Davos : Charles Michel et la triple rupture par rapport à Di Rupo

Par asolimando dans #Debrief7h50 , le 22 janvier 2015 13h35 | Ajouter un commentaire

Le Premier Ministre était l’invité de Bel-RTL à 7h50, depuis Davos, en Suisse, où se tient le Forum Economique Mondial. Un point de rencontre privilégié entre les chefs d’Etat et des grands patrons. Le tout, dans une atmosphère détendue, selon Charles Michel…  

 

 

 

 

 

 

 

Charles Michel à Davos veut marquer une triple rupture, par rapport à son prédécesseur…

D’abord. On se souvient du problème idéologique que Davos a posé à Elio Di Rupo. Lui le socialiste, forcé de côtoyer le monde du haut-patronat, de défendre les intérêts notionnels, et donc un peu coincé dans le costume à noeud pap’ du chef de gouvernement de centre-droit. Ici, la volonté de Charles Michel est claire : il assume sa présence. Il le dit. Il va même plus loin : il assume un rôle de « représentant de commerce de la Belgique », qui vient en Suisse vanter les qualités de notre pays. Charles Michel sait qu’il bénéficie d’une majorité plus homogène, au fédéral : Pour un Premier Ministre de droite, dans un gouvernement de droite, pas de complexe à se rendre dans la station suisse huppée.  

 

La rupture est également vestimentaire…  

Depuis qu’il est sur place, également pendant l’interview de ce matin, le Premier Ministre a abandonné sa paire de lunettes pour les lentilles, et il a tombé la cravate : col roulé noir, sur veste noire. Et la pose en une doudoune de sport d’hiver hier soir, devant la neige (crédit photo : Le Soir et Martin Buxant).  C’est une anecdote vestimentaire, mais aussi un geste politique, car que dit le Premier Ministre : il a été frappé par le côté décontracté des rencontres entre les dirigeants politiques et les chefs d’entreprise sur place. Le look vient appuyer la parole.  

 

Rupture enfin sur la façon de vanter les atouts de la Belgique…  

Elio Di Rupo avait communiqué sur la stabilité politique retrouvée. On sortait d’une guerre communautaire pour la formation du gouvernement, et c’est cette image qui dominait à l’étranger.

Qu’a-t-on vu de la Belgique de Charles Michel dans les images des télévisions européennes : les grèves, à répétition, surtout celle du 8 novembre. L’objectif du Premier Ministre actuel, c’est donc d’insister sur qu’il appelle la « paix sociale » retrouvée, pour séduire de nouveaux investisseurs. Le retour de la stabilité sociale, de la concertation entre syndicats et patrons. En vrai, il y a un peu de méthode coué, dans cette présentation. Parce qu’il n’y a pas de paix sociale en Belgique, juste une trêve. Une pause. Les négociations s’achèvent lundi, entre patrons et syndicats. Il y a un risque que les actions reprennent dès la semaine suivante, notamment si le saut d’index ou la réforme de l’âge légal de la retraite n’ont pas bougé.  

 

Un mot sur le MR en tant que « partenaire loyal » de gouvernement Di Rupo…  

Il y a de nombreux exemples de dossiers qui n’étaient pas la tasse de thé des Réformateurs et qui ont été votés, dans la législature précédente, au nom de la loyauté et du compromis de gouvernement. Mais aussi quelques fameux croques en jambes, de l’avis des partenaires concernés. Citons deux faits. Melchior Wathelet s’en souvient, le MR a validé son plan de survol avant de l’attaquer violemment. Joëlle Milquet de son côté dénonce régulièrement les bâtons dans les roues mis par les libéraux quand elle voulait obtenir des financements pour sa politique de sécurité.

 

Antonio Solimando    

 

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