fantastique

Billy Brouillard: le héros qui résonne en nous

Par srosenfeld dans Aventure, Enfants, fantastique, graphisme, Humour , le 11 novembre 2012 15h10 | Ajouter un commentaire

« Billy Brouillard » est une série hors du commun qui invente un nouveau lexique graphique pour vous emporter dans son imaginaire. Guillaume Bianco, son auteur, cache, derrière sa nonchalance affichée, un esprit vif et un savoir encyclopédique qui trouve dans le 9ème art une nouvelle forme d’exutoire. Il faut avoir dans les mains un de ses « objets » (la bd fait près de 130 pages) pour comprendre que l’on a à faire à quelque chose de très spécial. « Il n’y rien de plus triste que de perdre son imaginaire » m’explique l’auteur. « La vie est faite d’expériences visibles ou invisibles » ajoute-t-il.

Billy Brouillard n’est pas un garçon comme les autres. Lorsqu’il enlève ses lunettes, il voit des choses extraordinaires que ne perçoivent pas les adultes, il a un don de « trouble vue ». Une faculté qui l’empêche quelque fois de vivre sa vie comme les autres, alors dans ce troisième opus, il préfère remettre ses lunettes.  L’occasion pour lui de profiter pleinement de ses vacances  au bord de la mer chez Mémé Sardine. Il fait une rencontre curieuse avec une fillette de son âge au caractère bien trempé qui se prétend une sirène! Elle s’appelle Prune et ne cesse de vouloir réveiller l’imaginaire de Billy, jusqu’ici en vain. Mais voilà que Prune est enlevée par des monstres aquatiques ! Retenue prisonnière dans les abysses infernaux, ses heures sont comptées… Billy commence à ressentir un « je ne sais quoi » pour la belle, un sentiment qui s’appelle l’amour. De quoi vous donner envie de redevenir un héros.

Le chant des sirènes se lit de plusieurs façons. Soit de la première à la dernière page, soit en le feuilletant au hasard, soit en choisissant des thèmes graphiques. Car cet album est aussi bien un conte illustré qu’une bd classique. Guillaume Bianco alterne les histoires courtes avec de petites anecdotes, des fiches pratiques, des extraits de journaux, diverses informations sous forme de planches explicatives (séduire une fille…) et des poèmes. Mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce mélange hétéroclite possède une véritable cohérence et a le mérite de faire fonctionner les méninges. « J’essaie de garder l’émerveillement de l’enfance dans mon quotidien ».  Billy Brouillard résonne comme le héros qui sommeille en vous (en nous), lointain (proche) souvenir de notre enfance.

 Billy Brouillard, t3 aux éditions Soleil.

Scénario et dessin: Guillaume Bianco.

La Complainte des Landes Perdues: une réussite de la première à la dernière page

Par srosenfeld dans action, Aventure, fantastique, graphisme, Heroïc Fantasy, Historique , le 5 juillet 2012 15h26 | Ajouter un commentaire

9782505013877-couv-i400x523Cela fait 4 ans que les fans attendent avec impatience la suite du deuxième cycle de la « Complainte des Landes Perdues« . Et leur attente ne va pas être déçue. « C’était no limit au niveau de l’imagination » me raconte le dessinateur Philippe Delaby avec malice. De l’aventure donc avec un grand A.

Nous avions laissé notre héros, le jeune Seamus en pleine transformation, le novice était devenu par la grâce de la Fée Sanctus un Chevalier du Pardon. Mais cela avait conduit au sacrifice de celle-ci qui semble s’être réincarnée ailleurs mais où. La quête se poursuit donc pour Seamus alors que ses compagnons tentent de leur côté de comprendre quelles sont les forces du Mal qui tentent de reconquérir leurs territoires sauvages. L’un des plus dangers se nomme le Guinea Lord, un être sanguinaire et sans faille… La lutte prend désormais une dimension épique.

En reprenant la suite de son univers crée au départ avec Rosinski, Jean Dufaux tentait le pari de maintenir la qualité exceptionnelle qui avait fait le succès du premier cycle de la « Complainte des Landes Perdues » avec son héroïne Sioban. Un défi qu’il avait décidé de relever avec son complice Philippe Delaby, le dessinateur de Murena, son autre série phare. Plus riche, plus sombre, plus complexe, l’intrigue a gagné en intensité. Le graphisme est de toute beauté aussi bien dans les détails des visages des personnages (hommes, fées ou monstres) que dans la richesse des décors des nombreux paysages. Le rythme est intense et il est clair que des questions sont sans réponse même si des clés apparaissent peu à peu. « Nous sommes comme deux ados » m’avouent le dessinateur qui dit avoir eu un plaisir fou sur cet album. Un enthousiasme qui transparaît à chaque page de ce tome 3 qui est une réussite de la première à la dernière page.

La Complainte des Landes Perdues, t3, la Fée Sanctus aux éditions Dargaud.

Scénario: Jean Dufaux.

Dessin: Philippe Delaby.

De Cape et de Crocs: tombé de rideau

Par srosenfeld dans action, Aventure, fantastique, voyage , le 13 mai 2012 15h56 | Ajouter un commentaire

t10Dernier acte de la série « De Cape et de Crocs » dont le succès ne se dément pas au fil des ans. Et pourtant, lorsque le premier album sort en 1995, le pari est pour le moins risqué: inventer une nouvelle forme de BD qui s’inspire du théâtre classique. « Nous étions parti pour faire une histoire en trois tomes comme dans une pièce » me raconte Alain Ayroles et puis « nous nous sommes rendus compte que cela ne suffirait pas ». Il faut dire, qu’en plus de nos deux héros, un loup andalou et un renard, la galerie de personnages est particulièrement riche et iconoclaste à l’image du lapin Eusèbe.

Sans revenir sur toute l’histoire, disons que tout commence avec une chasse au trésor, se poursuit dans des geôles puis vogue de galère en galères jusque sur la Lune! Dans ce tome 10, les aventuriers Don Lope, Maupertuis et Eusèbe croisent de nouveau la route de l’ignoble Mendoza. Amour, rebondissements, coups de théâtre et duels sont au rendez-vous. Nos gentilshommes vont devoir aller au bout d’eux mêmes.

Toujours aussi dense, ce récit maintient son rythme infernal comme dans les grandes pièces de Comedia del’arte. L’inventivité graphique de Jean-Luc Masbou fait merveille.  « Nous avons fait en sorte que ce soit le plus fluide possible » me précise Alain Ayroles. Et cela fonctionne.  Ce tombé de rideau ne déçoit pas et conclu une des séries les plus abouties de ces dernières années. Les auteurs prévoient de publier une dernière aventure indépendante consacré au lapin Eusèbe et puis ce sera le point final de cette épopée.

De Cape et de Crocs, t10 aux éditions Delcourt.

Scénario: Alain Ayroles.

Dessin: Jean-Luc Masbou.

Quelques pas vers la lumière: une femme prédestinée à l’aventure

Par srosenfeld dans action, Aventure, fantastique, policier , le 28 avril 2012 08h43 | Ajouter un commentaire

72736525Bruno Marchand signe le grand retour de son étrange héroïne découverte dans sa première trilogie. Une jeune femme sensible aux « signes » qui vous entraîne dans les aventures les plus extraordinaires. Et un fois encore, son père disparu sert de détonateur à un nouveau cycle.

Tout commence en 1939. L »archéologue Stuart Flint, découvre de magnifiques cristaux dans les profondeurs glacées des cavernes du Groenland. Il les confie à un bâtiment qui vogue vers l’Angleterre, adressés à plusieurs confrères, dont Simon Bell, le père de Marianne, pour en étudier les singulières propriétés. Mais à la veille de l’entrée en guerre du Royaume Unis avec l’Allemagne, tous les hommes sont immédiatement mobilisés. Flint, affecté à la Royal Navy, sombre peu après avec son bâtiment éventré par une torpille, alors qu’il tentait de sauver d’autres cristaux cachés dans sa cabine….

« Pour le premier cycle que j’ai mis 16 ans à éditer, tout était déjà détaillé dans un storyboard complet, mais là  je n’ai rien écrit, tout est dans ma tête » m’explique Bruno Marchand dans mon studio. L’auteur n’en revient pas de pouvoir poursuivre les aventures de Marianne sans contrainte après des années de galère. Avec son dessin « à la ligne clair » dans l’esprit d’un Edgar P. Jacobs , il poursuit son œuvre avec élégance. Son personnage principal est une femme curieuse et moderne plongée dans des années 50 fortement marquées par la Seconde Guerre Mondiale. Avec son compagnon de route (ancien ami de son père, pilote et héritier qui gère en dilettante sa fortune), Marianne continue de voyager à travers le monde. En toile, il y a toujours cette obsession de Bruno Marchand pour la quête qu’elle soit intérieure, spirituelle ou semi-fantastique.

« J’ai voyagé pendant 20 ans pour trouver quelqu’un afin d’avoir une réponse à une question » et « je l’ai trouvée » me dit le scénariste. Une recherche personnelle proche de celle de Marianne. L’homme croit à l’existence d’éléments étranges qui peuvent faire basculer un destin. Dans ce quatrième tome, il emmène le lecteur jusqu’à Moscou. « J’ai pris le transsibérien, il y a des années et cela m’avait fortement marqué » m’avoue-t-il. Cette BD se lit avec plaisir. La densité des textes ne gêne pas l’avancée du récit qui mélange scènes de guerre et d’autres plus intimistes. Une réussite.

Quelques pas vers la lumière,t4 aux éditions Soleil.

Scénario et dessin: Bruno Marchand.

Nu-Men: un super héros dans une Europe ultralibérale

Par srosenfeld dans action, fantastique, graphisme, policier, science fiction , le 30 mars 2012 15h21 | Ajouter un commentaire

album-cover-large-14974L’Europe de demain sera-t-elle celle de « Nu Men »?  Espérons que non mais le doute est là. Nous sommes au environ de 2050. Des bouleversements climatiques ont rayé de la carte l’Amérique du Nord et ont ravagé l’Afrique.  Le néolibéralisme s’est imposé comme la seule doctrine politique mondiale, creusant de façon démesuré l’écart entre riches et pauvres. La colère gronde et les manifestations de la population se multiplient. Appelée pour contenir une émeute urbaine, la brigade d’intervention du sergent Anton Csymanovic doit faire face à l’effondrement d’un immeuble vétuste.

Alors que le soldat de l’armée européenne sauve une jeune fille in extremis, un objet lumineux apparaît au-dessus des ruines. Tous ceux qui ont été irradié par les rayons sont enlevés par une officine gouvernementale et emmenés dans un bunker isolé. Anton Csymanovic devient une attraction médiatique. Il en vient à penser que cette effervescence politique et ces troubles sociaux masquent en fait une étrange affaire dans laquelle il est désormais directement impliqué…

« Le monde Nu-Men est simplement le monde que j’observe » m’explique Fabrice Néaud. Une façon de bien rappeler que cette BD, qui joue sur les registres classiques de la SF, du complot gouvernemental et des nouvelles technologies, est avant-tout une critique acerbe des dérives de notre quotidien. Un univers d’une grande densité où les références pullulent: des super héros aux séries télévisés anglo-saxonnes en passant par l’esthétique « queer ».

Mais l’auteur n’oublie pas que pour conquérir, il faut séduire. Son monde « barré » est amplifié par un graphisme puissant avec des scènes spectaculaires. Néaud s’amuse à faire de son héros une caricature. Look de  bodybuildeur et visage de nounours.  Il semble traduire physiquement l’impression de perte de sens qui existe aujourd’hui dans notre société.

« Je m’amuse en intérieur de couverture à donner le programme politique d’un parti qui ressemble à celui du FN » me dit Fabrice. Un choix pensé par l’auteur pour encadré son récit. Car au-delà de l’enquête sur la création de surhomme, Nu-Men parle de nationalisme, d’homophobie, de racisme, et de dérive sécuritaire. « L’idée d’une prédestination à la wasp à l’américaine me terrifie » ajoute le scénariste. Avec ses dialogues ciselés et son ton résolument offensif, Nu-Men est une BD qui séduit autant qu’elle dérange. Une seconde lecture est nécessaire pour bien maitriser les enjeux du premier tome de cette ambitieuse série.

Nu-Men aux éditions Soleil

Scénario et dessin: Fabrice Néaud.

Une bien belle nuance de rouge: conte gothique

Par srosenfeld dans action, Aventure, contemporain, fantastique, vampire , le 30 mars 2012 15h12 | Ajouter un commentaire

une-bien-belle-nuance-de-rouge-1« Au départ j’avais envie de faire une histoire entre une ado mal dans sa peau et un vampire et puis ça a vachement évolué » m’avoue Mauricet. Et tant mieux. Car l’auteur habitué à la BD comique se lance ici dans une aventure très personnelle et donne le meilleur de son talent. Dès la première page, on est séduit par son graphisme élégant. Et pourtant notre héroïne est loin d’être un « canon ».

Garance est un peu ronde et comme toutes les filles de 16 ans, elle se sent moche. Mais ce qui l’affecte le plus, ce n’est pas son physique mais le manque d’affection de son père . Depuis la mort de sa mère, Garance est en effet livrée à elle-même, son père étant souvent absent et ne cherchant pas à comprendre ses états d’âmes. Avec son look gothique, Garance tente de donner le change.  Mais sa rencontre, dans un cimetière, avec un homme beaucoup plus âgé, au teint blafard et vêtu d’un long manteau noir, va faire basculer son destin…

Loin de tomber dans les clichés des mauvais films d’épouvante, Mauricet  joue avec ses codes. Garance ne part pas en courant à la vue d’Ambroise (l’homme étrange) mais au contraire trouve chez lui « un quelque chose de spécial plutôt séduisant ». Mais attention pas de bluette à la « twilight », le scénariste veut surtout à travers son histoire rendre hommage à son goût pour le gothique.

« J’aime le romantisme noir » m’explique l’auteur dans mon studio. Grand amoureux de Stendhal, il intègre tout au long de son récit des extraits du roman « Le Rouge et le Noir ». Si l’histoire de Garance est sombre, il y a régulièrement tout au long du récit, des petites touches sarcastiques  qui évitent de plomber l’ambiance. Le coup de crayon de Mauricet donne à « cette bien belle nuance de rouge » un décor spectaculaire. Une belle surprise.

Une bien belle nuance de rouge aux éditions Bamboo.

Scénario et dessin: Mauricet.

Masqué: un super héros européen

4914_c« Le super héros européen existe, il a disparu durant la Seconde Guerre mondiale pour se créer aux États-Unis, il s’agit désormais de le réveiller » me lance Serge Lehman dans mon studio. Le scénariste de Masqué ne cache pas une certaine ambition. Plutôt que de recycler le mythe sous influence américaine, il utilise les racines de l’histoire européenne pour inventer son propre super héros. Inspiré par la noirceur du Fantomas original et non par la caricature cinéma des films de De Funès, l’auteur plonge le lecteur dans un Paris futuriste mais graphiquement encore proche de celui qui existe aujourd’hui. Au cœur de cette histoire, un soldat.

Blessé au cours d’une mission dans le Caucase, le sergent Frank Braffort regagne Paris après six ans d’absence. Il découvre une ville en pleine mutation orchestrée par le Préfet Beauregard : Paris-Métropole. Une ville où le gigantisme rétro fait fureur et où se multiplient les anomalies, évènements mystérieux que nul ne peut expliquer. Cela va de l’apparition du surfeur d’argent à la projection la nuit d’une image gigantesque d’un homme masqué habillé en dandy en passant par des êtres mécaniques… Des forces étranges semblent en action sans que personne ne comprenne leur objectif ni leur évolution. Braffort semble connecté à ces éléments  au point de le transformer…

« La puissance des Etats-Unis est née de l’aviation et naturellement ses super héros trouvent leur place dans les airs, la France, elle, trouve sa force dans son histoire, ses fondations, ses super héros ne peuvent naitre que du sous-sol » me raconte Serge Lehman. Et effectivement le récit nous entraine dans les égouts de Paris. Mais cela n’est qu’une étape. Le scénariste réussit dès les premières planches à susciter  la curiosité. Aidé par le graphisme très réaliste et précis de Stéphane Créty, il construit une histoire crédible. Cela va très vite. Les personnages, les situations, le mode de vie, les anomalies. De quoi demander une seconde lecture pour apprécier toute la richesse de l’univers qui se met en place. Ce premier tome d’une série qui doit en compter quatre est sans conteste à la hauteur des ambitions de ses auteurs. L’évènement de ce début d’année.

Masqué aux éditions Delcourt.

Scénario: Serge Lehman.

Dessin: Stéphane Créty.

Le royaume de Borée: au-delà de la frontière de l’homme civilisé

Par srosenfeld dans Aventure, fantastique, Historique , le 3 novembre 2011 09h57 | Ajouter un commentaire

ROYAUME DE BOREE 01 - C1C4_ok2.inddAprès Les sept cavaliers, Jacques Terpant continue d’explorer l’univers de l’écrivain Jean Raspail, 86 ans, dont le thème favori est la confrontation des civilisations. L’occasion de partir une nouvelle fois sur les traces de la famille Pikkendorff et de retrouver de magnifiques paysages.

Nous partons loin, très loin, aux confins de l’Europe septentrionale. Là il existe une frontière que des géographes inventifs ont nommé bordure pour devenir au fil des ans, borée. Un matin de 1658, Oktavius de Pikkendorff, un jeune noble désargenté, se présente au Grand Duc de Valduzia, August III,. Il lui propose ses services. Le Prince souverain lui offre alors le commandement militaire de Ragen, une bourgade de 3000 âmes à la frontière-Est du territoire. Oktavius compte bien aller à la découverte de ce monde inconnu fidèle à la devise de sa famille: « Je suis d’abord mes propres pas ».

Dès les première pages, Jacques Terpant, nous emmène dans un monde sauvage et mystérieux. Son sens du détail et sa maîtrise des couleurs font merveille pour nous immerger dans une immensité où la nature fait loi. Le récit est une adaptation fidèle du roman de Jean Raspail qui va au fil des albums nous fait parcourir les siècles jusqu’au Mur de Berlin. « J’aime la nature, je ne suis pas à l’aise dans un deux pièces cuisine » me raconte  le scénariste dans mon studio. Une bd aussi élégante dans la forme que dans le fond où souffle l’esprit des grands explorateurs.

Le Royaume de Borée, t1 aux éditions Delcourt.

Scénario: Jean Raspail et Jacques Terpant.

Dessin: Jacques Terpant.

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Zombillénium 2: on n’embauche que les monstres

Par srosenfeld dans action, Aventure, fantastique, Humour, vampire , le 16 octobre 2011 17h24 | Ajouter un commentaire

couverture_bd_9782800150543Il y a un peu plus d’un an, Arthur De Pins, le créateur de « Zombillénium » avait très peur lorsqu’il s’était lancé dans cette série détonante.Mais aujourd’hui, le voilà rassuré. L’auteur a trouvé son public et ce deuxième tome continue d’explorer avec intelligence cet univers pour le moins décalé.

Et cela commence fort. La guerre est déclarée entre le parc « Zombillénium » et les habitants des villages environnants. Les murs de l’enceinte se retrouvent tagés de menaces explicites. La raison est simple. Dans une région sinistrée où le chômage frôle les 25 %, les autochtones acceptent mal le succès de la plus grande infrastructure « touristique » qui n’embauche que des… morts! Heureusement que le curé des paroisses du coin et le PDG vampire sont des « amis » sinon où irions-nous, sinon en enfer…

Vous l’avez compris, l’humour « so british » d’Arthur De Pins joue au maximum des décalages pour créer une histoire à la fois cohérente et farfelue. Le scénariste pimente son récit en introduisant dans le parc une femme aussi « monstrueuse physiquement qu’humainement ». Le graphisme sophistiqué conçu à partir d’ordinateurs est toujours bien fait. A  la veille d’Halloween, cette BD est le livre de chevet idéal. Et pour aller plus loin, je vous invite à écouter mon interview du créateur de « Zombillénium » dans mon studio numérique. Ça va saigner!

Zombillénium, t2 aux éditions Dupuis.

Scénario et dessin: Arthur De Pins

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Dracula, l’Immortel: tueurs de vampires et nymphomanes

Par srosenfeld dans action, fantastique, plus de 16 ans, sexe, vampire , le 16 octobre 2011 17h21 | Ajouter un commentaire

album-cover-large-13503Et revoilà, une nouvelle Bd sur Dracula me direz-vous. Oui et non.  S’il s’agit bien d’une adaptation d’un livre, ce n’est pas celui de Bram Stocker dont nous parlons mais de sa suite, romancée en 2009 par l’arrière-petit neveu de l’écrivain, Dacre Stocker épaulé par Ian Holt.

Nous sommes en1912. Vingt-cinq ans après avoir détruit le vampire en Transylvanie, ceux qui ont mis un terme à son sanglant parcours sont dispersés de par le monde, et souvent perturbés par l’aventure hors du commun qu’ils ont vécue et partagée. Or voilà qu’une mort inexpliquée devant un théâtre parisien, puis un deuxième assassinat d’une effroyable cruauté au cœur de Londres semblent tout remettre en cause. Du Quartier latin à Piccadilly Circus, l’ombre du prince des ténèbres semble à nouveau planer…

Cette suite inventée par Dacre Stoker s’appuie sur des notes retrouvées par la famille. Comme me l’explique dans Studio BD le scénariste Michel Dufranne, « le succès du roman a dépassé les Stoker qui avaient envie de reprendre la main sur l’héritage de cette œuvre majeure de la littérature fantastique « . Nous retrouvons une nouvelle génération de chasseur de vampires chargée de procéder à un nouveau nettoyage en règle. Un récit dense et graphiquement spectaculaire. Pour cette plongée horrifique, Michel Dufranne s’associe à Piotre Kowalski, dessinateur polonais qui réalise ici sa première expérience en BD.

Ces créatures, jeunes femmes sexy et nymphomanes font froid dans le dos. Les encrages qui jouent sur les scènes semi-obscures proposent un opposition rouge sang et noir efficaces. Il faut néanmoins s’accrocher car les informations sont nombreuses. « Je pari sur l’intelligence du lecteur » me dit Michel Dufranne et « le fait qu’il connaisse déjà le livre de Bram Stoker ». Ce premier tome d’une trilogie constitue une bonne surprise au milieu des nombreuses productions qui sortent sur ce thème actuellement. A découvrir.

Dracula, l’Immortel, aux éditions Casterman.

Scénario: Michel Dufranne.    Dessin: Piotre Kowalski

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