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Le G7 de LG, premier smartphone équipé d’un bouton Google Assistant (vidéo)

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 29 mai 2018 06h21 | Ajouter un commentaire

Le géant sud-coréen de l’électronique a rassemblé la presse du Benelux à Amsterdam cette semaine pour présenter le G7 ThinQ, nouveau flagship censé pousser la marque sur le marché très délicat de la téléphonie mobile. Mission compliquée en vue, même si un partenaire de marque comme Google s’est immiscé dans la partie…

De l’aveu même d’un responsable LG pour le Benelux, la situation du géant sud-coréen en Europe au niveau du mobile est « difficile« . Alors qu’aux Etats-Unis la marque serait en deuxième position (en valeur) derrière Apple et qu’en Asie, elle performe bien dans certains grands pays, la Belgique ne se passionne pas pour les smartphones de la marque. LG entre et sort du Top 5 régulièrement, se disputant une place honorifique (à défaut d’être lucrative) avec des acteurs comme Sony ou HTC.

Soyons clair: LG perd de l’argent sur le marché de la téléphonie mobile en Europe (il en gagne par ailleurs beaucoup avec ses téléviseurs et autres appareils électroménagers). Pour autant, il ne peut pas vraiment abandonner le smartphone: c’est une vitrine technologique, une présence plus sexy commercialement parlant qu’un lave-linge, et c’est indispensable pour tous les géants de l’électronique. Qui plus est, LG doit continuer à sortir des modèles haut-de-gamme, des flagships, au moins une fois par an. Même s’il ne vendra qu’une poignée de ces téléphones dépassant les 800€. A nouveau, c’est une question d’image.

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LG G7 ThinQ: un flagship prudent

Présenté le 2 mai à New-York, le dernier flagship de LG est le G7 ThinQ. Pourquoi pas simplement G7 ? « ThinQ est notre nouvelle plateforme pour tous nos appareils connectés ou intelligents« , nous a expliqué Jeroen Peeters, responsable LG, à Amsterdam, où la presse du Benelux découvrait l’appareil. Du marketing, donc, pour promouvoir un énième protocole de communication entre appareils d’une même marque, une énième application pour la ‘maison intelligente’. Il y a quatre ans, lors de notre visite des usines de LG à Séoul, on parlait de la norme ‘homechat’ pour une cuisine du futur communicante.

Vendu 849 euros en Belgique à partir de la mi-juin, le G7 succède au G6, ou plutôt au V30, sorti en automne dernier et que nous avons essayé il y a quelques mois. La stratégie de la gamme n’est pas très claire: que ce soit au niveau du prix, de la catégorie et du design, il n’y a pas de distinction entre les séries V et G.

A ce prix-là, le G7 présente une fiche technique haut-de-gamme, sans être exceptionnelle au niveau de la mémoire (4 GB RAM, 64 GB stockage) et de la batterie (3.000 mAh): Snapdragon 845, écran 6,1″ LCD QHD+ (3120 x 1440 pixels) qui occupe une grosse partie de la face avant avec un format élargi 19,5:9, double capteur photo à l’arrière de 16 MP (un normal et un grand angle), Android 8.0.

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Le ‘notch’ peut être transparent (gauche), coloré (droite) ou simplement noir

L’écran, comme souvent chez LG, est de bonne qualité. La luminosité maximale peut atteindre les 1,000-nit si vous êtes dehors en plein soleil, de quoi assurer une lisibilité optimale en toutes circonstances. Pas d’OLED, hélas, ce qui est étonnant alors que la société sœur LG Displays est le roi de l’OLED, une technologie à la demande exponentielle. Le G7 doit donc se contenter du LCD. Ça se ressent principalement quand vous regardez une série ou un film: les noirs sont « éclairés » et donc un peu gris.

Au niveau du design, LG est resté très prudent. On reste dans la lignée des G6 et V30, avec un écran certes un peu plus grand. La finition est bonne mais on aurait aimé une petite prise de risque pour se démarquer de la concurrence. Faces avant et arrière sont en verre brillant comme d’innombrables constructeurs, et de couleur noir, grise ou bleue.

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Un privilégié de Google Assistant, vraiment ?

Bref, il y a tout ce qu’il faut pour une expérience Android de premier ordre. Mais vu la concurrence dans le haut-de-gamme, il faut se démarquer. Anecdotique: le G7 prétend rendre inutile la petite enceinte Bluetooth grâce à son Boombox Speaker. C’est un mini haut-parleur intégré qui vibre en effet très fort dans le dos: si on le dépose sur une surface massive, l’effet de basse est effectivement augmenté. Encore mieux si vous le déposez sur une caisse de résonnance, comme une guitare, par exemple. Amusant et plutôt efficace.

Et pratique, aussi, pour parler avec Google Assistant: même à 5 mètres du smartphone, on peut le réveiller avec la phrase ‘Ok, Google’ et communiquer avec l’assistant vocal disponible en français « même s’il y a un bruit de fond comme un aspirateur« , d’après LG. Si celui-ci vous répond, vous serez à même le comprendre, même avec un bruit de fonds, grâce à la puissance du petit haut-parleur intégré. On pourrait presque se passer du Google Home ou de toute autre enceinte compatible avec l’assistant de Google.

On en vient à ce point délicat de la collaboration entre Google et LG. Partenaires dans le passé via la conception des Nexus (des smartphones avec une version pure d’Android), les deux acteurs ont semble-t-il voulu construire un lien privilégié entre Google Assistant et le LG G7 ThinQ.

A quel niveau ? C’est assez difficile à comprendre. Il y a bien un bouton supplémentaire sur la tranche (voir photo ci-dessus) qui par défaut lance Google Assistant, mais c’est symbolique: sur les autres smartphones compatibles (ils sont de plus en plus nombreux), il suffit de laisser son doigt appuyé sur le bouton d’accueil ou d’effectuer un petit geste pour parler à l’assistant.

On a appris à Amsterdam qu’il y aurait bientôt des « fonctions exclusives, inédites » pour l’utilisation du Google Assistant sur le G7. Mais on n’en saura pas plus avant la fin de l’année…

Il y a tout de même déjà quelque chose, même s’il faut attendre une mise-à-jour pour le tester: Google Assistant à accès à la partie hardware du G7: il peut en modifier les paramètres, lancer la caméra, le mettre en mode silencieux, etc. A voir dans la pratique si ça peut nous faire gagner du temps.

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De l’AI parce qu’il le faut bien

En automne 2017, Huawei, qui a l’avantage de fabriquer ses propres puces, sortait un Kirin 970 dont une partie de la puissance de calcul est dédiée à l’intelligence artificielle. Elle équipe les Mate 10 Pro et les P20, sur lesquels son intérêt le plus spectaculaire est la reconnaissance de scène. Une plage, un chien, de la nourriture ou un portrait: l’appareil photo adapte ses réglages en un clin d’œil pour prendre le meilleur cliché possible.

C’est exactement ce que nous a montré LG lors de sa petite conférence de presse. Et dans la pratique, le G7 est effectivement capable de reconnaître la scène, mais un peu moins bien que son rival chinois. La faute, sans doute, à l’utilisation d’une « simple » (mais très puissante) puce Snapdragon 845. L’AI Cam est une option, elle n’est pas activée par défaut. Nous l’avons activée et en pointant vers un bureau sur lequel reposait une canette et d’autres petits objets, l’AI a fait apparaître des suppositions improbables: jambon, chou-fleur, groupe de personnes, parking, rivière (voir ci-dessus). Ce n’est donc pas tout-à-fait au point et on se demande quels réglages il applique à quel moment…

Les photos sont cependant très réussies dans l’ensemble, et l’option grand angle reste pratique dans de nombreuses circonstances, dès qu’on se trouve en plan rapproché.

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Conclusion

Le LG G7 est sans conteste un bon appareil haut-de-gamme, du ‘made in Korea’ qui a un prix, hélas (849€). Performant, il vous procurera une expérience Android de premier plan. La partie matérielle est maîtrisée, comme toujours avec LG, mais au niveau du logiciel, on sent quelques approximations, quelques fonctionnalités ajoutées en fin de développement pour ne pas passer à côté des grandes tendances (l’appareil photo dit ‘AI’ pour intelligence artificielle est de la poudre aux yeux). Le grand public ne s’en rendra pas compte, mais l’observateur que je suis ne peut s’empêcher de doucement sourire…

A 849€ prix de lancement, on est au niveau du Galaxy S9 et pas loin du Huawei P20 Pro, et 40€ plus cher que le petit iPhone 8 de 4,7″. Il faut donc se démarquer pour exister, et le Boombox Speaker qui fait du bruit ne suffira pas.

Il y a donc le partenariat avec Google Assistant, que l’on retrouve déjà sur la boite du G7. Quand on déballe et qu’on allume, hélas, on déchante un peu. L’assistant vocal et intelligent a bien droit à un bouton physique dédié sur la tranche, comme le très critiqué Bixby sur les Galaxy S et Note, mais c’est anecdotique. Il aurait un accès inédit aux réglages du smartphone, mais de ce qu’on a pu essayer, l’assistant de Google peut aussi activer le mode silencieux ou la lampe-torche sur un Huawei P20.

On nous a promis des fonctions ‘Google Assistant’ plus percutantes et inédites pour la fin de l’année. En attendant, il s’agit davantage d’un partenariat marketing, l’un servant à promouvoir l’autre. Pas de quoi décupler l’intérêt du G7, donc…

En parlant de marketing, LG va réinvestir en Belgique. Après la coupe du monde de foot où les TV seront au centre de tout, le G7 aura droit à des partenariats avec tous les opérateurs, et à des campagnes publicitaires. Un investissement indispensable pour le Coréen: certains ont oublié qu’il vendait encore des smartphones…

Sony aurait-il enfin trouvé la bonne formule pour ses smartphones ?

Par Mathieu Tamigniau dans Comparatif, Mobilité , le 7 mai 2018 13h05 | Ajouter un commentaire
Sony a-t-il enfin trouvé la bonne formule pour ses smartphones ? On a testé les XZ2 et XZ2 Compact (photos)

Les deux smartphones présentés par Sony au dernier Mobile World Congress de Barcelone ont atterri à la rédaction de RTL info. Et c’est la bonne surprise: le célèbre constructeur japonais a gommé les défauts de ses téléphones (design, photographie), qui peuvent enfin affronter sans honte la concurrence…

Cela fait des années que Sony accepte de nous prêter des smartphones pour qu’on les teste et donne un avis aussi neutre et objectif que possible, nous qui essayons ces petits appareils devenus incontournables depuis près de 10 ans.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le constructeur japonais est persévérant. Car nos conclusions ont souvent été négatives. Sony est une belle marque, qui sort des appareils soignés et très bien finis depuis longtemps, mais qui a toujours un train de retard au niveau des smartphones, un marché atypique où tout bouge très vite.

En tant que marque historiquement premium n’ayant rien à prouver au niveau de l’innovation et de la qualité de fabrication, Sony n’a jamais été pressé de suivre les grandes tendances, essayant d’imposer la sienne, au niveau du design et d’une interface enrichie de tous les services que le conglomérat japonais comprend (cinéma, sport, photographie, partenariat, etc). Cette stratégie est payante pour la PlayStation, pas pour la téléphonie mobile.

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Le grand XZ2 (en noir brillant) et le petit XZ2 Compact (en gris mat)

XZ2 et XZ2 Compact: enfin un design moderne !

Les Xperia XZ2 (799€) et XZ2 Compact (599€) aperçus à Barcelone nous avaient laissé une bonne impression. Elle a été confirmée par le test de ces deux smartphones haut-de-gamme.

Premier constat: Sony a enfin changé de design. Après des années de bords anguleux qui les rendaient reconnaissables mais pas forcément confortables ni modernes, les Xperia s’arrondissent sur les côtés et dans le dos, améliorant considérablement la prise en main.

Contrairement au XZ1 testé il y a quelques mois seulement, le XZ2 augmente enfin la surface occupée par l’écran. Exit les bords d’un centimètre en haut et en bas. L’écran du XZ2 occupe 77% de la face avant (74% pour la version Compact). Ce n’est pas aussi bien que les meilleurs modèles de Samsung (84%) ou Huawei (80%), mais l’effort est à saluer et donne enfin un look moderne à Sony.

Notez que le format passe au 18:9, qui devient petit-à-petit la norme.

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Le format 18:9, la norme

Performance au rendez-vous

Les deux smartphones ont une fiche technique similaire (à part la taille et la batterie): écran IPS Full HD+ (2160 x 1080 pixels) d’excellente facture, puce Snapdragon 845 (la plus performante à l’heure actuelle), 64 GB de stockage interne (+ port microSD), 4 GB de mémoire vive, un seul capteur photo à l’arrière (19 MP), étanchéité IP68, Android 8.0, capteur d’empreinte dans le dos. Une fiche technique résolument haut-de-gamme: le P20 Pro de Huawei embarque 128 GB de stockage et 6 GB de RAM, mais a été lancé à 899€, soit 100€ de plus. A 599€, la version Comapct du XZ2 offre finalement le meilleur rapport qualité/prix, si les petits écrans (5 pouces) ne vous dérangent pas.

Les performances sont au rendez-vous, que ce soit au niveau de la fluidité du Snapdragon 845, ou des photos, un domaine qui faisait défaut à Sony depuis le début. Le capteur 19MP est enfin bien exploité, sur les deux modèles, et rivalise presque avec le Galaxy S9 de Samsung, qui occupe la même gamme de prix. Détails, luminosité, rapidité: même quand il fait plus sombre, les clichés sont le plus souvent très réussis. On peut filmer en 4K HDR, ce qui est une première pour un smartphone, mais l’intérêt est limité: pour profiter de cette qualité, il faudra un autre écran que celui du smartphone (qui est Full HD, rappelons-le), et le XZ2 ne tient pas toujours la cadence, on aperçoit parfois des petites saccades. Le mode Full HD à 60 images par seconde est suffisant et excellent, avec un bon suivi du sujet principal.

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La bonne affaire, c’est le XZ2 Compact, une « petite » bombe…

Conclusion: le XZ2 Compact, un maître-achat

Le Xperia XZ2, à 799€ prix de départ, se frotte à une concurrence acharnée et nommée Galaxy S9 de Samsung, Mate 10 Pro de Huawei, iPhone 8 d’Apple. Il a certes gommé son retard au niveau du design, mais il reste relativement classique face à des acteurs qui s’imposent depuis quelques années sur le podium des plus gros vendeurs dans le monde (et en Belgique). Son petit plus à part le fait de filmer en 4K HDR ? Il vibre avec le son lorsque vous regardez une vidéo ou écoutez de la musique. C’est plutôt sympa pour les séries ou les films, d’autant que le son est stéréo (il y a deux petits haut-parleurs, en haut et dans le bas des XZ2: pour un épisode dans le bain, c’est nickel). Est-ce suffisant pour battre Samsung et Huawei ? Pas certain, d’autant que le S9, le Mate 10 Pro ou le P20 sont sortis il y a quelques temps et que leur prix va bientôt baisser.

En réalité, le joli coup de Sony, c’est le Xperia XZ2 Compact. A 599€, il faut le considérer comme un gros concentré de technologique miniaturisé, plutôt que comme un petit smartphone. D’autant plus qu’à part une batterie moins imposante (et le fait de vibrer avec la musique…), il est identique à son grand frère en tous points. On lui préfère de plus son dos à la finition mate et non brillante comme son grand frère, ce qui évite les traces de doigts. Le XZ2 Compact est, avec l’iPhone SE dont on annonce une nouvelle édition, le dernier smartphone de taille modeste à être équipé des technologies les plus performantes.

On ne reprochera qu’une seule chose à ces deux smartphones: le positionnement du capteur d’empreinte digitale, pratiquement au milieu du dos de l’appareil pour le XZ2. Votre index ne tombera jamais dessus naturellement. Notez également que le XZ2 Compact fait un peu « petit gros », car il est arrondi à l’arrière tout en étant de taille raisonnable :gros

Galerie photos – XZ2









Galerie photos XZ2 Compact :