Archives du septembre, 2015

Huawei Mate S: notre verdict après deux semaines d’utilisation

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Test , le 24 septembre 2015 12h52 | Ajouter un commentaire

Vous savez déjà tout, ou presque, sur le Huawei Mate S (du moins si vous avez lu notre compte-rendu et nos premières impressions après la conférence de presse en marge de l’IFA).

Vu que le constructeur chinois avait pris la peine de fournir un exemplaire de test à tous les journalistes présents à sa conférence, nous sommes déjà en mesure de vous dire si le nouveau flagship de Huawei, dont le prix a grimpé à 649€, tient ses promesses.

Voici ce qui nous a le plus frappé, par ordre d’importance :

mateS0051. Un design très réussi

En à peine deux ans, le chinois s’est défait de son image « bas de gamme » en proposant des modèles à la finition toujours meilleure. Le Mate S est l’aboutissement du travail de Huawei au niveau du design.

Il est à la fois sobre et élégant, et a sa propre identité grâce à la face avant: l’écran en verre très résistant aux égratignures est légèrement en relief, mais les angles sont biseautés, tout comme le cerclage en métal. Du plus bel effet.

L’arrière est légèrement courbé, et les arêtes sont à nouveau biseautées, ce qui confère une excellente prise en main. Après deux semaines d’utilisation soigneuse (mais sans aucune protection), l’appareil est comme neuf.

Du bon travail de Huawei.

2mateS003. Un capteur d’empreintes parfait

Verrouiller son smartphone est devenu pratiquement indispensable, à l’heure où il est devenu un assistant virtuel contenant une partie de notre vie privée et professionnelle. Ce verrouillage permet également de le localiser et d’effacer le contenu à distance en cas de vol.

Mais le revers de la médaille, c’est qu’il faut le déverrouiller plusieurs fois par jour pour l’utiliser. Chez certains, c’est une opération qui se fait plusieurs dizaines de fois quotidiennement. Dès lors, si dessiner le schéma ou introduire le code de 4 chiffres vous agace (et c’est normal…), le lecteur d’empreinte digitale intelligemment situé au dos du Mate S mérite à lui seul l’achat du smartphone.

Si on l’aime tant, c’est tout simplement parce qu’il fonctionne parfaitement. Il suffit de le prendre en plaçant le doigt sur le capteur (c’est assez intuitif) pour qu’il se déverrouille instantanément. On ne se rend même pas compte qu’il était verrouillé et surtout, il n’y a pas de geste à faire: sur un Samsung Galaxy S6, un iPhone (de 5S  à 6S) ou un OnePlus 2, il faut prendre la peine de déposer le pouce au niveau du bouton d’accueil (dans le bas du téléphone) pour que le déverrouillage se fasse.

Ça semble anodin sur le papier, mais au jour le jour, c’est terriblement pratique.

Ce capteur sert aussi à faire défiler les photos d’une galerie, mais c’est plus accessoire. Ça permet de montrer plusieurs photos à tout le monde sans devoir passer son gros pouce sur l’écran toutes les secondes.

mateS0023. Des photos trop moyennes

Le gros point faible du Mate S est sans conteste la partie photo. On est clairement sur de la technologie moyen-de-gamme, le capteur stabilisé de 13 MP étant relativement décevant.

En plein jour, pas de souci, même s’il y a un certain manque de définition, de netteté. Mais dès que la lumière diminue, ça ne va plus. Le niveau de détails diminue encore et le bruit de l’image (une sorte de bouillie de pixels) augmente. Difficilement admissible pour un smartphone (au prix) haut-de-gamme de 2015…

Un défaut en partie comblé par un capteur frontal renforcé pour de plus beaux selfies: 8 MP et un flash (très léger) dès qu’il fait plus sombre.


mateS0064. Une excellente réception réseau

Certains se plaignent que la partie Wi-Fi du Mate S ait fait l’impasse sur la norme  802.11ac (et donc sur la bande 5 GHz de certains modems/routeurs). Le grand public sait à peine de quoi il s’agit et au jour le jour, le « simple » Wi-Fi suffit.

En revanche, nous avons remarqué après deux semaines d’utilisation que la partie réseau GSM était excellente. Dans de nombreux endroits où la plupart des smartphones que nous essayons peinent à accrocher de la 3G/4G, le Mate S les coiffe tout sur le poteau, avec une réception largement meilleure.

II s’agit bien entendu d’une impression, et non d’un test technique détaillé. Mais sur la petite dizaine de smartphones haut-de-gamme qu’on essaie par an, le Mate S s’est vraiment distingué dans des sous-sols ou dans des zones plus isolées.

Cette qualité est peut-être due à l’activité principale de Huawei, une entreprise qui fournit depuis longtemps (et aujourd’hui encore) du matériel de télécommunication de pointe à des nombreux fournisseurs (antennes-relais, serveurs, etc).

Conclusion

Design, capteur d’empreinte pratiquement révolutionnaire, excellente réception des réseaux, autonomie décente (grâce à la possibilité de couper facilement les applications énergivores), interface classique (Emotion UI 3.1, la surcouche d’Android 5.1.1, est plutôt agréable à utiliser) ; le Mate S de Huawei n’a qu’un défaut: des photos de qualité trop moyenne.

S’il avait coûté un peu moins cher, le Mate S aurait été un best-seller.

Mais vendu à partir de 649€ pour la version 3 Go de RAM et 32 Go de stockage (la seule disponible actuellement en précommande avec un délai de 4 à 5 semaines sur la boutique officielle de la marque), ce nouveau flagship joue dans la cour des grands.

Samsung ayant baissé le prix de son excellent Galaxy S6, tout comme LG avec son G4, la partie s’annonce compliquée pour Huawei.

Sans parler d’un certain Sony Xperia Z5 Compact, vendu 599€, étanche, avec un appareil photo 23 MP et un capteur d’empreinte digital sur la tranche… Il pourrait jouer les challengers dans le haut du panier.

Voici LA tendance du plus grand salon des nouvelles technologies

Par Mathieu Tamigniau dans IoT, Pratique , le 7 septembre 2015 07h29 | Ajouter un commentaire

A côté des télévisions OLED, des smartphones et autres smartwatches, une vraie révolution est en cours : celle de l’Internet des Appareils (IoT). Samsung, leader européen de l’électronique grand public, ne compte pas louper le train, qu’il estime être « une source de croissance pour les cinq prochaines années ». Il en est même l’un des principaux acteurs. J’ai assisté à la conférence de presse du géant coréen, début septembre à l’IFA de Berlin.

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Cela fait plus d’un an que Samsung travaille d’arrache pied pour ne pas rater le train du fameux « Internet of Things » (IoT). Il s’agit de LA technologie dont on va énormément parler dans les années à venir. On estime que le marché générera 1.000 milliards de dollars d’ici 2020… Elle se base sur le principe que n’importe quel objet de notre vie quotidienne, que ce soit à la maison, au travail ou en déplacement, peut très facilement être connecté au réseau, et donc à internet. C’est pour ça qu’on parle de l’Internet des Appareils, s’il fallait traduire le concept.

Il y a deux intérêts principaux à connecter les objets : les rendre facilement contrôlables à distance avec des applications pour smartphone, tablette ou via un site web ; et les faire communiquer entre eux. Plusieurs écueils freinent le développement de cette technologie, le premier étant la multiplicité des « normes » pour que ces appareils se connectent au réseau, et a priori pour qu’ils puissent communiquer entre eux. Cette coexistence de plusieurs protocoles nous oblige actuellement à avoir autant d’applications et de petits boitiers à connecter au routeur (dans les cas les plus fâcheux, comme le système de lumières Hue de Philips, mais pas pour le Nest, par exemple) qu’on possède d’appareils connectés.

Pour prendre un exemple, Apple et son HomeKit sont également en train de pousser une « norme » pour que les iPhone, iPad et Watch puissent centraliser le contrôle de plusieurs appareils connectés.

L'application et le Hub de "Samsung SmartThings"

L’application et le Hub de « Samsung SmartThings »


Le HUB de Samsung

Mais en présentant son nouveau « Hub », Samsung, avec sa grande force de persuasion, ses dizaines d’appareils déjà connectés et son influence indéniable sur le marché des nouvelles technologies, a jeté un gros pavé dans la mare. Ce Hub est un simple boitier que vous allez relier à votre modem, chez vous. Il servira de plaque tournant pour tous les objets connectés que votre maison pourrait contenir. On a appris ce jeudi à l’IFA de Berlin qu’il a perdu du poids depuis le premier modèle mis au point par Smart Things, une start-up américaine rachetée l’an dernier par Samsung dans le but d’intégrer la série d’objets connectés qu’elle avait déjà mis au point. On vous en a déjà parlé il y a quelques mois dans cet article.

Il est donc moins encombrant, mais intègre tout de même une batterie : en cas de coupure de courant (jusque 10 heures), le Hub pourra continuer à fonctionner et contrôler tous vos appareils connectés.

Quels appareils seront contrôlés par le Hub de Samsung ?

Mais de quel genre d’appareils parle-t-on, finalement ? Ceux de Samsung, forcément (TV, caméra, smartphone, enceinte, four, frigo, machine à laver, etc…), mais également les capteurs de Smart Things (présence, ouverture de porte, humidité, caméras). Heureusement, ça n’est pas tout. Samsung va user de toute son influence (et le fait déjà depuis quelque temps) pour que son Hub puisse aussi communiquer avec d’autres marques, comme c’est déjà le cas avec les ampoules de Philips, les caméras de Belkin, les serrures connectées de Yale, etc… (voir la liste ici).

Les responsables l’ont reconnu volontiers : « L’ouverture (aux autres appareils) est indispensable » pour garantir le succès de cette nouvelle plateforme. C’est pourquoi le logo et la mention « Works With Smart Things » ont été créés, et apposés déjà sur de nombreux produits.

Quelques exemples d'appareils contrôlables par le Hub.

Quelques exemples d’appareils contrôlables par le Hub.

Une seule application

L’autre écueil dont on parlait, c’est la multiplication des applications. Avec son Hub, Samsung a également mis au point une application (Smart Things) centralisant toutes les autres. La partieSmart Home Monitor assurera « le contrôle et l’accès unifiés contre l’intrusion, la fumée, le feu, les fuites, les inondations et bien d’autres problèmes domestiques courants, en fournissant des notifications en temps réel et des clips vidéo à partir de caméras multiples« . Contrôle des serrures connectées de Yale, des caméras réseau, des détecteurs de Smart Things, etc.

Il y a également d’autres parties pour la musique (les enceintes connectées, la TV, etc), par exemple.

L’application vient d’être mise à jour et le Royaume pourra s’offrir des kits, à compléter par d’autres appareils (et d’autres marques) qui sont « Works With Smart Things »…

Le nom Smart Things demeure

Alors que Samsung nous avait dit que Smart Things allait être digéré, il n’en est rien. La marque demeure attachée à sa technologie. Le nom du Hub est d’ailleurs : « Samsung Smart Things Hub », tandis que son patron, Alex Hawkinson, était sur scène à Berlin pour parler des nouveautés de son entreprise qui « fait partie de la famille Samsung« .

C’est plutôt une bonne nouvelle : cela signifie que ceux qui ont eu les bonnes idées en fondant Smart Things sont toujours là, et prennent toujours certaines décisions.

Conclusion

Samsung fait un (petit) pas de plus vers la SmartHome, la fameuse maison connectée. Certes, on ne verra rien en Europe avant « le courant de l’année 2016« , même si la Grande-Bretagne a droit à la primeur cet automne, après les Etats-Unis où la solution existe déjà. Mais les jalons sont posés, et on peut voir vers où l’on va : une maison dont tous les appareils seront connectés, de la TV (c’est déjà le cas) au frigo, en passant par la machine à laver et les systèmes de surveillance.

Le gros avantage de voir Samsung intervenir, c’est la présence et la disponibilité des produits dans nos rayons. C’est aussi l’assurance que de lourds investissements vont être faits, car « les 5 prochaines années » seront celles de l’IoT (Internet of Things, soit la connexion de tous nos appareils au réseau) pour Samsung, nous a promis W.P.Hong, responsable mondial du marketing pour Samsung Electronics.

Et vu la pénétration déjà profonde de Samsung dans nos foyers, on devrait en entendre parler très bientôt. Pas convaincu ? « Chaque année, Samsung vend plus de 300 millions de produits à des consommateurs européens. Aujourd’hui, plus de 85 millions d’Européens utilisent nos produits à domicile et, de plus en plus souvent, au travail. Aucune organisation n’est mieux placée pour s’assurer que la révolution industrielle en cours » se poursuive, a-t-il ajouté.

On est fort tenté de le croire…