Madrane (PS) : Intégration? Un échec collectif pour les hommes politiques !

Par Fabrice Cecchi dans #Debrief7h50 , le 21 janvier 2015 13h21 | Ajouter un commentaire

Invité de Bel-RTL à 7h50 : Rachid Madrane, Ministre de l’aide à la jeunesse, en Fédération Wallonie-Bruxelles. Il a expliqué que faire des jeunes de moins de 18 ans soupçonnés de radicalisation…

 

 

 

 

 

La volonté du Ministre, c’est de placer les jeunes radicalisés en centre fermé…

Parce qu’il a la conviction que c’est là que la société va pouvoir non seulement les canaliser, mais les ré-éduquer, les ré-humaniser. Les IPPJ fermées présentent un double avantage : il y a la sanction mais aussi l’encadrement éducationnel. Le projet du ministre est de lancer une grande formation des éducateurs, pour leur enseigner la façon de réagir, les arguments pour démonter les croyances de ces mineurs radicalisés. Deux points d’interrogation majeurs quand même : est-ce que cette solution va suffire, pour ce type de délinquance spécifique. Il faudra voir aussi quand ces formations seront réellement applicables/effectives sur le terrain.

 

La réponse du Ministre sur la lutte contre la radicalisation à l’école est nettement moins convaincante…

Il y a bien une batterie de mesures pour lutter contre le radicalisation à l’école. Mais rien sur les inégalités que notre système scolaire reproduit. La Belgique francophone est un des pires exemples, relevé dans la grande étude mondiale d’analyse de l’enseignement, la fameuse enquête PISA (de l’OCDE).  Or on le sait, les écoles ghettos, les inégalités qui commencent à l’école, ajoutées à la discrimination à l’embauche, au logement, sont autant de facteurs qui peuvent pousser un jeune à se rebeller, se radicaliser, jusqu’à se faire embrigader par des intégristes.  Les moyens accordés à l’enseignement différencié (aux écoles dans les quartiers difficiles) ne sont pas augmentés. Il a même été question de les rabotter, avant que le gouvernement de la Fédération Wallonie Bruxelles ne se ravise.

 

C’est la dernière phrase de l’interview, mais elle est l’une des plus fortes : Sur l’intégration, Rachid Madrane parle d’ « échec collectif »

Attention, il ne dit pas que l’intégration est un échec. Il parle d’échec collectif pour les politiques, en matière d’intégration, parce que ces questions ont trop souvent été mises de côté dans le débat public. C’est une prise de position forte, et qui sert aussi à disculper Philippe Moureaux, dont l’action à la tête de Molenbeek est parfois pointée du doigt.

On le précise aussi : il s’agissait de notre part d’une question ciblée sur Molenbeek parce que c’est là qu’ont eu lieu la majorité des perquisitions, la semaine dernière, dans le cadre des attentats déjoués par nos services de sécurité.

 

Antonio Solimando

 

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