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Près de 160 policiers pour une clé USB

Par Christophe Giltay dans Divers , le 9 octobre 2019 11h06 | Ajouter un commentaire

Le chiffre est étonnant, pas moins de 160 enquêteurs ont été désignés pour analyser la clé USB de Mickael Harpon,  le tueur de la préfecture de police de Paris.

 

Mickaël Harpon

 

Cette clé découverte dans le bureau de Michael Harpon est dotée d’une grande capacité : 64 Giga octets. Mais la capacité n’est pas tout, il y aussi une grande variété de dossiers et de documents enregistrés sur cette clé, des données qui proviennent pratiquement de tous les services de la Préfecture de police. En effet Mickael Harpon était « habilité secret défense », donc il avait accès aux informations les plus confidentielles, mais il était aussi informaticien et disposait donc des codes « administrateurs ». Vous connaissez tous çà dans vos entreprises, il y a toujours un moment où l’ordi vous dit : « contactez votre administrateur ». Or Mickael Harpon c’était un administrateur, il avait accès à tout.

La clé du problème.

Voilà pourquoi le commissaire qui dirige la brigade criminelle, Michel Faury, a ordonné le partage du contenu de la clé USB entre différents services d’enquêteurs : la section antiterroriste de la préfecture de police de Paris, la sous-direction antiterroriste de la direction centrale de la PJ, la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI). Même des policiers de la brigade des stups ont été appelés en renfort. Et encore ce n’est pas tout, en plus de la clé découverte dans son bureau il y aussi d’autres clés et son ordinateur personnel saisis à son domicile.

Depuis 2003…

Maintenant rien ne dit que tous les documents sur la clé ont été enregistrés à des fins terroristes. Beaucoup de téléchargements ont pu avoir une finalité uniquement professionnelle. Mickael Harpon disposait de l’habilitation « secret défense » depuis 2003 et son entrée à la Préfecture de police. Vous imaginez la tâche colossale qui attend les enquêteurs.

Dysfonctionnement sérieux.

Reste la question principale comment n’a-t-on pas identifié la dérive de ce fonctionnaire ? Pourquoi ne s’est- on pas intéressé à sa conversion à l’islam après son mariage avec une musulmane en 2014 ? Pourquoi, n’a-t-on pas fait remonter l’information quand il lancé dit en 2015 : « c’est bien fait ! » en évoquant l’attentat de Charlie hebdo. Interrogé hier par la commission des lois de l’Assemblée nationale, Christophe Castaner le ministre français de l’intérieur a estimé que cette situation représentait un «dysfonctionnement sérieux, une faille grave».

Bernardo.

Sans oublier que d’après certains proches, celui qu’on surnommait Bernardo, en référence au valet de Zorro, vivait mal sa situation professionnelle. Persuadé d’être dénigré et privé de promotion à cause de sa surdité… Sans mauvais jeu de mot on aurait peut-être dû l’écouter un peu plus, avant qu’il ne se radicalise.

Un grand ménage s’annonce dans la police française, il pourrait s’y trouver de nombreux Mickael Harpon que personne n’a encore identifié.

Miracle : une spectatrice sauve le « Messie »

Par Christophe Giltay dans Divers , le 3 octobre 2019 07h37 | Ajouter un commentaire

 

C’est probablement ce qu’on appelle une performance… Une jeune femme venue assister en simple spectatrice à un concert de musique classique à Radio France,  a remplacé au pied levé un chanteur malade.

Adèle Charvet

 

Adèle Charvet, fille du compositeur Pierre Charvet et une jeune mezzo-soprano de 26 ans qui connait un début de carrière plutôt encourageant, sans être encore une vedette de l’art lyrique. Elle a formé un quatuor vocal avec trois autres chanteurs et chanteuses et se produit régulièrement.

Une simple spectatrice.

Mardi Adèle décide d’aller écouter un concert donné à l’Auditorium de Radio France par La Chapelle Harmonique, un ensemble de musique baroque dirigé par un de ses amis, le jeune chef Valentin Tournet 23 ans. Au programme une œuvre très connue le Messie de Haendel. Pour interpréter ce type musique du XVIII ème siècle on utilise des chanteurs à la voix très aigue, qu’on appelle des contre-ténors. A l’origine la partie du contre-ténor devait être tenue par Alex Potter, mais cetartiste tombe malade, pendant les répétitions.  On le remplace alors au pied levé, par un autre contre-ténor David DQ Lee qui se trouve à New York, qu’à cela ne tienne il ne va pas laisse tomber le Messie, David saute dans un avion pour Paris. Comble de malchance  pendant le voyage il contracte une bronchite à cause de la climatisation ! Mardi il arrive tant que bien que mal à assurer la première partie du messie, mais à l’entracte la tuile ! Il n’est plus capable de sortir la moindre note.

Y-a-t-il un chanteur dans la salle ?

Au même moment Adèle qui connait le chef d’orchestre, se rend dans les coulisses pour lui dire bonjour et voir si tout va bien. Pas du tout lui répond la régisseuse qui lui apprend la catastrophe. L’équipe est désespérée et envisage soit d’arrêter le concert, soit de supprimer les parties où David devait chanter. C’est alors que quelqu’un dans les coulisses a l’idée de proposer à Adèle de remplacer le chanteur. La voix d’une mezzo-soprano est en effet très proche de celle d’un contre-ténor . Un pari complètement fou car la jeune femme ne connait pas l’œuvre qu’elle n’a jamais interprétée en public.

« J’ai pris un programme pour voir ce qu’il restait à chanter pour la voix d’alto et je suis allée dans la loge de Valentin, le chef d’orchestre qui m’a aidée à déchiffrer la pièce« , elle répète alors rapidement avec la violoncelliste Natalia Timofeeva et le ténor David Webb.

Coup d’essai, coup de maître.  

Le concert reprend avec seulement un quart de heure de retard ! Les spectateurs sont un peu surpris de voir arriver en scène aux milieux des chanteurs tous vêtu de noir, cette jeune femme en jean et en tee shirt . Mais très vite la magie de l’oeuvre prend le dessus et malgré son stress Adèle fournit une prestation étonnante. Les spectateurs lui réserveront un standing ovation à la fin du spectacle. L’histoire retiendra que ce soir-là à radio France, le sauveur, le messie… fut une femme !

Chirac, tout oublier

Par Christophe Giltay dans Divers , le 27 septembre 2019 07h18 | Ajouter un commentaire

Revenons sur les hommages unanimes rendus à Jacques Chirac depuis l’annonce de son décès hier. Toute la soirée des centaines de Français se sont présentés à l’Elysée pour y déposer des messages de condoléance.

 

 

« Les morts sont tous braves types », chantait autrefois Georges Brassens, et on a l’impression depuis 24 heures que cette phrase a été écrite spécialement pour Jacques Chirac.

Oubliés les emplois fictifs de la Marie de Paris, oublié sa condamnation pour détournement de fonds publics, oubliés les frais de bouche somptuaire de l’hôtel de ville, oubliés les vacances dans un palace de l’île Maurice, oubliées les contradictions et les palinodies, qui l’ont fait passer du travaillisme à la française au reaganisme militant avant de s’installer dans la posture du défenseur intransigeant de la République, plus hériter de Clémenceau que de De Gaulle…

Un faux gentil.

Oublié aussi le tueur qui n’a jamais hésité à flinguer autant ses alliés que ses adversaires renvoyant dans les poubelles de la politiques, ceux qui avaient eu le tort de l’affronter, de le décevoir ou de le trahir. Lui-même d’ailleurs savait trahir quand c’était nécessaire, n’a-t-il pas abandonné lors de la présidentielle de 1974, le candidat gaulliste Jacques Caban Delmas, figure de la seconde guerre mondiale, pour soutenir Giscard, dont il devint le Premier Ministre. Quand Nicolas Sarkozy lui a fait le même coup en 1995, en rejoignant Balladur, ça a dû lui rappeler des souvenirs, mais lui a réussi à rebondir et a finalement triomphé.

Jamais résigné.

C’est peut être ça que les français admiraient en lui, le battant, jamais résigné, toujours à l’assaut.  Je crois aussi les français regrettent en lui un homme qui leur ressemblait… un peu génial, un peu cossard, un peu roublard, un peu menteur, mais aussi généreux, courageux,  un pied à paris et l’autre en Corrèze. paysan et urbain à la fois…la France de toujours !

Un faux beauf.

Chirac l’amateur d’art premier et de poésie japonaise, et qui aimait laisser croire qu’il regardait le foot en survêtement en s’enfilant des bières… Quoique, je peux en témoigner pour l’avoir suivi vu dans un estaminet à Lille un jour de campagne,  Chirac était un vrais connaisseur en matière de bière, même si sur la fin il s’était résigné à la légèreté de la Corona…Bien sûr  Chirac c’était  tout le contraire d’un Emmanuel Macron ou d’un Giscard, premiers de la classe et amateurs de nouvelle cuisine, Chirac lui adorait la tête de veau. Servie entière et non roulée cervelle et langue à art, nappée de sauve gribiche de Brive, câpres blanc d’œuf et moutarde violette.

Douce France…

Chirac incarnait la France d’avant la mondialisation et les smartphones. Quand on pouvait réparer sa 403, au bord de la route avec une clé anglaise et une clope au bec, célèbre photo de sa jeunesse qu’il a utilisé maintes fois dans ses campagnes…

On se souvient de ses formules à l’emporte-pièce : « pschittttt » ou « abracadabrantesque » mais le mot qu’il utilisait le plus dans ses interviews quand il ne savait que répondre c’était : naturellement ! Alors Chirac fut-il un grand président ? Naturellement !

Les démocrates veulent destituer Trump

Par Christophe Giltay dans Divers , le 25 septembre 2019 07h52 | Ajouter un commentaire

Nancy Pelosi, chef de file des démocrates, a annoncé hier soir que la Chambre des représentants allait ouvrir une enquête contre le président des États-Unis.

 

Elle va examiner si Donald Trump a cherché l’aide de l’Ukraine pour obtenir des informations susceptibles de nuire à Joe Biden, favori dans la course à l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle. Au cours d’une conversation téléphonique avec le président Ukrainien, Donald Trump aurait fait allusion au rôle du fils de Joe Biden dans une entreprise gazière ukrainienne.

Trois précédents.

Trump a pris cette accusation à la rigolade en affirmant qu’elle allait favoriser sa réélection. Il n’a peut-être pas tort, car dans l’histoire des Etats-Unis jamais une procédure d’impeachment ( qu’on peut traduire non pas par empêchement, mais par mise en accusation) , n’a abouti. La première fut menée en 1867 contre Andrew Johnson le successeur de Lincoln après son assassinat, ( il était son vice-président). On l’a ni plus ni moins accusé d’avoir été pro sudiste et d’avoir entravé les poursuites de la justice contre Jefferson Davis le président confédéré. L’enquête a démontré le contraire.  Il y a eu bien sûr Bill Clinton et l’affaire Lewinski, là aussi ça a fait pschitt … Et puis la plus sérieuse qui a bien failli aboutir, fut celle qui visa Richard Nixon en 1974, lors de l’affaire du Watergate. Mais Nixon démissionna avant d’être destitué, puis son successeur Gerald  Ford l’a amnistié.

Tyrannicide légal.

La possibilité de relever le président de ses fonctions a été envisagée dès la rédaction de la Constitution américaine  en 1787. Les rédacteurs du texte ont décidé de prévoir la destitution d’un président qui se rendrait coupable de «trahison, corruption ou autres graves crimes et délits». A l’époque  Benjamin Franklin considérait que c’était un progrès par rapport au tyrannicide. Plutôt que de tuer le chef tenté par la dérive du pouvoir, comme César à Rome, on a  inventé le moyen de s’en débarrasser légalement.

 Impossible « impeachment ».

Je ne doute pas que de nombreux élus démocrates, soient tentés par le tyrannicide légal. Mais l’histoire a démontré qu’en général ces « impeachments » n’aboutissent que dans des pays où la démocratie reste bancale, comme au Brésil avec Dilma Roussef.

A la question : la procédure contre Trump a -t-elle une chance d’aboutir ?  La réponse est non, aucune chance. La meilleure façon pour les Démocrates de s’en débarrasser ce sera de le vaincre «  à la régulière » dans les urnes  en 2020 !

 

L’hallucinant procès du Médiator.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 23 septembre 2019 07h09 | Un commentaire>

Un procès exceptionnel s’ouvre aujourd’hui à Paris. Le procès du scandale du Médiator, un médicament prescrit comme coupe faim pendant des années et qui a fait des milliers de victimes.

 

5000 victimes, 376 avocats, 25 prévenus pour un procès qui va durer 7 mois jusqu’en avril 2020. Ces chiffres parlent d’eux même et situent l’ampleur du scandale. Le  Médiator est un médicament mis en point dans les années 60 et commercialisé  en 1976  par le laboratoire Servier,  à l’origine il est prescrit pour traiter le diabète de type 2. Très vite on se rend compte que sa molécule active le benfluorex (un dérivé de l’amphétamine) est un puissant coupe-faim. Les médecins vont alors le prescrire massivement aux gens qui souhaitent contrôler leur poids, sans pour autant qu’il soit diabétique.

Prescrit pendant 33 ans !

En France ça va durer 33 ans. Des milliers de patients en surpoids vont être traité au Médiator. Le problème c’est que dès les années 90, on constate des effets secondaires dangereux. Des patients atteints d’hypertension pulmonaire, font des insuffisances cardiaque, d’autres subissent des défaillances au niveau des valves du cœur. Masi il falloir attendre longtemps avant qu’on fasse officiellement le lien avec la prise de Médiator. D’après le Figaro qui a révélé le scandale dès 2010 le médiator aurait fait entre 500 et 1000 morts, quant aux patient encore envie, ils seraient près de 10 000. L’Office national d’indemnisation des accidents médicaux a reçu 9445 demandes d’indemnisation depuis 2011. Actuellement, avant même le procès, la somme totale versée par Servie aux victimes est de 24 millions d’euros.

Interdit partout sauf en France…

Retiré du marché belge en 1978, de Suisse en 1997, d’Espagne en 2003, le Médiator n’a été interdit en France qu’en 2009.  Le plus incroyable c’est qu’il été proscrit des préparations magistrales des pharmaciens dès 1995, mais qu’on a continué à vendre les boites pendant 14 ans !  Pourquoi ? Qui est responsable ?  Le laboratoire ?  Les pouvoirs publics ? Les deux ? C’est ce que devra déterminer ce procès au long cours…

Les prévenus sont poursuivis pour tromperie aggravée avec mise en danger de la santé, escroquerie, homicides et blessures involontaires et même trafic d’influence. Ils risquent tous de très lourdes peines.

Une escroquerie très lucrative.

En fait l’enquête a montré que dès le début le laboratoire savait que le Médiator était plus un coupe faim qu’un antidiabétique et que comme toutes es amphétamines il présentait des risques pour le cœur. Mais le laboratoire  grâce à un lobbying efficace, menés notamment par des élus influents, a réussi à conserver son autorisation de mise sur le marché.

Ce matin sur le banc des accusés il y aura des cadres de Servier, des fonctionnaires de l’agence du médicament, et même une ancienne sénatrice . Mais pas Jacques Servier le fondateur du laboratoire. Il est mort en avril 2014 à  l’Age de 92 ans.

Sa fortune, la 23 ème de France, était alors estimée à 2,3 milliards d’Euros…

Black face : Justin Trudeau regrette.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 19 septembre 2019 07h25 | Un commentaire>

Au Canada la publication d’une photo du premier ministre déguisé en Aladin, datant de 2001, a fait l’effet d’une bombe en pleine campagne pour les législatives.

 

C’est une polémique qui nous rappelle celles qu’on a connu en Belgique avec le père fouettard, à Bruxelles, zwarte Piet, Piet le noir, en flamand… ou avec le groupe des noirauds toujours à Bruxelles , ou encore avec le sauvage de la ducasse d’Ath.

Une tradition du 19ème siècle.

Bref aujourd’hui il y au  truc qui ne passe plus c’est le déguisement qu’on appelle en anglais black face, visage noir, et qui selon les endroits remonte le plus souvent au 19 ème siècle ou au début du 20 ème siècle quand par  exemple aux Etats Unis des acteurs blancs, jouait des rôles de noirs. On les  appelaient des minstrels ( du français ménestrel) le plus connu est al Jolson , la vedette du  chanteur de jazz premier film parlant.

Al Jolson grimé en minstrel.

Une fête en 2001.

En 2001 ce sujet n’était pas sur la place publique comme il l’est aujourd’hui. A l’époque le Premier ministre canadien avait 29 ans et il était professeur dans une école privée à Vancouver. A l’occasion de la fête annuelle de l’école il s‘était déguisé en Aladin, le visage grimé en noir. Il avait surement oublié cet épisode depuis longtemps jusqu’à ce que le le magazine américain Time publie une photo de cette fête. Sur cette image en noir et blanc, on peut voir Justin Trudeau souriant, entouré de quatre femmes, portant un turban, le visage et les mains recouverts de noir. C’est d’autant plus ennuyeux pour lui qu’il est en campagne électorale depuis une semaine, le parlement canadien est en effet en voie de renouvellement, et il brigue un second mandat.

Justin Trudeau en Aladin.

Des excuses.

Compte tenu du ressenti actuel du phénomène black face, le premier ministre n’a pas eu d’autres solution que de s’excuser publiquement au cours d’une conférence de presse. «Je n’aurais pas dû le faire. C’était une erreur (…) Je regrette profondément. Je m’excuse profondément. Je suis vraiment désolé». «Je me suis déguisé avec un costume d’Aladin et je me suis maquillé. Je n’aurais pas dû le faire»…«C’est quelque chose que je ne considérais pas comme raciste à l’époque, mais je reconnais aujourd’hui que c’était raciste. » Un aveu qu’on imagine douloureux pour un homme considéré comme un ardant partisan du multiculturalisme.

Autre temps, autre mœurs.

La morale de cette histoire c’est qu’on est plus au 19ème ni même au 20 ème siècle et que des comportements anodins à l’époque sont devenus aujourd’hui inadmissible. Les temps ont changé …et il faut vivre avec son temps.

 

PS : Depuis mars 2019 les noirauds de Bruxelles ont modifié leur maquillage, ils portent désormais les couleurs du drapeau belge.

 

133 portraits de Macron décrochés.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 18 septembre 2019 07h51 | Ajouter un commentaire

Question posée à la justice française : a-t-on le droit de décrocher un portrait officiel d’Emmanuel Macron quand on n’est pas d’accord avec lui ? Réponse oui !

C’est le sport à la mode en France, voler les portraits officiels d’Emmanuel Macron dans les lieux publics où ils sont accrochés ( mairies , écoles administrations  etc…). A priori c’est un délit plutôt grave, mais un tribunal de Lyon a pris une décision surprenante lundi en relaxant deux militants. Ils avaient subtilisé la photo officielle du président de la République le 21 février dans une mairie. C’est ce geste qui a déclenché ensuite la campagne de décrochage toujours en cours, on en serait à 133 portraits escamotés.

 

Au nom de la COP 21.

Les deux prévenus un homme et une femme avaient mené cette action pour protester contre ce qu’ils appellent le manque de volonté du gouvernement dans lutte contre le réchauffement climatique. Accusés de «vol en réunion», un délit passible de cinq ans de prison et de 75 000 euros d’amende, Fanny Delavallée et Pierre Goinvic, trentenaires l’une chargée de projets et l’autre éducateur, avaient redit lors de l’audience du 2 septembre leur détermination face à «l’urgence gravissime» du réchauffement climatique.

Une action démocratique ? Ou pas ?

Le juge a estimé qu’il s’agissait bien du vol d’un objet d’une valeur hautement symbolique, mais que ç’avait été un geste «manifestement pacifique», représentant un «trouble à l’ordre public très modéré», puisque selon le juge «le mode d’expression des citoyens en pays démocratique ne peut se réduire aux suffrages exprimés lors des échéances électorales mais doit inventer d’autres formes de participation dans le cadre d’un devoir de vigilance critique». Et là on est vraiment dans un raisonnement révolutionnaire : le juge tolère un délit au nom d’une expression démocratique qui ne peut se limite aux élections, c’est un vrai débat qui pose entre autre la question de la séparation des pouvoirs.

Symbole ou simple mortel ?

Imaginons que cette décision fasse jurisprudence, demain tous les portraits d’Emmanuel Macron pourraient disparaitre des administrations. Le parquet a fait appel et on verra ce qu’il en est dans quelque mois, mais le pavé est jeté dans mare, avec en arrière fond toute l’ambiguïté du rôle du président en France : d’un côté incarnation de la République, avec tout le respect qu’on lui doit, et de l’autre un chef politique qu’on peut critiquer. Alors qui a été décroché ? La République, ou l’homme politique ? Les partisans de la monarchie parlementaire vous diraient qu’en Belgique par exemple le roi incarne la Nation, et le Premier ministre le gouvernement. Le roi est intouchable, pas le premier ministre. En France même s’il y a un Premier ministre c’est beaucoup moins clair.

Pétrole : le spectre de 1973

Par Christophe Giltay dans Divers , le 16 septembre 2019 07h43 | Ajouter un commentaire

Ce matin Les cours du pétrole ont grimpé de 10% en Asie . Deux jours seulement après les attaques qui ont entraîné en Arabie Saoudite une réduction de production de 5,7 millions de barils par jour, soit  6% de l’approvisionnement mondial.  Une situation qui ressemble aux prémices du chocs pétrolier de 1973.

 

La « Une » d’un journal en octobre 1973.

Et voilà que tout d’un coup je revois  les autoroutes  s’éteindre, et les voitures s’arrêter le dimancheEn 1973  la crise du pétrole couvait déjà depuis deux ans  et la fin de convertibilité du dollar en or, décidée par le président Nixon. Le dollar baissait et les pays producteurs n’y retrouvaient pas  leurs comptes, car le pétrole s’achète en dollars. C’est alors qu’on  a découvert l’OPEP l’organisation des pays producteurs de pétrole qui a entamé un bras de fer avec les compagnies pétrolières occidentales pour obtenir une hausse des prix.

La guerre du Kippour.

Masi là encore c’est une guerre qui a tout déclenché. L’offensive de l’Egypte et de la Syrie contre Israël, le jour la fête du kippour le 6 octobre 1973. Débordés un instant les israéliens ont mené une contre-offensive victorieuse et progressé en territoire égyptiens vers le canal de Suez. Le roi Fayçal d’Arabie saoudite décide alors d’aider ses alliés égyptiens en décrétant un embargo pétrolier. Il annonce que sa production sera réduite de 5 % chaque mois jusqu’à ce que les Israéliens se retirent. Je vous passe les détails mais au final le prix du pétrole a quadruplé, plongeant le monde dans une crise économique majeure avec en occident l’apparition de l’inflation à deux chiffres et du chômage massif. Plus tard on a appelé cette phase historique le « premier choc pétrolier ».

Dimanche sans voiture.

En Belgique pour économiser le pétrole on va éteindre les autoroutes, instaurer les limitations de vitesse, et l’interdiction de circuler le dimanche. A l’époque tous les gens âgés de plus de 40 ans, se souvenaient encore des privations de la seconde guette mondiale. Alors les familles se sont mises à faire des stocks, notamment de sucre, les supermarchés étaient dévalisés. Pour se passer de pétrole la France a fait le choix de l’énergie nucléaire qui fournit aujourd’hui encore près de 75 % de son électricité

La fin des glorieuses.

Peu à peu ça s’est tassé, la production a repris, les cours du brut ont baissé, on a cru à un retour à la normale…Funeste erreur ! En fait tout avait changé, en Europe fini les limousines qui consommaient 20 litres aux cent, fini les bureaux et les logements surchauffés, mais surtout fini les trente glorieuses, la croissance à 5% et le plein emploi. L’insouciance de la vie d’avant n’est jamais revenue. Voilà pourquoi ce matin, je suis disons … un peu inquiet.

 

Un génie des maths Maire de Paris ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 5 septembre 2019 07h32 | Ajouter un commentaire

Le prochain maire de Paris sera peut être un mathématicien célèbre, titulaire de la médaille Fields, l’équivalent du prix Nobel. Cédric Villani, qui cultive une allure de poète romantique, a annoncé mercredi sa candidature à l’Hôtel de Ville. Un acte de dissidence car son parti la république en marche a déjà désigné un autre candidat.

« Aussi loin que je me souvienne j’ai toujours eu 20 sur 20 en mathématique« . Voilà comment aime à se définir l’un des hommes politiques français les plus étonnants. Spécialiste de l’analyse mathématique et titulaire de la médaille Fields, excusez du peu ! Longtemps considéré comme un original à cause de son look (cheveux longs, lavallière) et à son revers une grande broche en forme d ‘araignée, c’est en fait une personnalité qui s’est lancée en politique des 2010 en toute connaissance de cause. Il parait qu’en privé il évoque même son ambition de décrocher un  jour l’Elysée.

Dissident comme Macron

Député macronien depuis 2017, la Mairie de Paris ne serait donc qu’une étape vers la longue marche du pouvoir. Je dis macronien à dessein car son parti ne l’a pas choisi comme candidat. « La République En Marche » a désigné Benjamin Grivaux, un ancien ministre… Qu’à cela ne tienne, Villani dit s’inspirer d’Emmanuel Macron en personne qui en 2017 n’avait pas hésité à se présenter à la présidentielle envoyant d’un coup à la retraite son mentor François Hollande.

Il n’a peut être pas tort d’agir ainsi, car son parti, pour l’instant, a décidé de ne pas l’exclure.

Un projet écologique

En annonçant sa candidature, Cédric Villani a assuré vouloir devenir le « premier maire véritablement écologiste de Paris », avec l’ambition de faire de la capitale « la métropole internationale de la référence d’un développement humain et durable ». 

Alors qu’en 2014 il avait soutenu la candidature de la Maire sortante la socialiste Anne Hidalgo, il est désormais sans pitié pour son bilan. A ses yeux Paris est devenu une ville « muséifiée, qui perd sa vitalité » ; un Paris « sale, désorganisé, pollué et confus dont se plaignent nos visiteurs » ; un Paris victime « des agressions, du stress et du bruit ».

Pour diriger Paris, ce véritable Etat dans l’Etat, 50 000 fonctionnaires, 8,5 milliards d’euros de budget, Cédric Villani compte sur son intelligence, et la puissance de ses analyses mathématiques.

Au final il a de réelles chances de l’emporter car si c’est un original, ce n’est sûrement pas un rigolo !

Quand on envisageait d’interdire le sport auto

Par Christophe Giltay dans Divers , le 2 septembre 2019 09h34 | Un commentaire>

Revenons sur le décès du jeune pilote français Antoine Hubert, samedi à Francorchamps. Le parquet de Liège a ouvert une enquête et il faudra tirer les leçons de ce drame. A chaque accident mortel des questions se posent sur l’existence même de la course automobile. Par le passé il fut même question de l’interdire , ce fut le cas notamment après le terrible accident du Mans en 1955.

24 Heures du Mans, le 11 juin 1955. La course a débuté depuis plus de quatre heures et deux pilotes se disputent la première place sur un rythme de grand prix de formule 1. L’anglais Mike Hawthorn sur Jaguar et la légende Juan Manuel Fangio au volant d’une Mercedes. Les deux hommes roulent tellement vite qu’ils sont sur le point de prendre un tour à une autre Mercedes pilotée par le français Pierre Levegh. Quand les leaders arrivent, il est lui même en train de rattraper une modeste Austin Healey, beaucoup plus lente. Ils sont dans la ligne droite des stands. Levegh lève le bras pour prévenir Fangio que la voie n’est pas libre, ce geste sauvera le pilote argentin qui reste en embuscade.

De son côté Mike Hawthorn double la Mercedes de Levegh et l’Austin , mais tout d’un coup il décide de rentrer au stand il freine brutalement pour bifurquer vers la droite. Sa voiture est la seule à être équipée de freins à disques, l’Austin qui n’a que des freins à tambour, n’arrive pas à ralentir suffisamment, pour éviter la jaguar son pilote se déporte alors sur la gauche, et c’est le drame ! Surpris par l’Austin le Français Levegh la percute par l’arrière et sa Mercedes décolle. Elle s’écrase sur muret de protection et explose ! Son moteur et plusieurs pièces de carrosserie sont propulsés à une vitesse folle dans le public.

Carnage

Hormis Levegh, on déplorera la mort de 82 spectateurs et d’un gendarme fauché par l’Austin partie en tête à queue. 120 blessés s’ajouteront à ce bilan. La course n’est pas arrêtée mais dans la nuit Mercedes retirera ses voitures. La marque allemande ne participera plus à aucune épreuve sur circuit pendant près de trente ans. Dès le lendemain plusieurs pays envisagent l’interdiction des courses automobiles. Dans la plupart des cas elle ne durera que quelques mois. Sauf en Suisse où elle n’a été levée qu’en 2007.

Cet accident a fait beaucoup progresser la sécurité des spectateurs qui à l’époque n’étaient protégés que par des ballots de pailles et des barrières en bois , mais pour le pilotes il faudra attendre les années 70, notamment après l’accident de Roger Williamson, mort brûlé vif dans sa voiture, devant les caméras de télévision, au Grand Prix des Pays Bas en 1973 .

Un sport dangereux

Malgré les efforts, le sport automobile reste meurtrier. Dans nos mémoires s’égrènent les noms de Jim Clark, Jochen Rindt, François Cervert, Ronnie Peterson, Gilles Villeuve, Ayrton Senna, Jules et Lucien Bianchi et tant d’autres, jusqu’au drame de samedi. On a longtemps considéré que la mort faisait partie du « contrat » des pilotes et quand on évoque avec lui sa longue et brillante carrière, Jacky Ickx a coutume de dire qu’il est un « survivant ».

Après chaque accident le débat fait rage entre ceux qui estiment qu’aucun sport ne mérite la mort d’un homme et d’autres qui affirment que le sport auto a fait progresser la sécurité des voitures de tourisme. Ce débat sera peut être tranché le jour où les voitures de course seront conduites par des robots guidés depuis les stands. Ce sera alors une autre histoire.