Archives du septembre, 2012

La Grande Odalisque: « les drôles de dames » réinventées

Par srosenfeld dans action, Aventure, contemporain, Humour , le 16 septembre 2012 15h10 | Ajouter un commentaire

la-grande-odalisque-bd-volume-1-simple-38991Il y a des albums qui se feuillette d’un air distrait sans grande conviction. Et puis, voilà, une réplique qui fait mouche, un graphisme moderne mais ancré dans la tradition et vos yeux s’illuminent. « La Grande Odalisque » fait cet effet. Au scénario comme au dessin, les trois auteurs Vivès, Ruppert et Mulot, fusionnent donc pour proposer un one shot original. Hommage décalé à la série tv « drôles de dames », cette histoire est une belle récréation animée par des créatures de rêve.

Alex et Carole, cambrioleuses à la silhouette féline et à la chevelure flamboyante, aiment plus que tout l’adrénaline que produit le vol d’une œuvre d’art de grande valeur. Grâce à leur mentor, les deux  filles multiplient les contrats juteux pour s’assurer un train de vie luxueux. Inséparables, seules leurs histoires d’amour les séparent. L’une est une romantique qui ne sait pas « plaquer » son mec et l’autre est une « mangeuse d’hommes ». Leur dernier casse tourne d’ailleurs au fiasco… Il faut désormais se refaire. Et pourquoi pas en dérobant « la Grande Odalisque » d’Ingres. Mais voilà, pour réussir ce coup, il faut un troisième comparse. Leur casting s’arrête sur Sam, cascadeuse et adepte du chessboxing (improbable mélange de boxe et d’échec). Il est temps de passer à l’action…

Avec leur trio de voleuses sexy, les trois auteurs s’offrent une belle galerie héroïnes. L’occasion de mélanger différents univers, les films de cambriolage et d’action, la chronique de mœurs et  les discussions post-ados. Un cocktail plutôt savoureux qui se déguste sans sourciller. Les fans de Vivès retrouvent son talent pour les dialogues décalés et le graphisme dépouillé. Ruppert et Mullot rajoutent leurs expériences.  Bravo.

La Grande Odalisque aux éditions Dupuis

Scénario et dessin: Vivès, Ruppert et Mullot.

Marcas: un flic franc-maçon loin des idées reçues

Par srosenfeld dans action, Aventure, contemporain, ésotérisme , le 16 septembre 2012 14h31 | Ajouter un commentaire

4322322-6522496Marcas, flic franc-maçon, enquêteur brillant et pourfendeur des idées reçues sur sa loge est bien connu des lecteurs de polars. Produit de l’imagination d’Éric Giacometti et Jacques Ravenne, le héros a déjà séduit des millions de lecteurs à travers le monde. Un personnage à fort potentiel donc et qui trouve ici assez naturellement sa place en BD. Au scénario, les deux auteurs originaux afin de garder l’authenticité de cet univers aussi étrange que séduisant.

Pour cette première aventure prévue en deux tomes, intitulée, « Le Rituel de l’ombre », le commissaire Marcas se retrouve confronté à une organisation nazie Thulé. Une société qui a réellement existé dans les années 20 et 40. Elle retrouve dans cette histoire un  prolongement en devenant une sorte de multinationale qui cherche à déstabiliser le monde occidental pour permettre au IIIe Reich de renaître de ses cendres. Rien de très original, vous me direz, mais pourtant la « sauce » prend car le découpage dynamique et la particularité du héros attirent l’attention.

Marcas doit enquêter sur les meurtres de Marek, un professeur d’archéologie spécialiste des rites francs-maçons sauvagement assassiné à Jérusalem et de Sophie Dawes, une historienne  dont le corps a été retrouvé dans les murs du palais Farnèse, l’ambassade de France à Rome. Tous deux s’intéressaient de près à une mystérieuse pierre gravée, la pierre de Thebbah. Marcas doit accepter contre son gré de travailler avec Jade Zewinski, une militaire sensuelle et volcanique qui ne porte pas les francs-maçons dans son cœur.

Loin de se limiter à un sage thriller ésotérique, cette BD n’hésite pas à multiplier les coups de théâtre avec une violence très crue. L’hémoglobine est partout, peut-être un peu trop. Le dessinateur italien Gabriele Parma propose un graphisme efficace et classique. Les décors sont précis, les traits des personnages un peu moins. Marcas est né après une soirée arrosée entre les potes de lycée que sont Éric Giacometti et Jacques Ravenne (lui-même franc-maçon) après la lecture du Da Vinci Code. Cette anecdote et d’autres, figure dans un cahier spécial à la fin de l’album. Marcas, une série à suivre.

Marcas, le rituel de l’ombre, t1 aux éditions Delcourt.

Scénario: Giacometti, Ravenne.

Dessin: Parma.