Images et son

Vous n’entendez jamais assez les dialogues à la TV ? Cet appareil peut vous aider

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Pratique, Test , le 9 décembre 2020 11h46 | Ajouter un commentaire

Comme de nombreux téléspectateurs, vous devez souvent mettre le son au maximum pour n’entendre qu’un grand brouhaha dans lequel les voix ne se détachent pas suffisamment ? Vous avez investi dans une petite barre de son, mais c’est toujours pas dingue ? Il existe un appareil pour vous, et je l’ai testé…

Si la diagonale de nos télévisions ne cesse de grandir, ce n’est pas le cas de leur épaisseur, qui emprunte plutôt le chemin inverse. Avec une conséquence inéluctable et qui ne date pas d’hier: une qualité sonore très discutable.

Les avis sont unanimes: ce sont les dialogues dans les films et les séries qui deviennent le plus inaudibles. La raison: au fil des ans, les membranes des petits haut-parleurs intégrés se fragilisent, surtout si elles ne sont pas de qualité (c’est généralement le cas sur les téléviseurs abordables). Et vous finissez par mettre le son au maximum pour n’entendre que les bruits ambiants, et difficilement les voix des acteurs.

Il y a trois solutions pour remédier au problème: remplacer la TV si elle est très vielle (mais vous n’aurez pas la garantie d’avoir un meilleur son sur la nouvelle, à moins de l’essayer avant) ; acheter une barre de son (souvent difficile de choisir parmi les modèles, les options d’amplification des voix, les marques et les prix) ; ou lire le reste de cet article, et mon test du Flex 5000 de Sennheiser (199€).


Un boitier en plus près de la TV, mais il est facile à installer

Je le précise tout de suite: le Flex 5000 de l’entreprise allemande Sennheiser est une solution égoïste, car elle nécessite des écouteurs (une petite paire est fournie, mais il vaut mieux brancher un bon casque), et n’est donc destinée qu’à l’une des personnes regardant la télévision.

L’objet est assez inédit et délicat à décrire. Je le définirais comme un amplificateur du son de la TV, spécialisé dans l’amélioration des voix, et envoyant le son sans-fil vers le casque audio du spectateur.

Le Flex 5000 se présente sous la forme d’un boitier assez élégant et longiforme, qu’on connectera à la télévision ou tout autre endroit dont sort du son. Il y a effectivement deux types d’entrée audio à l’arrière: une optique numérique (Digital Optical In, câble fourni) qu’on retrouve sur la plupart des TV et lecteurs ; une analogue de type mini jack (3,5 mm, fourni) permettant de relier une TV ou une chaîne hi-fi, une tablette, etc. Avec un adaptateur non fourni, vous pouvez transformer le câble jack en RCA (fiche blanche et rouge), et le brancher à d’autres sources sonores, plus anciennes.

Pour mon test, j’ai relié le Flex 5000 en optique numérique à une console de jeu vidéo. Celle-ci continuait à diffuser le son sur la TV également (via la prise HDMI), ce qui signifie qu’on ne condamne pas le son au boitier de Sennheiser, et que d’autres peuvent profiter du son émis par la télévision.

L’installation est donc très simple, et à ce stade, le seul problème est que le Flex 5000 est un boitier supplémentaire sur le meuble TV, nécessitant une prise de courant.

Il transmet le son sans-fil vers un récepteur sur lequel vous brancherez un casque

Le principe de fonctionnement est assez simple: le système Flex 5000 est composé du boitier principal dont on vient de parler, et d’un élément mobile rechargeable (en le déposant simplement sur le socle qui se trouve sur le boitier). Le boitier principal va amplifier et améliorer le son de la TV, avant de l’envoyer vers l’élément mobile, qui a une portée de 30 mètres et une autonomie d’environ 12 heures.

C’est bien entendu sur cet élément mobile que vous devrez brancher un casque ou des écouteurs. Il y a une paire d’écouteurs basique fournie qui fera très bien l’affaire, mais si vous voulez plus d’isolation et plus de profondeur dans le son, il vaut mieux utiliser un bon casque (n’importe quel modèle avec câble mini jack sera compatible).

Venons-en à l’essentiel: est-ce que les dialogues des films et séries est enfin meilleur ? Oui, 1.000 fois oui. Soyons clair: le simple fait de faire passer le son par le boitier et de l’entendre directement dans les oreilles via un casque, c’est déjà la moitié du travail qui est effectué.


Des « profils d’écoute » qui vont jusqu’à isoler les dialogues !

Ensuite, il y a le travail de Sennheiser, spécialiste de l’audio, sur le son. Tout d’abord, les profils d’écoute. Il en existe trois, à activer sur le boitier principal. Si vous allumez le premier segment, les sons graves sont légèrement accentués, tandis que les son aigus (y compris la plupart des voix) sont reproduits avec moins de stridence. C’est assez neutre et la différence n’est pas flagrante avec la position neutre (aucun profil sélectionné).

La suite est plus intéressante. Le deuxième profil accentue fortement les aigus: les voix, par exemple, deviennent cristallines, les consonnes sifflantes sont mises en évidences. Si vous activez le troisième segment, le système va encore plus loin et en plus d’améliorer les aigus, il diminue les sons graves. Résultat: le bruit ambiant, le ‘brouhaha’ d’une scène s’entend moins, tandis que les dialogues se détachent naturellement.

Si ça ne suffit pas, Sennheiser a même prévu un bouton « Intelligibilité de la parole » à activer sur le récepteur sans fil. Ce mode analyse et détecte automatiquement la parole (et pas uniquement les sons aigus, donc), est celle-ci est mise en avant par rapport au reste de la bande sonore.

Ça fonctionne très bien, parfois trop bien: ce mode est réservé à ceux ayant des problèmes d’audition, car le film ou la série perd un peu de son charme, de son identité sonore…

Inutile de dire que toutes ces options sont destinées pour du contenu vidéo et moins pour de la musique, voire pour des comédies musicales. A vous de tester ces profils et de trouver celui qui vous convient le mieux. Personnellement, j’ai activé parfois le profil 1, mais pour le reste, mon ouïe et le casque que j’utilise étaient suffisamment performants pour comprendre les dialogues tout en profitant de l’ambiance sonore…

Conclusion

C’est un bon 9/10 pour le Sennheiser Flex 5000. Un outil aussi inédit qu’atypique, mais qui est bien fini, bien pensé, bien développé.

Ce kit « émetteur-récepteur », auquel on branchera un casque (ou la paire d’écouteurs fournie), parvient effectivement à transcender les dialogues d’une séquence vidéo, quelle qu’elle soit (film, série, docu, reportage, sport, etc). Il le fait bien, et de manière graduelle: vous pouvez doser la manière dont les voix se détachent du reste du son, un problème souvent rencontré par ceux qui regardent la télévision.

Bien entendu, à 199€, vous pourriez acheter une barre de son, afin d’améliorer la qualité audio pour tout le monde, et pas seulement pour celui qui porte le casque… Mais il est difficile de faire son choix, et les modèles dans cette gamme de prix, bien souvent, ne proposent pas d’options permettant d’augmenter à ce point l’intelligibilité des dialogues. A titre d’exemple, j’ai essayé par le passé la Sonos Beam (449€) et la HT-ZF9 de Sony (799€), qui parviennent effectivement à magnifier les dialogues, mais elles sont dans des gammes de prix bien différentes.



Deux appareils pour améliorer le son de vos visioconférences

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Mobilité, Test , le 12 novembre 2020 16h52 | Ajouter un commentaire

Depuis plusieurs mois, une grande partie du monde occidental a du changer ses comportements sociaux. Pour limiter la propagation du coronavirus, on voit davantage de gens via un écran, que ce soit pour le travail ou pour les relations sociales.

Mais les Belges ne sont pas spécialement équipés pour que ces visioconférences professionnelles, scolaires ou privées se fassent dans de bonnes circonstances. On a vu des parents démunis car leurs enfants ont tous un smartphone performant, mais il n’y a pas (ou pas assez) d’ordinateurs portables pour tout le monde.

Notre analyste économique Bruno Wattenbergh a fait le tour des applications à utiliser pour des appels vidéos. Je vais évoquer pour ma part deux appareils spécialement conçus pour les visioconférences. Il s’agit de marques auparavant destinées au monde professionnel, mais qui se rendent bien compte que le grand public aurait aussi besoin d’elles…

Une enceinte micro particulièrement efficace certifiée Teams (Poly CL 5300, env. 140€)

Au sein des entreprises, les logiciels de Microsoft sont souvent très bien implantés. Ce qui pousse les départements IT à faire de Teams le moyen par défaut pour les communications vocales ou en vidéo. Il est donc logique que des produits soient « certifiés Microsoft Teams », et c’est le cas du Calisto 5300 de Poly, une marque du groupe américain Plantronics.

Il s’agit du compagnon idéal pour n’importe quel ordinateur, tablette ou smartphone. Ce petit cylindre de 3 cm de haut pour un diamètre de 11 cm s’y connecte en Bluetooth, via un câble USB-A ou USB-C, ou encore via un dongle USB.

Il est livré avec une housse de transport et le câble USB (pour la connexion ou la recharge de la batterie intégrée) s’enroule parfaitement dans une rainure prévue à cet effet. Il y a un interrupteur ON/OFF et Bluetooth et deux boutons pour le volume.

A quoi sert-il ? Avant toute chose, à amplifier le son qui est souvent très faiblard quand il sort d’un laptop ou d’un smartphone. Vu sa taille compacte et transportable, ne vous attendez pas à du home cinema, mais c’est très audible, car Poly a très logiquement mis l’accent sur la voix et les conversations, qui sont limpides.

Le Calisto 5300 prend tout son sens si vous êtes plusieurs (amis ou collègues) dans une même pièce, et que vous souhaitez partager la conversation. Car le son part vers le haut et peut être entendu par tout le monde, et car il y a un micro omnidirectionnel. Idéalement, vous le mettez au milieu de la pièce et tout le monde peut converser avec un interlocuteur à distance sans devoir s’agglutiner autour de l’ordinateur (ce qui est préférable actuellement).

L’enceinte fonctionne avec n’importe quel logiciel, car elle est reconnue par l’ordinateur, la tablette ou le smartphone comme un casque/microphone. Attention cependant à bien configurer les paramètres audio de votre application pour qu’elle utilise la sortie et l’entrée sonore de votre Poly.

Et Teams, dans tout ça ? Si vous téléchargez le logiciel Poly qui est nécessaire, il y a le bouton ‘téléphone’ sur l’enceinte qui deviendra utile. Il vous permettra de décrocher en cas d’appel via l’application, et sera coloré (vert) durant la conversation. Il y a également un bouton ‘mute’ qui coupera le micro, et un dernier avec le logo ‘Teams’ qui permet d’interagir avec l’application (ouvrir la fenêtre du logiciel) lorsque vous n’êtes pas en appel.

Plus personnel: le casque + micro Epos Adapt 560, (299€)

EPOS est le nom commercial des casques pour entreprises développés par le groupe danois spécialiste de l’audio Demant (auparavant Sennheiser). L’Adapt 560 que j’ai pu essayer est un casque audio sans fil affublé d’un micro rotatif qui peut se dissimuler derrière l’oreille droite (ce qui a par ailleurs pour effet de couper entièrement le micro).

C’est l’outil idéal pour bien communiquer lors d’une visioconférence avec un smartphone, une tablette ou un ordinateur. Le son est taillé pour les conversations, et pas pour la musique ou les divertissements.

Je l’ai essayé à plusieurs reprises, et tout a très bien fonctionné. On peut connecter un smartphone et un PC en même temps. Vous allez me dire qu’on peut faire ce genre de chose avec n’importe quel casque/micro (il en existe de nombreux à destination du grand public), et qu’il n’est pas nécessaire de payer 299€.

Ce n’est pas tout à fait vrai. Car si vous êtes dans un environnement un peu bruyant, le casque d’Epos prend tout son sens. Tout d’abord, son micro fonctionnera mieux et ne transmettra que votre voix, car il est orienté vers la zone de votre bouche. Ensuite, le casque est équipé d’autres micros qui vont écouter le bruit ambiant et l’annuler dans vos oreilles, afin que vous puissiez n’entendre que votre interlocuteur, et pas vos collègues qui papotent ou le bruit de leur clavier. C’est ce qu’on appelle le NC (Noise Cancelling). Il n’est pas de très haut niveau vu que le casque ne recouvre pas entièrement les oreilles, et il émet un bourdonnement permanent même s’il n’y a pas de bruit ambiant ni de son à diffuser ; mais il atténue les bruits parasites et améliore les conversations – c’est tout ce qu’on demande à un tel casque.

Autre avantage que les casques pour particuliers n’ont pas (outre le micro rotatif), c’est le bouton bleu Microsoft Teams, qui permet de lancer l’application ou de décrocher lorsqu’on vous appelle via cette application. Il faut cependant utiliser le petit dongle USB fourni. C’est une option intéressante pour certains, mais sachez que le casque fonctionne parfaitement avec n’importe quel logiciel (à nouveau, il faudra vérifier la première fois dans les paramètres que c’est bien le casque qui sert pour la sortie sonore et le micro, et non ceux de l’ordinateur).

Que peut-on bien faire avec une TV 8K en 2020 ?

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Pratique, Test , le 22 septembre 2020 09h17 | Ajouter un commentaire

Les tests de Mathieu: que peut-on bien faire avec une TV 8K en 2020 ?

Elle coûte 6.000 euros, a un design époustouflant et affiche une résolution de 32 millions de pixels. La dernière télévision haut de gamme de Samsung en met plein les yeux, mais la 8K qu’elle promet a-t-elle du sens alors que les contenus d’une telle définition sont quasiment inexistants ?

Vous l’avez remarqué: la taille des écrans n’arrête pas de croître. A part les tablettes et les ordinateurs portables, toutes les autres diagonales ont tendance à grandir au fil des ans: smartphone, moniteur PC et forcément, les télévisions.

Sur ces dernières, les dimensions atteignent désormais souvent 65, 75 voire 85 pouces sur le haut de gamme, soit 165, 190 voire 215 cm de diagonale ! Gigantesque pour la plupart des maisons belges, qui ont rarement des salons ou des chambres de 50 mètres carrés…

Pourquoi une telle diagonale ? Il y a cette tendance de fonds dans l’électronique grand public qui impose du « toujours plus grand, toujours plus puissant« . Ça permet aux fabricants de continuer à faire travailler leurs ingénieurs, à remplir les rayons de « nouveautés« . Cependant, une TV de 2 mètres de diagonale doit s’adapter pour ne pas afficher une bouillie de pixels. D’où l’arrivée de la 8K.

32 millions de pixels !

La 8K prétend remplacer la 4K. On parle ici de définition d’écran, du nombre de pixels qui composent la dalle. Si vous avez plus de 30 ans, votre premier écran d’ordinateur affichait sans doute 640 x 480 pixels. Avec la 8K, on est à environ 8.000 x 4.000 pixels. Soit 32 millions de minuscules « ampoules » allumée dans telle ou telle couleur par le rétroéclairage de votre télévision.

Magnifique, me direz-vous ! Sauf que beaucoup de maisons sont équipées de télévision… Full HD (donc 2K, soit 1920 x 1080 pixels). Si vous avez acheté une TV ces dernières années, elle est sans doute 4K, sans que vous le sachiez.

Cela vous importe peu car la grande majorité des contenus disponibles sur une TV ne sont pas en 4K. Que ce soit votre décodeur pour la télévision, votre DVD (qui lui se contente encore de la HD, soit généralement 720 x 480 pixels), votre Blu-ray, votre console de jeux: la qualité de l’image est, au mieux, en Full HD.

Alors pourquoi s’encombrer d’une télévision 8K, soit permet d’afficher 16 fois plus de pixels et de détails ?


(© Samsung)

La QLED de Samsung

Pour tenter de répondre à cette question, j’ai essayé le dernier fleuron de Samsung, la gamme QLED 2020. Prix de base du Q950TS de 65″ qui a transformé ma chambre durant deux semaines en salle de cinéma: 5.999€. Autant dire que vous ne l’achèterez sans doute jamais, d’autant plus que les sources en 8K sont quasiment inexistantes pour l’instant (les blockbusters made in USA commencent seulement à être tournés dans cette définition).

Face aux magnifiques écran OLED fabriqués principalement par LG Display, Samsung a du chercher très longtemps avant de trouver une parade qui fonctionne. Car il faut dire que rivaliser avec les noirs complètement noirs de l’OLED, et ses couleurs très vives, ce n’est pas une mince affaire. Mais la différence est presque comblée: les écrans Samsung parviennent dans la plus grande partie des cas à “éteindre” les zones noires. Grâce notamment à la répartition en 480 zones de la lumière, de la justesse de la colorimétrie et du filtre antireflet diablement efficace (améliore les angles de vision et diminue l’effet de halo des zones lumineuses lors des scènes sombres).

Tout n’est pas cependant pas au niveau de ce que j’ai déjà pu constater avec l’OLED de LG. J’ai pu observer ça et là quelques zones grises résiduelles, dans les coins. Et pour les sous-titres (très blancs) sur fonds noirs, cela provoque quelques petits problèmes de contraste automatique, surtout en mode ‘cinéma’. Quand un sous-titre apparaît, la luminosité générale de l’image diminue très légèrement, mais ça se remarque.

Une mise à l’échelle brillante: la 4K devient 8K

Avec une source en 4K, j’ai essayé le mode par défaut, baptisé « intelligent ». Et là, les défauts dont je parle s’envolent. Les problèmes des sous-titres n’existent plus, et l’image est d’une incroyable netteté. Mais ce n’est pas forcément ce qu’on cherche quand on regarde un film ou une série. On cherche davantage une image « cinéma », et pas une image d’une précision chirurgicale. J’ai regardé quelques scènes de Black Panther et j’avais un peu trop l’impression de regarder un documentaire sur la savane et ses anciennes tribus. Le sentiment est étonnant: c’est magnifique, mais un peu trop magnifique.

On touche à l’une des prouesses de Samsung: les algorithmes d’amélioration de l’image via le processeur Quantum 8K intégré. Aidé par l’intelligence artificielle, il est même appelé à s’améliorer au fil du temps: l’upscaling (mise à l’échelle) est déjà performant, et il devrait l’être encore plus au fil des mises à jour. Notez que cela fonctionne très bien pour des contenus 4K -> 8K: l’image est très détaillée, même lorsqu’on s’approche de l’écran. Mais il n’y a pas de miracle sur les contenus Full HD ou de moins bonne qualité.

Dès lors, le seul avantage d’une (très bonne) TV 8K en 2020, c’est le suivant: si l’upscaling est assez efficace, et si la source initiale de l’image est suffisamment bonne, vous pouvez effectivement avoir un écran géant et le regarder à une distance de 2 ou 3 mètres sans voir la moindre bouillie de pixels. Et ça, avouons-le, c’est assez impressionnant, et c’est du vrai home-cinéma…

Un design époustouflant

Impossible de ne pas évoquer le design incroyable de la série Q950TS de Samsung, disponible en 65, 75 et 85 pouces. L’entreprise a sans doute signé le plus beau design de téléviseur de l’année, voire des prochaines années. Difficile de faire mieux que cet équilibre parfait: un pavé de 1,5 cm d’épaisseur, aux angles acérés, et dont les tranches sont finement trouées ; une face avant pratiquement sans bord (Samsung parle d’Infinity Display, comme sur ses smartphones, et il a raison), le tout monté sur un pied discret qui donne l’impression que l’écran flotte… Je m’extasie rarement devant une TV, mais là…



Tout cela est rendu possible par le déplacement de la connectique et d’une partie de l’électronique dans un gros boitier de la taille d’un décodeur, baptisé “One connect”. Il n’est relié au téléviseur que par un câble unique et assez discret (blanc/transparent), de quelques millimètres d’épaisseur.

Quant à la partie audio, malgré l’épaisseur de seulement 1,5 cm, on a une multitude de haut-parleurs dans le dos qui, s’ils ne remplaceront jamais une barre de son, s’en sortent vraiment pas mal, surtout au niveau des voix.

Je ne dirais pas que le design et l’audio justifient le prix de 6.000 euros, mais presque…




Une caméra de sécurité pivotante et entièrement sans fil pour 150€: faut-il se méfier ?

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Pratique, Test , le 4 septembre 2020 14h37 | Ajouter un commentaire

Je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises de Reolink, une petite entreprise chinoise qui fabrique des caméras de sécurité sans fil à bas prix, mais dont les qualités sont suffisantes pour de nombreuses personnes.

Bien loin des solutions haut de gamme de Arlo (je vous en ai déjà parlé dans cet article), les caméras de Reolink n’affichent pas la même robustesse, leurs batteries ne sont pas aussi bien optimisées, mais elles font le job: surveiller votre maison pour une centaine d’euros.

Le dernier modèle que j’ai testé est l’Argus PT, pour Pan-Tilt. Il s’agit de ces caméras qui peuvent pivoter dans tous les sens, afin de couvrir une plus grande zone (355 degrés horizontalement, 140 degrés verticalement).

Je l’ai installée pour l’extérieur, car dans un kit à 150€, elle est fournie avec un panneau solaire qui assure le rechargement régulier de la batterie intégrée (vous pouvez vous en passer, mais il faudra démonter la caméra et la charger manuellement avec un câble).

Elle assure le minimum

C’est une caméra autonome qui se contrôle via l’application Reolink dédiée, qui permet de voir en direct, de dialoguer à distance (il y a micro et haut-parleur sur la caméra), d’enregistrer une photo ou une vidéo de la scène que l’on visionne en direct, de déclencher manuellement la sirène intégrée, et de revoir les mouvements enregistrés par la caméra (il faut acheter une carte microSD, ou opter pour l’enregistrement payant dans le cloud de Reolink).

Cette application manque clairement de fluidité et d’ergonomie dans l’interface, et la caméra n’est pas très réactive, surtout en mode Full HD. Quant au Pan-Tilt, c’est assez lent et un peu trop basique: il faut faire tous les mouvements à la main, avec le joystick virtuel, pour voir différentes zones du jardin ou de la maison.

Notez qu’elle est compatible avec Google Assistant: vous pouvez donc dire à votre Nest Hub de « montrer le jardin », si vous avez donné un tel nom à la caméra, via l’application Google Home (c’est un peu pour les geeks, mais c’est assez pratique finalement).

Je regrette cependant la finition particulièrement peu soignée, autant de la caméra que de l’accessoire de fixation en plastique très léger. Ça bouge dans tous les sens, ça n’inspire pas trop confiance. A voir sur le long terme, mais après un hiver rude en Belgique, j’ai quelques craintes…

En conclusion: si vous cherchez une caméra entièrement sans fil pour votre jardin, et que vous souhaitez pouvoir couvrir une grande surface en la faisant pivoter avec un joystick virtuel, pourquoi ne pas opter pour cet Argus PT. Veillez cependant à la mettre un peu à l’abri des conditions climatiques belges et hivernales, car on est loin de la qualité de fabrication matériel et de la fiabilité logicielle des grandes marques (Arlo, Nest, Ring, Netatmo). Mais c’est nettement moins cher également…

Sony continue de faire des folies avec ses smartphones…

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Mobilité , le 25 février 2020 07h59 | Ajouter un commentaire

A cause de l’épidémie de coronavirus, le Mobile World Congress, plus grand salon mondial dédié aux technologies mobiles, a dû être annulé. Si c’est principalement un lieu de négociations entre professionnels du secteur, c’est aussi, traditionnellement, l’occasion pour certaines entreprises de présenter de nouveaux produits, souvent des smartphones.

Ce lundi 24 février, Sony et Huawei ont donc fait une « conférence de presse » uniquement retransmise en ligne. S’il y a nettement moins d’ambiance qu’à Barcelone, il s’agit tout de même d’une première prise de connaissance des nouveaux smartphones.

Les folies de Sony

Le géant japonais de l’électronique brille par son matériel haut de gamme en photographie, sa division PlayStation et ses accessoires audio à la réputation inchangée depuis des dizaines d’années. En revanche, au niveau des smartphones, c’est la galère.

L’an dernier, je vous parlais des Xperia 1 et 5, deux appareils de bonne facture mais au positionnement délicat. Prix élevé, fiche technique dans la moyenne, et choix surprenant au niveau des fonctionnalités mises en avant.

Le succès n’a pas été au rendez-vous ces dernières années. Je pensais que 2020 allait marquer un nouveau départ, vu que l’entreprise Sony Mobile (anciennement Sony Ericsson) a été intégrée complètement dans une division restructurée de Sony, pour faciliter le partage de technologies issues des différents départements.

Même le nom est « niche »

Force est de constater que Sony, assez têtu, a décidé de ne pas changer sa stratégie. A tel point qu’on se retrouve avec un Xperia 1 II (comme les appareils photos, ‘Mark II’ signifiant la deuxième version d’un produit), nom assez peu évocateur pour le grand public, et qui renvoie vers le côté ‘matériel haut de gamme’.

Il s’agit d’un appareil résolument premium, ce qui est logique pour un flagship à 1.199€. Sony semble ne pas réfléchir au prix ni à la cible potentielle de ses appareils, mais uniquement à sortir un smartphone d’ingénieurs, avec des qualités spécifiques en vidéo, par exemple, grâce à l’ajout de technologies issues des appareils photo de la marque (notamment l’autofocus en vidéo, plus performant et qui se concentre sur les yeux du sujet filmé).

Le design et la finition sont soignés (j’ai pu le manipuler, éteint car encore à l’état de prototype), mais Sony n’aimant toujours pas les encoches, il y a des bordures au-dessus et en-dessous de l’écran de 6,5″. Rien de dérangeant, finalement, et ça permet d’avoir un écran 21:9 toujours complet. Mais les Xperia n’ont dès lors pas l’air très moderne.

A l’intérieur, Sony a mis quelques bons composants: la dernière puce de Snapdragon (865) avec son modem 5G, 256 GB de stockage et 8 GB de RAM, l’étanchéité certifiée IP68, une batterie de 4.000 mAh, une prise mini-jack bien calibrée pour un son garanti ‘hi-res’, deux petits haut-parleurs frontaux.

Un écran qui n’est pas 90 Hz

Petit bémol au niveau de l’écran: on est sur de l’OLED 4K HDR calibré pour les professionnels, mais son taux de rafraîchissement n’est pas de 90 Hz, ce qui est pourtant devenu un critère important pour une fluidité optimale (ça se voit). Sony prétend combler le problème grâce à un système de « réduction des flous », mais ça demande un test.

Au niveau des optiques, développées avec l’entreprise Zeiss (comme celles des appareils photo de la marque), Sony a été raisonnable: les trois capteurs semblent excellents mais ne font pas la course au zoom et au mégapixel (ils ont tous les trois une résolution de 12 MP). Là aussi, il faudra un test pour se faire une idée mais sur le papier, c’est l’autofocus qui est mis en avant.

Le prix un peu dingue se justifie, en partie, par la présence de la 5G, qui dans notre pays n’a pas beaucoup d’intérêt pour l’instant. Une chose est sûre: à 1.199 euros, le Xperia 1 II est plus cher que l’iPhone 11 Pro, et se situe entre les tarifs des Galaxy S20 Plus et Galaxy S20 Ultra. Et il n’a pas, à mes yeux, d’arguments suffisants pour détourner le public des appareils très populaires et performants d’Apple et Samsung…

Deux appareils plus raisonnables

A côté du Xperia 1 II, Sony a présenté un Xperia 10 II, plus raisonnable mais également avec un écran 21:9, l’étanchéité certifié, une puce Snapdragon (665), une bonne batterie, une prise mini-jack pour un son de qualité et trois optiques à l’arrière. Son prix est de 369€.

Enfin, il y a le Xperia L4, avec une puce et un écran de moindre qualité. Il sera vendu 199€.

Sonos annonce la fin des mises à jour de certains produits: voici vos options

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Pratique , le 21 janvier 2020 15h23 | Ajouter un commentaire

Le fabricant (et inventeur) de l’enceinte connectée et de l’audio multiroom, Sonos, a toujours vanté la durée de vie de ses produits, commercialisés depuis plus de 10 ans. 92% d’entre eux sont d’ailleurs encore utilisé, ce qui probablement inédit pour du matériel audio à destination du grand public.

Les enceintes Sonos ne sont effectivement pas les plus abordables (comptez 200 euros pour les petits formats, 500 euros pour les grands et plus encore pour le caisson de basses ou la barre de son haut-de-gamme), mais vous les garderez sans doute plus longtemps car ils sont bien conçus, bien construits et surtout, régulièrement mis à jour au niveau logiciel.

On rejoint le modèle d’Apple, finalement. Mais comme les plus vieux iPhone, les plus vieux appareils de Sonos commencent à atteindre leurs limites et n’évolueront plus. « Ces anciens produits ont atteint leurs limites techniques au niveau de la mémoire et des capacités de traitement, donc les processeurs intégrés ne sont plus assez puissants« , m’a confié un responsable Sonos pour le Benelux.

Pour autant, ils continueront à fonctionner comme avant. « On supportera encore l’utilisation actuelle, mais c’est fini au niveau de l’ajout de nouvelles fonctionnalités« .

Quels sont les appareils concernés ?

Les produits concernés ont été lancés il y a plus de 10 ans et construits, pour certains, jusqu’en 2015. Il s’agit des:

  • Zone Players originaux
  • Connect et Connect:Amp (vendus entre 2006 et 2015)
  • Play:5 (première génération, photo ci-dessus)
  • CR200 (télécommande)
  • Bridge (un boitier pour lier d’autres enceintes)

Une ristourne et un recyclage

Sonos est plutôt sympa et pour vous encourager à opter pour du matériel plus performant, offre une ristourne de 30% sur l’achat d’une nouvelle enceinte, et ce pour chaque produit remplacé.

Le fabricant vous propose alors de mettre l’appareil en mode recyclage à distance (effacement de toutes données personnelles), ce qui vous permet de le déposer à la déchetterie la plus proche. Ceux qui le souhaitent peuvent même demander un label à Sonos, qui paiera donc les frais de livraison pour récupérer et recycler les appareils de la liste ci-dessus.

Rappelons, c’est important, que ces appareils vont continuer à fonctionner parfaitement, mais qu’ils ne recevront pas les futures mises à jour de la gamme. Effectivement, celle-ci a évolué grandement ces 5 dernières années, se focalisant de plus en plus sur le streaming musical et sur la compatibilité avec les assistants vocaux.

Que valent les AirPods à la sauce Huawei ?

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Mobilité, Pratique , le 3 décembre 2019 14h26 | Ajouter un commentaire

Des oreillettes entièrement sans-fil, qu’on ne repère qu’à cause d’une petite tige blanche qui assure un certain équilibre. On ne parle pas des AirPods d’Apple qu’on voit pendre à de plus en d’oreilles, mais de la version de Huawei, très ambitieuse sur le papier. Je les ai portées quelques jours et voici mon verdict.

Les tests de Mathieu: Huawei s'inspire largement d'Apple pour ses Freebuds 3, en valent-ils la peine ?

Une fois de plus, Apple a réussi à rendre très à la mode un élément de design. Après l’iPod, l’iPhone, l’encoche de l’iPhone X, c’est au tour de ses petits écouteurs sans-fil d’être largement copiés.

Je parle des AirPods, ces minuscules bâtonnets blancs que l’on voit pendant aux pavillons de plus en plus d’oreilles. Il s’agit d’intra auriculaires (car on les loge à l’intérieur de l’oreille), ou intras, qui ont la particularité d’être entièrement sans fil et de se ranger dans un boitier contenant une batterie. Boitier qui, vous l’aurez compris, permet de recharger quelques fois les écouteurs.

Si de nombreuses marques asiatiques méconnues proposent des imitations plus ou moins réussies techniquement (et vendues une vingtaine d’euros sur internet, contre 279€ pour la version Pro d’Apple), on ne s’attendait pas à voir Huawei agir de la sorte. Le géant chinois de l’électronique, toujours dans la tourmente depuis qu’il est blacklisté par les Etats-Unis (ses nouveaux smartphones ne peuvent pas être équipés des indispensables services de Google), a cependant dévoilé des FreeBuds (plusieurs modèles depuis quelques années) qui s’inspirent grandement de ce que fait Apple.

J’ai pu tester les Freebuds 3  (179€) qui sont sortis en Belgique il y a quelques semaines. Je ne parlerai plus de la ressemblance avec Apple mais le fait que même le nom est proche (AirPods / FreeBuds) m’étonne de la part de Huawei, qui, solide N.2 du smartphone (ça ne va plus durer, cependant, à cause de l’abandon forcé de Google), avait pris l’habitude d’innover à tous les niveaux depuis quelques années.


Discrétion totale

La plus grande qualité de ce genre de petits écouteurs sans-fil, c’est la compacité et la légèreté.

Pour cette nouvelle version de Freebuds, Huawei a soigné la forme. Ils sont très épurés: ceux que j’ai essayés sont d’un blanc immaculé avec un petit capuchon chromé sur le bas qui protège les micros.

Leur boite est également un bel exemple du savoir-faire de Huawei dans la fabrication de matériel. On dirait un petit galet blanc, avec un carré brillant comprenant le logo de la marque. Un galet qui rentre facilement dans n’importe quelle poche, car il s’agit de plastique brillant, comme le veut la mode des smartphones actuellement.

Ce petit boitier contient une batterie et un port USB Type-C. Il permet de recharger environ 4 fois entièrement les oreillettes. Elles-mêmes peuvent être utilisées, avec la réduction active de bruit, durant un peu plus de 3h. Donc quand tout est chargé au max, vous avez 15 heures d’écoute dans la poche, ce qui est très sympa. A noter également: ils peuvent se charger sans fil, sur un chargeur compatible ou… sur le dos du P30 Pro, pour autant que vous ayez activé la charge sans fil inversée

Et la qualité du son ?

Pour la discrétion, Huawei fait un sans-faute. Mais il est impossible d’exiger d’une telle formule un son haut de gamme. Il est bon et équilibré, mais sans plus. Difficile de distinguer de grandes différences avec une paire d’oreillette de qualité à 50 euros.

En théorie, pourtant, la qualité devrait être meilleure. Car Huawei, lors de la présentation des Freebuds 3 au salon IFA de Berlin au mois de septembre, a évoqué une innovation assez pointue mais qui mérite d’être expliquée: la norme BT-UHD. Comme quelques autres acteurs du marché (Apple, Qualcomm), Huawei a développé en interne une technologie améliorant le transfert du signal entre le smartphone et les oreillettes. Théoriquement, le BT-UHD de Huawei permet de faire transiter le son à une vitesse de 2,3 Mbps, contre 0,5 ou 0,9 pour la concurrence. Hélas, il faut pour cela utiliser les derniers smartphones de la marque équipés de la surcouche logicielle maison EMUI 10, qui est en cours de déploiement sur une partie de la gamme Huawei (Mate 20 et 20 Pro, P30 et 30 Pro, Nova 5T, pour l’instant).

Le son sur un P30 Pro m’a effectivement semblé meilleur, et plus puissant. Le rapport poids/encombrement/qualité de son est tout de même excellent, il faut le souligner. N’oubliez pas que l’étui, qui sert de chargeur, se glisse dans n’importe quelle poche.


Des commandes tactiles très limitées

Cependant, le principal avantage d’utiliser les FreeBuds 3 avec un smartphone Huawei passé sous EMUI 10, c’est qu’il les « voit » (photo ci-dessous). Le P30 Pro, par exemple, détecte l’ouverture de la boite des FreeBuds 3: une fenêtre s’ouvre automatiquement. La première fois, pour proposer de les connecter. Ensuite pour signaler qu’ils sont connectés et afficher le niveau des batteries.

EMUI 10 est permet également de configurer très facilement les écouteurs, simplement en appuyant sur l’icône paramètres située à côté des FreeBuds 3 dans la liste des périphériques Bluetooth connectés. Pour les autres smartphones, il faut télécharger l’application Huawei AI Life dans le Playstore.

La configuration est basique, heureusement. On peut les mettre à jour, vérifiez la batterie et choisir quelle action entraînera le double tapotement du coin supérieur de la tige, à droite ou à gauche. Soit vous passez à la chanson suivante, soit vous mettez en play/pause, soit vous activez l’assistant vocal, en l’occurrence Google Assistant.

La dernière option pour le double tapotement de l’une des oreillettes, c’est d’activer ou désactiver la réduction active de bruit. Et là aussi, il y a des choses à dire.


Une isolation relative

Apple a sorti ses AirPods Pro avec la réduction active de bruit il y a quelques mois, et mes confrères étaient élogieux. Je n’ai pas l’occasion de les essayer mais j’ai des doutes sur l’efficacité de cette technologie qui consiste à utiliser des micros pour analyser le son ambiant et envoyer l’onde inverse dans les oreilles. Ça fonctionne très bien avec des casques recouvrant (voir mon test du Bose 700), et même avec des oreillettes sans-fil qu’on insère dans l’oreille et qui font un peu ventouse (voir mon test des Sony WF-1000XM3).

En effet, et la remarque vaut pour les Freebuds 3 de Huawei, ces oreillettes sont juste déposées dans le creux de l’oreille, on ne les « enfonce » pas. Dès lors, il y a du passage d’air, d’ondes, de vibrations et donc de son dans l’oreille.

Dès lors, activer la réduction active de bruit dans ces conditions, c’est comme ouvrir un parapluie troué. Ça fonctionne, mais c’est pas génial. Comme souvent avec cette technologie, ce sont les bruits sourds, les basses, qui sont le mieux détectées et (en partie) annulée. Durant mon test, il y avait un four qui tournait, ou un sèche-cheveux en pleine action. Effectivement, leur bruit était atténué en activant la réduction active de bruit.

Les voix, par contre, étaient encore parfaitement audibles.

Conclusions

Comme leur nom l’indique, les FreeBuds 3 de Huawei sont de sympathiques compagnons audio, des oreillettes entièrement sans fil qui se connectent en Bluetooth à un smartphone.

Difficile de faire plus petit, plus léger, plus discret. Certes, le géant chinois des télécoms s’est largement inspiré du design d’Apple, mais il est parvenu à inclure une nouvelle technologie de liaison sans-fil, nommée BT-UHD.

Cependant, pour profiter de la meilleure qualité de transmission du son entre les oreillettes et le smartphone, il faut que celui-ci soit équipé d’EMUI 10, la surcouche que Huawei appose sur une partie de sa gamme. On gagne alors en qualité et en fidélité, du moins sur le papier, car dans les faits, ça ne m’a pas semblé transcendant. Cette interface logicielle facilite également la gestion et la connexion des oreillettes, prévues pour fonctionner avec elle.

Pour tous les autres utilisateurs, la configuration des FreeBuds doit passer par une application de Huawei, pas évidente à trouver (Huawei AI Life).

Le seul défaut des oreillettes de Huawei, c’est de ne pas être de véritables intra-auriculaires. Simplement déposés dans le creux de l’oreille, ils sont incapables de faire ‘ventouse’ car il est impossible de les enfoncer. Ça dépend sans doute du type d’oreille, mais chez moi, c’était vraiment ‘ouvert’. Donc les basses sonnent moins bien car il n’y a pas de résonnance dans le conduit. Et la réduction active de bruit est largement atténuée.

Les WF-1000XM3 de Sony (213€ actuellement) sont moins discrètes et élégantes, mais elles se fixent correctement et sont équipées de caoutchouc interchangeables pour un meilleur maintien et une bonne isolation. Les FreeBuds 3 sont lisses comme du plastique poli. Au niveau des performances, Sony l’emporte dès lors à tous les niveaux :


Une révolution dans le monde du jeu vidéo: le streaming total est là

Par Mathieu Tamigniau dans Divers, Images et son, Jeu vidéo, Pratique, Test , le 20 novembre 2019 14h02 | Ajouter un commentaire

Le jeu vidéo fait sa révolution: Google Stadia est le premier à proposer le STREAMING total, on l'a essayé en avant-première

Les consoles de jeu et PC de gamer seront-ils bientôt des antiquités ? C’est possible: j’ai essayé en avant-première le tout nouveau service de streaming de jeu vidéo de Google, dont les serveurs font office de console, et c’est plutôt convaincant. Il suffit d’une manette et d’une connexion internet pour jouer aux derniers titres. Suivez le guide.

L’industrie du jeu vidéo ne s’est jamais aussi bien portée. Les chiffres qu’elle génère donnent le tournis: toutes plateformes et tous pays confondus, elle a généré en 2018 près de 120 milliards de dollars (108 milliards d’euros) de chiffre d’affaire. On estime à 2 milliards le nombre de joueurs: certains se contentent de jeux gratuits sur un smartphone, d’autres dépensent des fortunes en matériel informatique pour afficher les meilleurs graphismes.

Vous l’ignoriez sans doute, mais cette industrie est sur le point de vivre sa plus grande révolution depuis l’avènement du smartphone. Il faut l’oublier, comme la console, le PC ou la tablette: tout ce dont vous aurez bientôt besoin pour jouer aux plus grands titres du moment, c’est une connexion internet, un écran et une manette. Ce n’est pas de la science-fiction: je viens de tester Google Stadia, la première offre du genre accessible au grand public, en avant-première durant quelques jours. Et j’ai été agréablement surpris. Le service est disponible dès le départ en Belgique, soit le 19 novembre.

C’est quoi, le Cloud Gaming ?

Un tout petit peu de théorie avant d’entrer dans le vif du sujet. La solution choisie par Google pour se lancer dans le jeu vidéo est à ranger dans la catégorie Cloud Gaming, ou « jeu vidéo dans les nuages ». Cela fait référence au fait que la machine qui fait tourner le jeu sur votre écran (TV, ordinateur, etc), ce n’est plus une console de salon, mais un serveur, hébergé dans un data center. Les énormes progrès réalisés dans les vitesses de connexion, les puissances de calcul informatique et les logiciels optimisés rendent possible ce qui semblait être un miracle à l’époque: le streaming du jeu vidéo.

Vous allez me dire: Netflix et Spotify fonctionnent sur le même principe depuis des années. Sauf que la vidéo et la musique dématérialisées ne sont pas vraiment interactives, hormis play/pause. Le Cloud Gaming, lui, doit être suffisamment performant pour qu’un mouvement de pouce sur une manette se traduise immédiatement à l’écran par un mouvement du personnage. Alors qu’en réalité, il a parcouru une certaine distance pour être traité par un serveur qui a renvoyé la réponse instantanément sur l’écran de votre salon. En quelques millisecondes. Rien que ça.

Pour la petite histoire, dans le même ordre d’idées, l’entreprise française Shadow propose, elle, l’accès à distance à un PC de gamer sous Windows, donc pas uniquement aux jeux vidéo qu’il faut se procurer séparément (30€/mois). Une nouvelle offre (à partir de 15€/mois) arrive en 2020. Pour jouer sur une TV, il faut une « box » spéciale à 120€. Du côté de PlayStation, le service de streaming PS Now (aussi 9,99€/mois) est déjà dispo mais pour avoir accès au catalogue de jeux très volatile, il faut une PlayStation 4 ou un bon PC avec l’application dédiée. Microsoft prépare un xCloud pour 2020, qui a l’air puissant: on aura accès à un large catalogue sur tous les écrans.

Google Stadia: quand on part de rien et qu’on veut juste jouer…

Google est partout, ce n’est plus un secret. Le succès et l’omniprésence du géant américain effraient une partie du monde, mais rien ne l’arrête. J’évoquais il y a quelques jours son avance considérable dans le domaine des assistants vocaux avec les Nest Hub et Mini lancés en Belgique. Hé bien désormais, c’est au service du jeu vidéo que Google consacre son savoir-faire numérique et technique.

Depuis ce 19 novembre, Stadia, plateforme de streaming qui révolutionne la manière dont les joueurs accèdent et jouent à des titres aussi connus que le dernier Tomb Raider, Mortal Kombat 11 ou Read Dead Redemption 2, est disponible.

La révolution est surtout à chercher dans la simplicité du concept. C’est souvent quand tout a l’air intuitif et évident que se cachent des années de peaufinage du matériel et du logiciel. Avant il fallait acheter un disque, puis on a pu se contenter de télécharger le jeu sur notre disque dur. Désormais, tout est géré par les serveurs dédiés de Google, qui iront même jusqu’à mettre à jour les jeux en temps réel. Vous, vous devez juste appuyer sur le bouton d’une manette pour lancer une partie.

Cerise sur le gâteau: vous pouvez jouer sur une TV (il faut un Chromecast Ultra, qui est dongle HDMI inclus dans le pack de lancement comprenant la manette et 3 mois d’abonnement, je vais y venir), mais également sur un ordinateur équipé du navigateur Chrome, et sur les smartphones de Google (les Pixel qui ne sont pas encore commercialisés en Belgique), voire même sur d’autres smartphones en 2020.

Si vous ne possédez aucune console chez vous, c’est sans aucun doute le meilleur moyen de jouer facilement à des titres prévus de dernière génération sans devoir investir dans du matériel relativement cher. En revanche, si vous disposez de la toute dernière génération de console, l’intérêt est plus limité.

Comment ça marche ?

Le principe, vous l’avez compris, est simple: vous avez une manette et un écran, Google s’occupe du reste, à distance. Au lancement, il faut acheter cette manette (plus tard, d’autres manettes seront compatibles). Pour l’instant, il existe uniquement le pack Premiere Edition: pour 129€, vous avez une manette Stadia blanche, le Chromecast Ultra nécessaire pour jouer sur une TV (mais il sert à un tas d’autres choses: Netflix, Spotify, ‘cast’ de photos et vidéo, etc), et 3 mois d’abonnement à Stadia Pro.

Après une rapide configuration du Chromecast Ultra, il faut lancer l’application Stadia sur un smartphone, puis suivre les instructions pour la configuration. Une fois la manette liée, vous avez accès à l’interface Stadia sur la TV, et vous pouvez commencer à jouer comme si vous aviez allumé votre Xbox ou votre PlayStation.

L’installation m’a semblé très simple et je n’ai rencontré aucun bug.

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Des jeux à la pièce ou via un abonnement

Là où ça se complique un peu, c’est quand il s’agit du catalogue de jeux. Il est à diviser en deux catégories, liées au fait que vous souscriviez ou non à l’abonnement Stadia Pro (9,99€/mois).

Si vous ne payez pas d’abonnement, c’est Stadia Base, disponible en 2020 seulement. La qualité de l’image du jeu est limitée à du Full HD (1080p, 60 images par seconde) et le son sera stéréo. Vous devez acheter chaque jeu, et ils sont au prix plein, identique au prix de lancement sur les consoles (par exemple, 59€ pour le dernier Mortal Kombat). Il y a 22 jeux au lancement (voir la liste dans le bas de l’article). Pour utiliser la plateforme, c’est gratuit. Aussi étonnant que ça puisse sembler, Google « offre » ses serveurs qui font tourner les jeux, même s’il est évident qu’il se prend une commission sur les 59€…

Si vous payez l’abonnement (trois mois sont inclus pour la Premiere Edition, après ce sera 9,99€/mois), vous avez accès à Stadia Pro. Tout d’abord, la qualité de l’image et du son passe à 4K et audio 5.1, ce qui est important pour les grandes TV et les home cinema. Si vous jouez sur une tablette ou un ordinateur portable, c’est moins important. Mais surtout, on se rapproche du modèle de Netflix: vous avez accès à un catalogue de jeux vidéo à tout moment. Des jeux qui restent accessibles tant que vous payez votre abonnement. Au lancement, il n’y aura que deux jeux « gratuits »: Destiny 2, un très riche jeu de rôle et de tir à la première personne et Samurai Shodown, un jeu de combat en 2D. Bien d’autres jeux devraient rejoindre ce catalogue dans les semaines/mois à venir.

Quelle est la qualité de l’expérience ?

J’ai essayé Mortal Kombat 11 et Destiny 2 pendant plusieurs heures ces derniers jours. L’état de service de Stadia est encore en rodage, mais sans doute proche de ce que connaîtront les premiers joueurs qui auront payé 129,99€ et recevront dans les prochains jours leur pack Premiere Edition.

Sur une TV récente 4K, j’ai connecté le Chromecast Ultra de Google qui est obligatoire. Vu que mon routeur est proche de ma TV, j’ai mis un câble réseau dans le petit transfo qui alimente le Chromecast. Ma connexion internet est de bonne qualité: environ 70 Mbps. Allons droit au but: on est très, très proche d’une expérience de console du genre Xbox One ou PlayStation 4. En jouant à ces deux jeux, j’ai remarqué seulement une ou deux fois quelques très légers ralentissements, mais jamais de quoi perturber la session de jeu. Pourtant, les deux titres que j’ai essayés ont besoin d’une réactivité optimale (jeu de combat ou de tir à la première personne). En réalité, l’expérience globale est même meilleure que sur une console car la dernière fois que j’ai allumé ma Xbox, j’ai du faire une mise-à-jour de 4 GB de la console, et de 1 GB pour le jeu (quasiment une heure d’attente en tout). Autre avantage: il suffit d’appuyer sur le bouton Stadia de la manette pour allumer le Chromecast et la TV. 10 secondes plus tard, le logo Stadia s’affiche, avec le choix du profil. 5 secondes de plus et vous pouvez choisir votre jeu. Puissant.

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Sur un ordinateur portable en Wi-Fi, ça reste jouable

Sur un PC Windows relativement récent, en Wi-Fi dans un bureau situé au premier étage, l’expérience fut satisfaisante. Il faut utiliser le navigateur Chrome et se rendre sur stadia.google.com. La manette doit être connectée avec un câble USB Type-C (il y en a un dans le pack, tout comme un chargeur) à l’ordinateur. Dans un avenir proche, ce pourra être sans-fil. Bien entendu, ma connexion sans-fil à l’étage est moins bonne (21 Mbps au moment du test) que celle du câble réseau relié au Chromecast Ultra du salon. Dès lors, j’ai pu remarquer quelques pixellisations de l’image, de temps à autre. Rien de rédhibitoire: on peut jouer à Mortal Kombat 11, mais l’expérience est meilleure avec la première configuration dont j’ai parlé.

Sur un vieux Macbook Pro de 2010 qui fonctionne encore, il vaut mieux oublier. J’ai pu me connecter sur la plateforme via Chrome, mais l’expérience est une succession de saccades et jouer s’avère impossible.

Je n’ai pas essayé sur une tablette, ni sur un smartphone (de toute façon, dans un premier temps, seuls ceux de Google, les Pixel, sont compatibles).

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Conclusion

Le jeu vidéo est bel et bien en train de faire sa révolution. Google Stadia est la première plateforme du nouveau genre accessible au grand public, celui où des serveurs distants (peut-être ceux des data centers de Google à Mons, qui sait ?) font office de console en faisant tourner des jeux de dernière génération, qui sont affichés sur un écran au domicile des utilisateurs. Finalement, c’est logique que Google se lance dans l’aventure: il a une grande et longue expertise en tant que fournisseur de services internet (recherche, vidéo YouYube, maps, etc), et depuis longtemps, il possède d’immenses data center dans le monde, dont quelques uns à Mons, où il a peut-être placé ses serveurs dédiés à Stadia pour une partie de l’Europe (car oui, la distance compte et plus elle est réduite, meilleure est l’expérience).

Tout passe par internet, il faut donc une connexion aussi bonne et stable que possible pour profiter d’une expérience très proche d’une Xbox, d’une PlayStation ou d’un PC de gamer. Google laisse le choix d’un abonnement payant (Stadia Pro, 9,99€/mois) avec une meilleure image (4K) et quelques jeux en libre accès. Ceux qui ne s’abonnent pas (uniquement en 2020) auront une image moins bonne (1080p, ça reste correct), et devront acheter tous les jeux auxquels ils veulent jouer, à des prix identiques à la concurrence (exemple: 59€ pour le dernier Mortal Kombat).

Durant mes tests, je n’ai jamais été confronté à une interruption. Jouer à des jeux aussi gourmands que Destiny 2 ou Mortal Kombat 11 est un bonheur. La configuration idéale est l’utilisation du Chromecast Ultra relié avec un câble réseau à mon routeur (vitesse: 70 Mbps). Obligatoire pour jouer sur une TV, il est compris dans le prix de l’unique pack de lancement de Stadia, la Premiere Edition (129€). Sur un PC portable, en Wi-Fi dans le bureau avec une vitesse de 21 Mbps, l’expérience est légèrement moins fluide (des saccades peuvent survenir), mais on peut vraiment jouer.

Dans cette boîte du pack de lancement, vous aurez une manette qui n’a rien à envier à celle de la Xbox ou de la PlayStation. Notez qu’elles seront bientôt en partie compatibles et utilisables avec Stadia. Quant au multijoueur en ligne, il est compris dans le prix de Stadia Pro, mais j’ignore si les joueurs Stadia Base, en 2020, y auront accès. Devant votre TV, 4 manettes peuvent être connectées pour du multijoueur local.

Le service n’a que des avantages à mes yeux: il offre la puissance de calcul des consoles, sans les inconvénients que représentent les mises-à-jour, les longs téléchargements de jeu, etc. Avec Stadia, vous appuyez sur le bouton et 15 secondes plus tard (littéralement), vous pouvez jouer.

Deux bémols pour le lancement: la liste des jeux est actuellement limitée à 22 titres, dont 2 accessibles gratuitement pour les abonnés Pro (9,99€ par mois). C’est assez restreint mais le catalogue devrait s’enrichir dans les prochaines semaines. Autre bémol, technique celui-ci: sans internet, vous êtes complètement perdu. Et si votre connexion est lente, l’expérience ne sera pas au top. Google explique que 10 Mbps est le minimum, et que 35 est le débit recommandé. Faite donc le test sur leur site avant de craquer.

Sachez enfin que le xCloud de Microsoft s’annonce un très solide concurrent en 2020, tandis que le service PS Now de PlayStation existe déjà, mais est moins souple que Stadia et privé des jeux les plus récents.

Les jeux disponibles sur Google Stadia au lancement:

Assassin’s Creed Odyssey

Attack on Titan: Final Battle 2

Destiny 2: The Collection (gratuit via Stadia Pro)

Farming Simulator 2019

Final Fantasy XV

Football Manager 2020

GRID

Gylt

Just Dance 2020

Kine

Metro Exodus

Mortal Kombat 11

NBA 2K20

Rage 2

Rise of the Tomb Raider

Red Dead Redemption 2

Samurai Shodown (gratuit via Stadio Pro)

Shadow of the Tomb Raider

Thumper

Tomb Raider

Trials Rising

Wolfenstein: Youngblood

Philips pense enfin au son qui sort de ses TV

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Pratique, Test , le 24 octobre 2019 13h53 | Ajouter un commentaire

La 55PUS8804/12 (prix de base 1.349€) est l’une des nouveautés TV de Philips cette année. Traditionnelle dans son apparence (55 pouces, 4K, LED, Android TV), elle est cependant équipée d’un système audio intégré signé Bowers & Wilkins. Relativement discret, il décuple le potentiel sonore du téléviseur, et ça fait du bien aux oreilles.

Les tests de Mathieu: Philips pense enfin au son de ses TV en s'alliant avec une référence de l'audio, mais qu'est-ce que ça donne ?

Nul besoin de vous le rappeler: le son est le gros point faible des TV modernes. Elles cherchent à devenir de plus en plus élégantes et fines pour s’intégrer dans n’importe quel intérieur, et ça va à l’encontre du son. En effet, pour sortir quelque chose qui tient la route, il faut des petites enceintes comprenant des tweeter pour les aigus et des woofer pour les basses. Et la règle de base, c’est que plus ils ont de l’espace, plus ils ont de la portée et de la puissance.

Raison pour laquelle de nombreuses personnes optent pour une barre de son, un marché devenu très confus car on y trouve de nombreuses marques, proposant du matériel négligé à 49€ et du haut-de-gamme à 999€.

Dès lors, pour éviter le double achat, la double prise et les câbles, pourquoi ne pas opter pour une TV qui mise moins sur la finesse mais plus sur le son ? C’est le pari qu’a fait Philips, la marque exploitée par l’entreprise chinoise d’écran TP Vision, sur une partie de sa nouvelle gamme, et en collaboration avec l’entreprise Bowers & Wilkins. J’ai pu essayer durant deux semaines le modèle 55PUS8804/12, et voici mes impressions.

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Le fameux « powered by » Bowers & Wilkins

Les « collaborations » des marques audio premium

Les marques audio premium, en proie à une nouvelle concurrence depuis l’avènement du numérique (je pense directement aux enceintes réseau de Sonos), ont bien du mal à tenir le coup avec leurs enceintes haut-de-gamme à 10.000 euros.

Certains d’entre elles vendent donc leur âme au diable en associant leur nom à d’autres appareils afin de faire croire que le son qui est en sort est sublime. Exemple: je tape les mots que vous lisez sur un ordinateur portable HP griffé Bang & Olufsen, et dont la partie son, engoncée dans à peine un centimètre d’épaisseur, sort de meilleurs aigus que la moyenne, mais est incapable de sortir la moindre basse (ce sont les lois de la physique). Et cela fait partie des bons exemples, car certaines marques osent collaborer avec des smartphones, qui ont encore moins de place…

Bowers & Wilkins, une entreprise historique anglaise rachetée en 2016 par une start-up californienne (Eva Automation), est plus subtile. A côté de ses enceintes à 30.000€ la paire et de ses casques haut de gamme, elle se limite à des collaborations avec des voitures prestigieuses, plaçant des systèmes sonores de qualité dans des BMW, McLaren, Maserati ou Volvo.

Et la marque désormais américaine a décidé de collaborer avec Philips pour trois téléviseurs. Deux sont haut de gamme (4.999€ et 3.499€) avec une installation B&W externe. La troisième, plus modeste (1.349€) et plus compacte, intègre directement dans son châssis la partie sonore. C’est celle-là, la 55PUS8804/12, qui nous intéresse aujourd’hui.

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A l’arrière, dans le bas de la TV, un mini caisson de basse

Belle prouesse

Je vais aller droit au but: le pari est réussi. Le son qui sort de cette télévision est au moins 3 fois meilleur que la moyenne des télévisions actuelles, même les dalles les plus chères, souvent très fines.

La puissance est au rendez-vous (45W au total) mais surtout, un gros travail a été fait sur l’optimisation du son: les voix ressortent très clairement, en toutes circonstances. Même avec un vacarme lors d’une scène d’action, le son reste cristallin et les dialogues parfaitement compréhensibles. N’est-ce pas tout ce qu’on demande (et tout ce qui manque…) à une télévision ?

Pour y parvenir, Philips fait forcément des concessions sur la compacité de sa TV. Sous l’écran, il y a une bande de 7 cm, recouverte de tissu, où sont intégrés deux haut-parleurs moyennes et hautes fréquences de 7,5W chacun. Pour qu’ils s’expriment aussi bien, l’épaisseur de la télévision, dont le dos est un légèrement courbé, est d’environ 5 cm, ce qui n’est finalement pas exagéré.

Et ce n’est pas tout: à l’arrière de la TV, au bas et bien centré, se trouve un large haut-parleur de graves de 30W qui se charge de sortir des basses correctes. Inévitablement, il a besoin d’espace et ressort donc de 3 cm du dos de l’appareil, ce qui rend pratiquement impossible d’accrocher la TV au mur.

Ces concessions esthétiques – même si la bande de tissu de 7 cm sous l’écran n’est pas vilaine du tout – permettent un son de qualité. Seules les basses manquent de profondeur: une explosion ne sera pas aussi bien ressentie qu’avec une barre de son équipée d’un subwoofer actif, par exemple. Mais c’est inévitable vu l’encombrement total du téléviseur.

A bien y regarder, la 55PUS8804/12 de Philips est une télévision qui a intégré au mieux une barre de son de bonne qualité (mais sans les prouesses du subwoofer). Et il y a cet Ambilight 3 qui assure une ambiance de fond lumineuse toujours aussi agréable, grâce aux ampoules LED intégrées dans le dos de la TV.

Petit bémol: à 1.349€, elle est nettement plus chère que d’autres TV 4K de la même taille (un honnête 55 pouces, donc). Et on s’approche dangereusement des premiers prix en OLED, le seul type d’écran permettant des noirs vraiment noirs et des couleurs immensément vives. Or, ce modèle Philips se contente d’une dalle LED. 4K/Ultra-HD, elle est de bonne facture et compatible avec les normes HDR10+ et Dolby Vision, mais cela ne remplace pas le spectacle permanent d’un écran OLED.

Heureusement, le logiciel intégré est le meilleur du marché: Android TV et ses nombreuses applications, sa capacité à afficher facilement les contenus d’un smartphone ou d’une tablette Android, et sa compatibilité avec Google Assistant (même si je ne suis jamais parvenu à le faire fonctionner, preuve que cet assistant vocal, dans notre pays du moins, balbutie encore).


 
 Une interface Android simple mais efficace

Conclusions

L’idée de Philips est bonne: intégrer un système sonore digne de ce nom dans une partie de ses téléviseurs, ceux à destination des utilisateurs exigeants au niveau de l’audio. En fait, on devrait tous l’être. Nombreux sont ceux qui investissent dans une TV en se basant sur la qualité de l’image ou le prix, et qui après quelques semaines, se plaignent de la médiocrité du son, voire même après quelques années de l’incapacité à distinguer les voix, et donc à comprendre les dialogues.

Pourquoi, dès lors, ne pas opter dès le départ pour une TV avec un bon son? De plus en plus de marques le font, y compris le nouveau venu issu du monde du smartphone, OnePlus, dont la TV devrait sortir l’an prochain en Europe, et qui est équipée d’une « barre de son » rétractable sous l’écran.

Philips a opté pour une solution plus simple: s’allier avec Bowers & Wilkins, grand nom de l’audio premium, et lui laisser 7 cm sous l’écran pour installer deux tweeter à l’avant pour les aigus, et un woofer dans le dos pour les basses. Le résultat est excellent si on tient compte du peu d’encombrement supplémentaire que représente l’installation de B&W. Comparée à une (bonne) barre de son avec subwoofer actif, cependant, on sent la différence au niveau des basses, limitées sur la 55PUS8804/12 que j’ai essayée.

Une TV qui vous coûtera 1.349€ (ça pourrait baisser dans les mois à venir), un prix hélas un peu trop proche des premiers modèles OLED à l’image époustouflante. Il faut se contenter sur notre TV du jour d’une dalle 4K traditionnelle, de bonne qualité mais qui montre ses limites dans les zones sombres, avec des noirs « éclairés » et donc plutôt gris. Pour le reste, c’est un excellent téléviseur avec une interface fluide et complète.

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Sonos sort pour la première fois de votre maison avec son enceinte « Move »

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Mobilité, Test , le 25 septembre 2019 07h20 | Ajouter un commentaire

Les tests de Mathieu: Sonos sort pour la première fois de votre maison avec son enceinte intelligente Move

Inventeur de l’enceinte réseau à destination du grand public, l’américain Sonos, pour la première fois, ose mettre un pied dehors. Sa Move (399€) est conçue pour fonctionner parfaitement au fond de votre jardin, même s’il pleut. Et si sa puissante antenne ne capte plus le Wi-Fi, il est possible de passer en Bluetooth. Voici mon verdict après une semaine d’utilisation.

On ne présente plus l’entreprise américaine Sonos. Son slogan « listen better » (« écoutez mieux ») résume bien la philosophie du fabricant d’enceintes qui, depuis plus de 15 ans, tente de rendre aussi facile et agréable que possible l’écoute de la musique dans une maison.

Une chose restait constante dans tout le matériel (enceintes, barres de son, amplificateur, sub-woofer) de Sonos: la nécessité de le connecter à un réseau local, donc généralement votre routeur internet, à l’aide d’un câble ou en Wi-Fi. C’était le concept de base, les fondations de toute la technologie de Sonos, au niveau matériel et logiciel.

Et tandis que des dizaines de concurrents, petits et grands, s’engouffraient dans le marché des enceintes Bluetooth, Sonos les regardait de loin, riant sans doute de tous les désavantages de cette technologie de liaison directe entre une source musicale (un smartphone, souvent) et son moyen de diffusion (l’enceinte Bluetooth). Parmi les défauts, rappelons-le, il y a la nécessité de rester dans un périmètre restreint (quelques mètres), le lien constant entre les deux appareils, la musique coupée par les notifications ou tout autre son émanant du smartphone, etc.

Mais Sonos a changé son fusil d’épaule. La raison officielle, on ne la connait pas. Mon avis: la technologie Bluetooth a évolué, devenant plus performante (fiabilité, portée) et moins gourmande en énergie. Les batteries au Lithium ont également fait des progrès en termes de compacité et de performance.


Avant tout, une enceinte réseau (robuste) avec un Wi-Fi boosté

Sonos n’a pas jeté le bébé avec l’eau du bain, loin de là. En réalité, sa Move (un verbe qui signifie ‘bouger’ en anglais) est avant tout une enceinte réseau qui s’ajoute à l’écosystème des autres appareils du constructeur. Elle s’installe comme les autres, à l’intérieur de votre réseau Wi-Fi et à l’aide de l’application qui vient de subir un petit lifting. Bien entendu, elle peut être bougée un peu partout dans la maison, ce qui peut s’avérer bien pratique.

Particularité: la Move est dotée de la meilleure antenne Wi-Fi jamais intégrée par Sonos. Elle peut capter du réseau même dans le fond du jardin, j’ai pu le constater. A environ 15 mètres de la maison (et donc une bonne vingtaine du routeur), elle restait connectée et fonctionnait comme une enceinte réseau autonome, et non une enceinte Bluetooth.

Et dans le fond de votre jardin, elle s’y sentira très bien, même si vous l’oubliez toute la nuit. La Move a été conçue pour supporter l’humidité, le froid, les éclaboussures de piscine, la pluie, les tâches de moutarde. Mais aussi une journée en plein soleil. Bref, elle est très robuste et d’ailleurs certifiée IP56, la plus haute catégorie avant d’être classée ‘submersible’. Donc elle ne peut pas prendre un bain, mais résiste à un jet d’eau: si elle est très sale, vous pouvez passer une lavette savonnée puis la rincer sans risque. Sachez également que la base de l’enceinte est renforcée à l’aide d’un caoutchouc très solide. Sonos dit avoir testé des chutes d’une hauteur d’1,80m, et que tout fonctionnait encore après…

Donc la notion de ‘Move’ est liée à la capacité de l’enceinte à être transportée facilement dans la maison et le jardin, et à résister parfaitement à la vie en plein air…

Du Bluetooth, au cas où (ou pour profiter de YouTube et Netflix)

Mais Sonos, pour que sa Move soit vraiment utilisable n’importe où (dans un grand jardin hors de portée du Wi-Fi, au parc, en vacances), a ajouté la connectivité Bluetooth. Elle doit s’activer à la main, en appuyant sur le petit bouton situé à l’arrière, entre les deux gros. Le LED d’état passe alors du blanc au bleu, pour bien indiquer que la Move ne doit plus chercher du Wi-Fi mais se concentrer sur le Bluetooth (voir photos ci-dessous). Votre smartphone ou tablette peut alors être relié (la première fois, il faut le faire à la main, ensuite c’est automatique, comme toujours avec le Bluetooth).

Dès ce moment, votre smartphone doit se débrouiller pour lui envoyer du son. Il faut donc lancer une application comme Spotify (si vous avez de la 4G ou téléchargé des playlists à l’avance) ; ou jouer les MP3 stockés localement sur votre appareil, pour peu que vous en ayez encore.

Corollaire de cette liaison Bluetooth: on peut désormais utiliser une enceinte Sonos pour profiter d’un son de qualité quand on regarde un film (par exemple sur Netflix, photo ci-dessous) ou un clip (par exemple sur YouTube) sur un smartphone ou une tablette. C’était possible avec AirPlay pour ceux qui avaient un iPhone ou un iPad, c’est désormais possible pour tous les utilisateurs Android grâce au Bluetooth.

Autre corollaire, moins pratique: si vous recevez un message, un appel ou si vous lancez un jeu vidéo, c’est fini la musique…




Une autonomie raisonnable, mais la veille est gourmande

Qui dit sans fil, dit batterie. La Move en contient une dont on ignore les détails techniques, si ce n’est qu’après trois ans, Sonos vous encourage à la remplacer (c’est « facile » à faire mais sans doute pas soi-même car l’assemblage est précis et il n’y a aucune vis) pour qu’elle continue être suffisamment performante. Cela s’inscrit dans la politique de durabilité qui a toujours caractérisé Sonos, depuis ses débuts. Les premières enceintes sorties il y a 10 ans fonctionnent encore, et l’entreprise fabrique et vend toujours des modèles sortis il y a plusieurs années (Play:5, Playbar, Sub, etc).

L’autonomie de la Move est bonne en écoute continue: environ 10 heures, d’après le constructeur. Autre mesure communiquée: après 6h d’écoute au volume 50%, il restait 28% de batterie. De quoi vous donner une certaine idée.

Le « problème », c’est que la Move, si elle dans votre maison et capte le Wi-Fi, va y rester connectée, même si elle se met en veille après 30 minutes (on peut également appuyer sur le bouton ON/OFF). La Move sort en effet de veille très rapidement, dès que vous lancez l’application. C’est très pratique pour le confort et la facilité d’utilisation, mais ça consomme pas mal de batterie. C’est comme si vous laissiez tourner le moteur de votre voiture toute la nuit en hiver pour qu’elle démarre mieux le matin.

Donc en « veille » à l’intérieur de la maison, la Move tient environ 5 jours, même si vous n’écoutez pas de musique.

Heureusement, Sonos fait bien les choses et la Move est livrée avec un socle de recharge. Très discret, il accueille facilement l’enceinte, il suffit de la déposer. Il y a également un port USB Type-C pour recharger l’enceinte à l’aide de n’importe quel chargeur de smartphone (Android, pas iPhone) :

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Un son plus grave que la One

L’encombrement (24 x 16 x 13 cm) du Sonos Move et son poids (3 kg) sont nettement plus imposants que ceux de la One, son best-seller qui parait tout petit à côté. Et ce n’est pas dû uniquement à la batterie (voir photo ci-dessous).

En effet – passons à la qualité du son, essentielle tout de même – la Move est mieux équipée: il y a deux amplificateurs numériques, un tweeter pour les hautes fréquences, et un mid-woofer intégré pour des fréquences vocales moyennes et des basses étonnamment riches et profondes. Et Sonos, on le sait, soigne la qualité des composants et la cohérence de l’assemblage: le constructeur a consacré plus de deux ans à la Move dans ses laboratoires (dont celui que j’avais visité à l’époque).

Le son de la Move est surtout impressionnant, vu sa taille qui reste raisonnable, au niveau des graves et de la puissance globale de sortie. Il surclasse facilement la One et de la Beam, et se rapproche de ce que l’énorme Play:5 peut sortir.


Conclusion

Difficile de prendre en défaut la Move (399€) de Sonos, première enceinte du constructeur à être conçue pour être bougée dans et en dehors de la maison. Mais c’est avant une nouvelle option pour écouter intelligemment de la musique chez vous, car la Move a une antenne Wi-Fi plus puissante que la moyenne et même à plus de 20 mètres de mon routeur (une simple Bbox-3 de Proximus), elle accrochait le réseau sans souci. Elle tient quelques jours sur batterie, puis il faut la déposer sur son très discret socle de recharge.

La Move peut donc être déplacée un peu partout chez vous et si vous voulez aller plus loin, il y a l’option Bluetooth. Ça doit rester « au cas où », car il faut appuyer sur un bouton au dos de l’enceinte, attendre que votre smartphone la détecte, puis supporter toutes les interruptions (notifications, appels, messages, etc) qui en émaneront parallèlement à la musique diffusée. Quand on passe de l’un à l’autre, on se rend compte à quel point une enceinte réseau qui va chercher sa musique comme une grande sur internet est bien plus pratique à utiliser.

Et comme si ça ne suffisait pas, Sonos va vous faire oublier une bonne fois pour toutes les réglages manuels de l’égaliseur. En effet, il y a sur la Move une version automatique et continue de True Play (alors que sur les autres enceintes il faut utiliser un iPhone): grâce à ses micros, elle se rend compte de la réverbération (on non) du son sur des murs ou des plafonds, et adapte ses réglages en fonction.

Petit détail: si j’ai réussi à configurer Google Assistant sur la One et la Beam, je n’ai pas réussi à la faire sur la Move. Donc cet assistant vocal, pourtant officiellement disponible en Belgique, ne fonctionne pas, pour l’instant, sur l’enceinte mobile de Sonos.