Archives du juin, 2013

Le smartphone le plus fin du monde ?

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité , le 19 juin 2013 16h25 | Ajouter un commentaire

Huawei, une puissante entreprise chinoise de télécom, veut jouer dans la cour des grands fabricants de smartphone. Habituée au « low cost », elle a lancé cette semaine à Londres un nouvel appareil qui serait « le plus fin au monde », pour concurrencer les modèles haut de gamme de ses rivaux Apple et Samsung sur les marchés étrangers.

Pour ce lancement en dehors de Chine, sa base traditionnelle, le groupe a choisi de dévoiler son Ascend P6 à Londres, à une date -le 18/06- qui est un clin d’oeil à l’épaisseur du téléphone, de 6,18 millimètres. « Notre but est de fournir de meilleurs produits, des produits plus innovants, avec un meilleur design« , a déclaré Richard Yu, directeur général du groupe, lors du lancement organisé à la Roundhouse, salle célèbre pour avoir accueilli des concerts de Jimy Hendrix, Led Zeppelin et Pink Floyd.

L’Ascend P6, qui pèse 120 grammes et a un écran tactile de 119,5 millimètres, sera vendu à un prix conseillé de 449 euros (600 dollars). C’est donc peu cher pour un smartphone haut de gamme, l’iPhone 5 (689€) et le Samsung Galaxy 4S (679€) sont moins abordables.

Il sera disponible partout dans le monde au milieu de l’été.

Une caméra qui résiste à l’Antarctique

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son , le 13 juin 2013 11h03 | Ajouter un commentaire

Des températures qui varient de -40 °C à -5 °C. Des vents qui soufflent à plus de 100 km/h. Une lumière diurne constante en été, une obscurité totale en hiver. Pas de doute : nous sommes en Antarctique. C’est ici que se situe la base antarctique belge Princesse Elisabeth, la première station polaire de recherche « zéro émission » conçue, construite et exploitée par l’International Polar Foundation (IPF).

Depuis sa mise en service, le 15 février 2009, cette station a déjà accueilli une multitude de projets scientifiques de chercheurs belges ou étrangers spécialisés en géologie, géodésie, biologie, chimie de l’air et recherche climatique.

 

Le projet HYDRANT

La station abrite une caméra spéciale des Allemands de chez Mobotix (la Allround M24, pour être précis). Elle aide les chercheurs du projet HYDRANT à suivre les instruments avec lesquels ils travaillent à la réalisation de mesures exhaustives du cycle hydrologique de l’Antarctique. Le projet vise l’étude des processus atmosphériques. En ce sens, il étudie le transfert de la vapeur d’eau, la formation des nuages et des précipitations, l’accumulation neigeuse et les conditions météorologiques sous-jacentes.

L’objectif du projet HYDRANT est d’obtenir des observations continues des caractéristiques météorologiques et nuageuses qui seront utilisées ensuite pour valider les modèles climatiques régionaux. Des instruments ont donc été installés pour l’opération à long terme qui consiste à suivre les propriétés inhérentes aux nuages et à la formation de neige, mais aussi à la météorologie.

« Le but du projet est de contribuer à comprendre l’évolution actuelle et future de la calotte glaciaire antarctique et sa contribution aux changements de niveau des eaux« , a expliqué le docteur Irina Gorodetskaya, scientifique de la K.U. Leuven affectée au projet. « Il nous manque des données sur les processus neigeux et les précipitations en Antarctique. Ils sont toutefois importants pour l’équilibre surface/masse de la calotte glaciaire. A travers ce projet, nous souhaitons établir une base de données qui pourra être utilisée pour une évaluation approfondie du modèle« .

 

Faible consommation, contrôle à distance et infos sur l’environnement

Comme la station Princesse Elisabeth se distingue par « zéro émission », le Dr Irina Gorodetskaya cherchait une caméra capable de fonctionner à faible coût et avec peu d’entretien. Irina Gorodetskaya : « L’idée de la station est de procéder à des mesures scientifiques en consommant le moins possible d’énergie. De plus, la station n’est pas habitée en hiver. A cette période, nous assurons le suivi à distance, depuis la Belgique ou tout autre pays impliqué. Les instruments doivent donc fonctionner sans faille, même sans présence humaine. C’est en ce sens que la caméra Mobotix nous est bien utile« . (Voir les résultats de l’étude)

Outre le suivi des instruments et de leur état, la caméra a aussi une autre fonction. Elle fournit, en effet, des informations complémentaires sur l’environnement. Elle montre comment le temps change, comme les nuages évoluent, s’il y a des précipitations, s’il y a de la neige par ciel clair, etc. « Grâce à notre instrument, nous pouvons déterminer la hauteur des nuages et leur température, mais il est très difficile de déterminer le type de nuages. La caméra nous aide à l’analyser quand nous ne sommes pas présents« .

« Nous recevons des images panoramiques à 180 degrés. Nous pouvons voir le ciel, les types de nuages, le temps, les montagnes et même si les instruments sont recouverts de neige ou pas. Entre mai et juin, le site Princesse Elisabeth est plongé dans une totale obscurité, la fameuse nuit polaire. Nous avons donc installé un spot qui illumine les instruments en hiver, afin que nous puissions suivre leur état. Un exemple : le radar conçu pour détecter les chutes de neige est parfois recouvert de neige, qui est ensuite éliminée par le vent. Quand la neige s’accumule, le signal change. Si nous n’avions pas la caméra, nous ne pourrions pas vérifier si ce signal est dû à la couverture neigeuse ou à une panne du radar. Nous pouvons aussi détecter les rafales de neige ou les précipitations neigeuses, car les flocons sont illuminés par le spot« .

Conditions extrêmes

En hiver, les températures à la station tombent à -40 °C. Combinées aux tempêtes, ces températures extrêmes constituent un réel défi pour les hommes et la technologie. La caméra démontre, cependant, largement son efficacité et sa puissance. Car elle n’intègre aucun élément mécanique pour les lentilles ou les mouvements. L’absence d’éléments mobiles mécaniques minimise la maintenance, élargit la plage de températures utilisable et améliore la fiabilité générale du système global et ses coûts de fonctionnement.

« Nous sommes vraiment satisfaits de la solution Mobotix. Cette caméra est robuste, nécessite peu d’entretien et résiste aux conditions météorologiques« , assure Irina. « Ce modèle de caméra a été recommandé par nos collègues de l’Université de Cologne qui l’emploient à l’observatoire de la Zugspitse. La caméra a fonctionné parfaitement dès son installation en Antarctique et nous recevons des images de bonne qualité. Elle a aussi une excellente portée. Quand le ciel est clair, elle voit à plus d’un kilomètre. Le support technique est également satisfaisant : nous avons commandé la caméra au dernier moment, mais elle a été livrée très rapidement ».

Le traitement et le stockage décentralisés dans la caméra Mobotix réduisent aussi la bande passante à un minimum et diminuent les coûts du système de manière significative.

La caméra est intégrée au réseau de la station et fournit des images en temps réel. Une photo est prise toutes les minutes et enregistrée sur un PC local. Les images sont transférées toutes les 15 minutes vers le serveur FTP de la K.U. Leuven. Être capable de transférer les images chaque minute est importante pour permettre la réalisation de vidéos de haute qualité montrant les conditions météorologiques et le mouvement des nuages.

J’ai nagé avec mon Walkman

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Test , le 9 juin 2013 14h42 | Ajouter un commentaire

Décidément, Sony a un truc avec l’eau. Après un smartphone (Xperia Z) et une tablette (du même nom), le fabricant japonais a sorti un Walkman qui peut être immergé.

Oui, vous avez bien lu: vous pouvez aller nager avec le NWZ-W273. Il s’agit d’une paire d’écouteurs intra-auriculaires, qui intègre une mémoire flash (4GB) et des commandes.

 

Pas d’écran

Le but est de le contrôler quand on est sous l’eau, ou en train de faire du sport. Ne cherchez donc pas d’écran LCD qui afficherait quoi que ce soit. Il n’y a d’ailleurs pas beaucoup d’options: play/pause, chanson suivante ou précédente, volume et un mode « shuffle » pour mixer vos morceaux préférés.

Pas très intuitif, ce Walkman. Mais on le rappelle: le but premier est de l’utiliser dans des conditions extrêmes, comme la natation ou un marathon (beaucoup de sportifs doivent changer d’écouteurs régulièrement à cause de l’humidité et de la transpiration).

 

Bouchons d’oreille

Pour continuer à entendre la musique tout en étant sous l’eau, il y a une règle à suivre: bien enfoncer l’oreillette, et trouver l’embout qui convient le mieux à votre conduit auditif. Il y a quatre tailles fournies.

En réalité, le Walkman fait office de bouchons d’oreille: il n’y a pas vraiment d’eau entre le petit trou qui émet la musique, et votre oreille. S’il y en a, vous l’entendrez directement. Il faudra alors retirer les écouteurs et les secouer, pour évacuer l’eau.

 

Transfert délicat

Ce Walkman est fourni avec un socle de recharge USB, qui sert aussi à transférer la musique. Faite au plus simple, et glissez/déposez des fichiers MP3 dans le répertoire « Music » de l’appareil, qui apparaît comme une clé USB.

Je vous déconseille d’utiliser iTunes: les morceaux achetés (et non les MP3 importés) ne seront pas lisibles. Pire: ils feront planter le Walkman, qui ne fera qu’émettre un bip quand vous tenterez de l’utiliser.

 

Conclusion

A 79€, Sony sort un appareil original qui, dans le flux continu des baladeurs et autres casques à la mode, a le mérite d’être original. Certes, le transfert de musique et la gestion des commandes ne sont pas des plus aisés. Mais sans écran, difficile de faire mieux.

Le NWZ-W273 remplit cependant très bien son rôle principal: pouvoir prendre une douche ou un bain, aller nager, faire des marathons ou des triathlons… tout en écoutant sa musique préférée. A condition de bien choisir les embouts, et de bien enfoncer les oreillettes.

Des lunettes belges qui rendent le dentiste agréable

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Pratique, Test , le 3 juin 2013 07h30 | Ajouter un commentaire

Le concept PSIO, dont les lunettes et les écouteurs vous plongent dans un état second, a des vertus bien spécifiques… à télécharger.

La luminothérapie, vous en avez déjà entendu parler. Surtout avec ce printemps 2013 qui a des airs d’automne. Sous différentes formes, il s’agit d’une « cure » de lumière, avec l’influence que cela peut avoir sur notre cerveau, et donc sur notre humeur, sur nos hormones, etc…

Le concept PSIO va bien au-delà de la luminothérapie. Il s’agit d’une paire de lunettes complètement opaques, qui affiche « un aplat de couleurs homogènes produites par des LED intégrées« , nous explique Georges Liekendael, directeur de la société LINK, basée à Opprebais, qui distribue les lunettes et a participé à son développement.

Les branches des lunettes sont affublées d’écouteurs, ce qui permet de « diffuser des programmes de stimulation audiovisuelle combinant sons, musique, voix, avec des lumières colorées synchronisées« .

 

Un projet 100% belge

Voilà pour la théorie. Evoquons rapidement la genèse du projet qui, soyons chauvin car ça n’arrive pas tous les jours, est 100% belge.

La luminothérapie classique existe depuis un certain temps. « Mais les appareils utilisés jusqu’à présent étaient bien différents. Quand on couplait le son avec des lumières, il s’agissait de bip-bip strident, sur de grosses machines« , poursuit M. Liekendael.

L’idée des partie-prenantes du projet: « Renforcer la stimulation visuelle, et ajouter un vrai décor sonore« . Et intégrer le tout dans une paire de lunettes sur batterie. Il a donc fallu attendre l’essor du LED, la miniaturisation et la démocratisation des composants pour commercialiser le projet.

Stéphane Dumonceau-Krsmanovic (directeur de Psychomed.com SA, une entreprise belge), est le créateur de PSIO, conçu en Belgique avec la collaboration de différents développeurs belges et du département de physique optique de l’Université de Liège, en la personne du Professeur Serge Habraken.

 

Comment ça marche ?

Le principe de PSIO, c’est de contrôler l’activité du cerveau, en lui faisant perdre ses repères. Selon les programmes choisis (voir plus bas), l’intensité des flashs lumineux, leur couleur et la durée de la séance varient. Les lunettes sont prévues pour recouvrir entièrement votre champ de vision.

« C’est différent des outils de relaxation traditionnel, qui mettent le cerveau au repos en le laissant tranquille. Les lunettes PSIO, au contraire, stimulent le cerveau afin de le faire lâcher prise, en bloquant la rumination mentale« , explique Georges Liekendael.

Maltraitée, notre matière grise ? « Le cerveau va essayer de trouver des repères, mais n’y arrivera pas« .

« L’aplat de couleur diffusé par les lunettes se situe en dessous de la distance focale normale. Chaque clignement de lumière renforce l’effet Ganzfeld (il s’agit d’un « état » qui accentue les perceptions extra-sensorielles, NDLR). »

Vous voyez dès lors des formes et des éléments étranges. « Le cerveau cherche à identifier ce qu’il voit, mais il ne comprend pas. Il projette donc certaines choses qui n’existent pas réellementC’est comme lorsqu’on passe d’une pièce éclairée à une pièce très sombre, ou lorsque que l’on ferme très fort les yeux« .

 

Différents programmes

Votre cerveau est dès lors plongé dans un état inhabituel, il devient « perméable » et on peut l’influencer. « Il s’agit d’une stimulation visuelle, mais ciblée ».

Les « cibles », ce sont les programmes que vous téléchargez sur le portail de Mind2Relax (ils sont payants, bien entendu). Puis vous les chargez sur vos lunettes, en les connectant à votre ordinateur (elles apparaissent comme une clé USB, et vous y déposez les fichiers téléchargés souhaités)

Des programmes, il y en a pour tous les goûts. De la relaxation (pour se détendre), à la stimulation (pour être plus concentré), en passant par la gestion de la douleur et l’hypnose.

« Ce n’est pas un traitement, ça ne remplace pas la médecine traditionnelle. Mais en bloquant la rumination mentale, on peut soulager les gens. Cela touche de nombreux domaines, comme les personnes atteintes de fibromyalgies, celles souffrant de troubles du comportement sexuel, etc« .

 

Des anesthésies… ou chez le dentiste

Sans la remplacer, bien entendu, « PSIO peut agir, avec un certain programme et dans certaines circonstances, comme une anesthésie.Un programme spécial « dentiste » détourne votre attention de ce qui se passe dans votre bouche. « Dès lors, le seuil de tolérance de la douleur est complètement modifié« .

« En ajoutant la voix à la musique, nous touchons également au domaine de l’autohypnose. C’est un thérapeute qui parle. Les séances peuvent durer plusieurs dizaines de minutes. On entre aussi dans le domaine de la sophrologie. On relaxe la personne pour qu’elle soit réceptive, puis on fait passer des messages subliminaux« .

 

La NASA et le Pentagone

Toutes ces recherches ont porté leurs fruits. Lors du dernier grand salon de l’électronique à Las Vegas (CES), PSIO a rencontré un certain succès. « Un médecin de la NASA teste les lunettes pour voir si cela peut servir aux astronautes pour faire un break, ou au contraire pour améliorer les performances« .

Et ce n’est pas tout: « Au Pentagone, on y songe pour les soldats qui reviennent de la guerre avec plein d’horribles souvenirs« , conclut Georges Liekendael.