DJI Osmo Mobile 3: filmez comme un pro avec votre smartphone pour 100€

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Pratique, Test , le 6 septembre 2019 09h54 | Ajouter un commentaire

Les smartphones ont beau devenir de plus en plus performants au niveau de la photographie, ils n’en restent pas moins peu évidents manipuler pour ceux qui veulent en faire un remplaçant quotidien de leur appareil photo ou leur caméscope.

Les modèles haut-de-gamme ont une taille d’écran gigantesque, sont très fins et n’ont plus vraiment de bordure: on touche donc souvent des zones de l’écran sans le vouloir, déclenchant parfois des actions de manière accidentelle.

Le recours à un stabilisateur s’avère dès lors judicieux, et bonne nouvelle: DJI, géant chinois du drône,  vient de rendre son célèbre Osmo Mobile encore plus pratique à utiliser.

Pliable, l’Osmo Mobile 3 se range désormais dans une petite trousse de voyage tout en gardant toutes ses qualités. Son système de balancier articulé est la plus grande nouveauté de cette 3e mouture. Il est dès lors plus compacte, tout en étant plus léger (405 grammes contre 485) et moins encombrant (il a perdu 3 cm au total).

Des vidéos toujours fluides

Le principe de base, rappelons-le, est de fixer le smartphone dans l’encoche (à la verticale ou à l’horizontale). Dès lors, vous pourrez faire des travelings (bouger pour suivre une scène ou un sujet en vidéo) tout en douceur. Il n’y a pas d’à-coups ni de mouvements brusques, tout est fluide et c’est bien plus agréable à regarder. Si vous ne touchez à rien, la caméra va lentement suivre la scène qui se passe devant vous. Si vous effectuez un virage rapide à 90°, l’Osmo Mobile va vous suivre, mais moins vite et vous pouvez donc perdre de vue le sujet. Il faut donc un petit temps d’adaptation, mais on comprend vite le principe.

Il faut utiliser l’application DJI Mimo, très bien faite et qui comprend des tutoriels et des options de montages, de paramètres pour mieux contrôler le smartphone et l’Osmo Mobile 3.

Quelques autres nouveautés

Le stabilisateur se présente toujours sous la forme d’un joystick avec un bras articulé. Il y a des boutons (par exemple pour passer du mode photo au mode vidéo), et un curseur circulaire pour bouger l’angle de vision du smartphone. Si vous ne touchez à rien, la caméra va lentement suivre la scène qui se passe devant vous. Si vous effectuez un virage rapide à 90°, l’Osmo Mobile va vous suivre, mais moins vite. Il faut donc un petit d’adaptation, mais on comprend vite le principe.

Les autres nouveautés ? Plus d’espace sous le smartphone lorsqu’il est stabilisé à la verticale, ce qui est utile si vous utilisez un casque ou un micro. La présence d’un bouton pour faire pivoter le smartphone du mode paysage au mode portrait très facilement. L’option Active Track (v3) qui tente de suivre le sujet principal de la scène filmée, pour le laisser au centre du cadre (dans la mesure du possible, donc si vous êtes « doux » dans vos déplacements). Et une molette de zoom pour profiter des capacités de plus en plus performantes des smartphones dans ce domaine.

Bonne nouvelle: son prix n’a pas augmenté. L’Osmo Mobile 3 de DJI est disponible au prix de 109€. Une version avec trépied compact inclut existe aussi, à 129€.

Le robot-tondeuse 4×4 et ultra-connecté d’Husqvarna grimpe tout

Par Mathieu Tamigniau dans IoT, Pratique, Test , le 5 septembre 2019 08h44 | Ajouter un commentaire

On voit de plus en plus de robot sauter sur un banc ou décapsuler une bière. Mais les seuls espèces qui rencontrent un succès commercial sont celles qui remplacent l’homme dans des tâches jugées ingrates: laver la vaisselle ou le linge, passer l’aspirateur et… tondre la pelouse. J’ai donc laissé ma tondeuse au garage cet été pour essayer le dernier né de la gamme Automower d’Husqvarna, le 435X AWD (4.999€). Une machine redoutable capable de franchir les plus grosses bosses. Mais qui s’avère aussi très connecté et équipé pour le futur. Explications.

Le marché des robots de tonte est en forte croissance depuis quelques années. On parle d’une évolution de plusieurs dizaines de pourcents en 2018 (par rapport à 2017), et d’après nos informations, 2019 devrait battre à nouveau des records. En partie grâce… à notre pays.

« La Belgique est un des pays leaders en matière de tonte robotisée, et les tendances sont en nette hausse, que ce soit au niveau de ceux qui achètent leur première maison et optent pour un robot, ou pour ceux qui ont toujours utilisé une tondeuse thermique et qui se tournent vers la robotisation« , m’a expliqué Bart van Hal, responsable du marketing d’Husqvarna pour le Benelux.

Les robots tondeuses (appelons-les comme ça) ont le vent en poupe. J’en profite donc pour publier mon premier test d’un appareil de ce genre ; et pour ce faire, j’ai pris le dernier modèle de Husqvarna, qui est un des leaders sur ce secteur, en Belgique et dans le monde. Si j’ai choisi ce modèle haut-de-gamme, c’est entre autre car il est bourré de connectivité et qu’il est compatible avec la domotique.

Il s’agit de l’Automower 435X AWD, vendu juste sous la barre des 5.000 euros, ce qui en fait un des modèles les plus onéreux du marché. Mais aussi l’un des plus capables, voir le plus capable: c’est le premier robot tondeuse grand public équipé de quatre roues motrices et d’un corps à deux éléments articulés. Ce qui lui permet de gravir des pentes de 70%, une prestation unique en son genre, et utile pour tous ceux dont la maison est bâtie sur une butte (avec gros dénivelé de jardin, à l’avant par exemple), ou simplement dont le jardin présente différents niveaux, avec des portions abruptes entre ceux-ci.

Nettement plus grand que la moyenne, et articulé, il a besoin de plus d’espace pour manoeuvrer (© RTL INFO)

Installation: il a toujours besoin d’un câble périphérique

Outre ses capacités inédites de franchissement, le dernier robot d’Husqvarna se veut plus intelligent que la moyenne. Mais à quel niveau exactement ? Commençons par l’essentiel: la tonte de votre jardin. Et dans ce domaine, des performances et de la fiabilité, mais pas vraiment de rupture technologique…

En effet, un câble périphérique doit toujours être installé pour délimiter votre jardin, ainsi que les zones de votre jardin à éviter (un parterre de fleur, un trampoline, un potager, une souche). Husqvarna utilise également un ou plusieurs ‘câbles guides’, qui permettent au robot de rentrer plus rapidement à sa station de recharge. Bref, les robots tondeuses ne semblent pas près de couper le cordon…

« Le câble périphérique est la meilleure solution actuellement pour les jardins privés et les usages professionnels: une fois installé, il garantit les meilleures performances. Et on pense que le câble restera l’option la plus pratique pour les années à venir: c’est la barrière de protection la plus fiable pour la tondeuse et pour le jardin. De plus, le câble permet d’optimiser l’énergie nécessaire. N’importe quelle solution fonctionnant uniquement à partir d’une puce GPS n’est pas assez précise pour opérer sur une pelouse normale, il faudra toujours un moyen de guidance supplémentaire. Cependant, Husqvarna expérimente sans cesse de nouvelles solutions, dans tous les domaines« , se justifie le responsable de la marque suédoise.

L’installation initiale est plutôt simple à réaliser soi-même. Le mode d’emploi est détaillé, et il « suffit » de fixer le câble périphérique au sol avec les pieux en plastique fournis, et de brancher quelques câbles avec les connecteurs, reliés à la station de recharge.

installation

Husqvarna distribue cependant ses tondeuses via des dealers spécialisés: pour les grands jardins (terrain de prédilection du 435X AWD qui peut couvrir jusqu’à 35 ares), ils sont recommandés, car équipés d’une machine à enterrer le câble (photo).

Attention à bien veiller aux distances minimales nécessaires pour les zones plus restreintes (contournement d’obstacles, îlots, etc), car ce robot est plus grand que la moyenne et a besoin de plus d’espace pour manœuvrer, ou pour ne pas perdre le nord dans un ‘couloir’ qui serait trop étroit (moins de deux mètres).

Tonte: plus d’intelligence dans la navigation ?

Les premiers jours, le robot semble un peu perdu dans le jardin. Ses déplacements ont l’air hasardeux et il tourne parfois en rond dans des zones restreintes. Logique: il navigue principalement à l’aide d’un algorithme. Un genre de petit logiciel de routine installé dans ses circuits électroniques, pour faire simple.

« Chaque Automower a un algorithme aléatoire qui guide la machine. Grâce au câble périphérique, il comprend où il se situe dans le jardin. Les modèles de la série X montrent d’ailleurs dans l’application où ils ont tondu récemment« , explique l’employé d’Husqvarna.

Sa puce GPS ne sert cependant pas qu’à le localiser en cas de vol (voir plus bas). Couplée à la mémoire interne, elle donne un peu d’intelligence artificielle au robot en ajustant l’algorithme, si certaines zones sont oubliées ou s’il n’y tond pas assez régulièrement l’herbe.

Autre forme d’intelligence: s’il n’y pas de caméra comme sur les robots-aspirateurs, on trouve néanmoins deux petits sonars qui anticipent le choc avec un obstacle inattendu (une cabane d’enfant, un seau). Le robot ralentit donc avant la « collision », ce qui préserve le pare-choc. Attention, cependant: sa puissance de franchissement est telle avec ses quatre roues motrices qu’il pourrait facilement rouler par-dessus un obstacle plus petit. Dans mon jardin, il a même essayé de grimper une souche, provoquant une erreur de collision, et même une détection de soulèvement, ce qui a entraîné le déclenchement de l’alarme. Alarme qui ne peut pas s’éteindre à distance avec l’application: une intervention humaine sur place est nécessaire…

Ces options de sécurité peuvent être paramétrées et assouplies via l’application. Il faudra cependant être à distance de Bluetooth (quelques mètres) pour accéder à ces paramètres spécifiques. Le reste des réglages et des commandes peut se faire depuis l’autre bout de la planète.

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Une application « interface homme-machine » qui pourrait être plus intuitive à utiliser

Connecté et compatible avec la domotique du futur

Car en réalité, le vrai surplus d’intelligence est à chercher au niveau de la connectivité et de sa compatibilité avec les assistants vocaux de Google et d’Amazon.

En effet, l’Automower 435X AWD est presqu’aussi bien connecté qu’un smartphone. Il est équipé d’une carte SIM pour être connecté à internet en permanence, et d’une puce GPS.

Cette connexion à l’internet mobile justifie en partie le prix élevé du robot. Mais elle est essentielle pour pouvoir contrôler et vérifier en permanence l’état de la machine. Où que vous soyez et ou qu’elle soit (au bout du jardin, par exemple), vous pouvez contrôler la tondeuse depuis l’application pour smartphone ou tablette (Automower Connect).

Un contrôle manuel qui n’est pas obligatoire, car il est bien sûr, via l’application, de programmer des périodes de tonte. Selon la taille de votre jardin, il faudra plus ou moins de temps au robot pour entretenir votre pelouse. Via l’application, véritable cerveau commandeur du robot, on peut également configurer des « zones », pour qu’il démarre sa tonte (par exemple une fois sur deux) à l’autre bout du jardin. C’est utile si votre jardin est complexe, s’il entoure la maison, s’il y a des zones plus isolées, etc. L’application permet également de régler la hauteur de coupe, entre 1 et 9 mm.

Via le Google Assistant, vous pouvez également connecter votre compte Husqvarna, auquel est relié le robot. Dès lors, vous pouvez « converser » avec le robot. Soit vous dites « Ok Google, parle avec Automower » pour lancer un genre de conversation de messagerie avec quelques commandes (« garer », « tondre »), soit vous pouvez directement dire à votre enceinte réseau compatible ou à votre smartphone: « Ok Google, demande à Automower de vérifier l’état de fonctionnement » ou « … de tondre la pelouse ». Même genre d’histoire avec Alexa d’Amazon.

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Cette compatibilité n’est pas vraiment un argument de vente: peu de gens en Belgique utilisent ces assistants vocaux, qui viennent d’arriver officiellement dans notre pays, et qui sont encore inconnus du grand public. Pourtant, et c’est bien le but de ces assistants, il y a moyen de gagner pas mal de temps si on s’habitue à utiliser correctement les commandes. Dire « Ok Google, demande à Automower de tondre la pelouse pendant 3 heures sur la zone secondaire », ça va effectivement nettement plus vite que de lancer l’application (en devant parfois entrer le code PIN) pour ordonner la même chose en appuyant que 4 ou 5 boutons.

Très sécurisé

Certains diront que les options de sécurité de l’Automower 435X AWD sont aussi une preuve de son intelligence. Car effectivement, de ce côté-là, il se défend bien.

Comme on a pu l’évoquer, par défaut, il faut entrer un code PIN dès qu’on touche au panneau de commande du robot (équipé d’un écran LCD couleur bien défini et d’une molette de commande). Impossible pour un quidam de le contrôler.

Si on soulève le robot à l’aide de la poignée (qui actionne le STOP manuel), afin de le déplacer, on a quelques dizaines de secondes pour le déposer et composer le code PIN. Si on ne le fait pas, l’alarme retentit, une sirène moins puissante qu’une alarme de maison, mais qui s’entend tout de même dans une bonne partie du quartier.

Enfin, la balise GPS intégrée permet, via l’application, de repérer à tout moment la position du robot sur une carte Google, à quelques mètres près. Intéressant pour le retrouver s’il est perdu dans votre grand jardin, ou pour prévenir la police si on vous l’a volé.

Sachez que le déclenchement automatique de l’alarme peut être désactivé, et même la nécessité d’entrer code PIN pour contrôler le robot à la main ; tout se configure via l’application.

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Les phares, c’est juste pour le show, car l’Automower n’a pas de caméra (© RTL INFO)

Efficacité redoutable

Je terminerai par l’essentiel: l’Automower 435X AWD s’occupe-t-il bien de votre pelouse ? Oui, indéniablement, son efficacité est redoutable car il est inarrêtable. Il supporte les côtes allant jusqu’à 70%, ce qui est énorme. Il doit cependant, dans une telle configuration, attaquer les montées et les descentes perpendiculairement, et non en oblique. Il y a donc, là aussi, quelques précautions à prendre au niveau de l’installation.

Dans un jardin standard comme le mien (500 m2), il n’a besoin que de 3 heures tous les deux jours pour avoir un gazon parfait. Après 1 mois d’utilisation, on remarque déjà une amélioration de la qualité de la pelouse. Logique: les petits brins découpés finement par les 9 lames (qu’il est conseillé de changer régulièrement pour un fonctionnement optimal) font office d’engrais naturel. L’herbe est plus verte et plus dense.

Et ce n’est pas tout: la mousse disparait, les pissenlits aussi. Même les taupes, parait-il, sont effrayées et changent de jardin.

Bien heureusement, il n’est pas nécessaire de débourser 4.999€ pour obtenir ce genre de résultat. Le 435X AWD est avant tout réservé aux grands jardins (jusqu’à 35 ares) où à ceux comportant de très fortes inclinaisons (jusqu’à 70%). Chez Husqvarna, il y a une entrée de gamme à 999€, avec des fonctions et des capacités de franchissement limitées, forcément. Les autres marques descendent parfois sous la barre des 500€, mais attention à la qualité et à la fiabilité.

Mes recommandations sont simples: basez-vous sur la surface et la simplicité de votre jardin. Un petit espace bien plat de 100 m2 n’a pas besoin d’un redoutable robot. Demandez conseil ou lisez bien le descriptif des tondeuses: la surface et l’inclinaison maximale sont logiquement indiquées.

 

Des oreillettes SANS fil mais AVEC réduction active de bruit: une première

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Mobilité, Test , le 14 août 2019 08h35 | Ajouter un commentaire
Les tests de Mathieu: que valent les Sony WF-1000XM3, des écouteurs entièrement SANS fil mais AVEC réduction active de bruit ?

La réduction active de bruit, on a l’habitude de la voir dans des casques bien recouvrants signés Bose ou Sony. Mais le constructeur japonais, qui mise beaucoup sur ce segment, a surpris tout le monde en faisant entrer cette technologie isolante dans des oreillettes aussi légères que discrètes. Un pari audacieux. Mon verdict après deux semaines de test.

Si c’est Bose qui a épaté tout le monde il y a quelques années avec un casque audio sans fil à réduction active de bruit, le japonais Sony occupe ce marché depuis 1992. Ce n’est pourtant que l’an dernier que son WH-1000XM3, que nous avions essayé dans un hélicoptère, a à son tour conquis les critiques et le public. Résultats: une croissance de 100% en un an pour Sony sur ce secteur d’activité.

Cet été, le groupe japonais qui retrouve des couleurs en se réorganisant intelligemment (il n’y a plus que sa division smartphone qui perd de l’argent), veut surfer sur son succès et sa réputation dans le domaine de l’audio à réduction active de bruit. Il a donc lancé les WF-1000XM3 (oui, une seule lettre change avec le casque recouvrant, avec un F pour freedom, liberté en anglais). Il s’agit de la deuxième version d’écouteurs Sony dits True Wireless, c’est-à-dire qu’il y a deux oreillettes entièrement sans fil (un concept en très forte croissance). Son prix est d’environ 250€, ce qui est finalement raisonnable car vous allez le voir, il n’y a pas de concurrence dans cette catégorie.


Sans-fil, sans bruit

Lors de l’annonce des WF-1000XM3, j’étais un peu dubitatif quant à sa capacité à être de bonnes oreillettes sans fil capables de restituer un bon son, tout en étant équipées de micro analysant le bruit ambiant en continu pour l’annuler. Pour deux petits objets si légers, ça semblait ambitieux.

En réalité, le pari est réussi. Pour 4 raisons :

La réduction active de bruit, nerf de la guerre, fonctionne. Malgré l’encombrement et le poids très réduits, ces oreillettes parviennent à pratiquement éliminer les basses fréquences (le brouhaha ambiant, le bruit de fonctionnement de l’avion, du train ou de la voiture). Pour les voix et les sons aigus, donc les hautes fréquences, ça reste très compliqué car leur analyse et traitement, plus fastidieux, entraîneraient une latence (un retard) dans la réduction effective du bruit, et donc une inefficacité totale. Les oreillettes de Sony isolent, donc, mais restons clairs: on est en deçà de ce que propose un casque recouvrant comme le WH-1000XM3 ou le QC35 de Bose. Mais les deux processeurs QN1e (un dans chaque oreillette) s’en sortent assez bien.

Une attention particulière a été accordée à la stabilité et la qualité de la connexion Bluetooth. Le son est transmis de l’appareil émetteur (smartphone, tablette, ordinateur) vers chaque oreillette simultanément, au lieu de passer de l’une à l’autre. La latence diminue grâce à cela de 75%, mais il reste impossible de l’éliminer entièrement à cause du trop grand nombre d’applications (Spotify, Netflix, YouTube, etc) et de version d’Android en circulation. Il y aura donc toujours un très léger décalage qui se pourra se ressentir (surtout lors des dialogues en gros plan).

L’autonomie est préservée grâce un boîtier de rangement équipé lui aussi d’une batterie, et qui est donc capable de recharger entièrement vos oreillettes trois fois. Avec la réduction active de bruit enclenchée (c’est le cas par défaut), comptez 24 heures d’utilisation (un cycle complet représente 6h d’utilisation, rechargeable à trois reprises en rangeant les oreillettes). S’il m’a fallu du temps pour finaliser cet article, c’est parce qu’après deux semaines d’utilisation quotidienne, les écouteurs étaient toujours utilisables. Donc c’est très, très honnête, surtout si on tient compte de la taillée et du poids des WF-1000XM3.

Un mot sur l’ergonomie et le maintien des écouteurs dans l’oreille. Sony les a testés sur 10.000 types d’oreilles différents dans ses laboratoires au Japon. L’insertion doit se faire en appliquant une petite rotation pour que les oreillettes soient bien stables et ne tombent pas si vous vous penchez ou marchez rapidement. Il faut veiller à bien choisir la taille et la matière des caoutchoucs. Plusieurs sont fournis pour que vous soyez le plus à l’aise possible. Vu le poids très réduit, cependant, aucun risque qu’ils ne s’échappent facilement. En trouvant la bonne taille et en les insérant correctement, vous aurez également les meilleurs résultats au niveau de la réduction active du bruit.

Enfin, derniers détails: il y a des détecteurs de proximité sur chaque oreillette. Elle s’éteint donc dès que vous la retirez, ce qui est important car il n’y a pas d’interrupteur ON/OFF. Et si vous utilisez Google Assistant, vous pouvez l’activer directement sur les écouteurs, qui vous proposeront alors de lire les messages reçus, de poser toutes vos questions, de commander votre maison connectée. Sachez également que vous pouvez téléphoner avec les WF-1000XM3.

Quelques petits défauts

Vous l’avez compris, l’expérience globale de l’utilisation des WF-1000XM3 est plus que satisfaisante. Sony a trouvé la formule pour réduire le bruit ambiant avec des petits écouteurs intra-auriculaires entièrement sans fil, très légers et faciles à recharger grâce à leur petite boîte intelligente. En réalité, il n’y a pas de concurrence dans cette catégorie. Il existe bien quelques modèles d’écouteurs entièrement sans fil (chez Apple et Samsung, notamment), mais ils ne sont pas à réduction active de bruit. Un modèle de Bose est attendu pour 2020.

Si on doit reprocher quelque chose à la paire de Sony, c’est avant tout la puissance de sortie. Il est impossible de régler le volume via les écouteurs, tout se fait à partir de la source (votre smartphone par exemple). En le mettant au maximum, j’ai trouvé que ça restait un peu faiblard. A voir avec d’autres smartphones et d’autres applications, mais des confrères présents à l’évènement partageaient mon avis.

Les commandes tactiles demandent une période d’adaptation. Le rond présent sur chaque oreillette et effectivement sensible et permet de contrôler la musique ou de mettre hors/sous tension la réduction active de bruit. Mais il n’est pas évident à trouver et manipuler. Tout cela est heureusement paramétrable dans l’application Headphone Connect, indispensable pour une bonne utilisation des WF-1000XM3.

En parlant de cette application, sachez qu’elle n’est pas un modèle de simplicité ni d’ergonomie. Au moins a-t-elle le mérite de pouvoir tout configurer et même d’éteindre les écouteurs, qui rappelons-le n’ont pas de bouton ON/OFF.

Les sportifs passeront leur chemin. Ces oreillettes ne sont pas destinées au sport, et n’ont aucune certification IPX. Pas de problème pour une randonnée mais si vous faites 10 km de jogging et que transpirez beaucoup, ça pourrait endommager les WF-1000XM3.

Dernier bémol, mais il est directement lié au concept de ‘Truly Wireless’: faites attention à ne pas égarer vos oreillettes. Mieux vaut garder la boîte de rangement/chargement dans la poche ou à proximité.


Et si vous construisiez vous-même les niveaux de Super Mario ?

Par Mathieu Tamigniau dans Jeu vidéo , le 18 juillet 2019 12h14 | Ajouter un commentaire

Nintendo continue de surprendre cet été, avec la sortie de Super Mario Maker 2. Comme son nom l’indique (Maker signifiant constructeur), il s’agit d’un éditeur de niveau du plus vieux et célèbre des jeux vidéo de plateforme, Super Mario.

Ou plutôt des Super Mario, car il est possible avec Super Mario Maker 2, comme avec le premier opus du jeu, de construire soi-même des niveaux de Super Mario Bros (le premier du nom sorti du NES en 1983), Super Marios Bros 3 (1988), Super Mario World (sur Super Nintendo en 1990), New Super Mario Bros et enfin le mode 2D de Super Mario 3D World.

Fastidieux mais jouissif

Je préfère être honnête :  c’est plutôt fastidieux de construire un niveau entier et original, malgré les nombreux tutoriels teintés d’humour faisant intervenir… des pigeons. Les fans qui achètent le titre sont probablement prêts à y consacrer du temps, mais sachez qu’il faut au moins une heure pour un truc de base. Comptez plusieurs heures pour bricoler quelque chose de sympa, avec un tas d’options, de bonus, de labyrinthe, d’ennemis, etc.

Ce qui ne décourage pas les fans, visiblement: 2 millions de niveaux ont été créés par les joueurs en à peine 10 jours. Des vrais fans de Mario qui vont des gros gamers ayant bossé longuement pour des niveaux très bien foutus, aux jeunes joueurs se contentant de choses plus simples. Remarque : pour jouer à ces niveaux créés par la communauté, il faut un abonnement payant Switch Online (mais il ne coûte que 20€ par an).

100 niveaux accessibles

Heureusement, vous pouvez jouer offline dans des niveaux créés par Nintendo à travers un mode Histoire qui consiste à rassembler des pièces pour reconstruire le château de la princesse.

Les 100 stages sont autant de démonstrations de tout ce qu’il est possible de faire avec l’éditeur de niveaux, et c’est assez inspirant. Leur durée de vie très respectable (environ 6 heures) en fait un jeu à part entière.

 

Cette TV adapte sa luminosité aux conditions de visionnage

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son , le 26 juin 2019 13h09 | Ajouter un commentaire

Il ne faut pas se leurrer: depuis l’arrivée du Full HD il y a bien longtemps, il devient délicat pour les téléviseurs de proposer des innovations susceptibles de justifier le remplacement d’un appareil en bon été de fonctionnement.

Le consommateur, et c’est une bonne nouvelle pour l’environnement, ne passe à la caisse que lorsqu’un appareil est en panne, pour faire simple.

Les constructeurs font ce qu’ils peuvent, cependant, pour attirer l’œil du client. Samsung et LG, les deux fabricants les plus populaires, ne jouent pas que sur la qualité d’image. Il y a également la partie logicielle, de plus en plus importantes, car beaucoup d’utilisateurs ne se contentent plus des chaînes linéaires de leur décodeur, mais ont besoin d’applications performantes pour le streaming de contenu vidéo ou musicale, pour des petits jeux vidéo, etc.

Luminosité adaptive 

Et encore au-dessus de cette couche, il y a quelques petites options qui peuvent faire la différence. Qui n’a jamais été gêné dans son salon quand le soleil est trop présent et que l’image est à peine visible ? LG a pensé à eux et l’un de ses derniers fleurons, le 65OLEDC9, adapte sa luminosité à la lumière présente dans la pièce. Un peu comme un smartphone, finalement, dont l’écran est moins lumineux le soir dans votre chambre, que le midi en plein soleil.

Cette option n’est pas assez mise en avant par le constructeur, selon moi. En effet, il faut aller dans les réglages > affichage, et trouver le sous-menu “économie d’énergie”. Là, il convient d’opter pour “auto”, mais c’est le choix par défaut. Aucune trace de cette option dans les caractéristiques du téléviseur sur sa page web officielle, par exemple, qui préfère évoquer le design et la qualité du nouveau processeur d’image a9 teinté d’AI (intelligence artificielle).

Un bien bel objet

Et on peut comprendre les choix du service marketing de LG. En effet, le 65OLEDC9 est très sobre: comme souvent avec l’OLED, une partie important du téléviseur n’est qu’une fine couche de verre protégeant la dalle proprement dite, très fine (voire souple). Lors de la manipulation, c’est un peu effrayant, on craint de la casser tellement elle est fine. L’électronique et le son sont rassemblés dans le bas, tandis que le double pied accentue la discrétion en étant pratiquement dissimulé.

Au niveau de la qualité d’image, difficile de faire mieux que les écran OLED de LG depuis quelques années. Cela reste, selon moi, la meilleure image disponible, avec des noirs invisibles (alors qu’ils sont “éclairés” et donc grisés sur les dalles non OLED), des couleurs vives, un contraste profond. Difficile à l’oeil nu de voir des améliorations par rapport aux générations précédentes, malgré la prise en charge des normes Dolby Vision et Atmos.

Quant à webOS, l’interface maison de LG, elle gagne en rapidité et en réactivité grâce au nouveau processeur. Elle est dès lors plus intuitive à utiliser, surtout avec la télécommande qui fait office de pointeur. On peut aussi utiliser le curseur, mais dans certaines conditions, c’est plus rapide de viser et d’appuyer sur OK. Qui dit OS maison, dit magasin d’applications maison. Et là, on se méfie toujours. À part Netflix et Amazon Prime (et Spotify), celui-ci ne propose finalement qu’un tas de petits logiciels inconnus et inutiles. Les deux services de streaming vidéo populaires ont droit à un bouton dédié sur la télécommande, et c’est diablement pratique…

Comment fonctionne ce portefeuille connecté et équipé d’un code secret?

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 7 juin 2019 10h45 | Ajouter un commentaire

Je ne parle pas souvent des portefeuilles sur RTL info. Ce n’est a priori pas un sujet très technologique. Mais comme d’innombrables autres objets de la vie de tous les jours, des entreprises essaient de les rendre plus intelligents.

Ögon est une marque française, qui a lancé dans les années 2000 la mode des portefeuilles plus modernes, plus pratiques, et plus orientés sur les formats « carte à puce ». Identité, banque, fidélité, accès à des bâtiments: ces cartes prennent de plus en plus de place dans un portefeuille et il est donc logique d’y consacrer d’avantage de place qu’aux billets ou à la monnaie.

Récemment, Ögon a affublé un de ces portefeuilles de nouvelles options: la protection par un code secret et la présence d’une petite puce de traçage, pour le retrouver plus facilement s’il est égaré. J’ai essayé tout ça pour voir si c’était vraiment pratique.

Un verrou assez sensible

Plutôt grand (10 x 9 x 2 cm), le Code Wallet ressemble effectivement plus à un portefeuille qu’à un porte-cartes. Il rentre dans les poches mais il est nettement moins discret que les petits formats que tout le monde connait. Il y a 7 compartiments et dans chacun d’eux, on peut aisément glisser deux cartes si on le souhaite.

Un petit système de verrou mécanique est intégré, autorisant ou empêchant le mouvement de la gâchette d’ouverture. Il s’agit de trois roulettes avec 10 chiffres chacune. Pour définir votre code, il faut ouvrir le portefeuille et insérer une aiguille fournie, tout est expliqué dans le petit manuel fourni. Sachez que si vous oubliez votre code, il y a une astuce pour l’ouvrir sans le détruire. On ne la dévoilera pas ici, mais elle est indiquée dans le mode d’emploi.

Cette option de verrouillage est une bonne idée sur le papier, même si dans les faits, on se dit rarement qu’on en a besoin ; et qui si on se fait voler ce portefeuille, en forcer l’ouverture n’a rien de chinois avec un outillage basique (je le suppose, je n’ai pas essayé). C’est donc plus pour des cas spécifiques (des enfants qui jouent avec à la maison, par exemple), que pour éviter les vols.

Seul reproche: les molettes ont tendance à tourner toutes seules quand on manipule le portefeuille. Dès lors, le verrou s’enclenche et il faut remettre votre code. De quoi vous faire perdre un peu de temps quand vous devez payer au magasin, par exemple.

Un traçage « Bluetooth » via une pastille

Pour le traçage du portefeuille, Ögon n’a pas développé sa propre solution, on peut le comprendre. En réalité, cette option « tracker » se coche avant de finaliser la commande (19€). Et cela ajoute à votre livraison une pastille de la marque TrackR. Il s’agit du « pixel », de la taille d’une pièce de monnaie mais un peu plus épais. On la collera sur le portefeuille avec l’adhésif fourni. Il vaut mieux le faire à l’extérieur pour augmenter la portée du Bluetooth, mais à l’intérieur ça fonctionne aussi (et en plus il y a de la place sur les parois).

Il ne s’agit pas d’une balise GPS, dont les besoins en énergie ne permettraient pas une taille si réduite. Le TrackR est une pastille Bluetooth qu’il faut relier à son smartphone et à l’application éponyme. A travers cette application, la balise envoie sa position de manière régulière quand elle est à portée de Bluetooth, donc quelques mètres maximum. Si le Bluetooth reste activé sur votre smartphone, et si l’application n’est pas fermée automatiquement par votre système d’exploitation, le TrackR va envoyer la localisation de votre portefeuille régulièrement.

Donc, si vous oubliez votre portefeuille dans un restaurant, qu’avant de partir, il a envoyé sa position, vous la verrez sous l’onglet « Vu pour la dernière fois ». Et vous pourrez le retrouver.

Si votre portefeuille est à portée de Bluetooth mais que vous ne le voyez pas, vous pouvez le faire sonner (la pastille émet alors un petit bip qui s’entend dans un environnement peu bruyant, pas dans un bar ou une boite de nuit).

L’option de traçage est donc intéressante dans les conditions optimales, donc si le Bluetooth est activé en permanence (c’est souvent le cas) et si votre application TrackR tourne en arrière-plan sans interruption. Il est hélas fort probable que vous ne pensiez pas à lancer cette application régulièrement et à chaque redémarrage. Dès lors, si vous perdez votre portefeuille, la fonction « Vu pour la dernière fois » ne vous aidera pas beaucoup, et pour le faire sonner, il faudra être à portée de Bluetooth, donc quelques mètres.

Conclusion

Plus robustes qu’auparavant grâce à la présence d’un mécanisme d’ouverture en métal, les portefeuilles/porte-cartes d’Ögon sont désormais plus sécurisés. Du moins le Code Wallet (79€), qui est équipé d’un mécanisme de verrouillage à trois chiffres. L’usage est finalement assez limité car on peut le forcer assez facilement en cas de vol. De plus, les molettes sont un peu trop sensibles (elles bougent et verrouillent toutes seules le portefeuille).

La marque française propose également un TrackR en option (19€) qui permet, dans des conditions idéales, de retrouver un portefeuille égaré. Il faut pour cela coller une pastille où bon vous semble sur le portefeuille, et utiliser régulièrement l’application TrackR pour garantir le suivi continu de la position. A portée de Bluetooth de votre smartphone (quelques mètres), cette pastille peut émettre un son permettant de retrouver un portefeuille perdu.

Des options plutôt pratiques dans l’ensemble, et qui ne font pas trop augmenter la facture…

Les smartphones peuvent-ils vraiment remplacer un appareil photo reflex ?

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Test , le 17 mai 2019 11h44 | Ajouter un commentaire

La qualité des lentilles augmentent, les processeurs de plus en plus performants permettent à la partie logicielle de combler une partie des défauts: les smartphones haut de gamme font tomber les barrières techniques pour devenir de véritables appareils photos. Que reste-t-il aux reflex ? On en a parlé avec Canon, qui vient de sortir un appareil photo à destination du grand public. Un pari osé en ces temps de récession…

Il y a quelques semaines, la marque chinoise Huawei, qui se rapproche année après année de la première place des vendeurs de smartphones dans le monde, a sorti un P30 Pro qui prétend ouvertement envoyer aux oubliettes les appareils photos traditionnels.

Une affirmation risquée mais qui dans les faits (voir mon test), ne semble pas loin de la vérité, dans certaines conditions du moins.

Canon à contre courant ?

Afin de discuter de nos impressions, nous avons convié un expert de chez Canon, une des références historiques de la photographie, et qui vient justement de commercialiser un nouvel appareil photo reflex à destination du grand public : l’EOS 250D. Le fabricant dit qu’il est « le DSLR des familles, facile et amusant ».

Une telle sortie peut sembler étonnante vu que le grand public utilise son smartphone, et que le monde professionnel est clairement la meilleure source de revenus, avec des appareils vendus des milliers d’euros. Or on le sait : les ventes de reflex sont en chute libre chez Canon (comme ailleurs): moins 25% en un an, il est donc primordial de maximiser les marges et non les volumes…

L’EOS 250D coûte 549€ sans optique. Comptez une centaine d’euros de plus pour un kit. Alors, Canon nage-t-il à contre courant ?

« On veut être le partenaire d’image à vie, on est là où le smartphone a ses limites et on pense à ce que l’utilisateur pourrait faire plus tard avec ses photos : être créatif (dans la retouche par exemple) ou en imprimer certaines. On pense également à ceux qui veulent une gamme d’optiques à disposition. Bref, on est là pour aller plus loin », nous a expliqué Joachim Devedeleer, spécialiste produits chez Canon.

Qu’est ce qu’il y a de mieux dans un reflex ?

On a passé une semaine avec l’EOS 250D, essayant de prendre les mêmes photos avec un smartphone haut de gamme. Et on a sans surprise remarqué beaucoup de différences.

Les premières sont liées à la prise en main et l’ergonomie. Grâce à sa forme typique, le Canon tient très bien dans la main tout en étant étonnamment léger (Canon a veillé à ce poids réduit pour qu’il ne soit un frein pour personne). Viser à l’œil est tellement naturel, tout en tenant l’objectif pour zoomer et en appuyant légèrement sur le bouton pour faire ou refaire la mise au point. On avait presque oublié cette sensation de maîtrise totale de la prise de vue.

La suite, c’est bien sûr la qualité d’image. La première chose qu’on a remarquée n’a rien à voir avec la définition (les smartphones proposent jusqu’à 48 MP). Il s’agit de ce qu’on peut appeler « le rendu » ou « le piqué ». Des manières de dire que l’image, au-delà de la précision, des couleurs ou des détails, est « photogénique ». Bref, c’est beau…

Ensuite, on a vu une sacrée différence sur un des effets très recherché par les fabricants de smartphone: le « bokeh ». Il s’agit du principe visant à laisser bien net l’objet principal, tout en floutant l’avant et/ou l’arrière-plan. Pour faire simple, depuis quelques années, les smartphones, parfois en multipliant les capteurs (certains servant alors à détecter la profondeur) ou en faisant bosser des algorithmes de reconnaissance d’image au niveau logiciel, parviennent à appliquer cet effet. Avec plus ou moins de précision sur les contours de la cible nette: parfois, ça semble découpé au ciseau.

Avec un reflex de la qualité de l’EOS 250D couplé à un objectif standard 18-55mm, l’effet bokeh n’est pas recherché, il est naturel. En mode automatique, si vous faites la mise au point sur un visage ou un objet, les autres plans seront floutés mais de manière progressive et subtile. Ça donne évidemment nettement mieux.

Ensuite, il y a bien entendu la prise de photo dans des conditions de faible luminosité. Ici, ça se complique, car les constructeurs de smartphone, Huawei en tête, ont tellement bien bossé que les « mode nuit », surtout sur le P30 Pro qui nous a servi de comparaison, font souvent des miracles. Comme le dira notre interlocuteur, « c’est le logiciel qui prend le relais dès que la lumière diminue« . Mais si le logiciel est bon et si les trois capteurs travaillent ensemble à des degrés d’exposition différents, ça ne fonctionne pas si mal.

Cependant, comparé à la plupart des smartphones du marché (les prix moyens tournent autour des 300€), l’EOS 250D est nettement meilleur dès qu’il fait plus sombre. Et surtout, à nouveau, c’est naturel, ce n’est pas extrapolé par le smartphone. Au risque de se répéter, c’est plus « photogénique ».

Pourquoi le reflex est-il encore meilleur ?

Tout est lié à la taille du capteur, en fin de compte. « Il s’agit de ce petit carré qui se cache derrière les miroirs, quand on ouvre un reflex pour mettre l’objectif on peut le voir », nous explique Canon (voir photo ci-dessous). Sur l’EOS 250D comme sur la plupart des reflex, il s’agit d’un capteur APS-C dont la taille est de 25.1×16.7 mm (environ 4/3 de pouce). Sur les smartphones et sur la plupart des appareils photo compacts, il est plus petit, généralement 1/2 pouce, voire moins.

« En fait, le capteur est plus grand, donc il prend plus de lumière, pour faire simple ». De quoi mieux se débrouiller quand il fait moins lumineux. Et pour l’effet bokeh, c’est une question de capteur, à nouveau, mais aussi une histoire de physique au niveau de la superposition des lentilles dans l’objectif. Sans entrer dans les détails techniques, cela permet « naturellement » au reflex de décomposer la profondeur de champs.

Conclusion

Oui, avoir un reflex a encore du sens en 2019, pour tous ceux qui veulent des photos naturelles, authentiques, réussies dans pratiquement toutes les circonstances. L’EOS 250D de Canon s’avère un bon compagnon pour cette pratique, car il est très accessible (avec de nombreuses explications à l’écran), très léger pour une prise en facile par tout le monde, et surtout parce qu’en mode automatique, on a réussi de très beaux clichés. Si vous imprimez souvent des photos, ça vaut également la peine d’investir un peu.

Se pose tout de même la question de ceux qui ont investi près de 1.000 euros dans un smartphone haut-de-gamme aux qualités photographiques exceptionnelles (Huawei P30 Pro, Samsung Galaxy S10, etc). Pour ceux-là, la différence de qualité des photos est moins vite perceptible, même si elle est bien réelle, on l’a constatée. Investir dans une kit à 650€ se justifie un peu moins.

Mais il ne faut pas oublier la sensation de maîtrise, le feeling ‘photo’ que procure la prise en main d’un reflex. La visée à l’œil, la main sur l’objectif pour doser le zoom, ça reste la meilleure manière de prendre des photos. Et surtout, ça vous met dans une position de photographe, ça vous inspire. Une madeleine de Proust (pour les plus de 35 ans…)

Voici le premier smartphone pliable, le Galaxy Fold (vidéo)

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 24 avril 2019 07h21 | Ajouter un commentaire

On a testé le Samsung Galaxy Fold, le premier smartphone PLIABLE: que vaut-il ? (vidéo)

J’ai eu l’occasion d’essayer en primeur ce que Samsung appelle « la nouvelle catégorie » de smartphone, celle qui offre un grand écran de 8 pouces qu’on peut plier en deux pour glisser dans la poche. Une prouesse technique qui n’a a priori que des avantages, à part un prix très élevé: 2.020€. Pas de chance pour Samsung: quelques jours avant la date de lancement prévue, plusieurs journalistes américains réputés qui testaient chez eux le Galaxy Fold ont relayé de grosses pannes matérielles d’écran. La sortie de ce nouveau produit est donc reportée. 

Samsung est bel et bien de retour ! Le géant sud-coréen a connu un année 2018 qu’on peut qualifier de difficile, avec une baisse de ses parts de marché au niveau mondial, au profit de marques chinoises de plus en plus agressives, Huawei et Xiaomi en tête.

Mais 2019 commence bien. Au niveau des chiffres, difficile de se prononcer (le groupe a annoncé au début du mois qu’il anticipait un plongeon de 60% de son bénéfice d’exploitation au premier trimestre, en raison du ralentissement de son activité de puces mémoire, plombée par une demande en berne). Mais au niveau du matériel, c’est une année faste. Pour le grand public, il y a la nouvelle série A (40, 50, 70 et 80): c’est du milieu de gamme mais Samsung semble avoir augmenté la qualité de ce segment, sans toucher au prix. On en parlera dans un test plus poussé d’ici quelques semaines.

Un nouvel objet du désir, pliable

Si l’année est faste pour le géant sud-coréen de l’électronique grand public (pour autant que le lancement ait bien lieu…), c’est aussi et surtout parce qu’il est le premier à commercialiser un nouveau genre de produit, « une nouvelle catégorie« , a insisté un responsable de la marque lors d’un évènement à Londres auquel j’ai assisté. Il s’agit du Galaxy Fold, le premier smartphone pliable du marché. Il aura fallu 7 ans et des dizaines de prototypes pour parvenir à cette vitrine du savoir-faire sud-coréen. C’est « le flagship de nos flagships« , assure-t-on au département marketing…

Nous avons pu tester durant une demi-journée cet OVNI, de quoi se faire une première vraie impression sur ce produit étonnant à plusieurs points de vue. C’est avant tout un objet « waouw », un objet du désir, un smartphone que tout le monde va regarder de près et vouloir ouvrir.

Fermé, il est épais et avec un petit écran peu pratique

Replié, le Fold est plus épais que la moyenne mais il est aussi plus étiré verticalement. Il tient étonnamment bien dans la main malgré un encombrement certain (17 mm au niveau le plus épais, pour 263 grammes). La finition est du niveau de Samsung, à savoir excellente.

Dans cette position la moins impressionnante, il est tout-à-fait possible d’utiliser le smartphone, sur un premier écran tactile de 4,5 pouces environ, positionné assez en hauteur, et donc peu pratique à prendre en main. C’est petit mais toutes les applications peuvent être lancées, et il y a les traditionnels boutons virtuels de navigation. « Surtout utile pour décrocher, prendre une photo rapidement, consulter des messages et y répondre« , a précisé Samsung lors de la présentation. On est bien d’accord.

Ouvert, il offre une nouvelle manière d’utiliser un smartphone

Sans surprise, c’est lorsqu’on ouvre le Galaxy Fold que la magie opère. Aimantées, les deux parties nécessitent un léger effort pour s’ouvrir. Il y a un accompagnement mécanique pour fixer la position finale, mais c’est en douceur et ça respire la maîtrise technique. La charnière semble être une œuvre d’ingénierie digne des montres suisses.

On dispose de 7,9″ de surface de travail au format inédit 14:10. La définition de l’écran est de 2152 x 1536 pixels. C’est presque carré et donc, il y a beaucoup de place. Toutes les applications peuvent se lancer car sur Android, elles doivent pouvoir s’adapter à de nombreuses diagonales depuis longtemps, sur smartphone comme sur tablette.

Certaines d’entre elles comme YouTube, Facebook et Instagram, nous a précisé Samsung, ont été légèrement retravaillées esthétiquement pour s’étendre verticalement, on aperçoit donc la grosse encoche sur la droite. D’autres, comme celle de RTL info, s’affichent dans un format ‘smartphone’ étiré, et non dans le format plus agréable que l’on retrouve sur les tablettes Android. La preuve que le Fold est un smartphone avant tout.

Après une heure d’usage intensif, on ne peut qu’apprécier cette nouvelle surface de lecture très confortable, que l’on peut plier et mettre en poche très facilement. Même une vidéo YouTube en 16:9 est plus grande, plus immersive. Un jeu vidéo de voiture très poussé au niveau graphique s’affiche en plein écran, et on en prend plein les yeux. On a tout essayé et on n’est pas parvenu à prendre en défaut le format 14:10.

Le côté « carré » ouvre même de nouvelles opportunités pour le multitâche. C’est certainement la plus grande qualité du Fold: permettre d’afficher, par exemple, son flux Twitter sur la gauche, tout en ouvrant sur la droite WhatsApp et un navigateur (maximum 3 applications peuvent tourner en même temps, l’une en affichage intégral, les autres étant divisées en deux dans le sens de la hauteur). Ça n’a l’air de rien, mais pensez au nombre de fois où vous devez passer d’une application à une autre. Ou entrer un numéro de compte reçu par email dans une application bancaire. L’interface de ce multitâche, de plus, a été peaufinée: on peut facilement interchanger et redimensionner les applications ouvertes.

Enfin, détail important: Samsung assure  de l’écran. Si vous étiez en mode déplié sur l’affichage d’une carte de Google Maps, l’application continuera de s’afficher sur le petit écran en mode replié, vous permettant par exemple de suivre un itinéraire tout en marchant.



Une énorme fiche technique pour justifier le prix

Le Galaxy Fold n’est pas équipé du processeur maison de Samsung, mais du dernier Snapdragon 855 de Qualcomm. Une puce surpuissante épaulée par 12 GB de RAM (de quoi faire tourner d’innombrables applications en même temps), et 512 GB de stockage interne. Pour justifier le prix très élevé (2.020€ en Belgique), Samsung a donc bien rempli son Fold. Il y a également une double batterie affichant 4.380 mAh au total, 6 caméras (dont le trio qu’on retrouve sur le dos du S10+) pour pouvoir faire des selfies quand le smartphone est ouvert ou fermé. Ajoutez à cela une paire de Galaxy Buds (écouteurs sans fil, rechargeables sans fil également), et une housse à moitié souple en motif carbone, et vous avez une expérience Samsung de premier ordre.

Le grand écran de presque 8 pouces n’est pas en verre (impossible de le rendre suffisamment souple), mais en « couches de polymère avancé« . Il est donc nettement plus fragile que sur un smartphone classique, mais quand il n’est pas en main, il est généralement replié. De plus, ouvert, l’écran présente des bordures saillantes qui le protègeront même si vous le retournez, face contre la table.

La rumeur prétendait qu’on apercevait une ligne blanche au niveau de la « pliure » de l’écran. En effet, quand l’écran n’est pas complètement ouvert, donc dans une position intermédiaire impossible à utiliser, on voit que son pli central déforme l’affichage. C’est logique, et quand il est bien ouvert, on ne voit plus rien. Pas d’inquiétude de ce côté. D’autant que, généreux, Samsung offre un an de garantie complète maison (incluant une réparation de l’écran si vous le cassez).

Conclusion

Les précommandes pour le Galaxy Fold de Samsung devaient débuter le 26 avril en Belgique. Il devait être disponible exclusivement dans 20 boutiques Proximus jusqu’en juillet, puis dans d’autres enseignes. Mais ne vous attendez pas à le croiser partout: Samsung a annoncé un retard, et de toute façon, il avait prévu de limiter la production du Fold (la Belgique n’aurait droit qu’à quelques centaines d’exemplaires par mois, d’après nos informations).

Après une demi-journée d’utilisation, il est difficile de se faire un avis catégorique sur le Galaxy Fold. La grande surface d’affichage est certes confortable, mais en a-t-on besoin pour afficher son fil d’actu Facebook ou ses emails ? Chacun devra se faire un avis, mais souvenez-vous qu’il y a 3 ans, on riait devant les écrans de 5 pouces de diagonale (et ils en font souvent 6 désormais).

Le Galaxy Fold est avant toute chose une vitrine technologique, une mise au point de Samsung face à ses détracteurs et concurrents chinois qui lui reprochaient un manque d’innovation. Pliable, le Fold n’est pas très encombrant dans une poche de jeans, mais ouvre la voie à une nouvelle manière d’utiliser un smartphone, grâce à un vrai multitâche sur son écran déplié de presque 8 pouces de diagonale.

Prouesse technique et grande première mondiale, le Fold n’affiche pas le meilleur rapport qualité-prix de l’année, c’est logique. Il est destiné à ceux qui veulent être les premiers, qui veulent susciter un effet « waouw » autour d’eux et… qui ont 2.020€ à consacrer à un smartphone.

Vaut-il cette somme colossale ? Si on tient compte des 7 ans de recherche et développement, oui, à n’en pas douter. Il serait cependant plus raisonnable d’attendre un ou deux ans: si le concept prend (Huawei, Xiaomi et d’autres vont imiter Samsung dans les prochains mois), les prix vont baisser très rapidement.

Notez bien que Samsung a dû se résoudre (le 22 avril) à repousser la sortie du Fold, un nouveau coup dur dont les conséquences restent à déterminer, trois ans après le fiasco des batteries explosives du Galaxy Note 7. Selon le communiqué du groupe, l’écran semble bel et bien présenter des fragilités, en particulier au niveau de la charnière, où des « impacts » peuvent se former. Le groupe évoque aussi un cas où des « substances trouvées à l’intérieur de l’appareil ont affecté la performance de l’écran ».







Quand Sonos et Ikea travaillent ensemble, ça fait… baisser les prix

Par Mathieu Tamigniau dans Divers, IoT , le 9 avril 2019 06h29 | Ajouter un commentaire

Depuis quelques années, Ikea essaie d’intégrer des appareils de la vie de tous les jours dans sa vaste gamme de meubles et de décoration. On ainsi vu le meuble TV avec TV intégrée, une table d’appoint avec chargeur sans fil pour smartphone ou autre. Le géant suédois de l’ameublement et de la décoration entame sa mutation vers une maison plus intelligente, et non pas uniquement plus belle.

Ce lundi, Ikea et Sonos ont à nouveau évoqué la gamme Symfonisk, qui va être commercialisée à partir du mois d’août 2019. On sait désormais qu’il y aura deux appareils disponibles au lancement: une lampe dont on peut régler la chaleur de la lumière avec une molette intégrée, et une « étagère ».

Pour faire simple, on dira qu’Ikea s’est occupé de l’enrobage, et que Sonos y a placé une enceinte et de quoi la relier au réseau en Wi-Fi. Pour faire encore plus simple, on dira qu’il s’agit de Sonos Play:1 (la plus petite enceinte) déguisée en petite lumière de salon ou en étagère un peu épaisse sur laquelle on peut déposer des livres (ou autre, jusqu’à 3 KG), ou que l’on peut placer à côté de livres.

Des prix très contenus

Cependant, vu les prix annoncés, Sonos n’a probablement pas intégré toute sa technologie à l’intérieur. La lampe Symfonisk coûtera en effet 179€, tandis que l’étagère ne dépasse pas les 100€ (99,95€ pour être précis).

Ikea, on le sait, est connu pour ses prix contenus. Ceux des deux premiers objets de la gamme Symfonisk sont donc égaux ou inférieurs à la Sonos Play:1 (179€), entrée de gamme du constructeur américain (qui grimpe à 799€ pour une grosse barre de son).

Cela va sans dire que ces enceintes tunées seront utilisables à partir de l’application Sonos, un modèle d’ergonomie, comme s’il s’agissait d’enceintes Sonos. On peut même coupler deux lampes/enceintes pour en faire une paire stéréo.

Comment Sonos a-t-il consenti à une telle concurrence, surtout de la part de l’étagère à 99€? Sans doute en intégrant dans les enceintes Ikea une qualité de son un peu moins bonne que sa gamme propre (mais on ne les a pas encore entendues, un prochain test le confirmera).

On imagine en revanche que les assistants vocaux, présents sur la One et la Beam, ne seront pas de la partie (ils requièrent des technologies plus avancées, avec micros et « puces » intégrés). Et les marques n’ont pas mentionné cette fonctionnalité dans leur communiqué de presse commun.

Xiaomi débarque en Belgique avec 2 smartphones et 1 bracelet

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité , le 4 avril 2019 14h09 | Ajouter un commentaire

Xiaomi débarque officiellement en Belgique: comment fait-il pour être le nouveau roi du smartphone 'low-cost' ?

En moins d’un an, Xiaomi est devenu le 3e vendeur de smartphones en Espagne. Sa stratégie est claire: écraser la concurrence avec des prix très contenus, tout en maintenant un bon niveau de qualité. En Belgique comme ailleurs, la marque va opter pour le bouche à oreille, les réseaux sociaux et la présence dans (presque) toutes les grandes enseignes. Nous avons discuté de l’arrivée du géant chinois avec un de ses responsables à Amsterdam.

C’était un petit évènement : la marque chinoise Xiaomi (prononcez ‘CHI-A-O-MI’) a officialisé sa présence en Belgique à la fin du mois de mars.

Vous avez sans doute déjà entendu parler de cette jeune entreprise à la stratégie assez inhabituelle, vous allez le voir. Logique : depuis une grosse année, elle a quitté sa Chine natale pour débarquer en Europe. Au niveau des smartphones, son business initial, elle aurait déjà atteint la 3e place en Espagne, la 4e en Italie et la 5e en France.

Déjà accessible chez nous en passant par des importateurs indépendants ou des boutiques chinoises (mais sans aucune garantie sur le matériel, le logiciel et le passage des douanes), les appareils de Xiaomi vont désormais être distribués officiellement en Belgique.

xiaomi
©RTLINFO

Qui est Xiaomi et que va-t-il vendre en Belgique ?

« Xiaomi signifie initialement ‘petit grain de riz’, on est en effet parti de rien il y a 9 ans, on était une start-up, fondée par une bande de geeks qui voulait vendre des produits électroniques de qualité mais accessibles à tout le monde« , nous a expliqué Alvin Tse, sympathique responsable marketing pour l’Europe.

Le coeur du business de Xiaomi, une entreprise de 20.000 personnes active dans 80 pays, est le smartphone, c’est à partir des millions d’exemplaires vendus en Chine qu’il a bâti sa notoriété et son écosystème d’objets connectés. Son slogan ‘Great value for money’ ne laisse pas de doute sur son approche du marché : proposer des appareils de qualité pour un prix raisonnable.

C’est en effet le cas du Mi 9 que nous avons pu essayer brièvement. Pour 449€, il a une fiche technique très flatteuse: 4 GB de RAM, 64 GB de stockage interne, la dernière (et excellente) puce Snapdragon 855, un triple appareil photo dont un capteur de 48 MP qui semble performant, la charge sans-fil la plus rapide du moment avec 20W et un design dans l’ère du temps. Il est sans aucun doute le meilleur rapport qualité-prix du moment, même si un test plus poussé est nécessaire (il devrait arriver dans les prochaines semaines) :

xiaomi_MI9
©RTLINFO

Dans un premier temps, en Belgique et via un réseau de distribution assez classique (la plupart des grandes enseignes sauf MediaMarkt), Xiaomi ne vendra que le Mi 9 dont on vient de parler, mais également le Redmi Note 7 (un autre smartphone affichant aussi un excellent rapport qualité prix à 199€) et le Mi Band 3 (un bracelet d’activité complet, avec capteur cardiaque et batterie longue durée, à seulement 29€).

Cependant, une boutique physique Xiaomi pourrait voir le jour dans notre pays et aux Pays-Bas, ainsi qu’une boutique en ligne (dans un premier temps mi.com/nl). D’autres produits pourraient donc être distribués, et Xiaomi en a des dizaines sous le coude.

Lors de la présentation à Amsterdam, on a effectivement vu des trottinettes, diverses lampes et ampoules, une petite enceinte Bluetooth, des ordinateurs sous Windows, des purificateurs d’air, une bouilloire, un aspirateur robot, un projecteur vidéo laser. Mais en Chine, il y a des dizaines de produits et catégories différents, dans le hardware, le software et la distribution. Le tout avec la même philosophie, ‘Great value for money’:

ecosystems

Quels sont les secrets de Xiaomi ?

Xiaomi, d’après des chiffres fournis lors de la présentation, serait le 4e vendeur de smartphone dans le monde, grâce à une solide assise chinoise, bien entendu. Il en a écoulé 122,6 millions en 2018, contre 292 pour Samsung (en baisse), 208 pour Apple (en baisse) et 206 pour Huawei (en hausse de 33%).

Comment parvient-il à de tels résultats ? Et comment peut-il proposer autant de produits différents ? La première raison, c’est que si Xiaomi développe (ou co-développe) tous ses produits, ceux-ci sont exclusivement assemblés en externe. « Nous sommes une entreprise internet (‘Internet company’, concept assez flou…), c’est différent d’une entreprise de matériel (‘Hardware company’) ».

« Tout est confié à des usines, des partenaires comme Foxconn pour les smartphones, au sein desquels nos équipes sont présentes et impliquées« . Vous avez bien lu : Xiaomi ne fabrique rien lui-même.

Il y a tout de même 20.000 personnes qui travaillent pour l’entreprise, on l’a dit. Xiaomi a beaucoup de boulot au niveau logiciel, car il développe entièrement MUI, l’indispensable surcouche à Android pour être utilisable en Chine (où les services de Google sont interdits).

Son personnel travaille également à la diversification. « Une fois qu’on détecte une opportunité avec, par exemple, un fabriquant de machine-à-laver, on identifie les experts et on investit. On ne rachète pas, on développe un produit Xiaomi ensemble« , a précisé Alvin Tse. Une stratégie inédite mais qui fonctionne déjà « avec près de 100 partenaires différents« . Elle limite grandement la prise de risque et permet de ne jamais devoir investir lourdement dans des chaînes de fabrication/assemblage, très coûteuses on le sait.

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Nous avons discuté avec Alvin Tse, responsable du marketing pour l’Europe

La plupart (80%) des produits sont développés en interne, tandis que d’autres catégories plus exotiques relèvent finalement plus de l’apposition du logo Mi sur des produits blancs.

Et pour garder des prix si bas, Xiaomi a également une stratégie de communication très précise. « En Chine, l’an dernier, on avait un budget marketing de 0€ ». Comme OnePlus dont on a déjà parlé, Xiaomi construit une base de « Mi Fans » et comptent sur les réseaux sociaux et le bouche à oreille pour étendre la notoriété de l’entreprise.

Il n’y aura donc pas d’autres formes de communication, via des publicités traditionnelles. De là à dire que le budget marketing est de 0€, c’est un raccourci. Créer et gérer des communautés de fans, être très actif sur les réseaux sociaux dans toutes les langues, payer des influenceurs: tout cela a un prix, forcément.

« En fait, c’est comme ça qu’on se différencie, c’est notre seule manière de faire« , précise Alvi Tse, qui avoue « ne pas avoir le choix« . Ce qu’il faut comprendre: si Xiaomi avait une approche traditionnelle de sa croissance mondiale, il devrait investir de grosses sommes dans la publicité pour se faire connaître. Ses prix grimperaient, et il ne pourrait pas se différencier.

Dernier détail, mais qui a de l’importance: « Depuis 2018, on ne dépasse plus jamais les 5% de marge, c’est coulé dans les fondations de l’entreprise« . Petite marge mais gros volume, c’est comme ça que Xiaomi paie ses employés et assure sa croissance, malgré des prix très contenus.

Conclusion

Les consommateurs doivent toujours se réjouir de l’arrivée d’une nouvelle marque dans leur pays. Qui plus est sur un marché aussi dynamique que celui des smartphones, car l’ensemble des prix et promotion pourrait en être affecté.

Cela fait déjà quelques années que Huawei a débarqué, grignotant sans cesse des parts de marché à Samsung principalement, et mettant encore plus les acteurs historiques en difficulté (Sony, LG, HTC, etc). Il était temps qu’un nouveau fabricant retape un coup dans la fourmilière…

Plus de concurrence, c’est toujours bon pour les prix. Et Xiaomi ne fait pas dans la dentelle: il a une stratégie bien rôdée qui lui permet de garder des prix très contenus. Or, c’est l’un des arguments essentiels pour le grand public.

Nous n’avons pas (encore) pu essayer en détails le Mi 9, un smartphone très puissant vendu 449€. Mais nos premières impressions sont bonnes. Quant au Redmi Note 7 (199€), il écrase la concurrence sur le papier.

En revanche, nous avons pu essayer durant quelques jours le Mi Band 3, un bracelet d’activité vendu 29€. Et c’est sans surprise un incroyable rapport qualité prix. Concurrent direct du Fitbit Charge 3 (149€), il a des caractéristiques très similaires. Certes, il n’a pas la même qualité de fabrication et de design, et l’application Mi Fit liée n’est pas aussi agréable à utiliser et aussi bien fignolée que celle du leader américain du marché. Mais il coûte 5 fois moins cher. 5 fois…

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