Et pourquoi pas un smartphone qui… se transforme en tablette ?

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Test , le 28 février 2014 14h08 | Ajouter un commentaire

Les ventes de smartphones et de tablettes ont fait un bond important en 2013. Un cap a même été franchi, les ordinateurs portables devant courber l’échine devant les iPad et consorts, qui se vendent davantage.

Pas étonnant, du coup, que tous les fabricants d’électronique grand public misent de plus en plus sur ce marché juteux.

Bonne nouvelle pour le consommateur, la multiplication des systèmes d’exploitation (Android, iOS, Windows, etc) et des appareils a deux effets très positifs: la diversité de l’offre et la baisse des prix, notamment grâce aux Chinois (ZTE, Huawei, Lenovo, etc).

Asus, qu’on connait surtout chez nous pour ses ordinateurs de bonne réputation (aux dires des revendeurs, en tout cas), a mis à jour un concept inédit: un smartphone qui se transforme en tablette. Nous avons pu mettre la main dessus durant quelques semaines.

 

Un corps, deux costumes

L’Asus PadFone Infinity est un (beau) smartphone qui peut s’insérer dans le dos d’une tablette (ou plutôt, une station d’accueil). Elle ne fonctionne pas sans lui: impossible de la sortir de veille. C’est comme un corps sans cerveau.

Tout est donc dans le smartphone, qui est par ailleurs un modèle sous Android 4.2.2 (bientôt 4.4), très soigné, avec un design élégant et un bel écran Full HD. La surcouche d’Asus est discrète mais intelligente, avec de chouettes petits raccourcis et des bonnes idées dans l’affichage.

Une fois inséré dans le dos de la « tablette », c’est comme si le smartphone changeait de costume. On retrouve forcément toutes les applications du téléphone, mais les écrans d’accueil sont différents.

Vous pouvez (devez) donc configurer des écrans d’accueils propres au mode « station »: raccourcis d’applications, widgets… vous avez plus de place, et de l’énergie pour faire tourner tout ça. Donc lâchez-vous.

 

Et la batterie ?

Asus a prévu le coup: en mode tablette, il y a par défaut un widget avec certaines options spécifiques. Par exemple, pour la gestion de la batterie. Par défaut, la station d’accueil charge le smartphone dès qu’il est inséré, ce qui s’avère très pratique à l’usage. Vous pouvez également choisir la manière de décrocher lorsque le smartphone est inséré: par défaut, en le retirant, c’est comme si vous répondiez à l’appel. Mais si vous avez une oreillette Bluetooth, vous pouvez décrocher en laissant le smartphone dans sa station.

C’est l’une des forces du concept, pensé par rapport à l’usage de l’utilisateur. Il rentre chez lui, il insère son smartphone dans sa tablette et il fait ce qu’il a envie de faire. Forcément, c’est le même genre d’activités que sur téléphone: mails, web, réseaux sociaux, jeux…

 

Des applications similaires: seul Android peut le faire

Et pour une fois, l’un des défauts d’Android devient un avantage: contrairement à l’iPad et l’iPhone, il n’y a qu’un seul type d’application sous l’OS de Google, qui tourne sur les deux formats. C’est souvent moche: l’appli Facebook, par exemple, est toute étirée sur une tablette, elle convient mieux au format d’un smartphone.

Mais cet amalgame permet au PadFone d’exister, ce qu’Apple ne pourrait faire, car la plupart des applications sont différentes pour iPhone et iPad, certaines n’existant d’ailleurs que sur smartphone. Windows Phone 8 et Windows 8 ont des applications encore plus distinctes. Et ne parlons même pas de BlackBerry.

Avec le concept PadFone, vous pouvez transformer un smartphone en tablette, celui-ci ne changeant que son écran d’accueil, mais gardant tous ses réglages et applications. Au risque de se répéter, seul l’écran change (et ses widgets/raccourcis), tout le reste est une copie parfaite du smartphone.

 

Conclusion

Le PadFone Infinity est un concept intelligent et innovant, comme on en n’avait plus vu depuis longtemps: insérer un smartphone dans une station d’accueil qui le transforme en tablette, c’est plutôt malin.

Partant du principe qu’on lance souvent les mêmes applications sur ces deux formats d’appareils mobiles, cette combinaison a du sens.

Et des avantages: pas besoin de télécharger (et de payer, parfois) la même application plusieurs fois, ce qui est obligatoire pour le couple iPhone/iPad où en plus, la synchronisation est rarement effective (sauf pour les mails, le calendrier, tout ce qui est dans le cloud comme… Candy Crush Saga).

De plus, vous avez une « tablette » 4G, sans devoir payer de carte SIM ni d’abonnement supplémentaire.

Une fois dans sa station d’accueil, ce smartphone est rechargé, et offre un espace de travail plus grand, avec des écrans personnalisables, mais avec les mêmes applications et les mêmes réglages. C’est comme si vous branchiez un écran de 23 pouces sur un ordinateur portable de 11 pouces. Travailler devient plus facile…

En dehors, c’est un téléphone à la finition haut-de-gamme et agréable à utiliser, même si Asus a encore du chemin à parcourir pour égaler Samsung, HTC, LG ou Sony sur le terrain des smartphones sous Android. J’ai relevé une caméra moyenne (par rapport au prix…), et des problèmes avec la carte nano SIM, qui a tendance à disparaitre inopinément…

N’oubliez pas deux choses avant de craquer: la « station d’accueil » n’est pas autonome, et ne peut être utilisée sans le smartphone dans le dos. Enfin, le prix est assez élevé alors que la concurrence est féroce: 599€ pour le smartphone seul, 799€ en kit avec sa station d’accueil. Ça fait donc 200€ pour une coquille vide… (mais sur le web, vous trouverez ces appareils à moindre frais).

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