Amis Wallons, le patron des patrons flamands veut votre bien !

Par asolimando dans #Debrief7h50 , le 25 novembre 2014 10h49 | Ajouter un commentaire

Michel Delbaere, président du Voka, le patron des patrons flamands, était l’invité de Bel-RTL, à 7h50 avec Martin Buxant. Au lendemain des premières grèves tournantes, voici son principal point de désaccord avec les manifestants : le saut d’index.

 

 

 

 

 

 

Le saut d’index ne serait pas un cadeau pour les patrons, et en même temps c’est une tuile pour les travailleurs. Finalement ça profite à qui ?

Ca profite bien aux entreprises. Il n’y a pas de scoop : ce sont elles-mêmes qui l’ont demandé ! Quand les formateurs et les négociateurs du fédéral ont rencontré les patrons, cet été, la future coalition leur proposait 2 milliards de baisses de cotisations annuelles. Les patrons ont préféré réclamer 1 milliards de baisses de charges mais avec un saut d’index.

Depuis, toute la communication du gouvernement et du Voka entretient la confusion entre la valeur réelle et la valeur nominale des salaires.

D’abord le gouvernement : il a présenté le saut d’index comme une « non-augmentation du revenu » plutôt qu’une perte pour les travailleurs. Mais en fait, le bien-fondé de l’indexation, c’est qu’elle adapte les salaires à l’évolution du cout de la vie. Quand on décide d’un saut d’index, on empêche cette adaptation : avec le même salaire, le travailleur pourra acheter moins de choses. C’est donc bien une perte de revenu réel.

La même chose vaut pour les entreprises. Michel Delbaere indique que le saut d’index, c’est seulement une garantie qu’on ne va pas plomber les budgets des entreprises, qu’on leur évite de rogner sur les bénéfices pour débourser des augmentations salariales. Sauf que si les salaires sont indexés, c’est qu’il y a une petite augmentation des prix des biens et des services. Donc des recettes des entreprises qui proposent ces produits.

 

Analyse de la communication. Beaucoup de précautions, prises par le patron flamand…

Ne pas attaquer un parti, même si c’est le PS ou le PTB. Se dire ouvert à la taxation des plus-values, mais ne pas critiquer les bonus mirobolants et non-taxés de Mark Coucke. Ne pas faire de communautaire. Prudence, ou langue de bois.

Sur la communication, c’est assez drôle de voir que par deux fois, Michel Delbaere parle de lui comme s’il était au gouvernement : « les mesures que nous prenons », ou encore quand Martin Buxant lui demande si Bart de Wever est la belle-mère du gouvernement, il croit que la question s’adresse à lui.

Enfin, sur la taxation des plus-values boursières. Le Voka a changé d’avis, il y est désormais favorable, mais réclame une grande prudence sur ce débat. L’un des grands influents de la politique de Bart de Wever est peut-être en train de nous dire que ce dossier sera le feuilleton…de toute une législature.

 

Antonio Solimando

 

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