Archives du décembre, 2013

Zombillénium: liquidation monstre

Par srosenfeld dans action, fantastique, graphisme, science fiction, vampire , le 22 décembre 2013 19h00 | Ajouter un commentaire

Arthur De Pins continue avec délice à dénoncer les ravages du capitalisme financier version zombie. Son terrain de jeux est un parc d’attraction pas comme les autres, qui sous couvert de faire peur aux humains, abritent de véritables monstres. Jusque là, le patron, le vampire bienveillant Francis, évitait que soit versé la moindre goutte des sang… Erreur.

Le directeur ne remplit plus les objectifs de ses actionnaires. Ils lui envoient Bohémond Jaggar de Rochambeau, chargé de mettre de l’ordre.

Behemoth  attend son comptant d’âmes. Francis, obligé de courber l’échine devant ce consultant tout-puissant se retrouve en burn out.

« Cette bd illustre ce qu’a vécu mon père, un directeur plutôt paternaliste, qui s’est retrouvé licencié du jour au lendemain pour ne pas avoir été assez offensif » m’explique Arthur De Pins.

L’auteur n’hésite pas à critiquer les dérives de l’économie actuelle qui jette les employés comme des mouchoirs. Une critique mais pas une leçon de morale. L’humour et la légèreté sont toujours là pour illustrer le propos. Cet album reste un divertissement.

La technique de dessin d’Arthur De Pins (sorte de patchwork sur ordinateur) permet de créer des scènes spectaculaires et décalées. « Il y a un côté intellectuel mais c’est quelque chose que je fais avec les tripes plutôt qu’avec le cerveau » précise le scénariste. Et le résultat ne déçoit pas. A suivre.

Zombillénium t3 aux éditions Dupuis.

Scénario et dessin: Arthur De Pins.

 

 

Histoires inavouables: porno chic par Ovidie

Par srosenfeld dans Aventure, contemporain, érotisme, plus de 16 ans, sexe , le 21 décembre 2013 15h48 | Ajouter un commentaire

« Je ne me suis pas levé un matin en pensant que j’allais révolutionner le bd érotique » me lance Ovidie. L’ancienne actrice porno aime depuis longtemps jouer sur des registres différents pour explorer sa vision de la sexualité. Après plusieurs livres et films (dont certains encore pornographiques), l’auteur propose donc une bd. Plusieurs histoire sexuelles de quelques pages chacune qui se veulent le reflet de la société d’aujourd’hui.

Masturbation féminine, adultère impromptue, drague en boîte qui tourne à la leçon de choses, pulsion sexuelle malgré l’écart d’une génération, ou échangisme avec jalousie interruptive. Ces scènettes se veulent réalistes et drôles loin des clichés de l’industrie du X. « Ce n’est pas comme dans un film avec ses obligations où on fait le tour du propriétaire avec fellation vaginale, éjaculation faciale etc… » précise la scénariste. Celle-ci veut rompre avec la vision machiste d’une pornographie où les femmes sont sous domination.

Ovidie est aidée par le dessinateur Jérôme d’Aviau dont le trait en noir et blanc illustre la volonté d’éviter les artifices inutiles. Une collaboration respectueuse et ludique dont les auteurs parlent plus bas lors de notre rencontre en studio. L’ancienne actrice X ne souhaite pas obligatoirement arrêter de parler de sexe. « Cet univers me plaît » dit-elle « et c’est d’abord à travers les femmes et le féminisme qu’il m’intéresse ». « Ces histoires inavouables » n’ont rien de choquantes. Cette bd illustre une tendance de plus en plus forte chez les éditeurs grand public de ne plus hésiter à se lancer dans des collections adultes comme ici avec Erotix.

Histoires inavouables aux éditions Delcourt.

Scénario: Ovidie.

Dessin: Jérôme d’Aviau.

 

Le Dahlia noir: femmes fatales

Par srosenfeld dans action, Aventure, graphisme, mafia, polar, policier, sexe , le 5 décembre 2013 18h41 | Ajouter un commentaire

L’adaptation du célèbre roman noir de James Ellroy est un pari audacieux voir périlleux. Une inquiétude vite oubliée dès les premières pages tant le graphisme de Miles Hyman  ébloui par sa qualité et sa force d’attraction. Le dessinateur francophone d’origine américaine réussit avec  le scénariste Matz (aidé par le cinéaste David Fincher) une plongée envoutante dans le Los Angeles de l’après-guerre avec ses flics à moitié ripoux, ses femmes fatales, le tout sous une épaisse fumée de cigarettes parfumée au whisky.

Commençons par le début, l’histoire. Nous sommes le 15 janvier 1947, les journaux font leur Une sur une macabre découverte: un cadavre atrocement mutilé, celui de Betty short, surnommée le Dahlia noir. Deux anciens boxeurs devenus flics à la crime, Dwight Bleichert dit « Bucky », et Leland Blanchard surnommé « Lee », tentent de retrouver l’assassin.

Une quête qui vire à l’obsession nourrissant une fascination morbide pour la jeune Betty Short. Une investigation qui les plonge dans un monde faux-semblants. « Tous les personnages se mentent du début à la fin » m’explique Miles Hyman.

Le duo réussit à rendre lisible et haletant la puissance de ce roman noir. Le scénariste Matz arrive à intégrer l’essentiel de l’écriture de l’écrivain en y ajoutant des éléments pour mieux lier l’ensemble et en garder sa force brute.  Miles Hyman, adoubé par James Ellroy, construit chaque page comme des tableaux vivants. « J’ai élargi la gamme des couleurs pour que l’on soit ébloui et  que cela soit aussi menaçant que les ombres » me dit-il.

Son travail qui a duré deux ans retranscrit parfaitement l’ambiance de cette époque. « C’est bien d’avoir ce fond d’images presque inconscientes lorsque l’on aborde un tel projet » m’avoue le dessinateur qui a longtemps vécu à Los Angeles. Une réinterprétation magistrale. Sans nul doute, une des très grandes BD de l’année. Ne pas rater l’exposition à la galerie Champaka à Bruxelles jusqu’au 9 décembre.

Le Dalhia noir aux éditions Casterman

Scénario: Matz

Dessin: Miles Hyman.

 

Les guerrières de Troy: filles sexy et mercenaires

Par srosenfeld dans action, ados, Heroïc Fantasy, Humour, sexe , le 2 décembre 2013 19h00 | Ajouter un commentaire

Christophe Arleston, inventeur de la saga « Lanfeust de Troy » invite Dany à jouer avec ses filles dans son univers. Un cocktail détonnant qui aboutit à un diptyque au titre évocateur « Les guerrières de Troy ». Le lecteur peut compter sur le duo pour lui offrir une aventure aussi sexy que divertissante. « On a les mêmes goûts pour les bonnes choses de la vie » explique rieur Dany.

Le lecteur découvre donc Raya, la rousse flamboyante et naïve, Lynche, la blonde intrépide et physique et Issan, la mystérieuse asiatique. Des donzelles court vêtues qui virevoltent au gré de leur destin qui croise un trésor amassé par des bonimenteurs. Trahies, elles doivent affronter Myrgl, un monstrueux homme-serpent. Elles parviennent à s’échapper de son emprise et compte bien prendre leur revanche et devenir riches.

Comme un bon film de série B, Arleston et Dany s’amusent dans ce récit trépidant à la limite de la caricature. Un délire presque d’ados qui fait passer un bon moment pour peu que l’on joue le jeu.

Dany montre qu’il a toujours un grand coup de crayon lorsqu’il s’agit de dessiner les demoiselles. « J’ai essayer d’éviter de répéter la même fille, ce que l’on me reproche souvent, avec raison d’ailleurs » m’avoue-t-il. Le dessinateur se lance même dans les dragons. Les compères envisagent déjà une suite aux aventures de leurs guerrières, histoire de prolonger le plaisir.

Les guerrières de Troy aux éditions Soleil.

Scénario: Arleston.

Dessin: Dany.

 

Châteaux Bordeaux: le vin et ses secrets enfin dévoilés

Par srosenfeld dans Aventure, contemporain, policier, vin , le 2 décembre 2013 13h56 | Ajouter un commentaire

« Le lecteur peut s’identifier à l’héroïne qui ne connait rien au vin »  lance le dessinateur Espé. L’objectif de la série « Châteaux Bordeaux » est de transformer le lecteur en connaisseur tout en le plongeant dans une grande saga familiale. Du divertissement viticole en somme!  Et jusqu’ici, l’objectif est atteint avec la sortie de ce quatrième tome.

Nous retrouvons Alexandra, héritière du Chêne Courbe, qui veut redonner ses lettres de noblesse au vin familial. Alors que notre belle héroïne soupçonne un négociant d’être responsable de la mort de son père, celui-ci est victime d’un terrible accident de voiture et tombe dans le coma. Dans le même temps, l’un des principaux propriétaires du domaine veut récupérer ses terres. Pour Alexandra, désormais au pied du mur, la solution passe  par la reproduction d’une cuvée mythique…

Le titre de cet album ne s’appelle pas « millésimes » pour rien. Ce récit nous permet d’en savoir plus sur la fabrication du vin, ses assemblages, son vieillissement et ses ratés. Dans ce monde de passionnés, la concurrence est rude et, quelques fois, face à une mauvaise année, la tentation est forte de jouer avec le consommateur. « En fin de soirée, les langues se délient et la personne reconnaît que cette année là, son vin était vraiment dégueulasse » m’explique Espé. Tout le contraire de son graphisme élégant qui donne à cette bd une fraicheur agréable digne d’une bonne cuvée.

Le scénariste Corbeyran a récolté de nombreuses confidences et anecdotes pour rendre crédible cette saga. Un gage d’authenticité qui fait de cette série, un vrai plaisir pour les amateurs de divertissement intelligent.

Châteaux Bordeaux, t4 aux éditions Glénat.

Scénario: Corbeyran.

Dessin: Espé.