Alcatel sort un 3X remanié à 149€: que vaut-il ?

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 19 février 2020 10h16 | Ajouter un commentaire

Dans la jungle que représente le marché des smartphones Android, certaines marques ont bien du mal à se faire de la place. Image de marque, budget publicitaire, positionnement tarifaire, rapport qualité/prix… il existe de nombreux critères qui expliquent le succès ou l’échec d’un smartphone dans tel ou tel pays. n

Certaines marques luttent cependant pour continuer d’exister. C’est le cas d’Alcatel, très discret en Belgique (et même en Europe, en fait). Pourtant, la marque d’origine française, mais contrôlée à 100% par le chinois TCL qui fabrique surtout des écrans, sort en ce début d’année 2020 une version remaniée de l’Alcatel 3X (à ne pas confondre, donc, avec celle sortie l’an dernier…).

Allons droit au but: très peu présent dans les magasins belges, ce téléphone ne risque pas de se démarquer sur un segment dominé par Xiaomi et Motorola, des marques ayant davantage les faveurs du public.

Pourtant, il a quelques avantages donc si vous tombez dessus (le numéro du modèle est 5048Y, pour ne pas vous tromper), considérez cet achat. En effet, il y a 64 GB de stockage interne extensible, 4G de RAM et une batterie de 4.000 mAh. Ce qui n’est pas négligeable pour un appareil qui vaut 149€.

Un niveau moyen mais logique

Il y a trois capteurs à l’arrière, mais ne vous attendez pas à des miracles de ce côté. En plan normal (16 MP), en grand angle (8 MP) ou en zoom (5MP) les photos sont assez baveuses, il n’y a pas de détails sur les contours et tout manque de piqué, de rendu. Les couleurs sont un peu ternes également. Tout cela s’aggrave dès qu’il fait moins lumineux, mais en plein soleil, les défauts se verront un peu moins. Je l’ai comparé à un bon smartphone, et voici les différences (couleurs moins fidèles, balance des blancs, contraste, netteté… ça se voit)

La fluidité n’est pas terrible avec la puce MediaTek Helio P23: passer d’une application à l’autre ne se fera pas en éclair. Idem pour changer de capteur photo quand on passe du normal au zoom ou au grand angle: comptez une bonne seconde et demi de patience. Quant à l’écran, il laisse à désirer en termes de fluidité et de contraste.

Mais ça reste un appareil avec une autonomie respectable (il vous sera possible de tenir deux jours si vous ne l’utilisez pas de trop), un grand écran et un port mini-jack (au-dessus) pour un casque. J’ai regardé quelques vidéos et un épisode sur Netflix, et il n’y a pas eu de ralentissement.

Donc si votre budget est de 150€ environ, que vous voulez une diagonale généreuse de 6,52″ et que vous n’êtes pas trop exigeant en terme de photographie, d’écran et de fluidité, l’Alcatel 3X 2019 est une option.

Devolo miniaturise sa solution « Magic » pour sauver votre Wi-Fi

Par Mathieu Tamigniau dans IoT, Pratique, Test , le 13 février 2020 14h41 | Ajouter un commentaire

Ces kits font partie des accessoires réseaux les plus vendus en Belgique. Ils permettent d’avoir un bon signal internet dans tous les coins de la maison, mélangeant CPL (réseau électrique) et Wi-Fi. Un petit nouveau vient de faire son apparition: le Wi-Fi Mini.

L’entreprise allemande Devolo est pionnière dans le domaine des accessoires réseaux, et même leader sur ce marché européen. Il est plutôt rare qu’une entreprise de nos régions soit performante dans les produits électroniques grand public, donc saluons la réussite de l’entreprise basée à Aix-la-Chapelle (tout près de la Belgique) et qui emploie environ 300 personnes.

Un des responsables m’a rendu visite dernièrement car l’entreprise est parvenue à miniaturiser ses fameux ‘boitiers CPL’ (courant porteur en ligne) baptisés Magic, des blocs blancs qu’on fixe dans une prise murale, et qui permettent de créer un réseau via votre circuit électrique.

Les progrès dans le domaine sont constants pour Devolo et ses concurrents. Vitesse de transmission, stabilité du réseau, facilité d’installation: il y a toujours moyen de faire mieux. De plus, nos usages changent également: les appareils connectés se multiplient (smartphones de toute la famille, tablettes, ordinateurs, consoles de jeux, télévisions, décodeurs, etc…), nos besoins aussi.

La série Magic inaugurée en 2019 par Devolo combine CPL et Wi-Fi, avec des performances plus élevées que la moyenne. « Pour y arriver on utilise les puces de deuxième génération de la technologie G.hn« , m’a expliqué Marcel Schüll, responsable des relations publiques de Devolo. Il s’agit d’une « nouvelle norme technique qui augmente considérablement la vitesse (jusqu’à 2,4 Gbits par seconde, en théorie), la stabilité de la connexion et la portée (jusqu’à 500 mètres)« .

Couplé à la technologie de Mesh Wi-Fi (réseau sans-fil maillé, voir les infos dans ce test), « c’est ce qui se fait de mieux sur le marché domestique, et c’est surtout utile dans un pays comme la Belgique où les gens ont des maisons assez grandes et construites solidement, avec des murs, du béton, etc… », rappelle la marque, étonnée d’être la seule à combiner ces technologies.

Mini mais toujours Magic

L’utilisation de la technologie G.hn a un désavantage: il n’y a pas de compatibilité avec des boitiers (de marque Devolo ou autres) qui utilise la technologique CPL traditionnelle.

Raison pour laquelle, quand Devolo a lancé ses Magic l’an dernier, c’était en kit. En 2020, la marque étend son catalogue G.hn avec le Wi-Fi Mini, un boitier qui peut être acheté à la pièce (69€) et qui a l’avantage d’être plus petit et plus discret, idéal quand il est visible dans un salon ou une chambre.

Important à savoir: il n’est pas aussi puissant que ses grands frères de la gamme Magic 2, mais les 1.200 Mbits/s (vitesse maximale théorique, rappelons-le) sont largement suffisants. Autre élément à ne pas négliger: il n’a pas de prise de courant intégrée, il faudra donc lui en consacrer une.

Rappelons que ce petit boitier Magic Wi-Fi Mini sert à transmettre du réseau (sans fil ou à l’aide d’un câble) dans une zone de votre maison en allant chercher le signal par le circuit électrique. Il faudra donc un adaptateur initial utilisant la technologie G.hn, relié à votre routeur internet. Raison pour laquelle le Wi-Fi Mini se retrouve aussi dans des kits de Devolo (99€ pour le kit avec un Mini, 159€ pour le kit avec deux Mini). Seuls ceux qui ont déjà un kit Magic préexistant (qu’on relie au routeur) peuvent acheter le Wi-Fi Mini à l’unité, au prix de 69€.

70€ la petite extension, ça peut sembler cher. Mais d’expérience, je peux vous dire que le matériel de Devolo est meilleur que la plupart des concurrents. Peut-être parce que les produits sont conçus en Allemagne et que nos installations électriques sont sensiblement différentes des autres régions du monde.

Stable et rapide

En effet, ce qui me frappe, c’est la stabilité. La plupart des systèmes concurrents fonctionnent, mais il n’est pas rare de constater des pertes de connexion ou de vitesse. Ce qui rend leur utilisation agaçante, pour ne pas dire impossible (dans le cas d’un décodeur TV qui a besoin d’un signal constant).

Quant à la vitesse, elle est effectivement de 1 Gbps (si vous branchez un appareil avec un câble au boitier Mini), ce qui très rapide bien sûr, mais uniquement pour faire transiter des infos (fichiers, etc) à l’intérieur de votre réseau local. Si votre connexion Proximus ou Voo est de 70 Mbps, ne pensez pas qu’elle va s’améliorer. Elle sera par contre aussi rapide à la cave ou au grenier qu’à côté du routeur qui amène le signal internet chez vous.

Une application et une extension qui pourraient être plus clairs

La seule chose qu’on reprochera à Devolo, c’est que l’application pour la gestion et la configuration des boitiers CPL n’est pas des plus claires. Tout est très simple si vous configurez votre réseau pour la première fois (il y a la documentation de base et l’utilisation de l’application n’est nécessaire que pour changer des paramètres tels que le nom/mot de passe du Wi-Fi et les options).

En revanche, pour l’installation d’un nouveau produit Magic sur un réseau existant, c’est déroutant. Il faut brancher l’appareil et dès que la led du CPL (la petite maison) clignote en blanc, il faut aller appuyer sur le bouton identique d’un adaptateur déjà branché sur le réseau. Ensuite, via l’application, l’adaptateur apparaît et il est possible de le configurer. J’ai trouvé cette solution dans le manuel d’utilisation complet à télécharger sur le site support de Devolo.

Pour ceux que ça intéresse, mais c’est moins le cas pour le grand public belge, Devolo a également lancé le Magic 2 LAN Triple. Il s’agit d’un kit CPL qui ne propage aucun Wi-Fi. C’est donc utile pour des consoles de jeux, des décodeurs ou des télévisions (le boitier relais dispose d’ailleurs de 3 ports réseau), mais pas pour les appareils mobiles ni les objets connectés sans fil (139€) :

Sonos annonce la fin des mises à jour de certains produits: voici vos options

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Pratique , le 21 janvier 2020 15h23 | Ajouter un commentaire

Le fabricant (et inventeur) de l’enceinte connectée et de l’audio multiroom, Sonos, a toujours vanté la durée de vie de ses produits, commercialisés depuis plus de 10 ans. 92% d’entre eux sont d’ailleurs encore utilisé, ce qui probablement inédit pour du matériel audio à destination du grand public.

Les enceintes Sonos ne sont effectivement pas les plus abordables (comptez 200 euros pour les petits formats, 500 euros pour les grands et plus encore pour le caisson de basses ou la barre de son haut-de-gamme), mais vous les garderez sans doute plus longtemps car ils sont bien conçus, bien construits et surtout, régulièrement mis à jour au niveau logiciel.

On rejoint le modèle d’Apple, finalement. Mais comme les plus vieux iPhone, les plus vieux appareils de Sonos commencent à atteindre leurs limites et n’évolueront plus. « Ces anciens produits ont atteint leurs limites techniques au niveau de la mémoire et des capacités de traitement, donc les processeurs intégrés ne sont plus assez puissants« , m’a confié un responsable Sonos pour le Benelux.

Pour autant, ils continueront à fonctionner comme avant. « On supportera encore l’utilisation actuelle, mais c’est fini au niveau de l’ajout de nouvelles fonctionnalités« .

Quels sont les appareils concernés ?

Les produits concernés ont été lancés il y a plus de 10 ans et construits, pour certains, jusqu’en 2015. Il s’agit des:

  • Zone Players originaux
  • Connect et Connect:Amp (vendus entre 2006 et 2015)
  • Play:5 (première génération, photo ci-dessus)
  • CR200 (télécommande)
  • Bridge (un boitier pour lier d’autres enceintes)

Une ristourne et un recyclage

Sonos est plutôt sympa et pour vous encourager à opter pour du matériel plus performant, offre une ristourne de 30% sur l’achat d’une nouvelle enceinte, et ce pour chaque produit remplacé.

Le fabricant vous propose alors de mettre l’appareil en mode recyclage à distance (effacement de toutes données personnelles), ce qui vous permet de le déposer à la déchetterie la plus proche. Ceux qui le souhaitent peuvent même demander un label à Sonos, qui paiera donc les frais de livraison pour récupérer et recycler les appareils de la liste ci-dessus.

Rappelons, c’est important, que ces appareils vont continuer à fonctionner parfaitement, mais qu’ils ne recevront pas les futures mises à jour de la gamme. Effectivement, celle-ci a évolué grandement ces 5 dernières années, se focalisant de plus en plus sur le streaming musical et sur la compatibilité avec les assistants vocaux.

La Renault ZOE double son autonomie, mais est-ce suffisant ?

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Test , le 21 janvier 2020 07h45 | Ajouter un commentaire

Les tests de Mathieu: la Renault ZOE a doublé son autonomie, mais cette petite voiture électrique tient-elle une semaine ?

Les voitures électriques font partie du paysage technologique en plein progrès, raison pour laquelle j’ai décidé de me pencher sur leur cas. Loin du concept cher et luxueux de Tesla (et a priori de Byton dont je vous ai parlé à Las Vegas), il existe la Renault ZOE, « la citadine électrique la plus vendue en Europe », d’après le constructeur français.

Fin 2019 est apparu la troisième génération de la ZOE, sept ans après son lancement. Si l’intérieur a été remis au goût du jour avec une planche de bord redessinée, plus de confort et un système d’infotainment grand, tactile et rapide (compatible CarPlay et Android Auto qui plus est), c’est sous le plancher qu’on trouve l’amélioration la plus sensible.

En effet, tout en conservant le même encombrement, l’espace dédié aux batteries est mieux rentabilisé car ces dernières années, les progrès ont été importants avec le lithium. Résultat: d’une grosse dizaine en 2012, à une grosse vingtaine en 2015, on est passé en 2019 à une puissance disponible des batteries chargées à 100% de 52  kWh. Dans sa finition basique et hors prime, elle coûte 32.600€ (avec achat et non location de batterie). Pour info, le Model 3 de Tesla (environ 50.000€) est équipé par défaut de batteries de 57 kWh.

Sachez également que le pole électrique de Renault est situé en France, près de Paris, et que c’est là que sont conçues et assemblées chaque année des milliers de Zoé (environ 50.000 en 2018).


Une semaine d’autonomie, vraiment ?

Sur le papier, les 52 kWh permettent de parcourir 395 kilomètres, selon le système de calcul WLTP (pour Worldwide Harmonized Light Vehicles Test Procedure), qui prévoit 57% des tests en trajets urbains, 25% en péri-urbains et 18% sur autoroute.

Mes mesures sont moins optimistes. J’ai testé la nouvelle ZOE durant une petite semaine de conduite, et j’ai roulé principalement sur le Ring de Bruxelles à allure très modérée (dépassant rarement les 100 km/h), avec le mode Eco activé autant que possible (pas sur l’autoroute car la vitesse est alors limitée à 90 km/h). Le mode Eco rend nettement moins sensible la pédale d’accélération et oblige à une conduite douce et souple.

Le mode de récupération d’énergie, qu’on sélectionne via le levier de vitesse (B), était également activé en permanence: dès que je relâchais la pédale d’accélération, la voiture « freinait » pour remplir la batterie autant que possible (voir sur les photos ci-dessous, les mentions ‘power’ et ‘charge’ qui indiquent si batterie donne son énergie lors des accélérations ou en reçoit lors des décélérations). C’est donc une nouvelle manière de conduire qui nécessite d’être attentif et d’anticiper les ralentissements pour éviter d’utiliser la pédale de frein. C’est amusant mais je me demande à quel point c’est efficace en terme de récupération d’énergie et donc de recharge de la batterie, au-delà la petite feuille verte qui grandit selon votre style de conduite (voir photo également).

Renault donne quelques conseils intéressants sur cette page.

Quoi qu’il en soit, au final, j’ai parcouru 218 kilomètres en trois jours et le tableau de bord me disait qu’il restait 79 km d’autonomie. Soit environ 300 km, ce qui est appréciable, même si on est loin des 750 km que la plupart des moteurs thermiques peuvent offrir. Notez qu’il faisait assez froid (environ 5 degrés) lors de ma semaine de test, mais que la voiture était rentrée dans un garage la nuit et en journée.

300 km, cependant, ça ne permet vraiment pas de tenir une semaine normale pour un travailleur lambda comme moi, qui doit effectuer 80 km par jour pour aller travailler.


Comment ça se recharge ?

En discutant avec un expert de chez Renault, j’ai compris que rouler en électrique, ce n’est pas qu’une nouvelle manière de conduire, c’est aussi une manière de « faire le plein ». En 20 ans de conduite traditionnelle, j’ai acquis l’habitude de remplir mon réservoir d’essence en 2 minutes, de rouler 750 km, puis de refaire le plein quand ma jauge me l’indique.

Ce genre de méthode ne convient pas du tout à la voiture électrique. En effet, si vous vous retrouvez avec 50 km d’autonomie, vous avez trois options, et elles ne sont pas forcément pratiques.

Soit vous rentrez chez vous rapidement et vous branchez votre ZOE à une prise, si vous avez une villa ou un garage (car avec une maison de rangée, c’est nettement plus compliqué). Mais sachez qu’un câble de recharge domestique n’est pas fourni, Renault conseille d’installer un « chargeur » spécial à la maison, pour que ça aille un peu plus vite et que ce soit plus sécurisé (les vieilles installations électriques pourraient ne pas trop apprécier la gourmandise de la Zoé de 2019). Durée de la recharge totale (à une puissance de 3,7 kW ou 2,3 kW, selon que vous ayez placé ou non une petite borne dans votre garage): entre 19 heures et 37 heures

Soit vous avez de la chance et votre employeur met des bornes de recharge (plus ou moins) rapides à disposition des employés. A RTL House, il n’y en a qu’une actuellement, et la place est toujours occupée.

Dernière option: la « pompe ». Le système de navigation de la ZOE permet de trouver facilement les bornes de recharge les plus proches. Certaines applications sur smartphone peuvent également indiquer lesquelles sont libres ou occupées.

Pour ces deux dernières options, la rapidité de la charge dépend de la capacité de la borne « publique » sur laquelle vous tombez. Cela varie de 7,4 kW à 50 kW (donc de 18h heures à 1 heure et demi) pour recharger entièrement la batterie. Vous n’êtes pas obligé de tout remplir à 100%, bien entendu, et les 80 premiers pourcents se chargent plus rapidement que les 20 derniers.



Rouler autrement

Bref, le mieux, comme me l’a expliqué Renault, c’est de recharger dès que possible. En faisant vos courses dans un centre commercial ou une grande surface récente, il est fort probable que vous tombiez sur des bornes accessibles parfois gratuitement. Si vous faites une pause de midi, cherchez un restaurant situé près d’une borne. Si par chance votre employeur en dispose d’une, essayez de vous y garer dès que possible.

En résumé, il ne faut jamais attendre que la jauge soit dans le rouge pour recharger sa voiture. Mais il faut le faire dès vous en avez l’opportunité. Il convient cependant de faire un peu attention à l’état de ses batteries et à la proximité des points de recharge. Le plus simple étant, évidemment (mais ça coûte à l’installation et à la consommation) de faire charger sa ZOE chez soi, dans un garage bien à l’abri du froid, une nuit sur deux. Ce qui n’est pas possible pour tout le monde.

Conclusion

La voiture électrique pourrait prendre son envol en 2020. La Renault ZOE est la preuve qu’une « simple » voiture peut vous offrir entre 300 et 400 km d’autonomie sans coûter les yeux de la tête. Une autonomie confortable au quotidien, à condition de garder quelques réflexes en tête (voir plus haut).

Elle reste cependant nettement plus chère qu’un équivalent essence, à finition identique. Il faut compter environ 24.400€ (hors remise) pour la dernière ZOE équipée de batteries cumulant 52 kWh de puissance disponible. Mais ça veut dire que vous avez opté pour le leasing des batteries (entre 79 et 129€ par mois). Si vous n’aimez pas cette formule d’abonnement qui vous promet un remplacement de batteries dès qu’elles deviennent moins performantes, la facture grimpe à 32.600€ (un peu plus de 37.000€ pour la finition haut-de-gamme de mon test) pour la ZOE en « achat intégral ». La coût des batteries est donc de 8.200€ chez Renault…

Tout est une question de temps, cependant. La concurrence s’annonce de plus en plus féroce et tous les constructeurs traditionnels européens ont eu le temps de mettre au point le centre de recherche et développement et leurs lignes de productions. La Peugeot e-208 est disponible, la première VW de la gamme électrique ID arrive en 2020, la Nissan Leaf est un best-seller mondial.

Cette concurrence pourrait faire baisser les coûts de fabrication des batteries, pousser les scientifiques à trouver d’autres chimies (on est encore très dépendant du lithium).

On arriverait alors à un parc électrique intéressant financièrement, ce qui ferait pousser comme des champignons les bornes de charge rapide, encore trop rares actuellement. On en reparle dans 5 ans, donc…


Acheter une chaîne hi-fi en 2020, cela a-t-il encore du sens ?

Par Mathieu Tamigniau dans Divers , le 5 janvier 2020 14h33 | Ajouter un commentaire

Le streaming s’impose à tous les étages de nos consommations numériques: musique, vidéo et même jeu vidéo. Dès lors, une chaîne hi-fi « traditionnelle », non connectée, semble être un choix bien mal averti pour s’équiper en 2020. C’est du moins ce qu’on est tenté de penser. Dans les faits, le Kombo 11 de Teufel que j’ai essayé durant deux semaines s’avère bien plus pertinents que prévu.

Les moins de 30 ans ne s’en souviennent sans doute pas, mais il fut un temps où chaque adolescent ne rêvait que d’une chose: installer une chaîne hi-fi dans sa chambre. A l’époque, parvenir, sur un même appareil (parfois très encombrant) à avoir une radio FM, un lecteur CD et un (double) lecteur de cassette était une petite révolution. Soufflait alors un sentiment d’indépendance et de liberté musicale…

La numérisation de notre société est passée par là et aujourd’hui, un smartphone et une petite enceinte Bluetooth ont remplacé tout ça. Mais pas pour tout le monde. A côté du ‘vinyle’ qui fait son grand retour, il y a encore des adeptes de la petite chaîne hi-fi, c’est-à-dire un élément central regroupant les lecteurs musicaux et l’amplificateur, et deux enceintes rectangulaires qu’on relie avec le câblage fourni.

Pour m’en convaincre et en comprendre l’intérêt, j’ai testé le Kombo 11 de Teufel, une marque audio allemande peu connue du grand public (et pour cause: elle ne vend que par correspondance depuis des dizaines d’années). Née en 1980 en développant des kits de construction d’enceintes, elle dit être « la première entreprise audio européenne de vente directe« . Cette filière de distribution atypique (la plupart des marques préfèrent passer par des grossistes importateurs qui fournissent les magasins spécialisés et les hypermarchés) est risquée mais le business semble stable pour cette entreprise berlinoise qui vend également des casques, des barres de son et des enceintes multiroom.

Un ensemble très compact et… le retour de la stéréo

Teufel a misé pour le Kombo 11 (299€) sur la compacité. L’ensemble mesure 17 cm (largeur) sur 8 cm (hauteur), pour une profondeur de 28 cm. Les enceintes mesurent 15 x 26 x 20 cm.

Bref, c’est très discret sur un buffet ou sur une étagère, et la finition est tout-à-fait correcte. Les enceintes sont placées traditionnellement dans un caisson en bois et recouvertes d’un cache en tissu acoustique amovible. Le tout est noir. A défaut d’être original, le design de ce kit est très passe-partout. Il y a un bouton pour à peu près toutes les fonctions et commandes possibles.

Une télécommande minimaliste est fournie et permet de diriger votre musique du doigt depuis votre divan. Son look a elle aussi sent bon les années 1990, mais à nouveau, ce n’est pas très important.

La puissance maximale des enceintes est de 80 watts. La qualité du son est irréprochable, propre, même si les basses manquent un peu de profondeur (mais c’est logique sur une gamme de prix si basse). Le plus important, c’est le retour de la stéréo, concept qu’on a tendance à oublier.

Effectivement, les enceintes réseau ou Bluetooth, le multiroom, c’est bien, mais c’est du mono. Or, la plupart des chansons sont en stéréo: certains détails de la musique ne s’entendent parfois qu’à droite ou à gauche, et cela influence sur l’expérience d’écoute.

Avec le petit kit abordable de Teufel, libre à vous de placer vos enceintes correctement (il y a 2 x 2 mètres de câbles). Idéalement, si vous avez une grande étagère dans le salon, vous mettrez la console au centre et les enceintes sur les extrémités. Assis dans le fauteuil, vous pourrez savourer la musique comme elle a été enregistrée.

Le CD et la DAB+

Le kit Kombo 11 se distingue également des toutes les enceintes intelligentes ou connectées par sa capacité à diffuser de la musique provenant de votre collection de CD ou des nouvelles antennes de la DAB+. Deux sources qui ne manquent pas d’intérêt…

Le CD, pour les plus jeunes qui me lisent, c’est ce disque brillant qui contient une quinzaine de chansons, dites parfois « plages ». Avant, c’était le seul moyen d’écouter facilement et rapidement la chanson qu’on voulait.

Le DAB+, c’est nettement plus moderne. C’est la radio « nouvelle génération », numérique et plus analogique. On ne capte pas mieux que la FM (j’ai pu le constater personnellement), mais en revanche c’est tout ou rien, ça ne « crachote » plus (il peut y avoir des coupures, par contre). On a un peu plus de choix de stations (voir les détails), mais hélas le petit écran type ‘réveil’ du Kombo 11 ne permet pas d’afficher les infos textes et images que la DAB+ permet pourtant d’envoyer.

Il y a également une connexion Bluetooth pour relier son smartphone et diffuser Spotify, par exemple. Et une entrée USB, pour ceux qui ont de la musique sur clé USB, donc.

Conclusion

La chaîne hi-fi a plus de sens qu’on l’imagine, même en 2020, même à l’heure de la dématérialisation (pour rappel, aux Etats-Unis, récemment, on a calculé que le streaming représentait 80% de l’écoute musicale).

Pourquoi ? Parce qu’une partie de la population a encore des CD chez elle. Qu’une autre partie a envie de capter la radio DAB+. Que certains tiennent à leur musique en stéréo. Que d’autres enfin préfèrent les boutons ou une bonne vieille télécommande, au lieu d’un smartphone, quand il s’agit de choisir une source musicale.

Quatre arguments que les enceintes Bluetooth, connectées ou intelligentes ne peuvent pas (ou rarement) offrir.

Alors certes, vous passerez sans doute un peu pour un « vieux » en montrant fièrement à votre entourage le Kombo 11 de Teufel. Mais quand vous leur aurez tout expliqué, ils ne pourront qu’obtempérer: la chaîne hi-fi, c’est cool…

Quant au prix de 299€, il me semble justifié vu les options, la qualité de fabrication et le rendu sonore très respectable du kit allemand.

Mon seul reproche: pourquoi ne pas avoir utilisé un écran plus lisible et plus clair ? Tout est limité à des caractères de type ‘réveil’ d’un autre âge, pratiquement illisible, et qui ne tirent nullement parti de ce que la DAB+ peut diffuser (texte et images).

Quand GoPro stabilise l’impossible

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 12 décembre 2019 21h38 | Ajouter un commentaire

Les tests de Mathieu: GoPro est de retour avec une 8e caméra d'action qui stabilise l'impossible

Le marché des caméras d’action me fait penser à celui des drones. Un succès que j’ai du mal à comprendre. D’après moi, la vie de la majorité des gens n’est pas une aventure et ceux qui pratiquent des sports extrêmes ou spectaculaires ne sont pas si nombreux.

Hé bien je me trompe. Car c’est bien à eux que s’adressent les innombrables caméras d’action disponibles en magasin. Il s’agit de ces mini-caméscopes résistants aux chocs et parfois à la poussière et à la pluie.

Un nom vient tout de suite à l’esprit quand on évoque ce genre d’appareil: GoPro. Il faut dire que l’entreprise américaine fondée en 2002 a sorti sa première GoPro HERO en 2004 (il s’agissait à l’époque d’un appareil photo argentique à 20$ qui pouvait se fixer au poignet et disposait d’une coque étanche pour les surfeurs). Dès 2006, les HERO deviennent des caméras d’action numériques capables de réduire les vibrations et de se fixer à peu près n’importe où grâce à de nombreux accessoires. Le début de la gloire.

Mais après l’entrée en bourse, GoPro a commis quelques erreurs stratégiques (dont la division ‘drone’, arrêtée en 2018) et la concurrence à bas prix a eu le temps d’envahir le marché. Sans oublier l’usage de plus en plus répandu du smartphone en tant qu’appareil photo / caméscope principal.

Une HERO 8 qui cartonne

Depuis quelques années, GoPro oscille donc entre pertes et profits. Mais l’entreprise reste très forte et (re)concentre sur son activité principale: produire les caméras d’action les plus performantes, et les logiciels qui vont avec pour transformer rapidement et facilement ce qu’on a filmé en clip vidéo très agréables à regarder/partager.

Et visiblement, la formule fait mouche. Les chiffres de vente du dernier modèle (HERO 8 Black) sorti il y a quelques semaines sont historiques. Hasard du calendrier (ou preuve de l’ambition de l’entreprise), GoPro a décidé de communiquer en Belgique et m’a envoyé un exemplaire de cette caméra d’action. Il s’agit du seul modèle disponible actuellement mais cela suppose que des versions moins prestigieuses (la Hero 7 a eu droit à une version Silver en 2018) pourraient débarquer prochainement.

Haut de gamme

Prestigieuse, cette caméra d’action l’est assurément, même si elle est davantage une évolution de la HERO 7 sortie l’an dernier qu’un nouveau format rempli de nouveautés.

Son prix est prestigieux, lui aussi: 429€. Oui, sur le papier, c’est cher, voire très cher. Mais cette caméra d’action qui tient dans la main (6,5 x 4,8 x 2,5 cm: oui, c’est vraiment petit) et ne pèse que 126 grammes, est d’une efficacité inégalée quand vous filmez en mouvement.

Et par mouvement, j’entends une descente de VTT dans les bois à pleine vitesse, ou une piste de ski très accidentée. Le secret réside dans une mise à jour de la technologie propre à GoPro, HyperSmooth. Elle passe en 2.0 sur la HERO 8 Black et il y a même un mode Boost, au cas où ça ne suffirait pas. Le résultat est vraiment impressionnant. C’est la première fois que je teste une caméra d’action, donc je n’ai pas l’expérience nécessaire. Mais des confrères ont embarqué plusieurs caméras sur le guidon d’un VTT et ont dévalé quelques pentes. Le résultat est sans appel: la fonction HyperSmooth 2.0 est tellement efficace qu’on a l’impression que la HERO 8 Black flotte au-dessus du vélo, comme si elle était un drone. Pour y arriver, la caméra « zoome » dans l’image, qui est donc un peu plus petite qu’en usage normal.

A ma connaissance, aucun système non-professionnel n’est capable d’une telle prouesse sans recourir au moindre accessoire. C’est ça qui est le plus dingue avec cette GoPro: si petite qu’elle est, elle embarque à la fois un objectif capable de filmer jusqu’en 4K, un stabilisateur, un écran tactile à l’arrière et un petit écran non éclairé à l’avant qui indiqué l’état de la caméra.

Au niveau ergonomique, GoPro a trouvé une nouvelle manière de fixer la petite caméra sur les accessoires propriétaires: deux petites encoches rabattables (et même remplaçables si vous parvenez à les casser, mais tout me semble très solidement conçu). Difficile de faire plus simple et plus compact (voir ci-dessus).

Gadget pour les uns, indispensables pour les autres: la commande vocale est de la partie sur la HERO 8. Il faut se contenter de 14 commandes simples (« GoPro, prends une photo » ou « GoPro, allume-toi ») mais si vos mains sont très sales ou très encombrées, ça peut servir.

Différents modes, mais toujours ‘grand angle’

GoPro, vous l’avez compris, s’adresse à une clientèle exigeante. Et doit donc lui proposer différents modes d’enregistrement vidéo. Ce qui n’est pas forcément évident sur une caméra aussi petite. Et pourtant, l’écran tactile de quelques centimètres s’avère finalement lisible et ergonomique.

Soit vous choisissez une thématique (standard, activité, cinéma, ralenti), soit vous modifiez le ‘type d’objectif’ utilisé (c’est une façon de parler car il n’y en a qu’un, c’est le traitement qui sera différent, GoPro parle d’ailleurs de ‘Digital Lenses’ ou lentilles numériques):

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Il est alors possible de limiter ou d’augmenter l’effet fisheye, qui restera présent quel(le) que soit la thématique ou le mode choisi. La HERO 8, comme toutes les caméras d’action, est effectivement équipée d’un objectif (très) grand angle. L’effet œil de poisson, c’est quand on a l’impression que la caméra est logée dans un globe, tant les bords sont déformés.

C’est déformé pour une raison bien précise: capter le plus grand plan possible. Les modes ‘SuperView’ et ‘Large’ permettent ainsi d’enregistrer un champ de vision énorme. Idéal pour l’usage principal de la GoPro, souvent accrochée à un casque de ski, de moto ou de vélo, et qui veut donc montrer le plus de paysage possible.

Il est cependant possible de filmer en mode ‘Linéaire’ ou carrément ‘Etroit’, pour amoindrir l’effet fisheye et filmer (presque) comme si c’était un objectif normal. J’ai cependant constaté des déformations même dans ces modes, et c’est important de le savoir. En même temps, tout le monde est habitué à voir ce genre d’images sur les réseaux sociaux, donc les déformations sur les bords ne choquent plus personne.

Sachez qu’il est possible de modifier ces préréglages. L’idéal est d’enregistrer en fonction de l’usage que vous comptez faire de la scène: tout le monde n’a pas besoin de filmer en 4K ou avec 240 images par seconde.

Cependant, un grand nombre d’images par seconde vous permettra d’exploiter une autre option de la HERO 8: le fameux slo-mo dont je parle plus haut. GoPro a mis au point un algorithme qui détecte les scènes d’action très rapides et ralentit automatiquement l’image à ce moment-là. Comme si, en filmant un lancer au baseball, la caméra passait automatiquement en mode ‘ralenti’ quand la balle heurte la batte.

Que faire avec vos belles images ?

Vous l’avez compris, la HERO 8 de GoPro est sans doute la caméra ayant le meilleur rapport encombrement / prestations. Donc vous capturez assez facilement de très belles images.

Mais après, que pouvez-vous en faire ? Il y a une carte microSD, donc libre à vous de copier les médias de la caméra sur un ordinateur et de les monter avec votre logiciel préféré. On parle ici des plus « pros » d’entre vous.

GoPro tente heureusement de rendre plus accessible le montage de vos plus belles actions, et y parvient grâce à l’application du même nom (vous pouvez aussi télécharger Quik, qui ne contient que le logiciel de montage).

L’appli GoPro est nécessaire pour faire communiquer un smartphone avec la HERO 8, qui émet son propre réseau Wi-Fi pour transférer rapidement les médias enregistrés sur la carte mémoire. Une fois transférés, ces médias pourront donc être exploités à l’intérieur de l’application :


GoPro propose du montage semi-automatique sur smartphone (il faut une puissance minimum, pas un smartphone à 100€). Il suffit de choisir un thème (chacun allie des graphismes, des transitions et de la musique différents), de placer les médias dans le bon ordre et d’ajouter, si besoin, du texte. L’outil est très facile à utiliser et rapide, mais notez qu’il est impossible d’y inclure facilement les paroles d’une personne qui intervient dans une séquence. A nouveau, la cible est davantage la descente de ski ou le saut en parachute que l’interview.

Pour la petite histoire, mais on réduit encore le public cible, sachez qu’il est possible, lorsque la HERO 8 est connectée à votre smartphone, de streamer en direct vos plus belles actions sur vos réseaux sociaux comme YouTube ou Facebook.

Conclusions

GoPro poursuit sur sa belle lancée de 2018, avec une HERO 8 Black en 2019 qui se concentre sur l’expertise inégalée de l’entreprise américaine: des caméras d’action à l’efficacité redoutable.

Le cru de cet automne est d’ores et déjà une nouvelle référence, les critiques de la presse spécialisée sont unanimes. Sa qualité de fabrication est impressionnante, elle est étanche et semble très résistante à tous les chocs qu’elle pourrait subir. Ses performances sont inégalées en termes de stabilisation de l’image. Et il y a même un logiciel pour smartphone qui se charge de rapatrier les médias et de les transformer facilement un clip très bien foutu partageable sur les réseaux sociaux.

Reste une question: à qui s’adresse la HERO 8 Black, vendue la coquette somme de 429€ ? Un prix qui ne comprend qu’un support à coller sur un casque, par exemple. Ne cherchez pas le pas de vis standard pour la poser sur un trépied, il n’est pas inclus. Les accessoires (un kit ‘media’ avec micro amélioré à 89€, une lumière d’appoint à 49€, et un module d’affichage ajoutant un écran supplémentaire pour filmer en selfie à 89€) pourront bientôt être précommandés.

Bref, le matériel de GoPro s’adresse donc aux amateurs exigeant capables de consacrer une petite somme pour immortaliser leurs plus belles prouesses. Car on parle évidement ici de capturer des moments intenses et spectaculaires, et non de filmer la fancy-fair des enfants. Saut en parachute, descente en VTT, belle balade à moto, plongée sous-marine: tout ce qui, avant l’invention de GoPro il y a de longues années, nécessitait l’intervention d’un photographe/caméraman. GoPro a également popularisé le POV (point of view), donc le fait de se filmer « à la première personne » en pleine action.

Un concept qui, au fil des ans, a attiré une concurrence importante, qui a fait chuter la moyenne des prix. GoPro continue de trouver son public de la manière la plus logique, en étant le meilleur.





Que valent les AirPods à la sauce Huawei ?

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Mobilité, Pratique , le 3 décembre 2019 14h26 | Ajouter un commentaire

Des oreillettes entièrement sans-fil, qu’on ne repère qu’à cause d’une petite tige blanche qui assure un certain équilibre. On ne parle pas des AirPods d’Apple qu’on voit pendre à de plus en d’oreilles, mais de la version de Huawei, très ambitieuse sur le papier. Je les ai portées quelques jours et voici mon verdict.

Les tests de Mathieu: Huawei s'inspire largement d'Apple pour ses Freebuds 3, en valent-ils la peine ?

Une fois de plus, Apple a réussi à rendre très à la mode un élément de design. Après l’iPod, l’iPhone, l’encoche de l’iPhone X, c’est au tour de ses petits écouteurs sans-fil d’être largement copiés.

Je parle des AirPods, ces minuscules bâtonnets blancs que l’on voit pendant aux pavillons de plus en plus d’oreilles. Il s’agit d’intra auriculaires (car on les loge à l’intérieur de l’oreille), ou intras, qui ont la particularité d’être entièrement sans fil et de se ranger dans un boitier contenant une batterie. Boitier qui, vous l’aurez compris, permet de recharger quelques fois les écouteurs.

Si de nombreuses marques asiatiques méconnues proposent des imitations plus ou moins réussies techniquement (et vendues une vingtaine d’euros sur internet, contre 279€ pour la version Pro d’Apple), on ne s’attendait pas à voir Huawei agir de la sorte. Le géant chinois de l’électronique, toujours dans la tourmente depuis qu’il est blacklisté par les Etats-Unis (ses nouveaux smartphones ne peuvent pas être équipés des indispensables services de Google), a cependant dévoilé des FreeBuds (plusieurs modèles depuis quelques années) qui s’inspirent grandement de ce que fait Apple.

J’ai pu tester les Freebuds 3  (179€) qui sont sortis en Belgique il y a quelques semaines. Je ne parlerai plus de la ressemblance avec Apple mais le fait que même le nom est proche (AirPods / FreeBuds) m’étonne de la part de Huawei, qui, solide N.2 du smartphone (ça ne va plus durer, cependant, à cause de l’abandon forcé de Google), avait pris l’habitude d’innover à tous les niveaux depuis quelques années.


Discrétion totale

La plus grande qualité de ce genre de petits écouteurs sans-fil, c’est la compacité et la légèreté.

Pour cette nouvelle version de Freebuds, Huawei a soigné la forme. Ils sont très épurés: ceux que j’ai essayés sont d’un blanc immaculé avec un petit capuchon chromé sur le bas qui protège les micros.

Leur boite est également un bel exemple du savoir-faire de Huawei dans la fabrication de matériel. On dirait un petit galet blanc, avec un carré brillant comprenant le logo de la marque. Un galet qui rentre facilement dans n’importe quelle poche, car il s’agit de plastique brillant, comme le veut la mode des smartphones actuellement.

Ce petit boitier contient une batterie et un port USB Type-C. Il permet de recharger environ 4 fois entièrement les oreillettes. Elles-mêmes peuvent être utilisées, avec la réduction active de bruit, durant un peu plus de 3h. Donc quand tout est chargé au max, vous avez 15 heures d’écoute dans la poche, ce qui est très sympa. A noter également: ils peuvent se charger sans fil, sur un chargeur compatible ou… sur le dos du P30 Pro, pour autant que vous ayez activé la charge sans fil inversée

Et la qualité du son ?

Pour la discrétion, Huawei fait un sans-faute. Mais il est impossible d’exiger d’une telle formule un son haut de gamme. Il est bon et équilibré, mais sans plus. Difficile de distinguer de grandes différences avec une paire d’oreillette de qualité à 50 euros.

En théorie, pourtant, la qualité devrait être meilleure. Car Huawei, lors de la présentation des Freebuds 3 au salon IFA de Berlin au mois de septembre, a évoqué une innovation assez pointue mais qui mérite d’être expliquée: la norme BT-UHD. Comme quelques autres acteurs du marché (Apple, Qualcomm), Huawei a développé en interne une technologie améliorant le transfert du signal entre le smartphone et les oreillettes. Théoriquement, le BT-UHD de Huawei permet de faire transiter le son à une vitesse de 2,3 Mbps, contre 0,5 ou 0,9 pour la concurrence. Hélas, il faut pour cela utiliser les derniers smartphones de la marque équipés de la surcouche logicielle maison EMUI 10, qui est en cours de déploiement sur une partie de la gamme Huawei (Mate 20 et 20 Pro, P30 et 30 Pro, Nova 5T, pour l’instant).

Le son sur un P30 Pro m’a effectivement semblé meilleur, et plus puissant. Le rapport poids/encombrement/qualité de son est tout de même excellent, il faut le souligner. N’oubliez pas que l’étui, qui sert de chargeur, se glisse dans n’importe quelle poche.


Des commandes tactiles très limitées

Cependant, le principal avantage d’utiliser les FreeBuds 3 avec un smartphone Huawei passé sous EMUI 10, c’est qu’il les « voit » (photo ci-dessous). Le P30 Pro, par exemple, détecte l’ouverture de la boite des FreeBuds 3: une fenêtre s’ouvre automatiquement. La première fois, pour proposer de les connecter. Ensuite pour signaler qu’ils sont connectés et afficher le niveau des batteries.

EMUI 10 est permet également de configurer très facilement les écouteurs, simplement en appuyant sur l’icône paramètres située à côté des FreeBuds 3 dans la liste des périphériques Bluetooth connectés. Pour les autres smartphones, il faut télécharger l’application Huawei AI Life dans le Playstore.

La configuration est basique, heureusement. On peut les mettre à jour, vérifiez la batterie et choisir quelle action entraînera le double tapotement du coin supérieur de la tige, à droite ou à gauche. Soit vous passez à la chanson suivante, soit vous mettez en play/pause, soit vous activez l’assistant vocal, en l’occurrence Google Assistant.

La dernière option pour le double tapotement de l’une des oreillettes, c’est d’activer ou désactiver la réduction active de bruit. Et là aussi, il y a des choses à dire.


Une isolation relative

Apple a sorti ses AirPods Pro avec la réduction active de bruit il y a quelques mois, et mes confrères étaient élogieux. Je n’ai pas l’occasion de les essayer mais j’ai des doutes sur l’efficacité de cette technologie qui consiste à utiliser des micros pour analyser le son ambiant et envoyer l’onde inverse dans les oreilles. Ça fonctionne très bien avec des casques recouvrant (voir mon test du Bose 700), et même avec des oreillettes sans-fil qu’on insère dans l’oreille et qui font un peu ventouse (voir mon test des Sony WF-1000XM3).

En effet, et la remarque vaut pour les Freebuds 3 de Huawei, ces oreillettes sont juste déposées dans le creux de l’oreille, on ne les « enfonce » pas. Dès lors, il y a du passage d’air, d’ondes, de vibrations et donc de son dans l’oreille.

Dès lors, activer la réduction active de bruit dans ces conditions, c’est comme ouvrir un parapluie troué. Ça fonctionne, mais c’est pas génial. Comme souvent avec cette technologie, ce sont les bruits sourds, les basses, qui sont le mieux détectées et (en partie) annulée. Durant mon test, il y avait un four qui tournait, ou un sèche-cheveux en pleine action. Effectivement, leur bruit était atténué en activant la réduction active de bruit.

Les voix, par contre, étaient encore parfaitement audibles.

Conclusions

Comme leur nom l’indique, les FreeBuds 3 de Huawei sont de sympathiques compagnons audio, des oreillettes entièrement sans fil qui se connectent en Bluetooth à un smartphone.

Difficile de faire plus petit, plus léger, plus discret. Certes, le géant chinois des télécoms s’est largement inspiré du design d’Apple, mais il est parvenu à inclure une nouvelle technologie de liaison sans-fil, nommée BT-UHD.

Cependant, pour profiter de la meilleure qualité de transmission du son entre les oreillettes et le smartphone, il faut que celui-ci soit équipé d’EMUI 10, la surcouche que Huawei appose sur une partie de sa gamme. On gagne alors en qualité et en fidélité, du moins sur le papier, car dans les faits, ça ne m’a pas semblé transcendant. Cette interface logicielle facilite également la gestion et la connexion des oreillettes, prévues pour fonctionner avec elle.

Pour tous les autres utilisateurs, la configuration des FreeBuds doit passer par une application de Huawei, pas évidente à trouver (Huawei AI Life).

Le seul défaut des oreillettes de Huawei, c’est de ne pas être de véritables intra-auriculaires. Simplement déposés dans le creux de l’oreille, ils sont incapables de faire ‘ventouse’ car il est impossible de les enfoncer. Ça dépend sans doute du type d’oreille, mais chez moi, c’était vraiment ‘ouvert’. Donc les basses sonnent moins bien car il n’y a pas de résonnance dans le conduit. Et la réduction active de bruit est largement atténuée.

Les WF-1000XM3 de Sony (213€ actuellement) sont moins discrètes et élégantes, mais elles se fixent correctement et sont équipées de caoutchouc interchangeables pour un meilleur maintien et une bonne isolation. Les FreeBuds 3 sont lisses comme du plastique poli. Au niveau des performances, Sony l’emporte dès lors à tous les niveaux :


Comment choisir votre ordinateur portable sous Windows ?

Par Mathieu Tamigniau dans Pratique, Test , le 21 novembre 2019 14h14 | Ajouter un commentaire

Les ordinateurs sous Windows ne connaissent plus de bouleversements depuis quelques années. Raison pour laquelle faire son choix parmi toutes les offres des principaux constructeurs (en Belgique: Lenovo, HP, Acer et Asus) est assez complexe.

Généralement, le client regarde le prix, tout simplement. Ce qui est rarement une bonne idée si on ne veut pas générer des frustrations et d’inutiles déchets électroniques. Mieux vaut opter pour le juste prix et garder son ordinateur 5 ou 10 ans. Personnellement, j’ai encore un Mac de 2010 et il peut encore lancer un éditeur de texte et aller sur internet.

A quoi faut-il faire attention ?

Alors comment choisir ? Pour la réactivité et le démarrage, il faut obligatoirement un disque dur rapide, donc de type SSD. 256 GB est un bon compromis, si vous avez des usages normaux en termes de photographie, de téléchargement de vidéos, de jeu vidéo. Et surtout, ça n’est pas trop cher.

Pour la taille, ça dépend de vos habitudes, mais il est important de penser à la mobilité, car trop souvent encore, les Belges restent attachés aux grands 15 ou 17 pouces, des appareils sédentaires, difficiles à transporter ou à utiliser en déplacement. 13 ou 14 pouces, c’est le bon compromis car la surface de travail reste suffisante, tout en gardant une taille compacte. D’autant plus que les bordures d’écran s’affinent enfin, donc on a plus de surface d’affichage.

Pensez aussi à la finition et quelques détails qui ont leur importance. Un châssis en métal est toujours plus solide, mieux assemblé, il ne couine pas. Un clavier rétroéclairé est essentiel si vous travaillez parfois dans un environnement moins lumineux. Un lecteur d’empreinte digitale est vraiment idéal pour déverrouiller instantanément son ordinateur.

Le reste dépend de votre budget, bien entendu. Plus c’est cher, plus vous aurez des composants de qualité: processeur, mémoire vive (RAM), carte graphique éventuelle. Difficile de vous donner des conseils plus précis car les générations de processeurs se succèdent. Un processeur i5 est le minimum chez Intel pour jouer ou faire de l’édition vidéo (qui sera plus rapide avec une carte graphique dédiée). Hélas, les composants plus puissants sont toujours plus gourmands en énergie, or un ordinateur portable doit le rester… A vous de trouver l’équilibre qui vous convient, à essayer avant d’acheter, si c’est possible.

L’Envy 13 de HP a tout ce qu’il faut, mais il coûte 1.000€

J’ai écrit cet article avec le HP Envy 13 que j’ai pu essayer pendant deux mois, pour me faire une idée sur ce portable qui prétend être à la hauteur des Mac, au niveau de la compacité, de la rapidité et de l’autonomie.

Le pari est plutôt réussi. En fait, il reprend tout ce que j’ai dit plus haut sur les qualités que devait avoir un PC portable. C’est l’ordinateur Windows idéal, rapide et endurant, agréable à utiliser, qui se lance en quelques secondes et sort de veille dès qu’on l’ouvre. Il prouve également que Windows n’a plus grand-chose à envier à MacOS, au niveau de l’ergonomie et de la rapidité. Il ne lui reste que les interminables mises-à-jour et des applications maison préinstallées par les constructeurs, souvent plus encombrantes qu’utiles.

Il n’a que deux défauts. Tout d’abord, un prix élevé qui le rapproche trop du MacBook (qui selon moi, a priori, restera plus durable). Il existe d’innombrables versions des Envy 13 dans le monde, et quelques-unes en Belgique avec le clavier local, mais celles qui affichent des caractéristiques proches de ce dont je parle dans cet article (y compris le très pratique lecteur d’empreinte pour le déverrouillage) sont au-dessus des 1.000€.

Deuxième défaut: l’écran, qui affiche un angle de vision très restreint. Si vous n’êtes pas bien en face, tant verticalement que horizontalement, vous verrez de grandes zones d’ombre. C’est étonnant pour un ordinateur à ce prix.

Une révolution dans le monde du jeu vidéo: le streaming total est là

Par Mathieu Tamigniau dans Divers, Images et son, Jeu vidéo, Pratique, Test , le 20 novembre 2019 14h02 | Ajouter un commentaire

Le jeu vidéo fait sa révolution: Google Stadia est le premier à proposer le STREAMING total, on l'a essayé en avant-première

Les consoles de jeu et PC de gamer seront-ils bientôt des antiquités ? C’est possible: j’ai essayé en avant-première le tout nouveau service de streaming de jeu vidéo de Google, dont les serveurs font office de console, et c’est plutôt convaincant. Il suffit d’une manette et d’une connexion internet pour jouer aux derniers titres. Suivez le guide.

L’industrie du jeu vidéo ne s’est jamais aussi bien portée. Les chiffres qu’elle génère donnent le tournis: toutes plateformes et tous pays confondus, elle a généré en 2018 près de 120 milliards de dollars (108 milliards d’euros) de chiffre d’affaire. On estime à 2 milliards le nombre de joueurs: certains se contentent de jeux gratuits sur un smartphone, d’autres dépensent des fortunes en matériel informatique pour afficher les meilleurs graphismes.

Vous l’ignoriez sans doute, mais cette industrie est sur le point de vivre sa plus grande révolution depuis l’avènement du smartphone. Il faut l’oublier, comme la console, le PC ou la tablette: tout ce dont vous aurez bientôt besoin pour jouer aux plus grands titres du moment, c’est une connexion internet, un écran et une manette. Ce n’est pas de la science-fiction: je viens de tester Google Stadia, la première offre du genre accessible au grand public, en avant-première durant quelques jours. Et j’ai été agréablement surpris. Le service est disponible dès le départ en Belgique, soit le 19 novembre.

C’est quoi, le Cloud Gaming ?

Un tout petit peu de théorie avant d’entrer dans le vif du sujet. La solution choisie par Google pour se lancer dans le jeu vidéo est à ranger dans la catégorie Cloud Gaming, ou « jeu vidéo dans les nuages ». Cela fait référence au fait que la machine qui fait tourner le jeu sur votre écran (TV, ordinateur, etc), ce n’est plus une console de salon, mais un serveur, hébergé dans un data center. Les énormes progrès réalisés dans les vitesses de connexion, les puissances de calcul informatique et les logiciels optimisés rendent possible ce qui semblait être un miracle à l’époque: le streaming du jeu vidéo.

Vous allez me dire: Netflix et Spotify fonctionnent sur le même principe depuis des années. Sauf que la vidéo et la musique dématérialisées ne sont pas vraiment interactives, hormis play/pause. Le Cloud Gaming, lui, doit être suffisamment performant pour qu’un mouvement de pouce sur une manette se traduise immédiatement à l’écran par un mouvement du personnage. Alors qu’en réalité, il a parcouru une certaine distance pour être traité par un serveur qui a renvoyé la réponse instantanément sur l’écran de votre salon. En quelques millisecondes. Rien que ça.

Pour la petite histoire, dans le même ordre d’idées, l’entreprise française Shadow propose, elle, l’accès à distance à un PC de gamer sous Windows, donc pas uniquement aux jeux vidéo qu’il faut se procurer séparément (30€/mois). Une nouvelle offre (à partir de 15€/mois) arrive en 2020. Pour jouer sur une TV, il faut une « box » spéciale à 120€. Du côté de PlayStation, le service de streaming PS Now (aussi 9,99€/mois) est déjà dispo mais pour avoir accès au catalogue de jeux très volatile, il faut une PlayStation 4 ou un bon PC avec l’application dédiée. Microsoft prépare un xCloud pour 2020, qui a l’air puissant: on aura accès à un large catalogue sur tous les écrans.

Google Stadia: quand on part de rien et qu’on veut juste jouer…

Google est partout, ce n’est plus un secret. Le succès et l’omniprésence du géant américain effraient une partie du monde, mais rien ne l’arrête. J’évoquais il y a quelques jours son avance considérable dans le domaine des assistants vocaux avec les Nest Hub et Mini lancés en Belgique. Hé bien désormais, c’est au service du jeu vidéo que Google consacre son savoir-faire numérique et technique.

Depuis ce 19 novembre, Stadia, plateforme de streaming qui révolutionne la manière dont les joueurs accèdent et jouent à des titres aussi connus que le dernier Tomb Raider, Mortal Kombat 11 ou Read Dead Redemption 2, est disponible.

La révolution est surtout à chercher dans la simplicité du concept. C’est souvent quand tout a l’air intuitif et évident que se cachent des années de peaufinage du matériel et du logiciel. Avant il fallait acheter un disque, puis on a pu se contenter de télécharger le jeu sur notre disque dur. Désormais, tout est géré par les serveurs dédiés de Google, qui iront même jusqu’à mettre à jour les jeux en temps réel. Vous, vous devez juste appuyer sur le bouton d’une manette pour lancer une partie.

Cerise sur le gâteau: vous pouvez jouer sur une TV (il faut un Chromecast Ultra, qui est dongle HDMI inclus dans le pack de lancement comprenant la manette et 3 mois d’abonnement, je vais y venir), mais également sur un ordinateur équipé du navigateur Chrome, et sur les smartphones de Google (les Pixel qui ne sont pas encore commercialisés en Belgique), voire même sur d’autres smartphones en 2020.

Si vous ne possédez aucune console chez vous, c’est sans aucun doute le meilleur moyen de jouer facilement à des titres prévus de dernière génération sans devoir investir dans du matériel relativement cher. En revanche, si vous disposez de la toute dernière génération de console, l’intérêt est plus limité.

Comment ça marche ?

Le principe, vous l’avez compris, est simple: vous avez une manette et un écran, Google s’occupe du reste, à distance. Au lancement, il faut acheter cette manette (plus tard, d’autres manettes seront compatibles). Pour l’instant, il existe uniquement le pack Premiere Edition: pour 129€, vous avez une manette Stadia blanche, le Chromecast Ultra nécessaire pour jouer sur une TV (mais il sert à un tas d’autres choses: Netflix, Spotify, ‘cast’ de photos et vidéo, etc), et 3 mois d’abonnement à Stadia Pro.

Après une rapide configuration du Chromecast Ultra, il faut lancer l’application Stadia sur un smartphone, puis suivre les instructions pour la configuration. Une fois la manette liée, vous avez accès à l’interface Stadia sur la TV, et vous pouvez commencer à jouer comme si vous aviez allumé votre Xbox ou votre PlayStation.

L’installation m’a semblé très simple et je n’ai rencontré aucun bug.

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Des jeux à la pièce ou via un abonnement

Là où ça se complique un peu, c’est quand il s’agit du catalogue de jeux. Il est à diviser en deux catégories, liées au fait que vous souscriviez ou non à l’abonnement Stadia Pro (9,99€/mois).

Si vous ne payez pas d’abonnement, c’est Stadia Base, disponible en 2020 seulement. La qualité de l’image du jeu est limitée à du Full HD (1080p, 60 images par seconde) et le son sera stéréo. Vous devez acheter chaque jeu, et ils sont au prix plein, identique au prix de lancement sur les consoles (par exemple, 59€ pour le dernier Mortal Kombat). Il y a 22 jeux au lancement (voir la liste dans le bas de l’article). Pour utiliser la plateforme, c’est gratuit. Aussi étonnant que ça puisse sembler, Google « offre » ses serveurs qui font tourner les jeux, même s’il est évident qu’il se prend une commission sur les 59€…

Si vous payez l’abonnement (trois mois sont inclus pour la Premiere Edition, après ce sera 9,99€/mois), vous avez accès à Stadia Pro. Tout d’abord, la qualité de l’image et du son passe à 4K et audio 5.1, ce qui est important pour les grandes TV et les home cinema. Si vous jouez sur une tablette ou un ordinateur portable, c’est moins important. Mais surtout, on se rapproche du modèle de Netflix: vous avez accès à un catalogue de jeux vidéo à tout moment. Des jeux qui restent accessibles tant que vous payez votre abonnement. Au lancement, il n’y aura que deux jeux « gratuits »: Destiny 2, un très riche jeu de rôle et de tir à la première personne et Samurai Shodown, un jeu de combat en 2D. Bien d’autres jeux devraient rejoindre ce catalogue dans les semaines/mois à venir.

Quelle est la qualité de l’expérience ?

J’ai essayé Mortal Kombat 11 et Destiny 2 pendant plusieurs heures ces derniers jours. L’état de service de Stadia est encore en rodage, mais sans doute proche de ce que connaîtront les premiers joueurs qui auront payé 129,99€ et recevront dans les prochains jours leur pack Premiere Edition.

Sur une TV récente 4K, j’ai connecté le Chromecast Ultra de Google qui est obligatoire. Vu que mon routeur est proche de ma TV, j’ai mis un câble réseau dans le petit transfo qui alimente le Chromecast. Ma connexion internet est de bonne qualité: environ 70 Mbps. Allons droit au but: on est très, très proche d’une expérience de console du genre Xbox One ou PlayStation 4. En jouant à ces deux jeux, j’ai remarqué seulement une ou deux fois quelques très légers ralentissements, mais jamais de quoi perturber la session de jeu. Pourtant, les deux titres que j’ai essayés ont besoin d’une réactivité optimale (jeu de combat ou de tir à la première personne). En réalité, l’expérience globale est même meilleure que sur une console car la dernière fois que j’ai allumé ma Xbox, j’ai du faire une mise-à-jour de 4 GB de la console, et de 1 GB pour le jeu (quasiment une heure d’attente en tout). Autre avantage: il suffit d’appuyer sur le bouton Stadia de la manette pour allumer le Chromecast et la TV. 10 secondes plus tard, le logo Stadia s’affiche, avec le choix du profil. 5 secondes de plus et vous pouvez choisir votre jeu. Puissant.

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Sur un ordinateur portable en Wi-Fi, ça reste jouable

Sur un PC Windows relativement récent, en Wi-Fi dans un bureau situé au premier étage, l’expérience fut satisfaisante. Il faut utiliser le navigateur Chrome et se rendre sur stadia.google.com. La manette doit être connectée avec un câble USB Type-C (il y en a un dans le pack, tout comme un chargeur) à l’ordinateur. Dans un avenir proche, ce pourra être sans-fil. Bien entendu, ma connexion sans-fil à l’étage est moins bonne (21 Mbps au moment du test) que celle du câble réseau relié au Chromecast Ultra du salon. Dès lors, j’ai pu remarquer quelques pixellisations de l’image, de temps à autre. Rien de rédhibitoire: on peut jouer à Mortal Kombat 11, mais l’expérience est meilleure avec la première configuration dont j’ai parlé.

Sur un vieux Macbook Pro de 2010 qui fonctionne encore, il vaut mieux oublier. J’ai pu me connecter sur la plateforme via Chrome, mais l’expérience est une succession de saccades et jouer s’avère impossible.

Je n’ai pas essayé sur une tablette, ni sur un smartphone (de toute façon, dans un premier temps, seuls ceux de Google, les Pixel, sont compatibles).

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Conclusion

Le jeu vidéo est bel et bien en train de faire sa révolution. Google Stadia est la première plateforme du nouveau genre accessible au grand public, celui où des serveurs distants (peut-être ceux des data centers de Google à Mons, qui sait ?) font office de console en faisant tourner des jeux de dernière génération, qui sont affichés sur un écran au domicile des utilisateurs. Finalement, c’est logique que Google se lance dans l’aventure: il a une grande et longue expertise en tant que fournisseur de services internet (recherche, vidéo YouYube, maps, etc), et depuis longtemps, il possède d’immenses data center dans le monde, dont quelques uns à Mons, où il a peut-être placé ses serveurs dédiés à Stadia pour une partie de l’Europe (car oui, la distance compte et plus elle est réduite, meilleure est l’expérience).

Tout passe par internet, il faut donc une connexion aussi bonne et stable que possible pour profiter d’une expérience très proche d’une Xbox, d’une PlayStation ou d’un PC de gamer. Google laisse le choix d’un abonnement payant (Stadia Pro, 9,99€/mois) avec une meilleure image (4K) et quelques jeux en libre accès. Ceux qui ne s’abonnent pas (uniquement en 2020) auront une image moins bonne (1080p, ça reste correct), et devront acheter tous les jeux auxquels ils veulent jouer, à des prix identiques à la concurrence (exemple: 59€ pour le dernier Mortal Kombat).

Durant mes tests, je n’ai jamais été confronté à une interruption. Jouer à des jeux aussi gourmands que Destiny 2 ou Mortal Kombat 11 est un bonheur. La configuration idéale est l’utilisation du Chromecast Ultra relié avec un câble réseau à mon routeur (vitesse: 70 Mbps). Obligatoire pour jouer sur une TV, il est compris dans le prix de l’unique pack de lancement de Stadia, la Premiere Edition (129€). Sur un PC portable, en Wi-Fi dans le bureau avec une vitesse de 21 Mbps, l’expérience est légèrement moins fluide (des saccades peuvent survenir), mais on peut vraiment jouer.

Dans cette boîte du pack de lancement, vous aurez une manette qui n’a rien à envier à celle de la Xbox ou de la PlayStation. Notez qu’elles seront bientôt en partie compatibles et utilisables avec Stadia. Quant au multijoueur en ligne, il est compris dans le prix de Stadia Pro, mais j’ignore si les joueurs Stadia Base, en 2020, y auront accès. Devant votre TV, 4 manettes peuvent être connectées pour du multijoueur local.

Le service n’a que des avantages à mes yeux: il offre la puissance de calcul des consoles, sans les inconvénients que représentent les mises-à-jour, les longs téléchargements de jeu, etc. Avec Stadia, vous appuyez sur le bouton et 15 secondes plus tard (littéralement), vous pouvez jouer.

Deux bémols pour le lancement: la liste des jeux est actuellement limitée à 22 titres, dont 2 accessibles gratuitement pour les abonnés Pro (9,99€ par mois). C’est assez restreint mais le catalogue devrait s’enrichir dans les prochaines semaines. Autre bémol, technique celui-ci: sans internet, vous êtes complètement perdu. Et si votre connexion est lente, l’expérience ne sera pas au top. Google explique que 10 Mbps est le minimum, et que 35 est le débit recommandé. Faite donc le test sur leur site avant de craquer.

Sachez enfin que le xCloud de Microsoft s’annonce un très solide concurrent en 2020, tandis que le service PS Now de PlayStation existe déjà, mais est moins souple que Stadia et privé des jeux les plus récents.

Les jeux disponibles sur Google Stadia au lancement:

Assassin’s Creed Odyssey

Attack on Titan: Final Battle 2

Destiny 2: The Collection (gratuit via Stadia Pro)

Farming Simulator 2019

Final Fantasy XV

Football Manager 2020

GRID

Gylt

Just Dance 2020

Kine

Metro Exodus

Mortal Kombat 11

NBA 2K20

Rage 2

Rise of the Tomb Raider

Red Dead Redemption 2

Samurai Shodown (gratuit via Stadio Pro)

Shadow of the Tomb Raider

Thumper

Tomb Raider

Trials Rising

Wolfenstein: Youngblood

Ce smartphone Motorola mise tout sur le zoom, est-ce une bonne idée ?

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Test , le 4 novembre 2019 09h49 | Ajouter un commentaire

La stratégie de Motorola (une marque d’origine américaine mais contrôlée par le chinois Lenovo depuis quelques années) est surprenante. Ne sachant pas trop comment se démarquer, Motorola a opté en 2019 pour une déclinaison de smartphones ayant une particularité propre liée à la photographie.

Je vous ai parlé il y a quelques semaines des One Vision et One Action: l’un se concentrait sur les belles performances d’un capteur 48MP et l’autre sur une stabilisation accrue de vidéo 16:9 que l’on peut réaliser avec le smartphone à la verticale.

Place cet automne au One Zoom. Cette fois, Motorola monte un peu gamme et atteint les 429€, prix de lancement. Puce Snapdragon 675 (moyenne supérieure), 128 GB de stockage interne, écran OLED de 6,39″ et 2340 x 1080 pixels, 4 GB de RAM, 4 capteurs photo à l’arrière et grosse batterie de 4.000 mAh. Sans oublier le capteur d’empreinte sous l’écran, pour un déverrouillage confortable.

Une fiche technique très honorable, pour un appareil tournant sous une version très proche d’Android, même si Motorola a perdu l’appellation ‘Android One’ pour des raisons d’intégration d’Alexa (l’assistant vocal intelligent d’Amazon) aux Etats-Unis. Mon modèle de test est équipé d’Android 9 (alors que la version 10 existe depuis quelques semaines), et son correctif de sécurité remonte au 1er juillet. Peut mieux faire, donc.

Un vrai zoom 3X

Vous l’avez compris, la vraie particularité de ce smartphone, c’est son capteur supplémentaire dans le dos, un téléobjectif de 8 mégapixels avec zoom optique 3X, doté d’un stabilisateur d’image. Les autres lentilles renferment un bon 48 MP, un grand-angle 117° et un capteur de profondeur pour mieux gérer les effets ‘portrait’.

Motorola tient ses promesses et effectivement, le zoom 3X fonctionne bien, on ne remarque pratiquement aucune perte de qualité. Pour un smartphone à 429€, c’est plutôt rare.

Pour le reste, la qualité des photos est tout à fait correcte, et la technologie de Quad Pixel utilisée par Motorola permet effectivement de faire entrer plus de lumière, ce qui évite de rater les clichés en intérieur ou en soirée. Efficace et utile au quotidien. Un bon point pour Motorola.

Conclusions

Le Motorola One Zoom porte bien son nom. Un smartphone avec une fiche technique milieu de gamme (mais très flatteuse), qui est équipée d’un 4e capteur dans le dos pour zoomer sans perte de qualité (en 3X). A 429€, c’est rare de trouver cette option habituellement réservée aux smartphones premium, même si à 599€, le OnePlus 7T le permet.

Pour le reste, la stratégie de Motorola pose question. C’est le 3e smartphone dédié à un univers particulier de la photographie qui est lancé en quelques mois. Est-ce une bonne idée de fragmenter ainsi son offre ? Les utilisateurs sont-ils à la recherche d’une telle spécificité ?

Difficile à dire, mais Motorola a le mérite de se démarquer et, sur le One Zoom, de se concentrer sur l’essentiel: un appareil photo très polyvalent, un design original, une grosse batterie et un capteur d’empreintes sous l’écran. C’est une très bonne base ! Si 429€ est votre budget, vous ne prenez aucun risque…