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HTC Desire 530: que peut-on attendre d’un smartphone à 199€ ?

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Test , le 30 mars 2016 07h53 | Ajouter un commentaire

HTC avait présenté au Mobile World Congress de Barcelone un nouveau smartphone entrée de gamme, le Desire 530. Vendu 199€ en magasin (mais 179€ sur Amazon.fr), il a forcément quelques défauts liés à sa catégorie. Voici à quoi il faut s’attendre.

htc007Dans le marché toujours grandissant du smartphone, il y a de la place pour toutes les bourses. Y compris les plus petites.

HTC l’a bien compris, et tente de se faire une place dans la catégorie des smartphones entrée de gamme. C’est une catégorie critique, à vrai dire, car on passe généralement sous le seuil des appareils recommandables. La plupart d’entre eux souffrent d’un écran très moyen, d’un manque de fluidité de l’interface et d’une autonomie décevante.

Le Desire 530, que l’on trouve à 199€ en magasin, fait-il exception ? L’expertise du fabriquant taïwanais de smartphones réputés pour leur qualité peut-elle faire des miracles dans cette catégorie ?

Hé bien, la réponse est plutôt… non.

Un look sympa

Présenté lors du Mobile World Congress de Barcelone, en février dernier, le Desire 530 était là pour faire patienter les curieux, en attendant la sortie du M10, le fleuron de la gamme, annoncé pour la mi-avril.

Disons-le tout de suite, le principal intérêt du Desire 530, sous Android 6 (la dernière version), est d’être disponible dans des assemblages de coloris originaux, résolument orientés vers les jeunes générations. A part les traditionnels gris et blanc, on aura droit à des versions ‘remix’, où la coque est parsemée de petites gouttes de peinture, un effet obtenu grâce à un tamis bougeant lors du passage de la peinture. Original.

Sous ce châssis coloré, on doit se contenter du minimum : un petit processeur SnapDragon 210, 1,5 GB de RAM et un appareil photo 8MP décevant. La fluidité de l’interface n’est pas toujours au rendez-vous, et on note rapidement quelques saccades, même en passant d’un écran d’accueil à l’autre. Quant aux photos, ça passera en plein jour, mais pas en soirée.

Le plus gros défaut du nouveau smartphone entrée de gamme de HTC est son écran. La définition HD (720 x 1280 pixels) ne cache pas une qualité de dalle médiocre, comme c’est souvent le cas dans cette gamme de prix. Les pixels ont l’air scintillant et dès qu’on modifie l’angle de vue, on aperçoit des distorsions au niveau de la couleur (grosse tendance au jaunissement) et de la netteté :

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On regrette également la barre noire du logo, sous l’écran, qui aurait du intégrer les boutons de commande d’Android. Ceux-ci sont donc placés dans une nouvelle barre noire, au-dessus. Quand les applications sont lancées, l’espace d’affichage est largement amputé dans cette zone (voir photo ci-dessus, à nouveau).

On apprécie toujours, en revanche, la surcouche HTC avec quelques options intéressantes. Notamment, le fait que les applications de l’écran accueil varient en fonction de votre situation (au travail ou à la maison), et la présence d’un large choix de ‘thèmes’ pour customiser icônes, typo, look&feel. Ou encore l’écran ‘BlinkFeed’ situé à gauche de l’écran d’accueil, qui affiche un tas d’infos intéressantes, d’un seul coup d’œil.

Conclusion

Le Desire 530 de HTC s’en sort tout juste, et surtout grâce à la présence d’Android 6, d’un design sympa et à la bonne surcouche HTC. A 179€ (sur Amazon.fr, 199€ en magasin), on trouve en effet difficilement mieux. Mais au niveau de la fluidité, de l’écran et de l’appareil photo, il ne faut pas s’attendre à des miracles.

Si votre budget est serré, on vous conseille d’opter pour une formule de vente liée (abonnement de 24 mois et grosse réduction sur le téléphone) auprès des opérateurs. C’est désormais un bon plan quasi permanent, si ça ne vous embête pas de changer de temps en temps d’opérateur. Pour 49€, vous aurez un smartphone valable, sans devoir forcément souscrire à un gros abonnement mensuel.

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La 5G va-t-elle être une révolution ? Pourquoi Intel devrait-il y jouer un grand rôle ?

Par Mathieu Tamigniau dans IoT, Mobilité , le 3 mars 2016 20h55 | Ajouter un commentaire

Au célèbre Mobile World Congress de Barcelone, j’ai pu m’entretenir avec la spécialiste 5G d’Intel, le géant américain des puces informatiques qui joue son avenir…

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Lors de notre visite au Mobile World Congress de Barcelone, nous avons pu nous entretenir avec la Madame 5G d’Intel, l’un des fabricants de puces et de processeurs les plus importants au monde. Aicha Evans nous a expliqué en quoi la 5G allait vraiment être différente de la 4G, et le rôle qu’entend jouer Intel dans cette (r)évolution de communications sans-fil.

Tout d’abord, essayons de comprendre pourquoi la 5G sera une révolution et non une simple évolution de la 4G. Revenons rapidement quelques années en arrière: les réseaux mobiles ont fait un grand pas entre la 2G (voix et SMS uniquement) et la 3G (internet mobile) ; la 4G a simplement amélioré les capacités de la 3G, en termes de rapidité du transfert de données, et surtout à destination des smartphones.

Une explosion des appareils connectés

La 5G est un nouveau pas important, car il n’y a plus que les smartphones et les tablettes qui veulent se connecter au réseau, et donc à internet. Vous l’avez sans doute remarqué: du thermostat à la voiture en passant par les appareils photos et les distributeurs de boissons… tout peut être connecté au réseau.

Nous sommes dans l’ère de l’Internet des Objets (Internet Of Things, IoT), c’est-à-dire que n’importe quel objet peut être connecté à Internet, dans le but de pouvoir le contrôler à distance de manière intelligente, à partir d’une application pour smartphone, par exemple.  Cet IoT  va multiplier de manière explosive le nombre d’appareils reliés au réseau.

Des besoins différents

Et si à la maison, la plupart d’entre eux se connectent à votre réseau Wi-Fi, les choses devraient changer d’ici 2020. Pour éviter les pertes de connexion en cas de problème à la maison, il serait en effet préférable que votre thermostat ou vos ampoules connectées puissent tout de même être accessibles via un réseau mobile.

Quand à tous les autres objets connectés en dehors de la maison, du smartphone à la voiture en passant par les appareils photos et les montres, ils ont tous des besoins très différents.

L’idée d’une 5G « sur mesure » est essentielle, car les quantités de données transférées, les rapidités de transfert ou les stabilités nécessaires sont à chaque fois différentes.

Tout cela représente des enjeux considérables et va modifier profondément la manière dont les réseaux mobiles sont conçus.

Intel va ajouter de l’intelligence

Avant l’éclosion de la 4G, Intel avait misé sur la technologie WiMAX comme successeur de la 3G. Mais ce système de Wi-Fi à grande échelle, surtout accessible en ville, a été un échec cuisant. Pas question pour le géant américain de se louper à nouveau avec la 5e génération de réseau mobile.

« Les milliards d’équipements connectés, de services personnalisés et d’applications cloud nécessitent l’émergence de réseaux plus puissants et mieux adaptés« , nous a expliqué Aicha Evans, vice-présidente d’Intel et directrice générale de l’Intel Communication and Devices Group, lors d’une table ronde au Mobile World Congress de Barcelone.

« La 5G marque un tournant fondamental vers une plateforme de réseaux mobiles intelligente, et non une simple plateforme de communication personnelle comme la 3G ou la 4G« , a-t-on appris par ailleurs au niveau d’Intel.

Concrètement, cela veut dire que « la 5G ne va pas simplement améliorer la vitesse et les capacités des communications, elle va ajouter de l’intelligence au réseau pour permettre aux appareils et au réseau de mieux communiquer, pour faire transiter du contenu et des données plus rapidement, et pour partager les ressources informatiques« .

Finalement, « le passage à la 5G concerne à la fois l’informatique et les communications, et constitue une transformation majeure pour l’industrie« .

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Que va faire Intel ?

Concrètement, quel rôle entend jouer Intel dans la 5G ? C’est là que ça se complique, car ça part dans tous les sens. Le géant des puces informatiques américain s’est lancé dans de nombreux partenariats pour développer toutes sortes de technologies liées à la 5G.

« On est en train de paver la route vers la 5G de plusieurs manières différentes. On a créé des partenariats avec des leaders de l’industrie mobile pour s’assurer que la 5G soit prête et que les premiers essais sur le terrain soient concluants. Pour cela, on investit massivement dans des prototypes et des expériences« , a-t-on appris.

Sur son gigantesque stand du Mobile World Congress de Barcelone, nous avons assisté à des démonstrations de transferts de données très rapides en 5G (nettement plus que le Wi-Fi de votre maison…). Mais il s’agit de prototypes capable de télécharger « 7 films en 1 seconde« , et pas d’un smartphone à 1 kilomètre d’une antenne.

Un exemple concret: les voitures connectées enfin intelligentes

Avec le géant coréen de l’électronique LG, Intel met au point les futurs équipements en télécommunications 5G des voitures, qui ont des besoins spécifiques lorsqu’elles se déplacent à grande vitesse et changent d’antenne de réseau mobiles.

A la base, on pense au simple transfert de données (téléchargement de musique, mise-à-jour du système ou de la voiture, accès à distance à certaines informations de la voiture, etc) entre le véhicule et le réseau.

Mais comme on l’a dit, la 5G est le réseau de l’intelligence. Des communications entre voitures, entre voiture et piétons ou entre voitures et panneaux de signalisation, vont certainement contribuer à des routes plus sûres dans les années à venir.

LG, qui est leader du marché des systèmes de communication embarqués dans les voitures actuellement, s’allie donc avec Intel pour ses prochaines générations.

Associé à Nokia, Ericsson ou encore SK Telecom (grand opérateur en Corée du Sud), Intel va jouer sur tous les tableaux pour fournir ses nouvelles puces intelligentes à tous les échelons de la 5G, du smartphone aux antennes en passant par les voitures et les petits objets connectés.

Au final, « on veut du volume, du volume, du volume » au niveau des puces et des solutions logicielles fournies par Intel, nous a répété Aicha Evans à Barcelone. D’ici à 2020, le géant américain joue gros et ne veut vraiment pas louper le virage de la 5G, on l’a compris…