Archives du mai, 2015

LG G4: mais pourquoi est-il plus cher ?

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Test , le 26 mai 2015 17h36 | Ajouter un commentaire

G4002Il y a quelques semaines, on vous évoquait la sortie du LG G4, dernier porte-drapeau du constructeur coréen qui s’est fait une excellente réputation dans le monde des smartphones depuis deux ans.

La seule véritable originalité de l’appareil était d’être équipé d’un dos en cuir. En réalité, il s’agit simplement d’une coque interchangeable, qui sera livrée d’office pour 50€ de plus.

Le G4 que nous avons essayé durant deux semaines est donc un modèle standard, à 649€, avec un dos en plastique qui a la particularité d’être légèrement alvéolé. Une coque esthétiquement très réussie, mais qui ne donne pas à l’appareil la finition haut-de-gamme qu’on est en droit d’attendre d’un smartphone à ce prix-là.

Car les HTC One M9 (749€), Samsung Galaxy S6 (699€) et iPhone 6 (699€) sont pratiquement au même niveau de prix. Et la présence de métal et/ou de verre sur ces appareils leur donne une allure indéniablement plus robuste et « haut-de-gamme ».

Quel écran…

Le LG G4 a cependant de nombreux arguments qui peuvent attirer une certaine clientèle, à commencer par un écran à couper le souffle. Ses 5,5 pouces (l’équivalent de l’iPhone 6 Plus, le grand) affichent 2560 x 1440 pixels, ce qui donne un nombre très élevé de « pixels par pouce » (534). En gros, l’œil humain est incapable d’apercevoir le moindre petit carré: les contours des courbes sont tellement lisses qu’on peine à croire qu’il s’agisse d’un écran…

Le principal avantage de cette abondance de pixels et de la taille importante de l’écran, c’est l’affichage (parfait) des icônes (5 par rangées horizontales) et des widgets, des photos, des vidéos, des jeux, etc… C’est clairement une bête de course.

G4008De très belles photos

L’appareil photo est l’autre point fort de ce G4. Un mode manuel permet de prendre des photos comme les pros, tandis que le mode automatique utilise à merveille les 16 MP du capteur arrière ou les 8 MP du capteur avant (vive les selfies).

C’est aussi l’un des premiers smartphones à permettre d’enregistrer les images en format RAW. Ces photos ne reçoivent aucun traitement, elles sont brutes en provenance du capteur d’image. Cela permet par exemple de modifier la balance des blancs après coup, avec un logiciel de retouche spécialisé. Un mode qui plaira aux amateurs avertis, mais la majorité des utilisateurs s’en moquera…

Conclusion

Un smartphone à 649€, ça doit en jeter plein la vue, et pas uniquement quand on allume l’écran. Le premier reproche que l’on fera à LG, c’est un design trop passe-partout (à moins d’avoir opté pour la version cuir à 699€), là où son aîné, le G3, avait fière allure malgré l’absence de métal dans son châssis. La face avant de ce LG ne se distingue pas assez des smartphones milieu de gamme.

Or, la concurrence dans le milieu de gamme, justement, est devenue féroce, le public ayant bien compris qu’à 200€, on pouvait déjà trouver un bon smartphone…

Pour le reste, au niveau de la puissance et de la qualité de l’interface que LG ajoute à Android 5.1, on est clairement dans du très bon. Le Coréen a un style sobre et élégant, tout en restant efficace et pratique.

Si seulement il avait gardé un prix plus en retrait de Samsung (il n’y a que 50€ de différence avec le Galaxy S6), ou s’il avait embarqué un capteur d’empreinte digitale (pratique pour déverrouiller un S6 ou un iPhone), voire la recharge rapide ou sans fil…

On se consolera avec une batterie de 3000 mAh amovible (mais qui va en acheter une nouvelle dans un an ?), qui permet d’ajouter une carte microSD, ce que Samsung a abandonné…

4K, UHD: faut-il déjà acheter ce genre de TV, quels sont les contenus actuellement disponibles ?

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Test , le 19 mai 2015 17h18 | Ajouter un commentaire

A l’aide du dernier modèle de télévision haut-de-gamme de Samsung, nous avons dressé le portrait de la UHD, la Ultra Haute Définition. De quoi s’agit-il, quelle est l’offre actuelle de contenu disponible, et cela en vaut-il la peine ?

4KCela plusieurs années qu’on parle de la 4K ou de la UHD (un synonyme plus standardisé pour Ultra Haute Définition). Il s’agit de la future norme de taille de l’image pour les vidéos. On devrait plutôt parler de définition de l’image, car c’est une histoire de quantité de pixels.

Au lieu d’en avoir 1920 de large sur 1080 de haut, on a désormais 3840 pixels sur 2160. Ce qui donne finalement une image avec quatre fois plus de détails, car quatre fois plus de pixels (8 millions contre 2 millions avec la Full HD).

Une notion encore floue

Ça, c’est la théorie. La pratique, c’est qu’on ne connait jamais vraiment la qualité de l’image que l’on regarde. Entre un Blu-ray 1080p (Full HD de base, donc), un Blu-ray « masterisé en 4K » et un flux de Netflix en UHD, il est bien difficile de dire qui affiche la meilleure image…

Car pour acheminer une telle quantité de pixels (et donc de données), le service de visionnage illimité de films et de séries qu’est Netflix doit compresser son flux de vidéo, l’envoyer sur votre TV via internet, puis le décompresser. Tout ça entraîne forcément une perte de qualité de l’image, du moins actuellement.

« Le streaming de Netflix correspond aux critères de la norme UHD. Il y a donc en effet plus de pixels, mais il n’y a pas que ça qui fait une bonne image. C’est pourquoi un Blu-ray, à côté, peut sembler meilleur« , nous a confirmé Bruno Tazer, marketing manager TV et Audio chez Samsung Belgique.

Tout ça ne sert pas trop la cause de la Ultra Haute Définition, car la notion est parfois galvaudée, alors qu’il n’existe qu’une seule Full HD.

Où trouver de la UHD, chez nous, et maintenant ?

« Actuellement, pour bénéficier de la UHD sur une télévision compatible, il y a donc quelques séries et quelques films via le service de Netflix (dans sa version spéciale à 12€ par mois, NDLR), et certaines vidéos YouTube en 4K (il y a une application sur les téléviseurs) ».

Les américains ont droit à d’autres services de téléchargement et de streaming en UHD, comme Amazon. Mais pour les Belges, il faut se contenter de ça, et c’est un peu maigre.

Pour les puristes, et finalement pour profiter vraiment d’une UHD optimale, il faut utiliser le disque dur spécial qui sera bientôt commercialisé par Samsung, et qui contiendra du contenu en 4K.

« Il y aura déjà des films préinstallés et des documentaires en UHD. On pourra, via la télévision, télécharger et stocker du nouveau contenu« . Il faudra sans doute être patient pour obtenir un film, car le fichier devrait être, malgré la compression, 2x plus volumineux qu’un Blu-ray, qui pèse déjà environ 25 GB.

Sachez enfin qu’en septembre, le Blu-ray Ultra HD va sortir. « Il faudra acheter un nouveau lecteur » pour lire ces disques d’une capacité de 66 à 100 GB (contre 25 à 50 pour l’instant), nous a confirmé Samsung. Bruno Tazer estime que « son succès dépendra du prix des lecteurs et des films », que nous ne connaissons pas encore.

En effet, la concurrence du streaming est généralisée, et si Netflix est l’un des rares à proposer une offre avec un bon rapport qualité-prix en Belgique, il ne le restera sans doute pas longtemps.

smarttv
L’interface épurée de la Smart TV selon Samsung.

Voit-on vraiment la différence ?

Voilà pour la disponibilité, très maigre, de la UHD à l’heure actuelle. Mais qu’en est-il de la qualité d’image. Est-ce à nouveau une révolution visuelle ?

Sincèrement, non. Même avec les films en UHD stockés sur le disque dur de Samsung (nous avons regardé Life of Pi), on ne prend pas de claque. Certes, les contours sont plus nets, les couleurs plus riches (mais c’est surtout la télévision qui fait ça…), la profondeur de champs est remarquable. Mais il n’y pas le grand écart qu’était le passage de l’analogique à la HD, il y a quelques années.

En réalité, la UHD est surtout appréciable si votre téléviseur est de (très) grande taille, car même à 1 mètre de distance d’un écran de 55 pouces, vous ne verrez aucun « carré », aucun vilain amas de pixels qu’on remarque en se rapprochant trop près d’une TV.

A ce niveau-là, en effet, la UHD vous décroche la mâchoire, car la quantité de détails affichés et appréciables est gigantesque. Mais pour la voir, il faut tellement s’approcher de l’écran qu’il est impossible de regarder un film sans avoir le tournis.

Pour faire simple, disons que d’une distance raisonnable, on remarque peu la différence entre un Blu-ray et un film en UHD. Nous l’avons testé auprès de plusieurs personnes: rares sont celles qui ont remarqué les pixels supplémentaires de la UHD de Netflix, alors que beaucoup ont apprécié la profondeur et la richesse des couleurs du Blu-ray.

courbure
L’écran de la UE55JS9000L, 3.799€, et bel et bien courbé…

 

Conclusion

A l’heure actuelle, il nous semble prématuré pour investir des centaines d’euros supplémentaires dans une télévision 4K. L’offre de contenu est très limitée, et le gain de qualité d’image est perceptible, mais pas transcendant.

Seulement, c’est toujours la même histoire: dans un an ou deux, la Ultra Haute Définition sera la norme. On filmera en 4K avec nos smartphones et nos appareils photos, la plupart des professionnels utiliseront aussi cette norme, et tous nos écrans pourront afficher ces millions de pixels supplémentaires. Du coup, on hésite à ne pas vous recommander l’achat d’une TV UHD, du moins si vous comptez la conserver 4 ou 5 ans. D’autant plus qu’on trouve déjà des modèles UHD à environ 1.000€ en 40 pouces.

Cependant, même si la UHD se généralise à l’avenir, ne vous attendez pas à une claque visuelle. La formule est identique avec les fameux MP (méga-pixels) des appareils photos: il ne suffit pas d’avoir des millions de pixels pour avoir une belle image.

Et la distance entre vos yeux et une télévision a ses limites. Pour apprécier la UHD, il faudrait être… trop près de l’écran.

comparaison
La UHD, c’est quatre fois plus de pixels.