Archives du février, 2019

Motorola G7 Plus: de l’Android « pur » au meilleur prix

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Test , le 28 février 2019 11h16 | Ajouter un commentaire

Année après année, Lenovo tente de se faire une place sur le marché des smartphones avec Motorola, marque dont il détient les droits, les brevets, l’expertise. Le G7 Plus, vendu 299€, m’a convaincu. Il offre le meilleur rapport qualité/prix de ces derniers mois, avec des grandes qualités au niveau de la photo et de l’audio, notamment. Reste à convaincre les consommateurs…

Motorola ne rencontre pas le succès qu’il mérite. L’entreprise, américaine à la base, est passée sous giron chinois depuis quelques années. Certes, il y a eu ces changements stratégiques incessants par rapport à l’appellation (Motorola > Lenovo > Moto > Motorola). Et cette belle – mais vaine – tentative de smartphone modulaire avec accessoires clipsables sur le dos.

Pour le reste, rien à reprocher aux smartphones sortis depuis quelques années. Le rapport qualité/prix est excellent, la finition est soignée et surtout, surtout, il n’y a aucune surcouche logicielle apposée par Motorola. A part quelques petites options (contrôle par les gestes, capture d’écran, etc), on est sur de l’Android pur et dur, en version 9 dans le cas du G7 Plus que j’ai pu essayer.

Le design du G7 Plus est très ‘Motorola’, reconnaissable notamment au niveau du cerclage des capteurs photos à l’arrière. La finition en verre est soignée, sans être particulièrement originale. La livrée rouge foncé de notre modèle de test est très élégante.

Une très bonne fiche technique, d’excellentes photos

A 299€, le G7 Plus de Motorola aurait pu être radin sur quelques lignes de sa fiche technique. Mais hormis une puce Snapdragon 636 qui date un peu, on n’est pas volé: écran 6,2″ Full HD+ avec une petite encoche, 64 GB de stockage interne, 4 GB de RAM, grosse batterie de 3.000 mAh, charge rapide (chargeur 27W), double capteur (16 MP et 5 MP pour la profondeur) à l’arrière.

Certes, la qualité de l’écran est en deçà des ténors. Et on a déjà vu de meilleures photos dans de faibles conditions lumineuses. Mais pour le reste, c’est un excellent rapport qualité prix.

D’autant qu’en plein jour, les photos nous ont convaincus à tous les niveaux: couleurs, contraste, piqué. Il y a même un zoom 2X, un stabilisateur et quelques fonctions amusantes au niveau de l’enregistrement de vidéos. Le mode portrait est particulièrement efficace dans cette gamme de prix.

Seul les selfies sont un peu à la ramasse. La caméra frontale de 12 MP montre ses limites, et c’est largement surexposé.

Mention spéciale pour l’audio

Le G7 Plus, et c’est rare dans cette catégorie de prix, est équipé de deux haut-parleurs. De quoi écouter de la musique ou regarder vos vidéos en stéréo, sans casque. Le son est certifié Dolby Audio, et ça se remarque à l’usage: la qualité générale est nettement au-delà de la moyenne. On le remarque au niveau de la puissance, et donc du sentiment d’immersion.

Il y a une prise mini jack, mais également le Bluetooth 5.0, pour profiter pleinement de la qualité sonore supérieure, en enfilant un casque avec ou sans fil. Bravo Moto !

Conclusion

Il n’y a rien à jeter dans le Motorola G7 Plus. A 299€, c’est le meilleur rapport qualité/prix de ces derniers mois. Fiche technique très correcte, photo et audio particulièrement soignés, design élégant: c’est bon, et c’est pas cher.

Le seul problème de Motorola, c’est son image de marque. Pour beaucoup, la marque s’est perdue et n’a pas franchi le cap du GSM. C’est complètement faux: soutenue par l’énorme groupe chinois Lenovo, elle a tous les moyens nécessaires pour proposer de la qualité à bon prix. Et c’est exactement ce qu’elle fait.

Bien sûr, cette stratégie ne remplira pas les caisses du groupe. Vendre des smartphones à 299€ avec une telle fiche technique, ça laisse peu de place pour les bénéfices. Mais le groupe a de solides assises financières, de grosses capacités de production. Lenovo peut se permettre de continuer à jouer des coudes, là où d’autres sont sur le point d’abandonner la course aux smartphones (on pense à HTC et LG qui éprouvent de grosses difficultés en Europe).

Y a-t-il des risques à passer à une banque européenne entièrement dématérialisée ?

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique , le 15 février 2019 06h18 | Ajouter un commentaire

A l’heure où les banques ne peuvent plus offrir gratuitement des services basiques à cause des chutes de leurs recettes sur le marché des particuliers, il est temps de se pencher sur les alternatives « 100% en ligne et mobile ». N26 est le principal acteur global pour le moment. Et il va vite, très vite, pour se faire une place dans les smartphones. Mais comment fonctionne cette banque ? Explications.

On a essayé N26, la banque du futur 100% gratuite: comment fonctionne-t-elle, quelles sont ses limites ?

Vous l’avez forcément remarqué, la banque est l’un des secteurs qui réalise (ou subit, selon les points de vue) l’une des plus grosses transitions numériques. Les agences disparaissent, la dématérialisation s’accélère. Tout cela suit une tendance de fonds: réduction des coûts liés à la chute des recettes sur le marché des particuliers, et exigence croissante des clients par rapport à la facilité d’utilisation de leur argent.

Comme toujours dans les transformations de secteurs d’activité, il y a de nouveaux acteurs qui débarquent avec une vision innovante. Partis d’une page blanche, sans devoir modifier d’innombrables structures, procédures ou autres départements, ils peuvent proposer quelque chose de nouveau, de simple, de centrer les réels besoins des utilisateurs.

La fin des banques gratuites en Belgique: le moment idéal pour essayer N26

Au premier abord, on a tendance à se méfier de N26, un nouvel acteur bancaire d’origine allemande qui prétend révolutionner le secteur. On se demande s’il peut réellement remplacer une banque belge et on est plutôt sceptique, ce qui est une bonne habitude quand on parle d’argent. On a même contacté la Febelfin pour avoir leur avis sur la question, mais la fédération du secteur bancaire n’avait rien à dire à ce sujet.

C’est quand on a remarqué que la jeune entreprise berlinoise avait réussi une nouvelle levée de fonds de 300 millions d’euros qu’on s’est dit qu’il devait y avoir du potentiel… Sa valorisation atteint désormais 2,7 milliards de dollars, de quoi s’attaquer au marché américain. L’objectif des 100 millions de clients est annoncé, très ambitieux. Bref, c’est clairement un service qui s’adresse au grand public. D’où l’intérêt de se pencher sur son cas.

On est parti d’un double constat avant de réaliser ce test. Le premier est personnel: ma banque actuelle a décidé de tarifer une formule restée gratuite de nombreuses années, malgré la présence d’une MasterCard. Je m’en servais comme tirelire et pour la carte de crédit, donc je ne rapportais rien à cette banque ; et je lui coûtais même de l’argent, finalement, car je ne répondais jamais à leurs propositions d’investissement. Bref, cette banque me dit qu’elle va désormais me facturer 8€ par trimestre. Autre actualité: bpost a décidé, à partir du 18 mars, de facturer 50 centimes par retrait d’argent à un distributeur (le premier retrait est gratuit, cependant), et ce pour les clients de son pack gratuit. Ce n’est pas la première banque belge à le faire. Bref: la banque traditionnelle ne rapporte plus assez d’argent que pour offrir des services même basiques à des clients qui s’en servent comme simple tirelire et moyen de paiement.

C’était donc le moment idéal pour passer à autre chose. J’ai clôturé mon compte et je me suis inscrit sur N26, qui vous allez le voir, est une vraie banque…

Une inscription contrôlée

En Europe, il y a des règles pour être titulaire d’un compte en banque. Il faut notamment prouver son identité.

Pour créer son compte N26, il faut télécharger l’application, et suivre la procédure d’inscription, assez fastidieuse. Il faut envoyer une photo de soi, une copie de la carte d’identité, et fournir adresse, numéro de téléphone, etc.

Puis, il faut laisser à N26 le temps de vérifier votre cas, sans doute en le recoupant avec des bases de données de mauvais payeurs, ça doit sûrement exister au niveau européen…

Quelques jours plus tard, la carte N26 arrive. Elle est équipée par défaut de l’option « sans contact », très pratique pour les petits paiements en magasin. Le compte est alors activé, l’application est entièrement fonctionnelle et permet de définir son PIN pour la carte.

A la base, votre compte affiche 0 euro, forcément. Il faut donc faire un virement pour l’alimenter et pouvoir l’utiliser. Nous avons versé 20 euros à partir d’un compte belge et 24 heures plus tard, une notification arrivait sur l’application, signalait la transaction.

Qu’avez-vous avec la formule gratuite ?

Un vrai compte en banque allemand (il commence par DE42), une MasterCard un peu spéciale (voir plus bas), une application N26 très bien foutue (voir ci-dessous), 5 retraits gratuits par mois à des distributeurs de billets en Belgique uniquement (puis c’est 2€ par retrait…). Les retraits à l’étranger sont commissionnés (1,27%) par N26.

Voilà pour la base et c’est déjà pas mal.

Les versions N26 Black et Metal sont payantes et plutôt chères, mais elles offrent des assurances supplémentaires (vol de votre argent après un retrait, vol d’un smartphone acheté avec la carte, retard d’un avion, perte de bagages, etc). C’est assez bien orienté « voyageurs réguliers », ou personne à la recherche de certaines assurances. Tout ça vous coutera alors 9,90€ ou 16,90€ par mois, débité de votre compte N26.

Que peut-on faire avec la banque N26 ?

N26 est à la fois différent d’une banque traditionnelle (aucune agence, tout est dématérialisé et centré autour de l’expérience utilisateur), mais très proche.

Elle offre en effet toutes les opérations basiques: paiement en magasin ou en ligne avec carte MasterCard, virement vers d’autres comptes en banque, retrait d’argent. C’est largement suffisant pour la grande majorité des citoyens. Notez bien cependant que certains commerces n’acceptent pas la MasterCard. Pour prendre un exemple connu: tous les Colruyt de Belgique, qui exigent la carte Maestro. On a essayé, et notre carte N26 a été refusée. Donc renseignez-vous avant d’effectuer un achat en magasin. Dans d’autres pays européens, il est possible de commander une carte N26 Maestro en option, mais ce n’est pas le cas pour l’instant en Belgique.

On vous l’a dit, N26 est une vraie banque: elle vous a donc ouvert un vrai compte en banque au moment de l’inscription. Même si ce compte est allemand, n’importe qui peut vous virer de l’argent dessus, y compris votre employeur pour votre salaire mensuel. Il n’y a pas de frais cachés, les virements dans la zone SEPA (membres de l’Union européenne principalement) sont tous gratuits, dans un sens comme dans l’autre.

La seule limite est le conseil humain (il devra se faire par livechat ou réseaux sociaux, il n’y a pas de téléphone), et les services bancaires plus poussés: oubliez les comptes épargne pour enfant, les comptes de garantie locative, les crédits hypothécaires ou auto, etc… Pour tout ça, il faudra passer par un courtier, par exemple.

Une MasterCard de débit, et pas de crédit: A LIRE ABSOLUMENT

La notion de carte de crédit et de débit est assez claire en Belgique: il y a les cartes Maestro pour le débit (c’est-à-dire pour utiliser directement l’argent disponible sur votre compte) et les Visa/MasterCard pour le crédit (l’argent est retiré d’une limite mensuelle qui n’est pas immédiatement liée à l’argent disponible sur votre compte en banque, ce qui vous permet d’avoir accès à un « crédit » temporaire).

A l’étranger, la notion est un peu différente. Par exemple, en Angleterre, le montant utilisé par la carte de crédit n’est pas ponctionné d’un coup sur votre compte à la fin du mois, mais il peut être réparti sur plusieurs mois.

Cette différence entre crédit est débit est essentielle dans le cas de N26, car la MasterCard offerte est une MasterCard de DEBIT, et non de crédit. C’est indiqué sur la carte, d’ailleurs, dans la zone grise brillante.

Elle reste une MasterCard (vous pouvez la renseigner sur Amazon ou Netflix, par exemple), mais elle agit comme une carte de débit, c’est-à-dire que l’argent est débité immédiatement de votre compte, dont le solde doit être suffisant pour que l’opération soit effectuée.

Pour s’en rendre compte, on a fait quelque chose qu’on vous déconseille de reproduire chez vous.

Alors que notre solde disponible était toujours de 20€, on a passé une commande de 30 € sur Amazon. Voici ce qu’on a constaté, notifications à l’appui. Quelques secondes après notre commande: 1€ de retrait pour Amazon (pour la vérification de la MasterCard, il est rendu 10 jours plus tard). 5 minutes après la commande: 12,74 € de retrait d’Amazon (soit le montant de l’un des deux objets de notre commande). 10 minutes plus tard: « solde insuffisant, votre paiement a été annulé« .

Notre compte Amazon nous disait alors qu’il y avait un problème avec la commande, et qu’il allait réessayer de débiter le compte. On a préféré annuler toute la commande. Tout n’est pas immédiat, bien entendu, et il a fallu quelques temps pour que les serveurs d’Amazon et N26 se mettent d’accord et réparent le bazar qu’on a provoqué en réalisant notre test. Mais tout est rentré dans l’ordre et on a récupéré nos 12,74€.

Tout ça pour nous (et vous) prouver qu’il s’agit bien d’une MasterCard de débit, et non de crédit. C’est très important de s’en souvenir avant de passer à N26.

Bon à savoir: en Allemagne et en Autriche uniquement pour l’instant, il est possible d’activer en ligne une autorisation de découvert. Aller en négatif y coûte cependant de l’argent, N26 charge un taux annuel de 8,9%. Cette option pourrait débarquer chez nous.

Une application qui change tout : chaque mouvement d’argent est notifié immédiatement

L’un des reproches qu’on peut faire aux « vieilles » banques, c’est le manque de transparence des transactions. On voit peu d’informations, et souvent avec un délai de quelques jours (pour les cartes de crédit surtout).

Avec l’application N26, vous recevez une notification dès qu’une transaction a lieu, qu’elle soit entrante ou sortante. Exemple : on a fait un achat sur Amazon avec la carte, et dans la seconde, l’application nous prévenait. Idem pour notre premier versement sur le compte.

C’est une manière simple et très sécurisante de savoir ce qui est fait avec votre argent. En cas de fraude, également, vous pouvez signaler un problème, ou bloquer la carte (de manière temporaire ou définitive).

appli
De gauche à droite: votre carte dans l’appli, la notion d’espaces et la catégorisation des transactions

Toutes les transactions sont labellisées de manière automatique (restaurant, courses, virement), mais vous pouvez créer des catégories vous-mêmes. Il est possible également de créer des espaces, qui agissent comme autant de comptes d’épargne thématiques. Typiquement, vous allez créer un espace « montre » et y mettre de temps en temps de l’argent de côté en un clic, afin de vous en offrir une au bout de l’épargne.

Il y a plusieurs subtilités du genre qui rendent l’expérience bancaire plus intelligente, plus ludique aussi. On pense à « Money Beam » ou « Demande », qui vous permet des transferts instantanés d’argent entre utilisateurs N26 présents parmi vos contacts, comme le permet Payconiq par exemple.

Et il y a bien sûr la base: le virement bancaire pour payer vos factures.

Conclusion

Sans conteste, N26 est une excellente option si comme la majorité des Belges, vous considérez surtout votre banque comme une tirelire et un moyen de (se faire) payer. N26 offre tout ça gratuitement, et même 5 retraits par mois en Belgique pour avoir du liquide.

Et c’est une vraie banque, avec un vrai numéro de compte (allemand, mais ça ne change rien en Europe), une vraie carte de débit (MasterCard, ceci dit, qui est acceptée dans plus d’endroit que la Maestro). Attention, cependant, certains commerces belges (comme les Colruyt) n’acceptent pas la MasterCard, même celle de débit de N26, nous l’avons essayé.

Le gros point fort de N26: une application très bien foutue, orientée « utilisateur », avec de nombreuses options pratiques et qui vous notifie au moindre mouvement sur votre compte.

A la question « Comment N26 gagne-t-il de l’argent si les comptes sont gratuits ?« , des responsables nous ont répondu: « N26 a un modèle commercial principalement axé sur les abonnements premium, tels que N26 Black ou N26 Metal. Nous croyons en la nécessité de mettre en place un modèle simple, transparent et juste, ce qui nous permet de constater que les utilisateurs sont prêts à payer pour les adhésions s’ils reçoivent un produit complet de grande valeur. Ceci est comparable à Netflix ou Spotify, qui a sans doute éduqué leurs industries respectives à cet égard« .

Dernier bémol dans cette expérience globalement très positive: impossible de savoir ce que l’avenir nous réserve. N26 est une ‘start-up’ allemande, elle pourrait disparaître dans 5 ans, ou décider dans 1 an de rendre son compte basique payant.

Mais c’est exactement ce que vient de faire ma « banque traditionnelle » (allemande elle aussi…) en m’envoyant uniquement un email. 

Voici le premier smartphone avec un écran “troué” disponible en Belgique

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 12 février 2019 10h28 | Ajouter un commentaire

Les tests de Mathieu: voici le premier smartphone avec un écran “troué” disponible en Belgique

Le Honor View 20 ouvre le bal des smartphones de 2019. Sorti il y a quelques jours en Europe, il a une particularité inédite: sa caméra frontale est isolée dans l’écran, en haut à gauche. De quoi se passer d’une « encoche » qui ne plait pas à tout le monde. Mais est-ce bien pratique ?

Vous avez sans doute déjà entendu parler de la marque Honor. Elle appartient au groupe Huawei, qui en a fait depuis des années sa marque ‘jeune’ et ‘en ligne’. Il se vend principalement des Honor à l’étranger, car en Belgique, petit pays, la marque Huawei est déjà très présente et assez populaire. Le géant chinois des télécoms n’a donc jamais vraiment pris la peine de lancer en grandes pompes sa deuxième marque chez nous, à part lors de la sortie du Honor 9 que nous avons couverte en 2017.

En 2019, visiblement, Honor veut essayer d’attirer à nouveaux les projecteurs, de faire un peu plus parler d’elle dans notre pays. Le but, sans surprise, est de grappiller des parts de marché à la concurrence Android, donc à Samsung principalement dans notre pays. Les prix avec Huawei se chevauche cependant, on se demande dès lors s’il n’y aura pas un peu cannibalisme, mais les filières de distribution sont en partie différentes.

Pour y parvenir, Honor a lancé son View 20 en Belgique récemment, et il sera disponible dans plusieurs enseignes connues comme Vandenborre. Alors qu’à la base, Honor est une marque ‘en ligne’. Ironie de l’histoire: sur le site de Honor (France, pas le choix), on ne peut pas se faire livrer en Belgique. Bref, on se perd un peu au niveau de la stratégie, mais ça n’a pas vraiment d’importance pour vous, le client final.

549€ pour un écran… troué

Honor nous avait habitués à des smartphones milieu de gamme avec un prix abordable et des performances suffisantes. Rien à voir avec le View 20, que l’on trouve à 549€ chez Vandenborre ou Coolblue. Notez que Krefel distribue aussi des smartphones Honor, mais pas MediaMarkt… Et il s’agit de la version 128 GB. Celle avec 256 GB de mémoire interne se trouve à 649€ sur le web.

Le View 20 est un grand smartphone de 6,4’’, et ce qu’on remarque immédiatement, c’est le ‘trou’ dans son écran. Depuis peu, quelques constructeurs ont préféré ce moyen pour insérer la caméra frontale, tout en évitant la fameuse ‘encoche’ (notch) qui déplait à certains.

D’un point de vue esthétique, c’est plutôt pas mal. Et avec certaines applications (comme YouTube), il est possible d’avoir une sensation d’immersion inédite, car la vidéo occupe tout l’écran (moins le ‘trou’ de la caméra, voir photo). Sur une appli comme Chrome ou RTL info, ça ne change pas grand chose en revanche, et le ‘trou’ de 4,5 mm de diamètre n’est qu’une encoche déplacée.

trou3


Du tout bon, à part l’écran

Concernant le reste de la fiche technique, on est plutôt gâté: puce Kirin 980 à 2,6 GHz (le même que le vaisseau-amiral de Huawei, le Mate 20 Pro), 6 GB de RAM, 128 GB de stockage interne (pas de port microSD mais nanoSD), appareil photo principal de 48 MP (25 MP à l’avant), batterie de 4.000 mAh, dos en verre aux reflets travaillés en forme de chevrons, Android 9.0.

Bref, niveau matériel, on est gâté, tout sera fluide durant quelques années, et le stockage devrait suffire, même pour les plus gros utilisateurs. Quant à la batterie, après 48 heures d’utilisation normale, notre View 20 ne rendait pas encore l’âme. C’est l’un des plus endurants que nous ayons pu tester.

Seul bémol: la qualité de l’écran. La dalle IPS de 1080 x 2310 pixels tire vers le bleu, et elle est loin de l’OLED qui équipe plusieurs smartphones dans cette gamme de prix. Les noirs sont donc gris, les couleurs moins vives, c’est inévitable. La luminosité maximale est heureusement suffisante pour une lecture agréable en plein soleil.

Enfin, et ça justifie en partie l’écart avec les smartphones à 1.000€, il n’y a pas d’étanchéité, pas de capteur d’empreinte intégré à l’écran, pas de charge sans fil (mais bien une charge rapide avec un bloc de 22,5W)

honor010

Et les photos ?

Avec un objectif principal de 48 MP, on s’attend surtout à des capacités de zoom intéressantes. En réalité, Honor est le premier smartphone à être équipé du dernier capteur IMX 586 de Sony.

Un capteur un peu plus grand que la moyenne, qui peut donc capturer plus de lumière. Et c’est très utile pour les photos à l’intérieur, en soirée, de nuit, etc. Tous nos clichés ont été réussis, avec peu de bruit numérique.

A l’extérieur, sans surprise, les photos sont parfaites. Le zoom est x2 sans perte de qualité, car les photos par défaut du Honor View 20 font 12 MP.

Le capteur supplémentaire à l’arrière exploite ce qu’on appelle la technologie ToF (Time of Flight). Il permet principalement de capturer des scènes en 3D, grâce à l’envoi d’impulsions laser et au calcul de leurs rebondissements. Ces fonctionnalités sont intégrées dans l’application ‘Appareil photo’, et notamment dans le suivi de la silhouette, dans la retouche vidéos (détouré du corps en mouvement). La 3D ToF peut également servir dans certains jeux, mais on ignore lesquels…


Conclusion

Belle surprise pour ce début d’année que ce Honor View 20, un appareil haut de gamme vendu 549€, et qui s’oppose donc au très bon OnePlus 6T qu’on a testé récemment.

Les performances sont là, cela ne fait aucun doute. Le design avec reflet en chevrons est particulier, osé, et orienté davantage vers les jeunes, sans doute. Les concessions sont faites uniquement au niveau de l’écran (qui n’est pas OLED) et de quelques options un peu gadget, comme l’étanchéité et le capteur d’empreinte intégré à l’écran. Bref, c’est l’un des meilleurs rapports prix/puissance du moment.

honor007

honor001

honor008