Huit mois pour faire un nœud: Terminator est encore loin

Par Mathieu Tamigniau dans Divers, Mobilité , le 26 juillet 2013 16h22 | Ajouter un commentaire

A San Francisco, au début de l’été, le plus célèbre des fabricants de « puces » informatiques, Intel, a montré à la presse internationale l’avancement de ses recherches. L’idée de l’édition 2013 de ces « Intel Labs », c’est de prouver au monde entier qu’il est nécessaire d’améliorer, encore et encore, les processeurs. Notamment, pour faire… des robots.

Intel en a profité pour présenter la dernière génération en date, baptisée Haswell. Plus puissants, plus petits, moins gourmands en énergie… les processeurs du « fondeur » américain vont toujours plus loin dans la performance.

 

Justifier le progrès

Et pour justifier cette course à la puissance, à la miniaturisation et à l’autonomie, Intel soutient (finance, donc) de nombreux projets dans le monde entier. Près de 1.000 employés s’y consacrent, sur les 100.000 que compte l’entreprise.

L’idée de tous ces projets, au-delà de travailler l’image de marque, est de nouer des alliances potentielles. Si l’un de ces projets de recherche débouche sur un succès commercial, il s’agit de ne pas rater le coche.

Lors d’une discussion informelle, avec un responsable financier, nous avons appris que « la plupart des gens avec qui nous travaillons sont fidèles. Si on les aide dans un beau projet, ils ne vont pas aller chez la concurrence« .

 

Transformer les données en connaissance

Justifier un progrès… mais aussi une réalité: selon une étude publiée par Intel, en 2020, nous aurons tous, en moyenne, six appareils connectés, donc six appareils ayant besoin d’un processeur. L’ingénieur Brian Murphy, dans notre interview (voir vidéo en annexe), ne dit pas autre chose: « Intel travaille de plus en plus sur les technologies embarquées. Bientôt, tous nos appareils seront mobiles, ou connectés« .

Ils ont également calculé que cela va générer un trafic de données de 5.200 GB par personne, sur 7 ans. Il en faudra, des processeurs, pour gérer tout ça.

Intel veut, de plus, ajouter une dimension humaine à cette course à la puissance. « On ajoute du sens et de la vie aux choses, pour transformer les données en connaissance. La vision à long terme: dire au lave-vaisselle de faire son travail au moment opportun, pour économiser l’électricité et l’eau« , a déclaré Maria Bezaitis, une ingénieure. Mais cela demande de nombreuses connexions, et des serveurs qui analysent d’énormes quantités de données.

Bref, on navigue toujours entre justification du projet, et argumentation financière…

 

Dans tous les sens

Comme l’a dit Steve Brown lors de la conférence de presse, « désormais, on part des besoins de l’utilisateur, puis de sa manière d’expérimenter une nouveauté, avant de construire un processeur adapté« .  Il est chez Intel depuis 23 ans, et s’occupe désormais de la communication interne: il explique aux employés d’Intel pour quelles raisons ils continuent à améliorer les puces…

Mais finalement, ce qui reste amusant, pour les amateurs de nouvelles technologies, c’est de voir plein de gadgets du « futur ». Et il est vrai, cela part de l’humain: comment améliorer sa vie quotidienne?

Ce qui nous a frappés, c’est la diversité des domaines de recherche. De la robotique à la sécurité, en passant par les transports et l’alimentation, les champs couverts par les chercheurs d’Intel sont assez vastes.

 

Le robot qui fait des nœuds

Le projet qui est sans doute visuellement le plus impressionnant, c’est PR2, un robot développé à l’Université de Berkeley, pas loin de San Francisco. Certes, au départ, il a fallu trois ans pour lui apprendre à plier le linge.

Mais tout évolue très vite. Dernièrement, et c’est ce qui nous a été montré dans le labo de recherche, « en huit mois, on lui a appris à faire un simple nœud, mais en s’adaptant à la position de départ de la corde« , nous a expliqué le Professeur Mei Chen (voir son interview et la démo du robot, en annexe).

Ça parait bête, mais les huit mois, c’est pour mettre au point des formules mathématiques très complexes, des algorithmes exécutés par l’ordinateur, qui envoie ensuite les instructions au robot.

Avec uniquement deux caméras frontales, deux bras articulés et un ordinateur, on peut, « de plus en plus facilement« , construire des robots.

La preuve: en 2009, il a fallu dépenser 400.000$ pour construire une première version. Contre « seulement » 30.000$ en 2013.

 

Aide à la conduite et domotique

A côté de ce robot qui projette « Terminator » à des années lumières… dans le futur, Intel a montré des applications qui cherchent à prévenir les accidents de la route en analysant le comportement du conducteur (voir la vidéo de l’interview de Paul Crawford, en annexe). Puis en agissant sur sa conduite, par exemple en sonnant une alarme si des signes d’endormissement sont détectés. C’est au passage, une technologie qui existe déjà chez Mercedes, par exemple.

On a aussi pu admirer les futurs rayons de supermarchés, avec des étiquettes qui deviennent des écrans (et donc munies d’une puce… Intel), qui communiquent avec des smartphones. L’idée: adapter l’affichage à vos envies ou à votre profil médical. Par exemple, en ajoutant un petit pouce vers le bas, en rouge, à côté d’un produit, si celui-ci contient des fruits secs et que vous y êtes allergique.

 

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