Un bracelet électronique avant et après la peine de prison, pour les terroristes ?

Par asolimando dans #Debrief7h50 , le 15 janvier 2015 13h30 | Ajouter un commentaire

Invité de Bel-RTL à 7h50 : Denis Ducarme, chef de groupe MR à la chambre. Le gouvernement fédéral finalise son plan anti-radicalisation. Le député propose une mesure supplémentaire : la surveillance des djihadistes par bracelet électronique…

 

 

 

 

 

Surveiller les djihadistes par bracelet électronique, qu’est-ce que ça implique?

Que des personnes condamnées à de la prison, qui ont effectué leur peine et sont donc réputées « avoir payé leur dette à la société » fassent encore l’objet de mesures punitives par la suite. Une sorte de présomption de culpabilité, qu’il ne sera pas facile à défendre au regard du droit. La convention des droits de l’homme, par exemple.

On rappelle l’objectif initial du bracelet électronique, c’était de réinsérer progressivement les détenus. En aménageant une partie de leur peine. C’est devenu ensuite un moyen de désengorger les prisons. Sous le gouvernement précédent, le système est devenu un moyen d’économies : la pose du bracelet a été élargie à certains suspects qui auraient dû faire de la détention préventive.

Surveiller un djihadiste en devenir dans la nature, ça coute le salaire de 20 policiers à temps plein. Surveiller un homme en prison coute 130 euros par jour, 25 euros seulement par bracelet électronique. La proposition de Denis Ducarme s’inscrit dans la continuité.

 

Comment expliquer la sortie de Denis Ducarme…alors que son parti est au gouvernement et met la dernière main au plan anti-terroriste ?

Parce que ces derniers jours, le PS et le CDH ont annoncé leurs propositions. C’est donc un positionnement politique, le MR montre qu’il n’est pas en reste à la chambre. On parle bien du parti, ici. Denis Ducarme stipule bien « Olivier Chastel et moi ». Ça veut dire aussi que sur ce point, il n’y a pas encore d’accord au sein de la majorité.

 

Sur les moyens de financement de la lutte contre le terrorisme, « préservés » selon le Premier Ministre et même « augmentés » selon Denis Ducarme. Qu’en penser ?

Deux objections. Tout d’abord, la justice, comme tous les autres ministères, doit bel et bien faire un effort : réduire ses frais de fonctionnement de 20%. Charles Michel a indiqué que la Sureté de l’Etat, la surveillance antiterroriste n’était pas concernée. Il faudra que ces déclarations se vérifient. Mais dans tous les cas, quand la justice a moins de moyens, elle ne peut plus, par exemple, appliquer toutes les peines, la réinsertion, la rééducation des jeunes. Ce qui peut entrainer un début de sentiment d’impunité. Et lancer des carrières de criminels…

L’autre objection. Denis Ducarme annonce qu’on pourrait utiliser la réserve de fonds, les 300 millions d’euros mis de côté par le gouvernement fédéral, pour renforcer les mesures de sécurité. Sauf qu’ils sont déjà plusieurs ministres, à avoir évoqué ce fonds pour leur propre département. De plus, la Belgique est à la limite du déficit excessif, on se rapproche des 3% de déficit, qui serait synonyme de sanction financière, de la part de l’Union Européenne. Au prochain ajustement budgétaire, en mars, cette modeste réserve sera très prisée.

 

Antonio Solimando

 

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