De Wever (NVA) : « Moi Premier Ministre? Impossible pour le MR »

Par asolimando dans #Debrief7h50 , le 10 octobre 2014 13h19 | Ajouter un commentaire

Bart de Wever était l’invité exceptionnel de la rédaction ce jeudi matin, à 7h50. Le président de la NVA a répondu à Martin Buxant. Notamment cette question : Pourquoi ce n’est pas Bart de Wever, le premier ministre…

 

 

 

 

 

 

Bart de Wever, qui abandonne le poste de premier ministre, c’est parce que le MR  « ne pouvait accepter… »

Ce n’est évidemment pas la seule explication : d’un point de vue symbolique, il reste difficile pour un nationaliste flamand d’assumer cette fonction symbole de l’unité de la Belgique. Ce sont des rendez-vous avec le Roi hebdomadaires, des voyages diplomatiques où l’on représente le pays… Ça aurait été le contraire d’un cadeau, pour un NVA. Mais c’est une version que Bart de Wever n’a va évidemment pas confier à un micro, et surtout pas d’une radio francophone.

 

Sur l’accord de gouvernement, officiellement les aspects communautaires sont totalement absents. Comment le président de la NVA justifie ça ?

Pendant la campagne, il avait dit : « mettre le PS dans l’opposition est une réforme en soi ». Il reformule cette idée, d’une autre façon…En prenant comme référence 2007, la tentative de l’Orange Bleue, et Joelle Milquet, alors présidente du CDH, et surlaquelle il rejette l’entière responsabilité d’avoir fait échouer la négociation. Tout d’abord, il réécrit l’histoire. Ce n’est pas QUE parce que le PS n’était pas à la table des discussions, que la négociation a capoté en 2007. C’est aussi parce que sur la table, il y avait une réforme de l’Etat défendue par Yves Leterme et un certain Bart de Wever, main dans la main dans le cartel CD&V NVA et que les partis francophones n’étaient pas demandeurs, de cette réforme de l’Etat. Dans ce passage, le politicien Bart de Wever prend le pas sur l’historien Bart de Wever.

Son autre grande déclaration : « le communautaire n’est pas une fin en soi pour moi». On la vérifiera dans les cinq prochaines années. Mais elle est en contradiction avec les déclarations séparatistes de membres de la NVA, avec l’article premier du statut du parti. Et avec le projet de confédéralisme, présenté en grande pompe en novembre dernier par la NVA.

Et puis, on le sait bien, une décision socio-économique peut avoir des répercussions communautaires. D’autant que les situations économiques de la Flandre, de Bruxelles et de la Wallonie ne sont pas les mêmes. C’est la doctrine d’un économiste de la KUL, qui s’appelle Bart Maddens. Bart de Wever a déjà avoué par le passé, qu’il s’inspirait de cette doctrine.

 

Non seulement, Bart de Wever évacue toute accusation de faire du communautaire, mais il retourne la critique aux partis francophones…

Le président de la NVA avait utilisé la même tactique, en pleine crise en 2010. Quand les négociations sur la réforme de l’Etat étaient en train de patiner. Les francophones PS et CDH avaient commencé à douter de la possibilité de faire un accord avec la NVA. Et envisager le scénario d’une crise de régime. Le PS avait commencé à plancher sur un plan B, en cas de séparation. Bart de Wever avait eu utilisé ce plan comme une preuve, que ce n’était pas lui mais bien les francophones, qui étaient obsédés par les sujets communautaires…

 

Un mot du contexte de l’’interview, qui a été réalisée en direct…et en pleine négociation…

Ce matin, à 7h45. Bart de Wever était avec les autres représentants du gouvernement fédéral,  au siège du MR, en train de négocier les portefeuilles ministériels. Il est sorti un quart d’heure, pour nous accorder l’interview. En pleine nuit de négociation, la 2ème en 3 jours. Avant de retourner à la table des discussions. Juste après avoir confié sur le ton de l’humour : « pendant que je fais cette interview, je suis en train de perdre des ministres ! »

 

Antonio Solimando

 

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