Archives du octobre, 2019

Philips pense enfin au son qui sort de ses TV

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Pratique, Test , le 24 octobre 2019 13h53 | Ajouter un commentaire

La 55PUS8804/12 (prix de base 1.349€) est l’une des nouveautés TV de Philips cette année. Traditionnelle dans son apparence (55 pouces, 4K, LED, Android TV), elle est cependant équipée d’un système audio intégré signé Bowers & Wilkins. Relativement discret, il décuple le potentiel sonore du téléviseur, et ça fait du bien aux oreilles.

Les tests de Mathieu: Philips pense enfin au son de ses TV en s'alliant avec une référence de l'audio, mais qu'est-ce que ça donne ?

Nul besoin de vous le rappeler: le son est le gros point faible des TV modernes. Elles cherchent à devenir de plus en plus élégantes et fines pour s’intégrer dans n’importe quel intérieur, et ça va à l’encontre du son. En effet, pour sortir quelque chose qui tient la route, il faut des petites enceintes comprenant des tweeter pour les aigus et des woofer pour les basses. Et la règle de base, c’est que plus ils ont de l’espace, plus ils ont de la portée et de la puissance.

Raison pour laquelle de nombreuses personnes optent pour une barre de son, un marché devenu très confus car on y trouve de nombreuses marques, proposant du matériel négligé à 49€ et du haut-de-gamme à 999€.

Dès lors, pour éviter le double achat, la double prise et les câbles, pourquoi ne pas opter pour une TV qui mise moins sur la finesse mais plus sur le son ? C’est le pari qu’a fait Philips, la marque exploitée par l’entreprise chinoise d’écran TP Vision, sur une partie de sa nouvelle gamme, et en collaboration avec l’entreprise Bowers & Wilkins. J’ai pu essayer durant deux semaines le modèle 55PUS8804/12, et voici mes impressions.

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Le fameux « powered by » Bowers & Wilkins

Les « collaborations » des marques audio premium

Les marques audio premium, en proie à une nouvelle concurrence depuis l’avènement du numérique (je pense directement aux enceintes réseau de Sonos), ont bien du mal à tenir le coup avec leurs enceintes haut-de-gamme à 10.000 euros.

Certains d’entre elles vendent donc leur âme au diable en associant leur nom à d’autres appareils afin de faire croire que le son qui est en sort est sublime. Exemple: je tape les mots que vous lisez sur un ordinateur portable HP griffé Bang & Olufsen, et dont la partie son, engoncée dans à peine un centimètre d’épaisseur, sort de meilleurs aigus que la moyenne, mais est incapable de sortir la moindre basse (ce sont les lois de la physique). Et cela fait partie des bons exemples, car certaines marques osent collaborer avec des smartphones, qui ont encore moins de place…

Bowers & Wilkins, une entreprise historique anglaise rachetée en 2016 par une start-up californienne (Eva Automation), est plus subtile. A côté de ses enceintes à 30.000€ la paire et de ses casques haut de gamme, elle se limite à des collaborations avec des voitures prestigieuses, plaçant des systèmes sonores de qualité dans des BMW, McLaren, Maserati ou Volvo.

Et la marque désormais américaine a décidé de collaborer avec Philips pour trois téléviseurs. Deux sont haut de gamme (4.999€ et 3.499€) avec une installation B&W externe. La troisième, plus modeste (1.349€) et plus compacte, intègre directement dans son châssis la partie sonore. C’est celle-là, la 55PUS8804/12, qui nous intéresse aujourd’hui.

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A l’arrière, dans le bas de la TV, un mini caisson de basse

Belle prouesse

Je vais aller droit au but: le pari est réussi. Le son qui sort de cette télévision est au moins 3 fois meilleur que la moyenne des télévisions actuelles, même les dalles les plus chères, souvent très fines.

La puissance est au rendez-vous (45W au total) mais surtout, un gros travail a été fait sur l’optimisation du son: les voix ressortent très clairement, en toutes circonstances. Même avec un vacarme lors d’une scène d’action, le son reste cristallin et les dialogues parfaitement compréhensibles. N’est-ce pas tout ce qu’on demande (et tout ce qui manque…) à une télévision ?

Pour y parvenir, Philips fait forcément des concessions sur la compacité de sa TV. Sous l’écran, il y a une bande de 7 cm, recouverte de tissu, où sont intégrés deux haut-parleurs moyennes et hautes fréquences de 7,5W chacun. Pour qu’ils s’expriment aussi bien, l’épaisseur de la télévision, dont le dos est un légèrement courbé, est d’environ 5 cm, ce qui n’est finalement pas exagéré.

Et ce n’est pas tout: à l’arrière de la TV, au bas et bien centré, se trouve un large haut-parleur de graves de 30W qui se charge de sortir des basses correctes. Inévitablement, il a besoin d’espace et ressort donc de 3 cm du dos de l’appareil, ce qui rend pratiquement impossible d’accrocher la TV au mur.

Ces concessions esthétiques – même si la bande de tissu de 7 cm sous l’écran n’est pas vilaine du tout – permettent un son de qualité. Seules les basses manquent de profondeur: une explosion ne sera pas aussi bien ressentie qu’avec une barre de son équipée d’un subwoofer actif, par exemple. Mais c’est inévitable vu l’encombrement total du téléviseur.

A bien y regarder, la 55PUS8804/12 de Philips est une télévision qui a intégré au mieux une barre de son de bonne qualité (mais sans les prouesses du subwoofer). Et il y a cet Ambilight 3 qui assure une ambiance de fond lumineuse toujours aussi agréable, grâce aux ampoules LED intégrées dans le dos de la TV.

Petit bémol: à 1.349€, elle est nettement plus chère que d’autres TV 4K de la même taille (un honnête 55 pouces, donc). Et on s’approche dangereusement des premiers prix en OLED, le seul type d’écran permettant des noirs vraiment noirs et des couleurs immensément vives. Or, ce modèle Philips se contente d’une dalle LED. 4K/Ultra-HD, elle est de bonne facture et compatible avec les normes HDR10+ et Dolby Vision, mais cela ne remplace pas le spectacle permanent d’un écran OLED.

Heureusement, le logiciel intégré est le meilleur du marché: Android TV et ses nombreuses applications, sa capacité à afficher facilement les contenus d’un smartphone ou d’une tablette Android, et sa compatibilité avec Google Assistant (même si je ne suis jamais parvenu à le faire fonctionner, preuve que cet assistant vocal, dans notre pays du moins, balbutie encore).


 
 Une interface Android simple mais efficace

Conclusions

L’idée de Philips est bonne: intégrer un système sonore digne de ce nom dans une partie de ses téléviseurs, ceux à destination des utilisateurs exigeants au niveau de l’audio. En fait, on devrait tous l’être. Nombreux sont ceux qui investissent dans une TV en se basant sur la qualité de l’image ou le prix, et qui après quelques semaines, se plaignent de la médiocrité du son, voire même après quelques années de l’incapacité à distinguer les voix, et donc à comprendre les dialogues.

Pourquoi, dès lors, ne pas opter dès le départ pour une TV avec un bon son? De plus en plus de marques le font, y compris le nouveau venu issu du monde du smartphone, OnePlus, dont la TV devrait sortir l’an prochain en Europe, et qui est équipée d’une « barre de son » rétractable sous l’écran.

Philips a opté pour une solution plus simple: s’allier avec Bowers & Wilkins, grand nom de l’audio premium, et lui laisser 7 cm sous l’écran pour installer deux tweeter à l’avant pour les aigus, et un woofer dans le dos pour les basses. Le résultat est excellent si on tient compte du peu d’encombrement supplémentaire que représente l’installation de B&W. Comparée à une (bonne) barre de son avec subwoofer actif, cependant, on sent la différence au niveau des basses, limitées sur la 55PUS8804/12 que j’ai essayée.

Une TV qui vous coûtera 1.349€ (ça pourrait baisser dans les mois à venir), un prix hélas un peu trop proche des premiers modèles OLED à l’image époustouflante. Il faut se contenter sur notre TV du jour d’une dalle 4K traditionnelle, de bonne qualité mais qui montre ses limites dans les zones sombres, avec des noirs « éclairés » et donc plutôt gris. Pour le reste, c’est un excellent téléviseur avec une interface fluide et complète.

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Le OnePlus 7T Pro, une mise-à-jour avant tout

Par Mathieu Tamigniau dans Divers , le 15 octobre 2019 11h22 | Ajouter un commentaire

Les tests de Mathieu: le OnePlus 7T Pro, une mise-à-jour avant tout (vidéo)

L’entreprise chinoise a opté en 2019 pour une stratégie à deux smartphones, une version normale et une version Pro. Et comme elle en sort deux versions par an, on a droit cet automne au OnePlus 7T et au 7T Pro. Si le 7T m’a conquis il y a deux semaines, le 7T Pro est une simple mise-à-jour du modèle sorti au printemps. Explications.

Le gros coup de OnePlus cet automne, c’est bien la sortie du OnePlus 7T, qui n’est autre, à mes yeux, que le meilleur rapport qualité-prix d’Android de l’année (voir mon avis détaillé). Présenté fin septembre en Inde, un marché essentiel pour la jeune entreprise de Shenzhen, le 7T n’est cependant pas la seule nouveauté smartphone de OnePlus.

Effectivement, ce jeudi 10 octobre, la version Pro du 7T a été officialisée, lors de la présentation européenne de la série 7T, à Londres, où je me suis rendu. Il s’agit d’une version légèrement revue du modèle précédent. Rappelons qu’au printemps dernier, OnePlus avait changé ses habitudes en sortant deux smartphones différents, le 7 et le 7 Pro. Ce dernier était un sacré appareil, avec son plein écran, sa caméra selfie rétractable et son taux de rafraîchissement de 90 Hz, deux options inédites et spectaculaires. A ses côtés, la version de base du 7 était une copie un peu améliorée du 6T de 2018 (raison pour laquelle le Pro a rencontré plus de succès, malgré un prix plus élevé: 709€ contre 549€). OnePlus semble observer un rythme de deux smartphones « vraiment nouveaux » par an: le Pro au printemps et le T en automne.

Quoi de neuf ?

Revenons au OnePlus 7T Pro. D’abord, son prix: 759€, c’est une légère augmentation mais il y a 256 GB de stockage interne et non 128. Il est donc une petite mise-à-jour du 7 Pro. Extérieurement, difficile de faire la différence: la couleur a changé (on reste sur du bleu mais qui tend moins vers le mauve), mais c’est toujours une texture de verre poli, donc mate. Elle est moins glissante et attrape moins les traces de doigts. Autre différence, légère elle aussi: la présence d’un laser pour l’autofocus à l’arrière, à côté du bloc des trois capteurs, dont le dessin a été subtilement revu au niveau des contours :


A droite, le 7T Pro ; à gauche, le 7 Pro

C’est à l’intérieur que ça change, même si à nouveau, c’est très subtil. La puce principale est une Snapdragon 855+, qui n’apporte pas grand-chose de nouveau par rapport à la 855 du printemps. Pour la RAM et le stockage, il n’y a plus le choix: c’est 8 et 256 GB. Idéal pour les usages intensifs ou ceux qui filment en 4K. L’écran gigantesque de 6,67″ est toujours OLED de haute définition (3120 x 1440), et avec les 90 Hz, il est d’une fluidité sans égal.

Le 7T Pro est équipé d’Android 10, avec la surcouche OxygenOS. Tout cela débarque progressivement en mise-à-jour sur les autres OnePlus, mais elle est native sur le 7T Pro. Les nouveautés sont subtiles, là aussi. La navigation par geste (en option) a évolué et est plus intuitive: pour faire un « retour », il suffit de balayer du pouce le bord de l’écran (vers le centre). Il y a davantage d’options de personnalisation graphique et ergonomique de l’interface, ce qui plaira aux plus geeks d’entre vous. L’affichage des notifications a également été revu, tout comme leur gestion, devenue plus pointue: il est possible de restreindre les permissions (comme la localisation) des applications. Par exemple, vous pouvez dire à Twitter qu’il ne peut accéder à votre position que lorsqu’il est actif, et pas en arrière-plan: Android et OxygenOS prennent soin de votre batterie. A cela s’ajoute quelques petites fonctions utiles pour certains: un mode lecture plus confortable, plus d’options pour le mode « Zen » qui bloque l’usage de votre smartphone durant une certaine période, etc.

Un appareil photo plus souple

L’appareil photo subit également un petit lifting logiciel, en reprenant les caractéristiques dévoilées sur le 7T: un nouveau moteur de traitement de l’image, un mode ‘macro’ (prise de vue à 2,5 cm, voir ci-dessous), plus d’options dans les modes portrait et nuit (ils fonctionnent aussi en zoom et en grand angle). Ceux qui filment souvent apprécieront le ‘mode super stable’ qui est très efficace. Il y a aussi un nouveau laser pour un meilleur autofocus. A part ça, les trois capteurs sont les mêmes que sur le 7 Pro: un bon Sony 48 MP, un grand-angle 16 MP et un 8 MP pour le zoom 3X.

Quant à la batterie, elle est légèrement plus importante que sur le 7 Pro: 4.085 mAh au lieu de 4.000. Elle diffère surtout techniquement, car sa recharge baptisée Warp 30T est 23% plus rapide que sur le modèle précédent, alors que le transfo est le même. Vous le branchez le matin durant votre douche et 20 minutes plus tard, vous avez de quoi tenir une journée. Puissant. OnePlus atteint vraiment des sommets en termes de recharge rapide, preuve que l’entreprise chinoise, comme je le signalais dans mon test du OnePlus 7T, se concentre vraiment sur des améliorations tangibles et concernantes.

Conclusion

Si le OnePlus 7T, sorti fin septembre, est une vraie (et bonne) rupture par rapport au OnePlus 7, on ne peut pas en dire autant du OnePlus 7T Pro (759€). En effet, ce dernier est identique à 90% au OnePlus 7 Pro sorti au printemps dernier.

Le logiciel est revu et passe à Android 10, ce qui implique de subtiles améliorations par rapport à Android 9. Le logiciel de la caméra est plus souple et la batterie légèrement supérieure. Pour le reste, il s’agit du même smartphone XXL dit ‘plein écran’, avec des bords incurvés et une caméra frontale rétractable. C’est un des rares appareils à proposer une telle immersion, les autres étant pratiquement tous équipés d’encoche plus ou moins grande, ou de « trou » comme les Samsung.

Le OnePlus 7T Pro est donc un appareil tout-à-fait recommandable qui vous donnera pleine satisfaction durant quelques années, et l’une des expériences Android les plus inspirées. Cependant, son petit frère le 7T (599€) a mis la barre très, très haut il y a deux semaines, et les 160 euros de différence n’a pas vraiment d’intérêt, à part pour les 256GB de stockage et les bords arrondis du ‘plein écran’.

Pour les plus fans purs et durs de OnePlus, et Dieu sait qu’ils sont nombreux, le partenariat avec McLaren a été reconduit. Quelques retouches esthétiques uniquement (et 12 au lieu de 8 GB de RAM) qui font grimper la facture à 859€:

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D’autres photos du OnePlus 7T Pro :