ésotérisme

Djinn: l’érotisme au coeur du pouvoir

Par srosenfeld dans Aventure, érotisme, ésotérisme, fantastique, Historique, plus de 16 ans , le 29 novembre 2010 14h06 | Ajouter un commentaire

couv_1159531Après le harem ottoman et la magie de l’Afrique noire, « Djinn » nous donne rendez -vous en Inde dans un nouveau lieu interdit, le « pavillon des plaisirs ». Il s’agit du troisième cycle de cette magnifique série érotico historique dont on ne se lasse pas. Une fois encore Jean Dufaux et sa complice dessinatrice Ana Mirallès nous offre une histoire haute en couleurs et en chaleurs…

Jade est invitée par la mère du Maharadjah pour une mission délicate. Elle souhaite que celle-ci déploie tout son talent de « Djinn » pour s’occuper de la future femme de son fils, fille d’un chef rebelle opposé à la domination britannique et au pouvoir en place. Jade reçoit alors la clé du « Pavillon des plaisirs » où se trouve un harem avec des femmes expertes dans l’art de donner du… plaisir. Mais une étrange malédiction semble habiter le lieu.

Les auteurs tissent une nouvelle intrigue passionnante avec en toile de fond, la naissance des premiers mouvements de résistance contre l’Empire des Indes britanniques. Gandhi et d’autres commencent à faire parler d’eux. Mais ici, comme me l’explique Jean Dufaux dans Studio Bd « tout se passe par les corps, sur les peaux ». A travers des scènes sensuelles mais jamais gratuites, il crée un récit sophistiqué. Le dessin d’Ana Mirallès est une merveille de délicatesse et d’érotisme assumé. Les décors sont minutieux, remplis de détails mais sans surcharge. Les couleurs sont parfaitement choisies. « Les situations érotiques ne sont jamais dominées par Jean Dufaux ou Ana Mirallès » m’avoue le scénariste. L’esprit du « Djinn » semble dominer le duo qui nous offre ici encore une belle et intense expérience.

Djinn, t10, nouveau cycle, aux éditions Dargaud.

Scénario: Jean Dufaux.

Dessin: Ana Mirallès.

 

Le Troisième Testament: à la découverte du prophète oublié

Par srosenfeld dans action, Aventure, ésotérisme, fantastique, Historique , le 29 novembre 2010 10h14 | Ajouter un commentaire
juliusAprès les ténèbres du Moyen Âge, les auteurs du « Troisième Testament » vous emmènent là où tout a commencé… au début de la chrétienté.   Le Troisième Testament est resté dans les mémoires tant cette série avait su avec intelligence mélanger la tradition de la bd historique avec des concepts plus ésotériques. Un avant-gout à la déferlante qui arrivera peu après avec le succès du « Da Vinci Code » et consorts.
Mais cette fois-ci, Alice et Dorisson s’associent avec un « petit nouveau », le dessinateur Robin Recht. Si le graphisme reste dans l’esprit des tomes précédents, il y a néanmoins une rupture, façon de montrer aussi que ce « Julius livre1 » est un nouveau cycle indépendant du premier.
Sept ans après ce succès public  les scénaristes remontent aux sources de la légende, sur les traces de leur prophète oublié : Julius de Samarie.

Cet homme aurait reçu la parole de Dieu, et l’aurait cachée aux yeux des hommes. Voilà ce que racontent d’obscures légendes médiévales… La réalité est plus fantastique encore. Nous sommes trente ans après la mort du Christ. Julius s’appelle encore Julius Publius Vindex. Il est général, légat de Rome, persécuteur de juifs et de chrétiens. Comment cet homme, qu’on nomme « le Boucher d’Alexandrie », va-t-il devenir le prophète de la légende ? Au moment où la Judée s’apprête à se soulever contre Rome dans une guerre qui va changer le monde à jamais, quel sera le rôle de Julius dans l’avènement du messie qu’annoncent les écritures depuis le commencement des temps ?

Dès l’introduction, le récit plonge le lecteur dans la Rome des meilleurs péplums. Julius dont le physique s’inspire « de Marlon Brando », comme me l’avoue Robin Recht dans Studio BD, est un homme aussi puissant physiquement que sûr de sa destinée: dominer les plus faibles. Face à lui, les premiers chrétiens et un être mystérieux aussi doux et calme que Julius est rugueux et colérique. Les coups de théâtre sont légion. Le rythme est intense et le dessin généreux. Il y a un peu de l’esprit de films comme « Gladiateur » et surtout « Ben Hur ». Robin Recht m’explique dans Studio BD qu’il a crée « une Rome qui mélange véracité historique et imaginaire collectif ». « Julius livre 1 » va trouver une belle place devant le sapin.

Troisième Testament, Julius Livre 1, aux éditions Glénat.

Scénario: Alex Alice et Xavier Dorisson.

Dessin: Robin Recht.


Aspic, détectives de l’étrange: médiums et meurtres dans le Paris du XIXème

Par srosenfeld dans Aventure, ésotérisme, Historique, policier , le 30 avril 2010 16h58 | Ajouter un commentaire

aspicUne médium aux pouvoirs étranges disparaît. Deux globes oculaires sanguinolants comme seul indice. L’affaire est grave.  Kathy Wuthering , la plus célèbre des voyantes parisiennes que consultait le tout-Paris de ce XIXe siècle est introuvable.  S’agit-il d’un meurtre? Pour comprendre ce qui s’est passé, les autorités engagent Auguste Dupin, fin limier et scientifique pointilleux. Cet enquêteur spécialiste des phénomènes étranges a de faux airs de Sherlock Holmes.  Il va devoir s’associer avec son extravagante assistante, Flora Vernet, futée et impulsive. Le maître, qui préfère d’habitude  agir en solitaire,  se trouve contraint de supporter l’enthousiasme débordant d’un disciple qu’on lui a mis dans les pattes.

L’histoire d’un duo improbable sur fond de complot, de société secrète et d’ésotérisme, semble du déjà vu. Mais Aspic réserve une très agréable surprise par rapport à d’autres tentatives précédentes. Le scénario tient la route et se révèle malin.  Thierry Gloris n’associe pas de suite les deux héros. Chacun suit une piste. Deux intrigues parallèles qui permettent d’élargir la description des bas-fonds d’une capitale en pleine modernisation. Flora, l’apprentie, affronte le machisme d’un monde où les femmes restent à la maison. Tout au long du récit, des répliques qui font mouches apportent du piquant à des passages obligés comme la découverte de la confrérie des vilains, la « Coterie des camelots du crime ».

Le dessin de Jacques Lamontagne est magnifique. Un vrai bonheur pour les yeux. Le trait est stylisé et la balade dans les quartiers de la capitale se savoure. Le réalisme et la précision de chaque case dynamise le récit et évite la lourdeur. L’ensemble demeure tout à fait vivant et la maîtrise des couleurs relève du tour de force (le travail sur la lumière des bougies est superbe).

Cette entrée en matière laisse espérer de grandes choses. les amateurs de belles images, d’intrigue bien ficelée, de fantastique et de divertissement vont adorer. Le tout sans trop se prendre au sérieux. Bravo.

Aspic, détectives de l’étrange aux éditions Quadrants.

Scénario: Thierry Glorys.

Dessin: Jacques Lamontagne.