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Maudit Mardi! : Achille aux pieds de bois

Par srosenfeld dans Non classé , le 16 octobre 2011 17h23 | Ajouter un commentaire

preview_pagephp1Sandawe, vous connaissez?  Pas encore… Alors, petit récapitulatif. En janvier 2010, née une maison d’édition indépendante fondée sur le principe du crowdfunding bien connu aux États-Unis. Via le site de la société, les internautes sont invités à investir de l’argent sur des projets d’auteurs de BD en mal de financement. Une fois l’objectif financier atteint, environ 30 00 euros par album, le livre entre en production. Pour Maudit Mardi! , Nicolas Vadot a pu bénéficier du soutien de 179 édinautes. « L’un d’eux m’a donné 7000 euros » me dit-il dans Studio BD (voir ci-dessous), « c’est pratiquement un rôle de mécène comme au XIII ème siècle ».

Achille vit seul, sur une île, depuis la mort récente de ses parents, et il passe son temps à scruter l’océan. Cet homme étrange, dont les pieds sont enracinés, est persuadé qu’il va mourir un mardi : un mouette lui a prédit ! Après avoir échappé de justesse à la noyade, il décide de rejoindre son amour de jadis, à Hawkmoon, la mégapole. Un rendez-vous amoureux d’autant plus compliqué que les pieds en bois d’Achille ont tendance à perdre des vis !

Nicolas Vadot nous emmène dans un monde qui mêle imaginaire et réalisme. Un univers décalé et séduisant qui intrigue dès la première page d’une grande puissance graphique. Comme les vagues de l’océan, l’auteur nous fait chavirer pour mieux nous happer dans son histoire. Connu pour ses dessins de presse, Nicolas Vadot, change ici complètement de registre. « Dans une BD comme celle-ci, je n’ai pas besoin de réagir immédiatement à l’actualité, au contraire, j’ai besoin de suspendre le temps ». Maudit Mardi! est la preuve  qu’oser offre souvent de belles surprises.

Maudit Mardi!, t1, aux éditions Sandawe.

Scénario et dessin: Nicolas Vadot.


Une vidéo à découvrir sur www.rtl.be

Le numérique bouscule la BD

Par srosenfeld dans Non classé , le 6 février 2011 15h31 | Un commentaire>

numerique-au-salon-du-livreAvec l’explosion des ventes des tablettes tactiles (près de 17 millions d’exemplaires déjà vendus dans le monde), le monde de BD réfléchit à l’utilisation de ce nouveau support. Si pour l’instant, il n’existe pas d’album conçu directement pour les ordinateurs, des pistes commencent à être explorées. Les éditions Delcourt prévoit de sortir « la » première  BD réalisée directement pour les ordinateurs en septembre 2011.

En attendant, les principaux éditeurs proposent leur album papier via leur numérisation en location ou en téléchargement définitif depuis mars 2010. Il est possible de consulter ces titres sur une banque d’image appelée IZNEO. Cette démarche est aussi un moyen de lutter contre le piratage sur internet. La location coûte 1,99 euros pour 10 jours.

Cette façon de lire des BD est encore très marginale mais cela se développe. Les créateurs réfléchissent actuellement à des concepts qui mélangent bulles, son, images et vidéo. Pour beaucoup, 2011 est l’an un de l’ère du numérique dans ce secteur. Voici le sujet que j’ai réalisé à Angoulême et qui a été diffusé sur le JT d’RTL TVi.

Palmarès Angoulême et Art Spiegelman

Par srosenfeld dans Non classé , le 31 janvier 2011 11h36 | Ajouter un commentaire

art-spiegelman-comics-art-0011L’Américain Art Spiegelman a reçu le grand prix du 38e Festival d’Angoulême. Un bel hommage pour l’auteur engagé de « Maus », BD culte des années 1970. Comme le veut la tradition, il sera le prochain président du jury.  Voici le palmarès de cette édition 2011:

  •  1/Grand Prix de la Ville d’Angoulême 2010 : Art Spiegelman
  • 2/Fauve d’or du meilleur album : Cinq mille kilomètres par seconde de Manuele Fior (Atrabile)
  • 3/Prix du jury : Asterios Polyp de David Mazzucchelli (Casterman)
  • 4/Prix de la série : Il était une fois en France de Fabien Nury et Sylvain Vallée (Glénat)
  • 5/Prix Révélation ex-aequo : La Parenthèse de Élodie Durand (Delcourt) et  Trop n’est pas assez de Ulli Lust (Çà et Là)
  • 6/Prix Regard sur le monde : Gaza 1956 – En marge de l’histoire de Joe Sacco (Futuropolis)
  • 7/Prix de l’Audace : Les Noceurs de Brecht Evens (Actes Sud BD) 
  • 8/Prix Intergénérations : Pluto de Naoki Urasawa et Osamu Tezeuka (Kana)
  •  9/Prix Jeunesse : Les Chronokids T.3 de Zep, Stan et Vince (Glénat)
  • 10/Prix du Patrimoine : Bab El Mandeb de Micheluzzi (Mosquito)
  • 11/Prix de la BD alternative : L’Arbitraire, périodique édité à Lyon
  • 12/Prix du public FNAC-SNCF : Le Bleu est une couleur chaude de Julie Maroh (Glénat).

 

 

Vies tranchées: à poil au milieu des obus

Par srosenfeld dans Historique, Non classé , le 20 décembre 2010 15h43 | Ajouter un commentaire

trancheesLa Première Guerre mondiale comme vous ne l’avez jamais vu. Un regard décalé et original. Cet album est une bd et un témoignage pour ceux qui n’ont jamais parlé. Grâce à des dossiers médicaux d’époque, aujourd’hui interdits d’accès par l’armée, « Vies tranchées » expose une quinzaine de cas emblématiques de soldats internés durant 14/18. Aliénés au sens de la Loi de 1838, inoffensifs, fous dangereux, etc. L’histoire de ces soldats suscite de nombreuses questions éthiques, historiques ou médicales.

Comme me l’explique Jean David Morvan dans studio BD, il fallait « un fil conducteur pour lier ces histoires et rendre l’ensemble dynamique ». Ce sera Emile P., soldat rendu fou par les bombardements qui va faire des aller-retours  entre l’asile militaire et les tranchées. Un cas emblématique d’une réalité. A l’époque, il fallait de la « chair à canon » et tant pis si le gars est un peu timbré. « L’objectif des médecins est de ramener ces fous au combat » me précise Jean David Morvan.

Ce récit qui mélange différents portraits bénéficie d’un traitement graphique original. C’est donc un album collectif aussi bien sur les scénarios que pour les dessins sous la supervision de Jean david Morvan. Les textes sont judicieux. Le lecteur ne s’ennuie pas. Seul bémol, les dessins qui en fonction des auteurs sont plus ou moins agréables et cohérents. Un écueil typique de ce type de production. Mais l’ensemble se tient et reste passionnant pour les amateurs d’histoire. A découvrir.

Vies tranchées aux éditions Delcourt.

Scénario et supervision: Jean David Morvan

Dessin: Album collectif.

 

Martha Washington: une femme noire pour humaniser une Amérique folle

Par srosenfeld dans Non classé , le 25 juillet 2010 16h40 | Ajouter un commentaire

marthaDevenus depuis plus de dix ans le théâtre d’une guerre fratricide entre l’armée, les natifs américains et une milice de néonazis gays, les États-Unis n’ont plus d’unis que le nom.

Dans ce monde à la dérive émerge Martha Washington, jeune femme qui va s’élever à la seule force de son courage et de sa détermination pour, au final, devenir le symbole qui empêchera le monde de s’autodétruire.

Attention série culte. Ce comic américain est une référence. Ses auteurs, Franck Miller (Dark Knight) et Dave Gibbons (Watchmen), sont les rois du genre. Les éditions Delcourt propose une traduction française de ce classique. Ce récit  très dense multiplie les références à la politique, à la société de consommation et à la folie des armes.

Cette extrapolation délirante des Etats-Unis fait mouche. Ce tome regroupe 4 histoires parues à l’époque dans une maison d’édition indépendante.

Martha Washington, t1 aux éditions Delcourt.

Scénario: Frank Miller.

Dessin: David Gibbons.

Les guerrières de Troy: 3 mercenaires sexy en quête d’identité

Par srosenfeld dans Non classé , le 8 juillet 2010 15h20 | Ajouter un commentaire

merceniares1Arleston n’en finit plus d’explorer les confins de son univers inventé avec la première série Lanfeust de Troy. La planète Troy est toujours le centre d’un de palpitantes aventures. Pour épicer le tout, voici trois nouvelles héroïnes très…séduisantes.

Raya possède le pouvoir de communiquer avec les reptiles. La magie de Lynche lui permet d’affûter les lames. Quant à Issan, elle est insensible aux poisons qu’elle manipule. Elles sont aussi belles que dangereuses. Ces mercenaires acceptent d’escorter un étrange convoi humanitaire à travers la Questie. Une expédition remplit de piège où la réalité est trompeuse.

Ce premier tome des Guerrières de Troy est un divertissement agréable. Si Arleston ne sait pas trop cassé la tête pour les dialogues, il sait toujours y faire question rythme et rebondissement. La bonne surprise vient des dessins de Dany. Ses décors et ses couleurs sont superbes tout comme ses héroïnes sculpturales à souhait.  Cette bd sait attirer l’oeil et séduire le curieux.

Les Guerrières de Troy, t 1 aux éditons Soleil.

Scénario: Christophe Arleston.

Dessin: Dany.

La Guerre des Dieux: l’Iliade revisitée

Par srosenfeld dans Non classé , le 3 avril 2010 14h37 | 2 commentaires

guerredesdieuxla_01_proj01Dix ans déjà que les Grecs assiègent en vain l’arrogante ville de Troie. Mais, le rusé roi d’Ithaque, Ulysse, veut en finir avec cette guerre, d’autant plus que d’étranges événements commencent à se produire. Magie et malédictions déferlent sur le camp des assaillants comme sur le champ de bataille. Certains murmurent que les dieux sont derrière ces phénomènes, et qu’ils marchent parmi les hommes, prenant ainsi part à leur combat. Et ils n’ont pas tort.

Dans cette version de l’Iliade d’Homère revisitée par Valérie Mangin et Dean Yazghi, les dieux sont plus que jamais présents pour faire basculer le destin des hommes. Cet album se veut dans la continuité des précédentes histoires des Chroniques de l’Antiquité Galactique. Mais pour les novices, pas d’inquiétude, il est tout à fait possible de se plonger dans cette pièce prévue en deux actes. Le dessinateur liégeois Dean Yazghi se voit ici offrir une chance de montrer son talent. Son trait très ciselé fonctionne parfaitement. Dans studio BD, il avoue s’être inspiré des statues grecques classiques et de leurs armures tout en ajoutant « une touche un peu science-fiction« .

La Guerre des Dieux aux éditions Soleil.

Scénario: Valérie Mangin.

Dessin: Dean Yazghi.

Au nom de la bombe: témoignages édifiants sur les essais nucléaires français

Par srosenfeld dans Non classé , le 1 février 2010 16h01 | Ajouter un commentaire

bombeIl existe des albums de BD un peu particuliers que l’on met bien en évidence sur sa bibliothèque pour interpeller l’invité curieux qui dévore votre rayon entre le fromage et la poire. « Au nom de la bombe » fait partie de cette catégorie. 

Signée par le journaliste Albert Drandov et le dessinateur brestois Franckie Alarcon, la BD retranscrit des témoignages sur les essais nucléaires en Algérie et en Polynésie Française. Plus qu’un récit illustré, il s’agit d’un véritable documentaire.

Pendant des dizaines d’années, la raison d’Etat et le secret militaire ont eu raison de ceux qui ont voulu raconter la vérité sur les dangers de ces expériences. Les conditions dans lesquelles la France s’est dotée de la bombe atomique restent aujourd’hui encore entourées de mystères. On estime à 150.000 le nombre de personnes qui ont participé, de près ou de loin, à cette «aventure». Mais le sujet demeure tabou.

Le 13 février marquera le 50e anniversaire du premier essai nucléaire. A cette occasion, le  journaliste Albert Drandov a mené un gros travail d’investigation. Durant un an, il a multiplié les rencontres avec des vétérans. Peu à peu, des langues se sont déliées. Il a accumulé documents et photographies inédites. Avec le dessinateur, Franckie Alarcon,  il en a fait une BD pour toucher un public large et notament les jeunes qui ne connaissent pas cette facette de l’Histoire. 80 pages pour 10 courts-métrages édifiants. A mettre entre toutes les mains.

Au nom de la bombe aux éditions Delcourt.

Scénario: Albert Drandov. Dessin: Franckie Alarcon.

Le Télescope: sexe, argent, amour et sexagénaires

Par srosenfeld dans Non classé , le 22 décembre 2009 17h28 | Un commentaire>

couv_99014Le créateur de XIII, Jean Van Hamme s’offre une récréation. Il propose une fable en milieu sexagénaire. A défaut d’un héros trentenaire et athlétique, le scénariste tire le portrait de 5 hommes à la croisée des chemins. Des copains unis par le manque d’ambition qui se sont fondus dans une vie banale. Ils ont tous autour de 60 ans et vivent médiocrement.

Et puis il y a ce télescope. Au bout de la lunette, une prostituée de luxe habituée à la grande vie. Un concours de circonstances va faire se rapprocher le club des cinq et la travailleuse du sexe. Leur objectif : voler un PDG riche et corrupteur.

L’auteur répète ses classiques: explication des rouages du monde économique, rebondissements et personnages bien campés. Si le savoir-faire est incontestable, personne ne croit vraiment à ces tontons losers devenus soudain des tontons flingueurs pour s’offrir les rondeurs de la belle. Les dessins de Paul Teng donnent du relief à ce récit qui se lit malgré tout avec plaisir. Du sexe, un peu d’immoralité, de la tendresse et de l’amour, le cocktail n’a pas si mauvais goût.

Le Télescope aux éditions Casterman. Scénario: Jean Van Hamme  Dessin: Paul Teng

Dieu en personne: Dieu au ban des accusés

Par srosenfeld dans Non classé , le 12 décembre 2009 15h43 | 2 commentaires

dieu-11Et si un jour Dieu vous apparaissait en chair et en os. Quelle serait votre réaction? Pour vous, serait-il Dieu ou un imposteur. Marc-Antoine Mathieu nous propose une réflexion ludique sur les thèmes de la création et de la perception de cette dernière.
Dans une file d’attente, un petit bonhomme attend patiemment son tour. Au moment de décliner son identité, il se présente sous le nom de « Dieu ». Il n’a pas de domicile, pas de papiers, ni de numéro de sécurité sociale. L’irruption de cette énigme métaphysique déclenche un phénomène médiatique majeur. Un procès géant est bientôt organisé contre ce « Coupable Universel ».
Depuis ses premiers albums, Marc-Antoine Mathieu porte un regard sage et sombre sur notre société empêtrée dans ses propres contradictions. Ici, tel un scientifique observant sa dernière découverte, il confronte notre monde à l’arrivée de Dieu. Son dessin en noir et blanc joue sur les cadrages et les perspectives pour donner une puissance visuelle à un récit teinté d’un humour pince sans rire.
Véritable réussite, cet album vient de recevoir le Grand Prix de la Critique 2010 de l’Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée.

Dieu en personne aux éditions Delcourt. Scénario et dessin: Marc-Antoine Matthieu.