Archives du juin, 2015

Cette Mercedes roule déjà toute seule: nous l’avons essayée

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Test , le 18 juin 2015 09h12 | Ajouter un commentaire

Bardée d’options, de capteurs et d’assistance à la conduite, cette voiture de série du constructeur allemand est capable de freiner, accélérer et de tourner sans votre intervention. Mercedes n’a donc pas attendu Google pour développer sa voiture autonome. RTL info a passé une semaine avec cette Classe S très, très intelligente…

Cela ne fait aucun doute: l’aboutissement de tous les systèmes d’aide à la conduite, apparus il y a des dizaines d’années avec l’ABS (qui empêchait alors les roues de se bloquer lors d’un freinage), est la voiture autonome, capable de se déplacer sans intervention humaine.

Si Google dépense sans compter depuis longtemps pour avancer dans un domaine où il semble assez seul, les grands groupes automobiles n’attendent pas dans leur coin que la technologie du géant californien soit au point.

Depuis longtemps, des véhicules comme Volvo freinent tout seul en ville pour éviter un obstacle. Mais c’est du côté de Mercedes que nous avons pu mettre la main sur un système très avancé d’aide à la conduite, qui a l’avantage d’être déjà disponible en option sur certains modèles. Preuve que la technologie est tout à fait au point.

Dans sa limousine (la Classe S), plusieurs systèmes d’aide à la conduite travaillent de concert pour la faire rouler toute seule dans certaines conditions.

Qu’entend-on par « rouler toute seule » ?

Le cas de figure idéal pour expliquer comment cette voiture roule toute seule, c’est une autoroute encombrée. Heureusement, près de Bruxelles, ça ne manque pas.

Il suffit dès lors d’activer le régulateur de vitesse très sophistiqué de Mercedes sur 30 km/h (vitesse faible par défaut), tout en veillant à ce que le bouton « volant » soit allumé (il ne faut pas le réactiver à chaque fois, bien entendu). Ensuite, la magie opère.

Le « Distronic+ » (nom du régulateur de vitesse version 2.0), à l’aide des nombreux capteurs disséminés un peu partout sur la voiture, prend le contrôle entier de la voiture: accélération (pour rester à 30 km/h), freinage (pour garder une distance de sécurité minimale avec la voiture de devant) et volant (il bouge tout seul pour que la voiture reste sur sa bande).

capteurs

Comment ça marche ?

Toutes nos tentatives de « pilote automatique » ont été fructueuses, ce qui est plutôt logique vu que c’est une voiture de série…

Pour rouler toute seule, cette voiture blindée de nouvelles technologiques se fie à ses nombreux capteurs. On en aperçoit 4 dans le pare-brise, au niveau du rétroviseur. Un gros dans la calandre, sous l’étoile Mercedes. Et plusieurs (caméras et capteurs) en dessous des rétroviseurs latéraux.

Chacun remplit son rôle. Les rétros filment les lignes blanches présentes sur les voies rapides, afin de permettre à la voiture de contrôler le volant pour garder la bonne trajectoire.

Les multiples capteurs situés à l’avant analysent ce qu’il se passe devant vous. Ils font freiner la voiture (plus ou moins) en douceur s’il y a un véhicule devant vous qui est moins rapide. C’est également eux qui disent quand la voie est dégagée et quand votre voiture peut dès lors atteindre son rythme de croisière, soit la vitesse que vous avez fixée avec le régulateur de vitesse Distronic+.
Un pilote automatique exigeant

Pour que la voiture roule de manière entièrement autonome durant plus de 10 secondes, vous permettant par exemple de lire un email sur votre smartphone ou de vous détendre avec les sièges massant, votre vitesse ne doit pas dépasser les 30 km/h.

Au-delà de 30 km/h, pour des raisons sécuritaires et réglementaires, vous devez toucher le volant lorsque la grosse icône lumineuse vous le demande, sur le tableau de bord. Vous pouvez ensuite le relâcher, mais il faudra à nouveau le reprendre en main 10 secondes plus tard. La technologie perd un peu de son intérêt, dès lors.

Il y a une autre exigence pour que le volant bouge tout seul: la présence des lignes blanches au sol. En cas de travaux ou de bandes partiellement effacées, l’icône avec le volant vert devient grise. Ce qui n’empêche pas le freinage et l’accélération de rester automatiques, car eux se basent sur les « détecteurs d’obstacle » situés à l’avant de la voiture et dans le parebrise.

Enfin, sachez que le « pilotage automatique » à haute vitesse peut vous causer des frayeurs. La voiture tourne toujours légèrement, pour éviter les coups de volant. Du coup, elle semble parfois dévier un peu trop de sa trajectoire. Lors de notre test, la voiture s’est rapprochée un peu trop fort à notre goût d’un camion – et nous n’avons pas attendu de voir jusqu’où elle allait…

Donc vous l’aurez deviné: le volant qui bouge tout seul, c’est surtout utile pour les embouteillages.

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Elle sait aussi se garer toute seule

Au-delà du fait que cette voiture roule toute seule, ses nombreux capteurs la rendent vraiment plus intelligente que la moyenne.

Lors d’une marche arrière ou d’une manœuvre, une caméra arrière s’affiche sur le très grand écran du tableau de bord. Classique. Ce qui l’est moins, c’est la simulation d’une vue de haut qui s’affiche juste à côté, comme si une caméra vous filmait perpendiculairement à la route, à 3 mètres du sol. Cela est rendu possible grâce aux caméras placées sous les rétroviseurs latéraux. Vous voyez donc tout ce qui est autour de la route, et la distance qui vous sépare du mur, de la voiture, de la bordure, etc…

Cette très longue Classe S peut également se garer toute seule. Elle sait faire un créneau (cela existe depuis longtemps ailleurs), mais aussi se garer perpendiculairement à la route, comme pour trouver une place dans un parking de supermarché. Il suffit de rouler doucement avec son clignoteur, et lorsque l’espace est suffisant, la voiture vous propose de se garer à votre place. Il suffit d’appuyer légèrement sur l’accélérateur pour la lancer, et de changer les vitesses (D pour avancer ou R pour reculer) si la voiture doit s’y prendre à deux fois pour se placer correctement dans une place un peu exigüe.

Sachez également que cette voiture hybride, grâce à ces modes de conduite économes, répartit de manière optimale l’utilisation de sa batterie située dans le coffre pour alterner entre moteur essence et moteur électrique. Si vous entrez une destination, c’est encore mieux: elle va faire en sorte que l’autonomie électrique soit épuisée à l’arrivée, elle prendra alors plus ou moins souvent le relais. L’idée étant qu’à la maison ou au bureau, vous la branchiez à une prise pour recharger la batterie en quelques heures. Résultat: 3,7 litres/100 pour aller jusqu’à RTL House, à 40 km de notre domicile.

Conclusion

Après une semaine de test, et de nombreux passagers épatés (ou effrayés au début…) par le pilotage automatique de cette Mercedes Classe S, le verdict est sans appel: la voiture roule effectivement toute seule sur autoroute ou sur voie rapide (avec des lignes blanches correctes).

Elle accélère, freine et tourne elle-même, de telle sorte qu’elle restera sur sa bande de circulation, à la vitesse souhaitée, tout en gardant une distance raisonnable avec la voiture de devant.

A haute vitesse, le volant doit être tenu au moins une fois toutes les 10 secondes, ce qui rend le pilotage un peu moins automatique. La gestion du régulateur de vitesse, qui tient compte de la distance avec la voiture de devant, vous évite néanmoins de devoir freiner puis réenclencher lecruise control. Vous pouvez théoriquement traverser la Belgique sur autoroute sans toucher aux pédales !

Sous les 30 km/h, dans des embouteillages par exemple, ce pilotage automatique prend tout son sens. Il peut vous emmener sur des dizaines de kilomètres sans que vous ne deviez faire quoi que ce soit. Libre à vous de lire un livre ou de consulter votre smartphone sans crainte. Même si on doute que la police vous croie sur parole en cas de flagrant délit de téléphone au volant…

Google n’est donc pas le seul à essayer de faire rouler des voitures de manière autonome. Mercedes est déjà bien avancé dans le domaine, et surtout, il propose déjà cette option dans quelques modèles. La nouvelle Classe E aura d’ailleurs, elle aussi, toute une panoplie d’assistances à la conduite. On ne manquera pas de la tester dans quelques mois…

 

Huawei P8: quand le Made In China s’embourgeoise…

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Test , le 6 juin 2015 09h53 | Ajouter un commentaire

Huawei P8. Derrière ce nouveau smartphone se cache une petite révolution: l’entrée d’un constructeur chinois dans la cour des smartphones haut-de-gamme, dont le prix forcément plus élevé (499€) reste en deçà de la concurrence. RTL info a essayé cet appareil qui prouve que le Made in China n’a plus à rougir, et a de solides arguments.

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Alors qu’une majeure partie de nos appareils électroniques est fabriquée en Chine – des smartphones aux frigos, en passant par les aspirateurs et les télévisions – le « Made In China » a toujours mauvaise presse.

Pourtant, les sociétés chinoises ont évolué ces dernières années. Et très rapidement. C’est via l’un des marchés les plus fleurissants de l’électronique qu’elles se sont fait connaître auprès du grand public européenne, et donc belge: le smartphone.

L’un des exemples les plus frappants est Huawei. Ce nom difficilement prononçable  cache une énorme multinationale fondée en 1988, qui a débuté avec la fourniture de réseaux de télécommunication aux opérateurs. Pour faire simple, il s’agissait d’antennes GSM.

Petit-à-petit, il a diversifié ses activités, se concentrant tout de même sur les télécoms: serveurs informatiques, modems et… smartphones.

« Bel ouvrage »

Comme d’autres entreprises chinoises (on pense à ZTE), Huawei, qui signifie « Bel ouvrage », a d’abord fabriqué des smartphones « sous marque blanche ». Des entreprises, souvent des opérateurs, y apposaient leur propre logo à l’arrière.

Cette pratique n’a plus tellement la cote, c’est pourquoi depuis quelques années, des marques chinoises ont fait leur apparition sur le marché des smartphones, en marque propre. En Belgique, Huawei a visiblement trouvé la bonne stratégie, car en deux ans, le fabricant est pris de grosses parts de marché.

Surtout considérée comme une marque « low cost » (car c’est dans ce segment qu’il vend beaucoup d’appareils) Huawei vise désormais plus haut, notamment avec le P8 qui vient de sortir, et qui est déjà sur le bureau de RTL info.

 

huawei006Dans la cour des grands

Les premiers smartphones Huawei que nous avons essayés il y a deux ans étaient faits de plastique bon marché et embarquaient une version d’Android très basique.

Le P8 est la preuve qu’il s’agit d’une histoire ancienne. Désormais, comme Samsung, LG, Sony ou HTC, Huawei se donne une identité propre en soignant le look, la qualité des photos et l’interface.

La configuration parle d’elle-même: boitier en aluminium de 6,4 mm d’épaisseur, écran Full HD de 5,2″, processeur 8 cœurs et 64 bits, 3GB de RAM, 16GB de stockage, appareil photo 13 MP à l’arrière, 8 MP à l’avant. Bref, on est dans le haut du panier.

Huawei ajoute également des petites fonctionnalités originales, bien que moyennement utiles: des gestes par forcément intuitifs en dehors de l’écran, des pressions avec l’articulation du doigt, une reconnaissance vocale en anglais pour retrouver le smartphone sous les couvertures, etc…

Pas de doute, le Chinois est entré dans la cour des grands. Ce n’est pas pour autant qu’il va les battre à la récré, mais au moins il y est.

 

huawei001Une finition haut-de-gamme (trop) proche de l’iPhone 6 ?

Ce qui nous a surtout frappé, et finalement ce qui prouve que Huawei veut aussi commercialiser (et augmenter ses marges avec) des « flagships » comme l’iPhone 6 d’Apple et le Galaxy S6 de Samsung, c’est la qualité de la finition et des matériaux utilisés.

Du métal et du verre: le P8 ressemble de loin aux deux icônes qu’on vient d’évoquer.

Certains diront qu’il ressemble même un peu trop à l’iPhone 6. C’est vrai que les grilles de haut-parleurs sur la tranche inférieure, et les bandes blanches dans le cerclage en métal et dans le dos, sont d’inspiration très californienne. Mais qui s’en plaindra, finalement ?

 

huawei003Conclusion

A 499€ (16 GB de stockage interne), le P8 de Huawei marque l’entrée du Chinois dans la cour des grands. C’est un sacré défi, car à la récré, il y a déjà Apple, Samsung, Sony, HTC et LG qui font les malins.

Le plus gros argument de Huawei, c’est son prix. Il est environ 200€ moins cher que les autres. Des économies ont du se faire quelque part, mais ce n’est pas au niveau de la finition et du design (écran sans bordure du plus bel effet), ni de la qualité des photos. Il fait pratiquement jeu égal sur ces aspects qui ont leur importance au moment de choisir un smartphone.

Là où on peut chipoter, c’est sur la puissance des puces embarquées (en retrait par rapport au Galaxy S6, notamment), de l’autonomie un peu décevante (il a perdu 30% de sa batterie durant une nuit, sans être utilisé une seule fois…), de la luminosité maximale inférieure aux autres cadors du secteur. Mais n’oublions pas que la facture est plus légère (200€ de moins).

Reste un « problème » qui ne se chiffre pas: l’image de marque de Huawei. Elle a bien évolué en deux ans, mais elle reste moins sexy que Samsung ou Apple, malgré des investissements colossaux en marketing et en sponsoring, notamment dans le monde du football. Et qu’on se le dise: le plus grand stand du dernier Mobile World Congress que nous avons visité, c’était celui de Huawei…

Le Chinois, qui s’embourgeoise, estime qu’une clientèle est prête à dépenser 499€ pour acheter un de ses smartphones. Même en Chine, un pays où émerge progressivement une classe moyenne.

L’avenir nous dira s’il avait raison, mais on a déjà une petite idée…

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