Le livre va-t-il céder aux sirènes du numérique ?

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Mobilité , le 11 décembre 2009 18h11 | 3 commentaires

ebookLe livre électronique, ou l’ebook, est passé en 9 ans du statut de gadget controversé à celui de cadeaux high-tech tendance. Personne n’y croyait en 2000. Pour Noël 2009, tous les constructeurs proposent leur modèle.

Puisque nous touchons à la littérature, attardons-nous à l’éthymologie. Dans le langage courant, le livre électronique est tout autant un fichier numérique contenant l’équivalent d’un livre, que l’appareil servant à lire ce genre de fichier. Les dernières évolutions privilégient le deuxième sens. Les constructeurs vendent des ebooks, les éditeurs vendent (vendront) des fichiers que vous lirez sur votre ebook.

Les acteurs

Il est facile d’imagnier que l’évolution des technologies y est pour beaucoup. Que la qualité de l’écran et sa plus faible consommation, à côté de la miniaturisation des composants, a permis son avènement.

Ce serait oublier que l’ebook ne serait rien sans… le livre. Google a lancé, depuis quelques années, un projet de numérisation globale. La littérature fait partie de ce projet. Les grandes bibliothèques européennes discutent en ce moment sur la marche à suivre et le sujet est « sensible ». L’enjeu est clair: il s’agit d’élargir au maximum l’accès à ce patrimoine, permettre qu’il soit mieux partagé par tous les publics. Mais l’implication de Google, une entreprise privée, ne pose-t-elle pas problème ?

En ce qui concerne les maisons d’édition et leurs catalogues, c’est plus compliqué. Pour vendre des livres virtuels, encore faut-il que les éditeurs en proposent. Pour l’instant, leurs réactions sont mitigées. Certains ont peur de rater la marche de la numérisation, d’autres craignent l’investissement demandé, dont le retour financier est encore flou.

Qu’en pensez ?

On a tout numérisé. On a tout digitalisé. La littérature restait jusqu’à présent un écrin matériel intouchable. Personne n’avait envie de lire un livre assis sur une chaise de bureau, avec un canon à électron (les anciens écrans CRT) à 20 centimètres du visage. Aujourd’hui, la situation a changé. Les ebooks sont plus légers que les livres de poches, ils ne nécessitent plus de lampe de chevet et peuvent contenir des centaines d’ouvrages. Techniquement, donc, l’ebook a gagné.

Mais contrairement à la presse écrite, qui souffre logiquement de la concurrence du web (c’est un autre – vaste – sujet), le livre reste le livre. Le plaisir du contact avec le papier, l’envie de faire autre chose que de lire un écran (ce que de plus ne plus de gens font de plus en plus longtemps sur une journée), le plaisir d’avoir une biliothèque et de prêter un bon livre… ces aspects me semblent encore trop forts pour renverser la littérature classique. Pour l’instant, je ne prédis donc pas un grand succès à l’ebook.

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