Comme les rois Mages en Galilée

Par Christophe Giltay dans Divers , le 6 janvier 2022 08h42 | Ajouter un commentaire

 Le 6 janvier c’est l’Epiphanie, la fête où l’on tire les rois, selon la tradition, même si désormais on la célèbre plutôt le dimanche précédent pour des raisons pratiques. Cette tradition évoque la visite des roi Mages à l’enfant Jésus douze jours après la nativité.

L’adoration des Mages

Je vais peut-être en surprendre certains, notamment ceux qui sont allés visiter les reliques des rois Mages à Cologne, les rois Mages ne figurent pas en tant que tel dans les Evangiles, c’est une construction ultérieure. Alors il y a bien dans l’Evangile de saint Mathieu une évocation de visiteurs qui viennent « de l’Orient », guidés par une étoile, pour rendre hommage « au roi des Juifs » et lui apporter des présents d’une grande richesse symbolique : or, myrrhe et encens. Mais on ne connait ni leurs noms ni leur nombre. L’idée est probablement de symboliser le fait que si la nuit de Noël ce sont les bergers, c’est-à-dire les derniers de la société qui adorent le Christ, les princes également lui rendent hommage…

 

Galette à la frangipane

Los Reyes.

L’histoire qu’on connait s’est construite progressivement dans les premiers siècles de l’ère chrétienne et c’est autour de l’an 700, que les personnages ont été fixés dans un livre qui les désignait sous les noms de Gaspard, Melchior et Balthazar.  A ce sujet j’envoie un message amical à tous les petits enfants espagnols, qui vont recevoir aujourd’hui leurs cadeaux, car en Espagne ce n’est ni Saint Nicolas, ni le père Noël qui réjouissent les enfants, mais los Reyes, les rois,  ce qui somme toute quand on y réfléchit est assez logique. Quant à la galette des rois elle n’a rien à voir. C’est une tradition qui remonte bien avant le christianisme à des cérémonies qu’on appelait les saturnales, du nom du dieu Saturne et qui marquaient le solstice d’hiver quand les jours commencent à rallonger et que la lumière l’emporte sur l’obscurité, d’où cette pâtisserie qui évoque le soleil. Pour marquer cette inversion, pendant une journée on désignait roi un esclave qui tout d’un coup pouvait donner des ordres à ses maitres. Comme souvent la religion chrétienne a récupéré la tradition et l’a associée à la visite des Mages.

Galette ou gâteau ?

Gâteau ( ou couronne) des Rois.

Vous connaissez tous la galette des rois, à la frangipane que vous allez peut-être déguster ou en redéguster aujourd’hui, mais la galette d’autrefois ressemblait peut-être plutôt à ce qu’on appelle dans le sud de la France le gâteau des rois. Là-bas 80% des galettes ne sont pas à la frangipane, ce sont des couronnes de brioches parfumées à la fleur d ‘oranger recouvertes de fruits confits. Il y a bien sûr aussi une fève. Je ne suis pas certain qu’on en trouve en Belgique, à Paris quelques boulangeries en proposent mais c’est rare. En revanche si vous aller dans le sud, Occitanie, Aquitaine, Provence, ces prochains jours, essayez, c’est moins sucré, plus léger et pas mal du tout.

Le Roi boit Jacob Jordaens

Enfin dernière chose juste pour rire, vous connaissez surement le célèbre tableau du peintre flamand Jacob Jordaens « Le roi boit ». Il y en a une version aux Musées des Arts anciens à Bruxelles et une autre au Louvre.  On y voit une sorte de roi sybarite, au visage rubicond s’adonner à la boisson. J’ai longtemps cru qu’il s’agissait d ‘une critique de la monarchie, genre rois fainéants, car Jordaens était calviniste…Pas du tout ! Si l’on regarde bien le tableau, il y a sur la table une galette des rois… Ce n’est pas un vrai roi !

Il manquait ne pas d’humour Jordaens

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