Le Galaxy S21 Ultra, nouveau roi d’Android ?

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 27 janvier 2021 15h27 | Ajouter un commentaire

A 1.249 euros, le Samsung Galaxy S21 Ultra se doit d’être un smartphone sans défaut. Même si j’en ai trouvé (un), il est volontaire de la part du géant sud-coréen de l’électronique, qui continue sur sa lancée de 2020 en inondant le marché. Son nouveau porte-étendard est une sacrée réussite.

Samsung, solide N.1 mondial (pratiquement 1 smartphone sur 4 vendu dans le monde fin 2020), lance traditionnellement la saison avec une nouvelle version de sa gamme phare, Galaxy S. En 2021, il n’a attendu que 14 jours pour dévoiler les Galaxy S21, virtuellement, covid oblige. Un exemplaire du S21 Ultra, le plus haut de gamme, est arrivé à RTL info. J’ai pu le tester durant quelques jours. Retrouvez mon avis en audio dans notre podcast RTL TechTalk (ci-dessous), ou en détail plus bas dans cet article.

Un design audacieux mais réussi

Dès le déballage, on constate que Samsung a pris des risques. Et ça fait du bien dans un monde dominé par du verre ou du plastic brillant, absorbeur de poussières et de traces de doigts. Le S21 a une finition mate (et noire dans mon modèle de test): c’est très sobre mais surtout très élégant ; et ça ne glisse pas dans la main.

Notez également la bonne idée de Samsung pour éviter des protubérances disgracieuses liées aux capteurs photo qui se multiplient dans le dos des smartphones: il y a sur les S21 le ‘contour cut camera’, une manière sophistiquée d’appeler l’apparente intégration du bloc d’optiques au châssis. Résultat: c’est plus discret que les traditionnels ‘ilôts’ de capteurs, et finalement assez esthétique…

L’écran occupe une très grande partie de la face avant, qui est très légèrement courbée sur les côtés: les bords sont à peine perceptibles mais il n’y aura jamais de touchers indésirables en le manipulant. Le S21 Ultra bénéficie du dernier revêtement Gorilla Glass Victus pour ses deux faces: il promet une résistance largement accrue aux chutes et aux rayures. Bref, un vrai sans faute selon moi.


Une fiche technique forcément au top

A 1.249€, le fleuron de la gamme Galaxy se doit de contenir les meilleures technologies du moment. On trouve donc l’Exynos 2100, la dernière puce haut de gamme développée en interne par Samsung. Gravée en 5nm et épaulée par 12 GB de RAM, elle promet des performances inégalées. Difficile de la prendre en défaut sur tous les jeux que j’ai essayés, ni sur les séances de changements d’applications continus pendant 30 secondes. La fluidité est omniprésente mais c’est logique (même avec des puces deux fois moins puissantes, on y arrive).

Cette puissance est étalée sur un magnifique écran de 6,8″. Samsung monte la définition à 3200 x 1440 pixels, tout en conservant le taux de rafraîchissement très élevé de 120 Hz. C’est donc très détaillé tout en restant très, très fluide. L’AMOLED de Samsung, également fabriqué en interne, est toujours aussi agréable à l’œil. J’ai regardé quelques vidéos en haute définition et c’est un régal, d’autant plus qu’il y a deux petits haut-parleurs stéréo au rendu étonnant pour un smartphone:

Le S21 Ultra est forcément équipé d’autres technologies attendues sur un tel appareil: un capteur d’empreintes sous l’écran très rapide pour déverrouiller (si vous préférez, il y a aussi la reconnaissance faciale), l’étanchéité certifiée IP68, la 5G, la dernière norme de Wi-Fi (6E), deux places pour cartes SIM, une mémoire interne de 256 GB et surtout, la charge sans fil et une batterie de 5.000 mAh. Cette dernière est nécessaire pour supporter la forte consommation de l’écran très haute résolution avec 120 images par seconde, donc finalement, vous tiendrez une journée et une nuit, mais le lendemain matin, le smartphone sera dans le rouge. Petite nouveauté: le S21 Ultra est compatible avec le stylet S Pen, mais il est vendu séparément, tout comme la coque nécessaire à son rangement.

Petit bémol, maintenant: Samsung n’accorde pas autant d’importance à la recharge que OnePlus et Oppo. Les deux entreprises sœurs chinoises ont développé un chargeur de 65W, fourni, tandis que Samsung (pour des raisons environnementales officiellement) livre ses S21 sans chargeur. Pour charger le mieux possible, il faudra trouver un chargeur 25W (ce n’est pas très rapide) compatible avec les normes QuickCharge 2 ou AFC. Sur le site de Samsung Belgique, on peut en commander un à 25 euros. C’est le seul défaut que j’ai trouvé au S21 Ultra, mais il est volontaire de la part du sud-coréen.

> Notre podcast RTL TechTalk a évoqué le S21 Ultra

Des photos incroyables

L’un des gros points forts du S21 Ultra par rapport à ses petits frères et même à la concurrence, c’est la qualité des photos. En 2021, les améliorations sur le papier semblent un peu techniques, mais j’ai constaté des différences avec le S20 Ultra. De manière générale, le capteur principal de 108 MP fait des merveilles. Il utilise des pixels de plus petite taille (0,8µm), qui sont fusionnés au ratio 9:1. Les photos finales font donc 12 MP par défaut, ce qui est largement suffisant pour tous les usages. Elles sont d’une grande précision, d’une grande luminosité même quand il fait sombre. J’ai comparé avec d’autres smartphones haut de gamme de 2020, et le S21 Ultra fait sensiblement mieux à tous les niveaux. L’intérêt du capteur 108 MP est aussi de pouvoir recadrer après coup une photo en zoomant dedans. Même idée pour les vidéos pouvant être tournées en 8K (attention, le nombre d’images par seconde tombe alors à 24). L’option date de l’an dernier, elle est assez niche et servira surtout à ceux qui prennent la peine de faire de l’édition de vidéo. Effectivement, filmer en 8K n’est pas vraiment utile en l’état, car on se retrouve avec une vidéo en très haute définition (donc très lourde), dont pratiquement aucun écran de télévision ou d’ordinateur ne pourra afficher les 32 millions de pixels.

Le dos du S21 Ultra est recouvert de capteurs. L’un d’eux sert à faire du très grand angle, pour prendre plus d’image dans la scène (on passe en 12 MP et c’est plus classique comme qualité). Les deux autres servent à faire du zoom: il y a un capteur tele 3X et un capteur tele 10X, qui fonctionnent plutôt bien s’il y a beaucoup de lumière, surtout avec le ‘zoom block’ (à partir de 20x, voir le cadre jaune sur la photo ci-dessous) pour prendre la photo automatiquement quand vous arrêtez de bouger (ce qui évite le petit tremblement dû à un appui sur le bouton). Le logiciel prend le relais pour monter au-delà, et jusque 100X, mais c’est souvent fort ‘pixellisé’, même en plein jour, et donc l’intérêt est limité (ça n’a pas vraiment changé depuis le S20 Ultra).


Ajoutez à cela un tas d’options logicielles pour les photos et les vidéos, au moment de les prendre ou après les avoir prises (je ne vais pas les énumérer), et vous avez le smartphone idéal pour ceux qui adorent filmer ou se filmer – hé oui, même la caméra frontale est passée à 40 MP !

Et l’interface ?

Pas de bouleversement en 2021 avec Android 11 et Samsung UI 3.0. Le géant sud-coréen continue d’aller dans la bonne direction, en ne cherchant plus à imposer ses applications maison à tous les étages (il a notamment confié son cloud à OneDrive, la solution de Microsoft disponible sur tous types d’appareils et de marques).

Certes, il y a encore le magasin d’applications maison par défaut sur l’écran d’accueil, un Galaxy Store toujours limité au néerlandais et qui lui rapporte un peu d’argent si vous y achetez des applis ou faites des achats dans les applications. Mais Bixby (assistant intelligent, vocal à ses débuts) est moins envahissant. Samsung jongle avec des services et applications de Google et de Microsoft, et c’est plutôt une bonne idée de ne pas tenter d’imposer tous ses services (surtout si un jour, vous décidez de changer de marque).

Ceci étant dit, esthétiquement et ergonomiquement, la surcouche de Samsung est un modèle du genre. Tout est fluide et bien positionné, les notifications et les menus sont clairs et intuitifs, c’est vraiment une expérience Android de premier plan.


Conclusions

Samsung surfe sur son succès de 2020, et est l’incontestable premier vendeur de smartphones dans le monde. Ça lui permet de développer les composants essentiels en interne (écran, processeur, capteurs photo, mémoire), et de proposer des vitrines technologiques telles que le S21 Ultra que j’ai essayé. Un appareil redoutable, à la fois très élégant mais doté de tout ce que vous pouvez imaginer comme technologies mobiles (à part un chargeur très rapide, Samsung ayant même décidé de ne plus en fournir dans la boite, également dépourvue d’écouteurs et de coque de protection).

Il est l’un des rares smartphones Android à dépasser les 1.000 euros, une gamme de prix où il n’y a qu’Apple qui parvient à vendre des millions d’appareils. Samsung y est de plus en plus seul: Huawei sombre sans Google, Sony et LG ont des stratégies discutables ; la concurrence vient donc principalement de Oppo dans le très haut de gamme, dont le Find X3 Pro est attendu prochainement. OnePlus, avec la série 9, devrait également retenter le coup du premium au printemps 2021. En attendant, la donne est claire: le S21 Ultra est le nouveau roi d’Android !

Mais il a forcément un prix. A 1.249 euros prix de base, le S21 Ultra devrait satisfaire un public très exigeant au niveau de la qualité de l’écran, des photos et des vidéos. Tous les autres se tourneront vers les versions plus raisonnables: le S21, à 849€, est un excellent rapport qualité-prix ; le S21+ (1.049€) propose simplement un écran plus grand et une batterie plus costaude que son petit frère.




  • 0
  • 0
  • 0
  • 0

Laisser un commentaire