Le « fairphone » se dévoile enfin

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité , le 18 septembre 2013 17h57 | Ajouter un commentaire

Enfants exploités dans les mines en Afrique, personnel exploité dans les usines en Asie… l’explosion du marché du smartphone a de sérieux effets secondaires et indésirables. C’est pourquoi on parle de « fairphone » depuis quelques mois.

La start-up néerlandaise à l’origine du projet a présenté pour la première fois cette semaine à Londres son « fairphone« , un appareil écologique, équitable et éthique dont 15.000 exemplaires ont déjà été écoulés sur Internet alors qu’il ne sera prêt à être livré qu’en décembre.

Ce téléphone, au design épuré proche de celui des productions des grands du secteur, promet des performances similaires à celles-ci, tout en respectant certaines « valeurs » liées à l’environnement, le commerce équitable ou la transparence sur la chaîne de production et l’origine des composants.

 

325 €…

Le projet, lancé il y a trois ans par le designer néerlandais Bas van Abel, a été en partie financé par une levée de fonds réalisée directement auprès des futurs propriétaires de l’appareil qui ont dépensé 325 euros sans jamais avoir vu le produit.

Présenté lundi dans le cadre d’un festival de design à Londres, le « Fairphone », qui fonctionnera dans un premier temps sous Android, est encore en phase de test et doit être livré début décembre aux 15.000 personnes ayant fait cet « achat politique », selon la start-up.

 

Quelle configuration ?

Côté « config » du téléphone, on est dans du « milieu de gamme », et bien servi si le prix est effectivement de 325€:

Ecran en verre « Dragontrail », fin et léger de 4,3 pouces, résistant aux griffes.
Puce Mediatek 6589, avec un processeur à quatre coeurs.
16 GB de stockage interne
Deux caméras: une de 8 MP à l’arrière, plus une 1.3 MP pour la visioconférence
Android OS (4.2 Jelly Bean), avec une surcouche développée par Kwame Corporation

 

Pas à 100%

Tout en reconnaissant qu’il est « impossible » de produire un téléphone « 100% fair », Bas van Abel veut « éveiller les consciences » et « influencer » les grandes compagnies, régulièrement accusées de recourir à des minerais issus de zones de guerre et de faire fabriquer leurs appareils dans des conditions de travail exécrables.

Le « fairphone » utilise aussi l’indispensable coltan, minerai extrait dans la région du Kivu et qui se trouve au coeur de la guerre civile en République démocratique du Congo.

 

Gisements certifiés

Mais ses concepteurs s’assurent qu’il provient de gisements certifiés pour ne pas alimenter les bandes armées.

Toujours dans l’optique de « changer les choses au coeur même du système », le « fairphone » est fabriqué en Chine mais dans une usine où les ouvriers peuvent travailler dans de bonnes conditions et profiter d’un salaire plus élevé que la normale.

Sur le plan environnemental, le téléphone est en partie recyclable, simple à réparer, disposera d’une batterie amovible et pourra accueillir deux cartes SIM pour éviter d’avoir besoin de deux appareils.

(Avec AFP)

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