Archives du août, 2014

Nokia Lumia 930: toujours aussi… Windows Phone

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Test , le 22 août 2014 13h03 | Ajouter un commentaire

Robuste, bien fini et bien équipé, l’un des derniers smartphones de l’ère Nokia (désormais englouti par Microsoft) tourne sous Windows Phone 8.1. L’occasion de faire le point sur ce système d’exploitation qui arrive à maturité.

Le Lumia 930 (environ 525€ sur le web) est l’un des dernières smartphones de Nokia, où l’un des premiers de la nouvelle ère de Microsoft Mobile. Le géant américain des logiciels a racheté Nokia pour quelques milliards, et a viré par la même occasion, logique cruelle des « fusion-acquisition », quelques milliers de personnes.

A lire la communication envers la presse, on parle bien d’un smartphone de Microsoft. Même si la marque Nokia est encore présente partout, du téléphone à l’emballage, en passant par les nombreuses applications exclusives de la marque.

Mais on sait qu’il faut quelques mois pour mettre au point un nouveau téléphone. Il faudra sans doute attendre 2015 pour avoir un premier « vrai » smartphone (le nom Lumia devrait rester) de Microsoft Mobile, qui deviendrait le petit cousin de la tablette de la marque, la Surface.

 

Un look inimitable

Alors que tous les constructeurs cherchent à sortir le smartphone le plus fin et le plus léger, Nokia continue de sortir des grosses dalles bien lourdes, de presque 1 cm d’épaisseur (9,8 mm) et pesant 169 grammes.

On est loin des 6,4 mm et des 124 grammes du Huawei Ascend P7, par exemple.

Mais soit, c’est un choix de Nokia, et cela a des avantages: tout d’abord, vu que la finition est toujours aussi parfaite, cela dégage un sentiment de solidité et de robustesse incomparable. On a peur de manipuler un iPhone dernier cri, c’est moins le cas avec le Lumia 930.

Ensuite, cet embonpoint avoué permet de dissimuler une configuration haut-de-gamme (et 32 GB de mémoire interne), un bon capteur photo de 20 MP (qui fait du bon boulot, surtout pour ceux qui aiment zoomer par après et recadrer), une batterie de 2420 mAh (mais qui ne fait pas de miracle: vous ne tiendrez pas deux jours) et le système de charge sans fil Qi (il faut cependant un chargeur non fourni pour en profiter).

 

Windows Phone 8.1: du mieux ?

Le Lumia 930 est également l’occasion de se pencher à nouveau sur Windows Phone, le système d’exploitation de Microsoft qui va fêter son 4e anniversaire l’automne prochain.

La dernière version s’appelle sobrement 8.1. L’OS est plus mûr, et apporte des nouveautés intéressantes: une simple (c’est tout ce qu’on demande) gestion des notifications, des tuiles (la ‘touch’ de Windows Phone) plus « petites » et donc plus modulables (3 colonnes au lieu de 2), un clavier sur lequel votre doigt peut désormais glisser pour écrire.

Ces améliorations comblent un retard avéré, dû au jeune âge, par rapport à iOS et Android, qui se partagent toujours plus de 90% des smartphones vendus dans le monde.

 

Fluide et beau

Il ne manque plus vraiment de fonctionnalités à Windows Phone, et l’interface très originale est vraiment agréable à utiliser. Simple, efficace et surtout, elle offre un écran d’accueil très personnalisable grâce aux tuiles (dynamiques pour certaines) colorées et ayant trois tailles différentes.

Côté fluidité, rien à redire: la config musclée (Snapdragon 800, 2 GB RAM) est plus que ce qu’il n’en faut pour faire tourner l’OS, rapide en toute circonstance, y compris le multitâche.

 

Un problème d’application, encore et toujours…

Il ne reste plus qu’un seul défaut à gommer pour Microsoft: son magasin d’applications, baptisé Market Place, est toujours aussi pauvre. Certes, on a dépassé la barre des 300.000 applications disponibles. Mais il y a beaucoup de bêtises, et il manque des applications essentielles: il n’y a que 6 applications du top 25 de l’App Store qui sont sur le Market Place (analyse de Windows Phone Central en juillet dernier), c’est dire.

YouTube et Snapchat n’ont pas de version officielle ;  les banques belges sont absentes (à part CBC) ;  tous ces objets connectés qui nécessitent une application pour être contrôlés, il faut oublier ; la FIFA n’a pas fait d’application officielle pour la dernière Coupe du Monde (elle est inutile désormais, mais c’est symbolique), Instagram est en bêta, il y a trop de doublons et d’imitations douteuses d’applications célèbres (VLC, Facebook, etc…).

Un dernier problème que Microsoft reconnait ouvertement, expliquant travailler sur « des mises à jour pour clarifier ce problème et supprimer les applications inutiles« .

Evoquons enfin les jeux, qui sont souvent « portés » en version Windows Phone quelques mois après les versions iOS et Android, et pas toujours de la meilleure des manières: mal « optimisés », ils tournent parfois au ralenti ou sollicitent énormément la batterie. Pas de Candy Crush Saga, par exemple, même si la popularité du jeu s’essouffle. Pas de « Simpsons », ni de « Clash of Clans ». Mais cela progresse tout de même, et des titres comme ceux de la saga Angry Birds ont droit à une version Windows Phone dès leur sortie.

 

Conclusion

Le Lumia 930 marque un retour aux sources en matière de design, et rappelle le 920. Epais, costaud et d’une finition irréprochable, il n’est pas le plus discret mais il est très élégant, et dégage une inimitable impression de robustesse.

Tout comme l’OS, Windows Phone 8.1, qui a (encore) gagné en maturité: c’est un modèle de fluidité et d’ergonomie. On a tout le temps envie de le déverrouiller, rien que pour parcourir son écran d’accueil très personnalisé, plein d’informations. Difficile de repasser ensuite à la sobriété lassante de l’interface de l’iPhone, avec sa liste d’icônes passives, dont se contente Apple depuis trop longtemps.

Certes, il manque encore des applications essentielles à un Market Place qui doit s’améliorer, et il est frustrant pour l’utilisateur de voir que la plupart des gros succès sont limités, dans un premier temps, à iOS et Android. Mais ce fossé se résorbe de mois en mois.

A 525€ environ, le Lumia 930 offre des performances de premiers plans, pour un prix inférieur aux modèles haut-de-gamme de Samsung, Apple ou HTC.

 

 

Tomtom GO 5000 : des abonnements à vie, mais un prix élevé

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique , le 19 août 2014 21h56 | Ajouter un commentaire

Tomtom, qui doit faire face à la concurrence acharnée des applications de navigation sur smartphone (y compris la sienne), continue de vendre des GPS « traditionnels ». Connu pour son expertise dans le domaine, le fabricant néerlandais est-il toujours au top ?

Face à une concurrence féroce qui vient des fabricants à bas prix (de qualité moindre mais acceptable par le plus grand nombre) et des applications pour smartphones (certaines sont mêmes gratuites, mais avec de la publicité), Tomtom se casse la tête depuis plusieurs années pour endiguer la chute de son chiffre d’affaire.

L’une des forces de Tomtom, c’est son service d’info-trafic de pointe, qu’il intègre harmonieusement dans son GPS. Sur la droite de l’écran de navigation, on aperçoit une sorte de ligne de parcours, jusqu’à la destination. C’est ce qu’on appelle la « barre de parcours ».

Sur cette ligne apparaissent, entre autre chose et le cas échéant, des bulles rouges avec le nombre de minutes perdues.  Si vous démarrez votre trajet Waterloo – Bruxelles un lundi matin, vous verrez par exemple que « dans 10 km », il y aura « 28 minutes » de perdues à cause d’embouteillages sur une zone de 9 km.

 

Une plus-value indispensable

Et il ne s’agit pas que de vous prévenir. Si les retards deviennent trop importants, le GPS va vous proposer automatiquement un itinéraire alternatif, mais uniquement si celui-ci est plus rapide.

A vous de vérifier, c’est préférable, si le détour proposé en vaut la peine. C’est surtout utile, en réalité, en cas d’accident imprévu, et non aux heures de pointe de la capitale. Vous devez rejoindre Anvers et la E19 est à l’arrêt à cause d’un accident: Tomtom vous préviendra et vous conseillera l’autre route reliant Bruxelles à Anvers, à savoir la A12.

A bien y réfléchir, même si vous connaissez le chemin, il vaut parfois mieux brancher son Tomtom à chaque trajet sur autoroute, toujours dans l’optique d’éviter les mauvaises surprises.

 

Sans abonnement

Au jour le jour, cette fonction trafic devient vite indispensable pour tous ceux qui font qui prennent l’autoroute tous les jours.

Soyons honnête: elle est sans doute le plus gros avantage de ce GO 5000, car il ne faut pas payer d’abonnement de 50€ pour ce service trafic. Tout est compris.

Les appareils moins chers de Tomtom, et les anciens, doivent payer 50€ par an pour les services Live qui incluent le trafic. Mais pas le GO 5000 (299€), le constructeur néerlandais ayant décidé de décliner sa gamme et de vendre (très) chers les modèles avec abonnement à vie.

Les cartes également se mettront à jour à vie sur le GO 5000, ce qui est également un fait à prendre en compte pour ceux qui n’aiment pas devoir payer, après un an, pour que le nouveau rond-point du coin, ou la nouvelle sortie d’autoroute, apparaisse sur son GPS.

 

Quelques défauts

Si la finition de l’appareil, très sobre, est irréprochable, on peut être déçu par la qualité de l’écran, qui n’affiche que 480 x 272 pixels. C’est très peu pour un écran de 5 pouces (13 cm), sachant que les smartphones de cette taille offre souvent le Ful HD (1920 x 1080 pixels). Et surtout, c’est très peu pour un appareil à 299€…

Autre bémol: la fluidité de l’interface. Il y a 4 ans, on se serait contenté de cette latence dans les menus, du manque de réactivité (d’attendre une bonne seconde entre la pression d’une icône et la réaction du GPS). Mais en 2014, Tomtom aurait pu mettre un processeur un peu plus rapide.

 

Conclusion

Le Tomtom GO 5000 est bon GPS, léger, qui démarre rapidement et dont les plus gros avantages sont la gratuité à vie des (indispensables) services de trafic en temps réel, et des cartes.

Vous n’aurez plus ces rappels irritants sur votre GPS, vous incitant à passer à la caisse tous les ans pour mettre à jour une carte ou continuer à utiliser un service.

Ces deux abonnements « gratuits » à vie ne le sont pas vraiment. Car vous payez tout de même 299€ pour un appareil dont l’interface manque cruellement de fluidité, et dont l’écran est de qualité très moyenne. Nous avons même constaté un petit bug graphique récurrent dans l’affichage de certaines consignes (voir photo ci-dessous). Indigne à ce prix…

Si les abonnements offerts à vie ne vous intéressent pas, il y a des modèles de GPS nettement moins chers sur le marché, ou des applications de bonne qualité sur smartphone. Les deux largement en dessous des 100€.

 

La photo du petit bug d’affichage:

 

Test Cogito Classic: une montre connectée qui prend le problème à l’envers

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Test , le 12 août 2014 11h20 | Ajouter un commentaire

Cogito a pris le problème à l’envers en proposant une « smartwatch » originale: c’est avant tout une (belle) montre, mais elle est tout de même connectée, se limitant à de petites icônes d’alertes. Bonne idée ?

Les « smartwatchs », ces montres connectées à votre smartphone et qui commencent (tout doucement) à proposer des fonctionnalités intéressantes, ont un énorme défaut: leur autonomie.

Même les derniers modèles de LG et Samsung doivent être rechargés, au mieux, tous les deux jours. Plutôt gênant: qui a envie d’ajouter un chargeur, un câble et un appareil sur sa table de nuit ?

Ceux que l’autonomie ridicule (pour une montre) dérange peuvent se retourner vers la Cogito. Durée de vie des piles: entre 6 mois et 1 an !

Il s’agit d’une vision différente de la montre connectée, car sa fonction première est d’être… une montre. Aiguilles, mécanisme classique (d’origine japonaise), forme en cercle: Cogito a pris le problème à l’envers en fabriquant d’abord une montre, puis en la dotant de quelques fonctionnalités pour la rendre « smart ».

 

Des icônes

Oubliez le très bel écran OLED et incurvé de la Gear Fit de Samsung: sur votre Cogito, lorsqu’il se passe quelque chose sur votre téléphone, votre montre va vibrer (très légèrement), émettre un bip et une icône va vous indiquer si vous avez reçu un message, un mail, la personne ou le numéro de celui qui vous appelle, l’état de la batterie et le nom de l’événement dans votre calendrier.

Enfin, si la batterie de votre téléphone est sous les 20%, la montre va vous prévenir à intervalle régulier (même s’il est en charge, ce qui est un peu bête).

C’est tout, c’est peu mais… c’est déjà ça.

 

Via une application

Le tout étant, bien entendu, paramétrable, via l’application indispensable « Connected watch » (gratuite). Je vous déconseille d’activer les alertes email, au risque de voir votre montre sonner toute la journée. Il est également possible de mettre la montre en mode « vibreur » uniquement.

Bon à savoir: la nuit, en cas d’alerte (appel ou message, forcément), votre montre va faire du bruit même si votre téléphone est en mode vibreur ou « Ne pas déranger ».

Sachez enfin que l’alerte message rassemble intelligement vos activités SMS, WhatsApp, Facebook Messenger, etc.

 

Des petites options sympas en plus

Votre montre connectée permet de contrôler la musique qui est diffusée sur votre smartphone. Petite remarque: il n’y a que le lecteur de musique intégré d’iOS qui est concerné (pas les autres applications comme Spotify, par exemple).

Envie de prendre une photo à distance, après avoir bien positionné votre smartphone ? Via l’application dédiée « Connected watch », vous pouvez lancer une version très simplifiée de l’appareil photo de votre téléphone. C’est relativement limité: en appuyant sur le bouton coloré, vous prendrez une photo à distance. Il n’est pas possible de prendre une vidéo, par exemple.

Enfin, sachez qu’à part le look, il y a peu de différences entre les modèles « Classic » (179$) et « Pop » (129$). La moins cher ne fait qu’éclairer quatre icônes: appels entrants, SMS, notifications des réseaux sociaux comme Facebook ou WhatsApp, et une dernière pour les évènements et le niveau de la batterie. Elle ne peut pas afficher le nom de l’appelant, par exemple. Toutes les deux peuvent aller sous l’eau.

 

Conclusion

Au final, la Cogito Classic que nous avons essayée plusieurs semaines nous a laissé une bonne impression. Elle a du sens: contrairement aux nouvelles montres connectées de Samsung et LG (nettement plus riches en termes de fonctionnalités), la Cogito ne doit pas être rechargée tous les deux jours. Elle est équipée de deux piles qui ont une autonomie annoncée entre 6 mois et 1 an.

Rien que pour ça, elle mérite le titre de « montre », d’autant plus que son look est soigné et qu’il y a toujours les aiguilles pour vous donner l’heure de manière traditionnelle.

Bien entendu, on se limitera à quelques icônes pour être prévenu de ce qui se passe sur son smartphone connecté. Ce qui, au final, s’avère plutôt inutile, à moins de passer sa journée en déplacement. Et encore: si vous recevez un SMS et que vous êtes dans le métro, vous serez obligé de sortir votre téléphone pour savoir qui a envoyé quoi… Dans l’absolu, savoir qu’on a reçu un SMS n’est d’aucune utilité. Mais bon, c’est une montre et… elle est connectée.

On est donc à l’opposé du concept qui se développe de plus en plus: celui d’Android Wear, un système d’exploitation pour appareil « porté » mis au point par Google. Avec les montres équipées de Samsung et LG, on peut télécharger une liste sans cesse enrichie d’applications : météo, santé, sport, alarmes, WhatsApp, trafic, contrôle vocal, etc… Mais tous les soirs, ou presque, il faudra retirer la montre et la faire charger…

A vous de voir !