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Superdupont: renaissance du Super-héros franchouillard

Par srosenfeld dans action, ados, Aventure, comics, Humour , le 25 septembre 2015 17h40 | Ajouter un commentaire

superdupont-tome-1-renaissanceAh Superdupont… Le personnage né en 1972 dans les pages de Pilote avait laissé dans les mémoires des pages délirantes puis s’était endormi. Gotlib, son co-créateur avec Lob rêvait depuis longtemps de lui redonner vie car le potentiel comique de l’univers du super-héros en charentaises était loin d’avoir été entièrement exploité.

Mais voilà, encore fallait-il trouver le dessinateur capable de relever le défi. Et qui de mieux que François Boucq avec son trait reconnaissable, mélange de caricature et de semi-réalisme.

Les deux compères se mettent d’accord dès le départ. Pas question de répéter le Superdupont, beauf qui lutte contre l’Anti-France.  Il faut une renaissance…. qui passe par la relève: un enfant.

« Au départ,  le fils de Superdupont devait reprendre la boutique en trois, quatre pages.  Mais il y a eu un gag, puis un autre. Je me suis retrouvé avec soixante deux pages, rien qu’avec le bébé! » me dit François Boucq en souriant.

Le récit surfen sur les relations parents enfants en pastichant les super-héros américains comme Superman. Et puis, il y a SM, super méchant.

« Contre Superdupont, il ne pouvait y avoir qu’un pape des méchants entouré d’hystériques » explique le dessinateurMais derrière les combats d’onomatopées se cache aussi une envie.

« Superdupont défend des valeurs comme l’égalité, la liberté et la fraternité. L’idée n’est pas de les mettre en avant comme un propos politique mais de les évoquer de façon marrante » précise François Boucq.

Au final, cet album réussit son pari de nous embarquer dans un délire graphique qui délie les zygomatiques. La saga de la famille Superdupont ne fait que commencer.

Superdupont, renaissance aux éditions Dargaud

Scénario: Gotlib

Dessin: Boucq et Belkrouf

 

Le piano oriental: un voyage musical envoûtant

Par srosenfeld dans autobiographie, graphisme, Historique, musique, voyage , le 22 septembre 2015 09h08 | Ajouter un commentaire

piano-oriental« Il faut imaginer une sorte de déhanchement » m’explique sourire aux lèvres Zeina Abirached. L’illustratrice franco-libanaise propose aux lecteurs un voyage envoûtant dans le Liban des années 60 sur les traces de son arrière-grand-père.

Accordeur de piano dans le Beyrouth immuable de l’avant-guerre civile (1975-1990),  Abdallah Kamanja a une obsession : créer un piano « bilingue » capable de jouer de la musique à l’occidentale (demi-ton par demi-ton) et à l’orientale (quart de ton par quart de ton).

Après des années de recherche, miracle: le piano oriental avec ses étranges pédales devient réalité. Le fabricant autrichien de piano Hofmann est même intéressé par l’invention.

Nous suivons alors Abdallah Kamanja, tarbouche sur la tête, embarquant sur le paquebot La Pierre de Rosette avec son ami Victor en direction de Marseille, puis de Vienne.

« J’ai toujours vu ce piano dans le salon avec ses sons étranges, presque magiques » me confie la dessinatrice.

En parallèle de la vie de ce musicien passionné, Zeina Abirached, raconte son histoire : celle d’une femme baignée dans une double culture où se mélange l’arabe et le français.

Arrivée en France, il y a 10 ans, elle évoque ses peurs de l’inconnu avec un humour délicat.  « J’emportais avec moi un bagage de 23 kilos et j’avais 23 ans » me dit-elle en riant.

Dans ce récit-miroir, l’artiste utilise le noir et blanc comme une partition musicale. Elle multiplie les jeux graphiques pour proposer une bd foisonnante de vie.

« Je voulais que l’album soit sonore » me raconte la scénariste dans mon studio BD.

Je vous propose de découvrir durant notre interview les notes étranges de ce piano unique.  Le coup cœur de cette rentrée.

Le piano oriental aux éditions Casterman

Scénario et dessin: Zeina Abirached