Archives du octobre, 2015

Le maître d’armes: chasse à l’homme sanglante

Par srosenfeld dans action, Aventure, Historique , le 28 octobre 2015 09h16 | Ajouter un commentaire

le-maitre-d-armes-tome-1-le-maitre-d-armes-one-shotDe la bd d’aventure comme je l’aime. « Le maître d’armes » vous fait ressentir la sueur, le sang, le froid et la peur des personnages. Dès la première page, un combat épique entre un vieux guerrier et son jeune rival hypnotise le lecteur. « Je voulais faire un grand roman graphique dans l’esprit des grands romans d’aventures » m’explique enthousiaste Xavier Dorison. Pour cela, pas question de faire une série en 10 tomes mais bien un album de près de 100 pages avec un début et une fin. Un récit dense, haletant. Une chasse à l’homme…

1537. Au fin fond des montagnes perdues du Jura, un envoyé de l’Église pousse des montagnards catholiques à lancer une chasse à l’homme contre un jeune protestant et son guide. Leur crime ? Vouloir faire passer une Bible traduite en français jusqu’en Suisse pour la faire imprimer. Commence une traque impitoyable: à deux contre trente. Mais ce que ne savent pas les villageois, c’est que leur proie, se nomme Hans, ancien maître d’armes de François 1er. Le chasseur, c’est lui!

« Les Américains ont une expression pour ça, they funk the wrong guy, ils se sont attaqués au mauvais mec » lance le scénariste. Et comme il le dit lui-même, on adore ce genre d’histoire. En le plaçant l’histoire dans univers hostile, la montagne et en réinventant les scènes d’actions du genre, le duo frappe fort.

« J’ai pris des cours avec un spécialiste des combats avec des armes médiévales pour rendre crédible mon dessin » précise Joël Parnotte. Une réussite tant les affrontements semblent réalistes. Le graphisme des paysages donne à l’ensemble une dimension spectaculaire.  Une des meilleurs sorties de ces derniers mois. Pour achever de vous convaincre, découvrez les interviews des auteurs dans mon studio BD.

Le maître d’armes aux éditions Dargaud

Scénario: Xavier Dorison.

Dessin: Joël Parnotte.

Terminus: arrêt définitif pour le Transperceneige

Par srosenfeld dans action, Aventure, graphisme, science fiction, voyage , le 8 octobre 2015 14h23 | Ajouter un commentaire

Terminus_Transperceneige_tome_4Comment terminer une des plus belles aventures de SF sans se renier? Pari difficile. La série « Transperceneige », imaginé par Lob et Rochette met depuis le début l’homme face à ses démons (le dérèglement climatique, l’exclusion sociale organisée, les dérives de la foi etc…). Mais il fallait bien qu’un jour le train mythique (le Transperceneige)  termine sa course interminable dans un monde glacé où la vie a disparu.

« J’avais des idées » m’explique Jean-Marc Rochette « mais j’avais besoin de quelqu’un pour leur donner du sens ». Le dessinateur exigeant et engagé a donc mis du temps avant de trouver en Olivier Bocquet un parfait compagnon de voyage. « On a parlé du monde, et on était d’accord sur plein de trucs «  précise le scénariste. L’objectif est de plonger le lecteur dans les entrailles d’un monde sous-terrain. « Comme dans l’enfer de Dante » explique Jean-Marc Rochette.

Terminus. Le train s’arrête, incapable d’aller plus loin, faute d’énergie. Guidés par une étrange musique, les arpenteurs ( spécialistes des sorties extrêmes) ouvrent la voie.  Nos survivants découvrent un asile possible. Mais ils ne sont pas seuls, des êtres étranges dissimulés derrières des masques grotesques de souris, les accueillent manu militari. Sélectionnés, tatoués avec un code barre, les anciens passagers du train deviennent des cobayes d’une expérience menée par un couple de scientifiques fêlés….

En toile de fond : une critique de nos sociétés qui nient le libre arbitre au nom du bien commun mais aussi le prix de l’énergie ( ici le nucléaire ) et ses conséquences sur la santé. « Je suis très clairement antinucléaire » affirme haut et fort Jean-Marc Rochette. Le thème du transhumanisme  se retrouve aussi dans ce récit de 232 pages qui  happe le lecteur de bout en bout.

La puissance graphique impressionne notamment lors d’une scène d’orgie fascinante. « Terminus » constitue une belle conclusion à cette saga avant-gardiste.

Précisons qu’il est tout à fait possible de lire cet album sans avoir lu les autres.

Ne pas manquer la rencontre ci-dessous avec les auteurs.

Transperceneige t4, terminus, aux éditions Casterman

Dessin: Jean-Marc Rochette.

Scénario: Olivier Bocquet.