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Fitbit, le N.1 du bracelet d’activité, se lance dans la smartwatch: bide ou évolution ?

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Test , le 22 décembre 2017 16h51 | Ajouter un commentaire

Fitbit, le N.1 du bracelet d'activité, se lance dans la smartwatch: bide ou évolution ?

En sortant l’Ionic, le N.1 du bracelet connecté fait un pas en direction de la smartwatch, un marché boudé par le grand public. Le pari, risqué, est-il réussi ?

Véritable bulle il y a quelques années, le petit monde du wearable (ces objets connectés que l’on porte sur soi) a fait des dégâts. Il a fait dépenser des millions de dollars à des entreprises comme LG ou Motorola (Lenovo), qui ont fini par jeter leur smartwatchsous Android à la poubelle.

Certains gros poissons croient encore à la montre connectée encombrante et multifonctionnelle que l’on recharge tous les soirs, mais peinent à trouver un public de masse. Apple, Samsung et Huawei ne misent pas énormément sur ce secteur pour gonfler leur chiffre d’affaire, mais bien plus pour soigner leur image de marque et ne pas laisser le marché à la concurrence.

Un seul acteur semble tirer son épingle du jeu: Fitbit. Il y a quelques mois, on vous avait parlé du Alta HR, un excellent compromis entre suivi d’activité (notamment grâce au capteur de pulsation intégré), de santé, de sommeil ; coach sportif avec une application bien foutue pour vous aider à atteindre vos objectifs de perte de poids ; et bracelet connecté minimaliste qui vous prévient en cas d’appel ou de message, et vous réveille silencieusement, le tout en vibrant à votre poignet. Autonomie: 7 jours. Point à la ligne. Circulez, la concurrence est larguée. Le Alta HR reste LE bracelet d’activité de l’année et son prix a baissé: on le trouve à 122€ chez Vandenborre, par exemple.

Mais Fitbit, qui investit encore et toujours pour se développer rapidement et occuper toute la place disponible tant que les autres pataugent un peu, n’en reste pas là. Il a sorti l’automne dernier l’Ionic, qui ressemble davantage à une smartwatch. Le pari n’est-il pas très risqué vu ce que l’on vient de dire ?

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Un large bracelet mais une épaisseur contenue

Un bracelet d’activité…

On a dû réfléchir un peu pour ranger l’Ionic dans la catégorie des bracelets connectés, limités en termes de fonctions mais bon marché et avec une autonomie d’environ une semaine, ou celle des grosses ‘smartwatch’, gadgets pour jeunes geeks (ou ceux qui passent leur journée à vélo et ne peuvent pas sortir leur smartphone).

Une interrogation logique: l’Ionic est parfaitement entre les deux catégories.

On retrouve forcément tout ce que Fitbit fait très bien depuis quelques années en terme de bracelet: un suivi pointu de l’activité physique (détection automatique des efforts, nombre de pas et, nouveauté, d’étages gravis), du sommeil ; sans oublier cette application souvent mise à jour et d’excellente facture, configurable à souhait.

Mais il y a mieux, cette année.

… ET une smartwatch

En 2016, la Fitbit Blaze, peu vendue chez nous, avait en effet introduit l’écran couleur assez large et tactile sur ses bracelets.

L’Ionic va cependant nettement plus loin dans le côté ‘smart’, en se dotant d’un réel magasin d’applications (celles de Fitbit mais aussi celle des ampoules connectées de Philips, du New-York Times, de Yelp, Flipboard, etc). L’entreprise américaine a dû mettre au point ce qu’on appelle un SDK(Software Development Kit) afin que les développeurs d’applications puissent en proposer sur Fitbit OS, le nouveau système d’exploitation qui équipe l’Ionic.

Au-delà de ces applications pour l’instant peu nombreuses (seul un large succès international attirera les développeurs d’application, et on n’y est sans doute pas encore), il y a bien sûr le fait que le petit écran d’environ 2 centimètres carrés (250 x 348 pixels) affiche bien plus d’infos que les autres bracelets de Fitbit.

On peut par exemple lancer une activité sportive bien spécifique pour que la montre analyse intelligemment les mouvements et le rythme cardiaque, ou active le GPS si vous allez courir. Notez bien que les autres bracelets de Fitbit, y compris la Blaze, n’ont pas leur propre puce GPS: ils doivent être reliés au smartphone en permanence pour suivre votre parcours. Avec l’Ionic, vous pouvez laisser le smartphone dans la voiture quand vous allez faire un tour en courant ou à vélo. Raison pour laquelle il y a également une petite mémoire embarquée permettant « de stocker plus de 300 » chansons, d’après Fitbit.

Ajoutez à cela les notifications: vous pouvez afficher toutes celles qui le sont sur votre smartphone, mais elles sont passives. Impossible cependant de répondre à un message, ou d’interagir avec une notification intelligente.

Sans oublier le NFC pour le paiement sans contact, même si notre pays n’est pas (encore) pris en charge par Fitbit Pay. Le principe est toujours le même: relier sa carte de crédit/débit à l’application Fitbit, puis payer avec son Ionic dès que vous voyez un terminal équipé du sigle ‘sans-fil’.

Enfin, il est possible de régler l’alarme sans passer par l’application, ce qui est pratique. Afficher ses stats est également nettement plus lisible également que sur l’Alta HR, comme vous l’imaginez.

Donc oui, l’Ionic est une smartwatch, mais avec tous les avantages d’un bracelet de suivi d’activité.

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La liste et le magasin d’applications de Fitbit OS

Conclusion

L’Ionic est bel et bien la première ‘smartwatch’ de Fitbit, avec son écran tactile, son magasin d’applications, son GPS intégré et sa mémoire de stockage intégrée. Cette catégorie de produits faisant plutôt fuir les foules qui imaginent des grosses montres à l’autonomie de 8 heures, l’entreprise américaine ne devrait pas trop en parler.

Car l’Ionic, c’est avant tout un excellent bracelet de suivi d’activité, de sommeil, de sport, avec une autonomie qui reste très raisonnable: on a tenu 5 jours sans problème.

Fitbit a réussi l’exploit d’ajouter à ce discret bracelet d’activité une puce GPS, une puce NFC, 4 GB de mémoire et un système d’exploitation offrant des fonctions ‘smartwatch’ qui pourraient, à terme et si de grands acteurs tiers prennent la peine de développer une application pour Fitbit OS.

Son prix de 349€ est évidemment plus élevé que le reste de la gamme Fitbit, et se rapproche de celui des smartwatch. Celles-ci ont nettement plus d’applications performantes, des notifications avec lesquelles on peut interagir (alors que la Fitbit ne fait que les afficher), mais ont deux gros défauts: un encombrement important et une autonomie ridicule de quelques heures…

A nos yeux, le pari risqué de Fitbit est pour l’instant réussi.









Wiko, la marque « française » de smartphones à bas prix, essaie de monter en gamme

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Test , le 11 décembre 2017 09h00 | Ajouter un commentaire

Wiko, la marque L’un se démarque par un écran au format 18:9 jusqu’à présent réservé à l’élite, l’autre par une configuration musclée: RTL info a jeté un œil aux View XL et Wim, deux smartphones qui représentent peut-être un tournant dans la stratégie de la marque (commercialement) française Wiko.

On vous a déjà parlé plusieurs fois de la marque Wiko, qui possède des bureaux à Marseille où le design et le marketing, notamment, prennent place. 250 personnes y travaillent. A ce titre, on peut dire que Wiko est l’une des rares entreprises européennes à ce point impliquées dans la commercialisation de smartphones. 250 autres personnes travaillent pour Wiko ailleurs dans le monde.

Mais ne nous leurrons pas: la société française est en réalité la filiale d’un géant chinois inconnu chez nous, Tinno Mobile, qui est à l’initiative de sa naissance et possède 95% des parts. Tinno Mobile, basé à Shenzhen (tout comme Foxconn, Huawei, etc), fabrique des smartphones Android depuis 2005 pour le compte de nombreuses filiales ‘locales’, dont Wiko pour l’Europe.

Habituée des rayons ‘low-cost’ depuis ses débuts, Wiko tente petit-à-petit de monter en gamme et en qualité. Car c’est bien là qu’on gagne de l’argent. Sur un entrée de gamme à 99€, il n’y a que quelques euros de bénéfice, et encore… Voilà donc les Wiko View XL et Wim, qui sont passés par les bureaux de RTL info pour une petite analyse.

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Le View XL à gauche, le Wim à droite

Le Wim déçoit sur les photos…

Le Wim est un smartphone lancé à 399€ en septembre dernier. Un tarif où l’on trouve les plus grandes marques. Le Wim a une fiche technique relativement conforme à cette gamme de prix: écran de 5,5 pouces AMOLED Full HD, puce Snapdragon 626 à 8 cœurs, 4 Go de RAM, 64 GB de stockage (+ carte microSD), deux capteurs de 13 Mpx à l’arrière (et 16 Mpx à l’avant), batterie de 3 200 mAh, Android 7.1 Nougat et surcouche Wiko avec pas mal d’applications maison (un peu trop, même).

Le capteur d’empreinte à l’avant est assez rapide (moins que chez les grands fabricants, cependant), mais on regrette deux choses au niveau du design: l’utilisation du plastique à l’arrière, qui dénote un peu à 399€, et la face avant où l’écran n’occupe que 71%, à cause de bords assez importants de tous les côtés. De plus, les boutons Android sont logiciels, donc intégrés à l’écran, alors qu’ils auraient pu être disposés de part et d’autres du capteur/bouton d’accueil. Mais ce sont des détails.

L’autre défaut, c’est la partie photo. Les deux capteurs permettent certes de jouer sur l’effet de profondeur (a posteriori) et de flouter avant ou arrière-plan, mais les couleurs nous semblent anormalement chaudes et surexposées. Sans parler du gros ralentissement constaté entre la prise de vue et la disponibilité de la photo: presque 4 secondes, car il faut que le processeur fusionne les deux images (une par capteur), et celui de Wiko est visiblement un peu à la traîne.

Pour le reste, l’interface sous Android 7.1 légèrement retouchée est toujours aussi sympa chez Wiko. Colorée, fun et pratique, les plus jeunes apprécieront. En plus, elle est très fluide. Quant à l’écran AMOLED, il tient ses promesses avec des couleurs vives et des noirs profonds.

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Côté photo, ce n’est pas la panacée, même pour le Wim, à droite, et son double capteur

Le View fait chuter le prix du 18:9

De son côté, le View XL de Wiko a pour principal avantage de proposer un écran au format allongé 18:9 (comme le font Samsung, Huawei et LG depuis peu) à un tarif très abordable. Il ne coûte en effet que 230€ (la version standard du View a été lancée à 180€ avec 16 GB de stockage, et 200€ avec 32 GB).

Sans surprise, dans cette gamme de prix, il y a des limites au niveau de la qualité de l’écran et des photos, et de la fluidité de l’interface. La faute à l’écran HD et à la puce Snapdragon 425, principalement.

Pour résumer, c’est assez moyen, ni bon, ni mauvais. Quoi que l’écran n’est vraiment pas terrible: les noirs sont gris, les couleurs ternes et l’angle de vue catastrophique (dès que vous ne regardez pas l’appareil bien en face, ça se remarque; voir les photos ci-dessous).

L’intérêt des View est donc uniquement d’avoir l’air cool avec un écran allongé, qui il est vrai rend la lecture des vidéos assez sympa, et augmente la surface de l’écran par rapport à la face avant. Autre bon point: la finition est métallique dans le dos, ce qui confère un look plus premium, même si l’assemblage est hasardeux (ça clicote parfois, comme on dit).

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Le seul avantage du View XL: un format 18:9 à prix cassé

Conclusion

Que penser de cette incursion de Wiko, marque qui a bâti sa réputation sur le low-cost, dans le segment premium (ou celui du design premium) ?

Difficile de trancher. Le Wim est clairement un appareil réussi: il est réactif, bien fini et avec un écran AMOLED qui fait la différence. Mais son prix de base est de 399€, et la concurrence, qui a une meilleure réputation, est rude à ce niveau. Pour ne citer qu’eux: LG G6 et Nokia 8 dont le prix a fort baissé dernièrement, Moto Z2 Play, HTC U Ultra.

Le View XL, lancé à 230€, n’a d’intérêt que son écran allongé 18:9 très à la mode. Le reste ne se démarque pas assez pour taper dans l’œil du consommateur.

Petit détail agaçant: ces deux Wiko n’optent toujours pas pour le connecteur USB Type-C réversible et plus rapide, mais toujours pour le vieux micro-USB.

Heureusement pour Wiko, les prix ont déjà baissé en quelques semaines. Difficile de savoir si c’est permanent, mais on trouve le Wim en promo à 299€ un peu partout sur le web (des marchands très sérieux comme Amazon), et le View XL à 199€. A ces prix-là, évidemment, on a tendance à donner un étoile de plus à ces deux smartphones un peu français.

Pour info, Wiko est toujours la deuxième marque de smartphone la plus vendue en France, en 2017 (19%, chiffres Gfk fournis par Wiko). Et en Europe comme en Belgique, elle occupe la 4e place.

Plus de photos: le View XL en version dorée (à gauche)
et le Wim en version noire (à droite):