Archives du mai, 2013

Hôtel particulier: érotique et fantastique

Par srosenfeld dans conte, contemporain, érotisme, graphisme , le 28 mai 2013 18h09 | Ajouter un commentaire

« Hôtel particulier » n’est pas un album comme les autres. Pour son auteur, Sorel, il s’agit d’un projet très personnel, resté longtemps dans les tiroirs de sa mémoire. Et voilà qu’enfin après 20 ans de gestation, celui éclot.

Ce récit est en une succession de petites histoires avec, comme fil conducteur, un fantôme très sensuelle. Il s’agit d’une jeune femme qui, par dépit amoureux, m’est fin à ses jours au cœur de l’hiver.

Mais l’auteur ne s’appesantit pas. Ce qui l’intéresse, ce sont les habitants de l’immeuble: un artiste sans le sou qui trompe son monde grâce à son armoire magique, un ermite qui multiplie les festins érotiques en faisant apparaître les femmes des livres de sa bibliothèque, une enfant qui se retrouve prisonnière ou une vieille dame acariâtre à la fin tragique. Au milieu de ce monde, un chat noir, véritable maitre des lieux, fait le relais entre le réel et l’irréel.

« Je me suis aperçu à la fin qu’il y avait beaucoup de moi dans cette bd » me confie Sorel. « Une part, sont des souvenirs d’enfance, d’autres des moments de ma vie » ajoute-t-il. Des confidences que je vous invite à découvrir plus bas.

Loin d’être pesant, cet album contient une véritable légèreté. Même dans les moments les plus durs, le graphisme de Sorel apporte une douceur qui désamorce l’horreur. Et puis, il y a ce plaisir coquin d’apprécier de belles scènes érotiques, bien loin des caricatures. « On est passé tout près du projet pornographique «  me dit Sorel avec malice. Une belle découverte.

Hôtel particulier aux éditions Casterman.

Scénario et dessin: Sorel.

 

 

Wendy: naissance d’une espionne

Par srosenfeld dans action, Aventure, Historique, voyage , le 10 mai 2013 08h40 | Ajouter un commentaire

« Wendy », mélange d’Indiana Jones et de James Bond au féminin, joue avec les codes du genre pour séduire ses futurs lecteurs. Le scénariste Fred Duval propose une nouvelle série historique où le divertissement et l’exotisme servent de moteurs à une action débridée.

Nous sommes en 1915. Wendy, femme émancipée travaillant pour les services secrets britanniques, s’apprête à connaître sa nouvelle mission après une course poursuite dans les rues de Porto. En pleine lutte d’influence sur le continent africain, elle doit procéder à l’évaluation d’un officier britannique, le capitaine William James, qui semble être en accointance avec l’ennemi allemand.  A elle, de décider si elle doit l’éliminer ….

« J’avais envie de parler de la première guerre mondiale et des grandes puissances de l’époque sans pour autant aller dans les tranchées » m’explique Fred Duval. Son récit s’attache donc à décrire ce qui se passe en dehors des combats, dans l’ombre. Bondissant, son récit s’inspire des grands films d’aventure. Du Portugal à la Normandie, de l’Egypte à l’Afrique, l’héroïne est constamment en mouvement.

L’histoire devient plus oppressante lors d’une chasse au léopard qui constitue le moment fort de cet album. Le dessinateur Christophe Quet quitte l’univers de la SF de la série « Travis« pour des paysages sauvages et colorés. Le duo promet un basculement progressive vers un univers plus fantastique. A suivre….

Wendy, t1 aux éditions Delcourt.

Scénario: Fred Duval.

Dessin: Chritophe Quet.

 

Long John Silver: la fin d’une incroyable saga de pirates

Par srosenfeld dans action, Aventure, Historique, voyage , le 9 mai 2013 09h19 | Ajouter un commentaire

 « J’ai tendance à privilégier l’envie et les énergies plus que le programme établi, du coup, on a mis trois ans à faire le bouquin! » m’explique en se marrant Mathieu Lauffray. Le dessinateur de « Long John Silver » savait comme son complice Xavier Dorison que l’attente du public était forte. Raison de plus pour se donner le temps de boucler de la meilleure des façons ce formidable récit de piraterie. Et le résultat est à la hauteur. Un incroyable crescendo au cœur d’une pyramide en pleine Amazonie…

Mais revenons, un peu en arrière. Cette bd raconte la révolte d’une femme Lady  Hastings qui refuse de se laisser enfermer dans un couvent, sous prétexte que son mari, disparu depuis des années dans le Nouveau Monde, a refait surface. Celui-ci, demande par l’intermédiaire de son frère, de vendre tous ses biens, pour armer un navire et le retrouver en Amérique du sud où il aurait enfin trouvé la cité de Guyanacapac.

Vivian décide alors de convaincre un ami médecin de lui faire rencontrer les pires pirates de Bristol dont le légendaire Long John Silver. Elle conclue avec  lui un pacte de sang  pour qu’il embarque avec ses compagnons  sur le Neptune afin d’en prendre  possession et, au final, se partager le trésor, tout en trucidant Lord Hastings.

Et les auteurs, de nous embarquer dans une folle aventure aux multiples rebondissements. Camaraderie, trahison, violence, indiens sanguinaires et bêtes monstrueuses constituent les ingrédients d’une saga aussi divertissante que fascinante. « Pour ce final, on a voulu monter les potards au max » m’explique enthousiaste Mathieu Lauffray. Dialogues ciselés, graphisme au découpage spectaculaire, la quête se termine en apothéose. L’occasion pour le duo d’artiste de donner aussi sa vision de la bd d’aventure et de crier haut et fort leur amour pour le pirate, héros libertaire.

Long John Silver, t4 aux éditions Dargaud.

Scénario: Xavier Dorison.

Dessin: Mathieu Lauffray.