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Enfin un (vrai) ordinateur pas trop cher fabriqué par Microsoft

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 28 décembre 2020 13h43 | Ajouter un commentaire

L’approche de Microsoft concernant le logiciel (Windows, Office, etc) est un succès commercial indiscutable, depuis des dizaines d’années. En revanche, son approche hardware a toujours été plus contestable, si l’on met de côté la Xbox, sa console de jeu vidéo. 

Effectivement, on se souvient du fiasco du rachat de Nokia à la fin des années 2000, puis de la fabrication des Lumia tournant sous un Windows Phone disparu depuis de longues années. 

Au niveau des ordinateurs, ce que Microsoft maîtrise le mieux au niveau logiciel, la gamme Surface ne m’a jamais vraiment convaincu (voir mon test de la Surface Go en 2018). Elle part du principe, auquel je n’adhère pas, que les gens sont à la recherche d’une tablette sous Windows avec stylet, pouvant se transformer en ordinateur à condition d’acheter (pour 100 euros de plus) un étui-clavier. Finalement très chères, toutes les Surface sont des objets performants, mais il vaut nettement mieux opter pour un portable basique à 600€ et une tablette Android à 200€ si vous avez besoin de ces deux genres d’appareils. 

C’est sans doute pour cette raison que Microsoft a commencé à commercialiser de ‘simples’ ordinateurs portables en 2017, baptisés tout simplement Surface Laptop. Mais là aussi, même s’il s’agissait de belles propositions, les prix atteignaient rapidement les 1.000 euros et grimpaient jusque… 2.700€, selon les configurations. 

Enfin le bon compromis ? 

J’étais donc assez emballé quand j’ai vu débarquer le Laptop Go il y a quelques semaines. Prix de départ: 629€, et avec un vrai processeur, à savoir un Intel Core i5 de 10 génération (2020). 

La seule concession, à ce prix, c’est la mémoire de stockage embarquée, à savoir seulement 64 GB (Windows occupant environ 20 GB, il ne vous en restera que 44). Cela peut être problématique si l’usage que vous comptez en faire nécessite de stocker beaucoup de vidéos, photos ou musique en local (et non dans le cloud). Les jeux vidéos, assez lourds en téléchargement, sont aussi à éviter avec si peu de mémoire (il n’y a d’ailleurs pas de port microSD pour l’augmenter). 

En revanche, pour tous les usages basiques (internet, Office, visioconférences, etc), ce Laptop Go 64 GB est une excellente machine avec un Windows complet. L’idéal, cependant, est de coupler cet appareil à un abonnement OneDrive (le cloud de Microsoft), dont les prix varient de quelques euros par mois à 99€ par an. 

Toujours prête

Microsoft a baissé le prix, mais pas la qualité de fabrication ni la finition. Les matériaux utilisés pour ce portable très compact sont toujours de l’aluminium ou du plastique mat dont la sensation au toucher respire la confiance et la robustesse. Idem pour la frappe au clavier, agréable. Les dimensions sont très proches du format A4: 28 x 21 cm. Le poids est contenu: 1,1 kg. 

J’ai utilisé cet ordinateur durant 3 semaines, et une chose m’a frappé: elle est toujours prête. Microsoft a bien optimisé le logiciel et sa mise en veille, de telle sorte qu’on peut refermer l’écran et le rouvrir 3 jours plus tard, sans perdre la moitié de la batterie. L’autonomie a d’ailleurs été soignée, grâce notamment à ce processeur i5 qui consomme moins que les précédentes générations. Microsoft évoque 13h d’utilisation continue, ce qui me semble très honnête. Sur les 3 semaines, je n’ai dû la charger qu’à deux reprises, alors que je l’ai utilisée plusieurs fois par jour. 

Tout ce dont on a besoin

Concernant les performances, rien à redire pour un usage basique comme évoqué plus haut, malgré les (seulement) 4 GB de RAM embarqués. J’ai travaillé, j’ai regardé des films en VOD, j’ai eu quelques conversations vidéo de groupe, j’ai même retouché quelques photos via un logiciel basique: c’est 95% des usages de 95% des personnes devant utiliser un ordinateur. 

L’écran de 12,4 pouces de diagonale est bien lumineux, et sa définition de 1500 x 1000 pixels est largement suffisante. Il est tactile, ce qui peut s’avérer utile pour certains (mais je continue de penser que Windows est un OS nécessitant un clavier et une souris). 

La connectique est assez limitée: un port USB-C, un USB classique, une prise casque et un port de chargement aimanté (pas de danger si vous vous prenez les pieds dans le fil du chargeur, donc). Il n’y a pas de sortie HDMI, et c’est dommage: il faudra passer par un dongle USB pour afficher ce que vous voulez sur un projecteur ou une TV.

Le Laptop Go est assez moderne, car équipé du Wi-Fi 6, d’une bonne caméra frontale HD qui gère bien les contrastes et de deux haut-parleurs sortant un son assez décent pour regarder un film ou converser. 

Conclusions

Le Laptop Go de Microsoft décroche un 8/10 bien mérité. A 629€, ce n’est pas le meilleur rapport qualité-prix de l’année. On trouve facilement des configurations légèrement meilleures pour quelques dizaines d’euros en moins. 

Mais acheter un ordinateur Microsoft, c’est s’assurer d’une qualité de fabrication au-dessus de la moyenne, et d’une excellente intégration du logiciel dans le matériel (ce que fait Apple depuis longtemps). Ce qui a pour conséquence, notamment, de doper l’autonomie (13h !). 

Bref, c’est une somme bien investie pour un appareil théoriquement très durable au niveau des mises-à-jour. Et enfin, au niveau du look, de la finition et de l’encombrement, on est clairement dans le haut du panier. 

Vous n’entendez jamais assez les dialogues à la TV ? Cet appareil peut vous aider

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Pratique, Test , le 9 décembre 2020 11h46 | Ajouter un commentaire

Comme de nombreux téléspectateurs, vous devez souvent mettre le son au maximum pour n’entendre qu’un grand brouhaha dans lequel les voix ne se détachent pas suffisamment ? Vous avez investi dans une petite barre de son, mais c’est toujours pas dingue ? Il existe un appareil pour vous, et je l’ai testé…

Si la diagonale de nos télévisions ne cesse de grandir, ce n’est pas le cas de leur épaisseur, qui emprunte plutôt le chemin inverse. Avec une conséquence inéluctable et qui ne date pas d’hier: une qualité sonore très discutable.

Les avis sont unanimes: ce sont les dialogues dans les films et les séries qui deviennent le plus inaudibles. La raison: au fil des ans, les membranes des petits haut-parleurs intégrés se fragilisent, surtout si elles ne sont pas de qualité (c’est généralement le cas sur les téléviseurs abordables). Et vous finissez par mettre le son au maximum pour n’entendre que les bruits ambiants, et difficilement les voix des acteurs.

Il y a trois solutions pour remédier au problème: remplacer la TV si elle est très vielle (mais vous n’aurez pas la garantie d’avoir un meilleur son sur la nouvelle, à moins de l’essayer avant) ; acheter une barre de son (souvent difficile de choisir parmi les modèles, les options d’amplification des voix, les marques et les prix) ; ou lire le reste de cet article, et mon test du Flex 5000 de Sennheiser (199€).


Un boitier en plus près de la TV, mais il est facile à installer

Je le précise tout de suite: le Flex 5000 de l’entreprise allemande Sennheiser est une solution égoïste, car elle nécessite des écouteurs (une petite paire est fournie, mais il vaut mieux brancher un bon casque), et n’est donc destinée qu’à l’une des personnes regardant la télévision.

L’objet est assez inédit et délicat à décrire. Je le définirais comme un amplificateur du son de la TV, spécialisé dans l’amélioration des voix, et envoyant le son sans-fil vers le casque audio du spectateur.

Le Flex 5000 se présente sous la forme d’un boitier assez élégant et longiforme, qu’on connectera à la télévision ou tout autre endroit dont sort du son. Il y a effectivement deux types d’entrée audio à l’arrière: une optique numérique (Digital Optical In, câble fourni) qu’on retrouve sur la plupart des TV et lecteurs ; une analogue de type mini jack (3,5 mm, fourni) permettant de relier une TV ou une chaîne hi-fi, une tablette, etc. Avec un adaptateur non fourni, vous pouvez transformer le câble jack en RCA (fiche blanche et rouge), et le brancher à d’autres sources sonores, plus anciennes.

Pour mon test, j’ai relié le Flex 5000 en optique numérique à une console de jeu vidéo. Celle-ci continuait à diffuser le son sur la TV également (via la prise HDMI), ce qui signifie qu’on ne condamne pas le son au boitier de Sennheiser, et que d’autres peuvent profiter du son émis par la télévision.

L’installation est donc très simple, et à ce stade, le seul problème est que le Flex 5000 est un boitier supplémentaire sur le meuble TV, nécessitant une prise de courant.

Il transmet le son sans-fil vers un récepteur sur lequel vous brancherez un casque

Le principe de fonctionnement est assez simple: le système Flex 5000 est composé du boitier principal dont on vient de parler, et d’un élément mobile rechargeable (en le déposant simplement sur le socle qui se trouve sur le boitier). Le boitier principal va amplifier et améliorer le son de la TV, avant de l’envoyer vers l’élément mobile, qui a une portée de 30 mètres et une autonomie d’environ 12 heures.

C’est bien entendu sur cet élément mobile que vous devrez brancher un casque ou des écouteurs. Il y a une paire d’écouteurs basique fournie qui fera très bien l’affaire, mais si vous voulez plus d’isolation et plus de profondeur dans le son, il vaut mieux utiliser un bon casque (n’importe quel modèle avec câble mini jack sera compatible).

Venons-en à l’essentiel: est-ce que les dialogues des films et séries est enfin meilleur ? Oui, 1.000 fois oui. Soyons clair: le simple fait de faire passer le son par le boitier et de l’entendre directement dans les oreilles via un casque, c’est déjà la moitié du travail qui est effectué.


Des « profils d’écoute » qui vont jusqu’à isoler les dialogues !

Ensuite, il y a le travail de Sennheiser, spécialiste de l’audio, sur le son. Tout d’abord, les profils d’écoute. Il en existe trois, à activer sur le boitier principal. Si vous allumez le premier segment, les sons graves sont légèrement accentués, tandis que les son aigus (y compris la plupart des voix) sont reproduits avec moins de stridence. C’est assez neutre et la différence n’est pas flagrante avec la position neutre (aucun profil sélectionné).

La suite est plus intéressante. Le deuxième profil accentue fortement les aigus: les voix, par exemple, deviennent cristallines, les consonnes sifflantes sont mises en évidences. Si vous activez le troisième segment, le système va encore plus loin et en plus d’améliorer les aigus, il diminue les sons graves. Résultat: le bruit ambiant, le ‘brouhaha’ d’une scène s’entend moins, tandis que les dialogues se détachent naturellement.

Si ça ne suffit pas, Sennheiser a même prévu un bouton « Intelligibilité de la parole » à activer sur le récepteur sans fil. Ce mode analyse et détecte automatiquement la parole (et pas uniquement les sons aigus, donc), est celle-ci est mise en avant par rapport au reste de la bande sonore.

Ça fonctionne très bien, parfois trop bien: ce mode est réservé à ceux ayant des problèmes d’audition, car le film ou la série perd un peu de son charme, de son identité sonore…

Inutile de dire que toutes ces options sont destinées pour du contenu vidéo et moins pour de la musique, voire pour des comédies musicales. A vous de tester ces profils et de trouver celui qui vous convient le mieux. Personnellement, j’ai activé parfois le profil 1, mais pour le reste, mon ouïe et le casque que j’utilise étaient suffisamment performants pour comprendre les dialogues tout en profitant de l’ambiance sonore…

Conclusion

C’est un bon 9/10 pour le Sennheiser Flex 5000. Un outil aussi inédit qu’atypique, mais qui est bien fini, bien pensé, bien développé.

Ce kit « émetteur-récepteur », auquel on branchera un casque (ou la paire d’écouteurs fournie), parvient effectivement à transcender les dialogues d’une séquence vidéo, quelle qu’elle soit (film, série, docu, reportage, sport, etc). Il le fait bien, et de manière graduelle: vous pouvez doser la manière dont les voix se détachent du reste du son, un problème souvent rencontré par ceux qui regardent la télévision.

Bien entendu, à 199€, vous pourriez acheter une barre de son, afin d’améliorer la qualité audio pour tout le monde, et pas seulement pour celui qui porte le casque… Mais il est difficile de faire son choix, et les modèles dans cette gamme de prix, bien souvent, ne proposent pas d’options permettant d’augmenter à ce point l’intelligibilité des dialogues. A titre d’exemple, j’ai essayé par le passé la Sonos Beam (449€) et la HT-ZF9 de Sony (799€), qui parviennent effectivement à magnifier les dialogues, mais elles sont dans des gammes de prix bien différentes.