L’iPad en test: mieux que prévu !

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Mobilité , le 20 avril 2010 18h09 | 4 commentaires

ipad1C’est une petite exclusivité, vu qu’il est loin d’atterrir dans la boutique en ligne belge d’Apple ou dans les enseignes officielles en Belgique. L’iPad a fait un détour par notre rédaction, passant dans mes mains durant quelques heures. Le temps d’un premier contact rapide mais qui, pour tout ceux qui sont familiers de l’iPhone, est suffisant.

Étrangement, je vais commencer par ma conclusion: c’est mieux que ce que j’imaginais ! Pour ceux qui n’ont pas lu mon précédent post, j’y émettais de grands doutes sur l’utilité de l’iPad, et je me posais cette question: « L’iPad a-t-il sa place sur un marché saturé ? » Est-ce que cela a changé depuis que j’ai pu l’essayer ? Oui et non.

Avant de m’expliquer, je voudrais évoquer des aspects techniques (de base) : l’iPad, pour ceux qui n’en étaient pas sûrs, est un bien un iPhone géant. L’OS qui le fait tourner propose la même interface tactile, toujours aussi agréable et conviviale. L’appareil est beau, bien fini et très épuré. Apple fait bien les choses, comme toujours. L’écran est d’une belle luminosité, et comme on le tient plus près qu’un ordinateur portable, on en apprécie d’autant plus les qualités. Le son est correct pour un appareil de cette épaisseur. On peut comprendre les dialogues d’une vidéo, ou écouter un morceau de musique, sans grincer des dents. Ce qui n’était pas le cas avec l’iPhone. Maintenant, évoquons ce qui nous intéresse: qu’en penser ?

L’iPad, c’est bien parce que…

… il offre une nouvelle façon de vivre ses loisirs numériques. Feuilleter ses photos comme un album, zoomer et dézoomer en pinçant ou écartant les doigts, c’est vraiment sympa. Une sorte de mélange entre les clics d’une souris pour le diaporama et le feuilletage d’un album traditionnel (avec les inter-pages en très fin papier cassant en moins). Je dirais qu’on retrouve un côté convivial de partage (on montre ses photos à l’ancienne), sans les inconvénients. Tout comme lire ses mails et écouter sa musique. Tout est plus grand, plus beaux, donc plus simple.

… il permet de surfer d’une nouvelle manière. Si le Safari (browser) qui équipe l’iPad n’est pas encore parfait à cause de l’absence de Flash et d’autres plugins occasionnant des bugs d’affichage fréquents, il est diablement efficace. C’est l’iPhone sans ses inconvénients liés à la taille de l’écran (visibilité et encodage de texte) et à la capacité du navigateur. On surfe plus vite, plus intelligemment.

… il pourrait sauver la presse papier ! Oui, tout à fait. C’est une exclu qui n’engage que moi mais parfaitement, Monsieur, je pense que l’iPad (et le concept de la tablette PC en général, qui n’en est qu’à ses débuts) va sauver la presse papier qui peine à dégager des revenus sur ses sites gratuits. Car de ce que j’ai pu voir (les versions dédiées de USA Today et du New-York Times, entre autres), l’iPad fait un bond de 10 ans en arrière en nous faisant, à nouveau, feuilleter le journal. On touche/clique bien sûr les infos qui nous intéressent, mais une fois qu’on rentre dans l’article, on retrouve le format journal et le message d’une publicité, à l’image du papier, est tout de suite plus percutant. C’est difficile à croire et à expliquer, mais vous le verrez (ou pas): la publicité retrouve une place importante et parvient – là où les sites traditionnels échouent  (la faute aux infâmes pop-up et mouseover) – à faire passer un message sans déranger. C’est ce qui m’a le plus frappé au contact de l’iPad !

L’iPad, c’est bof parce que…ipad2

… c’est un peu lourd pour un ebook. En effet, l’iPad se veut aussi être un lecteur de livre électronique. Avec plusieurs formats possibles, de ce que j’ai pu voir. Si la lecture est agréable (luminosité, police et couleur réglables), le fait de porter cet objet (environ 700 gr) en fait un livre bien encombrant et un peu trop lourd. Assis, il est difficile de trouver une position permettant de lire tranquillement durant 1h. Voire impossible. Si on se couche dans le lit, sur le côté, l’écran basculera automatiquement. A moins de changer la configuration, c’est gênant… Concernant le « Digital Books », sorte de livre électronique interactif, qui est lu et qui offre des petits jeux, j’y perçois un potentiel éducatif énorme ! Plus besoin de lire les histoires, ni de convaincre les enfants de lire un livre. Une vraie nouveauté !

… c’est hyper restrictif. Format Apple oblige, ne penser pas faire ce que vous voulez avec votre iPad. Applications via AppStore, musique et vidéo via iTunes, etc… Apple continue de verrouiller ses appareils. C’est bien car cela garantit la stabilité du système et l’uniformité des synchronisation. C’est moins bien pour les geeks qui aiment avoir le champ libre sur leur « ordinateur ».

Conclusion

Je revois mon jugement, trop hâtif, sur l’iPad. Ça m’apprendra à juger des appareils sans les avoir essayés. L’iPad montre, comme l’iPhone, la voie à suivre à la concurrence pour une nouvelle ère des loisirs numériques. Celle qui fusionne le plaisir de feuilleter (un album photo, un journal, un livre) et les avantages de l’informatique. Pour ces raisons, l’iPad a tout son sens. Hélas, il pêche par un système assez fermé, par un navigateur perfectible et par un poids un peu trop élevé pour prétendre au titre de « livre électronique » confortable.

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