Archives du octobre, 2017

Deux semaines avec le Galaxy Note 8: la star de l’année ?

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Test , le 20 octobre 2017 10h10 | Ajouter un commentaire

rez001

Le vaisseau amiral de Samsung, le Galaxy Note 8, est le smartphone de tous les superlatifs. Sorti en août dernier à New-York (nous y étions), il est le plus grand appareil de la gamme sud-coréenne, et nous a surpris en premier lieu par un prix de vente élevé: 999€.

Nous avons pu mettre la main dessus dernièrement, pour l’utiliser durant deux semaines. Voici nos dernières impressions.

ON A AIMÉ

C’est sans conteste l’un des plus beaux smartphones de l’année, avec son écran vraiment borderless (sur les côtés) et arrondi. Le format 18:9 permet d’afficher confortablement une grande surface de travail (1440 x 2960 pixels) tout en restant facile à prendre en main, car pas trop large. L’écran ‘Inifinity Display’ fait mouche. C’est impressionnant à plus d’un titre.

A force d’utiliser son stylet intelligent intégré, on en viendrait presque à lui trouver une réelle utilité. Celui-ci se retire très facilement et dès que c’est le cas (où lorsqu’on appuie sur son bouton), un petit menu apparait et permet plusieurs options (capture intelligente, note rapide, etc). On n’a rien trouvé de plus rapide et plus précis pour capturer et partager rapidement une sélection d’un écran. Le côté ‘note manuscrite’ et ‘dessin’, ça reste à nos yeux réservé à une petite partie de la population.

rez008

Le Note 8 a l’un des meilleurs double capteur photo. Samsung a choisi un système qui repose sur deux focales différentes. On trouve un module grand-angle en capteur 12 Mpx (1/2,55″)  et  une optique stabilisée équivalente à un 26 mm et ouvrant à f/1,7. Le second module s’appuie lui aussi sur un capteur 12 Mpx (plus petit, 1/3,6″) et une optique équivalente à un 52 mm ouvrant à f/2,6. Derrière ces chiffres barbares, il y a la réalité: des photos de très bonne facture, surtout en plein jour. Dès qu’il fait plus sombre, comme les autres, il se plante un peu.

Malgré une batterie de « seulement » 3300 mAh, Samsung maîtrise tellement bien son Android customisé que l’autonomie est très bonne. On approche les deux journées d’utilisation si on ne regarde Netflix en 4G pendant 1 heure. Et ça, c’est beau. Ceci dit, Huawei est parvenu à mettre 4.000 mAh dans son dernier Mate 10 Pro, et atteint facilement les deux journées d’utilisation.

ON A MOINS AIMÉ

Samsung n’ayant plus de place sur la face avant de son smartphone, il a du trouver une parade. Comme sur le S8, le capteur d’empreinte digitale pour le déverrouillage est à l’arrière, à côté de l’appareil photo. Ce n’est vraiment pas le bon endroit: beaucoup trop haut, il oblige à se tordre le poignet pour que l’index tombe dessus, par hasard qui plus est. Pourquoi ne pas l’avoir mis en-dessous, comme la concurrence ? Ce problème nous oblige à chercher d’autres méthodes de déverrouillage, dont la reconnaissance faciale ou d’iris, mais c’est fastidieux, ça prend trop de temps et ça dépend souvent des conditions lumineuses ou de la position de votre smartphone par rapport à votre tête. Bref, c’est irritant.

rez006

Alors que les premiers smartphones sous Android 8 débarquent, le Note 8 se contente d’Android 7 avec une grosse surcouche logicielle de Samsung, qui nous prive par exemple du « menu contextuel » disponible quand on laisse son doigt sur une icône d’application. Le logiciel est cependant un modèle de stabilité et de rapidité, mais pourquoi ne pas laisser un peu plus de place à Google, qui est plus simple au niveau du cloud (galerie photo, contact, agenda, etc) ?

CONCLUSION

Le Note 8 est sans conteste l’un des meilleurs smartphones de l’année. Sa finition, son concept borderless poussé au maximum au niveau de l’écran, son stylet intégré unique en son genre, en font un appareil à part, plus exotique que le Mate 10 Pro que Huawei vient de sortir.

Mais à 999€, saura-t-il trouver un public ? Difficile à dire. Le Mate 10 Pro est 200€ moins cher, avec quelques bons arguments lui aussi…

rez007 rez005 rez004 rez002 rez001

Forza 7, Project Cars 2: quel jeu de courses choisir sur Xbox ?

Par Mathieu Tamigniau dans Jeu vidéo , le 13 octobre 2017 11h50 | Ajouter un commentaire

Forza 7 Porsche in the Lead 4K

On a longtemps considéré la série Gran Turismo (une exclu PlayStation) comme LE jeu vidéo de simulation de course unique en son genre. Collectionner les voitures, débuter avec des ‘petits’ modèles pour gagner des courses et des crédits, remporter au fur et à mesure une série de championnat et de trophée pour devenir le meilleur pilote… L’équipe de Polyphony Digital a inventé un concept il y a 20 ans sur PlayStation 1.

Ce rêve pour de nombreux joueurs prend tout son sens sur Xbox One dans Forza Motorsport 7, un opus qui ne révolutionne pas le genre, mais frôle la perfection tant au niveau du catalogue de voitures que des circuits (30) modélisés à la perfection, dont celui de Spa-Francorchamps.

On a également été étonné par les jeux de lumières sur l’aube, le crépuscule, l’orage, le soleil, etc. Des conditions de jeu dynamiques qui rendent l’ensemble plus crédible.

forza7

Il y a plus de 700 voitures disponibles, et dont l’habitacle intérieur a été modélisé, dans le but de rendre cette vue de pilotage la plus réaliste possible, même si à mes yeux elle est plus difficile que celle sur l’avant du capot de la voiture…  Il s’agit de la plus grande sélection de Ferrari, Porsche et Lamborghini disponible dans un même jeu de course.

La réussite est dans les détails, dit-on. Avec FM7, il est donc possible de relooker sa voiture (stickers, peintures, etc) comme sa tenue de pilote.

On lui reprochera sans doute un certain manque d’audace dans le gameplay, car le concept comme les courses sont assez convenues. Il y a tout de même les Mods, qui vous permettent de gagner plus de crédit en réussissant un défi durant la course.

Au-delà de cette considération, Forza 7 est avant tout… un très beau jeu – et le sera encore plus sur la Xbox One X en 4K et HDR, qui arrive bientôt.

Côté jouabilité, le niveau de difficulté par défaut est très bas, car les aides à la conduite sont toutes activées  au départ (freinage, accélération bloquée, direction, marquage au sol de la meilleure trajectoire et du moment auquel freiner). Mais tout est activable/désactivable facilement à chaque début de course.

A vous de trouver le juste milieu pour vous amuser tout en ayant l’impression de piloter réellement.

35455233321_7206c05dc2_h

Project Cars 2

Au même moment sort, sur Xbox One mais aussi sur d’autres plateformes, Project Cars 2, la suite du jeu vidéo soutenu par le crowdfunding. Il est nettement plus orienté simulation, même si comme pour FM7, des aides au pilotage peuvent être activées/désactivées facilement.

Le concept est cependant plus poussé. Par exemple, les changements de surface se font ressentir directement au niveau de l’adhérence. En plus du LiveTrack 3.0, qui permet des conditions environnementales dynamiques tout au long de la course, vous faisant souvent hésiter à passer au stand pour changer de pneus.

Le catalogue de voiture est plus restreint que sur FM7, mais il est plus pointu, et chaque voiture devra être maîtrisée tant son pilotage sera différent des autres. IndyCar, proto, rallycross, kart… il faut à chaque fois revoir sa manière de conduire, et c’est ça qui est amusant.

Les modes de jeu sont assez classiques (Carrière, Partie Rapide et Communauté), mais on appréciera les balades en « circuit ouvert » sur la Côte d’Azur ou la California Highway !

Du côté des points négatifs, on a remarqué une intelligence artificielle parfois un peu barrée en début de course, n’hésitant pas à vous rentrer dedans…

35585407265_808140517a_z

Conclusion

Personnellement, j’ai aimé les deux titres. Graphiquement, on atteint des sommets de réalisme, même si on le dit à chaque nouvelle génération de console. Les voitures (y compris l’intérieur), les circuits, tout est splendide.

Sans conteste, Forza Motorsport 7 est plus accessible. Par défaut, le niveau de difficulté est assez bas et on gagne assez vite des courses, même en désactivant les aides au pilotage. Ce n’est pas le cas de Project Cars 2. Moins fourni en voitures, il est plus orienté simulation pure, et plus pointu au niveau du pilotage, des conditions de route, etc.

Choisissez donc FM7 si vous voulez collectionner des voitures de rêve, et avancer rapidement dans le mode carrière. Et PC2 si vous cherchez le challenge et le stress de partir dans le décor à chaque course.

Comment fabrique-t-on un smartphone ? [VIDEO]

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité , le 6 octobre 2017 14h35 | Ajouter un commentaire

Le géant Huawei a ouvert les portes de ses installations chinoises à quelques médias, dont RTL info, pour montrer les coulisses de la fabrication d’un smartphone. Cet appareil qui prend de plus en plus de place dans notre quotidien n’aura plus de secret pour vous…

Les smartphones sont devenus des éléments incontournables de notre vie quotidienne. Difficile de s’en passer pour communiquer, se divertir, avoir sa carte d’embarquement pour un vol, prendre des photos ou des vidéos. Cette liste est non-exhaustive.

RTL info a voulu en savoir plus sur la manière dont sont conçus ces précieux compagnons de tous les jours, que les propriétaires remplacent en moyenne tous les deux ans. Où sont-ils fabriqués ? Et comment ?

shenzen
Shenzhen, la Chine des grandes villes, riche et occidentalisée

Shenzhen, Huawei… même combat

Pour le savoir, on s’est rendu à Shenzhen, capitale chinoise des nouvelles technologies. Il y a une vingtaine d’années, voyant la Silicon Valley détenir les clés de l’économie numérique, le gouvernement chinois a participé à la transformation de ce village de pêcheurs en riche mégapole ou s’est implanté, notamment, le géant des télécoms Huawei. Parmi les autres grands noms présents dans cette ville de 16 millions d’habitants, on note Foxconn (dont l’usine ici fabrique entre autres l’iPhone, rien que ça…), ZTE, Tenzen, DJI, etc…

Huawei, devenu N.2 mondial (derrière Samsung) en termes du nombre de smartphones vendus dans le monde en 2017, nous a ouvert les portes de ses usines et centres de recherche et développement durant quelques jours cet automne.

La marque est justement née à Shenzhen il y a 30 ans, dans de modestes bureaux. Aujourd’hui, l’entreprise est devenue un acteur majeur dans les télécommunications, un domaine auquel elle a choisi de se limiter (pas de machine à laver ni de télévision…). Un modèle atypique, avec une rotation des trois CEO tous les 6 mois, le fait que Huawei soit détenu à 1% par son fondateur, mais à 99% par les employés (pas en bourse), sa manière de répartir ses infrastructures et ses partenariats partout dans le monde, tout en gardant une identité chinoise.

On parle de 180.000 employés dans le monde, dont 79.000 dans 15 centres de recherche et développement éparpillés un peu partout dans le monde. Sur Shenzhen où nous avons visité le ‘campus’ de Huawei, il y a environ 40.000 personnes qui travaillent, dans d’innombrables bureaux, mais également dans le centre de formation (‘Huawei University’), un gigantesque laboratoire sous-terrain pour tester le matériel dans toutes les conditions possibles et imaginables, etc. Tout cela nécessite par exemple des cantines capables d’accueillir 1.000 employés à la fois en 30 minutes, des dizaines de restaurants, des supérettes, des navettes (minibus) permanentes pour que les employés rejoignent les différentes sites du groupe, et bientôt… un hôtel (en cours de construction).

Bref, Huawei, comme Shenzhen, sont des mastodontes asiatiques à la capacité de production, de création et d’innovation uniques au monde.

infr
Une partie des infrastructures de Huawei en Chine (dont le QG, au fond à gauche)

Tout ça pour quoi ? Voici comment on conçoit un smartphone

Beaucoup l’ignorent mais à l’origine, Huawei est un fabricant de matériel de télécommunication (les antennes GSM mais aussi tout le matériel qui va avec). Les choses ont un peu changé depuis que le géant chinois a décidé de vendre des smartphones. Aujourd’hui, 40% du chiffre d’affaire provient de la vente de téléphones, et même plus de 50% en Belgique, où Huawei a vendu 525.000 smartphones en 2016, sur un marché d’environ 3,1 millions d’appareils annuellement.

On a profité de notre voyage à Shenzhen pour comprendre le processus de fabrication d’un smartphone. En réalité, c’est nettement plus long que ce qu’on pense. Il faut déjà 6 mois pour faire des tests auprès de tous les opérateurs avant la mise en production finale. Des modèles – dont le design est alors camouflé par une coque impossible à enlever – sont envoyés dans chaque pays pour que les opérateurs effectuent des tests. Le design ayant une importance capitale dans la manière dont les antennes du smartphone communiqueront avec celles installées dans notre pays, il doit être défini (et donc l’appareil construit) quelques mois avant ces tests, d’après nous.

Vous l’aurez compris, la partie ‘conception’ et ‘design’ n’est pas vraiment accessible aux journalistes, car Huawei est occupé actuellement avec les modèles qui sortiront en 2018 voire en 2019.

labo
Une des nombreuses machines de torture des smartphones avant leur production de masse

Le laboratoire de test

Le fabricant chinois nous a heureusement fait visiter quelques uns de ses sites de productions basés près de Shenzhen.

Une fois que les premiers prototypes sont fabriqués, vient la lourde et longue phase de test du smartphone mais également des accessoires fournis, comme le chargeur. Au-delà de la simple sécurité de la batterie dont on a beaucoup parlé l’an dernier, il y a d’innombrables conditions ordinaires ou extraordinaires qui doivent être simulées par Huawei.

Dans ses laboratoires de Cloud Park, à une heure du centre de Shenzhen, plusieurs grandes salles accueillent diverses machines de tortures: un smartphone lancé à terre, mis dans une poche arrière sur laquelle on s’assoit, tombant dans des escaliers ou placés dans des conditions climatiques extrêmes (jusqu’à 130 degrés ou 100% de taux d’humidité)…

Des machines très précises appuient 5.000 fois sur le même bouton, sans arrêt, ou tordent les câbles de chargeur pour tester leur résistance.

prod
Ces grosses machines fabriquent la carte mère à l’aide de microcomposants

La ligne de production

Dès que ces tests sont réussis, direction les usines d’assemblage. Nous avons pu visiter celles de Huawei située à Donguan, à 40 km environ de Shenzhen. Il y a à nouveau un ‘campus’ du géant chinois dans cette ville, qui est par ailleurs en train de s’y construire un nouveau headquarter (siège central), parallèlement à celui de Shenzhen, devenu déjà trop petit…

Nous étions les premiers journalistes à pouvoir pénétrer et voir de près une ligne de production. Il faut savoir que Huawei est la première marque qui permet cela, par un souci d’ouverture, de transparence, d’image positive à véhiculer auprès du public à travers la presse, a-t-on appris en coulisse.

Concrètement, il s’agit en fait de lignes de production et d’assemblage, similaires à celles d’une voiture, par exemple. La ligne fait au total 120 mètres, et une vingtaine de personnes y travaille sur base de deux shifts de 8h. Les machines, elles, fonctionnent 24h sur 24. La moitié de la ligne est automatisée, l’autre pas, par exemple pour certaines vérifications ou opérations qui doivent être manuelles.

caete
Un tapis roulant d’une cinquantaine de mètres accompagne la transformation de la carte-mère en smartphone

Un tapis roulant qui voit la carte-mère devenir un smartphone

Toutes les pièces nécessaires sont emmagasinées dans les machines, et ça commence par la fabrication de la carte-mère, une pièce maîtresse qui accueille et fait communiquer entre eux toutes les pièces d’un smartphone (ou d’un ordinateur, d’ailleurs). On trouve des rouleaux de microcomposants, appelons-la la matière première, qui sont incrustés sur la carte mère par des machines très sophistiquées de marque japonaise ou allemande.

En réalité, la carte effectue un trajet d’une cinquantaine de mètres sur un tapis roulant, et un système mécanique la déplace à travers les machines qui lui ajoutent des pièces.

Après chaque ajout d’une pièce, il y a un passage (toujours automatisé via le tapis roulant), par une machine de test, conçue sur mesure par Huawei cette fois, et la carte-mère, qui ressemble de plus en plus à un smartphone avec l’ajout progressif de l’écran et du cadre, doit recevoir un ‘pass’. Lors de notre passage, il y avait une moyenne de 98,5% de ‘pass’. Les smartphones défectueux sont mis sur le côté et analysés par des ingénieurs.

La fin de la chaîne, c’est la mise en boite individuelle, puis dans les caisses destinées à l’envoi. Un ordinateur leur colle l’étiquette de destination, ce pourrait être le Mediamarkt à côté de chez vous.

Derniers chiffres importants à retenir : il faut environ 36 heures pour construire un Huawei P10, un smartphone haut-de-gamme de la marque. Car des colles spéciales sont utilisées lors de l’assemblage, et elle nécessite un temps de séchage de 24h. Certains tests logiciels prennent également plusieurs heures, car il faut tout vérifier, même si l’appareil sait jouer une vidéo !

Sachez enfin que dans cette usine, 1,5 millions de smartphones sont fabriqués chaque mois. Ce n’est évidemment pas assez pour atteindre la production annuelle de 130 millions de téléphones Huawei (chiffres de 2016). Donc, toujours dans le cas du P10, seuls 10% de la production est en interne. Le reste est sous-traité à des partenaires extérieurs, notamment au géant taïwanais très implanté à Shenzhen, Foxconn (qui assemble par exemple tous les iPhone, mais a malgré tout les capacités d’accepter de nombreux autres clients comme Huawei !).