Archives du juin, 2010

Soul Man: où se trouve le magot de la mafia?

Par srosenfeld dans action, Aventure, mafia , le 12 juin 2010 14h36 | Ajouter un commentaire

soul1Soul Man, vous rappelle peut-être une chanson de Sam & Dave, un chef d’oeuvre de la soul américaine. Et ce n’est pas un hasard. Le héros, le Soul Man , ne vit que pour cette musique qui fonde une partie de l’histoire américaine des années 60. 

L’homme purge une peine de prison longue durée pour meurtre. Personne ne partage sa cellule car ses co-détenus se retrouvent six pieds sous terre.

Mais voilà, une rumeur laisse entendre qu’il sait où se trouve le magot de la mafia des 4 familles New Yorkaises, volé en 1964. Un braquage à 20 millions dollars. Quarante ans plus tard, Félix, un blanc-bec, se retrouve dans la cellule du Soul Man pour lui faire cracher le morceau.  

Soul Man est le troisième tome de la collection Le Casse. A l’origine de ce concept David Chauvel qui est aussi le scénariste de cet album. « Ce n’était pas prévu mais il y a eu une défection à la dernière minute »  m’explique-t-il. Tout est venu d’« une petite idée sur un carnet« . Au final, l’histoire aboutie à un bras de fer physique et psychologique entre deux hommes que tout oppose, un « noir costaud qui fait peur » et « un blond petit et fluet » ajoute l’auteur dans Studio bd.

Dialogue percutant, personnage fort, scénario monté comme un puzzle, Soul Man est un divertissement haut de gamme. Ce one shot s’inscrit dans une série qui mélange toutes sortes d’univers autour du thème du casse. Le premier, de Christophe Bec, Diamond raconte l’histoire d’un braquage au fin fond de la Sibérie. Le second volet a pour cadre la Jérusalem antique. Le troisième jour  évoque la disparition du corps de Jésus. Au final, ce sont donc 6 tomes qui sont prévus. De quoi remplir intelligemment sa bibliothèque bd.

Soul Man aux édtions Delcourt.

Scénario: David Chauvel.

Dessin: Denys.

 

Ahmadinedjad atomisé: autopsie d’un fou

Par srosenfeld dans contemporain, Historique, Humour , le 12 juin 2010 14h29 | Ajouter un commentaire

ahma« La meilleure caricature d’Ahmadinejad est celle qui est faite par lui-même » lance Mohamed Sifaoui, scénariste d’Ahmadinedjad atomisé. Il faut dire qu’un dirigeant politique qui prend la lumière des projecteurs pour de la lumière divine a de quoi inquiéter.

Cet album qui utilise l’humour (la meilleure arme contre les dictateurs) pour décrire le parcours du président iranien n’a rien d’une fiction. Très bien documenté, il raconte avec intelligence l’histoire de l’Iran depuis les années 1950. De la fin du shah, en passant par la révolution islamique de Khomeini jusqu’à l’élection d’Ahmadinedjad, tout est dit.  Mais loin d’être professoral, le ton reste celui d’une bd grand public accessible à tous.

Les auteurs plongent dans la tête d’un homme mégalomane persuadé d’avoir un destin messianique,  un fanatique dangereux poussé dans le dos par des mollahs obsédés par le sexe et le mépris des femmes.

Mohamed Sifaoui, spécialiste depuis plus de 20 ans des questions religieuses  livre une démonstration implacable. A ses côtés, Philippe Bercovici utilise tout son talent de caricaturiste pour appuyer le propos.

Dans Studio bd, Mohamed Sifaoui, explique la nécessité de réveiller les consciences. « Des dirigeants comme ça ne viennent jamais de nulle part »  dit-il. Il rappelle que l’homme se prend pour un Messie. Attention ajoute-t il: « ce type là menace l’équilibre de la planète et de la région », alors « il y a du soucis à se faire« .  Cet album est à mettre entre toutes les mains. Un bon support pour étudier l’Iran à l’école. Enseignants, pensez-y!

Ahmadinedjad atomisé aux éditions 12 bis.

Scénario: Mohamed Sifaoui.

Dessin: Philippe Bercovici.

Animal Lecteur: fans de BD décriptés

Par srosenfeld dans contemporain, Humour , le 11 juin 2010 07h50 | Ajouter un commentaire
libon2Le fan de bd est une espèce étrange. Il est fidèle  mais souvent volage, il collectionne à tout va et peut discuter pendant des heures d’un dessin ou d’un mot de trop. Son ami fidèle est souvent le libraire, débordé par les nouveautés, qui doit satisfaire les envies d’un Animal lecteur toujours très exigeant. Quelques fois la conversation enflammée entre l’accro de la bulle et son dealer est troublée par l’amateur perdu qui veut tenter sa chance sur un album.
Depuis 4 ans, le scénariste Salma et le dessinateur Libon, publient dans Spirou des petites histoires (strips) qui évoquent avec humour ce monde étrange. C’est une forme de « paradoxe spatio-temporel, une bd qui parle de lecteurs de bd » avoue Libon dans son interview à Studio bd. Il ajoute que tout est très accessible même pour ceux qui ne lisent pas de bd.
Animal Lecteur décrypte les manies, les travers et les obsessions de plusieurs générations de bédéphiles. Ce premier tome (d’autres doivent suivre) est un agréable moment de détente. Le tout est  présenté dans un format original, une sorte de moitié d’une page A 4 prise dans sa  longueur.  Libon nous en dit plus dans Studio bd sur son plaisir à réaliser ces courts récits avec son pote Salma.
Animal Lecteur, t1 aux éditions Dupuis.
Scénario: Sergio Salma.
Dessin: Libon.

Fahrenheit 451: un acte de résistance contre la pensée unique

Par srosenfeld dans action, science fiction , le 11 juin 2010 07h45 | Ajouter un commentaire

farDans un monde qui pourrait bientôt être le nôtre, les pompiers n’éteignent plus les incendies, ils les provoquent. Lorsque la population entend les sirènes des camions rouges, elle sait qu’une maison va brûler et ses habitants « anarchistes » emprisonnés.  Ici, les hommes du feu sont un corps d’élite du pouvoir chargé de débusquer les derniers livres pour en faire des autodafés. Les livre sont interdits par la loi.  Pompier depuis 10 ans, Guy Montag rencontre une jeune fille aux goûts étranges qui va lui faire découvrir l’importance de la lecture en tant que liberté individuelle. Et soudain,tout bascule. Ses certitudes ne sont plus que des illusions…

La  pertinence des propos du roman de SF de Ray Bradbury, écrit en 1953 est plus que jamais d’actualité. En ce début de XXIème siècle, sa vision semble se rapprocher inexorablement de notre réalité. Des murs d’images comme seules références, des êtres « heureux » de ne plus penser pour « vivre  mieux« .  L’un des derniers grands maîtres de la science-fiction (encore en vie pour ceux qui en doutait…) signe  la préface de l’adaptation en BD. Une façon de revenir sur la genèse de son oeuvre.  Fahrenheit 451 qui fait référence à la température de combustion du papier est magistralement dessiné par l’artiste américain Tim Hamilton. Une composition graphique d’une densité et d’une qualité exceptionnelle. Du très grand art pour l’une des BD de la décennie.

Fahrenheit 451 aux éditions Casterman.

Scénario: Ray Bradbury.

Dessin: Tim Hamilton.