Test du Torch 9800: l’hybride tactile/clavier de BlackBerry

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Test , le 18 janvier 2011 11h22 | 3 commentaires

bbBlackBerry se met à l’hybride tactile/clavier, pour faire tourner la dernière version de son OS (appelé simplement BlackBerry 6). Après le Storm, entièrement tactile, place au Torch 9800. Mais – tradition « pro » oblige – il intègre un clavier coulissant avec un clavier AZERTY complet. Une double interface, donc, qui n’apporte pas grand chose. Pire: elle complique un peu la navigation.

Je m’explique. A mon sens, un OS est fait pour le tactile ou les touches, mais difficilement pour les deux. Au niveau ergonomique, sans vouloir chipoter, il y a un problème : le fait d’avoir deux ou trois moyens de faire la même action (« appuyer » sur le même bouton) apporte de la confusion et retire le côté intuitif de la chose. Idem pour la petite boule de défilement, qui fait double emploi avec l’écran tactile multipoint (théorique). Imaginez une porte avec deux poignées, un clavier avec deux touches « ESC », un téléphone avec deux touches 1, etc…

De plus, on le sait, un clavier coulissant, c’est fragile. C’est un peu comme une décapotable: ça diminue la rigidité et donc, la solidité. Attendez-vous à des « couinements » lorsque vous appuyez sur l’appareil. Agaçant pour les maniaques comme moi. Ceci étant dit, la plupart des utilisateurs de BlackBerry s’y retrouveront, eux qui sont habitués depuis le début à des petites touches très rapprochées.

BlackBerry 6

Pas de révolution dans l’OS de BlackBerry, qui évolue timidement. Les menus sont revus mais ils sont toujours à tiroir (il faut utiliser le bouton retour pour revenir en arrière), et pas d’une grande clarté. C’est assez sombre, et pas très « user friendly ». La bande de défilement horizontal pour choisir l’affichage des icônes est assez mal foutu. C’est un couche de trop.

Petite déception pour la plateforme de téléchargement de BalckBerry. Nettement moins claire et fonctionnelle que l’App Store, elle met en avant des applications dont on ne sait pas grand chose, et qui sont souvent payantes. Celles qui sont gratuites « veulent accéder aux informations du téléphone ». Si vous refusez, l’application est inutilisable. Or, l’application « Comment nouer une cravate » ne nécessite pas vraiment d’accès aux informations du téléphone.

Du côté des bonnes nouvelles, j’apprécie la station d’accueil horizontale, très élégante sur un bureau comme sur une table de nuit. Elle met automatiquement l’appareil en mode horloge « analogique ». En appuyant sur l’écran dans cette situation, vous configurez immédiatement le réveil.

L’application « flux sociaux » regroupe intelligemment les mises à jour Twitter et Facebook, et d’autres flux RSS si vous le configurez. Il y a aussi BlackBerry Messenger, pour chatter entre « BlackBerry ». Le surf est de bonne facture et est plutôt rapide, sans être d’une grande simplicité.

torch

Agaceries

En voulant trop faire, et en se détournant de ses fondamentaux « pro », BlackBerry est-il sur la bonne route ? Son OS n’est pas mauvais, mais je le trouve compliqué, trop fouillé. Et quelques « basiques » ne fonctionnent pas. L’application YouTube, par exemple, ne veut pas lire ses propres vidéos. Sans doute un petit bug, mais l’OS est à jour, et j’étais sur Wi-Fi. Il y a aussi quelques agaceries quand on tente d’appuyer sur un bouton « OK » trop petit. Sans réaction du BB, on appuie à nouveau dessus et du coup, on se perd dans les menus.

BlackBerry vante les qualités de son nouvel écran haute résolution. Il est bon, mais sans plus. Parlons du multipoint:  pour un photo, si on « pince » l’écran ou si l’on écarte les doigts, l’action n’est prise en compte qu’après la manipulation. L’effet de zoom/dézoom n’est pas direct. Perturbant et un peu « cheap » pour un appareil haut de gamme.

L’écran est assez difficile à faire coulisser. Avec le pouce, par exemple, j’ai du chaque fois m’y reprendre à plusieurs reprises pour glisser l’écran et accéder au clavier.

Conclusion

Annoncé à 699 euros, on le trouve déjà sur certains site à 579 euros, hors frais de port. Le Torch 9800 reste un bon appareil, avec des possibilités de configuration supérieures à la moyenne. Destiné aux professionnels, son écran tactile et ses capacités multimédias le font cependant boxer dans une catégorie différente, celle des smartphones « grand public » et hauts de gamme. Et à ce petit jeu, la concurrence de l’iPhone 4 et des bons Android Phones est impitoyable, et nettement plus « user friendly ».

Toutes les specs du BlackBerry Torch sur ce lien.

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