conte

Le Royaume: le bon roi est un usurpateur

Par srosenfeld dans Aventure, conte, Humour , le 14 octobre 2010 17h51 | Ajouter un commentaire

prinIl était une fois un royaume paisible oublié par ses puissants voisins et leurs guerres incessantes. Les habitants y vivaient heureux et chaque jouissaient de ce que leur offraient la terre et le ciel. Mais attention aux apparences. Benoit Féroumont s’amuse à jouer avec les codes des contes de fées et les clichés pour raconter une histoire bien moins innocente qu’elle n’y paraît.

Après un premier tome remarqué qui nous faisait découvrir des personnages hauts en couleurs, l’auteur décide d’accélérer la cadence. Il nous concocte une aventure trépidente ponctuée par les réflexions moqueuses d’oiseaux philosophes. Tout commence par un enlèvement. Le frère du roi (jusqu’ici enfermé dans une geôle du château) vient de kidnapper la princesse Cécile avec de biens mauvaises intentions. Il faut organiser le sauvetage de la dame. Voilà peut-être l’occasion pour François de marquer quelques précieux points auprès de la belle Anne, qui ne cesse de repousser ses avances ?

Benoît Féroumont continue avec intelligence à explorer les multiples façettes de son Royaume. De nouvelles têtes font leur apparition, notamment Jean-Michel, l’archétype du chevalier un peu trop beau et imbu de sa personne. L’auteur m’avoue dans Studio BD qu’il s’inspire souvent des membres de sa famille. « Jean-Michel, c’est un peu mon cousin » me dit-il avec malice. Au final, ce récit enlevé, baigné d’une tendre ironie, est un vrai plaisir de lecture. Une bonne bd à placer dans la bibliothèque familiale.

Le Royaume,t2 aux éditions Dupuis.

Scénario et dessin: Benoit Féroumont.

Chambres noires: un univers attachant à la Tim Burton

Par srosenfeld dans conte, fantastique, Historique, Humour , le 31 juillet 2010 11h14 | Ajouter un commentaire

chambresParis, 1877. Dans le studio de « photographie fluidique » de la famille Pénouquet, des bourgeois s’entretiennent avec leurs parents défunts puis posent en leur compagnie. Ce n’est bien sûr qu’un trucage : Louise et Tristan, les jumeaux adoptifs de la maison, se griment en spectres pour tromper les clients.

Mais un jour, le visage d’un vrai fantôme apparaît sur les clichés. Au même moment, les jumeaux sont enlevés par une obscure confrérie royaliste, la Salamandre. Quel lien établir entre cette disparition et l’intrus surnaturel sur les photos ? La famille Pénouquet mène l’enquête !

Ceux qui apprécient l’univers du réalisateur Tim Burton vont être comblés. Ce premier album des « Chambres noires » se distingue des autres productions avec son ton particulièrement décalé. Le scénario multiplie les rebondissements rocambolesques tout en rendant les personnages attachants.  Il y a un petit côté  « famile Adams »  chez les Pénouquet.

Loin des codes graphiques classiques, le dessin propose  des « gueules » comme les caricatures du XIXème et des décors très détaillés. Cette bd ne se dévore pas mais se déguste progressivement. Il faut rentrer dedans en douceur. Et comme dit le proverbe, l’appétit vient en mangeant.

Chambres Noires, t1 aux éditions Vents d’Ouest.

Scénario: Olivier Bleys.

Dessin: Yomgui Dumont.

Le Petit Poilu: les 400 coups à la ferme

Par srosenfeld dans Aventure, conte, Enfants, générationnel, Humour , le 27 juin 2010 16h13 | Ajouter un commentaire

poiluRetour du Petit Poilu, le héros des enfants de 3 ans! Je vous en ai déjà parlé. Il s’agit d’une bd géniale destinée aux enfants. Pas de dialogue, seulement des cases magnifiquement dessinées et un scénario toujours aussi malin.  

Le Petit Poilu est un bonhomme avec un nez rouge qui s’inspire d’un écolier. Comme chaque matin, il part avec son cartable. Mais sur le chemin de l’école, il se retrouve happé par un nouvelle aventure. En l’occurence une moissonneuse batteuse… Il rencontre kramik ( d’où le titre de cet album), le chat de la ferme qui l’emmène faire les 400 coups.

Avec intelligence,  Céline Fraipont et Pierre Bailly, signent à nouveau un épisode qui  fait mouche. Tendre, prévenant, honnête et curieux, leur personnage du Petit Poilu est toujours aussi attachant.

Cette histoire qui se passe dans l’univers agricole est à emporter sur la route des vacances. Loin d’être « gnan gnan », ce récit joue sur l’opposition entre un Petit Poilu un peu naïf et un chat antipathique qui cache pourtant une grande solitude. Les connaisseurs ne vont pas être déçus. Pour les autres, il est plus que temps de faire cette découverte.

Le Petit Poilu, Kramik la canaille aux éditions Dupuis.

Scénario: Céline Fraipont.

Dessin: Pierre Bailly.

Le chat qui courait sur les toits: le Chat-Botté revisité

Par srosenfeld dans conte, Enfants, fantastique, Historique , le 19 mai 2010 07h03 | Ajouter un commentaire

couverture_bd_9782803625789La collection Signé du Lombard offre très régulièrement de petites pépites. Le chat qui courait sur les toits en fait partie. Cette libre interprétation du Chat-Botté de Charles Perrault est passionnante. Les auteurs reviennent sur la genèse du rusé minou. Tout commence par une malédiction. Le prince héritier d’un royaume où règne paix et prospérité est touché dès sa naissance par un mal étrange. Dès qu’il voit un animal, sa tête, par mimétisme, en prend l’apparence.  A sa première transformation, sa nounou décède de frayeur.  Le prince se retrouve alors isolé dans une tour loin des regards. Un jour, après des années de réclusion, il décide d’aller découvrir le monde pour peut-être trouver l’origine de sa différence.

Dès les premières pages, la magie opère. Le Chat qui courait sur les toits nous entraîne dans une fable de pure fantaisie. Les ingrédients classiques des contes de Perrault sont intelligement insérés dans un récit qui, sans le trahir,  renouvelle le genre. Les mots de notre enfance « il était une fois » trouvent ici l’un de leur meilleur point de départ. Les auteurs nous attirent dans leur univers à la fois terrible et facétieux. Les graphiques de René Hausman appuyés par une subtile colorisation sont des bijoux. L’imprécision de certains visages tranchent volontairement avec la justesse des décors pour donner une atmosphère extraordinaire. Les visages « animaliers » sont magnifiques. Cette excellence dans l’illustration serait vaine sans un récit parfaitement construit et orchestré par Michel Rodrigue. Ce conte merveilleux est un véritable coup de coeur.

Le chat qui courait sur les toits aux éditions Le Lombard.

Scénario: Michel Rodrigue.

Dessin: René Hausman.