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Le dernier smartphone de Huawei, « c’est un amour de vacances »

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 24 avril 2020 09h37 | Ajouter un commentaire

… et donc une histoire sans lendemain. Les paroles de Christophe Rippert résonnent cruellement quand on pense au dernier flagship du géant chinois des télécoms. Empêtré dans un conflit politico-commercial avec les USA, Huawei ne peut toujours pas inclure les applications et services de Google dans ses nouveaux smartphones. Le P40 Pro, on l’aime une soirée en prenant des photos magnifiques, mais le lendemain, on déchante.

Le géant chinois des télécoms, Huawei, joue de malchance. En 2019, l’administration Trump a interdit aux entreprises américaines de collaborer avec l’entreprise, soupçonnant des liens trop étroits avec le gouvernement chinois. Et en 2020, alors que Huawei se sent prêt à lancer son propre écosystème mobile (basé sur Android mais sans la moindre application ou service de Google) en Europe, avec deux appareils assez incroyables, la crise du coronavirus l’empêche d’avoir l’attention qu’il mérite.

Il faut qu’on en parle, car c’est tout de même très audacieux de lancer en Belgique des smartphones sans les applis et services de Google auxquels tout un continent a pris le temps de s’habituer: le magasin d’applications (Play Store), la navigation sur internet (Chrome), la recherche (Google), la cartographie (Maps, qui est aussi devenu un annuaire et un GPS)… ce ne sont que 4 exemples dont vous avez besoin au jour le jour avec un smartphone Android, parfois sans vous en rendre compte. Et je ne parle pas des Google Mobile Services, qui sont nécessaires au fonctionnement de nombreuses applications, même si ça ne se voit pas.

J’ai essayé le P40 Pro (999€), un smartphone possédant sans doute le meilleur appareil photo de l’année, et le Mate Xs (2.499€), un smartphone géant qu’on peut plier en deux. Mais ça ne suffit pas, vous allez comprendre.



Pourquoi Huawei n’est pas encore prêt ?

Huawei tente donc de remplacer tout ce que propose Google depuis 10 ans par ses propres applications et services. Il peut y arriver sur le long terme, car il s’est donné les moyens de ses ambitions, mais soyons clairs: ce sera long, compliqué et pour 2020, c’est déjà raté.

Son magasin d’applications (AppGallery) ressemble à celui de Google à ses débuts: beaucoup d’applis bizarres (d’inquiétants clones de Facebook ou de jeux vidéo, Mario Kart dans l’exemple ci-dessus), inutiles ou inconnues, et qui sont mises en avant on ne sait trop comment. Regardez le classement des applications en Belgique: TikTok, QR Code, Nieuwsblad, Snapchat et Office ! Mais surtout, il manque un tas d’applications importantes comme Facebook, Twitter, WhatsApp et Messenger, Instagram, YouTube, Spotify, Netflix, Gmail, Google Maps. Rien que ça…

On pourrait se passer de Facebook ou Netflix, voire pour certaines (YouTube ou Gmail, par exemple) aller sur le site mobile via le navigateur maison de Huawei. En revanche, on a BESOIN des applications bancaires (mais elles sont toutes absentes) et pour les geeks comme moi, des applications de contrôle des tous les objets connectés de la maison. Or vous ne trouverez même pas les plus populaires comme Philips Hue (lampes), Sonos (enceintes connectées), Nest (domotique) ou Tado (chauffage connecté). Oubliez également Fitbit, les bracelets d’activité les plus populaires.

Huawei évoque des alternatives : aller sur le site mobile (ok pour YouTube, mais pour Google Maps, c’est chaud) ou télécharger les applications soi-même sur internet (les fichiers .apk, mais qu’en est-il des mises à jour et de la sécurité?). Voire de manière plus abruptes: passer à autre chose. Il n’y a pas Spotify ? Et si vous optiez pour Deezer ou Huawei Music, qui vient de se lancer ? Le catalogue semble complet et ça coûte 9,99€ par mois. Pas d’assistants vocaux de Google ou d’Amazon ? Il y a désormais Huawei Assistant avec HiVoice. Pas de sauvegarde dans les clouds les plus populaires (Google Drive, Microsoft OneDrive, Dropbox sont absents) ? Passez à Huawei Cloud, les prix sont identiques.

Autant d’options qui, sur le papier, semblent de bonne facture, car Huawei fait généralement bien les choses, même s’il arrive longtemps après la concurrence. Reste une question: pourquoi les utilisateurs prendraient-ils la peine de changer toutes leurs habitudes pour rester fidèles à Huawei, alors qu’il y a des tas d’alternatives avec un Android ‘normal’ ?

Le P40 Pro, LE roi de la photo

La seule raison que j’entrevois, c’est l’excellente qualité des smartphones de la marque. Certes, au fil des années, les prix ont rejoint ceux de Samsung et d’Apple. Mais Huawei reste le roi de la photo, j’ai pu le constater en essayant durant quelques jours le P40 Pro (999 euros), un smartphone qui a d’ailleurs reçu la meilleure note par DXOMARK (128, voir la critique) pour la qualité des clichés.

J’ai effectivement été bluffé. Même le Samsung Galaxy S20 Ultra, pourtant un solide concurrent (je l’ai essayé durant un mois), s’avoue en partie vaincu sur quelques critères. Toutes les photos du P40 Pro sont réussies, elles sont parfaites, riches en détails, avec – sans devoir passer par des modes ou des réglages – un floutage de l’arrière-plan aussi bon que si vous utilisez un reflex. Sur ce bête exemple, on remarque le premier bougeoir est bien net, que ses ramifications sont détaillées, alors que le bougeoir situé juste derrière lui commence déjà à se flouter, de manière graduelle. Peu de smartphones maîtrisent à ce point la profondeur et les détails :

Le P40 Pro a trois lentilles à l’arrière: la principale (Utra Vision) est de 50 MP, elle fait du pixel bining en concentrant 4 pixels en 1 pour plus de lumière – donc les photos sont de 12 MP en réglage standard. La lentille dédiée au grand angle a été soignée (Utra Wide Cine Camera, 40 MP) et permet donc des photos aussi détaillées que les autres. Enfin, celle du zoom (Telephoto périscopique) est de 12 MP et permet du vrai et de l’excellent 5x optique (donc sans zoom numérique dans l’image, voir ci-dessous), puis du ‘faux’ zoom jusque 50x. Le petit capteur sur le côté ne sert qu’à mesurer la profondeur de champ. Ce savant mélange (et je vous épargne les tours de passe-passe de Huawei pour améliorer les différentes prises de vue) fait donc des miracles. Remarque importante: ceux qui adorent se prendre en photo ou se filmer seront ravis d’utiliser la lentille frontale de 32 MP qui permet de filmer en 4K, et qui s’adjoint les services d’un autre capteur de profondeur. J’ai essayé et ça fait vraiment la différence. Pour la vidéo, vous pouvez compter sur le même niveau de qualité avec des effets et un format ‘cinéma’, aidé notamment par un zoom « audio » qui concentre le micro frontal pour mieux capter la scène filmée.

A côté de cela, le P40 Pro a tout d’un modèle haut de gamme de 2020: le design est très soigné, et original au niveau des courbures dans tous les coins mais avec le style Huawei (qui est effectivement parvenu à instaurer des éléments reconnaissables, comme le cerclage chromé). Il y a une grosse fiche technique sous le très bel écran OLED de 6,58  » (qui n’est ni trop grand, ni trop petit) avec un taux de rafraîchissement qui passe à 90 Hz pour plus de fluidité: puce Kirin 990 incluant la 5G, 8 GB de RAM et 256 GB de stockage interne, résistance à l’eau IP68, batterie de 4.200 mAh avec charge rapide (40W avec fil et 27W sans fil).

Bref, il a tout, sauf la panoplie Google qui, vous l’avez compris, nous est encore indispensable en Europe, du moins pour le moment.

Un smartphone pliable, mais pour qui ?

Les smartphones pliables ont été un fantasme pour certains durant quelques années. Quelques modèles existent désormais et les critiques sont mitigées. Le Motorla Razr s’est fait démonter par la presse spécialisée aux Etats-Unis, le Galaxy Flip de Samsung est réussi (voir mon avis) mais coûte 1.500€, reste à découvrir la vision de Huawei.

Voici donc le Mate Xs, un appareil impressionnant, ça ne fait aucun doute. Il s’agit d’une grande tablette de 8 pouces, carrée, qui se replie pour prendre la forme d’un smartphone un peu plus épais que la moyenne. Je l’ai essayé quelques jours et mon sentiment est assez mitigé.

Effectivement, encore plus qu’avec le Galaxy Z Flip, la fragilité du Mate Xs est effrayante pour un appareil vendu 2.500€ en Belgique. Huawei propose effectivement un smartphone pliable dont le grand écran, un fois replié, devient les deux faces de l’appareil. Donc peu importe le côté sur lequel vous le déposer, ce sera l’une des deux moitiés de l’écran. Certes, il y a une très fine coque qui peut être « collée » maladroitement sur les bordures (une fois à plat, elle se recroqueville au niveau de la charnière, c’est moche). Mais le reste, c’est de l’écran, et donc c’est du plastique relativement souple (on sent d’ailleurs bien la charnière au milieu). Et sur la boite, il est clairement indiqué qu’il faut en prendre soin: éviter les objets pointus, la poussière, les gouttes d’eau, etc. Il me semble donc indispensable de se fournir un genre d’étui en cuir, par exemple, dans lequel on glissera le smartphone.

Cette fragilité inhérente et inévitable doit, théoriquement, être comblée par un gain en productivité ou en confort grâce à l’espace de travail de grande dimension (20,3 cm !). J’ai donc installé quelques applications (non sans mal car il n’y a pas de Play Store, voir plus haut), pour constater que peu d’entre elles parviennent à s’afficher d’une manière intéressante sur cette dalle carrée (logique, les applis sont développées pour un format 16:9, ou plutôt désormais 18:9 ou 19:9). Une vidéo YouTube en plein écran s’affiche forcément au milieu, un fil info Facebook apparait étiré et l’accès aux boutons est délicat, un jeu classique (Angry Birds) est un peu perdu et ne sait plus dans quel format s’afficher.

En revanche, ça passe avec un fil de photo Instagram (elles sont de forme carrée, ça aide), avec certains applis d’information (comme RTL info) qui comprennent qu’elles peuvent s’afficher comme sur une tablette), et avec la plupart des pages web.

Le Mate Xs prend tout son sens avec le mode ‘multifenêtres’, qui s’active en faisant glisser le pouce d’un bord vertical vers l’intérieur de l’écran. Un petit symbole avec des carrés vous permet alors de lancer une seconde application (il faut donc d’abord en ouvrir une). On peut redimensionner les zones occupées par les deux applis, voire même en mettre une en version « pop-up ». C’est idéal pour du vrai multitâches :

Oubliez l’idée d’être plus rapide au niveau de l’écriture: le clavier est forcément très large en mode « déplié ». Dès lors, la plupart du temps, le Mate Xs s’utilisera fermé, car dans ce cas, la moitié de l’écran qui n’a pas d’appareil photo fait office de smartphone traditionnel.

Bien entendu, payer 2.500€ une grande dalle pour ne l’utiliser qu’en mode plié, plus pratique au jour le jour, ça n’a aucun sens.Donc je n’ai aucune idée de l’intérêt réel d’un tel appareil, si ce n’est pour montrer au monde que Huawei peut le faire, comme Samsung. Les acheteurs un peu fou seront ravis de savoir qu’il y a 512 GB de stockage intégré, la charge très rapide (jusque 65W, vous pouvez donc charger des ordinateurs portables) et trois bonnes lentilles pour faire des belles photos à la sauce Huawei (et qui servent aussi pour le selfie car c’est un des rares avantages: l’écran se replie à côté des capteurs).

Le Galaxy S20 Ultra, nouveau roi d’Android ?

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 1 avril 2020 15h24 | Ajouter un commentaire

Les tests de Mathieu: un mois avec le gigantesque Samsung Galaxy S20 Ultra, est-il le roi d'Android ?

J’ai testé le dernier flagship sud-coréen pendant 4 semaines. Un appareil un peu dingue, extrême, et qui en Belgique n’aura pas de concurrent sérieux suite à la déroute de Huawei. Voici mes conclusions.

Dès le déballage de l’imposante boite, on comprend qu’on a affaires à un smartphone imposant, lourd, grand, épais, solide. Le Galaxy S20 Ultra, ensuite, fait penser à un autre smartphone haut de gamme, le plus emblématique: l’iPhone.

Le géant sud-coréen Samsung, à ses débuts, s’est inspiré de l’iPhone d’Apple pour se lancer dans le marché du smartphone (il a même été condamné en 2018 pour avoir copié 10 ans plus tôt la face rectangulaire aux bords arrondis et les icones colorées rangées sur un fond noir, entre autres choses).

Si depuis lors, Samsung est devenu N.1 mondial du smartphone, c’est évidement parce qu’il a su inonder les marchés internationaux avec une large gamme d’appareils de qualité, et de gros budgets marketing pour installer sa marque.

Mais on dirait que les vieux démons de Corée du Sud ont encore frappé cet hiver. Même si le timing fait penser le contraire (il faut au moins 6 mois pour concevoir et commercialiser un smartphone), le Samsung Galaxy S20 Ultra semble avoir trouvé de l’inspiration du côté de l’iPhone 11 Pro Max d’Apple sorti l’automne dernier: couleur gris/vert, protubérance (en partie) rectangulaire des multiples capteurs au dos de l’appareil, prix prohibitif.

En effet, il coûte 1.349 euros. Je l’ai essayé durant un mois, voici donc mon avis sur cette vitrine sud-coréenne. Notez cependant qu’il existe deux versions plus ‘normales’ et accessibles, celles qui se vendront le plus: les Galaxy S20 et S20+. Ils sont un peu moins performants au niveau de la photo/vidéo, moins grands et « limités » à la 4G. Ils coûtent 899€ et 999€.

Très grand et privé de navigation par geste

Le Galaxy S20 Ultra est un smartphone de très grande taille. 6,9 pouces, c’est tout simplement le plus grand téléphone que j’ai pu tenir en main. Comptez donc sur une diagonale 17,5 cm, une hauteur de 17 cm, une largeur de 7,6 cm et une épaisseur de 0,88 cm. C’est énorme. Son poids: 220 grammes. Et il faut ajouter une coque (une en silicone transparent est fournie) car un gros pavé de capteur photo ressort de 2 mm à l’arrière, rendant l’appareil instable et fragile posé sur le dos.

Bref, c’est impossible à manipuler à une main. D’autant que pour une raison que j’ignore, Samsung ne veut toujours pas proposer la navigation par geste, celle qui permet de revenir à la fenêtre précédente d’un petit geste du pouce de la droite (ou la gauche) de l’écran vers le centre, et de revenir à l’écran d’accueil en le faisant depuis le bas. C’est la navigation que je trouve la plus intuitive et la plus pratique pour les grands smartphones, après une très courte période d’adaptation. Au lieu de cela, il faut se contenter des vieux boutons Android (ou de petits gestes à effectuer uniquement dans le bas de l’écran, ce qui n’aide pas) :

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Heureusement, la zone de déverrouillage par empreinte sous l’écran a été remontée, donc elle tombe assez facilement sous le pouce. Après, par contre, il faudrait faire des contorsions de la main et déplacer le téléphone pour des gestes aussi réguliers que ‘précédent’ et ‘accueil’. Au risque de faire tomber un appareil à 1.349 euros…

Le plus bel écran du monde

Samsung frappe fort, à nouveau, au niveau de la qualité de l’écran. Il parvient encore à mettre la barre plus haute par rapport à la génération 2019, et ça en met plein les yeux.

Pour en profiter pleinement, il faut cependant passer au mode 120 Hz. On parle ici du taux de rafraichissement de l’écran, une caractéristique désormais propre aux modèles haut de gamme (même si le OnePlus 7T – à 90 Hz – le propose à 500€). Cela offre une fluidité optimale et c’est très dur, par la suite, de s’en passer. Samsung désactive par défaut  le 120 Hz (au profit d’un 60 Hz de base), car il consomme davantage de batterie.

Regarder une vidéo, surtout un film ou une série avec une bonne qualité d’image sur une plateforme de streaming, est un régal pour les yeux. C’est sans doute ce qui se fait de mieux sous Android. Les paramètres par défaut de cette dalle AMOLED sont excellents au niveau de la luminosité et des couleurs, mais vous pouvez les adapter. La définition standard est FHD+, donc 2400 x 1080 pixels. Pour passer à WQHD+ (3200 x 1440) il faut repasser en 60 Hz, mais vous ne le ferez jamais car il vous semblera lent, saccadé.

Ajoutez à cela deux haut-parleurs plus puissants que la moyenne, et capable je ne sais trop comment d’effets stéréo et de spatialisation du son (surtout si vous le posez, debout, sur une surface en bois), et vous avez là le roi de la consommation de contenu. Cerise sur le gâteau: Samsung fourni une très bonne paire d’écouteurs intra auriculaires AKG (une marque qui lui appartient depuis le rachat du groupe Harman).



Un excellent zoom 10x

Depuis quelques années, les fabricants de smartphone haut-de-gamme disent qu’ils sont les meilleurs au niveau de la photographie. Il est certain que c’est un des arguments qui différencient le plus un appareil à 1.000 euros et un appareil à 400 euros. Raison pour laquelle, à chaque nouvelle version de flagship, il y a un capteur photo en plus, un zoom plus puissant, et une meilleure gestion des photos dans la pénombre.

Il faut reconnaître, cependant, que les arguments avancés sont plus souvent d’ordre marketing que d’ordre technique. La preuve cette année avec un zoom x100 fièrement prôné par Samsung. Certes, il existe, mais le résultat est tellement pixélisé et flou, même avec un trépied et du soleil, que l’intérêt est quasiment nul (voir photo ci-dessous). On est à des milliers d’années lumières de ce que permet un reflex avec un téléobjectif. C’est sans doute ce qui se fait de mieux sur un smartphone, mais à quoi bon ?

Pour le reste, la partie photo du Galaxy S20 Ultra est excellente, bien entendu. Si le mode nuit ne m’a pas impressionné (j’ai comparé et un Huawei P30 Pro fait mieux, dans le sens où il trouve – invente? – plus de lumière là où il n’y en a pas), les autres modes font des miracles et sont certainement ce qui se fait de mieux pour l’instant.

Il y a un capteur principal de 108 MP, un ultra grand-angle de 12 MP, un télé (pour le zoom) de 48 MP et un dernier pour améliorer les effets de profondeur. Par défaut, les photos sont prises en 12 MP (9 pixels sont « concentrés » un 1, donc 108/9 : 12 MP). Elles sont parfaites, bien entendu. Idem pour le grand anglet et le zoom, si vous le poussez jusque 10x maximum (au-delà, la perte de qualité est de plus en plus sensible). C’est du bon travail et c’est toujours pratique de pouvoir zoomer un peu sans craindre la bouillie de pixels. Le S20 Ultra est sans doute le meilleur smartphone au niveau du zoom, même si le P40 Pro de Huawei pourrait le détrôner prochainement. Pour la petite histoire, le zoom ‘optique’ du S20 Ultra est de 4x maximum, et au-delà, le logiciel gère plus ou moins bien le grossissement, jusque 100x, donc.

Vous pouvez aussi prendre des photos en 108 MP (en changeant manuellement de mode), mais elles pèseront 20 MB chacune. L’idée est de la zoomer par après sans perte de qualité, par exemple.

Il existe un tas de réglages disponibles, et des options de prises de vue amusante (comme Single Take qui combine photos et vidéos). Quant à la vidéo, elle pousse la définition jusqu’à la 8K, qui peut s’avérer utile, à nouveau, pour un recadrage en post-production. Pour le reste, c’est un format de vidéo qui pèse très lourd et qui ne se savoure réellement que sur les très grandes télévisions compatibles.

Mais gardons les pieds sur terre, ce sont des options pour les geeks ou les photographes avertis. 90% des gens qui achèteront le S20 Ultra utiliseront les réglages de base en photo et vidéo.

Conclusions

A l’heure d’écrire cette conclusion, donc environ 1 mois après la sortie du Galaxy S20 Ultra, le Huawei P40 a été présenté à la presse internationale. Si j’en parle dans cette conclusion, c’est parce que leurs destins sont liés: le dernier flagship du géant chinois des télécoms n’est plus un concurrent, alors que  l’an dernier, il menaçait de détrôner Samsung. Privé des services et applis de Google suite à une guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis, Huawei a du pain sur la planche pour convaincre les utilisateurs de changer d’écosystème et d’opter pour son alternative.

Tout ça laisse le champ libre à Samsung, surtout en Belgique où il est très bien implanté, pour rester le roi des smartphones Android dans les années à venir.

Bien entendu, ça n’empêche pas le Galaxy S20 Ultra d’être un impressionnant smartphone. Du haut de ses 1.349€, il ne sera jamais le meilleur rapport qualité/prix, mais il est sans doute le meilleur smartphone du moment, grâce à une fiche technique extrême (quel écran, quel son !) et des qualités en photo inédites (zoom x100, vidéo en 8K, etc).

Du côté des bémols, je me demande pourquoi les designers de Samsung s’inspirent encore de l’iPhone d’Apple (et j’ai trouvé que l’île des capteurs photo sur le dos était très épaisse). Je regrette aussi la navigation par geste qui manque cruellement sur un smartphone de cette taille. Quant à 128 GB de stockage interne, même si on peut ajouter une carte mémoire, c’est un peu radin pour un appareil d’un tel prix. Sachez aussi que l’interface maison de Samsung est assez encombrante, avec beaucoup d’applications maison préinstallées, un magasin d’applis dédié, un cloud, un assistant, etc. Elle vous prend par la main avec de nombreux conseils et pop-ups mais moi personnellement, ça me déplait. Si vous préférez du « pur Google », passez votre chemin. Un dernier mot sur l’autonomie, si vous passez en mode 120 Hz (et je vous le conseille, ça change la vie), elle vous permet de tenir une belle journée, mais pas plus.

Je n’ai pas d’avis sur la 5G dont il est équipé car elle ne sera pas réellement disponible en Belgique avant 2021.