policier

Châteaux Bordeaux: le vin et ses secrets enfin dévoilés

Par srosenfeld dans Aventure, contemporain, policier, vin , le 2 décembre 2013 13h56 | Ajouter un commentaire

« Le lecteur peut s’identifier à l’héroïne qui ne connait rien au vin »  lance le dessinateur Espé. L’objectif de la série « Châteaux Bordeaux » est de transformer le lecteur en connaisseur tout en le plongeant dans une grande saga familiale. Du divertissement viticole en somme!  Et jusqu’ici, l’objectif est atteint avec la sortie de ce quatrième tome.

Nous retrouvons Alexandra, héritière du Chêne Courbe, qui veut redonner ses lettres de noblesse au vin familial. Alors que notre belle héroïne soupçonne un négociant d’être responsable de la mort de son père, celui-ci est victime d’un terrible accident de voiture et tombe dans le coma. Dans le même temps, l’un des principaux propriétaires du domaine veut récupérer ses terres. Pour Alexandra, désormais au pied du mur, la solution passe  par la reproduction d’une cuvée mythique…

Le titre de cet album ne s’appelle pas « millésimes » pour rien. Ce récit nous permet d’en savoir plus sur la fabrication du vin, ses assemblages, son vieillissement et ses ratés. Dans ce monde de passionnés, la concurrence est rude et, quelques fois, face à une mauvaise année, la tentation est forte de jouer avec le consommateur. « En fin de soirée, les langues se délient et la personne reconnaît que cette année là, son vin était vraiment dégueulasse » m’explique Espé. Tout le contraire de son graphisme élégant qui donne à cette bd une fraicheur agréable digne d’une bonne cuvée.

Le scénariste Corbeyran a récolté de nombreuses confidences et anecdotes pour rendre crédible cette saga. Un gage d’authenticité qui fait de cette série, un vrai plaisir pour les amateurs de divertissement intelligent.

Châteaux Bordeaux, t4 aux éditions Glénat.

Scénario: Corbeyran.

Dessin: Espé.

 

Hell school: dans l’enfer du bizutage

Par srosenfeld dans action, ados, Aventure, policier , le 4 novembre 2013 14h17 | Ajouter un commentaire

Il y a des séries qui sortent dans l’air du temps. C’est le cas de « Hell school ». Alors que le débat sur les rituels d’intégration revient sur le devant de l’actualité, cette bd nous emmène dans le monde des ados. Au cœur de ce récit, trois jeunes qui refusent de se plier aux épreuves de leur école privée, un établissement perdu sur une île paradisiaque. Mais  dernière le paradis, se cache souvent l’enfer.

En n’acceptant pas leur bizutage, Bastien, Hina et Boris se retrouvent exclus. Véritables parias, ils ne peuvent pourtant s’échapper. Un groupe soudé qui tente de comprendre ce que cache leur directeur alors qu’un élève de leur promotion est mort dans des circonstances non élucidées. L’école privée est-elle vraiment ce qu’elle fait croire aux parents…

Déjà deux tomes pour cette série qui s’impose de plus en plus dans les librairies. Le scénariste Vincent Dugomier propose un univers crédible et fantasmé à travers un internat d’un autre temps. Ses héros (mélange de tous les stéréotypes possible chez les ados) sont très vite attachants. « Il y a un grand costaud qui ne veut pas être comme son papa qui a la main lourde ou encore un orphelin » décrit l’auteur.

« Il y a énormément de non-dits » précise le dessinateur Ers.  « L’objectif est de mettre le lecteur dans le même état d’esprit que les personnages » ajoute Vincent Dugomier. Pas question de décrire les rituels mais plutôt d’évoquer leurs impacts sur les ados. Même chose sur l’influence des adultes: le professeur et ses « cours du soir« , le psy manipulateur… Subtil et intrigant, « Hell school » mérite que l’on s’y attache.

Hell school, t1 et 2 aux éditions du Lombard.

Scénariste: Dugomier.

Dessin: Ers.

 

Tyler Cross: un anti-héros sans état d’âme

Par srosenfeld dans action, Aventure, graphisme, mafia, polar, policier, thriller, western , le 31 août 2013 14h50 | Ajouter un commentaire

C’est la sensation de cette rentrée BD. Un polar comme on les aime, un album dense, intense avec tous les ingrédients des grands films noirs et des westerns. Bienvenu à « Tyler Cross ». Un anti-héros sans état d’âme qui sait séduire les dames comme tous les mauvais garçons.

Tyler Cross est un spécialiste des coups délicats. Un indépendant qui vend ses services à la mafia tout en évitant de trop s’attacher. Il accepte de braquer le filleul du vieux caïd Di Pietro . Objectifs:  supprimer l’impétueux et récupérer les vingt kilos de mexicaine brune. Mais la mission tourne à l’affrontement sanglant avec des policiers véreux. Tyler Cross s’en sort mais se retrouve avec 17 kilos de came, sans voiture, avec à peine 21 dollars en poche. Et ce n’est que le début….sur sa route il va croiser la ville de Black Rock qui appartient à la famille Pragg.

Après une première collaboration réussie, Atar Gull,  Nury et Brüno remettent le couvert.  Et cette fois, les compères quittent l’Afrique pour venir aux cœurs des racines de l’Amérique. Cet album condense l’imagerie des États-Unis d’après-guerre : tueur solitaire, mafia, ville perdue aux mains d’un gros propriétaire terriens, enfants dégénérés et femme fatale. Le scénariste Fabien Nury s’amuse à multiplier les références aux livres ( Jim Thompson, Dashiell Hammett, Richard Stark, James Ellroy…) et aux films (Sam Peckinpah, Humphrey Bogart, Lee Marvinetc…) dans son récit. Une histoire en trois parties avec des ruptures de rythme parfaitement maîtrisées.

Sur le plan graphique, Brüno, fait preuve d’un art de la mise en scène époustouflant. Des cadrages très cinématographiques qui magnifient les dialogues de son complice. La lisibilité est maximale et le lecteur se sent comme happé par les images. Les scènes d’action sont des modèles du genre comme un Tarantino à son meilleur niveau. Seul bémol, les visages des personnages, notamment féminins, qui manquent de finesses. Dommage, car sans cela, la BD, aurait presque fait office de chef d’œuvre du genre. Un regret qui n’enlève rien à la réussite complète d’un album généreux de près de 100 pages. Et bonne nouvelle. Une suite est en cours.

Tyler Cross aux éditions Dargaud.

Scénario: Fabien Nury.

Dessin: Brüno.

 

U-Boot: aux origines d’une tueuse

Par srosenfeld dans action, anticipation, Aventure, policier, science fiction , le 1 janvier 2013 18h19 | Ajouter un commentaire

La série « U-Boot » joue les prolongations. Jean-Yves Delitte propose un troisième tome à son  diptyque sortie en 2011. Il faut dire que l’auteur avait largement la matière pour aller plus loin. « Je me suis engouffré dans les petits trous du scénario » m’explique le dessinateur.

Un nouveau récit qui s’attache à comprendre qui est « Jude », la fameuse tueuse qui met fin aux agissements de son employeur: la multinationale Maher crée par un ancien savant nazi capable de régénérer ses cellules. Meurtres, sauts dans le temps, le lecteur tente de replacer les pièces d’un puzzle complexe.

Jean-Yves Delitte m’explique qu’en montrant l’évolution d’une société toujours plus technologique où le « fichage » est constant, il affiche ses propres peurs. Celles d’une « perte de la créativité, de la folie qui faisait le propre de l’homme » me dit-il. Mais au-delà de ces réflexions, cette bd est un  vrai divertissement où la multiplication des lieux et des époques permet un voyage graphique enthousiasmant: du fleuve Amazone à New-York,  des U-Boot aux avions futuristes.

Bien connu pour son œuvre maritime le « Bélem », Jean-Yves Delitte m’avoue que déjà enfant il dessinait de la science-fiction. Avec ces albums, il montre son envie d’éclectisme et l’étendue de son talent.

U-Boot, t3 aux éditions 12 bis.

Scénario et dessin: Jean-Yves Delitte.

 

 

Rider On The Storm: motards des seventies, à vos guidons!

Par srosenfeld dans Aventure, contemporain, Non classé, policier , le 1 janvier 2013 15h19 | Ajouter un commentaire

La moto, la musique, les seventies, la mélodie du bonheur pour Baudouin Deville. Avec « Rider On The Storm« , le dessinateur avait envie de retrouver l’esprit libertaire de ces années de transition où la crise économique commençait à pointer le bout de son nez. Si aujourd’hui, il circule en scooter, ce passionné de moto se rappelle avec nostalgie de sa « suzuki GT 380 ».

Dans ce récit, le héros enfourche une autre deux roues mythique, une suzuki GT 750, surnommée « la bouillotte ». Nous sommes en octobre 1974 et Gaspard Sarini, 20 ans, rêve de devenir pilote professionnel. Le garçon qui a vécu l’essentiel de son éducation en internat s’éloigne toujours plus de ses parents qui ne comprennent pas sa passion.

Mais voilà qu’au moment d’une nouvelle confrontation familiale, des tueurs abattent froidement les parents de Gaspard. Celui-ci échappe de justesse aux balles mortelles après une course poursuite épique. Le voilà réfugié  chez Jo,  garagiste au grand cœur, ancien pilote et Bruxellois pur jus. Godferdom !

Loin de se limiter à une bd moto, cette aventure fait revivre l’atmosphère des seventies à Bruxelles. « L’envie du scénariste était de mettre aussi en valeur le parler bruxellois » m’explique le dessinateur. D’où une belle succession de jurons pour « colorer » les dialogues.

Une façon aussi de ne pas trop se prendre au sérieux pour rester dans l’esprit de ces années où tout était possible. Cette nouvelle série joue donc sur plusieurs registres pour créer sa propre identité. Un bon début. Ne pas rater l’interview ci-dessous de Baudouin Deville pour achever de vous convaincre.

Rider On The Storm, t1 aux éditions Paquet.

Scénario: Giro

Dessin: Baudouin Deville.

 

Juarez: dans la cité mexicaine, les femmes sont des cibles

Par srosenfeld dans action, Aventure, policier, thriller , le 8 décembre 2012 14h14 | Ajouter un commentaire

« Au moment de l’écriture, j’allais régulièrement prendre des nouvelles de la ville et j’étais à chaque fois en deçà de la réalité »  m’explique Nathalie Sergeef.  Les meurtres de femmes à Ciudad Juárez sont régulier depuis 1993.  Les chiffres font froid dans le dos. Plus de 1653 cadavres ont été trouvés. Selon les sources 2000 à 2500 femmes sont considérées comme disparues. La plupart des victimes sont âgées de 13 à 25 ans.

Dans ce lieu de perdition où les gangs font la loi et où la police est impuissante ou corrompue, « l’impunité est la règle  » dit la scénariste. Le déclic me dit-elle « est venu d’une interview radio de deux journalistes d’investigations qui venaient de publier un livre sur leur enquête sur place« .

Mais Juarez n’est pas simplement une description de la cité et de ses dérives. Le cœur du récit se centre sur une enquête marquée par de nombreux rebondissements.

Gaël débarque dans la ville-frontière avec la ferme intention de découvrir où sa sœur a disparu et pourquoi les autorités ne font rien. Au même moment, 5 corps de femmes se retrouvent aux portes de la cité dans le désert. Un nouveau massacre qui s’ajoute à tant d’autre.

Nathalie Sergeeff construit un thriller efficace qui utilise Ciudad Juarez comme un personnage à part entière. A travers l’enquête de Gaël, le lecteur se déplace dans la ville et découvre ses vices. La scénariste évite de rester seulement collé à son héros pour créer une histoire avec plusieurs ramifications jusqu’au dénouement final.

Pour illustrer cela, il fallait un grand dessinateur qui sache distiller l’atmosphère adéquate. Corentin Rouge (un jeune artiste prometteur) réalise un travail superbe avec un sacré coup de crayon . Sensible à la lumière, il porte une grande attention à la couleur: « pour donner au lecteur l’impression que le temps passe » précise-t-il. Fasciné par l’Amérique Latine, Corentin Rouge me dit dans mon studio qu’il y a, là-bas,  « une liberté dans la sauvagerie » qui interpelle. Juarez est un excellent one shot. Une belle surprise.

Juarez aux éditions Glénat.

Scénario: Nathalie Sergeef.

Dessin: Corentin Rouge.

 

Blast: une expérience BD à ne pas manquer

Par srosenfeld dans action, contemporain, policier , le 10 novembre 2012 17h05 | Ajouter un commentaire

« Je ne suis pas fondamentalement heureux quand je fais Blast » me dit Manu Larcenet dans un éclat de rire. L’humour et la distance sont les deux forces de cet auteur d’exception. Comme les réalisateurs de films d’épouvante, il sait jouer de son talent pour créer chez le lecteur des impressions dérangeantes.

Avec troisième opus, Manu Larcenet ne compte pas relâcher la pression mais bien nous donner un nouveau coup de massue avec un graphisme hypnotique.

Mais reprenons par le début. Blast continue de raconter le destin de Polza Mancini, homme de 38 ans pesant 150 kilos suspecté d’avoir agressé mortellement une jeune fille. Une fois encore, les deux flics qui tentent de lui faire « cracher le morceau » se retrouvent face à une énigme.

Car Polza ne parlera qu’à la condition d’être écouté et de pouvoir raconter son histoire. Il veut être compris. C’est ainsi qu’il embarque les deux policiers dans les méandres de son avilissement, qui a pour but de lui faire revivre le fameux blast, cette onde de choc provoquée par une explosion. Et le voyage s’annonce une fois de plus traumatisant….

Comme dans les deux autres tomes, Manu Larcenet se donne le temps et la place (200 pages!) pour construire un récit d’une grande densité. L’auteur du Combat ordinaire est en plein possession de son art. Il sait tout faire et le prouve de façon magistrale. Les grandes cases muettes alternent avec d’autres plus conventionnelles pour donner du rythme. Le noir et blanc omniprésent se retrouve traversé de couleurs.

Ce tome 3 ne révèle pas encore toute l’histoire et laisse encore de nombreuses zones d’ombres tout en donnant une part d’humanité au personnage. « On est tous un pauvre type le matin, pour arriver à être sympa le midi, parfois extraordinaire pendant quelques secondes » me lance le scénariste. Une façon de rappeler que nous sommes tous à un moment donné des monstres et à d’autre des anges. Blast est une expérience de BD à ne pas manquer. Une référence.

Blast, t3 aux éditions Dargaud.

Scénario et dessin: Manu Larcenet.

 

Batchalo: le tragique destin des Roms

Par srosenfeld dans Historique, Non classé, policier , le 23 octobre 2012 14h31 | Ajouter un commentaire

« Les Roms sont les grands oubliés de l’Histoire » m’explique Michaël Balli, le scénariste de Batchalo. « Avec cet album je souhaite rétablir une injustice » me dit-il. Historien de formation, il va prendre plusieurs années pour aboutir à ce récit. Un récit qui raconte le destin tragique des Roms déportés par l’Allemagne nazie dans les camps d’extermination. Le sujet est grave mais fort intelligemment développé par l’auteur qui évite de tomber dans le coté « leçon d’histoire » pour proposer une aventure touchante.

1939, Europe de l’Est. Suite à l’enlèvement d’un groupe d’enfants, un clan tzigane, accompagné de Josef, un policier dont le fils est aussi porté disparu, organise une battue. Sur leurs traces, ils voyagent à travers la Bohême, jusqu’à être internés, puis déportés à Auschwitz. Parqués dans le camp de la mort, ils dépérissent, privés de ce qu’ils ont de plus cher : leurs enfants et la liberté.

« Nous avons voulu jouer avec les clichés comme celui du Rom voleur d’enfant » me précise Michaël Balli. Et de fait, Batchalo commence comme une enquête policière avant de se transformer en destin tragique. A travers cette quête de l’enfant perdu, le scénariste nous fait découvrir le peuple Rom, sa structure autour d’un chef mais aussi de sa guérisseuse, deux éléments clés de la communauté. L’histoire d’amour entre Josef le « gadjo » et la farouche gitane permet d’aborder avec subtilité la notion d’identité.

« Je me suis senti quelque fois très mal à l’aise en me demandant si j’étais légitime à raconter cette histoire » m’avoue le dessinateur Arnaud Bétend. Un soucis d’honnêteté qui se ressent dans son graphisme soigné rempli d’humanité. Même dans l’horreur,  il trouve la bonne distance pour illustrer ce drame. Le choix du sépia est particulièrement bien vu. Avec humilité, ce duo propose un album de grand qualité qui touche au cœur. A  ne pas manquer.

Batchalo aux éditions Delcourt.

Scénario: Michaël Galli.

Dessin: Arnaud Bétend.

Alix Senator: Alix réinventé

Par srosenfeld dans Aventure, Historique, policier , le 22 octobre 2012 11h35 | Ajouter un commentaire

Toucher au personnage d’Alix, véritable icône de la BD, est toujours un pari audacieux. Comment s’y prendre pour renouveler le personnage  sans irriter les fidèles de Jacques Martin? La solution pour Valérie Mangin est simple: le vieillir.  Terminé l’adolescent fougueux, place au sénateur Alix, homme d’une cinquantaine d’année, père d’un enfant et protecteur du fils de son ami Enak mort mystérieusement. « Mais si Alix est Gaulois, son univers c’est d’abord Rome » m’explique la scénariste, « cette première aventure ne pouvait se passer qu’ à Rome » ajout-elle.

Nous sommes en 12 avant Jésus-Christ. Confronté à une série de meurtres mystérieux touchant des grands du régime, l’empereur Auguste charge son vieil ami Alix d’enquêter discrètement sur l’affaire. Celui qui est désormais sénateur va devoir se plonger dans de nouvelles intrigues au moment où le christianisme commence à s’imposer. Mais avec ses cheveux blancs, notre héros n’est plus aussi impétueux qu’avant, sa sagesse va devenir son meilleur allié pour découvrir la vérité.

Valérie Mangin (Le fléau des dieux, Le dernier troyen)  connaît bien l’Antiquité, ses histoires et ses légendes. Avec Alix Senator, elle s’éloigne de ses uchronies pour décrire un univers réaliste dans la veine d’une série comme Murena. Son récit qui reste très classique se lit avec plaisir. Le héros trouve ici une vraie crédibilité. Le graphisme de Thierry Démarez est dans le ton.« Je me suis inspiré de la série télévisé Rome pour l’ambiance tout en gardant les traits de l’Alix de Jacques Martin » me dit-il.  Au final, le lifting fonctionne. Il s’agit maintenant d’aller plus loin pour donner à cet Alix Senator une identité forte. A suivre….

Alix Senator aux éditions Casterman.

Scénario: Valérie MAngin.

Dessin: Thierry Démarez.

XIII Mystery, Steve Rowland: retour aux sources

Par srosenfeld dans action, Aventure, polar, policier, thriller , le 17 octobre 2012 08h51 | Ajouter un commentaire

 J’avais le choix lorsque l’on m’a proposé de participer à ce projet, alors je me suis dit, quoi de mieux que le personnage principal, XIII!  m’explique avec enthousiasme Richard Guérineau. Le dessinateur du Chant des Stryges reconnaît avoir été marqué par la puissance de cette série qui introduisait à l’époque le thriller politique dans la BD.  Cerise sur le gâteau, Fabien Nury est à la baguette. Le scénariste d’Il était une fois en France sait parfaitement synthétiser une matière particulièrement dense. Voici donc un duo de choc pour ce 5ème numéro qui raconte le passé de Steve Rowland, assassin du président de Etats-Unis.

Qui est donc ce Steve Rowland, brillante recrue des SPADS, une unité militaire d’élite?  Comment a-t-il reçu ce fameux numéro XIII symbole de treizième homme d’une conspiration politique aux objectifs terrifiants. Comment expliquer son geste? Pour cela, il faut  plonger dans son passé, celui d’un petit garçon qui, entre un père violent et raciste et une mère perdue et alcoolique, devient un homme impitoyable. Et Kim, sa femme rencontrée à l’université… qui est-elle vraiment? Agent double, triple…

Cet album est une véritable réussite. Fabien Nury rend cohérent le passé de Steve Rowland. « Un fasciste en herbe, un peu benêt »  précise Richard Guérineau. Le récit s’appuie sur une série de flash-back. Comme les balles qui frappent le président des Etats-Unis, chaque moment de la vie du personnage de la série, frappe le lecteur en quelques cases. Tout est là, réinventé et totalement crédible.

Richard Guérineau propose un dessin dans l’esprit de Wance mais avec toute la modernité de la BD actuelle. Précis et efficace, il renforce la tension par des cadrages intelligents qui alternent les points de vue. Il m’avoue que l’une des pages les plus magiques de cet album fut celle où il inscrit le fameux XIII. Je vous propose à ce sujet d’écouter son interview dans mon studio ci-dessous. Les deux compères signent ici, une BD sans faute qui ravira les amateurs d’action et les nostalgiques de la série mythique. Bravo.

XIII Mystery, t5, Steve Rowland aux éditions Dargaud.

Scénario: Fabien Nury.

Dessin: Richard Guérineau.