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7 jours pour une éternité: le démon aime l’ange à la beauté sulfureuse

Par srosenfeld dans Aventure, contemporain, fantastique, générationnel , le 28 septembre 2010 17h25 | Ajouter un commentaire

7-joursUn jour, le romancier Marc Levy rencontre le scénariste de bd Eric Corbeyran (créateur notamment du « Chant des Stryges« ) lors d’un salon. Celui-ci lui explique avoir adoré son livre « 7 jours pour une éternité » . Il rêve d’en faire une adaptation. Fan de bd, l’auteur qui admire le travail d’Eric Corbeyran lui répond aussitôt « oui« . « Je lui ai laissé les clés de mon univers » m’explique Marc Levy dans Studio bd « sans aucun contrôle« .

Tout commence donc par un pari. Prenant acte de leur incapacité mutuelle à se vaincre, Dieu et Diable conviennent ensemble d’une épreuve décisive : ils dépêcheront chacun sur Terre leur plus grand champion, qui disposera de sept jours pour entrainer définitivement l’humanité du côté du bien ou du mal. Dieu choisit son meilleur ange, Zofia, une jeune femme irrésistible. Lucifer choisit Lucas, un démon mâle à la beauté sulfureuse. Lieu de l’épreuve : San Francisco, de nos jours. Mais voilà les deux élus tombent amoureux. Comme l’explique Marc Levy: « pour rester ensemble, ils doivent se faire virer ».

Le scénario reproduit fidèlement le roman de Marc Lévy.  Conçue en deux tomes, cette histoire d’amour ne tombe pas dans les travers du « roman à l’eau de rose ». Le rythme est bon et les personnages crédibles. Graphiquement, Espé, crée un univers cohérent et des mouvements dynamiques. Dans Studio bd, Marc Levy explique le plaisir qu’il a eu à découvrir le travail de recherche du dessinateur (des exemples sont visibles à la fin de l’album). Ce grand collectionneur de bd (« plus de 1000 » dit-il) explique qu’il « n’a jamais décrit un personnage dans ses romans ». « La liberté ultime du roman », dit-il, « est de laisser la capacité au lecteur d’imaginer ce qu’il veut ». Au final, le duo Corbeyran-Espé invente un album d’une redoutable efficacité. Les fans vont adorer.

7 jours pour une éternité aux éditions Casterman.

Scénario: Eric Corbeyran.

Dessin: Espé.

Game over: ça va de nouveau saigner

Par srosenfeld dans action, contemporain, générationnel, Humour , le 19 septembre 2010 07h48 | 2 commentaires

gameLe petit barbare revient pour de nouvelles aventures désopilantes et saignantes! Game Over n’est pas qu’une simple expression politique(mot utilisé pour annoncer la fin des négociations gouvernementales), c’est surtout une série dérivée de Kid Paddle qui connaît un succès sans cesse grandissant.

Une fois encore ce 5ème album propose un cocktail toujours aussi savoureux. Un petit héros particulièrement maladroit, une princesse stupide et des Blorks laids et vicieux. Entre idées farfelues, sauvetages ratés et massacres jubilatoires, les héros de Game Over passent constamment de vie à trépas. Une succession de gags courts, efficaces qui fonctionnent à merveille.

Comme l’explique Midam dans Studio bd, Game Over est un vrai défi. « On est dans du muet » dit-il. « Cela doit fonctionner comme une équation avec des petits a et des petits b ».  Ce nouveau recueil d’histoires courtes fourmille d’inventivité. Les zygomatiques fonctionnent à plein régime de 7 à 77 ans.

Midam m’explique d’ailleurs qu’il a trouvé un truc pour garder un « standard de qualité » dans son travail. Il fait appel aux internautes. Si l’histoire est bonne, il la récupère et rémunère l’auteur. Une façon originale d’établir un lien très fort avec son public comme il me le confie ci-dessous dans Studio Bd. Ce tome 5 est un excellent cru à partager en famille avec une sauce épicée.

Game Over, vol 5 aux éditions Mad Fabrik.

Scénario et dessin: Midam et Adam.

Europe Japon: au source du manga

Par srosenfeld dans action, Aventure, biographie, générationnel, Historique, manga , le 25 juillet 2010 15h45 | Ajouter un commentaire

japonLe manga est devenu depuis longtemps un phénomène de société. Au pays de Tintin, cela fait longtemps que les ventes des titres « made in Japan » battent des records. Mais loin de s’opposer le manga et la bd européenne sont de vieilles amies. Paul Herman propose de retracer leur histoire dans son livre « Europe Japon: regards croisés en bandes dessinées ». L’occasion de découvrir à travers de nombreuses illustrations à quel point les cultures japonaises et européennes se sont nourries l’une de l’autre. Des estampes japonaises du 19e siècle montrant l’arrivée des Occidentaux à la déferlante du manga dans les années 80, tout est dit ou presque.

J’ai invité Paul Herman dans Studio Bd pour évoquer avec lui ce lien étroit qui unit  Japon et Occident  en BD. C’est aussi et surtout l’occasion de mieux comprendre le « phénomène manga » auprès d’un spécialiste du genre.  Si les ados sont depuis longtemps friants du genre, de nombreuses personnes sont encore réticentes. Paul Herman explique que dans le manga « tout est codifié« . Il précise que chaque titre s’adapte à un public:  ados, adulte, fille, garçon etc.. Je vous conseille donc son interview et vous propose aussi quelques titres récemment sortis.

Europe Japon: regards croisés en bandes dessinées aux éditions Glénat de Paul Herman.

Frontier aux éditions Glénat. Thriller haletant assez violent.

Frontier aux éditions Glénat. Thriller haletant assez violent.

Freezing aux éditions Bamboo. Erotisme soft, action et SF.

Freezing aux éditions Bamboo. Erotisme soft, action et SF.

Dossier A aux éditions Delcourt. Intrigue à tiroir.

Dossier A aux éditions Delcourt. Intrigue à tiroir.

Le Petit Poilu: les 400 coups à la ferme

Par srosenfeld dans Aventure, conte, Enfants, générationnel, Humour , le 27 juin 2010 16h13 | Ajouter un commentaire

poiluRetour du Petit Poilu, le héros des enfants de 3 ans! Je vous en ai déjà parlé. Il s’agit d’une bd géniale destinée aux enfants. Pas de dialogue, seulement des cases magnifiquement dessinées et un scénario toujours aussi malin.  

Le Petit Poilu est un bonhomme avec un nez rouge qui s’inspire d’un écolier. Comme chaque matin, il part avec son cartable. Mais sur le chemin de l’école, il se retrouve happé par un nouvelle aventure. En l’occurence une moissonneuse batteuse… Il rencontre kramik ( d’où le titre de cet album), le chat de la ferme qui l’emmène faire les 400 coups.

Avec intelligence,  Céline Fraipont et Pierre Bailly, signent à nouveau un épisode qui  fait mouche. Tendre, prévenant, honnête et curieux, leur personnage du Petit Poilu est toujours aussi attachant.

Cette histoire qui se passe dans l’univers agricole est à emporter sur la route des vacances. Loin d’être « gnan gnan », ce récit joue sur l’opposition entre un Petit Poilu un peu naïf et un chat antipathique qui cache pourtant une grande solitude. Les connaisseurs ne vont pas être déçus. Pour les autres, il est plus que temps de faire cette découverte.

Le Petit Poilu, Kramik la canaille aux éditions Dupuis.

Scénario: Céline Fraipont.

Dessin: Pierre Bailly.

Nous ne serons jamais des héros: après la « beat generation », les anti-héros

Par srosenfeld dans Aventure, contemporain, générationnel , le 27 juin 2010 11h15 | Ajouter un commentaire

68Chômeur patenté, sans réel horizon, Mick glande sur son canapé en attendant que la vie devienne exaltante. Le seul événement qui vient briser la monotonie de sa vie est le décès de sa grand-mère. Une occasion non désirée de renouer le contact avec son père, un homme devenu extrêmement acariâtre depuis l’accident qui, 25 ans plus tôt, l’a laissé grabataire et veuf. Aussi, Mick est-il un peu surpris lorsque son géniteur lui propose de le payer pour l’accompagner autour du monde, sur les chemins de la nostalgie, des souvenirs et des rêves déçus.

Vos parents ont vêcu mai 68, de près (manif, beatnik ) ou de loin (en devenant les premiers clients de la société de consommation) mais vous…vous êtes né après. La génération post-1970 est celle du chômage, du sida et de la fin des idéaux. Je la connais bien, je suis né en 1975. 

Comme le dit, l’un des personnages de cet album, assez vulgairement, « où sont passés nos couilles? ». Facile à dire lorsque l’on a vécu à l’heure du plein emploi et de la révolution sexuelle me direz-vous. 

Cette histoire illustre avec intelligence les différences entre des générations qui s’aiment mais peinent à se comprendre. Un récit parfaitement mis en image. L’occasion de se poser quelques questions au lieu d’attendre un hypothétique « grand soir » ….

Nous ne serons jamais des héros aux éditions Le Lombard.

Scénario: Olivier Jouvray.

Dessin: Frédérik Salsédo.