Archives du mars, 2017

La TV devient objet d’art, qu’on a envie de placer dans son salon

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Test , le 20 mars 2017 14h00 | Ajouter un commentaire

Les termes OLED, HDR et Quantum Dot ne vous parlent pas ? Tant mieux, car Samsung, le premier vendeur de TV dans le monde, a travaillé davantage sur le design et l’intégration de la TV dans le salon, plutôt que des pixels et de la technologie qui les anime. Nous étions au lancement de sa nouvelle série haut-de-gamme, baptisée QLED, à Paris.

La course aux pixels est enfin terminée: le plus gros avantage de cette TV, c'est son câble unique et transparent

Les télévisions sont un marché bien particulier dans le petit monde très agité des « nouvelles technologies ». Elles n’ont pas le rythme de sortie effréné des smartphones, qui chaque année amène des (petites) nouveautés – ce qui est surtout dû au fait que iOS et Android, les deux systèmes d’exploitation concurrents, se mettent à jour annuellement.

En télévision, on parle rarement de rupture au niveau des technologies, mais les constructeurs, marketing et concurrence obligent, jouent forcément des coudes pour convaincre les consommateurs qu’ils sont les meilleurs. Le marché est porteur, même en Belgique, où 700.000 TV sont achetées chaque année.

L’Ultra Haute Définition (UHD, soit 3.840 x 2.160 pixels au lieu de 1.920 x 1.080 pixels), dont on a déjà parlé, est une de ces tentatives un peu vaine de convaincre les utilisateurs de changer de télévision. Mais même après plusieurs essais, nous n’avons jamais vu de différences notables, à moins de se tenir à 1 mètre de sa télévision de 55 pouces (mais qui fait ça ?). Or, les Belges achètent de plus en plus de TV de 55 pouces: de 81.000 en 2015 à 120.000 en 2016 !

Mais même si l’UHD devient la norme petit-à-petit (« c’est 30% de nos ventes« , nous a confié Samsung, N.1 en Belgique), elle n’est pas un argument de vente pour le consommateur.

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Chez Samsung, c’est QLED, et pas OLED

Samsung à contre-courant

Alors que de plus en plus de constructeurs (Sony et Philips viennent d’annoncer de nouveaux modèles) rallient LG et sa technologie OLED, considérée par les spécialistes comme celle offrant la plus belle image, Samsung préfère la réserver à ses smartphones dont les écrans sont clairement parmi les meilleurs.

En TV, il mise sur la technologie ‘Quantum Dot’, dont on vous passera les détails, mais qui globalement offre une très belle image, forcément. Pour la petite histoire, la nouvelle série de téléviseurs haut-de-gamme du géant coréen, QLED, présentée à la presse mondiale à Paris cette semaine, est la seule à reproduire un volume colorimétrique de 100%. Ce qu’on a retenu d’intéressant, c’est que cette nouvelle télévision ne contient pas de Cadmium, un composant nocif utilisé par la plupart des constructeurs.

Mais depuis le début, en fait, Samsung et ses concurrents prétendent chaque année offrir la meilleure qualité d’image grâce à une nouvelle technologie incroyable. Soyons clairs: il y a des petites différences et des petites améliorations régulières, mais le grand public n’a remarqué que deux choses sur les 20 dernières années: le passage du format 4:3 des gros téléviseurs cathodiques au format 16:9 HD des écrans plats, puis le passage de cette HD au Full HD (de 720 x 460 à 1920 x 1080 pixels).

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Lors de la conférence, l’accent était d’abord mis le côté pratique et le « câble invisible » de 15 m maximum

On arrête enfin de parler de pixels !

Certains constructeurs ont compris que cette course aux pixels et aux normes HDR n’étaient clairement pas la préoccupation principale du grand public. La preuve: Samsung, qui domine largement le marché mondial de la télévision, et arrive à 50% de part de marché en Belgique au niveau de la valeur (c’est-à-dire que la moitié de l’argent dépensé par les Belges en TV va chez Samsung), a donné un ton particulier à sa conférence de presse pour le lancement de sa nouvelle série haut-de-gamme baptisée QLED, à la mi-mars à Paris.

C’était la première fois que Samsung organisait un évènement et un lancement mondial pour une TV, et il a mis l’accent dès le départ sur le design, la personnalisation et le côté artistique de ses QLED. Le Coréen est parti d’un double constat: la plupart des foyers ont une TV dans le salon, et celle-ci est allumée en moyenne 4 heures par jour. Le reste du temps, elle trône éteinte et vu que sa taille grandit (la norme devient 55 pouces), elle est loin d’être discrète. De plus, si 80% des consommateurs voudraient la fixer au mur, seuls 20% d’entre eux le font effectivement.

Dès lors, les nouvelles Samsung sont conçues pour être très agréables à l’œil, de face, de côté ou de dos. Le constructeur parle de ‘Ambient Home Experience’, et de ‘Lifestyle’. Derrière ces noms se cachent une bonne idée: des supports / pieds à choisir, qui peuvent être des chevalets, de gros cônes recouverts de bois ou des pieds orientables.

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Réseau, HDMI, optique… tout est concentré dans ce câble relié à un boitier externe

Fini la salade de câble

Lors de la conférence de presse, Samsung a évoqué la ‘kabelsalat’ (salade de câble), un terme allemand qui représente bien ce que devient l’arrière de nos télévisions une fois que tous les appareils y sont reliés (décodeur, console, lecteur Blu-ray, etc).

Pour la série QLED, Samsung, après « trois ans de travail« , a mis au point un câble transparent de 1,8 mm d’épaisseur, et d’une longueur de 15 mètres maximum, reliant la télévision à un petit boitier extérieur (le One Connect qu’on a déjà vu sur des modèles précédents).

Il y a bien sûr encore le câble d’alimentation, mais cela limite à deux, dont un très fin et transparent, le nombre de fils sortant du téléviseur. Il est donc nettement plus simple de dissimuler tous ses appareils et ses câbles dans un petit meuble à côté, ou à l’autre bout du salon.

De plus, Samsung a prévu un montage mural plus discret, la fixation étant intégrée à la télévision, et le support mural étant très fin. Résultat, il y a très peu d’espace entre le mur et l’écran, et l’intégration est plus esthétique.

La série QLED sera commercialisée à la fin du mois de mars en Belgique, les prix commençant à 2.229€ pour le modèle 49 pouces. Il reste à espérer que ce câble invisible, ces pieds design et ce support mural discret seront déclinés pour les téléviseurs moins chers dans les mois/années à venir. « Si cela rencontre un certain succès, c’est possible« , nous a soufflé un responsable belge de Samsung en coulisse.

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« The Frame », la télévision qui devient cadre d’oeuvres d’art numérisées, son écran adoptant des réglages spécifiques dans ce mode

Un cadre numérique de 55 pouces !

Samsung a décidé d’aller encore plus loin, avec sa série Frame, qui sera commercialisée un peu plus tard (fin mai). La télévision (qui ne sera pas une dalle QLED mais un dalle UHD un peu plus simple), peut se transformer en cadre (d’où le nom Frame) et afficher des œuvres d’art ou des photos dans votre salon.

Equipée d’un détecteur de mouvement et de luminosité ambiante, elle affichera du contenu quand il y aura des gens présents dans la pièce, et avec une intensité variable – le but étant de ressembler à un tableau.

Lors de l’évènement, nous avons du nous rapprocher à quelques dizaines de centimètres pour nous rendre compte qu’il s’agissait effectivement d’une télévision et non d’un tableau.

La télévision Frame, vendue un peu plus de 2.000€ en 55 pouces, aura des encadrements en options (bois, couleurs, motifs, etc) vendus 200€. Elle sera vendue en Belgique dans les magasins de décorations, ceux de Vitra en tête, qui proposent déjà actuellement la Serif TV de Samsung, premier percée du constructeur dans la déco…

 

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Un design aussi soigné de derrière que de devant. Notez l’unique sortie des deux câbles, intégrée dans le pied.

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Différents pieds en options, qui camouflent eux aussi la sortie des deux uniques câbles

Le son de votre TV est ridicule ET vous cherchez une enceinte sans-fil pour votre musique ?

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Pratique, Test , le 7 mars 2017 08h38 | Ajouter un commentaire

Le constructeur américain Sonos a sorti un nouveau plateau destiné à transcender le son de votre télévision. Mais il est avant tout spécialiste de l’enceinte réseau, ce qui signifie que sa PlayBase diffusera aisément et intelligemment toute votre musique. Nous avons découvert, à Boston il y a quelques semaines, le lent processus de fabrication de ce nouvel appareil bourré de qualité, mais hélas facturé 799€…

Vous faites certainement partie des personnes qui font souvent ce double constat : le son qui sort de la TV n’est pas terrible (parfois vous n’entendez pas assez les voix pour comprendre ce qui se dit), et l’enceinte Bluetooth sur laquelle vous diffusez la musique de votre smartphone dans le salon ou la chambre n’a rien de pratique (il se déconnecte parfois, et quand vous recevez des messages ou un appel, la musique s’interrompt).

Avant de vous présenter l’appareil qui peut résoudre ces deux (petits) problèmes de la vie quotidienne, évoquons tout de suite son prix de 799€, une petite fortune, hélas. Mais Sonos ne fait pas les choses à moitié : il aura fallu 4 ans et des dizaines d’employés travaillant à temps plein pour mettre au point la PlayBase.

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Sonos, la meilleure manière d’écouter de la musique à la maison…

Le succès de Sonos est à comparer à celui d’Apple : l’entreprise américaine, qui nous a récemment montré les coulisses de ses impressionnantes nouvelles infrastructures à Boston, est partie d’une feuille blanche pour inventer une nouvelle manière d’écouter de la musique dans une maison.

A ses débuts (dans les années 2000), c’était laborieux : il fallait des ‘bridge’, soit des boitiers à relier à son réseau domestique, et qui se chargeaient d’envoyer la musique aux enceintes réseaux de la maison. On parle au pluriel, car Sonos a inventé le concept du son ‘multiroom’ : à partir d’une application (au début uniquement sur PC ou Mac), on devait configurer les enceintes (Salon, chambre, etc) et leur donner accès à sa bibliothèque musicale, du temps où on téléchargeait de la musique,  et qu’on l’écoutait via iTunes, par exemple.

D’une installation parfois lourde (bien que très bien expliquée et documentée), Sonos est passé récemment à quelque chose de beaucoup plus simple, ses enceintes se connectant depuis peu directement à votre réseau (avec ou sans fil).

Et désormais, c’est une application pour smartphone, principalement, qui contrôle le son de la maison, qu’on ait une ou plusieurs enceintes.

Nous avons déjà eu souvent l’occasion de tester des enceintes Bluetooth (qui doivent être connectées directement au smartphone) et des enceintes réseau (notamment du côté de Bose)e, et notre conclusion a toujours été la suivante : c’est Sonos qui tient le bon bout, son matériel comme son logiciel étant parfaitement maîtrisés.

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Un plateau TV savamment conçu

Revenons à notre PlayBase. Comme son nom et sa forme veulent nous le faire croire, c’est un plateau TV, comme il en existe déjà de nombreux modèles de différentes marques, depuis plusieurs années et à des prix variables.

Sonos est parti du principe que 70% des télévisions ne sont pas accrochées au mur, mais déposées sur un meuble. L’entreprise, qui nous a montré à Boston tous les stades du développement de la PlayBase, a mis près de 4 ans à finaliser la production de son dernier appareil en date.

Comme toujours, il a fallu trouver un compromis entre le design et la qualité du son, car souvent le premier contraint le second à faire des concessions. « Nous, on voulait que ce soit le plus fin possible« , nous a confié Ted Solis, le vice-président de Sonos en charge du design. Verdict : 58 mm d’épaisseur, c’est visiblement la limite pour continuer à avoir un son de grande qualité. « Il fallait également que ce soit assez solide pour supporter le poids des TV les plus lourdes, mais on ne pouvait pas utiliser de métal, car sinon il y a des interférences avec le signal Wi-Fi« .

Un sacré challenge donc, avec à la clé l’utilisation d’une résine ultrarésistante, percée en usine de 3.000 petits trous… de taille différente (pour laisser passer plus ou moins d’air, plus ou moins de puissance sonore selon la direction que Sonos veut donner à ses tweeters, ces haut-parleurs qui diffusent les aigus).

Pour les basses, Sonos a imaginé un tubage en forme de S, qui augmente le volume d’air disponible, une méthode qu’on a vu en son temps dans les TV que Bose a commercialisées (de sacrés échecs commerciaux, au passage).

On notera également que même l’arrière du plateau est joliment dessiné. Rien n’a été laissé au hasard, et les ingénieurs en charge du projet nous ont expliqué qu’ils avaient du tout concevoir eux-mêmes, y compris les vis de ce puzzle bien complexe, et les robots qui, en Chine, ont assemblé la PlayBase.

Au final, « il s’agit du plus gros challenge que Sonos ait relevé depuis le début de son existence« , a-t-on appris en marge de la présentation, il y a quelques semaines.

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Conclusion

Sans conteste, si votre TV est dans le salon sur un meuble, que le son qui en sort vous déçoit, et que vous comptiez investir dans une enceinte de qualité pour diffuser votre musique, la PlayBase est une option à prendre sérieusement en compte.

Certes, son prix de 799€ la réserve à ceux qui ont les moyens. Mais Sonos a très intelligemment développé, durant 4 ans, un ‘plateau TV’ durable, solide et puissant. Et surtout, c’est une des enceintes réseau de ce fabricant qui ne se concentre que sur cette catégorie de produit, et le fait avec un certain art.

La PlayBase est vraiment un appareil 2 en 1. Un plateau performant et design sur lequel vous déposerez votre télévision (et y relierez un câble audio optique), et une enceinte réseau qui diffuse elle-même votre musique, que ce soit Spotify, une bibliothèque iTunes ou une radio internet, par exemple.

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