Images et son

Des écouteurs sans fil « symphoniques » qui annulent le bruit ambiant

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Mobilité , le 29 septembre 2021 13h13 | Ajouter un commentaire

Il ne se passe pas un mois sans qu’on me propose de tester une paire d’écouteurs entièrement sans fil (true wireless earphones). Toutes les marques ayant un orteil dans le milieu de la téléphonie ou de l’audio s’engouffrent sur ce marché très « dynamique » (comprenez: tout le monde en achète pour le moment).

Je le dis souvent: un des moyens de choisir, c’est de prendre la même marque que son smartphone, car la compatibilité sera meilleure (pas besoin de passer par une application) et la détection/connexion Bluetooth plus rapide.

L’autre moyen, c’est de faire confiance à la renommée ‘audio’ de la marque. Avec Sony, un des meilleurs (si pas le meilleur), aucun risque de se tromper. Idem avec Bose. Et Sennheiser ?

Il réduit le bruit ambiant

Le spécialiste allemand de l’audio (grand public et professionnelle) a déjà sorti quelques modèles d’écouteurs sans fil. Un assez haut de gamme (Momentum à 299€) et un plus abordable (CX True Wireless, 129€). En septembre 2021, il propose le CX Plus True Wireless (169€), qui ajoute l’annulation active de bruit (active noise cancelling), une option autrefois premium, qui se démocratise complètement en 2021.

Ce n’est pas la meilleure annulation de bruit du moment, on trouve mieux ailleurs, mais à des prix souvent plus élevés. Comme souvent, les bruits parasites basse fréquence (frottement, transport en commun, climatisation, bruits de pas) sont bien annulés, mais c’est moins le cas pour les hautes fréquences (voix, sonnerie… tous les sons aigus). Cette ANC a le mérite d’exister et fait son job. On l’active à l’aide des commandes tactiles des oreillettes, qui sont intuitives et simples à utiliser (et paramétrables). Un appui court sur l’oreillette gauche active l’ANC, la désactive ou au contraire, active le mode Transparent Hearing, qui amplifie le bruit extérieur (ça peut être utile dans la rue ou en vélo, par exemple).

Elégants et agréables à porter

Au niveau de l’ergonomie, bon point pour Sennheiser: les CX Plus True Wireless ont beau être équipés d’une partie à rentrer dans le conduit auditif (avec embout en silicone à choisir), ils restent très confortables et agréables à porter. De plus, ils se maintiennent très bien, même après un petit tour en vélo.

Leur forme est assez atypique et propre à Sennheiser. Un choix design, qui a des avantages au niveau du maintien (les écouteurs reposent sur le creux de l’oreille) et au niveau des commandes tactiles: la zone est facile à trouver et si on appuie 1x, 2x, 3x ou de manière prolongée, sur l’oreillette gauche ou droite, on effectue des actions différentes (volume, musique, ANC, assistant vocal, décrocher, etc).

De vrais écouteurs musicaux

Ce qui m’a le plus frappé avec cette paire d’écouteurs entièrement sans fil, c’est la qualité audio. On le sait, Sennheiser est un fabricant allemand historique de matériel audio. Mais la concurrence est telle qu’on pourrait le croire noyé dans un océan de casques et d’écouteurs. Eh bien non, il parvient à s’en détacher, à en croire mes oreilles, grâce à ce que j’appellerais ‘une certaine élégance musicale’.

Si d’autres écouteurs sont très justes, très équilibrés (Sony), ou au contraire exacerbent les basses (Bose), Sennheiser joue sur un autre registre. Celui de la profondeur, de l’espace. J’ai comparé quelques écouteurs récents et le CX Plus True Wireless m’ont enchanté par leur côté symphonie, très musical. C’est une question de goût, mais ça me plait…

Conclusion

Vous ne savez à quelle marque faire confiance pour choisir vos écouteurs sans fil ? Ça ne vous dérange pas de télécharger une application pour les contrôler (ce n’est pas le cas si vous choisissez la même marque que votre smartphone) ? Alors l’option Sennheiser est peut-être la bonne.

Plus mélodieuse et élégante que la concurrence, elle est moyennement performante au niveau de l’annulation active de bruit, mais elle fait son job. De plus, les CX Plus True Wireless sont bien dessinés, confortable dans l’oreille, et pas trop cher: 159€.

Ne changez pas de TV, achetez ce boitier Android

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Pratique, Test , le 31 juillet 2021 09h03 | Ajouter un commentaire

Les tests de Mathieu: Nokia sait aussi transformer votre TV en centre de divertissement par excellence

La Streambox 8000 est ce qu’on appelle un ‘boitier TV’ (ou box TV). Si le logiciel de votre télé vous semble lent ou complètement dépassé, et que vous préférez investir 99€ plutôt que d’en acheter une nouvelle, lisez ce guide…

La stratégie de Nokia n’est pas forcément lisible. Contrairement au suédois Ericsson qui se contente de travailler sur les réseaux mobiles 2/3/4/5G (écoutez l’excellente conversation que nous avons eue avec le patron belge dans le podcast RTL TechTalk), le finlandais Nokia veut que sa marque rayonne dans tous les sens.

On se souvient du fiasco des années 2010, quand Nokia a vendu sa division mobile à Microsoft, qui n’a jamais réussi à imposer Windows Phone. Il en reste cependant quelque chose: HMD Global, qui commercialise des smartphones Nokia en utilisant le nom et quelques brevets liés à la téléphonie mobile (voir mon dernier test à ce sujet).

Cette location du prestigieux nom Nokia existe également sur un secteur qui n’a rien à voir: les télévisions et les boitiers multimédia qu’on peut y brancher. C’est la société autrichienne StreamView qui conçoit et commercialise ces produits. J’ai essayé la Streaming Box 8000 et même si Nokia n’est qu’un ‘autocollant’, ce boitier est bourré de qualité.

A quoi sert un ‘boitier TV’ ?

Si les écrans de télévision ont une durée de vie assez élevée (il n’est pas rare de les garder plus de 10 ans sans rencontrer de problème), c’est moins le cas du logiciel qui les fait tourner. Les fabricants promettent quelques mises à jour, mais ils sont trop occupés à développer la nouvelle version que pour prendre soin des anciennes, vite limitées au niveau de la puissance.

C’est là que les ‘boitiers TV’ prennent tout leur sens. Il s’agit de petits appareils qu’on connecte au réseau (via un câble ou via Wi-Fi), et à la télévision (via un câble HDMI standard). Doté d’une télécommande, ils remplacent l’interface vieillotte ou trop lente de votre télévision.

On peut les considérer comme de petits ordinateurs: ils ont un processeur, de la mémoire, des applications à télécharger.

Streambox 8000 (99€), un concurrent de l’Apple TV

La Streaming Box 8000 de Nokia tourne sous Android TV. Présent partout dans nos vis numériques, Google a revu sa copie pour le logiciel destiné aux télévisions, et il a plutôt bien fait ça. L’interface est fluide, simple et intuitive.

Quelques applications sont déjà préinstallées, comme YouTube, Netflix ou Prime Vidéo. Sur le Play Store de Google version TV, vous trouverez bien entendu Disney+, mais également RTL Play ou RTBF Auvio, qui vous permettent de regarder en direct ou à la demande les programmes belges.

Le gros avantage de la Streambox 8000, c’est sa rapidité d’exécution et le fait qu’il sache ce que vous avez regardé précédemment. Il suffit de la lancer pour reprendre la suite de son programme en un clin d’œil. Je n’ai remarque aucun ralentissement, même en passant de Netflix à Disney, puis de Disney à RTL Play. C’est comme sur un smartphone…


Une bonne intégration avec le reste du matériel: il contrôle tout…

Le seul désavantage à passer pour un boitier externe pour l’interface d’une télévision, c’est qu’il faut de la place sur le meuble, une prise, et croiser les doigts pour que la télécommande du boitier puisse allumer/éteindre la TV et gérer le volume.

Ça dépend de votre configuration. La mienne est alambiquée: j’ai branché la Streambox 8000 en HDMI à une barre de son Sony, elle-même reliée à une TV Samsung, en HDMI également, mais via le port compatible ARC (vérifiez à l’arrière de la TV, vous en avez forcément un).

Dès lors, quand j’allume ma Streambox avec sa télécommande, la barre de son réagit et s’allume, ce qui réveille ma TV également. Bref, tout va bien: je choisis mon programme et je règle le volume, toujours avec la télécommande Nokia (il s’agit du volume sortant du boitier, donc veillez à ce que le volume de votre TV ou barre de son soit réglé au niveau moyen ou fort, selon vos besoins).

La télécommande est rétroéclairée dès qu’on appuie sur un de ses boutons, et elle est également équipée du bouton ‘Google Assistant’, qui permet donc de contrôler ce qui passe à la TV, mais également, entre autres choses plus ou moins utiles, tous les objets connectés de la maison.


Une des meilleures options

99€, la Streambox 8000 est une bonne option pour donner une seconde jeunesse à votre TV sans vous compliquer la vie. Si le logiciel est rapide et permet la diffusion de contenu en 4K, c’est parce qu’il y a une bonne puce (Quad-Core Cortex-A55 et ARM Mali-G31 MP2), 2 GB de RAM et 8 GB de stockage interne. Bref, du bon matériel et du bon logiciel.

Il existe des options plus abordables du côté des entreprises chinoises (l’inévitable Xiaomi en tête), mais le choix est très vaste et la qualité n’est pas toujours au rendez-vous. Amazon commercialise désormais ses boitiers (FireTV Stick) en Belgique, tout comme Apple.

Si vous vous posez la question, sachez que la différence avec les Chromecast qu’on retrouve un peu partout, c’est le fait que la box Android TV affiche une interface propre et riche (choix des applications), et qu’il y a une télécommande: vous n’avez plus besoin de votre smartphone. Tout est plus simple et plus rapide, surtout pour mettre sur pause ou baisser le volume. Bon à savoir: un boitier Android TV agit aussi comme un Chromecast: vous pouvez diffuser du contenu à partir de votre smartphone.

Une petite caméra de surveillance très… inspirée

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, IoT, Test , le 14 juin 2021 15h03 | Ajouter un commentaire

Reolink est une petite entreprise chinoise qui mise tout sur l’exportation directe depuis les usines et son site web. Elle ne travaille pas avec des distributeurs physiques en Belgique (pas de présence en magasin), mais on peut les acheter via Amazon.fr, par exemple.

Cette manière de procéder, associée à une fabrication à moindre coût, permet à l’entreprise de proposer des produits de qualité à des prix raisonnables. Je viens d’essayer l’Argus 3 Pro (145€), dernier modèle en date.

Dans le nom et dans le look de la caméra, on pense tout de suite aux excellentes caméras d’Arlo, une entreprise américaine pionnière dans le domaine, dont j’ai essayé le modèle Pro 3 fin 2019. Il y a les mêmes LED qui s’allument lorsque c’est nécessaire, permettant l’enregistrement en couleur dans la pénombre. La stratégie de Reolink est borderline, et rappelle les premiers smartphones chinois copiant ouvertement les produits d’Apple… Entre copie et inspiration, la marge semble légère.

En option, vous pouvez vous procurer le panneau solaire pour un chargement continu (30€)

Pas besoin d’abonnement

Le principe d’enregistrement est cependant assez différent d’Arlo, car les caméras de Reolink peuvent travailler en ‘local’. C’est-à-dire que les séquences ne sont pas obligatoirement envoyées et stockées dans un cloud payant par abonnement, mais sur une carte micro SD à insérer directement dans la caméra. C’est une option intéressante car plus économique, mais ça suppose que les éventuels voleurs ne partent pas en arrachant la caméra, et qu’il n’y a pas de bug de lecture ou de « panne » de la carte de stockage.

Pour le reste, la caméra fonctionne comme la plupart des caméras de surveillance sans-fil et sur batterie:

  • Enregistrement de séquences vidéo lors de la détection de mouvements, et quand le planificateur est réglé en mode surveillance (horaire à personnaliser jour par jour). Une notification apparait dans la foulée sur le smartphone via l’application. Application qui permet de revoir les séquences sous forme d’un calendrier des évènements.
  • Possibilité de visionnage en direct, et de dialoguer (il y a un petit haut-parleur de qualité moyenne, et une micro) si la caméra n’est pas placée trop loin de l’interlocuteur.
  • Vous pouvez également faire retentir une (petite) sirène via l’application pour tenter de déranger les éventuels intrus.

Quoi de neuf ?

Rien de révolutionnaire au niveau du fonctionnement. Mais l’Argus 3 Pro de Reolink a quelques qualités au niveau de sa fiche technique: une résolution du capteur vidéo de 2560 x 1440 pixels, une vision nocturne couleur grâce à deux LED qui s’allumeront en cas de mouvement (assez puissants, voir ci-dessus), un zoom (digital, donc pixellisé) jusqu’à 16X, des alertes plus intelligentes (voiture, personne ou autre) et la compatibilité avec les assistants vocaux de Google d’Amazon.

Globalement, je suis satisfait de cette petite caméra de surveillance vendue environ 145€ (elle est actuellement en rupture de stock sur internet…). Un seul reproche, et il est très important de le savoir, le ‘grand angle’ n’est pas aussi large que sur les caméras d’Arlo. Le capteur plafonne à 122° chez Reolink, contre 160° chez Arlo. Conséquence: pour avoir une vue complète de son jardin ou de son allée de garage, il faudra éloigner le plus possible la caméra, soit en hauteur, soit en largeur (ce qui rend donc l’option ‘dialogue’ plus compliquée).

Voici la vue en plaçant la caméra à l’arrière d’une maison, à environ 2,5 m de hauteur (c’est un peu juste et on doit choisir les zones à surveiller, le jardin ou la terrasse):

Vous n’entendez jamais assez les dialogues à la TV ? Cet appareil peut vous aider

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Pratique, Test , le 9 décembre 2020 11h46 | Ajouter un commentaire

Comme de nombreux téléspectateurs, vous devez souvent mettre le son au maximum pour n’entendre qu’un grand brouhaha dans lequel les voix ne se détachent pas suffisamment ? Vous avez investi dans une petite barre de son, mais c’est toujours pas dingue ? Il existe un appareil pour vous, et je l’ai testé…

Si la diagonale de nos télévisions ne cesse de grandir, ce n’est pas le cas de leur épaisseur, qui emprunte plutôt le chemin inverse. Avec une conséquence inéluctable et qui ne date pas d’hier: une qualité sonore très discutable.

Les avis sont unanimes: ce sont les dialogues dans les films et les séries qui deviennent le plus inaudibles. La raison: au fil des ans, les membranes des petits haut-parleurs intégrés se fragilisent, surtout si elles ne sont pas de qualité (c’est généralement le cas sur les téléviseurs abordables). Et vous finissez par mettre le son au maximum pour n’entendre que les bruits ambiants, et difficilement les voix des acteurs.

Il y a trois solutions pour remédier au problème: remplacer la TV si elle est très vielle (mais vous n’aurez pas la garantie d’avoir un meilleur son sur la nouvelle, à moins de l’essayer avant) ; acheter une barre de son (souvent difficile de choisir parmi les modèles, les options d’amplification des voix, les marques et les prix) ; ou lire le reste de cet article, et mon test du Flex 5000 de Sennheiser (199€).


Un boitier en plus près de la TV, mais il est facile à installer

Je le précise tout de suite: le Flex 5000 de l’entreprise allemande Sennheiser est une solution égoïste, car elle nécessite des écouteurs (une petite paire est fournie, mais il vaut mieux brancher un bon casque), et n’est donc destinée qu’à l’une des personnes regardant la télévision.

L’objet est assez inédit et délicat à décrire. Je le définirais comme un amplificateur du son de la TV, spécialisé dans l’amélioration des voix, et envoyant le son sans-fil vers le casque audio du spectateur.

Le Flex 5000 se présente sous la forme d’un boitier assez élégant et longiforme, qu’on connectera à la télévision ou tout autre endroit dont sort du son. Il y a effectivement deux types d’entrée audio à l’arrière: une optique numérique (Digital Optical In, câble fourni) qu’on retrouve sur la plupart des TV et lecteurs ; une analogue de type mini jack (3,5 mm, fourni) permettant de relier une TV ou une chaîne hi-fi, une tablette, etc. Avec un adaptateur non fourni, vous pouvez transformer le câble jack en RCA (fiche blanche et rouge), et le brancher à d’autres sources sonores, plus anciennes.

Pour mon test, j’ai relié le Flex 5000 en optique numérique à une console de jeu vidéo. Celle-ci continuait à diffuser le son sur la TV également (via la prise HDMI), ce qui signifie qu’on ne condamne pas le son au boitier de Sennheiser, et que d’autres peuvent profiter du son émis par la télévision.

L’installation est donc très simple, et à ce stade, le seul problème est que le Flex 5000 est un boitier supplémentaire sur le meuble TV, nécessitant une prise de courant.

Il transmet le son sans-fil vers un récepteur sur lequel vous brancherez un casque

Le principe de fonctionnement est assez simple: le système Flex 5000 est composé du boitier principal dont on vient de parler, et d’un élément mobile rechargeable (en le déposant simplement sur le socle qui se trouve sur le boitier). Le boitier principal va amplifier et améliorer le son de la TV, avant de l’envoyer vers l’élément mobile, qui a une portée de 30 mètres et une autonomie d’environ 12 heures.

C’est bien entendu sur cet élément mobile que vous devrez brancher un casque ou des écouteurs. Il y a une paire d’écouteurs basique fournie qui fera très bien l’affaire, mais si vous voulez plus d’isolation et plus de profondeur dans le son, il vaut mieux utiliser un bon casque (n’importe quel modèle avec câble mini jack sera compatible).

Venons-en à l’essentiel: est-ce que les dialogues des films et séries est enfin meilleur ? Oui, 1.000 fois oui. Soyons clair: le simple fait de faire passer le son par le boitier et de l’entendre directement dans les oreilles via un casque, c’est déjà la moitié du travail qui est effectué.


Des « profils d’écoute » qui vont jusqu’à isoler les dialogues !

Ensuite, il y a le travail de Sennheiser, spécialiste de l’audio, sur le son. Tout d’abord, les profils d’écoute. Il en existe trois, à activer sur le boitier principal. Si vous allumez le premier segment, les sons graves sont légèrement accentués, tandis que les son aigus (y compris la plupart des voix) sont reproduits avec moins de stridence. C’est assez neutre et la différence n’est pas flagrante avec la position neutre (aucun profil sélectionné).

La suite est plus intéressante. Le deuxième profil accentue fortement les aigus: les voix, par exemple, deviennent cristallines, les consonnes sifflantes sont mises en évidences. Si vous activez le troisième segment, le système va encore plus loin et en plus d’améliorer les aigus, il diminue les sons graves. Résultat: le bruit ambiant, le ‘brouhaha’ d’une scène s’entend moins, tandis que les dialogues se détachent naturellement.

Si ça ne suffit pas, Sennheiser a même prévu un bouton « Intelligibilité de la parole » à activer sur le récepteur sans fil. Ce mode analyse et détecte automatiquement la parole (et pas uniquement les sons aigus, donc), est celle-ci est mise en avant par rapport au reste de la bande sonore.

Ça fonctionne très bien, parfois trop bien: ce mode est réservé à ceux ayant des problèmes d’audition, car le film ou la série perd un peu de son charme, de son identité sonore…

Inutile de dire que toutes ces options sont destinées pour du contenu vidéo et moins pour de la musique, voire pour des comédies musicales. A vous de tester ces profils et de trouver celui qui vous convient le mieux. Personnellement, j’ai activé parfois le profil 1, mais pour le reste, mon ouïe et le casque que j’utilise étaient suffisamment performants pour comprendre les dialogues tout en profitant de l’ambiance sonore…

Conclusion

C’est un bon 9/10 pour le Sennheiser Flex 5000. Un outil aussi inédit qu’atypique, mais qui est bien fini, bien pensé, bien développé.

Ce kit « émetteur-récepteur », auquel on branchera un casque (ou la paire d’écouteurs fournie), parvient effectivement à transcender les dialogues d’une séquence vidéo, quelle qu’elle soit (film, série, docu, reportage, sport, etc). Il le fait bien, et de manière graduelle: vous pouvez doser la manière dont les voix se détachent du reste du son, un problème souvent rencontré par ceux qui regardent la télévision.

Bien entendu, à 199€, vous pourriez acheter une barre de son, afin d’améliorer la qualité audio pour tout le monde, et pas seulement pour celui qui porte le casque… Mais il est difficile de faire son choix, et les modèles dans cette gamme de prix, bien souvent, ne proposent pas d’options permettant d’augmenter à ce point l’intelligibilité des dialogues. A titre d’exemple, j’ai essayé par le passé la Sonos Beam (449€) et la HT-ZF9 de Sony (799€), qui parviennent effectivement à magnifier les dialogues, mais elles sont dans des gammes de prix bien différentes.



Deux appareils pour améliorer le son de vos visioconférences

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Mobilité, Test , le 12 novembre 2020 16h52 | Ajouter un commentaire

Depuis plusieurs mois, une grande partie du monde occidental a du changer ses comportements sociaux. Pour limiter la propagation du coronavirus, on voit davantage de gens via un écran, que ce soit pour le travail ou pour les relations sociales.

Mais les Belges ne sont pas spécialement équipés pour que ces visioconférences professionnelles, scolaires ou privées se fassent dans de bonnes circonstances. On a vu des parents démunis car leurs enfants ont tous un smartphone performant, mais il n’y a pas (ou pas assez) d’ordinateurs portables pour tout le monde.

Notre analyste économique Bruno Wattenbergh a fait le tour des applications à utiliser pour des appels vidéos. Je vais évoquer pour ma part deux appareils spécialement conçus pour les visioconférences. Il s’agit de marques auparavant destinées au monde professionnel, mais qui se rendent bien compte que le grand public aurait aussi besoin d’elles…

Une enceinte micro particulièrement efficace certifiée Teams (Poly CL 5300, env. 140€)

Au sein des entreprises, les logiciels de Microsoft sont souvent très bien implantés. Ce qui pousse les départements IT à faire de Teams le moyen par défaut pour les communications vocales ou en vidéo. Il est donc logique que des produits soient « certifiés Microsoft Teams », et c’est le cas du Calisto 5300 de Poly, une marque du groupe américain Plantronics.

Il s’agit du compagnon idéal pour n’importe quel ordinateur, tablette ou smartphone. Ce petit cylindre de 3 cm de haut pour un diamètre de 11 cm s’y connecte en Bluetooth, via un câble USB-A ou USB-C, ou encore via un dongle USB.

Il est livré avec une housse de transport et le câble USB (pour la connexion ou la recharge de la batterie intégrée) s’enroule parfaitement dans une rainure prévue à cet effet. Il y a un interrupteur ON/OFF et Bluetooth et deux boutons pour le volume.

A quoi sert-il ? Avant toute chose, à amplifier le son qui est souvent très faiblard quand il sort d’un laptop ou d’un smartphone. Vu sa taille compacte et transportable, ne vous attendez pas à du home cinema, mais c’est très audible, car Poly a très logiquement mis l’accent sur la voix et les conversations, qui sont limpides.

Le Calisto 5300 prend tout son sens si vous êtes plusieurs (amis ou collègues) dans une même pièce, et que vous souhaitez partager la conversation. Car le son part vers le haut et peut être entendu par tout le monde, et car il y a un micro omnidirectionnel. Idéalement, vous le mettez au milieu de la pièce et tout le monde peut converser avec un interlocuteur à distance sans devoir s’agglutiner autour de l’ordinateur (ce qui est préférable actuellement).

L’enceinte fonctionne avec n’importe quel logiciel, car elle est reconnue par l’ordinateur, la tablette ou le smartphone comme un casque/microphone. Attention cependant à bien configurer les paramètres audio de votre application pour qu’elle utilise la sortie et l’entrée sonore de votre Poly.

Et Teams, dans tout ça ? Si vous téléchargez le logiciel Poly qui est nécessaire, il y a le bouton ‘téléphone’ sur l’enceinte qui deviendra utile. Il vous permettra de décrocher en cas d’appel via l’application, et sera coloré (vert) durant la conversation. Il y a également un bouton ‘mute’ qui coupera le micro, et un dernier avec le logo ‘Teams’ qui permet d’interagir avec l’application (ouvrir la fenêtre du logiciel) lorsque vous n’êtes pas en appel.

Plus personnel: le casque + micro Epos Adapt 560, (299€)

EPOS est le nom commercial des casques pour entreprises développés par le groupe danois spécialiste de l’audio Demant (auparavant Sennheiser). L’Adapt 560 que j’ai pu essayer est un casque audio sans fil affublé d’un micro rotatif qui peut se dissimuler derrière l’oreille droite (ce qui a par ailleurs pour effet de couper entièrement le micro).

C’est l’outil idéal pour bien communiquer lors d’une visioconférence avec un smartphone, une tablette ou un ordinateur. Le son est taillé pour les conversations, et pas pour la musique ou les divertissements.

Je l’ai essayé à plusieurs reprises, et tout a très bien fonctionné. On peut connecter un smartphone et un PC en même temps. Vous allez me dire qu’on peut faire ce genre de chose avec n’importe quel casque/micro (il en existe de nombreux à destination du grand public), et qu’il n’est pas nécessaire de payer 299€.

Ce n’est pas tout à fait vrai. Car si vous êtes dans un environnement un peu bruyant, le casque d’Epos prend tout son sens. Tout d’abord, son micro fonctionnera mieux et ne transmettra que votre voix, car il est orienté vers la zone de votre bouche. Ensuite, le casque est équipé d’autres micros qui vont écouter le bruit ambiant et l’annuler dans vos oreilles, afin que vous puissiez n’entendre que votre interlocuteur, et pas vos collègues qui papotent ou le bruit de leur clavier. C’est ce qu’on appelle le NC (Noise Cancelling). Il n’est pas de très haut niveau vu que le casque ne recouvre pas entièrement les oreilles, et il émet un bourdonnement permanent même s’il n’y a pas de bruit ambiant ni de son à diffuser ; mais il atténue les bruits parasites et améliore les conversations – c’est tout ce qu’on demande à un tel casque.

Autre avantage que les casques pour particuliers n’ont pas (outre le micro rotatif), c’est le bouton bleu Microsoft Teams, qui permet de lancer l’application ou de décrocher lorsqu’on vous appelle via cette application. Il faut cependant utiliser le petit dongle USB fourni. C’est une option intéressante pour certains, mais sachez que le casque fonctionne parfaitement avec n’importe quel logiciel (à nouveau, il faudra vérifier la première fois dans les paramètres que c’est bien le casque qui sert pour la sortie sonore et le micro, et non ceux de l’ordinateur).

Que peut-on bien faire avec une TV 8K en 2020 ?

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Pratique, Test , le 22 septembre 2020 09h17 | Ajouter un commentaire

Les tests de Mathieu: que peut-on bien faire avec une TV 8K en 2020 ?

Elle coûte 6.000 euros, a un design époustouflant et affiche une résolution de 32 millions de pixels. La dernière télévision haut de gamme de Samsung en met plein les yeux, mais la 8K qu’elle promet a-t-elle du sens alors que les contenus d’une telle définition sont quasiment inexistants ?

Vous l’avez remarqué: la taille des écrans n’arrête pas de croître. A part les tablettes et les ordinateurs portables, toutes les autres diagonales ont tendance à grandir au fil des ans: smartphone, moniteur PC et forcément, les télévisions.

Sur ces dernières, les dimensions atteignent désormais souvent 65, 75 voire 85 pouces sur le haut de gamme, soit 165, 190 voire 215 cm de diagonale ! Gigantesque pour la plupart des maisons belges, qui ont rarement des salons ou des chambres de 50 mètres carrés…

Pourquoi une telle diagonale ? Il y a cette tendance de fonds dans l’électronique grand public qui impose du « toujours plus grand, toujours plus puissant« . Ça permet aux fabricants de continuer à faire travailler leurs ingénieurs, à remplir les rayons de « nouveautés« . Cependant, une TV de 2 mètres de diagonale doit s’adapter pour ne pas afficher une bouillie de pixels. D’où l’arrivée de la 8K.

32 millions de pixels !

La 8K prétend remplacer la 4K. On parle ici de définition d’écran, du nombre de pixels qui composent la dalle. Si vous avez plus de 30 ans, votre premier écran d’ordinateur affichait sans doute 640 x 480 pixels. Avec la 8K, on est à environ 8.000 x 4.000 pixels. Soit 32 millions de minuscules « ampoules » allumée dans telle ou telle couleur par le rétroéclairage de votre télévision.

Magnifique, me direz-vous ! Sauf que beaucoup de maisons sont équipées de télévision… Full HD (donc 2K, soit 1920 x 1080 pixels). Si vous avez acheté une TV ces dernières années, elle est sans doute 4K, sans que vous le sachiez.

Cela vous importe peu car la grande majorité des contenus disponibles sur une TV ne sont pas en 4K. Que ce soit votre décodeur pour la télévision, votre DVD (qui lui se contente encore de la HD, soit généralement 720 x 480 pixels), votre Blu-ray, votre console de jeux: la qualité de l’image est, au mieux, en Full HD.

Alors pourquoi s’encombrer d’une télévision 8K, soit permet d’afficher 16 fois plus de pixels et de détails ?


(© Samsung)

La QLED de Samsung

Pour tenter de répondre à cette question, j’ai essayé le dernier fleuron de Samsung, la gamme QLED 2020. Prix de base du Q950TS de 65″ qui a transformé ma chambre durant deux semaines en salle de cinéma: 5.999€. Autant dire que vous ne l’achèterez sans doute jamais, d’autant plus que les sources en 8K sont quasiment inexistantes pour l’instant (les blockbusters made in USA commencent seulement à être tournés dans cette définition).

Face aux magnifiques écran OLED fabriqués principalement par LG Display, Samsung a du chercher très longtemps avant de trouver une parade qui fonctionne. Car il faut dire que rivaliser avec les noirs complètement noirs de l’OLED, et ses couleurs très vives, ce n’est pas une mince affaire. Mais la différence est presque comblée: les écrans Samsung parviennent dans la plus grande partie des cas à “éteindre” les zones noires. Grâce notamment à la répartition en 480 zones de la lumière, de la justesse de la colorimétrie et du filtre antireflet diablement efficace (améliore les angles de vision et diminue l’effet de halo des zones lumineuses lors des scènes sombres).

Tout n’est pas cependant pas au niveau de ce que j’ai déjà pu constater avec l’OLED de LG. J’ai pu observer ça et là quelques zones grises résiduelles, dans les coins. Et pour les sous-titres (très blancs) sur fonds noirs, cela provoque quelques petits problèmes de contraste automatique, surtout en mode ‘cinéma’. Quand un sous-titre apparaît, la luminosité générale de l’image diminue très légèrement, mais ça se remarque.

Une mise à l’échelle brillante: la 4K devient 8K

Avec une source en 4K, j’ai essayé le mode par défaut, baptisé « intelligent ». Et là, les défauts dont je parle s’envolent. Les problèmes des sous-titres n’existent plus, et l’image est d’une incroyable netteté. Mais ce n’est pas forcément ce qu’on cherche quand on regarde un film ou une série. On cherche davantage une image « cinéma », et pas une image d’une précision chirurgicale. J’ai regardé quelques scènes de Black Panther et j’avais un peu trop l’impression de regarder un documentaire sur la savane et ses anciennes tribus. Le sentiment est étonnant: c’est magnifique, mais un peu trop magnifique.

On touche à l’une des prouesses de Samsung: les algorithmes d’amélioration de l’image via le processeur Quantum 8K intégré. Aidé par l’intelligence artificielle, il est même appelé à s’améliorer au fil du temps: l’upscaling (mise à l’échelle) est déjà performant, et il devrait l’être encore plus au fil des mises à jour. Notez que cela fonctionne très bien pour des contenus 4K -> 8K: l’image est très détaillée, même lorsqu’on s’approche de l’écran. Mais il n’y a pas de miracle sur les contenus Full HD ou de moins bonne qualité.

Dès lors, le seul avantage d’une (très bonne) TV 8K en 2020, c’est le suivant: si l’upscaling est assez efficace, et si la source initiale de l’image est suffisamment bonne, vous pouvez effectivement avoir un écran géant et le regarder à une distance de 2 ou 3 mètres sans voir la moindre bouillie de pixels. Et ça, avouons-le, c’est assez impressionnant, et c’est du vrai home-cinéma…

Un design époustouflant

Impossible de ne pas évoquer le design incroyable de la série Q950TS de Samsung, disponible en 65, 75 et 85 pouces. L’entreprise a sans doute signé le plus beau design de téléviseur de l’année, voire des prochaines années. Difficile de faire mieux que cet équilibre parfait: un pavé de 1,5 cm d’épaisseur, aux angles acérés, et dont les tranches sont finement trouées ; une face avant pratiquement sans bord (Samsung parle d’Infinity Display, comme sur ses smartphones, et il a raison), le tout monté sur un pied discret qui donne l’impression que l’écran flotte… Je m’extasie rarement devant une TV, mais là…



Tout cela est rendu possible par le déplacement de la connectique et d’une partie de l’électronique dans un gros boitier de la taille d’un décodeur, baptisé “One connect”. Il n’est relié au téléviseur que par un câble unique et assez discret (blanc/transparent), de quelques millimètres d’épaisseur.

Quant à la partie audio, malgré l’épaisseur de seulement 1,5 cm, on a une multitude de haut-parleurs dans le dos qui, s’ils ne remplaceront jamais une barre de son, s’en sortent vraiment pas mal, surtout au niveau des voix.

Je ne dirais pas que le design et l’audio justifient le prix de 6.000 euros, mais presque…




Une caméra de sécurité pivotante et entièrement sans fil pour 150€: faut-il se méfier ?

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Pratique, Test , le 4 septembre 2020 14h37 | Ajouter un commentaire

Je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises de Reolink, une petite entreprise chinoise qui fabrique des caméras de sécurité sans fil à bas prix, mais dont les qualités sont suffisantes pour de nombreuses personnes.

Bien loin des solutions haut de gamme de Arlo (je vous en ai déjà parlé dans cet article), les caméras de Reolink n’affichent pas la même robustesse, leurs batteries ne sont pas aussi bien optimisées, mais elles font le job: surveiller votre maison pour une centaine d’euros.

Le dernier modèle que j’ai testé est l’Argus PT, pour Pan-Tilt. Il s’agit de ces caméras qui peuvent pivoter dans tous les sens, afin de couvrir une plus grande zone (355 degrés horizontalement, 140 degrés verticalement).

Je l’ai installée pour l’extérieur, car dans un kit à 150€, elle est fournie avec un panneau solaire qui assure le rechargement régulier de la batterie intégrée (vous pouvez vous en passer, mais il faudra démonter la caméra et la charger manuellement avec un câble).

Elle assure le minimum

C’est une caméra autonome qui se contrôle via l’application Reolink dédiée, qui permet de voir en direct, de dialoguer à distance (il y a micro et haut-parleur sur la caméra), d’enregistrer une photo ou une vidéo de la scène que l’on visionne en direct, de déclencher manuellement la sirène intégrée, et de revoir les mouvements enregistrés par la caméra (il faut acheter une carte microSD, ou opter pour l’enregistrement payant dans le cloud de Reolink).

Cette application manque clairement de fluidité et d’ergonomie dans l’interface, et la caméra n’est pas très réactive, surtout en mode Full HD. Quant au Pan-Tilt, c’est assez lent et un peu trop basique: il faut faire tous les mouvements à la main, avec le joystick virtuel, pour voir différentes zones du jardin ou de la maison.

Notez qu’elle est compatible avec Google Assistant: vous pouvez donc dire à votre Nest Hub de « montrer le jardin », si vous avez donné un tel nom à la caméra, via l’application Google Home (c’est un peu pour les geeks, mais c’est assez pratique finalement).

Je regrette cependant la finition particulièrement peu soignée, autant de la caméra que de l’accessoire de fixation en plastique très léger. Ça bouge dans tous les sens, ça n’inspire pas trop confiance. A voir sur le long terme, mais après un hiver rude en Belgique, j’ai quelques craintes…

En conclusion: si vous cherchez une caméra entièrement sans fil pour votre jardin, et que vous souhaitez pouvoir couvrir une grande surface en la faisant pivoter avec un joystick virtuel, pourquoi ne pas opter pour cet Argus PT. Veillez cependant à la mettre un peu à l’abri des conditions climatiques belges et hivernales, car on est loin de la qualité de fabrication matériel et de la fiabilité logicielle des grandes marques (Arlo, Nest, Ring, Netatmo). Mais c’est nettement moins cher également…

Sony continue de faire des folies avec ses smartphones…

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Mobilité , le 25 février 2020 07h59 | Ajouter un commentaire

A cause de l’épidémie de coronavirus, le Mobile World Congress, plus grand salon mondial dédié aux technologies mobiles, a dû être annulé. Si c’est principalement un lieu de négociations entre professionnels du secteur, c’est aussi, traditionnellement, l’occasion pour certaines entreprises de présenter de nouveaux produits, souvent des smartphones.

Ce lundi 24 février, Sony et Huawei ont donc fait une « conférence de presse » uniquement retransmise en ligne. S’il y a nettement moins d’ambiance qu’à Barcelone, il s’agit tout de même d’une première prise de connaissance des nouveaux smartphones.

Les folies de Sony

Le géant japonais de l’électronique brille par son matériel haut de gamme en photographie, sa division PlayStation et ses accessoires audio à la réputation inchangée depuis des dizaines d’années. En revanche, au niveau des smartphones, c’est la galère.

L’an dernier, je vous parlais des Xperia 1 et 5, deux appareils de bonne facture mais au positionnement délicat. Prix élevé, fiche technique dans la moyenne, et choix surprenant au niveau des fonctionnalités mises en avant.

Le succès n’a pas été au rendez-vous ces dernières années. Je pensais que 2020 allait marquer un nouveau départ, vu que l’entreprise Sony Mobile (anciennement Sony Ericsson) a été intégrée complètement dans une division restructurée de Sony, pour faciliter le partage de technologies issues des différents départements.

Même le nom est « niche »

Force est de constater que Sony, assez têtu, a décidé de ne pas changer sa stratégie. A tel point qu’on se retrouve avec un Xperia 1 II (comme les appareils photos, ‘Mark II’ signifiant la deuxième version d’un produit), nom assez peu évocateur pour le grand public, et qui renvoie vers le côté ‘matériel haut de gamme’.

Il s’agit d’un appareil résolument premium, ce qui est logique pour un flagship à 1.199€. Sony semble ne pas réfléchir au prix ni à la cible potentielle de ses appareils, mais uniquement à sortir un smartphone d’ingénieurs, avec des qualités spécifiques en vidéo, par exemple, grâce à l’ajout de technologies issues des appareils photo de la marque (notamment l’autofocus en vidéo, plus performant et qui se concentre sur les yeux du sujet filmé).

Le design et la finition sont soignés (j’ai pu le manipuler, éteint car encore à l’état de prototype), mais Sony n’aimant toujours pas les encoches, il y a des bordures au-dessus et en-dessous de l’écran de 6,5″. Rien de dérangeant, finalement, et ça permet d’avoir un écran 21:9 toujours complet. Mais les Xperia n’ont dès lors pas l’air très moderne.

A l’intérieur, Sony a mis quelques bons composants: la dernière puce de Snapdragon (865) avec son modem 5G, 256 GB de stockage et 8 GB de RAM, l’étanchéité certifiée IP68, une batterie de 4.000 mAh, une prise mini-jack bien calibrée pour un son garanti ‘hi-res’, deux petits haut-parleurs frontaux.

Un écran qui n’est pas 90 Hz

Petit bémol au niveau de l’écran: on est sur de l’OLED 4K HDR calibré pour les professionnels, mais son taux de rafraîchissement n’est pas de 90 Hz, ce qui est pourtant devenu un critère important pour une fluidité optimale (ça se voit). Sony prétend combler le problème grâce à un système de « réduction des flous », mais ça demande un test.

Au niveau des optiques, développées avec l’entreprise Zeiss (comme celles des appareils photo de la marque), Sony a été raisonnable: les trois capteurs semblent excellents mais ne font pas la course au zoom et au mégapixel (ils ont tous les trois une résolution de 12 MP). Là aussi, il faudra un test pour se faire une idée mais sur le papier, c’est l’autofocus qui est mis en avant.

Le prix un peu dingue se justifie, en partie, par la présence de la 5G, qui dans notre pays n’a pas beaucoup d’intérêt pour l’instant. Une chose est sûre: à 1.199 euros, le Xperia 1 II est plus cher que l’iPhone 11 Pro, et se situe entre les tarifs des Galaxy S20 Plus et Galaxy S20 Ultra. Et il n’a pas, à mes yeux, d’arguments suffisants pour détourner le public des appareils très populaires et performants d’Apple et Samsung…

Deux appareils plus raisonnables

A côté du Xperia 1 II, Sony a présenté un Xperia 10 II, plus raisonnable mais également avec un écran 21:9, l’étanchéité certifié, une puce Snapdragon (665), une bonne batterie, une prise mini-jack pour un son de qualité et trois optiques à l’arrière. Son prix est de 369€.

Enfin, il y a le Xperia L4, avec une puce et un écran de moindre qualité. Il sera vendu 199€.

Sonos annonce la fin des mises à jour de certains produits: voici vos options

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Pratique , le 21 janvier 2020 15h23 | Ajouter un commentaire

Le fabricant (et inventeur) de l’enceinte connectée et de l’audio multiroom, Sonos, a toujours vanté la durée de vie de ses produits, commercialisés depuis plus de 10 ans. 92% d’entre eux sont d’ailleurs encore utilisé, ce qui probablement inédit pour du matériel audio à destination du grand public.

Les enceintes Sonos ne sont effectivement pas les plus abordables (comptez 200 euros pour les petits formats, 500 euros pour les grands et plus encore pour le caisson de basses ou la barre de son haut-de-gamme), mais vous les garderez sans doute plus longtemps car ils sont bien conçus, bien construits et surtout, régulièrement mis à jour au niveau logiciel.

On rejoint le modèle d’Apple, finalement. Mais comme les plus vieux iPhone, les plus vieux appareils de Sonos commencent à atteindre leurs limites et n’évolueront plus. « Ces anciens produits ont atteint leurs limites techniques au niveau de la mémoire et des capacités de traitement, donc les processeurs intégrés ne sont plus assez puissants« , m’a confié un responsable Sonos pour le Benelux.

Pour autant, ils continueront à fonctionner comme avant. « On supportera encore l’utilisation actuelle, mais c’est fini au niveau de l’ajout de nouvelles fonctionnalités« .

Quels sont les appareils concernés ?

Les produits concernés ont été lancés il y a plus de 10 ans et construits, pour certains, jusqu’en 2015. Il s’agit des:

  • Zone Players originaux
  • Connect et Connect:Amp (vendus entre 2006 et 2015)
  • Play:5 (première génération, photo ci-dessus)
  • CR200 (télécommande)
  • Bridge (un boitier pour lier d’autres enceintes)

Une ristourne et un recyclage

Sonos est plutôt sympa et pour vous encourager à opter pour du matériel plus performant, offre une ristourne de 30% sur l’achat d’une nouvelle enceinte, et ce pour chaque produit remplacé.

Le fabricant vous propose alors de mettre l’appareil en mode recyclage à distance (effacement de toutes données personnelles), ce qui vous permet de le déposer à la déchetterie la plus proche. Ceux qui le souhaitent peuvent même demander un label à Sonos, qui paiera donc les frais de livraison pour récupérer et recycler les appareils de la liste ci-dessus.

Rappelons, c’est important, que ces appareils vont continuer à fonctionner parfaitement, mais qu’ils ne recevront pas les futures mises à jour de la gamme. Effectivement, celle-ci a évolué grandement ces 5 dernières années, se focalisant de plus en plus sur le streaming musical et sur la compatibilité avec les assistants vocaux.

Que valent les AirPods à la sauce Huawei ?

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Mobilité, Pratique , le 3 décembre 2019 14h26 | Ajouter un commentaire

Des oreillettes entièrement sans-fil, qu’on ne repère qu’à cause d’une petite tige blanche qui assure un certain équilibre. On ne parle pas des AirPods d’Apple qu’on voit pendre à de plus en d’oreilles, mais de la version de Huawei, très ambitieuse sur le papier. Je les ai portées quelques jours et voici mon verdict.

Les tests de Mathieu: Huawei s'inspire largement d'Apple pour ses Freebuds 3, en valent-ils la peine ?

Une fois de plus, Apple a réussi à rendre très à la mode un élément de design. Après l’iPod, l’iPhone, l’encoche de l’iPhone X, c’est au tour de ses petits écouteurs sans-fil d’être largement copiés.

Je parle des AirPods, ces minuscules bâtonnets blancs que l’on voit pendant aux pavillons de plus en plus d’oreilles. Il s’agit d’intra auriculaires (car on les loge à l’intérieur de l’oreille), ou intras, qui ont la particularité d’être entièrement sans fil et de se ranger dans un boitier contenant une batterie. Boitier qui, vous l’aurez compris, permet de recharger quelques fois les écouteurs.

Si de nombreuses marques asiatiques méconnues proposent des imitations plus ou moins réussies techniquement (et vendues une vingtaine d’euros sur internet, contre 279€ pour la version Pro d’Apple), on ne s’attendait pas à voir Huawei agir de la sorte. Le géant chinois de l’électronique, toujours dans la tourmente depuis qu’il est blacklisté par les Etats-Unis (ses nouveaux smartphones ne peuvent pas être équipés des indispensables services de Google), a cependant dévoilé des FreeBuds (plusieurs modèles depuis quelques années) qui s’inspirent grandement de ce que fait Apple.

J’ai pu tester les Freebuds 3  (179€) qui sont sortis en Belgique il y a quelques semaines. Je ne parlerai plus de la ressemblance avec Apple mais le fait que même le nom est proche (AirPods / FreeBuds) m’étonne de la part de Huawei, qui, solide N.2 du smartphone (ça ne va plus durer, cependant, à cause de l’abandon forcé de Google), avait pris l’habitude d’innover à tous les niveaux depuis quelques années.


Discrétion totale

La plus grande qualité de ce genre de petits écouteurs sans-fil, c’est la compacité et la légèreté.

Pour cette nouvelle version de Freebuds, Huawei a soigné la forme. Ils sont très épurés: ceux que j’ai essayés sont d’un blanc immaculé avec un petit capuchon chromé sur le bas qui protège les micros.

Leur boite est également un bel exemple du savoir-faire de Huawei dans la fabrication de matériel. On dirait un petit galet blanc, avec un carré brillant comprenant le logo de la marque. Un galet qui rentre facilement dans n’importe quelle poche, car il s’agit de plastique brillant, comme le veut la mode des smartphones actuellement.

Ce petit boitier contient une batterie et un port USB Type-C. Il permet de recharger environ 4 fois entièrement les oreillettes. Elles-mêmes peuvent être utilisées, avec la réduction active de bruit, durant un peu plus de 3h. Donc quand tout est chargé au max, vous avez 15 heures d’écoute dans la poche, ce qui est très sympa. A noter également: ils peuvent se charger sans fil, sur un chargeur compatible ou… sur le dos du P30 Pro, pour autant que vous ayez activé la charge sans fil inversée

Et la qualité du son ?

Pour la discrétion, Huawei fait un sans-faute. Mais il est impossible d’exiger d’une telle formule un son haut de gamme. Il est bon et équilibré, mais sans plus. Difficile de distinguer de grandes différences avec une paire d’oreillette de qualité à 50 euros.

En théorie, pourtant, la qualité devrait être meilleure. Car Huawei, lors de la présentation des Freebuds 3 au salon IFA de Berlin au mois de septembre, a évoqué une innovation assez pointue mais qui mérite d’être expliquée: la norme BT-UHD. Comme quelques autres acteurs du marché (Apple, Qualcomm), Huawei a développé en interne une technologie améliorant le transfert du signal entre le smartphone et les oreillettes. Théoriquement, le BT-UHD de Huawei permet de faire transiter le son à une vitesse de 2,3 Mbps, contre 0,5 ou 0,9 pour la concurrence. Hélas, il faut pour cela utiliser les derniers smartphones de la marque équipés de la surcouche logicielle maison EMUI 10, qui est en cours de déploiement sur une partie de la gamme Huawei (Mate 20 et 20 Pro, P30 et 30 Pro, Nova 5T, pour l’instant).

Le son sur un P30 Pro m’a effectivement semblé meilleur, et plus puissant. Le rapport poids/encombrement/qualité de son est tout de même excellent, il faut le souligner. N’oubliez pas que l’étui, qui sert de chargeur, se glisse dans n’importe quelle poche.


Des commandes tactiles très limitées

Cependant, le principal avantage d’utiliser les FreeBuds 3 avec un smartphone Huawei passé sous EMUI 10, c’est qu’il les « voit » (photo ci-dessous). Le P30 Pro, par exemple, détecte l’ouverture de la boite des FreeBuds 3: une fenêtre s’ouvre automatiquement. La première fois, pour proposer de les connecter. Ensuite pour signaler qu’ils sont connectés et afficher le niveau des batteries.

EMUI 10 est permet également de configurer très facilement les écouteurs, simplement en appuyant sur l’icône paramètres située à côté des FreeBuds 3 dans la liste des périphériques Bluetooth connectés. Pour les autres smartphones, il faut télécharger l’application Huawei AI Life dans le Playstore.

La configuration est basique, heureusement. On peut les mettre à jour, vérifiez la batterie et choisir quelle action entraînera le double tapotement du coin supérieur de la tige, à droite ou à gauche. Soit vous passez à la chanson suivante, soit vous mettez en play/pause, soit vous activez l’assistant vocal, en l’occurrence Google Assistant.

La dernière option pour le double tapotement de l’une des oreillettes, c’est d’activer ou désactiver la réduction active de bruit. Et là aussi, il y a des choses à dire.


Une isolation relative

Apple a sorti ses AirPods Pro avec la réduction active de bruit il y a quelques mois, et mes confrères étaient élogieux. Je n’ai pas l’occasion de les essayer mais j’ai des doutes sur l’efficacité de cette technologie qui consiste à utiliser des micros pour analyser le son ambiant et envoyer l’onde inverse dans les oreilles. Ça fonctionne très bien avec des casques recouvrant (voir mon test du Bose 700), et même avec des oreillettes sans-fil qu’on insère dans l’oreille et qui font un peu ventouse (voir mon test des Sony WF-1000XM3).

En effet, et la remarque vaut pour les Freebuds 3 de Huawei, ces oreillettes sont juste déposées dans le creux de l’oreille, on ne les « enfonce » pas. Dès lors, il y a du passage d’air, d’ondes, de vibrations et donc de son dans l’oreille.

Dès lors, activer la réduction active de bruit dans ces conditions, c’est comme ouvrir un parapluie troué. Ça fonctionne, mais c’est pas génial. Comme souvent avec cette technologie, ce sont les bruits sourds, les basses, qui sont le mieux détectées et (en partie) annulée. Durant mon test, il y avait un four qui tournait, ou un sèche-cheveux en pleine action. Effectivement, leur bruit était atténué en activant la réduction active de bruit.

Les voix, par contre, étaient encore parfaitement audibles.

Conclusions

Comme leur nom l’indique, les FreeBuds 3 de Huawei sont de sympathiques compagnons audio, des oreillettes entièrement sans fil qui se connectent en Bluetooth à un smartphone.

Difficile de faire plus petit, plus léger, plus discret. Certes, le géant chinois des télécoms s’est largement inspiré du design d’Apple, mais il est parvenu à inclure une nouvelle technologie de liaison sans-fil, nommée BT-UHD.

Cependant, pour profiter de la meilleure qualité de transmission du son entre les oreillettes et le smartphone, il faut que celui-ci soit équipé d’EMUI 10, la surcouche que Huawei appose sur une partie de sa gamme. On gagne alors en qualité et en fidélité, du moins sur le papier, car dans les faits, ça ne m’a pas semblé transcendant. Cette interface logicielle facilite également la gestion et la connexion des oreillettes, prévues pour fonctionner avec elle.

Pour tous les autres utilisateurs, la configuration des FreeBuds doit passer par une application de Huawei, pas évidente à trouver (Huawei AI Life).

Le seul défaut des oreillettes de Huawei, c’est de ne pas être de véritables intra-auriculaires. Simplement déposés dans le creux de l’oreille, ils sont incapables de faire ‘ventouse’ car il est impossible de les enfoncer. Ça dépend sans doute du type d’oreille, mais chez moi, c’était vraiment ‘ouvert’. Donc les basses sonnent moins bien car il n’y a pas de résonnance dans le conduit. Et la réduction active de bruit est largement atténuée.

Les WF-1000XM3 de Sony (213€ actuellement) sont moins discrètes et élégantes, mais elles se fixent correctement et sont équipées de caoutchouc interchangeables pour un meilleur maintien et une bonne isolation. Les FreeBuds 3 sont lisses comme du plastique poli. Au niveau des performances, Sony l’emporte dès lors à tous les niveaux :