iPad 2, Liberty Tab ou PlayBook: quelle est la meilleure tablette ?

Par Mathieu Tamigniau dans Comparatif , le 20 mai 2011 14h55 | Ajouter un commentaire

L’iPad règne en maître sur le marché des tablettes depuis son lancement en 2010. La concurrence arrive en retard, avec les tablettes sous Android 3.0 et un invité surprise : BlackBerry et son PlayBook. Pour faire votre choix, lisez ce comparatif. Regardez également l’émission ‘Les Teknophiles’ pour la présentation visuelle.

c1Délicat dossier que ce comparatif entre l’iPad 2 d’Apple (iOS 4), la Liberty Tab de Packard Bell (Android 3.0) et le PlayBook de BlackBerry (BlackBerry Tablet OS).

Pas de chance pour la concurrence, l’iPad d’Apple en est déjà à sa deuxième version, alors que les autres constructeurs, excepté Samsung et sa Galaxy Tab lancée en automne 2010, en sont à leurs grands débuts. C’est le cas de Packard Bell avec cette Liberty Tab (en réalité, une Acer A500 « recarrossée »), et de BlackBerry avec ce Playbook. Or on le sait, qui dit « première », dit souvent « défauts à corriger ».

Matériel  –  avantage iPad 2

L’iPad2 (9,7 pouces) est très bien fini, comme la plupart des produits Apple. Très fin, assez léger, sobre et élégant… c’est un appareil attractif, assurément. Le petit interrupteur sur la tranche permet désormais de couper le son ou d’empêcher la rotation de l’écran (à définir dans les réglages).

La Liberty Tab (10,1 pouces) est la moins bien finie. Les plastiques brillants ne donnent pas une image de qualité perçue. La tablette couine, car elle est assez grande, mais par forcément rigide. Sa taille est un avantage et un inconvénient. Elle affiche entièrement des sites web traditionnels, mais sera moins facilement transportable et manipulable. De nombreux « netbooks », qui vivent sans doute leurs derniers mois de production, affichent des diagonales identiques de 10,1 pouces environ.

Le PlayBook, le plus petit avec son écran de 7 pouces, donne une bonne impression à la prise en main. Son plastique mat est de qualité, sa finition est irréprochable. On regrette que le bouton de mise en veille et sortie de veille soit si petit. Les zones en dehors de l’écran sont tactiles elles aussi, elles permettent d’accéder au gestionnaire des tâches, ou d’afficher un petit menu contextuel. Une bonne idée. L’avantage se situe au niveau de la manipulation: on peut « couvrir » le clavier avec ses deux pouces, et la transporter partout, même si elle ne rentre pas dans toutes les poches.

A noter qu’il est impossible de relier en USB et d’ajouter du contenu à la Liberty Tab et au PlayBook. Qui ne sont pas encore commercialisés chez nous, ceci expliquant sans doute cela. J’ai pourtant téléchargé Acer Sync et BlackBerry Device Manager, comme il est préconisé sur les sites des fabricants. Mais, sur Mac comme sur PC, ça n’a pas fonctionné.

c5dosUnivers et synchronisation – avantage Liberty Tab

Comparer des tablettes, c’est avant tout comparer les nouveaux OS mobiles. Et c’est donc comparer des « mondes » différents. iOS, Android et BlackBerry OS sont assez distincts, mais chacun à son univers.

Google, avec ses nombreux services en ligne gratuits, est sans doute le plus intéressant sur le papier. Gmail, contacts, calendrier, photos Picasa, vidéo YouTube… vos contenus sont « dans les nuages » (sur les serveurs de Google, donc), et la synchronisation se fait en Wi-Fi (ou en 3G, mais c’est plus lent et plus cher).

Apple est moins « gratuit », et moins souple. Pour synchroniser certaines données en Wi-Fi (et les stocker directement sur les serveurs d’Apple) il faut payer un abonnement à MobileMe (79 euros par an, tout de même, pour 20 Go). Sans cela, la synchronisation des données se fait obligatoirement via iTunes. Tout comme les mises à jour et la gestion des versions de l’OS. Ce qui lui assure une grande stabilité, et une personnalisation pointue des données à synchroniser.

Sur ce point-là, BlackBerry est nettement plus discret. Il est orienté professionnel, on le sait, et est donc obsédé par la sécurisation des données. A tel point qu’il n’existe pas encore de client de messagerie sur sa tablette, sortie pourtant il y a plusieurs mois aux USA. Pour les mails, calendrier et contact, il faut relier en Bluetooth son PlayBook à son smartphone BlackBerry. Des possesseurs de smartphone qui retrouveront quelques similitudes graphiques au niveau de l’OS mais celui-ci est nouveau, et a été mis au point avec une société que vient de racheter la marque RIM (Research In Motion, qui fabrique les BlackBerry).

c6_platInterface – avantage iPad 2

Sans doute plus qu’avec des ordinateurs portables, la qualité de l’interface est primordiale pour une tablette, comme pour un smartphone. Chaque tablette a son style.

La Liberty Tab offre l’interface la plus personnalisable: widgets (comme un petit cadre Facebook avec les derniers statuts de vos amis), icones, raccourcis… les possibilités sont nombreuses. Revers de la médaille: un manque de fluidité par rapport à la concurrence (plus de données à charger et à actualiser sur l’écran d’accueil), et des risques de « bug » accrus. Pour le reste, la navigation est similaire à celle d’Android pour smartphone, sauf qu’il s’agit de flèches. Une vers la gauche (« précédent ») pour revenir d’un niveau en arrière dans un menu ou dans la navigation. Une vers le haut pour (« accueil ») pour afficher les panneaux d’accueil avec les icones. Le multitâche se lance en appuyant sur une icône à côté des flèches: les fenêtres avec les applications ouvertes s’affichent sous forme de diaporama vertical. Hélas, on ne peut pas fermer ces applications facilement (il faut passer par le menu paramètres, et encore…).

Le PlayBook joue la simplicité. Les icônes sont dans le bas de l’écran, et vous pouvez les classer par catégorie (favoris, jeux, medias,…), les afficher toutes ou une partie seulement. Son point fort: la gestion du multitâche: quand vous utilisez une application, il suffit de faire glisser votre doigt du bas vers le haut, dans le bas de l’écran, pour faire apparaître, au-dessus des icônes, un carrousel avec les applications en marche. Il suffit de toucher la petite croix à côté d’une application pour l’arrêter. Sinon, il y a des petites icônes de paramètres qui restent visibles, en haut à droite de l’écran. Pratique. Elles se trouvent dans le bas de l’écran sur la Liberty Tab. Elles n’existent pas sur l’iPad.

Venons-en, à l’iPad. C’est lui qui, se basant sur l’iPhone, a dessiné les bases des nouvelles tablettes, et qui a fait décoller leur popularité en les rendant plus « grand public » et « divertissement » que les très austères (et presque inutilisables) modèles qui tournaient alors sous Windows 7. En matière de fluidité et d’ergonomie, iOS (le système d’exploitation de l’iPad, proche de celui de l’iPhone) est une référence absolue. Le multitâche est on ne peut plus simple, en double cliquant sur le bouton « Accueil », on affiche, dans le bas, les icônes des applications en marche. Il suffit de cliquer sur l’une d’elle pour lancer l’application. Ou de laisser son doigt appuyé pour pouvoir les arrêter. Cette interface ne plante jamais. Vraiment jamais, alors que les autres, après quelques minutes d’utilisation et de configuration, montrent rapidement certains ralentissements. L’iPad est plus verrouillé (moins personnalisable), mais d’une stabilité constante… c’est Apple.

comparatif_jourPhotos – avantage Liberty Tab

Ce n’est pas l’usage principal, mais ça peut entrer en compte dans le choix de certains. La qualité des photos est assez différente d’un appareil à l’autre. La Liberty Tab est la seule équipée d’un flash, et donc elle surclasse les autres dans les faibles conditions de luminosité. Pour le reste, il n’y a pas de miracle: la qualité est semblable à celle d’un smartphone, donc assez faible. Les tests ont montré que l’iPad 2 donnait l’image la plus nette, mais que le PlayBook rendait mieux les couleurs, et affichait moins de « bruit » (parasites) dans les zones sombres.

Et les documents ? – avantage PlayBook

Comment ces trois systèmes d’exploitation gèrent-ils l’arrivée de documents ? Différemment, à nouveau. Pour notre test, nous avons analysé ce que l’on pouvait faire avec deux pièces jointes (un tableau Exel et une présentation Power Point) dans un mail reçu.

L’iPad propose uniquement de l’ouvrir, et de l’imprimer. Si vous en voulez plus, il faudra acheter des applications tierces (et payantes, généralement), gérant les documents Office ou les PDF, et stockant vos fichiers sur des serveurs distants.

La Liberty Tab, via Gmail, propose de l’afficher, de voir un aperçu ou de l’enregistrer. Ensuite, vous pouvez gérer les fichiers présents sur votre tablette avec différentes applications. Il est également possible de stocker le tout sur les serveurs de Google, via votre compte Gmail.

Le PlayBook propose également de les enregistrer. Par la suite, via les applications « Word – , Sheet – ou Slideshow to go », vous retrouvez la liste des documents correspondants présents sur votre tablette. Très simple et très fonctionnel.

comparatif_nuitLiaison HDMI – avantage PlayBook

Via un câble (non fourni) Mini-HDMI vers HDMI, vous pourrez relier votre Liberty Tab ou votre PlayBook. Pour l’iPad, il faut l’adaptateur maison, puis un simple câble HDMI.

Ils font tous les trois leur boulot. Mais l’iPad ne veut pas zoomer en mode miroir: vous aurez donc des bords noirs sur votre téléviseur, car ce n’est pas le même format. Heureusement, pour des films, il adapte le format et remplit votre écran de télévision, sortant du mode miroir (l’iPad devient un contrôleur).

Le PlayBook a cette originalité au niveau des PowerPoint: ce n’est plus tout à fait le mode miroir, car on peut choisir d’avoir la liste des slides sur la gauche de l’écran (de la tablette uniquement), pour revenir plus facilement de l’un à l’autre. Les professionnels seront ravis.

Surfer – avantage iPad

Aller sur internet: c’est l’une des choses que vous ferez sans doute le plus avec une tablette. On a longtemps parlé du fait que l’iPad, comme l’iPhone, ne supportait pas le Flash. C’est toujours vrai. Mais cela n’apporte que très peu de frustration car il est difficile de trouver un site sur lequel l’iPad ne s’en sort pas.

Un petit test de vitesse. Pour afficher complètement la page d’accueil du blog « Les Teknophiles » :

  • Liberty Tab: 9,2 sec
  • iPad: 15,7 sec
  • PlayBook : 16,3 sec

Mais la vitesse n’est pas tout. Ces chiffres sont à tempérer par le fait que la Liberty Tab a un navigateur qui ressemble plus à celui d’un smartphone. Certains sites le considèrent d’ailleurs comme tel, et redirige automatiquement vers la version mobile. C’est le cas de www.rtl.be, qui devient automatiquement m.rtl.be, une version différente et nettement plus petite, car adaptée aux écrans des téléphones.

De plus, sur certains sites un peu plus complexes comme routes.tomtom.com, qui affiche une carte du trafic en temps réel, le Liberty Tab est à la ramasse et ne s’en sort pas. Contrairement à l’iPad et au PlayBook, qui ont sensiblement les mêmes qualités de surf, même si la tablette d’Apple est plus réactive sur le défilement des pages.

100_3063Connectivité – avantage Liberty Tab, si ça marche

Elles sont toutes Wi-Fi et Bluetooth, avec une sortie mini jack. Mais la Liberty Tab se présente comme la plus connectable, avec un port USB classique, un port Mini-USB, un slot pour carte Micro SD, une sortie Mini-HDMI. Mais hélas, rien ne se passe (sauf un bug) lorsqu’on branche une clé USB. Et la liaison avec l’ordinateur en mini USB ne fonctionne pas avec le logiciel Acer Sync. Sans doute des bugs dus au fait que c’est une tablette Packard Bell tournant sous un OS prévu par Acer, et qui seront corrigés lors de la sortie, en juillet.

L’iPad, comme on l’a vu, est assez verrouillé. Un seul port: celui d’Apple, pour relier la tablette à l’ordinateur. Il existe un adaptateur (39 euros) pour profiter d’une sortie HDMI.

Prix – avantage Liberty Tab

La Liberty Tab a l’avantage du prix. Dans les configurations de base (16 GB et Wi-Fi, pas de 3G):

  • Liberty Tab: 399 euros – sort en juillet
  • iPad: 479 euros – disponible
  • BlackBerry: 499 euros – sort en juillet

Remarque: les prix sont à confirmer, sauf pour l’iPad 2, qui existe déjà. Le Liberty Tab et le PlayBook devraient sortir en juillet.

Conclusion: quelle tablette faut-il acheter ?

A l’heure de la conclusion, difficile de trancher. L’iPad est le plus stable et le mieux fini, son OS ne plante jamais et est très agréable à utiliser. De plus, son autonomie est au-dessus de la concurrence. Sans oublier que des millions de développeurs sortent des applications géniales sur l’App Store. Mais son gestionnaire de fichier fermé et sa faible connectique pourront en gêner plus d’un.

Google ne contrôlant pas l’utilisation d’Android, il y aura de tout pour les tablettes tournant sous son OS. La Liberty Tab, un cran en-dessous au niveau finition et ergonomie, a de nombreux atoûts, à commencer par ses écrans d’accueil personnalisables. Et si certains widgets plantent, cela reste un plaisir d’agencer son bureau comme on le désire. Les tablettes Android peuvent également compter sur le très riche – et très gratuit – univers Google. Mail, photos, calendrier, contacts, vidéos, etc… Le tout sera très bien intégré.

Le PlayBook de BlackBerry est un objet à part. Bien construit, il lui manque encore quelques applications maison – comme la gestion des mails… – pour être attractif. Il est clair qu’il aura les mêmes caractéristiques que les smartphones de la marque : orienté « pro », sécurisé à l’extrême, et dédié au monde de l’entreprise. Mais il se débrouille bien en multimédia !

Impossible d’en choisir une, mais si vous êtes un adpete de Google et de ses services gratuits, alors foncez sur la Liberty Tab, 80 euros moins cher que l’iPad, qui reste la référence en matière d’interface, d’applications disponibles et d’autonomie. Le PlayBook est plus petit, et livré avec une petite housse bien pratique pour être transporté partout, très facilement.

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