Retrait de la nationalité : Christine Defraigne, l’insoumise !

Par asolimando dans #Debrief7h50 , le 3 février 2015 13h31 | Ajouter un commentaire

La présidente du Sénat était l’invitée de Bel-RTL à 7h50 ce mardi matin. Christine Defraigne, du MR, n’a pas ménagé la ligne dure de son parti : elle demande un débat sur le projet de déchéance de la nationalité pour les terroristes…

 

 

 

 

 

La présidente du sénat est-elle vraiment opposée à la déchéance de la nationalité pour les terroristes ?

Non, elle n’est pas opposée à cette mesure, si elle se cantonne aux terroristes naturalisés. Elle est opposée à la version la plus radicale, du projet, celle qui vise à l’appliquer aux terroristes dont la famille a acquis la nationalité belge depuis trois générations. Officiellement, dans l’interview, elle parle de « Nuance » et de « débat », pour éviter de dire de façon trop brute qu’elle y est opposée.

On relève aussi que ceux qui ont porté la vision élargie de cette mesure, ces derniers jours, dans les médias sont Didier Reynders, et son fidèle collègue Armand De Decker. Par le passé, Defraigne et Reynders s’étaient déjà fameusement disputés. La liégeoise avait été une des « frondeuses » qui s’était rebellée contre celui qui était à l’époque président de parti.

 

Les arguments avancés, ici, par Christine Defraigne, sont plutôt juridiques…

Créer deux catégories de belges, au regard de la loi, viser l’expulsion de jeunes dont les parents sont nés en Belgique et qui ne connaissent rien de leur pays d’origine. Les mêmes arguments que Rachid Madrane, le Ministre PS qui avait pourtant trouvé au MR des relents racistes, la semaine dernière.

L’autre argument avancé par la libérale liégeoise, c’est le manque d’efficacité de la mesure. Didier Reynders a parlé de « sanction symbolique ». En replaçant le débat sur le terrain de l’efficacité, c’est un autre fameux tacle de Christine Defraigne à son meilleur ennemi au sein du MR.

 

Pour autant, pas de rébélion au sein du MR, pas de fait politique majeur, à tirer de cette sortie de Defraigne…

Les déclarations de la présidente du sénat n’ont pas fait de vague, dans les plus hautes sphères du gouvernement fédéral de Charles Michel ce matin.  Vis-à-vis des électeurs, les libéraux envoient deux signaux : l’un pour contenter la frange la plus sécuritaire. Et l’autre, pour les plus modérés.

Le plus souvent, les débats contradictoires se règlent en interne des partis. Parfois, ils ont lieu sur la place publique. Sur le même sujet en France, on se souvient d’un fameux débat sur la « double peine », la déchéance de nationalité et l’expulsion suite à une condamnation pénale. Sarkozy (Ministre de l’Intérieur) l’avait presque supprimée en 2003. Et c’est…Sarkozy (Président) qui l’avait réinstaurée, en 2011 !

 

Antonio Solimando

 

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