Qui va payer la dette grecque, Raoul « pragmatique » Hedebouw ?

Par asolimando dans #Debrief7h50 , le 26 janvier 2015 13h25 | Ajouter un commentaire

Invité de Bel-RTL à 7h50 : le député fédéral et porte-parole du PTB Raoul Hedebouw. Il a réagi à la victoire du parti de gauche radicale Syriza, en Grèce. Un parti qui envisage notamment de « faire défaut » : ne pas rembourser la dette publique du pays…

 

 

 

 

 

Qui va payer la dette grecque ? Raoul Hedebouw n’a pas vraiment répondu à la question…

Il a d’abord éludé la question. Puis il a fait diversion. Avant de sortir une phrase-slogan qui fait plaisir à tout le monde : « Les responsables de la crise paieront ». Dans sa bouche : les banques, la finance.

La réalité est légèrement plus complexe. 85% de la dette grecque sont détenus par des Etats ou des institutions publiques, comme le FMI ou la Banque centrale européenne. Et derrière ces appellations, c’est notre argent. Les contribuables. Selon l’économiste Eric Dor, cité par nos confrères de la Libre Belgique, la Belgique a consenti à deux types d’aides à la Grèce : 2 milliards de prêt direct, et 5 milliards dans le cadre du fonds européen de stabilité financière (FESF). En cas de défaut, la Belgique ne toucherait plus de rémunération de ces prêts, mais elle perdrait aussi sa mise.

Le slogan du PTB : « Allons chercher l’argent là où il se trouve » nous mène directement…à nos propres poches. 640 euros par Belge. Le montant est identique, pour nos voisins français. La France engagée à hauteur de 40 milliards d’euros. L’argumentaire du PTB, c’est de dire que cet argent perdu pour nos budgets doit être compensé chez nous par des taxes sur la fortune, les dividendes et la spéculation. D’où l’allusion au LuxLeaks, dans l’interview.

 

L’instrumentalisation de la victoire de Syriza est impressionnante, depuis hier soir…

Martin Buxant le soulignait le PTB a soutenu un autre parti de la gauche radicale, les communistes de KKE, mais depuis hier soir s’arroge le succès de Syriza. En Belgique, le PS a des liens historiques avec le PASOK, le parti socialiste grec, mais n’en dit pas une ligne dans son communiqué hier soir. Il faut dire que le PASOK prend une raclée historique. En France, même l’extrême droite se félicite de cette victoire. Y voyant la volonté du peuple grec de se débarrasser de l’autorité européenne. A part pour l’élection de Barack Obama, je ne me souviens pas d’un spectre aussi large de récupération politique d’une élection étrangère.

 

Enfin, un mot revient avec insistance dans cette interview du député PTB : le mot « pragmatique »…

Raoul Hedebauw le prononce à quatre reprises… C’est un artifice de communication. Les opposants politiques du parti reprochent souvent au PTB ses recettes miracles, idéologiques, mais pas réalistes. Le porte-parole du PTB répond à cette critique en plaçant le mot pragmatique à chaque réponse de l’interview. Le « pragmatisme », c’est d’ailleurs un concept à la mode, à côté du « bon sens » évoqué par plusieurs formations politiques pendant la campagne électorale. Comme dirait Harold Garfinkel : « Dire la chose, c’est la constituer ».

 

Antonio Solimando

 

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