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The Outer Worlds, le dernier jeu vidéo du genre ?

Par Mathieu Tamigniau dans Jeu vidéo , le 30 mars 2021 14h26 | Ajouter un commentaire

Vous n’êtes pas sans savoir que les jeux vidéo qui rencontrent le plus de succès sont généralement en ligne. Typiquement, c’est la série Call of Duty, où on doit dézinguer et se dézinguer joyeusement entre amis. 

Les grandes quêtes, les grandes campagnes ‘solo’ qui étaient la norme avant les années 2010, ont presque disparu. Même la mythique franchise Fallout s’est mis au ‘multiplayer only’, ne laissant plus le choix au joueur. 

Raison pour laquelle j’ai décidé de vous présenter un jeu qui existe depuis un petit temps: The Outer Worlds. Il vient de recevoir une deuxième extension (sans doute la dernière) baptisée ‘Meurtre sur Eridan’ (photo ci-dessus). Une extension moins glauque que ‘Péril sur Gorgone’, et plus orientée ‘enquête’: il faut retrouver l’assassin de l’actrice Helen Halcyon sur une planète composée de plusieurs zones en suspension. 

Des ressemblances évidentes avec la série Fallout

Mais Outer Worlds, c’est d’abord une ambiance. Derrière le jeu, il y a des équipes communes avec celles qui ont développé Fallout New Vegas il y a une dizaine d’années. Les similitudes avec la célèbre franchise post-apocalyptique sont nombreuses. 

Le style de jeu est identique. Il y a un style néo-rétro qu’on retrouve dans tous les Fallout: on a l’impression d’avoir projeté les années 1960’ dans le futur. Le héros personnalisable au début évolue dans plusieurs mondes semi-ouverts (les planètes sont “ouvertes”, dans le sens où on y déambule comme on veut, mais quand on rentre dans certains bâtiments/zones, il faut charger la carte locale). Il a un large inventaire disponible au niveau des armes, des armures et des produits consommables (aliments, drogues, médicaments, etc). Il a une mission principale et des tas de missions secondaires, des choix à faire qui orienteront le scénario au fur et à mesure de l’évolution de l’histoire.

Une dystopie réussie

Parlons justement de la mission principale. Nous sommes plusieurs siècles dans le futur, et l’Homme a assouvi ses besoins de colonisation dans une galaxie plus ou moins habitable (Halcyon). Mais tout ne se passe pas comme prévu, et la société, basée sur l’hypercapitalisme, se casse la gueule petit-à-petit. La violence est à tous les coins de rue: elle est d’origine humaine (maraudeurs) ou animales (un tas de grosses bestioles). 

Et vous, là-dedans ? Vous étiez dans un vaisseau en provenance de la Terre, transportant des “colons” congelés, mais qui a mis beaucoup trop de temps à arriver à Halcyon. Un savant un peu fou décide de vous décongeler malgré les risques, car il compte sur vous pour sauver la galaxie, dirigée par des gouvernants plutôt irresponsables et très cyniques.  

L’ambiance et le scénario sont très bien ficelés, d’après moi. C’est toute la force du jeu. La quête principale, bien qu’assez déprimante, est plutôt riche en rebondissement. Les missions secondaires sont souvent assez barrées. Toutes les histoires sont souvent teintées d’un effroyable cynisme soulignant les excès du capitalisme, comme une mise en garde sur les dérives d’une société basée uniquement sur l’économie et le profit. 

Quant à la jouabilité, j’ai apprécié ce style qui fonctionne toujours bien selon moi: un mélange entre le jeu de tir à la première personne et les dialogues en “gros plan”, nouveau point commun avec Fallout. Il y a même un mécanisme de ralentissement du temps pour avoir le temps de viser les ennemis au bon endroit. 

Un défaut principal: des graphismes pas toujours réussis en plein air

Parmi les défauts du jeu, je pointe en premier lieu le level design, c’est-à-dire la manière dont sont dessinées les mondes. Surtout en extérieur: la “nature” des différentes mondes essaie forcément de faire « extraterrestre », mais je la trouve kitsch, pas jolie, pas subtile, pas naturelle (même remarque pour les créatures qui sont des mélanges géants et affreux de tout ce qui existe sur terre). Je préfère nettement les vilains, les villes et les campagnes dévastées des Fallout. Heureusement, tous les bâtiments de The Outer Worlds ont vraiment du caractère et semblent moins artificiels.

Autre petit défaut: les nombreuses armes et armes spéciales ne sont pas assez typées ni efficaces contre tel ou tel type d’ennemi. Beaucoup se ressemblent. Les possibilités d’ajout de modification existent, mais on est loin du charisme et de l’évolution des armes de Fallout. Dommage. 

En conclusion, cependant, ces petits défauts s’effacent assez vite pour tous les amateurs du genre, celui du jeu de tir à la première personne dans un scénario original et riche. En espérant que ce ne soit pas le dernier jeu du genre…

Les extensions du jeu ajoutent à chaque fois une petite dizaine d’heures de jeu pour ceux qui aiment aller au bout des choses, trouver toutes les armes spéciales et effectuer toutes les missions secondaires. Le jeu de base peut se terminer en une grosse vingtaine d’heures, missions secondaires comprises. Il y a donc de quoi s’occuper.