Heavy Rain: vrai film interactif ou faux jeu vidéo ?

Par Mathieu Tamigniau dans Jeu vidéo , le 6 mai 2010 13h36 | Ajouter un commentaire

heavy1Lors de la sortie d’Heavy Rain, j’avais eu un mauvais pressentiment. Une campagne de pub à gros budget, parfois, ça cache un jeu qui a coûté tellement cher qu’on ferait tout pour le vendre. Avec Heavy Rain, des confrères avaient été invités à Paris pour la présentation. Ils y ont même rencontré Terry Gilliam, grand monsieur du cinéma. Car en effet, Heavy Rain se veut – c’est la mode – un subtil mélange de polar et de jeu vidéo. Voilà l’affiche. Je n’y croyais pas trop. Je me suis planté, à nouveau – après l’iPad je vais passer pour un branquignol. Ce qui explique que j’ai trainé avant d’insérer le Blu-Ray dans ma PS3.

Heavy Rain, édité par Sony (exclu de la PlayStation) et développé par Quantic Dream, est un excellent jeu. Parce qu’il est, sur la PS3, unique en son genre. C’est un polar avant tout, dans lequel vous pouvez interagir. C’est déjà pas mal, surtout que c’est très bien réalisé graphiquement. On a l’impression de regarder un film tant les textures des visages sont fines. Puis vous vous rendez compte que vous dirigez les acteurs avec votre manette. Sympa.

Le déroulement du jeu est similaire à Fahrenheit sur PS2 (même studio): l’histoire est divisée en chapitres (en scènes de film), et se présente sous la forme de phases d’exploration et d’actions durant lesquelles le joueur doit satisfaire à des actions contextuelles pour effectuer ses actions. Exemples: pour ouvrir une porte, vous devez faire trois quarts de tour avec votre joystick droit. Lors d’une poursuite/bagarre, vous devez appuyer sur une touche ou une direction dans les deux secondes.

heavy2Gameplay moyen

Je dirais que le gameplay n’est pas le point fort du jeu. On se lasse vite d’effectuer des combinaisons de 3 touches pour se hisser sur une table. Mais en même temps, il fallait bien nous faire faire quelque chose, sinon on aurait été dans un film. Une interaction tout de même amplifiée par le fait que certains choix (moraux surtout) modifient le cours de l’histoire, et permettent de finir le jeu d’une vingtaine de manières différentes. Mais d’une manière générale, c’est un jeu hyper scripté, avec très peu de liberté de mouvement ou d’action. Inutile d’essayer de quitter la scène, votre personnage fera immédiatement demi-tour. Mais c’est le but du jeu, vous allez me dire.

Vous incarnerez, tour-à-tour, les quatre personnages principaux de l’intrigue. Ils sont tous liés au tueur à l’origami, un très méchant monsieur qui tue les enfants et qui laisse un origami sur les lieux du crime. L’autre point noir du jeu, vous l’aurez compris, c’est justement le scénario. Si ça avait un film, je ne l’aurais même pas regardé. Ça sent trop le réchauffé, et je regrette que les développeurs n’aient pas eu plus d’audace (plus de liberté ?) pour nous offrir une histoire plus originale.

En conclusion, je donne une belle note à Heavy Rain, qui oscille sans cesse entre le vrai film interactif et le faux jeu vidéo. Même si l’histoire et le gameplay sont lassants, l’immersion prend, la magie opère, et on est scotché au jeu. On s’attache aux personnages, on ressent presque leurs émotions grâce une bande-son parfaite et une caméra intelligente et au final, on enchaîne les 12 heures de jeu pour voir qui est le tueur à l’origami. Donc, c’est une réussite en ce qui me concerne. CQFD.

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