée dans et en dehors de la maison. Mais c’est avant une nouvelle option pour écouter intelligemment de la musique chez vous, car la Move a une antenne Wi-Fi plus puissante que la moyenne et même à plus de 20 mètres de mon routeur (une simple Bbox-3 de Proximus), elle accrochait le réseau sans souci. Elle tient quelques jours sur batterie, puis il faut la déposer sur son très discret socle de recharge.

La Move peut donc être déplacée un peu partout chez vous et si vous voulez aller plus loin, il y a l’option Bluetooth. Ça doit rester « au cas où », car il faut appuyer sur un bouton au dos de l’enceinte, attendre que votre smartphone la détecte, puis supporter toutes les interruptions (notifications, appels, messages, etc) qui en émaneront parallèlement à la musique diffusée. Quand on passe de l’un à l’autre, on se rend compte à quel point une enceinte réseau qui va chercher sa musique comme une grande sur internet est bien plus pratique à utiliser.

Et comme si ça ne suffisait pas, Sonos va vous faire oublier une bonne fois pour toutes les réglages manuels de l’égaliseur. En effet, il y a sur la Move une version automatique et continue de True Play (alors que sur les autres enceintes il faut utiliser un iPhone): grâce à ses micros, elle se rend compte de la réverbération (on non) du son sur des murs ou des plafonds, et adapte ses réglages en fonction.

Petit détail: si j’ai réussi à configurer Google Assistant sur la One et la Beam, je n’ai pas réussi à la faire sur la Move. Donc cet assistant vocal, pourtant officiellement disponible en Belgique, ne fonctionne pas, pour l’instant, sur l’enceinte mobile de Sonos. 






Des oreillettes SANS fil mais AVEC réduction active de bruit: une première

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Mobilité, Test , le 14 août 2019 08h35 | Ajouter un commentaire
Les tests de Mathieu: que valent les Sony WF-1000XM3, des écouteurs entièrement SANS fil mais AVEC réduction active de bruit ?

La réduction active de bruit, on a l’habitude de la voir dans des casques bien recouvrants signés Bose ou Sony. Mais le constructeur japonais, qui mise beaucoup sur ce segment, a surpris tout le monde en faisant entrer cette technologie isolante dans des oreillettes aussi légères que discrètes. Un pari audacieux. Mon verdict après deux semaines de test.

Si c’est Bose qui a épaté tout le monde il y a quelques années avec un casque audio sans fil à réduction active de bruit, le japonais Sony occupe ce marché depuis 1992. Ce n’est pourtant que l’an dernier que son WH-1000XM3, que nous avions essayé dans un hélicoptère, a à son tour conquis les critiques et le public. Résultats: une croissance de 100% en un an pour Sony sur ce secteur d’activité.

Cet été, le groupe japonais qui retrouve des couleurs en se réorganisant intelligemment (il n’y a plus que sa division smartphone qui perd de l’argent), veut surfer sur son succès et sa réputation dans le domaine de l’audio à réduction active de bruit. Il a donc lancé les WF-1000XM3 (oui, une seule lettre change avec le casque recouvrant, avec un F pour freedom, liberté en anglais). Il s’agit de la deuxième version d’écouteurs Sony dits True Wireless, c’est-à-dire qu’il y a deux oreillettes entièrement sans fil (un concept en très forte croissance). Son prix est d’environ 250€, ce qui est finalement raisonnable car vous allez le voir, il n’y a pas de concurrence dans cette catégorie.


Sans-fil, sans bruit

Lors de l’annonce des WF-1000XM3, j’étais un peu dubitatif quant à sa capacité à être de bonnes oreillettes sans fil capables de restituer un bon son, tout en étant équipées de micro analysant le bruit ambiant en continu pour l’annuler. Pour deux petits objets si légers, ça semblait ambitieux.

En réalité, le pari est réussi. Pour 4 raisons :

La réduction active de bruit, nerf de la guerre, fonctionne. Malgré l’encombrement et le poids très réduits, ces oreillettes parviennent à pratiquement éliminer les basses fréquences (le brouhaha ambiant, le bruit de fonctionnement de l’avion, du train ou de la voiture). Pour les voix et les sons aigus, donc les hautes fréquences, ça reste très compliqué car leur analyse et traitement, plus fastidieux, entraîneraient une latence (un retard) dans la réduction effective du bruit, et donc une inefficacité totale. Les oreillettes de Sony isolent, donc, mais restons clairs: on est en deçà de ce que propose un casque recouvrant comme le WH-1000XM3 ou le QC35 de Bose. Mais les deux processeurs QN1e (un dans chaque oreillette) s’en sortent assez bien.

Une attention particulière a été accordée à la stabilité et la qualité de la connexion Bluetooth. Le son est transmis de l’appareil émetteur (smartphone, tablette, ordinateur) vers chaque oreillette simultanément, au lieu de passer de l’une à l’autre. La latence diminue grâce à cela de 75%, mais il reste impossible de l’éliminer entièrement à cause du trop grand nombre d’applications (Spotify, Netflix, YouTube, etc) et de version d’Android en circulation. Il y aura donc toujours un très léger décalage qui se pourra se ressentir (surtout lors des dialogues en gros plan).

L’autonomie est préservée grâce un boîtier de rangement équipé lui aussi d’une batterie, et qui est donc capable de recharger entièrement vos oreillettes trois fois. Avec la réduction active de bruit enclenchée (c’est le cas par défaut), comptez 24 heures d’utilisation (un cycle complet représente 6h d’utilisation, rechargeable à trois reprises en rangeant les oreillettes). S’il m’a fallu du temps pour finaliser cet article, c’est parce qu’après deux semaines d’utilisation quotidienne, les écouteurs étaient toujours utilisables. Donc c’est très, très honnête, surtout si on tient compte de la taillée et du poids des WF-1000XM3.

Un mot sur l’ergonomie et le maintien des écouteurs dans l’oreille. Sony les a testés sur 10.000 types d’oreilles différents dans ses laboratoires au Japon. L’insertion doit se faire en appliquant une petite rotation pour que les oreillettes soient bien stables et ne tombent pas si vous vous penchez ou marchez rapidement. Il faut veiller à bien choisir la taille et la matière des caoutchoucs. Plusieurs sont fournis pour que vous soyez le plus à l’aise possible. Vu le poids très réduit, cependant, aucun risque qu’ils ne s’échappent facilement. En trouvant la bonne taille et en les insérant correctement, vous aurez également les meilleurs résultats au niveau de la réduction active du bruit.

Enfin, derniers détails: il y a des détecteurs de proximité sur chaque oreillette. Elle s’éteint donc dès que vous la retirez, ce qui est important car il n’y a pas d’interrupteur ON/OFF. Et si vous utilisez Google Assistant, vous pouvez l’activer directement sur les écouteurs, qui vous proposeront alors de lire les messages reçus, de poser toutes vos questions, de commander votre maison connectée. Sachez également que vous pouvez téléphoner avec les WF-1000XM3.

Quelques petits défauts

Vous l’avez compris, l’expérience globale de l’utilisation des WF-1000XM3 est plus que satisfaisante. Sony a trouvé la formule pour réduire le bruit ambiant avec des petits écouteurs intra-auriculaires entièrement sans fil, très légers et faciles à recharger grâce à leur petite boîte intelligente. En réalité, il n’y a pas de concurrence dans cette catégorie. Il existe bien quelques modèles d’écouteurs entièrement sans fil (chez Apple et Samsung, notamment), mais ils ne sont pas à réduction active de bruit. Un modèle de Bose est attendu pour 2020.

Si on doit reprocher quelque chose à la paire de Sony, c’est avant tout la puissance de sortie. Il est impossible de régler le volume via les écouteurs, tout se fait à partir de la source (votre smartphone par exemple). En le mettant au maximum, j’ai trouvé que ça restait un peu faiblard. A voir avec d’autres smartphones et d’autres applications, mais des confrères présents à l’évènement partageaient mon avis.

Les commandes tactiles demandent une période d’adaptation. Le rond présent sur chaque oreillette et effectivement sensible et permet de contrôler la musique ou de mettre hors/sous tension la réduction active de bruit. Mais il n’est pas évident à trouver et manipuler. Tout cela est heureusement paramétrable dans l’application Headphone Connect, indispensable pour une bonne utilisation des WF-1000XM3.

En parlant de cette application, sachez qu’elle n’est pas un modèle de simplicité ni d’ergonomie. Au moins a-t-elle le mérite de pouvoir tout configurer et même d’éteindre les écouteurs, qui rappelons-le n’ont pas de bouton ON/OFF.

Les sportifs passeront leur chemin. Ces oreillettes ne sont pas destinées au sport, et n’ont aucune certification IPX. Pas de problème pour une randonnée mais si vous faites 10 km de jogging et que transpirez beaucoup, ça pourrait endommager les WF-1000XM3.

Dernier bémol, mais il est directement lié au concept de ‘Truly Wireless’: faites attention à ne pas égarer vos oreillettes. Mieux vaut garder la boîte de rangement/chargement dans la poche ou à proximité.


Comment fonctionne ce portefeuille connecté et équipé d’un code secret?

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 7 juin 2019 10h45 | Ajouter un commentaire

Je ne parle pas souvent des portefeuilles sur RTL info. Ce n’est a priori pas un sujet très technologique. Mais comme d’innombrables autres objets de la vie de tous les jours, des entreprises essaient de les rendre plus intelligents.

Ögon est une marque française, qui a lancé dans les années 2000 la mode des portefeuilles plus modernes, plus pratiques, et plus orientés sur les formats « carte à puce ». Identité, banque, fidélité, accès à des bâtiments: ces cartes prennent de plus en plus de place dans un portefeuille et il est donc logique d’y consacrer d’avantage de place qu’aux billets ou à la monnaie.

Récemment, Ögon a affublé un de ces portefeuilles de nouvelles options: la protection par un code secret et la présence d’une petite puce de traçage, pour le retrouver plus facilement s’il est égaré. J’ai essayé tout ça pour voir si c’était vraiment pratique.

Un verrou assez sensible

Plutôt grand (10 x 9 x 2 cm), le Code Wallet ressemble effectivement plus à un portefeuille qu’à un porte-cartes. Il rentre dans les poches mais il est nettement moins discret que les petits formats que tout le monde connait. Il y a 7 compartiments et dans chacun d’eux, on peut aisément glisser deux cartes si on le souhaite.

Un petit système de verrou mécanique est intégré, autorisant ou empêchant le mouvement de la gâchette d’ouverture. Il s’agit de trois roulettes avec 10 chiffres chacune. Pour définir votre code, il faut ouvrir le portefeuille et insérer une aiguille fournie, tout est expliqué dans le petit manuel fourni. Sachez que si vous oubliez votre code, il y a une astuce pour l’ouvrir sans le détruire. On ne la dévoilera pas ici, mais elle est indiquée dans le mode d’emploi.

Cette option de verrouillage est une bonne idée sur le papier, même si dans les faits, on se dit rarement qu’on en a besoin ; et qui si on se fait voler ce portefeuille, en forcer l’ouverture n’a rien de chinois avec un outillage basique (je le suppose, je n’ai pas essayé). C’est donc plus pour des cas spécifiques (des enfants qui jouent avec à la maison, par exemple), que pour éviter les vols.

Seul reproche: les molettes ont tendance à tourner toutes seules quand on manipule le portefeuille. Dès lors, le verrou s’enclenche et il faut remettre votre code. De quoi vous faire perdre un peu de temps quand vous devez payer au magasin, par exemple.

Un traçage « Bluetooth » via une pastille

Pour le traçage du portefeuille, Ögon n’a pas développé sa propre solution, on peut le comprendre. En réalité, cette option « tracker » se coche avant de finaliser la commande (19€). Et cela ajoute à votre livraison une pastille de la marque TrackR. Il s’agit du « pixel », de la taille d’une pièce de monnaie mais un peu plus épais. On la collera sur le portefeuille avec l’adhésif fourni. Il vaut mieux le faire à l’extérieur pour augmenter la portée du Bluetooth, mais à l’intérieur ça fonctionne aussi (et en plus il y a de la place sur les parois).

Il ne s’agit pas d’une balise GPS, dont les besoins en énergie ne permettraient pas une taille si réduite. Le TrackR est une pastille Bluetooth qu’il faut relier à son smartphone et à l’application éponyme. A travers cette application, la balise envoie sa position de manière régulière quand elle est à portée de Bluetooth, donc quelques mètres maximum. Si le Bluetooth reste activé sur votre smartphone, et si l’application n’est pas fermée automatiquement par votre système d’exploitation, le TrackR va envoyer la localisation de votre portefeuille régulièrement.

Donc, si vous oubliez votre portefeuille dans un restaurant, qu’avant de partir, il a envoyé sa position, vous la verrez sous l’onglet « Vu pour la dernière fois ». Et vous pourrez le retrouver.

Si votre portefeuille est à portée de Bluetooth mais que vous ne le voyez pas, vous pouvez le faire sonner (la pastille émet alors un petit bip qui s’entend dans un environnement peu bruyant, pas dans un bar ou une boite de nuit).

L’option de traçage est donc intéressante dans les conditions optimales, donc si le Bluetooth est activé en permanence (c’est souvent le cas) et si votre application TrackR tourne en arrière-plan sans interruption. Il est hélas fort probable que vous ne pensiez pas à lancer cette application régulièrement et à chaque redémarrage. Dès lors, si vous perdez votre portefeuille, la fonction « Vu pour la dernière fois » ne vous aidera pas beaucoup, et pour le faire sonner, il faudra être à portée de Bluetooth, donc quelques mètres.

Conclusion

Plus robustes qu’auparavant grâce à la présence d’un mécanisme d’ouverture en métal, les portefeuilles/porte-cartes d’Ögon sont désormais plus sécurisés. Du moins le Code Wallet (79€), qui est équipé d’un mécanisme de verrouillage à trois chiffres. L’usage est finalement assez limité car on peut le forcer assez facilement en cas de vol. De plus, les molettes sont un peu trop sensibles (elles bougent et verrouillent toutes seules le portefeuille).

La marque française propose également un TrackR en option (19€) qui permet, dans des conditions idéales, de retrouver un portefeuille égaré. Il faut pour cela coller une pastille où bon vous semble sur le portefeuille, et utiliser régulièrement l’application TrackR pour garantir le suivi continu de la position. A portée de Bluetooth de votre smartphone (quelques mètres), cette pastille peut émettre un son permettant de retrouver un portefeuille perdu.

Des options plutôt pratiques dans l’ensemble, et qui ne font pas trop augmenter la facture…

Voici le premier smartphone pliable, le Galaxy Fold (vidéo)

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 24 avril 2019 07h21 | Ajouter un commentaire

On a testé le Samsung Galaxy Fold, le premier smartphone PLIABLE: que vaut-il ? (vidéo)

J’ai eu l’occasion d’essayer en primeur ce que Samsung appelle « la nouvelle catégorie » de smartphone, celle qui offre un grand écran de 8 pouces qu’on peut plier en deux pour glisser dans la poche. Une prouesse technique qui n’a a priori que des avantages, à part un prix très élevé: 2.020€. Pas de chance pour Samsung: quelques jours avant la date de lancement prévue, plusieurs journalistes américains réputés qui testaient chez eux le Galaxy Fold ont relayé de grosses pannes matérielles d’écran. La sortie de ce nouveau produit est donc reportée. 

Samsung est bel et bien de retour ! Le géant sud-coréen a connu un année 2018 qu’on peut qualifier de difficile, avec une baisse de ses parts de marché au niveau mondial, au profit de marques chinoises de plus en plus agressives, Huawei et Xiaomi en tête.

Mais 2019 commence bien. Au niveau des chiffres, difficile de se prononcer (le groupe a annoncé au début du mois qu’il anticipait un plongeon de 60% de son bénéfice d’exploitation au premier trimestre, en raison du ralentissement de son activité de puces mémoire, plombée par une demande en berne). Mais au niveau du matériel, c’est une année faste. Pour le grand public, il y a la nouvelle série A (40, 50, 70 et 80): c’est du milieu de gamme mais Samsung semble avoir augmenté la qualité de ce segment, sans toucher au prix. On en parlera dans un test plus poussé d’ici quelques semaines.

Un nouvel objet du désir, pliable

Si l’année est faste pour le géant sud-coréen de l’électronique grand public (pour autant que le lancement ait bien lieu…), c’est aussi et surtout parce qu’il est le premier à commercialiser un nouveau genre de produit, « une nouvelle catégorie« , a insisté un responsable de la marque lors d’un évènement à Londres auquel j’ai assisté. Il s’agit du Galaxy Fold, le premier smartphone pliable du marché. Il aura fallu 7 ans et des dizaines de prototypes pour parvenir à cette vitrine du savoir-faire sud-coréen. C’est « le flagship de nos flagships« , assure-t-on au département marketing…

Nous avons pu tester durant une demi-journée cet OVNI, de quoi se faire une première vraie impression sur ce produit étonnant à plusieurs points de vue. C’est avant tout un objet « waouw », un objet du désir, un smartphone que tout le monde va regarder de près et vouloir ouvrir.

Fermé, il est épais et avec un petit écran peu pratique

Replié, le Fold est plus épais que la moyenne mais il est aussi plus étiré verticalement. Il tient étonnamment bien dans la main malgré un encombrement certain (17 mm au niveau le plus épais, pour 263 grammes). La finition est du niveau de Samsung, à savoir excellente.

Dans cette position la moins impressionnante, il est tout-à-fait possible d’utiliser le smartphone, sur un premier écran tactile de 4,5 pouces environ, positionné assez en hauteur, et donc peu pratique à prendre en main. C’est petit mais toutes les applications peuvent être lancées, et il y a les traditionnels boutons virtuels de navigation. « Surtout utile pour décrocher, prendre une photo rapidement, consulter des messages et y répondre« , a précisé Samsung lors de la présentation. On est bien d’accord.

Ouvert, il offre une nouvelle manière d’utiliser un smartphone

Sans surprise, c’est lorsqu’on ouvre le Galaxy Fold que la magie opère. Aimantées, les deux parties nécessitent un léger effort pour s’ouvrir. Il y a un accompagnement mécanique pour fixer la position finale, mais c’est en douceur et ça respire la maîtrise technique. La charnière semble être une œuvre d’ingénierie digne des montres suisses.

On dispose de 7,9″ de surface de travail au format inédit 14:10. La définition de l’écran est de 2152 x 1536 pixels. C’est presque carré et donc, il y a beaucoup de place. Toutes les applications peuvent se lancer car sur Android, elles doivent pouvoir s’adapter à de nombreuses diagonales depuis longtemps, sur smartphone comme sur tablette.

Certaines d’entre elles comme YouTube, Facebook et Instagram, nous a précisé Samsung, ont été légèrement retravaillées esthétiquement pour s’étendre verticalement, on aperçoit donc la grosse encoche sur la droite. D’autres, comme celle de RTL info, s’affichent dans un format ‘smartphone’ étiré, et non dans le format plus agréable que l’on retrouve sur les tablettes Android. La preuve que le Fold est un smartphone avant tout.

Après une heure d’usage intensif, on ne peut qu’apprécier cette nouvelle surface de lecture très confortable, que l’on peut plier et mettre en poche très facilement. Même une vidéo YouTube en 16:9 est plus grande, plus immersive. Un jeu vidéo de voiture très poussé au niveau graphique s’affiche en plein écran, et on en prend plein les yeux. On a tout essayé et on n’est pas parvenu à prendre en défaut le format 14:10.

Le côté « carré » ouvre même de nouvelles opportunités pour le multitâche. C’est certainement la plus grande qualité du Fold: permettre d’afficher, par exemple, son flux Twitter sur la gauche, tout en ouvrant sur la droite WhatsApp et un navigateur (maximum 3 applications peuvent tourner en même temps, l’une en affichage intégral, les autres étant divisées en deux dans le sens de la hauteur). Ça n’a l’air de rien, mais pensez au nombre de fois où vous devez passer d’une application à une autre. Ou entrer un numéro de compte reçu par email dans une application bancaire. L’interface de ce multitâche, de plus, a été peaufinée: on peut facilement interchanger et redimensionner les applications ouvertes.

Enfin, détail important: Samsung assure  de l’écran. Si vous étiez en mode déplié sur l’affichage d’une carte de Google Maps, l’application continuera de s’afficher sur le petit écran en mode replié, vous permettant par exemple de suivre un itinéraire tout en marchant.



Une énorme fiche technique pour justifier le prix

Le Galaxy Fold n’est pas équipé du processeur maison de Samsung, mais du dernier Snapdragon 855 de Qualcomm. Une puce surpuissante épaulée par 12 GB de RAM (de quoi faire tourner d’innombrables applications en même temps), et 512 GB de stockage interne. Pour justifier le prix très élevé (2.020€ en Belgique), Samsung a donc bien rempli son Fold. Il y a également une double batterie affichant 4.380 mAh au total, 6 caméras (dont le trio qu’on retrouve sur le dos du S10+) pour pouvoir faire des selfies quand le smartphone est ouvert ou fermé. Ajoutez à cela une paire de Galaxy Buds (écouteurs sans fil, rechargeables sans fil également), et une housse à moitié souple en motif carbone, et vous avez une expérience Samsung de premier ordre.

Le grand écran de presque 8 pouces n’est pas en verre (impossible de le rendre suffisamment souple), mais en « couches de polymère avancé« . Il est donc nettement plus fragile que sur un smartphone classique, mais quand il n’est pas en main, il est généralement replié. De plus, ouvert, l’écran présente des bordures saillantes qui le protègeront même si vous le retournez, face contre la table.

La rumeur prétendait qu’on apercevait une ligne blanche au niveau de la « pliure » de l’écran. En effet, quand l’écran n’est pas complètement ouvert, donc dans une position intermédiaire impossible à utiliser, on voit que son pli central déforme l’affichage. C’est logique, et quand il est bien ouvert, on ne voit plus rien. Pas d’inquiétude de ce côté. D’autant que, généreux, Samsung offre un an de garantie complète maison (incluant une réparation de l’écran si vous le cassez).

Conclusion

Les précommandes pour le Galaxy Fold de Samsung devaient débuter le 26 avril en Belgique. Il devait être disponible exclusivement dans 20 boutiques Proximus jusqu’en juillet, puis dans d’autres enseignes. Mais ne vous attendez pas à le croiser partout: Samsung a annoncé un retard, et de toute façon, il avait prévu de limiter la production du Fold (la Belgique n’aurait droit qu’à quelques centaines d’exemplaires par mois, d’après nos informations).

Après une demi-journée d’utilisation, il est difficile de se faire un avis catégorique sur le Galaxy Fold. La grande surface d’affichage est certes confortable, mais en a-t-on besoin pour afficher son fil d’actu Facebook ou ses emails ? Chacun devra se faire un avis, mais souvenez-vous qu’il y a 3 ans, on riait devant les écrans de 5 pouces de diagonale (et ils en font souvent 6 désormais).

Le Galaxy Fold est avant toute chose une vitrine technologique, une mise au point de Samsung face à ses détracteurs et concurrents chinois qui lui reprochaient un manque d’innovation. Pliable, le Fold n’est pas très encombrant dans une poche de jeans, mais ouvre la voie à une nouvelle manière d’utiliser un smartphone, grâce à un vrai multitâche sur son écran déplié de presque 8 pouces de diagonale.

Prouesse technique et grande première mondiale, le Fold n’affiche pas le meilleur rapport qualité-prix de l’année, c’est logique. Il est destiné à ceux qui veulent être les premiers, qui veulent susciter un effet « waouw » autour d’eux et… qui ont 2.020€ à consacrer à un smartphone.

Vaut-il cette somme colossale ? Si on tient compte des 7 ans de recherche et développement, oui, à n’en pas douter. Il serait cependant plus raisonnable d’attendre un ou deux ans: si le concept prend (Huawei, Xiaomi et d’autres vont imiter Samsung dans les prochains mois), les prix vont baisser très rapidement.

Notez bien que Samsung a dû se résoudre (le 22 avril) à repousser la sortie du Fold, un nouveau coup dur dont les conséquences restent à déterminer, trois ans après le fiasco des batteries explosives du Galaxy Note 7. Selon le communiqué du groupe, l’écran semble bel et bien présenter des fragilités, en particulier au niveau de la charnière, où des « impacts » peuvent se former. Le groupe évoque aussi un cas où des « substances trouvées à l’intérieur de l’appareil ont affecté la performance de l’écran ».







Xiaomi débarque en Belgique avec 2 smartphones et 1 bracelet

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité , le 4 avril 2019 14h09 | Ajouter un commentaire

Xiaomi débarque officiellement en Belgique: comment fait-il pour être le nouveau roi du smartphone 'low-cost' ?

En moins d’un an, Xiaomi est devenu le 3e vendeur de smartphones en Espagne. Sa stratégie est claire: écraser la concurrence avec des prix très contenus, tout en maintenant un bon niveau de qualité. En Belgique comme ailleurs, la marque va opter pour le bouche à oreille, les réseaux sociaux et la présence dans (presque) toutes les grandes enseignes. Nous avons discuté de l’arrivée du géant chinois avec un de ses responsables à Amsterdam.

C’était un petit évènement : la marque chinoise Xiaomi (prononcez ‘CHI-A-O-MI’) a officialisé sa présence en Belgique à la fin du mois de mars.

Vous avez sans doute déjà entendu parler de cette jeune entreprise à la stratégie assez inhabituelle, vous allez le voir. Logique : depuis une grosse année, elle a quitté sa Chine natale pour débarquer en Europe. Au niveau des smartphones, son business initial, elle aurait déjà atteint la 3e place en Espagne, la 4e en Italie et la 5e en France.

Déjà accessible chez nous en passant par des importateurs indépendants ou des boutiques chinoises (mais sans aucune garantie sur le matériel, le logiciel et le passage des douanes), les appareils de Xiaomi vont désormais être distribués officiellement en Belgique.

xiaomi
©RTLINFO

Qui est Xiaomi et que va-t-il vendre en Belgique ?

« Xiaomi signifie initialement ‘petit grain de riz’, on est en effet parti de rien il y a 9 ans, on était une start-up, fondée par une bande de geeks qui voulait vendre des produits électroniques de qualité mais accessibles à tout le monde« , nous a expliqué Alvin Tse, sympathique responsable marketing pour l’Europe.

Le coeur du business de Xiaomi, une entreprise de 20.000 personnes active dans 80 pays, est le smartphone, c’est à partir des millions d’exemplaires vendus en Chine qu’il a bâti sa notoriété et son écosystème d’objets connectés. Son slogan ‘Great value for money’ ne laisse pas de doute sur son approche du marché : proposer des appareils de qualité pour un prix raisonnable.

C’est en effet le cas du Mi 9 que nous avons pu essayer brièvement. Pour 449€, il a une fiche technique très flatteuse: 4 GB de RAM, 64 GB de stockage interne, la dernière (et excellente) puce Snapdragon 855, un triple appareil photo dont un capteur de 48 MP qui semble performant, la charge sans-fil la plus rapide du moment avec 20W et un design dans l’ère du temps. Il est sans aucun doute le meilleur rapport qualité-prix du moment, même si un test plus poussé est nécessaire (il devrait arriver dans les prochaines semaines) :

xiaomi_MI9
©RTLINFO

Dans un premier temps, en Belgique et via un réseau de distribution assez classique (la plupart des grandes enseignes sauf MediaMarkt), Xiaomi ne vendra que le Mi 9 dont on vient de parler, mais également le Redmi Note 7 (un autre smartphone affichant aussi un excellent rapport qualité prix à 199€) et le Mi Band 3 (un bracelet d’activité complet, avec capteur cardiaque et batterie longue durée, à seulement 29€).

Cependant, une boutique physique Xiaomi pourrait voir le jour dans notre pays et aux Pays-Bas, ainsi qu’une boutique en ligne (dans un premier temps mi.com/nl). D’autres produits pourraient donc être distribués, et Xiaomi en a des dizaines sous le coude.

Lors de la présentation à Amsterdam, on a effectivement vu des trottinettes, diverses lampes et ampoules, une petite enceinte Bluetooth, des ordinateurs sous Windows, des purificateurs d’air, une bouilloire, un aspirateur robot, un projecteur vidéo laser. Mais en Chine, il y a des dizaines de produits et catégories différents, dans le hardware, le software et la distribution. Le tout avec la même philosophie, ‘Great value for money’:

ecosystems

Quels sont les secrets de Xiaomi ?

Xiaomi, d’après des chiffres fournis lors de la présentation, serait le 4e vendeur de smartphone dans le monde, grâce à une solide assise chinoise, bien entendu. Il en a écoulé 122,6 millions en 2018, contre 292 pour Samsung (en baisse), 208 pour Apple (en baisse) et 206 pour Huawei (en hausse de 33%).

Comment parvient-il à de tels résultats ? Et comment peut-il proposer autant de produits différents ? La première raison, c’est que si Xiaomi développe (ou co-développe) tous ses produits, ceux-ci sont exclusivement assemblés en externe. « Nous sommes une entreprise internet (‘Internet company’, concept assez flou…), c’est différent d’une entreprise de matériel (‘Hardware company’) ».

« Tout est confié à des usines, des partenaires comme Foxconn pour les smartphones, au sein desquels nos équipes sont présentes et impliquées« . Vous avez bien lu : Xiaomi ne fabrique rien lui-même.

Il y a tout de même 20.000 personnes qui travaillent pour l’entreprise, on l’a dit. Xiaomi a beaucoup de boulot au niveau logiciel, car il développe entièrement MUI, l’indispensable surcouche à Android pour être utilisable en Chine (où les services de Google sont interdits).

Son personnel travaille également à la diversification. « Une fois qu’on détecte une opportunité avec, par exemple, un fabriquant de machine-à-laver, on identifie les experts et on investit. On ne rachète pas, on développe un produit Xiaomi ensemble« , a précisé Alvin Tse. Une stratégie inédite mais qui fonctionne déjà « avec près de 100 partenaires différents« . Elle limite grandement la prise de risque et permet de ne jamais devoir investir lourdement dans des chaînes de fabrication/assemblage, très coûteuses on le sait.

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Nous avons discuté avec Alvin Tse, responsable du marketing pour l’Europe

La plupart (80%) des produits sont développés en interne, tandis que d’autres catégories plus exotiques relèvent finalement plus de l’apposition du logo Mi sur des produits blancs.

Et pour garder des prix si bas, Xiaomi a également une stratégie de communication très précise. « En Chine, l’an dernier, on avait un budget marketing de 0€ ». Comme OnePlus dont on a déjà parlé, Xiaomi construit une base de « Mi Fans » et comptent sur les réseaux sociaux et le bouche à oreille pour étendre la notoriété de l’entreprise.

Il n’y aura donc pas d’autres formes de communication, via des publicités traditionnelles. De là à dire que le budget marketing est de 0€, c’est un raccourci. Créer et gérer des communautés de fans, être très actif sur les réseaux sociaux dans toutes les langues, payer des influenceurs: tout cela a un prix, forcément.

« En fait, c’est comme ça qu’on se différencie, c’est notre seule manière de faire« , précise Alvi Tse, qui avoue « ne pas avoir le choix« . Ce qu’il faut comprendre: si Xiaomi avait une approche traditionnelle de sa croissance mondiale, il devrait investir de grosses sommes dans la publicité pour se faire connaître. Ses prix grimperaient, et il ne pourrait pas se différencier.

Dernier détail, mais qui a de l’importance: « Depuis 2018, on ne dépasse plus jamais les 5% de marge, c’est coulé dans les fondations de l’entreprise« . Petite marge mais gros volume, c’est comme ça que Xiaomi paie ses employés et assure sa croissance, malgré des prix très contenus.

Conclusion

Les consommateurs doivent toujours se réjouir de l’arrivée d’une nouvelle marque dans leur pays. Qui plus est sur un marché aussi dynamique que celui des smartphones, car l’ensemble des prix et promotion pourrait en être affecté.

Cela fait déjà quelques années que Huawei a débarqué, grignotant sans cesse des parts de marché à Samsung principalement, et mettant encore plus les acteurs historiques en difficulté (Sony, LG, HTC, etc). Il était temps qu’un nouveau fabricant retape un coup dans la fourmilière…

Plus de concurrence, c’est toujours bon pour les prix. Et Xiaomi ne fait pas dans la dentelle: il a une stratégie bien rôdée qui lui permet de garder des prix très contenus. Or, c’est l’un des arguments essentiels pour le grand public.

Nous n’avons pas (encore) pu essayer en détails le Mi 9, un smartphone très puissant vendu 449€. Mais nos premières impressions sont bonnes. Quant au Redmi Note 7 (199€), il écrase la concurrence sur le papier.

En revanche, nous avons pu essayer durant quelques jours le Mi Band 3, un bracelet d’activité vendu 29€. Et c’est sans surprise un incroyable rapport qualité prix. Concurrent direct du Fitbit Charge 3 (149€), il a des caractéristiques très similaires. Certes, il n’a pas la même qualité de fabrication et de design, et l’application Mi Fit liée n’est pas aussi agréable à utiliser et aussi bien fignolée que celle du leader américain du marché. Mais il coûte 5 fois moins cher. 5 fois…

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Samsung Galaxy S10 Plus, nouveau roi d’Android ?

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Test , le 13 mars 2019 13h02 | Ajouter un commentaire

Les tests de Mathieu: deux semaines avec le nouveau Samsung Galaxy S10 Plus, nouveau roi d'Android ?

Comparé aux années précédentes, Samsung a bousculé ses codes pour la sortie de son 10e flagship. Le Galaxy S10 est l’un des meilleurs smartphones tournant sous Android, et intègre toujours plus l’écosystème du géant sud-coréen, qui passe cette année par un assistant personnel omniprésent qui parle désormais français. J’ai passé deux semaines avec le S10 Plus, variante haut-de-gamme à 999€.

Depuis quelques années, il est devenu très difficile de s’y retrouver dans la jungle des smartphones Android. C’est peut-être ce qui explique en partie le succès d’Apple: il suffit de changer d’iPhone (et d’avoir le portefeuille qui le permet) ; vous n’avez qu’à choisir un numéro et plus il est élevé, plus l’appareil est cher. Mais vous restez toujours en terrain connu.

Avec les innombrables fabricants de smartphone tournant sous Android, c’est nettement plus complexe. Il y en a pour tous les gouts et toutes les bourses, mais on ne sait pas toujours sur quoi on va tomber.

Samsung, N.1 mondial des vendeurs de smartphones (en nombre d’unités vendues annuellement), essaie de suivre la recette d’Apple. A savoir: créer un écosystème fort et complet qui vous rend dépendant, pour que vous n’ayez jamais envie d’acheter une autre marque.

Oubliez le Galaxy Fold, ce n’est qu’une vitrine technologique peu pratique et très chère. C’est bien le S10 qui reste le smartphone vedette du géant sud-coréen, celui qui se vendra le plus, et qui a bien l’intention de contrer la folle montée en puissance de la concurrence chinoise, Huawei en tête. J’ai pu essayer le S10 Plus (999€) pendant deux semaines. Il s’agit de la version la plus chère de la gamme qui inclut le S10E (749€), le S10 (899€). Il n’y a pas d’énormes différences entre les trois modèles: seules la taille de l’écran, la mémoire vive et la batterie changent.


Un écran plus que parfait

Le S10 Plus a un look ravageur, c’est indéniable. C’est l’un des plus beaux smartphones que j’ai pu manipuler. Son écran Infinity, qui n’a jamais aussi bien porté son nom, y est pour beaucoup. Difficile de trouver mieux en terme de pourcentage d’occupation de la face avant par la dalle de 6,4″ Super AMOLED, certifiée HDR10+, et avec 3.040 x 1.440 pixels (19:9). On est à près de 94% !

L’effet d’immersion est bien là, et il y a beaucoup d’espace d’affichage dans la paume de la main. C’est un travail d’orfèvre de la part de Samsung, qui en a profité pour réduire la lumière bleue qu’on dit mauvaise pour les yeux. Malgré tout, l’écran affiche des couleurs sublimées, d’excellents contrastes et une forte luminosité maximale.

Impossible de ne pas évoquer le « double trou » dans l’écran, au niveau du coin supérieur droit. C’est là que Samsung a décidé de loger ses deux caméras frontales dédiées aux selfies (normal et grand angle). Ce trou ne m’a pas dérangé dans l’absolu, cela donne un look original et dans la plupart des applications, on ne le remarque pas. Des petits malins ont même adapté des fonds d’écran pour que le ou les trous soient bien intégrés (les yeux de Wall-E par exemple).

Mais quand on joue ou qu’on regarde une vidéo, on se rend compte que ce n’est pas forcément pratique. Selon l’application, le contenu sera zoomé (on aura alors un « trou » dans le contenu affiché) ou coupé (l’affichage de l’application s’arrête en ligne droite sous la zone avec les caméras). Rien d’alarmant, mais le fait de placer la ou les caméras dans l’écran n’est sans doute pas la meilleure idée. D’autres constructeurs travaillent sur des caméras rétractables, on devrait en voir une sur le OnePlus 7 d’ici quelques semaines.

Ajouter à cet écran un dos en vert (toujours à la mode malgré les risques de griffes et les traces de doigts), et un cadre en aluminium poli, et vous avez un S10 Plus à la finition définitivement haut-de-gamme.

Enfin une nouvelle interface, avec du Bixby en français

Sans doute par peur de brusquer son public, Samsung n’a pas beaucoup touché à son interface maison, assez imposante, qui vient en surcouche à Android. Jusqu’au Galaxy S10, du moins. Car on a désormais droit à « One UI », qui rebat les cartes, intégrant un « nouveau Bixby » qui parle enfin français (même si c’est en beta):bixby

Pour être honnête, je ne suis pas fan des surcouches logicielles imposées par les constructeurs. Pour moi, elles alourdissent l’interface, font doublon avec tout ce que proposent Google et Android nativement. Leur but est souvent de vous « emprisonner » dans une marque en utilisant le Samsung Cloud (sauvegarde des fichiers), Samsung Pass (gestionnaire de mot de passe), SmartThings (la maison connectée de Samsung), l’assistant maison Bixby, le magasin d’applications parallèle de Samsung, etc… Huawei tente de faire la même chose, et je trouve ça tout aussi inutile. On peut bien entendu désactiver tout ça, et utiliser un maximum d’applications et services de Google, mais alors ça ne sert sans doute à rien de payer 999€ pour un Samsung.

Ceci étant dit, One UI de Samsung est rafraichissant et très paramétrable au niveau graphique. Les thèmes modifient l’apparence en profondeur. L’assistant Bixby, accessible via un bouton sur la tranche, s’illustre régulièrement sous forme de routines que vous pouvez configurer vous-mêmes (ou attendre que le smartphone le fasse pour vous). Exemple: la nuit tombée (à une heure précise, donc), la luminosité diminue fortement, le fond d’écran des menus devient sombre, le mode silencieux est activé, etc. Ça en deviendrait presque pratique, mais ça reste un peu gadget et il faut le dire, parfois un peu envahissant.

Durant deux semaines, j’ai donné quelques ordres à Bixby et il m’a bien compris. L’avantage, c’est qu’il contrôle la partie matérielle du smartphone, donc on peut juste appuyer sur la touche et lui dire, par exemple, de couper le volume, allumer la torche, baisser la luminosité, etc. A ce niveau, c’est pas mal. Pour le côté « Assistant vocal », on est loin de la polyvalence de celui de Google, nettement plus intelligent et capable de contrôler la plupart de vos objets connectés (c’est limité du côté de Bixby pour le moment).

Performances au top, tout comme les photos

Sans surprise, dans cette gamme de prix, les performances sont au top. L’Exynos 9820 fait des merveilles au quotidien, épaulé par 8 GB de RAM, 128 GB de stockage interne, l’étanchéité certifiée et une flopée de caméra. Celles à l’arrière incluent un capteur très grand angle, toujours pratique pour avoir plus d’image dans le plan. Il y a aussi un grand angle à l’avant pour mettre tous vos copains dans vos selfies.

Les photos sont pratiquement toutes réussies, quelles que soient les conditions lumineuses. On est dans la même veine que le Mate 20 Pro de Huawei, une des références en la matière.

Je tire mon chapeau à l’optimisation de la batterie. Samsung est parvenu à faire rentrer au chausse-pied une grosse batterie de 4.100 mAh, bien épaulée par un logiciel affuté au fil des ans. Tenir deux jours n’est pas du tout un problème, et la charge rapide est… rapide. A l’instar du Mate 20 Pro, on peut le charger sans fil et inversement, utiliser la batterie du S10 Plus pour charger sans fil d’autres smartphones ou accessoires (notamment les nouveaux écouteurs et smartwatches de Samsung).

Bref, c’est du très bon boulot.

J’ai noté deux petits défauts ergonomiques: le capteur d’empreintes digitales intégrées sous l’écran est trop bas (il oblige une gymnastique du pouce parfois désagréable), et il n’est pas toujours évident à trouver (il ne se met pas assez vite en surbrillance quand on manipule le smartphone). Notez cependant que ce capteur dit ultrasonique n’a pas besoin de s’allumer pour regarder votre empreinte, contrairement à la concurrence (mais ça ne le rend pas plus performant). Parallèlement, j’ai trouvé que le bouton physique principal (ON/OFF, verrouillage) était quant à lui trop haut sur la tranche droite du téléphone: il ne tombe pas naturellement sous le pouce, ce qui est toujours ennuyeux :chargeur

Conclusion

Le S10 Plus de Samsung est sans conteste l’un des meilleurs smartphones Android de l’année 2019, même si elle ne fait que commencer. Beau, élégant, étanche, performant, il est accompagné des fonctionnalités dignes des smartphones haut-de-gamme, comme le capteur d’empreinte intégré, la charge sans fil et inversée, l’écran splendide, les photos au top. Rien de surprenant dans cette gamme de prix (999€).

C’est au niveau de l’interface que Samsung a fait le plus de changement. One UI donne un coup de frais à l’écosystème sud-coréen, désormais épaulé par un Bixby qui comprend le français. Il faut aimer les assistants vocaux ‘propriétaires’ (c’est-à-dire non compatible avec d’autres marques de smartphone), mais celui de Samsung est de plus en plus pertinent. On reste cependant dans une politique « fermée » similaire au Siri d’Apple, contrairement à Google Assistant ou Amazon Alexa, qui sont intégrés par la plupart des fabricants d’objets connectés.

Donc en conclusion, si vous aimez Samsung et que vous avez 999€ à consacrer à un smartphone, vous ne serez pas déçu, que du contraire. Si vous vous en fichez de l’écosystème Samsung, ou si vous cherchez le meilleur rapport qualité-prix de l’année, passez votre chemin: il y a mieux (et moins cher) ailleurs. Il y a notamment un OnePlus 7 qui sera présenté dans quelques semaines, et on l’espère, le Xiaomi Mi 9, présenté à Barcelone.

Le Galaxy S10 Plus n’est pas spécialement le nouveau roi d’Android, car sa surcouche logicielle est tellement présente qu’on peine à voir du Google là derrière. Il y a d’autres marques qui mettent bien davantage Android à l’honneur, notamment Nokia et Motorola, n’ajoutant qu’une ou deux applications ou fonctionnalités maison. On attend toujours que Google prenne la peine de commercialiser ses Pixel chez nous, ce sera peut-être pour 2019…

Le S10 Plus est en revanche le meilleur concurrent de l’iPhone, au niveau des ambitions et de l’écosystème complet.
 

Motorola G7 Plus: de l’Android « pur » au meilleur prix

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Test , le 28 février 2019 11h16 | Ajouter un commentaire

Année après année, Lenovo tente de se faire une place sur le marché des smartphones avec Motorola, marque dont il détient les droits, les brevets, l’expertise. Le G7 Plus, vendu 299€, m’a convaincu. Il offre le meilleur rapport qualité/prix de ces derniers mois, avec des grandes qualités au niveau de la photo et de l’audio, notamment. Reste à convaincre les consommateurs…

Motorola ne rencontre pas le succès qu’il mérite. L’entreprise, américaine à la base, est passée sous giron chinois depuis quelques années. Certes, il y a eu ces changements stratégiques incessants par rapport à l’appellation (Motorola > Lenovo > Moto > Motorola). Et cette belle – mais vaine – tentative de smartphone modulaire avec accessoires clipsables sur le dos.

Pour le reste, rien à reprocher aux smartphones sortis depuis quelques années. Le rapport qualité/prix est excellent, la finition est soignée et surtout, surtout, il n’y a aucune surcouche logicielle apposée par Motorola. A part quelques petites options (contrôle par les gestes, capture d’écran, etc), on est sur de l’Android pur et dur, en version 9 dans le cas du G7 Plus que j’ai pu essayer.

Le design du G7 Plus est très ‘Motorola’, reconnaissable notamment au niveau du cerclage des capteurs photos à l’arrière. La finition en verre est soignée, sans être particulièrement originale. La livrée rouge foncé de notre modèle de test est très élégante.

Une très bonne fiche technique, d’excellentes photos

A 299€, le G7 Plus de Motorola aurait pu être radin sur quelques lignes de sa fiche technique. Mais hormis une puce Snapdragon 636 qui date un peu, on n’est pas volé: écran 6,2″ Full HD+ avec une petite encoche, 64 GB de stockage interne, 4 GB de RAM, grosse batterie de 3.000 mAh, charge rapide (chargeur 27W), double capteur (16 MP et 5 MP pour la profondeur) à l’arrière.

Certes, la qualité de l’écran est en deçà des ténors. Et on a déjà vu de meilleures photos dans de faibles conditions lumineuses. Mais pour le reste, c’est un excellent rapport qualité prix.

D’autant qu’en plein jour, les photos nous ont convaincus à tous les niveaux: couleurs, contraste, piqué. Il y a même un zoom 2X, un stabilisateur et quelques fonctions amusantes au niveau de l’enregistrement de vidéos. Le mode portrait est particulièrement efficace dans cette gamme de prix.

Seul les selfies sont un peu à la ramasse. La caméra frontale de 12 MP montre ses limites, et c’est largement surexposé.

Mention spéciale pour l’audio

Le G7 Plus, et c’est rare dans cette catégorie de prix, est équipé de deux haut-parleurs. De quoi écouter de la musique ou regarder vos vidéos en stéréo, sans casque. Le son est certifié Dolby Audio, et ça se remarque à l’usage: la qualité générale est nettement au-delà de la moyenne. On le remarque au niveau de la puissance, et donc du sentiment d’immersion.

Il y a une prise mini jack, mais également le Bluetooth 5.0, pour profiter pleinement de la qualité sonore supérieure, en enfilant un casque avec ou sans fil. Bravo Moto !

Conclusion

Il n’y a rien à jeter dans le Motorola G7 Plus. A 299€, c’est le meilleur rapport qualité/prix de ces derniers mois. Fiche technique très correcte, photo et audio particulièrement soignés, design élégant: c’est bon, et c’est pas cher.

Le seul problème de Motorola, c’est son image de marque. Pour beaucoup, la marque s’est perdue et n’a pas franchi le cap du GSM. C’est complètement faux: soutenue par l’énorme groupe chinois Lenovo, elle a tous les moyens nécessaires pour proposer de la qualité à bon prix. Et c’est exactement ce qu’elle fait.

Bien sûr, cette stratégie ne remplira pas les caisses du groupe. Vendre des smartphones à 299€ avec une telle fiche technique, ça laisse peu de place pour les bénéfices. Mais le groupe a de solides assises financières, de grosses capacités de production. Lenovo peut se permettre de continuer à jouer des coudes, là où d’autres sont sur le point d’abandonner la course aux smartphones (on pense à HTC et LG qui éprouvent de grosses difficultés en Europe).