On a testé la tablette avec projecteur intégré de Lenovo

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Mobilité, Pratique, Test , le 17 février 2015 18h41 | Ajouter un commentaire

Les constructeurs de tablettes Android, qui inondent le marché avec des prix et des qualités très variables, doivent redoubler d’originalité pour se démarquer. Le chinois Lenovo a choisi d’utiliser une grosse poignée dans laquelle il a insérer une béquille (pour multiplier les positions), une batterie et… un projecteur ! Tout cela n’est-il que de la poudre aux yeux ? RTL info a passé deux semaines avec la Yoga Tablet 2 Pro, environ 450€.

Même si le marché de la tablette, toujours largement dominé par Apple et son célèbre iPad, est en stagnation pour la première fois depuis 2010, cet outil reste un remplaçant partiel de nos outils informatiques.

Avec Android, le système d’exploitation de Google pour smartphone et tablette, tous les constructeurs peuvent proposer leur modèle, avec des prix, des qualités et des innovations qui vont du ridiculement mauvais à l’excellent.

De quoi s’amuser

Le constructeur chinois Lenovo, surtout connu chez nous pour ses ordinateurs portables, est au niveau mondial un grand fabricant de smartphone et de tablette. En attendant que les téléphones (ceux que nous avons pu manipuler sur des salons internationaux avaient un rapport qualité prix appréciable) débarquent sur notre continent, il faut se retourner vers les tablettes pour apprécier le sérieux de l’entreprise, qui prouve que le « Made in China » n’est plus (toujours) ce qu’il était.

Avec des marchés aussi gigantesques que la Chine et l’Inde, Lenovo a de l’argent à consacrer à la recherche et au développement. De quoi s’amuser à sortir des produits inédits, dont la Yoga Tablet 2 PRO, qui a l’originalité d’intégrer un petit projecteur, une béquille et une batterie dans sa poignée tubulaire.

Un projecteur, vraiment ?

Il va de soi que pour des raisons de coût, d’usage de la batterie et d’espace, la puissance de ce qu’on appelle un « pico-projecteur » est assez limitée. On parle de 30 à 40 lumens, ce qui n’est pas très lumineux.

L’image projetée est de 854 x 480 pixels (en-dessous de la HD, donc), ce qui est nettement moins que l’écran de la tablette: une dalle de 13,3 pouces (34 cm, c’est très grand…) affichant 2560 x 1440 pixels (au-dessus du Full HD).

Selon la documentation, la distance idéale de projection est de 2 mètres, ce qui permet d’avoir une image de 50 pouces (127 cm).

Il faudra dès lors une obscurité quasi-totale, vue la puissance limitée du projecteur. Et avec une telle taille, le manque de pixels se voit assez bien.

Comme vous l’imaginez, la luminosité faiblit proportionnellement à la distance de projection. Ce qui équivaut à dire: au plus sombre est la pièce, au plus loin sera la distance acceptable de projection, et au plus grande sera l’image.

Sachez qu’il est recommandé de sortir le pied intégré pour une position idéale de la tablette. Celle-ci utilise cependant un capteur pour connaitre l’inclinaison de l’appareil, et donc ajuster le « trapèze » de l’image en fonction (mais les résultats sont discutables, nous l’avons essayé).

Il y a également une toute petite molette d’ajustement de la netteté en fonction de la distance de projection, près de l’ampoule de projection. Mais elle n’est pas très précise.

Gadget ? Oui et non… Il faut le voir comme un pico-projecteur, qui n’a pas l’ambition d’être un home cinéma. Pour de photos et des vidéos, c’est franchement utile dans la pénombre. Pour un film entier, cela peut le faire, mais le positionnement de la tablette est délicat. Quant à la qualité de l’image, sachant que le projo est intégré dans la poignée d’une tablette à 450€, il n’y a pas de quoi se plaindre.

Et à part ça ?

Hormis cette fonction de projection inédite sur une tablette, la Yoga Tablet 2 Pro se distingue – et c’est pour ça qu’on l’appelle Yoga – par un éventail intéressant de positions disponibles.

Vous pouvez la tenir à la verticale, comme un journal, à l’aide de la protubérance tubulaire. C’est plutôt sympa pour des applications comme Facebook et Twitter, qui affichent un fil d’actualité continu. Mais comme elle est grande et que son format est très « 16:9 », c’est assez encombrant et lourd pour une seule main (1 kg).

L’idéal, selon nous, est la position « tilt », soit presque à plat, mais dont un côté est relevé par la béquille intégrée. Elle permet de travailler confortablement si vous devez taper un texte, même si à nouveau, vu le format 16:9, la place occupée par le clavier équivaut à la moitié de l’écran.
La position chevalet, soit debout mais reposant sur le pied réglable, est pratique pour regarder un film ou en faire un « cadre » pour montrer des photos ou des documents, sans devoir la tenir.

Autre nouveauté sur cette tablette: la position « accrochée », rendue possible grâce au trou dans le pied pivotant. Vous pouvez la suspendre à un crochet, un clou, etc. Un peu gadget mais ça peut servir…

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Un « vieil » Android ?

La Yoga Tablet 2 Pro tourne sous Android 4.4.2, une version sortie en décembre 2013. On est donc loin de Lollipop (Android 5.0) qui devient progressivement le nouveau standard pour les smartphones et les tablettes.

Mais le « vieil » Android a été largement remanié par Lenovo, qui a ajouté de nombreuses fonctions supplémentaires (deux applications ouvertes et affichées en même temps, un menu glissant dans le bas de l’écran avec les réglages, etc).

Ce n’est donc pas l’expérience ultime d’Android, mais pour le commun des mortels, c’est un détail.

Conclusion

La Yoga Tablet 2 Pro est avant tout une (très) grande tablette: 13,3 pouces. Ce qui permet de placer un bel écran lumineux et détaillé (2560 x 1440 pixels). Mais tout ça est gourmand en énergie, vous l’imaginez. Et vu qu’elle est équipée d’un processeur Intel Atom Z3745, moins puissant et plus énergivore que les puces plus récentes, la batterie n’est pas des plus durables.

La configuration est cependant sérieuse: 2 GB de RAM, un stockage interne de 32 GB (dont 6,5 GB utilisé par le système d’exploitation), extensible via microSD et un appareil photo convenable de 8MP.

Elle a deux signes distinctifs: tout d’abord un petit projecteur intégré dans la poignée, qui se rapproche plus d’un gadget vue sa puissance forcément contenue, mais qui reste utilisable dans l’obscurité. Pourquoi pas, après tout ?

Ensuite, il y a le nombre de positions rendues possibles grâce au pied intégré pivotant. La stabilité est au rendez-vous quel que soit le mode choisi, et c’est franchement une excellente idée.

Si ces deux caractéristiques vous branchent, foncez car le prix est contenu: on la trouve déjà à 450€ sur Amazon. Vous en aurez (largement) pour votre argent.

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